Les bonnes résolutions du logiciel libre pour 2009 ?

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Foxypar4 - CC byNous pouvons nous réjouir du succès croissant que connaît le logiciel libre depuis quelques années, emmené par quelques projets phares tels que Firefox, Wikipédia, OpenOffice.org et Ubuntu pour les plus connus d’entre eux.

Les solutions Open Source sont de plus en plus utilisées sur les ordinateurs personnels et plus seulement dans le monde des serveurs, et entre le fiasco Vista et la crise, on se prend à rêver de jours radieux pour le libre…

Sauf que… Tout n’est pas rose au royaume du code ouvert  ! Ces belles réussites cachent parfois des problèmes plus ou moins inquiétants  : Firefox, fort de son record de téléchargements pour sa version 3.0, pourrait voir sa juteuse alliance avec Google menacée par les ambitions du géant de la recherche dans le domaine des navigateurs. Wikipédia mène en ce moment même une campagne d’appel aux dons massive pour lui permettre de poursuivre son développement. OpenOffice.org, adoptée par de plus en plus d’administrations et de particuliers, connaît quant à elle quelques couacs en coulisses, où des tensions se créent entre Sun et la communauté (nous traiterons de ce sujet dans un prochain billet).

Alors même si l’heure n’est pas à l’alarmisme[1], il convient de ne pas se laisser griser par le succès et de garder à l’esprit qu’il y a encore du boulot…

L’excellent Bruce Byfield, dont nous avons déjà traduit plusieurs articles dans les colonnes du Framablog, a publié un billet où il dresse avec une grande pertinence une liste de neuf problèmes de comportement qu’il a relevés chez les partisans du libre (et chez lui…) qui nuisent au développement des projets Open Source et à la communauté. Il y parle entre autres de l’acharnement aveugle contre Microsoft, de l’hostilité envers les nouveaux venus, et de la tentation d’accepter des compromis qui au bout du compte, pour quelques parts de marché en plus, risquent de nuire à long terme au mouvement du libre.

Bien sûr, en homme raisonnable, il propose à chaque fois une solution pour y remédier et faire en sorte que le libre poursuive sa marche vers "la domination du monde", comme il l’évoque en plaisantant dans les lignes que vous allez lire.

Neufs bonnes résolutions pour bien commencer l’année 2009, donc… (J’en profite au passage pour adresser mes meilleurs vœux aux lecteurs du Framablog).

Neuf problèmes de comportement qui font du tort au logiciel libre

Nine Attitude Problems in Free and Open Source Software

Bruce Byfield – 15 octobre 2008 – Datamation
(Traduction Framalang  : Don Rico et Goofy)

Le logiciel libre et Open Source (NdT  : Free and Open Source Software ou FOSS), j’adore ça. C’est une cause, une extension de la liberté d’expression, que je peux défendre en tant qu’auteur, et les membres de la communauté, en plus d’être brillants, sont à la fois passionnés et pragmatiques. C’est un domaine stimulant, et celui dans lequel j’ai choisi de travailler.

Parfois, néanmoins, le pire ennemi de la communauté, c’est la communauté elle-même. Certains comportements, souvent enracinés, nuisent à son unité et à ses objectifs communs, tels que fournir une alternative au logiciel propriétaire ou prêcher la bonne parole du FOSS. Au sein de la communauté, presque tout le monde s’est un jour rendu coupable d’un de ces comportements fâcheux, moi y compris, mais nous en discutons rarement. C’est pour cette raison que ces comportements perdurent et gênent les efforts de la communauté.

Admettre l’existence de ces comportements me semble être un bon début pour y remédier, alors voici neuf de ceux que j’ai le plus souvent constatés chez moi comme chez d’autres.

1) Se tromper d’ennemi

Chaque fois qu’une communauté se construit sur un certain idéalisme ou des convictions, les luttes intestines semblent être la norme. Cela s’applique aux groupes religieux et politiques, et il n’y a donc rien de surprenant à ce que ce soit aussi la norme au sein du FOSS, où les opinions de beaucoup sont souvent très tranchées.

