La musique telle que nous la connaissons aujourd’hui est en danger et son avenir est menacé

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SNEP - face/face

Notre rédaction a reçu hier une lettre (non sollicitée) du SNEP nous invitant à participer à un nouvel espace d’information discussion intitulé face/face. Je me suis permis de la recopier ci-dessous. On peut y voir une réelle volonté d’écoute et d’ouverture (avec un joli forum phpbb) mais on peut également y voir une volonté médiatique de redorer un blâson quelque peu terni ces derniers temps.

Lorsque vous vous rendez sur le site de l’opération, la page de garde (cf illustration ci-dessus) se termine sur cette phrase : La musique, telle que nous la connaissons aujourd’hui, est en danger et son avenir est menacée. Il y a, je crois, une ambiguïté liée à la mise entre virgules du telle que nous la connaissons aujourd’hui. si vous ôtez ces virgules ce n’est plus tant la musique qui est en danger et son avenir menacé que la musique telle que nous la connaissons aujourd’hui qui est en danger et son avenir menacé.

Ce n’est pas tout à fait la même chose… À qui veut-on faire croire que le déclin du vieil empire industriel musical va nécessairement entraîner dans son sillage celui de la création musicale ?

14 mai 2007

Bonjour,

Les sites de collectifs d’adeptes du peer-to-peer et de l’internet libre – dont celui que vous animez fait partie – exercent une influence incontestable sur internet. Mais le débat en ligne concernant l’avenir de la musique dans la société numérique – et ses enjeux technologiques, juridiques, économiques et artistiques – est souvent excessif et manichéen. Force est de constater que les professionnels de l’industrie musicale ont souvent été les grands absents de ces échanges.

C’est pourquoi nous sommes heureux de vous informer que le SNEP (Syndicat National de l’Edition Phonographique) ouvre un espace de discussion en ligne destiné à engager le dialogue entre TOUS les internautes concernés : passionnés de musique, de loisirs numériques, de technologies et adeptes (ou non) du peer to peer. Le SNEP invite également les professionnels de la musique à délivrer leur point de vue : pour la première fois, les collaborateurs des maisons de disque sont mobilisés pour venir débattre avec les internautes.

Dès maintenant, tous les internautes – dont les visiteurs et les contributeurs de votre blog ou site sont susceptibles de faire partie – sont invités à échanger leur point de vue avec les professionnels de l’industrie du disque sur le site participatif du SNEP : www.faceface.fr

Cordialement.

Hervé Rony
Directeur Général Snep

Merci d’avoir évoqué un internet libre et non gratuit. De plus ravi et honoré d’apprendre que nous faisons partie de ceux qui exercent une influence incontestable sur internet. Mais permettez-moi d’en douter.

Quant au débat en ligne qui serait excessif et manichéen, il est venu réveiller un vieux souvenir. Une campagne d’affichage du… SNEP qui n’était pas forcément un modèle de modération.

SNEP - affiche - doigt

Mais comme on ne va pas se quitter comme ça, voici une nouvelle chanson de l’Inconnue de la Villa Mystère ;-)

11 Réponses

  1. Mais n’avait-il pas déjà lancer une plateforme de ce type ? Où, en fin de compte, on pouvait voir 15 vidéos de chanteurs qui disaient que "télécharger, c’est mal".

    Y’avait même eu un scandale sur le prix facturé de ce site web basé pourtant sur un CMS libre.

    Rha, ma mémoire me joue des tours, je ne me souviens plus de rien…

    (sinon, bravo pour l’influence exercée :-) )

  2. The TAZ

    Mais pourquoi ces gens pensent toujours que leurs clients ont tous un verre d’eau tiède entre les oreilles??
    Quelques un ont un cerveau et surtout de la mémoire, la preuve..
    Ce serait cool de s’inscrire sur leur site de propa… de débat et de mettre chacun dans sa signature un rappel de leur campagne injurieuse.
    moi énervé… non… :-)

  3. rvw68

    Bonjour aKa,
    une petite coquille :
    influence inconstable sur internet.
    influence incontestable sur internet.
    ;-)
    Vive la musique libre.

