Libérons le matériel informatique : la lutte continue…

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Bohman - CC byNous savons tous que le plus gros frein à une adoption plus importante des systèmes GNU/Linux, c’est l’incompatibilité matérielle. Qui en effet n’a pas rencontré de problèmes de pilotes ou cherché des heures sur les forums pour faire fonctionner sa webcam ? Comment convaincre facilement quelqu’un de passer à Linux tout en devant le prévenir que tout ne fonctionnera peut-être pas sur sa machine[1] ? Pas forcément évident.


Certes, de grandes avancées ont été accomplies dans le monde du libre, comme l’évoque la FSF dans son appel pour 2009, et bon nombre de machines et périphériques tournent aujourd’hui à merveille sous GNU/Linux, d’une part grâce aux efforts de la communauté pour créer des pilotes, et d’autre part grâce aux fabricants qui en fournissent plus volontiers pour les systèmes Linux.

Hélas, trop nombreux sont ceux qui ne proposent pas de pilotes libres et ouverts. Une des priorités établies par la FSF pour 2009 est d’ailleurs l’obtention de pilotes libres pour les routeurs. Rappelons au passage que c’est d’une histoire de pilote d’imprimante que tout est parti.

Même s’il peut être séduisant d’avoir des pilotes et des programmes propriétaires portés sous Linux, qui permettent de bénéficier d’une bonne prise en charge de notre matériel ou d’applications Web à grand succès, cela ne résoud pas les problèmes inhérents aux programmes dont le code n’est pas accessible, puisqu’on ne peut ni l’améliorer, ni l’adapter à ses besoins, ni l’examiner pour éviter les mauvaises surprises (côté applications, on pense à Skype, qui a le fâcheux réflexe d’aller fouiner dans vos données personnelles… et ô surprise, développer un logiciel de remplacement pour Skype est la troisième des priorités de la FSF).

Alors pour illustrer la question, voici un article dénonçant la politique de Nvidia, qui refuse de publier des pilotes ouverts pour ses cartes graphiques, contrairement à ATI, qui le fait depuis son rachat par AMD.

PS : Merci à Antistress pour le lien concernant les pratiques douteuses de Skype.

Nvidia dit non aux pilotes de périphérique libres, je dis non à Nvidia

Nvidia says no to free drivers, I say no to Nvidia

Libervisco – 27 juin 2008 – Nuxified
(Traduction Framalang : Siltaar, Olivier et Don Rico)

Les développeurs du noyau Linux ont plébiscité une motion signée par une centaine de développeurs indiquant qu’ils considèrent les modules non-libres du noyau comme indésirables et dangereux. Comme ils l’expliquent « de tels modules vont à l’encontre de l’ouverture, de la stabilité, de la flexibilité et de la maintenabilité du modèle de développement de Linux et coupent leurs utilisateurs de l’expertise de la communauté de Linux. Les fabricants qui fournissent des modules de noyau à source-fermée forcent leurs clients à abandonner certains avantages clés de Linux ou à choisir de nouveaux fabricants. »

Ils sont allés jusqu’à critiquer spécifiquement Nvidia, qui ne fournit pas de pilotes de périphériques libres. Nvidia a répondu. Ils s’y refusent car, comme ils le disent, les pilotes contiennent « une propriété intellectuelle qu’Nvidia souhaite protéger », et ont de plus expliqué qu’ils fournissent déjà d’excellents services pour Linux, qu’ils ont une équipe chargée de la conception du pilote non-libre, essayant en fait de nous faire croire qu’ils proposent déjà à leurs clients sous GNU/Linux une offre honnête.

Donc mettons les choses au clair : quelle est cette offre ? Vous achetez une carte graphique, obtenez un CD de pilotes qui contient, ou non, une version Linux des pilotes (si c’est non, vous devez vous rendre sur leur site Web pour les télécharger), puis vous les installez et ça marche. Ça a l’air bien, non ? Et si vous pouviez faire mieux ? Et si vous étiez un programmeur qui souhaite améliorer un aspect particulier du pilote ? Ça vous est impossible. Donc, la question qui se pose est : possédez-vous vraiment et entièrement la carte que vous avez achetée ? Peut-être. Mais qu’en est-il de ce truc qui la fait fonctionner, ce truc qui lui fait faire ce pour quoi vous l’avez achetée ?

