Le logiciel libre est l’arme secrète de Google contre Microsoft

Classé dans : Dégooglisons Internet, G.A.F.A.M. | 16

Google Search : Linux

« Quelle est la plus grande menace pour Microsoft : Google ou le logiciel libre ? Les deux mon capitaine, qui plus est lorsqu’ils travaillent main dans la main. » C’est peu ou prou ainsi que débute cette nouvelle traduction[1] issue, une fois n’est pas coutume, du RedmondMag.com (dont on peut saluer la liberté de ton).

Parce que si il est vrai que le logiciel libre fait de plus en plus vaciller le géant c’est peut-être son alliance avec Google qui portera le coup de grâce…

On comprendra au passage pourquoi Google ne serait pas Google sans le logiciel libre et pourquoi le logiciel libre est actuellement tant est si bien soutenu par Google qu’il lui est difficile de le critiquer objectivement.

Screenshot - RedmondMag.Com

L’arme secrète de Google

Google’s Secret Weapon

Glyn Moody – Janvier 2008 – RedmondMag.com

Tout en minimisant sa compétition directe avec Microsoft, le géant de la recherche continue à travailler en silence sur des projets open source pour mettre des bâtons dans les roues de son grand rival.

Quelle est la plus grande menace pour la domination de Microsoft : la firme Google ou l’open source ? La réponse est : les deux, particulièrement lorsqu’ils travaillent main dans la main.

"L’open source est l’outil suprême du capitalisme logiciel" affirme Matt Asay, vice président du développement commercial chez Alfresco Software Inc., une société spécialisée dans la gestion de contenu d’entreprises 1 open source. "Il permet aux fournisseurs de s’adapter finement à leurs clients et à leurs prospects tout en ruinant les efforts de leurs concurrents qui veulent faire payer les licences de leurs propres produits. C’est la tactique qu’a employée Google avec succès et qui a chamboulé le marché des logiciels au tournant du siècle."

Le géant de la recherche prend toujours soin d’apaiser la spéculation faite sur la menace pesante d’une guerre des titans. Lorsque Google a ajouté une application de présentation à sa suite bureautique en ligne, par exemple, le PDG Eric Schmidt a déclaré catégoriquement que ce n’était pas un concurrent de Microsoft Office.

D’autres, comme Raven Zachary, directeur de la recherche open source chez The 451 Group[2], expriment un avis différent. "Il est vital pour Google d’ébranler la domination de Microsoft Office pour promouvoir son offre de suite bureautique en ligne" dit-il. "C’est de la concurrence, point."

Google peut essayer de minimiser cette compétition autant qu’ils veulent en public, en coulisse ils savent très bien que Microsoft a dépensé 6 milliards de dollars pour faire l’acquisition de la société de publicité numérique aQuantive Inc. pour lancer une offensive musclée contre Google sur son propre terrain. Le passé montre que Microsoft ne s’arrête pas tant qu’il ne domine pas le secteur dans lequel il se lance, on peut donc difficilement dire qu’une cohabitation pacifique soit envisageable.

Face à ce problème complexe, la fourmilière de doctorants de chez Google a trouvé la solution parfaite : avoir un outil pour combattre Microsoft sans vraiment en avoir l’air. L’open source se trouve au coeur de leur stratégie.

Ouvert pour affaire

La plupart des gens savent que les vastes cheptels de serveurs de Google, on parle de centaine de milliers de machines, tournent sur des versions personnalisées de GNU/Linux. Moins nombreux sont ceux qui savent également qu’ils font un usage intensif de la principale base de données open source : MySQL.

(Google est) l’exemple d’une entreprise qui n’aurait concrètement pas pu exister telle qu’on la connait avant le développement de Linux ou de l’open source" d’après Jim Zemlin, directeur exécutif de la Linux Foundation, l’organisme qui rétribue Linus Torvalds pour son travail sur le noyau Linux. "S’ils avaient dû s’appuyer sur Microsoft ou Sun non seulement cela aurait été trop cher, mais surtout ils n’auraient pas pu réaliser les modifications nécessaires à la création de leurs services."

Ce dernier point est confirmé par le manager des programmes open source chez Google, Chris DiBona, qui a rejoint la compagnie en août 2004 pour superviser et coordonner les activités open source : "Ce qu’il y a de bien avec l’open source c’est que c’est un peu comme s’il était à vous. Dites vous bien que Google fournit un effort de développement de logiciel énorme, si nous devions nous plier aux restrictions que le code propriétaire nous impose nous ne serions pas capable de développer à ce rythme soutenu."