Trop souvent, hélas, les conflits internes semblent l’emporter sur les objectifs communs. Plusieurs grands pontes professionnels ou semi-professionnels se forgent un nom en s’en prenant à d’autres membres de la communauté (peu importe leur nom, si vous vous intéressez à la question, vous savez de qui il s’agit, et je me refuse à les encourager dans leur démarche en leur faisant de la publicité gratuite).

Parfois, comme le mentionne Jeremy Allison, ces pontifes osent émettre des critiques que nul autre n’oserait exprimer. Mais la plupart du temps, leur motivation semble n’être que d’attirer l’attention sur eux, sans se soucier des divisions qu’ils créent au sein de la communauté, et en lisant les propos de ces pontes, nous encourageons ces divisions.

Pis encore, les dissensions entre les défenseurs du logiciel libre et ceux du logiciel Open Source. Certes, ce sont deux philosophies différentes  : le logiciel libre (free software) s’attache à la liberté de l’utilisateur, alors que l’Open Source se soucie surtout de la qualité du logiciel. Pourtant, malgré ces distinctions fondamentales, les membres des deux camps travaillent sur les mêmes projets, avec les mêmes licences, et ont beaucoup plus de points qui les unissent que de points qui les opposent.

Alors pourquoi s’attarder sur les différences  ? À l’évidence, les partisans du logiciel libre et ceux de l’Open Source ne trouveront personne d’autre avec qui ils ont plus en commun.

2) Ennuyer le monde avec des histoires de logiciels

Le logiciel étant l’un des éléments centraux de la communauté du FOSS, ses membres passent logiquement beaucoup de temps à en discuter. Pourtant, si vous essayez d’intéresser quelqu’un au FOSS, parler de logiciel ne fonctionne que si vous vous adressez à un auditoire de développeurs. Pour les autres, même la gratuité du FOSS n’a pas grand intérêt, sinon les partagiciels ou shareware seraient beaucoup plus utilisés.

Pour la plupart des gens, le logiciel en soi n’a pas grand intérêt, même s’ils passent de dix à douze heures par jour devant leur ordinateur.

Comme l’a signalé Peter Brown, le président de la Free Software Foundation, il y a quelques années, le FOSS doit s’inspirer des méthodes des partisans du recyclage. Ces partisans du recyclage ne défendent pas leur cause en expliquant où sont amenés les matériaux recyclables pour leur donner une seconde vie, ni en expliquant comment on fait fondre le verre pour le réutiliser plus tard… non, ils présentent les bénéfices du recyclage dans le quotidien de tout un chacun.

De la même façon, au lieu de parler du logiciel ou de ses licences, la communauté du FOSS doit davantage évoquer les problèmes tels que les droits, la protection de la vie privée et de la liberté d’expression des utilisateurs, des questions qui vont bien au-delà du clavier et de l’écran.

3) Se contenter d’imiter d’autres systèmes d’exploitation

Pendant des années, le FOSS a dû s’efforcer de rattraper le développement de Windows et d’OS X. C’était une nécessité incontournable, parce que le FOSS a commencé plus tard, et pendant longtemps, a disposé de moins de ressources que ses rivaux du monde propriétaire.

En outre, les utilisateurs changent d’autant plus facilement de système d’exploitation pour passer au libre que ce dernier ressemble à ce qu’ils connaissent. Et les développeurs ne vont pas non plus perdre leur temps à réinventer l’ordre des entrées de menu dans une fenêtre ou les raccourcis clavier pour copier ou coller.

Cependant l’imitation pose aussi des problèmes. Elle peut mener à copier à l’aveugle, par exemple à placer le menu principal en bas à gauche alors que c’est en haut à gauche qu’on le trouve le plus vite. Cela signifie aussi qu’on a toujours un train de retard, ce qui n’attire guère de nouvelles recrues – après tout, qui voudrait s’embarrasser d’un système d’exploitation qui n’est pas à jour  ?

La vérité, c’est que dans un nombre croissant de domaines, y compris celui du bureau d’ordinateur et de la suite bureautique, le FOSS a déjà rattrapé les systèmes propriétaires, ou est en passe de le faire. Dans certains cas, tels que KDE4, le FOSS a pris la tête en ce qui concerne l’expérimentation. Mais la majeure partie de la communauté n’est pas encore passée de l’idée d’imitation à celle d’innovation, et cette absence de prise de conscience risque d’entraver les progrès du FOSS.