Eh bien, visiblement, ça ne vous appartient pas. Vous avez tout juste le droit de l’utiliser tel quel, et c’est bien le problème. Si vous pensez que quelque chose ne fonctionne pas à cause d’un bogue dans le pilote, non, vous ne pouvez pas le réparer. Vous ne pouvez que contacter leur super service après-vente et les supplier d’y remédier.

En résumé, l’offre c’est donc : vous achetez une carte, mais la seule façon de l’utiliser c’est de louer un pilote auquel vous n’avez qu’un accès incomplet, rendant ainsi votre fructueuse utilisation de la carte constamment dépendante de Nvidia et limitant évidemment de ce fait le contrôle que vous devriez avoir en tant que supposé propriétaire.

Qui leur donne le droit d’imposer de telles pratiques ? Eh bien, pour être franc, c’est vous, tant que vous achetez la carte. J’ai dit dans mon dernier post ici même que je ne considérais plus forcément leur proposition (répugnante) comme une offre immorale, mais la question est de savoir si vous êtes prêt à l’accepter ? Estimez-vous qu’acheter un produit et en obtenir un contrôle limité constitue une offre honnête à vos yeux ?

C’est une question à laquelle chacun doit répondre pour lui-même. De mon point de vue, alors que je projetais d’acheter une Nvidia, vu que le projet de rétro-conception « nouveau » semble avancer à bonne allure, je pense désormais (avec une certaine rancœur) y renoncer. AMD participe au développement d’un pilote libre pour ses cartes récentes, c’est donc par conséquent la voie à suivre.

Conclusion : Nvidia, vous dites non aux pilotes libres, alors je vous dis non. Pas mal, non ? Peut être que si suffisamment d’acheteurs agissaient de la sorte, la précieuse « propriété intellectuelle » d’Nvidia deviendrait subitement superficielle (cette « propriété » étant la recette qui fait fonctionner MA carte ! (si tant est que je l’achète)) Merci.

Notes

[1] Crédit photo : Bohman (Creative Commons By)

19 Réponses

  1. Errata : un firmware pas un pilote d’imprimante.

    Et dire que j’ai une carte nVidia, justement car il y a encore pas si longtemps, ATI était encore plus mauvais élève (pas de pilote libre et pilote proprio déplorables).

    Je ne suis pas sur que mon choix se reporte une nouvelle fois chez eux ;)

  2. PillOow

    Même cas que deadalnix, je possède une carte nvidia parce qu’ATI était un gros méchant avant. Mais là c’est clair, la prochaine carte que j’acheterais sera une ATI ! Et c’est là qu’on se rend compte que les pilotes libre c’est vraiment le pied. Aucune bidouille n’est nécessaire, l’accélération 3D fonctionne au premier boot ! ( A condition de prendre une distrib avec un kernel à jour ) Si tout les pilotes étaient libre, pour moi ça ne fait aucun doute, Gnu/Linux serait surement le système le plus simple à utiliser.

  3. launchymachine

    Heureux d’entendre une bonne nouvelle !!!
    Je possède une carte ATI qui fonctionne très mal sous Win! Le panneau de contrôle plante, le rendu est déplorable. Sous Linux c’est un vrai plaisir : la 3D est fluide et CompizFusion fonctionne à merveille.
    Comme quoi, les pilotes libres, c’est pas mal!

  4. J’ai eu une Nvidia et ça marchait pas mal, puis j’ai acheter ATI (HD4850) car le rapport prix/performance été totalement fou. Et bien elle marche très ben avec les pilote proprio mais compiler dans les dépôt. Elle n’est malheureusement pas encore supporté par les pilote libre, mais c’est vrai qu’en 2 ans, ATI est devenu le bon élève et cela très facilement. Bon, il distribue encore des .run, mais ça progresse.
    Dommage qu’il y encore tant de bug avec les pilote fglrx (ceux que j’ai) qui m’empêche de jouer correctement car sinon, c’est super. Compiz tourne bien, et Maya tourne bien mieux que sous Windows XP… où les pilote ATI plante 1 fois sur 2 lorsque je lance un rendu 3D avec Maya …

  5. "Donc, la question qui se pose est : possédez-vous vraiment et entièrement la carte que vous avez achetée ? Peut-être. Mais qu’en est-il de ce truc qui la fait fonctionner, ce truc qui lui fait faire ce pour quoi vous l’avez achetée ?