Google contribue à l’écosystème open source en employant certains de ses meilleurs codeurs.

"Nous les employons parce que les avoir dans nos équipes permet à nos projets d’avancer, ce qui est bon pour nous" ajoute DiBona, "et l’utilisation que nous faisons des projets trace parfois la voie qu’ils peuvent emprunter." Parmi les recrues on trouve de gros poissons comme Andrew Morton, numéro 2 dans le monde Linux, Greg Stein, l’un des directeurs de l’Apache Software Foundation et Jeremy Allison, l’un des leaders du projet Samba qui fournit les services de fichiers et d’impression open source aux clients SMB/CIFS dont Windows fait parti.

Un autre vétéran de l’open source ayant rejoint le vivier de Google est Ben Goodger, ingénieur en chef de Firefox. Les liens entre Google et ce concurrent de plus en plus sérieux d’Internet Explorer sont bien plus profond cependant. Google est le principal moteur de recherche de Firefox, à la fois dans le champ de recherche dédié et sur la page d’accueil par défaut au premier lancement de Firefox.

En octobre 2007 on a appris que l’organisation derrière Firefox, c’est-à-dire la Mozilla Foundation, a empoché 66 millions de dollars en 2006 grâce à ces partenariats avec les moteurs de recherche, ce qui représente une augmentation de 50 millions de dollars par rapport à l’année précédente. Cela signifie que Google, qui est de loin celui qui paie le plus pour ces requêtes, finance concrètement le développement de Firefox et de Thunderbird, le concurrent de Microsoft Outlook développé par Mozilla, et de ce fait affaiblit doucement l’hégémonie de Microsoft sur le marché des navigateurs et des clients de messagerie.

Google a aussi commencé à organiser des rencontres de haut-niveau où des personnes clés du logiciel libre travaillant sur un projet peuvent se réunir et se rencontrer en face à face, ce qui reste quelque chose qui ne se produit que rarement autrement. Par exemple en novembre 2006 des programmeurs importants travaillant sur la distribution Ubuntu (celle qu’installe Dell Inc. sur ces PC grand public tournant sous GNU/Linux) se sont réunis sur le campus de Google, le Collaboration Summit de la Linux Foundation s’y est tenu en juin 2007 et en septembre 2007 les développeurs responsables de Python se sont rencontrés pour travailler sur la version 3 du langage. Python est l’un des trois langages de programmation utilisé intensivement par Google (les deux autres étant Java et C++) et son créateur, Guido van Rossum, travaille également pour Google.

Un amour de vacances

Mais ce ne sont pas que les superstars de l’open source qui bénéficient de l’attention et des bien-faits de Google. En 2005, le géant de la recherche a démarré son programme "Summer of Code" grâce auquel des étudiants en informatique reçoivent un financement de Google pour travailler sur un projet open source pendant leurs vacances d’été. Ce programme donne un coup de pouce à ces projets et augmente leur viabilité en injectant du sang neuf.

Comme le dit Sebastian Kügler du projet d’environnement de bureau KDE (en cours de portage sur Windows) : "C’est la vraie idée derrière Summer of Code : inoculer aux étudiants le virus du logiciel libre, leur donner la chance de grandir dans une communauté comme la nôtre."

Comme l’explique DiBona il y a un autre avantage plus subtil. Grâce au Summer of Code, "Google connait désormais tous les gens travaillant sur les projets dont Google dépend" dit-il. "Ca nous est vraiment utile. Lorsque nous sortons une nouvelle API nous savons qu’il y aura des projets dans le monde open source soit pour l’utiliser soit pour en être client. On peut simplement les appeler et dire "Salut les gars, c’est Google, on est votre ami" et les laisser jeter un coup d’oeil.

Google soutient également les logiciels libres en mettant à disposition son code sous des licences open source (généralement la licence Apache comme c’est le cas par exemple pour la nouvelle plateforme mobile Android). Leur plus grosse contribution jusqu’à maintenant est peut-être Google Gears. "Gears est une extension open source pour votre navigateur qui permet aux développeurs de créer des applications Web qui peuvent fonctionner hors-ligne" explique DiBona. "On aurait pu se contenter de sortir l’extension pour nos applications, mais grâce à l’open source d’autres personnes peuvent l’employer sans crainte, ils savent que personne n’abandonnera cette technologie parce qu’ils la possèdent aussi."

