À imprimer en salle des profs et plus si affinité et volonté

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Les logiciels libres, un enjeu pour l'éducation - Raphaël Neuville (N'autre École)

Raphaël Neuville, enseignant documentaliste, vient de publier dans la revue trimestrielle de la CNT éducation N’Autre École, un article intitulé « Les logiciels libres, un enjeu pour l’éducation » (sous licence GNU FDL et disponible en pdf ci-dessous).

Nous en faisons l’expérience tous les jours, il n’est jamais facile d’expliquer synthétiquement le logiciel libre à un public non averti. Sur quatre pages claires et bien présentées, la défi est tant est si bien relevé que nous suggérons aux collègues de l’imprimer pour l’afficher en salle des profs, de préférence le plus près possible de la machine à café.

Le papier contient de plus une initiative originale, celle de proposer un modèle de « motion » (à adapter comme bon vous semble) qui, votée en conseil d’administration serait un geste fort non seulement auprès de l’ensemble du personnel de l’établissement scolaire mais également auprès de l’administration et des collectivités locales prescriptrices de logiciels et de matériels informatiques.

La voici recopiée ci-dessous.

Les logiciels libres, un enjeu pour l'éducation - Raphaël Neuville (N'autre École)

Exemple de motion pour établissement scolaire

L’éducation aux TICE (technologies de l’information et de la communication pour l’éducation) constitue aujourd’hui une mission à part entière des établissements scolaires.

Afin de mettre cet enseignement en conformité avec l’esprit de service public qui prévaut dans l’Éducation nationale, nous souhaitons inscrire le collège X dans une logique d’utilisation, de promotion et de développement des logiciels libres en application de l’accord cadre conclu entre le ministère de l’Éducation nationale et l’AFUL.

Un logiciel libre est « un logiciel dont la licence dite libre donne à chacun le droit d’utiliser, d’étudier, de modifier, d’améliorer, de dupliquer, et de donner ledit logiciel ».

Pourquoi utiliser en priorité ces logiciels libres ?

  • tout d’abord parce que leur diversité et leur qualité permet aujourd’hui de répondre à tous les besoins d’un établissement scolaire (navigateur internet, suite bureautique, traitement et retouche d’image, dessin, PAO…) ;
  • développés selon les principes de la coopération et de la recherche libre, dans une logique non-marchande, ils répondent aux exigences de neutralité commerciale du service public d’éducation telles que définies par le Code de l’Éducation (article L. 511-2) et la circulaire sur le Code de bonne conduite des interventions des entreprises en milieu scolaire ;
  • conçus pour fonctionner avec le maximum de matériel, peu gourmands en ressources, ils sont une réponse aux difficultés de financement du parc informatique dans les écoles et peuvent prolonger la durée de vie des matériels utilisés ;
  • régulièrement mis à jour et perfectionnés, ces logiciels restent performants et en phase avec les dernières évolutions technologiques ;
  • fonctionnant selon des standards « ouverts », ils sont compatibles avec toutes les autres plate-formes, y compris propriétaires ;
  • accessibles à tous gratuitement, ils rendent possible une égalité d’accès aux technologies de l’information et de la communication, permettant aux élèves de retrouver chez eux un environnement utilisé en classe et contribuant ainsi à lutter contre la fracture numérique.

En conséquence, nous déclarons tout mettre en œuvre pour faire de l’utilisation et du développement des logiciels libres une priorité du collège.

12 Réponses

  1. "fonctionnant selon des standards « ouverts », ils sont compatibles avec toutes les autres plate-formes, y compris propriétaires "

    De quels logiciels s’agit-il ? Pour ma part, ma machine tourne exclusivement sous Linux (j’avais eu l’OS M$) et bon nombre des logiciels que j’utilise ne sont pas compatibles avec d’autres plate-formes. Quelques exemples de logiciels très utilisés : Amarok, F-Spot, gscan2pdf, Ardour, Kaffeine, k3b, Gnomebaker, etc. Les exemples sont en réalité très nombreux…

  2. J’ai visité le site http://www.logiciels-libres-tice.org après lecture de l’article. Belle initiative. Pour autant, ce site a un défaut majeur : les fiches de présentation des logiciels ne font aucune mention de l’OS (ou alors souvent très vague : "Environnement requis : PC avec un processeur 300 Mhz au minimum, 64 Mo de ram"). C’est pénible de consulter des pages inutilement (peu de logiciels pour Linux).