Comme l’indiquait justement Mark Shuttleworth de Canonical l’été dernier, il ne suffit pas d’égaler Apple. Le but devrait être de le dépasser.

4) Se méfier des nouveaux venus

Toute communauté tend à se replier sur elle-même. Du fait qu’elle est constituée de réseaux d’associations qui existent depuis des années, et que le statut de chacun y dépend de ses contributions, la communauté FOSS est probablement plus insulaire que la plupart. Un nouveau venu au FOSS doit à la fois maîtriser un certain volume d’expertise technique mais aussi tout un répertoire de connaissances et de principes implicites, avant de pouvoir espérer intégrer la communauté.

Tout cela est compréhensible, mais ne peut justifier l’impatience affichée ni le dédain que beaucoup de membres de la communauté infligent aux nouveaux venus. Trop souvent, j’ai vu des débutants animés de bonnes intentions, même s’ils étaient trop peu informés, perdre tout intérêt pour le FOSS parce que leurs questions basiques déclenchaient des répliques cinglantes dans lesquelles le commentaire dominant était  : « RTFM » (NdT  : Read The Fucking Manual, soit « Lisez Le Putain De Mode d’Emploi »).

Apparemment, beaucoup de membres de la communauté doivent encore prendre conscience que la plupart des gens ont pour premier réflexe de demander l’aide de quelqu’un avant de se documenter, ou que poser une question au lieu de se renseigner par soi-même est souvent autant une tentative d’établir le contact qu’un appel à l’aide.

Certes, tout le monde n’a pas la capacité d’assurer une aide technique. Mais si l’on créait un code de bonne conduite traitant spécifiquement de l’accueil des nouveaux venus, la communauté pourrait accueillir quelques recrues supplémentaires au lieu de les faire fuir. Ce serait aussi davantage en accord avec les quatre libertés du mouvement du logiciel libre, et avec la définition de l’Open Source, comme le soulignait récemment un blog sur GNUMedia.

5) Accorder aux développeurs un statut privilégié

Le mouvement du FOSS a pris naissance chez les développeurs, et leur travail reste un élément central du mouvement. Mais ce qui semble échapper à beaucoup, c’est que la communauté s’est étendue bien au-delà de son cercle d’origine. En ce qui concerne les projets d’envergure, en particulier, responsables de la documentation, testeurs, artistes, responsables du marketing et chefs de projet – sans parler des utilisateurs finaux – sont devenus des rouages essentiels. De plus en plus, la conception d’un logiciel libre prend la forme d’une collaboration entre personnes issues de divers domaines de compétence.

Malgré ce changement, néanmoins, on traite dans de nombreux projets les non-développeurs comme des collaborateurs de second ordre. Souvent, ils ne peuvent devenir membres à part entière du projet et n’ont pas voix au chapitre. Si un non-développeur émet une suggestion susceptible d’améliorer le projet, trop souvent la réponse qu’il obtiendra d’un développeur sera "Nous attendons ton code avec impatience", le développeur sachant très bien qu’il ne s’adresse pas à un codeur.

En de telles circonstances, difficile de reprocher aux non-développeurs de perdre leur enthousiasme pour un projet. Et sans eux, la plus grosse partie du travail nécessaire à un logiciel moderne ne sera simplement pas effectuée.

6) Passer son temps à cracher sur Microsoft

La communauté tout entière se méfie de Microsoft, et ce à juste titre, nulle autre entreprise de logiciel propriétaire n’a fait preuve d’autant d’hostilité à l’égard du FOSS, et ses tentatives récentes pour un réchauffement diplomatique sont trop hésitantes pour convaincre qui que ce soit. Toutefois, certains au sein de la communauté semblent plus motivés par l’envie exprimer bruyamment leur hostilité inébranlable à l’encontre de Microsoft que par le souci de défendre la liberté informatique.

Il serait bon de s’élever contre cette hostilité, et ce pour plusieurs raisons. Tout d’abord, elle se révèle contre-productive et ne contribue en rien à promouvoir les objectifs du FOSS. Comme le fait remarquer Joe Brockmeier, chef de file de la communauté openSUSE, et qui fut aussi mon collègue chez Linux.com, il semblerait que ceux qui passent leur temps à cracher sur Microsoft ne contribuent jamais à aucun projet.