    Eh bien, visiblement, ça ne vous appartient pas. Vous avez tout juste le droit de l’utiliser tel quel, et c’est bien le problème."

    Quand on achète une voiture bourrée d’électronique, qu’achète-t-on vraiment? Juste le droit de mettre de l’essence et de rouler. Quel regard a-t-on sur la gestion du moteur? Aucun !
    Et alors, où est le problème? La voiture roule, on se déplace …..

    Je me fais un peu l’avocat du diable (car ardant défenseur et utilisateur du libre), mais finalement dans un premier temps, si l’on veut que les gens adhèrent à une distro GNU Linux, il faut peut-être accepter des choses non libres comme les drivers.
    Le principal, c’est que ça fonctionne. Si les gens font déjà un premier pas vers un autre OS en utilisant des drivers proprios c’est déjà bien, s’ils sont convaincus, certainement que leur démarche les conduira à poursuivre leur envie de + de libre.
    Effet induit, si les gens passent en masse sur d’autres OS, les constructeurs de matériel y verront certainement un marché à saisir.
    Proposer alors des drivers ouverts avec le matériel pourrait être un argument commercial …..

  6. Merci Steed pour ce commentaire qui remet bien les choses à leur place… Ca rassure de voir que certains restent encore objectifs.

  7. JosephK

    >Quel regard a-t-on sur la gestion du moteur ?
    Tous, lorsqu’on achète une Logan… donc bon, ce n’est pas parce que les voitures deviennent au fur et à mesure de plus en plus "privatives" qu’il ne faut pas boycotter les drivers privateurs dans les ordinateurs.
    C’est pareil pour les machines à café, si tu commences à dire que la norme ce sont les machines Senseo on est pas sorti… alors qu’une vraie machine à café c’est pas compliqué, ça peut même fonctionner sans électricité…
    À force de raisonner sur le côté : "ça roule, alors où est le problème ?" on va finir par avoir des DRM sur les vélos :P

  8. PillOow

    Oui et puis on ne le dira jamais assez, l’analogie des logiciels aux voitures n’est pas forcément bonne !!! Rappelez-vous qu’un logiciel est un service et qu’une voiture ou une cafetière est un bien matériel. Ce qui s’applique aux logiciels ne s’applique pas forcément aux matériels. Dans le cas du matériel d’ordinateur, comme une carte graphique par exemple, le contexte est un peu plus particulier puisque l’utilisation du matériel passe forcément par du logiciel ( pilote ).

    Mais de toute façon, considérant le logiciel libre comme éthique, je ne suis absolument pas contre une expansion vers le domaine matériel à l’image de fab@home ou de reprap par exemple. Mais c’est mon avis personnel !

    @ steed : ben non justement, des fois ça marche pas ! Pilote mal adapté, codé avec les doigts de pieds, obligé de bidouiller à mort pour que ça marche. Et voilà qu’on entend ça et là que Gnu/Linux c’est trop compliqué à utiliser parce que ma carte et ben elle veut pas fonctionner parce que c’est trop dur d’installer des drivers en ligne de commande. De plus on en arrive a des situations un peu chiante comme l’incompatibilité de certaines cartes avec Xorg > 1.5.2 parce que nVidia a arrêté les MAJ pour ces modèles là. J’ai hold la MAJ de Xorg sur le pc de mes parents parce qu’ils possèdent une vieille TNT2 sinon il n’auraient plus la possibilité d’avoir l’accélération 3D, mais combien de tant cela va-t-il durer avant d’avoir des problèmes de dépendances ?

    En choisissant nVidia, je suis devenu dépendant du développement de leur driver. Je ne pourrais utiliser pleinement ma carte que s’ils le décident.