  4. Hybrid Son Of Oxayotl

    Oulah !
    C’est l’inverse de ce que j’ai l’habitude de voir. Le framablog m’avait plus habitué à la mesure que ratiatum et leurs tirades enflammées, mais là, c’est un inversement complet des rôles qui s’opèrent.
    Moi, je me suis inscrit là-bas pour un dialogue constructif, et tout se passe pour le moment très bien. Reste à savoir s’il y aura des résultats concrets, mais on ferait mieux d’y participer sérieusement et convenablement si on veux après pouvoir légitimement raler ;¤}.

  5. @ Hybrid Son Of Oxayotl

    Promis on ne s’est pas concerté avec Guillaume Chapeau (Ratiatum) pour que ce soit à mon tour de faire le radical et lui le modéré ;-)

    Le problème c’est que je ne vois vraiment pas trop où l’on est excessif et manichéen (on n’a jamais fait l’apologie du téléchargement gratuit par exemple, bien au contraire on est très attaché à la question des licences et des droits d’auteurs) alors, comme je suis de plus fortement contrarié par la SACEM en ce moment, je bougonne mais je n’oublie tout de même pas de relayer l’info.

    Framasoft n’a pas vocation à exercer la moindre influence sur le monde professionnel et commercial de la musique. Par contre on chercher effectivement à promouvoir et diffuser la musique libre et force est de constater que tous ces organismes ont plutôt tendance à nous mettre des bâtons dans les roues. L’avenir de la musique ne m’intéresse pas tant que celui de garantir une niche de liberté à ceux qui feraient un autre choix que ceux que proposent les affiliés du SNEP.

  6. Hybrid Son Of Oxayotl

    Effectivement, c’était un jolie erreur que de vous envoyer une lettre type. Mais là où framasoft est concerné, c’est qu’il est notre rôle de convaincre l’industrie d’abandonner les DRMs et de chercher l’interpérabillité. Si l’on pouvait convaincre plus d’artistes ou de plateforme de téléchargement de, par exemple, proposer des fichiers au format Ogg Vorbis, ce serait une bonne chose.

  7. Olivier

    "Force est de constater que les professionnels de l’industrie musicale ont souvent été les grands absents de ces échanges."

    Ne seraient-ce pas les artistes eux-mêmes qui sont absents des discussions?

    L’initiative est bonne s’ils sont prêts à écouter je trouve, ça serait bien qu’un vrai débat s’instaure entre les vendeurs et les consommateurs pour arriver à un système qui contente tout le monde et qui soit juste de la création à l’écoute (quel optimisme !)

  8. Je pense que dans un avenir pas si lointain les musiciens se mettront à vendre leur musique et à en faire la promotion eux-même en utuilsant internet autant que les anciens utilisaient le réseau traditionnel. EN effet, les concerts, la vente de CDs , la promotion tout cela peut passer par Internet. Avec un peu d’imagination, on peut même y trouver des avantages que nous n’aurions pas ailleurs.

  9. D’accord avec Sebastw.
    Ca s’est vu avec des monstres du rock actuel comme Arcade Fire ou Clap Your Hands Say Yeah par ex.

  10. Les mêmes exemples de groupes sont toujours cités en référence. Ceux qui, grâce a net on pu exploser sont ridiculement peu nombreux et pas nécessairement les plus talentueux. Vendre sur le net; concerts, CD, c’est évidement l’avenir c’est même le présent, et c’est relativement simple. Mais faire savoir qu’on a fait un CD ou que l’on va faire un concert, elle est là la réelle difficulté. Le marketing, et donc l’argent, (ceux qui sortent d lot avec un clip à 500€ sont des épiphénomènes) reste plus que jamais indispensable pour sortir du magma d’internet ou il n’ a jamais (et tant mieux) eu une offre plus pléthorique.
    A mon avis, la musique est morte en tant qu’objet de vente. dématérialisée pour un coût de plus en plus bas de production
    Imaginons un instant que la musique soit gratuite. Les auteurs continueraient à percevoir les droits de diffusion radio/télé/bar/cinéma etc, ceux issus des concerts et du merchandising. Perte pour les artistes, la part sur les ventes. Je serais curieux de savoir le % sur le revenu d’un pro des royalties ventes par rapport au reste ?

  11. Goudron kabyle

    Le site Face/Face est en flash : rappelons que le flash est une technologie mystérieuse, gournamde en bande passante, inaccessible aux handicapés et malvoyants, elle utilise un format propriétaire, les pages sont hermétiques aux moteurs de recherche…
    Ce site donne un avant goût du monde enchanté, celui que les maisons de disques nous préparent. Méfiez vous des routes mal goudronnées.