Plus grave encore, ces râleurs patentés criant plus fort que tout le monde, on les prend souvent à tort, vu de l’extérieur, pour la majorité de la communauté, et l’on s’imagine que tout le monde dans l’univers du FOSS est gueulard et parano. Une telle perception ne risque pas d’encourager grand monde à s’impliquer. Et de nos jours, s’en prendre à Microsoft est tellement à la mode que les gueulards, et donc le FOSS tout entier, risquent d’être noyés dans la masse.

Mais la principale raison pour laquelle il faut rejeter ces violents préjugés anti-Microsoft, c’est qu’à cause d’eux la communauté risque de ne se montrer assez vigilante à l’égard d’autres adversaires aussi dangereux. Personne, par exemple, ne semble s’inquiéter des actes liberticides d’Apple, même si à bien des égards cette entreprise est en train de devenir le principal ennemi du logiciel libre.

En bref, quel que soit l’angle sous lequel on le considère, cet acharnement contre Microsoft est un frein dont la communauté doit se débarrasser, ou qu’elle doit reléguer au second plan.

7) Prendre comme modèle de croissance le mode de développement des entreprises commerciales

Avec le succès viennent les problèmes d’échelle. Lorsqu’on les identifie, il faut rapidement s’atteler à les résoudre, aussi est-il peut-être naturel aux projets FOSS de s’inspirer des procédés de développement des entreprises commerciales pour gérer leur croissance.

Quelles qu’en soient les raisons, les gros projets FOSS agissent de plus en plus comme des entreprises commerciales de logiciels. Les dates de publication fixes, par exemple, sont devenues la norme pour de nombreux projets, tels que GNOME, Ubuntu et Fedora, qu’il y ait ou non nécessité de publier une nouvelle mouture. Depuis peu, Mark Shuttleworth propose en outre une publication synchronisée pour les projets les plus importants, de sorte qu’il soit plus facile aux distributions de prévoir leur dates de publication, même si jusqu’à présent cette idée n’a pas trouvé un écho très favorable.

Dans certains cas, emprunter des idées aux entreprises commerciales peut se révéler utile. Il faut néanmoins garder à l’esprit que, même si le FOSS peut s’accorder avec un mode de fonctionnement commercial, ses objectifs sont différents. Qu’advient-il, par exemple, de la politique propre à l’Open Source (ne publier un logiciel que lorsqu’il est prêt) si un projet s’engage à des dates de sortie régulières  ? Tôt ou tard, on ne pourra échapper à des problèmes de contrôle de qualité.

Plus important encore, le développement du FOSS reste dans la plupart des cas fondamentalement différent du développement d’un logiciel commercial. Dans de nombreux cas, les développeurs du FOSS comptent parmi eux une forte proportion de bénévoles, et sont souvent dispersés en davantage de lieux que les membres d’une équipe de développement d’un projet commercial. Étant donné ces circonstances, le FOSS doit, comme depuis ses origines, organiser le déroulement de ses travaux au fur et à mesure. Par exemple, comment mener à bien des phases de test lorsque les testeurs sont tous bénévoles  ? En ce domaine, comme dans bien d’autres, le FOSS doit innover plutôt qu’emprunter ses idées ailleurs.

8) Placer les parts de marché en tête des priorités

Une blague bien connue dans l’univers du libre dit que l’objectif du FOSS est de devenir le maître du monde. Et qui, au sein de la communauté, ne ressent pas une certaine fierté quand un gouvernement ou une entreprise choisit de passer au libre, ou qu’une application comme Firefox gagne quelques points de parts de marché  ?

Toutefois, comme je l’ai déjà écrit, attirer de nouveaux utilisateurs n’a aucun intérêt si on le fait au détriment des idéaux du libre, ou si ces nouveaux utilisateurs ne les défendent pas. Même s’il est grisant d’obtenir enfin la reconnaissance qui lui est due, la communauté ne doit pas oublier que le but du jeu n’est pas seulement de fournir des logiciels alternatifs, mais aussi une philosophie et un rapport à l’informatique alternatifs.