  3. Les logiciels libres pour l’éducation et le plan Besson

    Framablog rapporte, dans un billet publié aujourd’hui, un article présentant l’enjeu des logiciels libres pour l’éducation, dans un contexte où l’on connaît, désormais, les grandes lignes du plan France Numérique 2012, présenté par Éric…

  4. Salut,

    L’article de Raphaël est excellent bien sûr et la revue dans laquelle il est publié est disponible gratuitement en téléchargement pour les 14 premiers numéros ! Les 5 derniers numéros sont encore en vente…
    FS

  5. Et comme nul n’est parfait, ce document a été – au moins en partie – produit par du logiciel propriétaire et commercial : Acrobat Distiller 6.0 (Windows).

    Souffrez-vous vous aussi du syndrome Bayrou ?
    http://framablog.org/index.php/post

  6. Addendum : QuarkXPress® était aussi de la partie, semble-t-il.

  7. Raphael N

    Le texte en lui même a été réalisé sous OpenOffice et sous GNU/Linux. Je ne suis pas maitre de la revue et ne peut honnêtement forcer personne à utiliser du libre : les habitudes ont la vie dure. Courage ensemble nous y arriverons 😉

  8. Merci pour cette précision, et félicitations quant au texte lui-même, donc… Cela dit, l’utilisation de logiciels propriétaires et commerciaux en milieu militant est pour le moins paradoxale (épargnons-nous le galvaudé "schizophrénique"), non ?

  9. Je fais mes documents avec Scribus. N’empêche que les imprimeurs ont du mal a accepter et qu’ils réclament du Indesign. En tout cas bravo pour ce document.
    Allez voir aussi ce site sur les "racketiciels" :
    http://www.racketiciel.info/

    Sapoje

  10. vishnou

    Très intéressant malgré une petite erreur "Il existe Framasot, une site spécialisé"

    Framasoft sans f c’est moins classe :)

  11. Philippe-Charles Nestel

    Salut Raphaël,

    Un certain nombre de points sont contestables dans la motion que tu nous suggères de faire voter aux CA de nos établissements scolaires.

    En premier lieu, la notion de TICE qui mériterait un examen critique.

    Pour mémoire, avant que l’on ne raye du fameux bédeuzi tous les items qui renvoyaient à quelques fondamentaux informatiques, avant que l’on supprime 33% du programme dédié aux apprentissages informatiques dans la discipline technologique (ce qui n’interdisait pas ses "usages" dans les 67% restants), la notion de TIC était avant tout usitée en sociologie des médias. Il ne s’agissait donc pas au départ de mettre l’accent sur les seuls usages mais également sur les notions. C’est la raison pour laquelle le B2i fut appelé , lors de son lancement : "brevet informatique et internet" et non pas "brevet TICE".

    Et lorsque tu écris, dans le préambule : "L’éducation aux TICE (technologies de l’information et de la communication pour l’éducation) constitue aujourd’hui une mission à part entière des établissements scolaires", pourrais-tu énoncer en quoi consiste et/ou devrait consister cette "mission" ?

    Pour ma part, je considère le concept de TICE comme un faux ami.

    Je me range au point de vue du groupe de travail de l’ASTI sur l’enseignement de l’informatique dans le secondaire qui, pour bien distinguer, le matériel du logiciel, les notions des seuls usages, utilise le vocable ITIC : Informatique et TIC.

    En second lieu, lorsque tu écris : "Afin de mettre cet enseignement en conformité avec l’esprit de service public qui prévaut dans l’Éducation nationale", de quel enseignement parles-tu ?

    Tous les textes de l’éducation nationale insistent lourdement pour expliquer que les TICE ne font l’objet d’aucun enseignement spécifique. Le B2i n’est donc pas censé mesurer des connaissances mais valider des compétences d’usage. Et certains enseignants, notamment dans mon établissement, considèrent que le B2i – en tant que validation par feuille de compétences – a été l’un des chevaux de Troie du socle commun et des réformes en cours où les "compétences" se substituent peu à peu aux "connaissances".

    Pour autant, je suis bien conscient du formatage cognitif que produisent les logiciels privateurs de libertés et je soutiens totalement tes intentions.

    Pour autant, ne serait-il pas temps que les acteurs du Libre dans l’éducation se livrent à un examen critique ?

    Trop souvent la bataille n’a été menée que sur les seuls usages, comme si le fait d’utiliser OpenOffice.org, alors même qu’il n’est plus possible d’ enseigner par exemple pourquoi il faut séparer la forme et le contenu, devait constituer notre seul et unique objectif.

    Amicalement Charlie

  12. Priorité aux logiciels libres

    Quand le billet À imprimer en salle des profs et plus si affinité et volonté, paru sur le Framablog en octobre dernier, est arrivé dans mon agrégateur de flux, il m’a semblé évident que le collège où j’enseigne pourrait s’ins……