Trois petits tours et puis s’en va, SACEM je ne t’aime pas !

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Naïfs que nous sommes…

Dans un récent billet j’annonçais un peu hâtivement le projet de faire un album sous licence Art Libre avec les fonds de tiroir d’une chanteuse que j’apprécie tout particulièrement et que je présentais dans un petit clip diaporama en guise de découverte.

Cela risque d’être un peu plus compliqué que prévu pour cause d’affiliation de la dite chanteuse à la SACEM (je subodorais cependant qu’il pouvait y avoir potentiellement un problème en me gardant bien de citer son nom). En fait cela risque même d’être tout simplement impossible à réaliser puisque le contrat SACEM est une cession de droits exclusifs pour le passé, le présent et le futur.

Et déjà rien que la mise en ligne du clip est illégale.

C’est d’autant plus dommage que ces fonds de tiroirs ne sont pas des morceaux au rabais. Ce sont des créations antérieures au groupe actuelle de la chanteuse (et antérieures à son inscription à la SACEM qui plus est). Elle ne comptait tout simplement plus les exploiter, les jouer et/ou les réenregistrer avec sa nouvelle formation et du coup elle m’avait contacté pour savoir si ça m’interessait de les verser dans le pot commun de la culture libre via Framasoft.

Vous m’en voyez contrarié (pour ne pas dire plus) parce que cela signifie que les morceaux vont rester définitivement dans les tiroirs contre la réelle volonté de leur auteur. Je veux bien que, comme ils disent, la SACEM protège les artistes et la création mais en ce moment, je ne sais pas si vous avez remarqué, plus on parle de nous protéger et plus on finit par nous vérouiller.

Allez, un dernier petit clip (toujours aussi illégal) en guise d’au revoir pour vous faire partager ma frustration.

Il s’agit d’une chanson traditionnelle irlandaise In search of a rose reprise notamment par The Waterboys. Les photos sont sous licence Creative Commons BY et ont toutes été faites dimanche dernier dans un parc à Rome.

23 Réponses

  1. Je crois qu’il va vraiment être temps de faire quelque chose pour la SACEM. Je parlais récemment à un barman qui me disait combien il était couteux de diffuser de la musique dans son bar alors même que cela n’aurait été qu’une promotion pour les artistes…

  2. Slow Thunder

    en tout cas le clip est super bien fait contrairement à la SACEM…

    mes félicitations ^^

  3. Ils commencent vraiment à nous casser les ******.
    Les droits de ce mots on été acquis par une société qui compte protéger mes droits à l’insu de mon plein gré…

    Free culture Pooowwwwwaaaa

  4. The TAZ

    Et bien il faut changer de "percepteur de droit". Il y a une solution que j’ai découverte aujourd’hui c’est ceci
    http://www.aimsalibre.com/

    pas mal, à découvrir..

  5. hgoye

    Au passage, ma femme a une collègue dont le mari bosse à la SACEM.
    Pour info, il ne télécharge jamais, il est incorruptible le bougre … normal vu qu’il ne paye quasiment pas les CD et qu’il a des entrées gratuites pour plein de concerts …
    Les p’tits gars de la SACEM ne se moqueraient-ils pas du monde ????

  6. Bof l’AIMSA c’est encore une licence de plus, et pas si libre que cela comme une CC by nc nd bizarre puisque la diffusion dans un commerce c’est commercial ! :)
    Par contre je vois pas ou il y a "perception" ???

    Sinon : "Moi y’em pas Sacem"

  7. Bonjour
    La chanteuse en question peut parfaitement diffuser sa musique sur son propre site web, même en étant affilié sacem et tout à fait gratuitement (cf le site de la SACEM)
    par contre effectivement, le contrat SACME prévoit que toutes les compos, passées présentes et à venir appartiennent à la SACEM pour ce qui est de la gestion des droits .