Si l’on emploie seulement ses efforts à gagner des parts de marché, ce qui semble être le cas d’un nombre croissant d’acteurs de la communauté, alors le libre assure sa défaite au moment même où il semble connaître le plus de succès.

9) Se contenter d’un système d’exploitation qui ne soit pas complètement libre

Maintenant que la communauté touche au but et qu’elle est à deux doigts de pouvoir proposer un système d’exploitation complètement libre, on pourrait croire que tout le monde voudrait donner un dernier coup de collier pour transformer l’essai. Pourtant, comme le montrent les réactions à la liste de priorités principales que la Free Software Foundation a récemment réactualisée, un nombre étonnant de membres de la communauté ne ressentent pas le besoin d’atteindre cet objectif final. Peu importe, disent-ils, s’ils doivent utiliser des pilotes propriétaires pour leur carte vidéo ou le Flash Player d’Adobe sur YouTube. D’après eux, nous sommes arrivés assez près du poste de travail libre pour ne pas chercher à combler les derniers trous, et au moins on peut télécharger gratuitement les éléments qui manquent.

Penser que la situation actuelle est assez satisfaisante n’est pas cohérent avec le souci d’excellence qui est la clé de voûte de l’Open Source. Plus important encore, cela signifie qu’on accepte l’échec, et qu’on abandonne le projet de fournir des systèmes d’exploitation alternatifs 100 % libres. Pourquoi jeter l’éponge alors qu’on est si près du but  ?

Débattre de ces problèmes

Ces comportements qui entravent le mouvement du logiciel libre sont bien sûr bien sûr une question de point de vue. J’imagine sans mal un défenseur de l’Open Source me rétorquer que se focaliser sur la liberté de l’utilisateur nuit à la diffusion en masse, ou le chef d’une entreprise dont l’activité est fondée sur le logiciel libre me répondre que considérer le libre comme un projet d’abord non commercial constitue un frein à la réussite.

Mais mon propos va au-delà de ces points précis. Le message que je veux vraiment faire passer, c’est que le libre a tellement gagné en importance, et si vite, qu’il n’a pas eu le temps de se demander si les comportements des débuts étaient encore pertinents ou si les nouvelles approches s’accordaient avec ses valeurs essentielles. Avant de croître davantage, la communauté doit se pencher sur ses modes de fonctionnement et les évaluer. Si elle ne le fait pas, elle risque, sinon de s’effondrer sous le poids des contradictions, du moins de se créer sans nécessité de lourds handicaps.

Notes

[1] Crédit photo  : Foxypar4 (Creative Commons By)

9 Réponses

  1. "6) Passer son temps à cracher sur Microsoft"

    Je crois que les billets où "Vista" n’est pas accompagné du champs lexical de l’échec se font un peu trop rare sur le Framablog.
    Personne n’aurait l’idée de dire que Vista est une réussite, mais ce n’est pas en le rabâchant que l’on va en convaincre le public.

  2. Rodolphe

    @lrbabe qui dit : "Personne n’aurait l’idée de dire que Vista est une réussite, mais ce n’est pas en le rabâchant que l’on va en convaincre le public."

    Ce n’est pas pourtant pas autrement que fonctionne toute la publicité et le marketing depuis des lustres, évidemment ici non pour critiquer les produits mais pour les vanter.

  3. Excellent article !

    Effectivement, il me semblerait intéressant de parler que de Logiciel quand on parle du libre. J’apprécie d’ailleurs les articles de Framablog qui en sorte bien souvent et s’intéresse parfois au domaine artistique. Le libre est une solution pour la crise de l’industrie musicale.

    Tenez, je connais un auteur compositeur qui a renoncé à vendre ces CD, sachant pertinemment que ça ne lui rapportera pas grand chose. Il a décidé de tout libérer, et même de distribuer gratuitement 700 CD dans le but de se faire connaître. Son véritable objectif est de faire passer un message bien sur, mais également de tirer des bénéfices sur les concerts et autres prestations "réelle". Cette personne connaît très peu le mouvement du libre et pourtant il est en plein dedans !