La sortie de Gears dans un format open source encourage une adoption plus large dans la communauté des logiciels libres et au-delà. Si Gears trouve son public et que les utilisateurs ont la possibilité d’utiliser des applications Web hors ligne grâce à leur navigateur, alors le système d’exploitation sous-jacent devient moins important et la main mise de Microsoft sur l’environnement de bureau est affaiblie.

Se battre sur deux fronts

Le résultat de toutes ces initiatives discrètes et distinctes entreprisent par Google pour soutenir l’open source est que Microsoft ne se retrouve pas devant un seul concurrent sérieux mais devant deux qui fonctionnent en collaboration étroite.

"Je pense que cela met le pression sur Microsoft, ils s’y attendaient certes, mais pas aussi rapidement et pas aussi violemment" dit Eric Raymond, auteur d’une analyse des logiciels libres qui fait école "La Cathédrale et le Bazar".

"Ils se disaient sûrement qu’ils avaient le temps pour se préparer avant que Linux n’amène son environnement à maturité, un processus qui ne pouvait qu’être long et douloureux." dit-il. "Et bien ils n’ont pas eu ce luxe, leur main-mise est maintenant attaquée de deux côtés et Google restera une menace suffisamment sérieuse même si l’environnement Linux devait se planter."

De plus, les choses risquent de se corser encore plus à mesure que d’autres entreprises réalisent qu’une manière d’affaiblir Microsoft est de renforcer l’open source. C’est l’un des principaux axes de la stratégie d’IBM depuis presque une décennie, depuis qu’ils ont abandonné leur propre serveur Web et adopté le logiciel libre Apache en 1998.

Depuis ils ont adapté GNU/Linux pour tout leur hardware et fait don de plus de 40 millions de dollars de leur code pour lancer le projet Eclispe pour concurrencer Visual Studio de Microsoft. Plus récemment, l’autre grand rival de Microsoft sur la toile, Yahoo ! Inc. s’est joint au club des défenseurs de l’open source en ouvrant les API de ses services, en lançant les Open Hack Days aux Etats-Unis, au Royaume Uni et en Inde et en rachetant Zimbra Inc. qui développe des outils open source de messagerie et de collaboration pour la somme annoncée de 350 millions de dollars.

A l’instar de Google, Yahoo a également engagé certains de ses programmeurs open source les plus importants, comme l’expert de MySQL Jeremy Zawodny et Doug Cutting, l’un des chefs de file dans le domaine des technologies des moteurs de recherche. Cutting travaillera à plein temps sur son système open source Hadoop qu’il décrit sur son blog comme étant "un système de fichiers inspiré de celui de Google et un système de calcul distribué inspiré de celui de MapReduce, là encore de Google."

Tout comme Google a réussi son coup en redirigeant la puissance de l’open source contre Microsoft, Yahoo espère réussir la même chose avec Hadoop. Et évidemment la salve tirée par Yahoo offre en bonus la possibilité de prendre Google pour cible.

Notes

[1] Traduction Olivier et GaeliX pour une relecture Daria from Framalang.

[2] NdT : The 451 Group est un laboratoire d’analyse indépendant spécialisé dans les technologies de l’industrie, en particulier ce qui concerne l’innovation informatique.

16 Réponses

  1. Merci pour ce billet de très grande qualité.

    Une fois n’est pas coutume on sort du discours souvent idéaliste, utopique et simpliste qui entoure le logiciel libre pour rentrer dans le fond du débat et la réalité des choses.

    L’open source est aujourd’hui absolument indispensable dans le monde du logiciel afin d’assurer une concurrence effective de ce marché. L’open source est le seul vecteur aujourd’hui efficace par lequel un nouvel entrant sur le marché peut survivre et par lequel certains anciens acteurs peuvent réagir face à une entreprise en position dominante.

    Lorsque Matt Assay dit que "L’open source est l’outil suprême du capitalisme logiciel" je crois qu’il a effectivement tout compris car l’open source est l’outil qui peut permettre d’éviter le monopole et qui peut donc garantir l’existence d’une concurrence règle de base du capitalisme.

  2. Merci beaucoup pour la traduction….

  3. @Dejepe : avant d’être un outil du capitalisme, l’open source est un outil de la coopération logiciel…
    Il se trouve que les deux peuvent fonctionner ensemble, mais il s’agit là d’un choix politique et on aussi faire le choix de ne pas mettre l’open source au service du capital.

  4. @ JospehK
    Bien sur que l’Open source est un outil de la coopération logiciel vous avez parfaitement raison.

    Toutefois, Le logiciel Open source est un outil pour le capitalisme quant bien même ses créateurs n’auraient aucune intention politique en la matière.