  9. Bonjour,
    En réponse à josephK et surtout à PillOow je trouve que l’analogie avec une voiture est pertinente, à condition de ne pas oublier une chose: en la matière on n’a pas le choix entre système propriétaire et système libre. Par nature vous pouvez tout à fait modifier à volonté votre voiture comme bon vous semble (aux limites près de la réglementation en matière d’usage sur route ouverte car, en automobile, il y a des normes qui interdisent de concevoir une voiture susceptible de se jetter dans le fossé …).
    Une voiture répond donc à certains principes du libre.
    Prenez l’exemple du tuning : il ne s’agit pas simplement de paramétrer la voiture à votre image (apposer des autocollant ou des housses) ou à votre usage (basculer la banquette pour agrandir le coffre et y placer une sono de 1000W) ; il s’agit délibérément de modifier les caractéristiques de la voiture pour l’adapter à vos envies en modifiant ou en remplaçant des composant intrinsèques sans lesquels la voiture ne fonctionnerait pas…
    Mieux encore, sur une voiture ancienne, rien ne vous empêche de reproduire des pièces qui ne sont plus disponible auprès du constructeur… Ai-je le droit de réécrire Windows 98 pour faire fonctionner mes vieux logiciels ?
    En fait, contrairement à ce que j’ai évoqué, l’automobile est bien sous "licence" non libre mais il s’agit là de brevets industriels qui n’ont absolument pas la portée de la propriété intellectuelle auxquels sont soumis les logiciels. Jamais on ne pourra breveter la grille de boite de vitesse en H avec 1ère en haut… contrairement au double clic ?
    Il s’agit bien, en matière industrielle, de breveter des éléments physiques destinés à un usage précis pour une période donnée (10 ans je croit) ce qui n’empêche absolument pas celui qui en achète un exemplaire de modifier ce système pour l’améliorer.
    Je termine ma prose sur le fait que le commun des utilisateurs d’automobile ne se limitent qu’à conduire et à mettre de l’essence, tout comme la majorité des utilisateurs de traitement de texte se limitent à taper du texte. D’ailleurs, quant j’écris mon courrier en utilisant un ordinateur associé à un traitement de texte le résultat est identique si j’avais utilisé une machine à écrire; Machine à écrire dont j’ai le droit de démonter, modifier et même commercialiser les éventuelles modifications faites. Pourquoi n’est-ce pas le cas avec un logiciel propriétaire ? Quelle différence d’usage ou de résultat justifie cet écart de droits ?

  10. PillOow

    Evidemment, on peut trouver des simlitudes entre la voiture et le logiciel, tout comme je peux métaphorer sur mon esprit qui serait une plume volant dans les airs. Tout ça pour dire que l’on peut émettre des comparaisons sur à peu près n’importe quoi sans que dans le fond ce soit vrai, bien que cela paraisse pertinent. La nature même des logiciels et des celles des voitures sont trop différentes pour en faire des comparaisons et en tirer des arguments soit disant inébralable. La différence majeure entre logiciel et matériel réside dans le fait que je ne peux copier une voiture en 5 mn pour la passer à mon voisin comme il est possible de le faire avec un logiciel. Pour certains cela n’est pas important, mais pour les industries des logiciels c’est un moyen considérable de vendre des logiciels à un prix aberrant alors que le coup de production, indépendamment du cout de développemment, est quasi nul ! Ils se font d’énorme marge en dénaturant le logiciel, le mettant au rang des biens matériels.

    Et puis, lorsque vous achetez une voiture, elle vous appartient mais le logiciel privateur lui, ne vous appartient pas !!!!!! Lisez les CLUFs vous verrez bien ! L’éditeur de logiciel ne vous concède qu’un droit d’utilisation ! Si le logiciel vous appartennait, les méthodes qui permettent de résoudre une opération, un problème, décrites dans le code source vous appartienne aussi, vous auriez donc légalement un droit de regard, sur le code source. Mais puisque les industries du logiciel veulent garder leur propriété intellectuelle, ils sont obligés de ne vous conceder qu’un droit d’utilisation.

    Il peut aussi arriver que l’on puisse customiser un logiciel propriétaire tant que l’on enfreint pas les lois qui le protège. Puisqu’il y a eu analogie avec le tuning, rien ne m’empêche de remplacer les "icones du poste de travail" par d’autres dans Windows XP ( mais ça doit être difficile nan ? ) pour le rendre plus jolie ! Cela ne fait pas de lui un logiciel libre pour autant.

    Le logiciel propriétaire, c’est définir à tort que logiciel est matériel.
    Le logiciel libre, c’est redonner au logiciel sa dimension de service.

    Il y a des tas d’autres raisons de dire que la comparaison entre le logiciel et la voiture est mauvaise, je pense en avoir assez dit.

    Je conçoit difficilement comment l’on ne pas peut être pour cette définition, celle du service comme le logiciel libre le fait, mais par contre je ne comprend absolument pas comment l’on peut être contre. Puisqu’au final, c’est le consommateur qui est gagnant.