  4. "9) Se contenter d’un système d’exploitation qui ne soit pas complètement libre"

    Je ne m’y fait pas encore…La masse se fout complètement d’un but commun, ou d’un état de liberté complète. Je m’inclus à moitié dans cette masse puisque je peste contre ce flashplayer mais je l’utilise quand j’en suis "forcé". Idem pour les drivers libres. Si ma carte video fonctionne mieux sur des drivers proprio, je les prends sans trop d’hésitation mais avec des remords.
    C’est amusant de voir que je passe déja pour un extrémiste! qui n’a pas de Window-manager bazooka-windows-like, qui fuit facebook et tout autre entonnoir à bétail, qui n’a pas de partition possédant un OS propriétaire…
    En fait, j’ai l’impression que le fait de participer à un mouvement qui a un but bien défini est mal vu voir jugé inutile puisqu’il est possible de rester dans un état d’irresponsabilité tout en ayant à peu près les mêmes résultats (peu importe le pourquoi du comment on les a).
    Je pense que c’est plutôt un problème de prise de conscience au sujet de l’impact du logiciel libre sur le monde. Il me semble qu’une minorité de personnes pense que "nous sommes arrivés assez près du poste de travail libre pour ne pas chercher à combler les derniers trous" car une minorité est concentrée sur des questions de ce genre. Le reste s’en fout royalement. Je suis assez d’accord avec toi sur le fait qu’il faut en discuter, en débattre. Il faut créer un lien entre les différents acteur du monde du libre, sans oublier les utilisateurs qui sont une pièce maitresse dans cette alchimie.

    Pour ce qui est des cracheurs sur windows, dans mon entourage, ce sont la plupart du temps eux qui utilisent windows en douce pour jouer à un graticiel bien proprio disponible uniquement sur l’OS qui leur sert de tremplin dans les discutions publiques :)

  5. robert

    Je peux cracher sur win sans remords car je suis obligé de subir c’te daube au travail !
    Par contre, il est banni de mes ordis perso.

  6. Damien 33

    Merci pour cet article que j’ai trouvé intéressant pour les questions soulevées que l’on a tous plus ou moins à l’esprit mais qui là se trouvent clairement listées et précisées.

    Je me demande ce que pensent Stallman et la FSF de tout ceci parce qu’on a l’impression que certaines critiques les concernent directement :-)

  7. Plus un mouvement rencontre de succès, plus il rencontre de difficultés internes. Et ça vaut aussi pour le logiciel libre.

    Tous les points présentés dans l’article sont pertinents. Néanmoins la communauté ne pourra s’attaquer à tous ces problèmes, du moins pas à moyen terme. Le débat du système 100% libre a déjà été largement planté, et les tensions qu’il peut créer sont bien plus importantes que le bien qu’il peut apporter au logiciel libre.

    De même, il est vrai que certains projets prennent modèle sur des entreprises…mais ce sont parfois aussi des entreprises qui les portent ! Canonical, Red Hat et Novell, Sun sont les plus connus, mais n’oublions pas toutes les entreprises commercialisant des solutions open sources dans bien d’autre domaines (ERP, CRM, outils décisionnels, plateformes intranet et extranet, et j’en passe). Sans parler des agences de consulting et de formation qui gravitent autour des projets. Alors oui, l’entreprise est aujourd’hui présente sous la bannière open source (et donc un peu sous la bannière logiciel libre, si on ne sépare pas clairement les deux termes, comme le suggère l’auteur).

    Pour résumer je pense que le logiciel libre transporte des idées (modèle de développement, principes, philosophie,…) qui sont là souvent depuis le départ et qui forment un tout cohérent. Or ce mouvement va desservir d’autre desseins : le mode de développement Open Source va servir aux entreprises, certains vont faire du business autour du logiciel libre. Il serait utopique et inutile de vouloir l’empêcher. Néanmoins il est encore possible (et ô combien utile!) de déclarer un monde du logiciel libre "hors business", de rappeler ses objectifs et ses principes.

    Aujourd’hui on rassemble beaucoup de choses différentes derrières l’"open source" et le "logiciel libre". Il est sans doute temps de clarifier tout ça.