    Prenons l’exemple d’un logiciel open source développée par un groupe d’informaticiens sur leur temps libre (cas plutôt fréquent) sans aucun lien avec leur travail sans qu’aucun d’entre eux ne travaille ou ne soit financé par une entreprise de logiciels. A partir du moment ou ce logiciel gagnera de l’audience et concurrencera de facto un logiciel équivalent propriétaire jusqu’à présent en situation monopolistique , ce logiciel open source sera un élément de régulation du marché car il permettra l’entrée d’un nouvel entrant sur le marché et parfois il rendra même service à l’entreprise en quasi monopole afin de se dédouaner auprès des autorités de la concurrence ("vous voyez bien que je n’abuses pas de ma position dominante puisque des nouveaux entrants arrivent sur le marché….). Ainsi le logiciel libre sera bien, objectivement un outil du capitalisme sans que cela n’ait été l’objet premier de leurs auteurs.

  5. Dans ce cas, il est un outils du capitalisme parce qu’on le veut bien… à chacun de faire ses choix de consommation, à chacun de faire ses choix politiques… c’est ça la liberté…

    Parler de part de marché concernant Firefox c’est un non-sens pour moi, il faudrait plutôt parler de part de marché perdue (évaporée) d’Internet Explorer. Firefox ne se fait pas d’argent sur mon dos… je n’achète rien par internet, je ne vois aucune pub google et quand bien même je l’installe sur les machines d’un lycée je n’incite personne à acheter quoique ce soit…
    A force de raisonner dans ce sens, on risque de croire que les fleurs sauvages tirent un bénéfice marchant en naissant. Le don n’est pas marchant sinon ça n’en est plus un. (d’ailleurs est-ce un don que d’acheter le CD des enfoirés ?)

  6. Pour revenir sur cette phrase :
    "Une fois n’est pas coutume on sort du discours souvent idéaliste, utopique et simpliste qui entoure le logiciel libre pour rentrer dans le fond du débat et la réalité des choses."
    Parler du tout marchant comme d’une réalité est une dystopie.

  7. Très bon article, effectivement. Il rappelle une analyse de Tim O’Reilly qui dit: Microsoft a gagné contre IBM en banalisant le matériel, Google lutte contre Microsoft en banalisant le logiciel (commoditization of software). En fait l’open source a pour effet de démonétiser le logiciel (ce qui ne signifie pas de le dévaloriser), au bénéfice du contenu et du service. Pour O’Reilly, Google ayant un coeur de métier de service, qui a besoin de logiciel et de matériel pas cher, a tout à gagner – indépendamment de l’aspect guerre de géants – à démonétiser au maximum ces ressources. Il en restera toujours des retombées pour le patrimoine logiciel en général.

  8. Salut,

    Encore une fois merci pour cette excelente traduction !

    Si je puis me permettre y’a un schema qui pour moi représente bien tout cas :

    http://mshiltonj.com/software_wars/

  9. @ JosehK
    Le logiciel libre ne se résume pas à son rôle économique. Mais il a un impact économique, il n’est pas éconiquement neutre et ce quelque soit l’intention première de ceux qui le programme voire même de ceux qui l’utilise.
    En utilisant et en faisant utiliser Firefox par exemple vous contribuez à démontrer qu’il existe une alternative au navigateur de Microsoft. Ce dernier pourra donc se prévaloir devant les autorités de régulation de la concurrence qu’une concurrence réelle existe dans le domaine des navigateurs et que l’intégration d’IE à Windows n’a pas rendu impossible l’émergence de nouveaux acteurs en la matière. De même il suffit de voir l’argent qu’a pu réunir la fondation mozilla pour voir que le développement de ce navigateur à des effets économiques.
    Tout l’intérêt de cet article est de montrer l’impact que le logiciel libre peut avoir sur l’industrie du logiciel et ce indépendamment de l’objectif poursuivi par les différents acteurs du logiciel libre.

  10. Bill Gates donnes bcp d’argent à des oeuvres de charités, est-ce que ça signifie que la récolte d’argent par les oeuvres de charité a des effets économiques. Est-ce que la Croix Rouge à plus de part de marché que le Secours Populaire ou Emaüs ?
    Google est un des mécènes de Firefox et Firefox mets Google en page d’accueil (cela dit c’est une page parsonnalisé et elle pourrait être héberger ailleurs que chez google) et alors… Google était bien en page d’accueil d’Internet Explorer il n’y a pas si longtemps…

    Le premier producteur d’O2 c’est l’océan, si un chimiste produit de l’O2 en laboratoire à partir de molécule d’H2O et qu’il parvient à en produire et en vendre en quantité industrielle va-t-on considérer l’océan comme abusant de sa position dominante… Si on veut vraiment voir des enjeux économiques, c’est possible, mais c’est une question politique… idem pour le logiciel libre.

