And the winner is…

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Coup sur coup, Red Hat et Novell viennent de faire des déclarations qui, entre les lignes, laisse à penser que leur version desktop communautaire de GNU/Linux, Fedora pour le premier et OpenSuse pour le second, n’est pas (ou plus) stratégique et donc prioritaire dans leur développement. Les deux sociétés préfèrent se concentrer sur les serveurs et le service aux entreprises dont la rentabilité est assurée.

Extrait de l’article What’s Going On With Red Hat Desktop Systems ? An Update chez RedHatNews : An explanation : as a public, for-profit company, Red Hat must create products and technologies with an eye on the bottom line, and with desktops this is much harder to do than with servers. The desktop market suffers from having one dominant vendor, and some people still perceive that today’s Linux desktops simply don’t provide a practical alternative. Of course, a growing number of technically savvy users and companies have discovered that today’s Linux desktop is indeed a practical alternative. Nevertheless, building a sustainable business around the Linux desktop is tough, and history is littered with example efforts that have either failed outright, are stalled or are run as charities.

Extrait de Novell : The Stand-alone OS is Dead sur InternetNews : The basic concept here is that the standalone operating system is dead, The days in which people buy operating systems on their own and then build a stack from there… will look like home-built automobiles in the future, people aren’t going to do this anymore.

Si on fait le compte des distributions GNU/Linux pour le grand public, il ne reste plus guère que Mandriva et Ubuntu (voire peut-être d’autres, à vous de me dire, comme PCLinuxOS, Mint ou encore Freespire).

Mandriva vient de sortir sa version de printemps. Souhaitons-lui bonne chance… Il n’empêche que c’est clairement Ubuntu qui a le vent en poupe alors même que sa prochaine version, Hardy Heron, va éclore dans quelques jours et en rajouter une couche.

Classements des distributions sur DistroWatch pour les trois derniers mois :

DistroWatch

Comparatif de fréquence de recherches sur Google Trends (cliquer ici pour mieux voir) :

Google Trends - Ubuntu Fedora Suse Mandriva

Vous en tirerez vos propres conclusions. Et tant qu’à rester sur Google Trends voici un autre comparatif donnant un argument de plus à mon billet Le vocable Ubuntu va-t-il se substituer à Linux auprès du grand public ? :

Google Trends - Linux Ubuntu

Ce qui m’amène à poser les quelques questions suivantes aux lecteurs qui passent :

  • Une société peut-elle gagner de l’argent avec une distribution GNU/Linux grand public ?[1]
  • Ubuntu a-t-il définitivement gagné la bataille des distributions GNU/Linux grand public ?[2]
  • Si oui, n’est-ce pas paradoxal que, quand bien même les communautés du libre soient parées de toutes les vertus, ce soit un un milliardaire (aussi sympathique et philantropique soit-il) qui ait raflé la mise ?
  • Si oui, est-ce que cette grande clarification est un facteur favorable pour la migration grand public de Windows vers Linux ?

Notes

[1] D’autant que Mark Shuttleworth lui-même (fondateur d’Ubuntu) ne le pense pas non plus : I don’t think there is money to be made in selling desktop Linux.

[2] Question subsidiaire : Et que devient Debian dans tout ça ?

7 Réponses

  1. Olivier

    L’innovation et le dynamisme dans le monde libre proviennent de tous les acteurs, c’est donc dommage d’en voir abandonner la bataille du grand public. De même, l’hégémonie d’une distribution, aussi user-friendly soit-elle, sera je pense un frein à l’évolution des distributions grand public. L’idéologie que chaque distribution représente n’est pas nécessairement partagée par tous les développeurs et ne risque-t-on pas de perdre des forces vives ?

  2. Etenil

    Les courbes de google représentent le nombre de recherches incluant le mot clé tapé. Peut-on vraiment se fier a ces résultats pour déduire la popularité d’un OS? quand j`ai un soucis sous ubuntu, j’allais directment sur le forum. Pour windows, je réinstallais, pour Debian, je n`ai pas vraiment de problème.

  3. Alors la je vois pas ou est la nouveauté, ça fait bien longtemps il me semble que red hat et novell ont abandonné les versions desktop justement en refilant le developpement a la communauté , le revirement de mandriva (abandon du club, libre telechargemet de la One et de la Free …) est du meme ordre

    pas facile de vendre un os desktop, coincé entre l’imposant windows et le bouillonant ubuntu (sans oublier macos X)

  4. Il ne faut pas oublier aussi les dérivées d’Ubuntu comme gOS, il y a aussi la récente distribution Symphony qui promet d’être innovente.

    Sinon c’est dommage que red hat et novell délaisse le grand public, chacune des différentes distributions en développement contribue aussi aux projets commun (comme GNOME ou KDE, à titre d’exemple)

  5. C’est comme dans tout, il y a ceux qui réussissent et font que ça devienne populaire et les autres. Maintenant, étant technicien, je propose ubuntu sans problème alors que les autres ne sont pas tout-public

  6. Je crois que l’étape la plus difficile pour dompter linux est l’installation. Et Ubuntu n’est pas la distribution qui y plante le moins. Des distributions d’apparence moins user-friendly sont plus simples, même si elles ne fournissent au départ qu’un bureau aride ou pas de bureau. Je tiens ça de mon expérience personnelle.

  7. elder

    En fait, le combat (car s’en et un) du desktop n’a jamais pu être mené. En effet le leader du marché des desktop à depuis son apparition tout fait pour verrouiller le marché autour de ses produits. Je ne rappellerai pas ici les pratiques peu recommandables (voir illegale quand il s’agit de faire adopter un format par l’iso) de cet éditeur. Néanmoins, ces pratiques que toute personnes interressé par le libre condamne, sont en adéquation avec le "système" (commercial) tel qu’il existe. A t’on déjà vu beaucoup de société commerciale se refuser à un coup tordu pour peu qu’elle y gagne de l’argent ?
    Le desktop est un sujet beaucoup trop commercial pour que le leader du marché accepte la concurrence. La perte de part de marché sur le marché des application "serveur" ne peut en fait s’expliquer que par l’exigence des clients. Si notre OS préféré a pu conquerir une partie (et une bonne) des serveurs en production aujourd’hui, c’est parce que le choix en a été, majoritairement, préscrit par des admins qui ont un savoir. Ce savoir n’existe que peu (en proportion) du côté du desktop-user de ce fait le desktop-user (qui est un mouton) regarde ce qu’il voit. Que voit il ? les pulicité du leader. Pire dans 90% des cas il n’a pas l’impression d’avoir payé son logiciel à l’achat de son ordinateur, le prix des licences constructeur (OEM) étant confidentiel, et pire encore il est légalement forcé (ça a fait jurisprudence) d’accepter le systeme du leader sans pouvoir exiger de remboursement s’il n’en veut pas.
    Donc aujourd’hui nous avons un système payant, incompatible, peu fiable et intrusif et de l’autre un système libre, majoritairement gratuit et hautement compatible. Le plus mauvais est le leader, cherché l’erreur … Darwin ne connaissait ni l’informatique ni le capitalisme liberal…

    Franchement quelqu’un a été regardé les comptes bancaire du beau-frére du juge qui a déclaré legal le contrat de vente forcé de windows avec les PC ? Parce que y’a comme une odeur de pourriture…