  8. Précision en direction des fidèles lecteurs.

    Vous ne l’avez pas forcément remarqué mais cet article est un petit évènement pour le Framablog. C’est en effet la première fois qu’il n’est pas mis en ligne par aKa (à savoir moi) mais par un autre (à savoir Don Rico).

    D’autres rédacteurs devraient suivre.

  9. Très bon article !!

    Je dois avouer que la partie concernant l’attitude des développeurs à l’égard des nouveaux venus est criante de vérité. Combien de fois m’a-t-on envoyé sur les roses à grand coup de "RTFM !" pour une question qui s’avère effectivement "un peu con" pour un peu qu’on ai quelques connaissances en la matière (peu importe le domaine)… Dommage, je fais partie de ceux qui ont décroché en me disant :"tant pis pour ces no-life imbu de leur personne, je ne vais pas perdre mon temps pour un peu de reconnaissance !!" …Effectivement, je ne cherchait là qu’un contacte, et/ou qu’on m’aiguille dans mes recherches… à la limite un petit mot simple et un lien vers la doc, mais pas une agression verbal tel que ça; franchement ça ne sert à rien, autant ne pas poster parce qu’une fois sur deux ça "fight" les 10 postes suivants… Bilan : perte de temps et d’énergie.

    Pareil pour les détracteurs de microsoft, j’ai même quitté définitivement la communauté Ubuntu à cause de ça. C’est dingue le nombre de mec qui ont Ubuntu depuis 1 semaine et qui ne jure que par le libre et linux… N’empêche, c’est les même qui ont utilisé pendant des années un windows cracké blindé de jeux et de logiciels téléchargés illégalement… Franchement à chaque fois que je met les pieds sur le forum Français de la Ubuntu, j’ai l’impression de me retrouver dans une cour de récrée, ou sur le forum 01.net je ne sais pas trop oO ( attention je ne fais pas le procès de la Ubuntu, c’est un bon système, mais victime quelque part de leur succès…)

    Quand à l’éternel débat "microsoft vs linux", il n’a pas franchement lieu d’être, j’ai beau adorer linux, il n’est en aucun cas adapté à mes besoins personnel. Je n’ai pas de réseau particulièrement sophistiqué chez moi, et pour la M.A.O c’est pas du tout au point. Par contre et là je vais en scié plus d’un : VISTA est "parfait" ! …enfin pour un peu qu’on l’optimise et qu’on ai au moins 2Go de ram 😛 …C’est bien sûr très relatif, mais Vista fonctionne correctement, dispose d’un module d’exécution temps réel pour le traitement audio et est compatible à 100% avec mes logiciels de création musical …et surtout, les pilotes de ma carte audio, en firewire qui plus est, existe et fonctionne parfaitement en ASIO…

    Ce qui m’amène au problème des drivers proprios sous nunux.
    Si ils fonctionnent mieux que ceux Open source (et c’est largement le cas) je n’ai AUCUN scrupule à les utiliser et je ne comprend toujours pas où est le problème… Vous ne croyez quand même pas qu’une boite commercial va vous donnez les specs de son matériel ?? …ça n’arrivera à priori jamais !

    Bref, j’ai eu beau débuter avec linux relativement tôt ( Mandrake 7 version boite acheté à la fnac à l’époque… et ouai 56K oblige ^^, c’était il y a 10 ans oO ), j’ai carrément décroché depuis 1 bonne année. La communauté n’a pas su évoluer, et continu de plus belle à "délirer" sur "la philosophie Open source" (..oui on a du philosophe en puissance sous linux ^^), à pratiquer ouvertement " l’anti-microsoftisme" primaire, et ce sont toujours des systèmes pour développeurs fait et pensé par des développeurs… Sauf qu’au final, ce sont des utilisateurs "lambda" qui sont ciblés, d’où à mon sens, le grand n’importe quoi qui règne autour du logiciel libre en général.

    Ceci, est une réaction personnel qui n’engage que moi, soyons clair !
    …Je pense simplement ne pas être le seul à partager ce "genre" de point de vu, bien que je sois parfaitement capable de me débrouiller avec une Debian sans serveur X, ce qui n’est pas le cas de la majorité des utilisateurs Linux et encore moins des "désireux d’utiliser Linux", car il y en a beaucoup aussi.