  11. A pleurer de rire de candeur beate et infantile…
    Bon baisers de Chine aux tirailleurs senegalais du Libre…

  12. Bonjour,

    Peut-on arreter l’amalgame Open Source et Logiciel Libre svp, et utiliser chaque terme là où il se doit.

  13. @JosephK

    L’aide humanitaire n’est pas un marché, vous aurez par contre du mal à dire que le secteur du logiciel n’en est pas un.
    L’océan n’est pas un opérateur économique, bon courage pour le traduire devant un tribunal (;-)).

    Par contre que google veuille développer un partenariat plus étroit avec Mozilla peut avoir des conséquences sur le marché du logiciel et je pense que la fondation Mozilla qui n’est pas dupe fera au mieux de ses intérêts.

  14. Ben non j’ai pas de mal à dire que le logiciel n’est pas un marché… pour moi c’est l’état "normal" tout comme la paix est l’état "normal", tout comme réspirer de l’air produit par la nature est un état "normal"… c’est ce qui me place nécessairement en lutte face à l’oppresseur MS (au sens où cette entreprise me prive de liberté).

    Le logiciel c’est de la connaissance… ce n’est pas un marché. (et je suis bien placé pour le dire car je partage mon logiciel et donc ma connaissance) Que serait-il arrivé si Pythagore avait breveté son théorème ou si Jésus avait mis ses paraboles sous copyright ?
    Si tu veux voir de l’économie dans le logiciel libre, libre à toi, en d’autre temps les idées étaient considérées comme politiques, religieuses ou philosophique…

    … ça serait sûrement une des plus grande opportunités manquée de notre époque si le logiciel libre ne libérait rien de plus que des marchés économiques…

  15. @JosephK

    Je crois qu’effectivement nous divergeons sur le point de base. Pour moi un logiciel est un outil (savoir créer un logiciel c’est de la connaissance) comme un marteau est un outil (savoir en fabriquer un implique une connaissance).

    A partir de là n’étant pas allergique à l’économie de marché et n’y voyant pas un fléau je me réjouis qu’il existe des logiciels libres qui permettent d’avoir le choix et qui garantissent une concurrence sur le marché du logiciel.

    Dans un autre domaine je suis partisan de la généralisation des standards ouverts et documentés en matière de fichiers et de leur utilisation obligatoire dans les administrations publiques, pas par idéologie ou pour lutter contre un quelconque oppresseur mais pour garantir la pérennité des données ce qui me semble être un enjeu capital.

  16. Ben justement, le théorème de Pythagore est également un outils tout comme l’algorithme de cryptage des cartes bancaires…

    C’est la force de Microsoft que d’avoir fait croire que derrière les logiciels il y avait un mystère accessible qu’aux initiés.
    Moi je programme depuis l’âge de 8 ans (j’ai 24ans) à partir d’un Amstrad CPC (la console de jeux à la mode) avant même qu’il y ait windows d’implanté à l’école. Mon premier programme c’était :
    Demande : "Etes vous intelligents ? (o/n)" ;
    Réponse : si non repose la question ; si oui "Vous l’êtes certainement puisque vous m’avez acheté !"

    N’importe qui peut programmer, ça s’enseigne même à l’école (cf jeu de la tortue) tout comme les maths… et c’est pas pour rien que le premier exemple cité pour expliquer le principe des logiciels libres c’est la recette de cuisine. La recette de cuisine c’est un outils pour faire de bon gâteaux.

    Juste pour préciser pourquoi je considère MS comme un oppresseur (parce que je ne suis pas un anti-MS primaire), c’est parce qu’ils ont imposé Windows (j’avais Géoworks sur mon pc quand j’étais petit avant d’avoir Windows c’était très bien voir mieux) qu’il nous ont enfermé dans cet environnement en nous faisant croire que c’était la norme qu’un ordianteur ne pouvait pas fonctionner sans windows (d’ailleurs bcp de vendeurs le croient, du coup j’hésite plus à dire que je suis sous linux (j’y vais avec ma femme qui est enseignante comme ça on ne peut pas dire que c’est réservé aux informaticiens) et du coup le vendeur se sent dépassé et revoit sa copie).
    Bref, tout ça pour dire que ouvrir la fenêtre n’est pas qu’une image.