    PS: Attention, je n’ai pas dis que tu étais pour ou contre le logiciel libre. Mais éviter de faire l’analogie avec la voiture me semble être dans notre propre interêt, du tien comme du mien. Plus tôt les gens auront saisi la nature du logiciel, plus tôt nous pourrons le rendre plus juste.

  11. JosephK

    Mais pour le matériel dans une certaine mesure ça peut être pareil.
    Vous pouvez par exemple faire vos propres meubles en carton (cf http://camillecarton.free.fr – la communauté du "carton" c’est un peu la communauté libre du meuble), si ConfoNvidia pose un brevet sur les meubles en carton, va-t-on vous interdire de partager des tutoriels pour construire vos propres meubles dès lors qu’ils pourraient s’inspirer des modèles Confo ? De donner des meubles faits main, copie conforme des meubles Confo ? Est-ce qu’il serait interdit de modifier après achat le meuble de Confo ? etc.

    Et si on parle de meubles traditionnels en mélaminé, ne serait-il pas légitime de boycotter ConfoNvidia s’ils livrent leurs meubles déjà montés et refusent de donner leurs plans de montage alors que leur concurrent IkeATI livrent en kit ou déjà monté mais avec le plan de montage (et qu’en plus on peut participer à l’amélioration du plan de montage du meuble et même à l’amélioration du meuble. Bon, c’est pas le cas en vrai, mais imaginons… :) ).

  12. A PillOow
    Il n’était pas question pour moi de critiquer le logiciel libre. Bien au contraire. Je n’admet pas me voir priver du droit d’étudier et de modifier un logiciel comme j’ai légitimement le droit de la faire avec ma voiture, même si je ne le ferait probablement pas, dans un cas comme dans l’autre, faute de compétences.

    Je comprend ta position sur le fait d’éviter l’analogie mais je ne la partage pas forcément. Je trouve au contraire qu’utiliser des images permet souvent de faire comprendre les choses en particulier à ceux qui ne se rendent même pas compte qu’un ordinateur n’est pas Windows et que windows n’est pas un ordinateur. Mais peut-être que je me trompe.

    Par ailleurs je reste convaincu qu’un objet n’existe que par le service qu’il offre (en dehors de l’art qui n’existe que pour ce qu’il est) et que donc il est assimilable à un service. La où je te rejoint à 100% c’est lorsque tu dit "Le logiciel propriétaire, c’est définir à tort que logiciel est matériel. Le logiciel libre, c’est redonner au logiciel sa dimension de service." même si on n’interprète probablement pas les mots de la même manière. Je croit effectivement que la logique propriétaire consiste à définir le logiciel comme une œuvre au sens artistique et absolu du terme, s’arrogeant des droit à tord et se dispensant ainsi des devoirs associé à un service ou un produit.

  13. PillOow

    Ne t’en fais pas, j’ai bien compris que tu n’étais pas contre le logiciel libre, bien que cela soit ton droit même si je ne partage pas le même point de vue.

    Certe, je ne suis pas contre de la comparaison entre le logiciel et le matériel lorsque c’est utilisé avec parcimonie et dans un but "pédagogique". Mais ce type de comparaison ne peut-être utilisé comme argument, puisqu’il est faux, sur un site dont le but est de convaincre des gens déjà bien avancé sur le sujet. Et quand bien même, on l’utilise pour simplifier les choses, si un néophite lit ça, il sera induit en erreur et prendra comme acquis quelque chose de faux. Il est clair qu’il faut de la vulgarisation, mais nous marchons alors sur un fil risquant à tout moment de nous faire tomber dans la démagogie. Il convient de faire très attention !

    Bien que tu considère l’objet par le service qu’il rend, ce qui est tout à fait pertinent, ça n’enlève pas à mes yeux la différence entre logiciel et matériel. C’est un point commun parmis des centaines que l’on puisse trouver entre le logiciel et la voiture, mais ça ne justifie pas la manière, qu’ont les éditeurs de logiciels propriétaire, de considérer le logiciel en tant qu’objet et de nous le proposer tel quel.

    Cordialement

  14. Salut a tous.

    Je pense que la comparison avec la voiture est inappropriée car le comportement d’un logiciel proprietaire serait celui d’une voiture de location dans une boite opaque avec une paroi en titane de 10cm d’epaisseur (et ça ne doit pas bien rouler…)

    Le logiciel est un cas vraiment particulier dans l’industrie. C’est le seul bien a être vendu sous une forme différente de sa vraie forme.