  8. Salut!
    Je préférais l’autre chanson :p
    Sinon, concernant son problème, n’y a-t-il pas moyen de se "désinscrire" de la Sacem ?

    Merci

  9. Il doit en effet être possible de sortir de la SACEM. Je crois avoir vu l’option il y a quelques années lorsque j’ai failli faire l’erreur d’y rentrer. Par contre, il me semble que la SACEM fonctionne par nom d’artiste. Il doit être possible de publier d’autres titres sous un autre pseudo.

  10. Il est tout à fait possible de sortir de la Sacem, d’ailleurs un site explique tout : http://quitterlasacem.info
    La position de la Sacem sur des artistes qui ne lui rapportent pas ou peu est assez claire, si ça ne vous plaît pas, vous pouvez partir. Il faut les prendre au mot !!! :D

  11. oups, j’avais pas vu ce qu’avait dit kaneda_aka_testsuoka. La Sacem fonctionne de manière nominative, donc même si on change de pseudo, on est obligé de déclarer ses créations à la Sacem sous tous les pseudos que l’on utilise.

  12. mais si il s’agit d’une chanson traditionnel, ce morceau doit etre tombé dans le domaine public (quoi que ?) Vérifi…
    Si c’est le cas, tu peux le faire….

  13. guerinp

    Bon, je n’arrive pas à visualiser le clip. Le plugin shockwave pour Mozilla (win2k) a effectué une opération
    illégale… C’est la première fois que cela arrive
    C’est dommage..

  14. Bienvenue dans le casse-tête qui nous anime sur Dogmazic, Boxson et ailleurs.

    À l’heure actuelle, il est peu probable que la SACEM autorise prochainement ses artistes à diffuser certaines oeuvres en dehors de son contrôle. La SACD s’est déjà fait épingler pour ses statuts trop restrictifs et par certains aspects illégaux, mais je ne vois rien venir de tel du côté de la Sacem. Donc aujourd’hui et pour au moins un avenir proche c’est du tout ou rien : soit on est à la Sacem et on applique les règles (seule diffusion autorisée sans perception : la diffusion gratuite et en streaming uniquement, par l’artiste sur son site personnel), soit on n’est pas à la Sacem ou on la quitte, et là on fait comme on veut, mais on n’a plus la machine Sacem derrière soi pour la perception relative aux diffusions média.

  15. C’est vrai qu’on pourrait résumer le problème actuel en : "La SACEM, tu l’aimes ou tu la quittes".
    Avec la génération qui arrive et qui a à peine connu le CD, autant dire que les contrats SACEM de par leur exclusivité et la période qu’ils couvrent (tout le répertoire passé et à venir pour 10ans minimum), vont poser de sérieux ennuis à tout le monde.

  16. DePassage052007

    Bonjour,

    Vivons-nous dans un monde de racket organisé est légalisé par la Loi ?

    Aujourd’hui, on trouve beaucoup de musiques qui sont sans créativité, purement commercial, d’autres qui ne sont que des reprises de vieux morceaux à succès !

    Pourquoi ne pas choisir les titres et albums originaux au lieu de choisir de pâles imitations ?

    Si hgoye (message du 3 mai 2007) nous dit qu’il connait une personne qui ne connait pas le prix des CD audio c’est que nous les lui offrons malgré nous en achetant des titres légalements.

    Pourquoi ne pas faire un tour vers les nombreux sites qui nous permettent d’écouter de la musique Libre et de façon légal ? Il ne faut pas et il n’y a pas besoin de pirater de la musique pour se faire plaisir. Il faut juste récompenser son auteur directement lui qui a choisi le format Libre.

    Je me suis toujours demandé ce que faisait la SACEM avec l’argent qu’elle récoltait par les taxes sur les titres achetés ou les taxes sur les CD vierges. Je pense, et je n’en doute point, que certains auteurs compositeurs ne vivent pas dans le luxe comparer au confort que la SACEM se paie avec l’argent de ses même auteurs.

    Merci à tous de me lire.