    Richard Stallman utilise souvent l’analogie entre les recettes de cuisine et les logiciels. Cette comparison est bien plus correcte. Si on l’utilisait dans le cas des pilotes, alors le hardware est notre bouche, on sait comment ca marche. Le logiciel est le plat produit par la recette de cuisine. Maintenant il convient de le manger et la on nous met les menottes et nous nourrit avec une fourchette.

    Je ne sais pas pour vous, mais je n’accepterais pas ça…

    En ce qui me concerne, je dis non a Nvidia et je ne connais pas encore les pilotes libres de ATI. Je regrette surtout qu’il n’existe aucune carte graphique a base de chipset intel dont les pilotes sont libres.

    Et pour finir et faire mon vieux con, ne parlez pas de "propriété intellectuelle" s’il vous plait. Ce terme n’a aucun sens si ce n’est de propagande. L’intellect n’appartient à personne. Au lieu de dire ça, dites soit brevet (logiciel) ou copyright, comme il se doit.

  15. PillOow

    Et encore, AMHA brevet et copyright sont d’autres manières de dire propriété intellectuelle ou de la définir.

  16. aveldro

    Pour ce qui est des voitures, demandez à votre garagiste ce qu’il en pense! Pour faire les diagnostics et l’entretien, ils sont obligés d’acquérir auprès des constructeurs des bancs de tests totalement opaques et des outillages hors de prix. Tout est fait pour vérouiller le système, maintenir le client captif et organiser la rareté. Les constructeurs bourrent à présent les voitures de codes que seuls des réparateurs agréés, qui payent pour avoir l’insigne honneur de mettre les mains sous le capot, peuvent remettre à zéro lors des entretiens. Sinon, bye-bye la garantie.
    La mécanique est de moins en moins accessible : vis spéciales non standard, pièces inaccessibles… Soit vous achetez la peau du cul l’outillage du constructeur, et vous arrivez à déposer le moteur rapidement et proprement, soit vous essayez avec vos propres outils, et vous y passez des heures et vous cassez tout.
    Bien évidemment, tout est fait également pour que l’utilisateur final ne puisse rien faire lui-même. Sur certaines voitures modernes, il faut à présent passer chez le garagiste pour changer une ampoule. Bref, le rève des industriels et le cauchemard des utilisateurs. On attend le constructeur qui mettra les pieds dans le plat en proposant comme argument de vente la voiture où tout est standard, qui proposera en téléchargement gratuit les manuels de maintenance et les codes sources de ses softs.

  17. Renault, avec la Logan, non ?

  18. aveldro

    Je ne connais pas bien le cas de la Logan, mais il est possible que cette voiture soit un peu moins vérouillée que d’autres. Je pense qu’une telle démarche viendra plutôt d’un pays émergeant comme l’Inde. Il ne faut pas attendre de nos gros constructeurs occidentaux qu’ils tuent la poule aux oeufs d’or. Ils préfèrent payer de temps en temps une petite amende pour abus de position dominante que de sacrifier ce qui constitue une part importante de leur marge.

  19. aveldro

    Les constructeurs proposeront des drivers pour Linux quand Linux devrendra économiquement significatif.
    C’est comme ça que çà marche : parts de marché et perspectives de vente.
    C’est déjà un peu en train d’arriver. Quand des grands comptes (institutionnels et entreprises) opteront pour des stations de travail sous Linux et répondront aux marchands d’imprimantes et autres périphériques qui les démarchent :"Désolés, votre matériel est bien, mais revenez quand il marchera sous Linux" ça bougera.
    L’industriel qui perd le marché d’un ministère ou d’une grosse boite est capable de changer du tout au tout et du jour au lendemain sa politique en la matière pour conserver le marché, c’est pourquoi les "méchants" d’hier peuvent devenir les "gentils" de demain.
    Il y a alors 3 modèles possibles :
    – drivers et utilitaires propriétaires "à la Windows" dispo sur le CD-rom ou en téléchargement (le cas le plus probable, car c’est le modèle dominant actuel)
    – drivers et utilitaires open-source, développés et maintenus par le constructeur
    – Sources des firmwares mis à la disposition de la communauté, charge à elle de développer des drivers.