  17. La solution on l’a mise en place à l’AIMSA et elle fonctionne parfaitement.
    l’AIMSA n’est pas juste une licence de plus comme lu plus haut mais une vraie alternative aux racketteurs actuels.
    La politique de diffuser aussi dans les commerces fait partie de la stratégie de l’AISMA, est expliquée clairement et acceptée par nos artistes qui sont tres heureux à l’AIMSA (vous pouvez d’ailleurs leur demander sur le forum :) )

    Un jour ou l’autre quand on veut passer à travers le mur il faut casser le mur :)
    Si on se contente de le regarder même fixement il y a peu de chance qu’il se passe quelquechose

    Je suis à la disposition de ceux que ça intéresse pour toute info complémentaire

    Djjeffouille
    AIMSA "no sacem inside"
    http://www.aimsalibre.com

  18. Autant pour moi… Je me basais sur de vieux souvenirs. En conclusion et pour faire dans l’air du temps, la morale sera : "La SACEM, on l’aime ou on la quitte…", non ?

  19. Quand est-ce que sécurité pourra enfin rimer avec liberté ?

  20. Aie, ça fait peur.

    Pour avoir discuter avec un personnage important de la SABAM (la sacem belge), j’ai constaté à quel point ils sont convaincus du bien fondé de leur solution.

    Je n’ai pas arrêté d’entendre que "les petits artistes inconnus qui sont diffusés sont rémunérés grâce à la SABAM, pour eux c’est la seule manière de vivre."

    Comment contrer un tel argument ?

  21. salut, je vois que la lumière commence à jaillir sur les arcanes ombragées de la sacem… tant mieux, c’est l’occasion d’imaginer des transitions vers de nouveaux horizons culturels, plus ‘vécus’ que ‘lucratifs’ … si on le peut
    Dans l’espoir d’avoir peut être trouvé un moyen de conciliation, j’ai récemment mis en place une plateforme de traverse http://creativepeers.com
    La plateforme est encore très jeune et attends vos reflexions pour justifier son évolution.
    Le concept était hardu à expliquer il y a encore quelques mois, ainsi, comme les faits parlent souvent plus que des mots j’ai mis en place cette plateforme en guise "d’explication"…
    qu’en pensez vous?

  22. zicmania

    Perso je suis pour la Sacem. La licence Art libre, c’est trop simple. Tout le monde veut tout gratuit, faites la musique vous mêmes et on verra quand un rigolo vous la prendra et en fera un tube. Qui vous protègera ? La Sacem est bien plus forte que les autres.
    De plus que direz vous quand vous entendrez votre titre déformé, avec une voix pourrie dessus. Que direz vous quand celui qui vous aura piqué le titre aura plein de fric et vous rien du tout ? Faire de la musique revient cher et il est tout à fait normal qu’un titre soit protégé par des organismes comme la Sacem.

  23. Bonjour zicmania,

    Je vais essayer de répondre à tes questions :
    « (…) on verra quand un rigolo vous la prendra et en fera un tube. Qui vous protègera ? La Sacem est bien plus forte que les autres. »
    Alors, quand une personne fait usage illégal de votre oeuvre c’est à vous seul qu’il revient de vous défendre. La Sacem n’est pas un syndicat, elle défendra ses propres intérêts, ceux de la perception de sa redevance (et des frais de gestion qu’elle s’accapare).

    Le fait de ne pas être à la Sacem ne vous laisse aucunement « seul », il existe un syndicat des auteurs compositeurs de musique, le SNAC qui joue très bien ce rôle.

    « De plus que direz vous quand vous entendrez votre titre déformé, avec une voix pourrie dessus. Que direz vous quand celui qui vous aura piqué le titre aura plein de fric et vous rien du tout ? »
    L’auteur porte plainte pour utilisation abusive, preuve d’antériorité à l’appui. Comme dans la vie réelle, ce n’est pas la Sacem qui porte plainte à votre place !