Quand le marketing Microsoft cible l’éducation et ses enseignants clients

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Logo CMIT 2009 - Grand prix MicrosoftCe n’est pas faute d’avoir tenté de contrarier la chose, mais, beau joueur, le Framablog tient à féliciter chaleureusement Microsoft pour avoir récemment remporté le Grand Prix « Acquisition et Fidélisation Clients » grâce à sa campagne « Éducation » réalisée avec l’agence Infoflash, lors du quatrième forum du CMIT (qui a réuni près de trois cents professionnels de la communauté du marketing et de la communication du secteur des TIC).

J’espère que Thierry de Vulpillières n’oubliera pas d’associer le Café Pédagogique et Projetice à un succès auquel ils ont grandement contribué.

Sur le site d’Infoflash (qui porte bien son nom), on peut lire la campagne ainsi résumée :

Microsoft France
Office 2007 à la conquête des enseignants

L’objectif
Une campagne de conquête de marché et d’adoption d’Office dans l’Éducation

La cible
Les enseignants des 12 000 collèges et lycées et des 40 000 écoles primaires

L’idée
Une communication personnalisée par discipline enseignée avec un mix print et web provoquant l’adhésion des enseignants et leur reconnaissance

Les moyens
Un dispositif efficace : poster, lettre d’introduction, mailing, portail de téléchargement riche et interactif avec introduction en vidéo. Un message positif, clair et personnalisé aux cibles identifiées

On trouve plus de détails sur un communiqué de presse d’Infoflash, daté du 29 janvier dernier et titré « Microsoft part à l’assaut du monde de l’éducation avec Infoflash » (sic !), dont voici quelques extraits.

Au 1er semestre 2008, la division Microsoft Education a sollicité les équipes d’Infoflash pour créer en un mois seulement une mécanique et les outils les mieux adaptés à sa campagne de communication autour de Microsoft Office Professionnel 2007.

L’agence a donc proposé une communication personnalisée par discipline enseignée avec un mix print et web destiné à susciter l’adhésion des enseignants et leur reconnaissance. En plus de créer deux sites Internet performants pour sensibiliser et répondre à leurs attentes, des mailings personnalisés ainsi que des mailings promotionnels ont été envoyés aux enseignants et aux établissements scolaires ciblés.

Infoflash a mené cette campagne en deux temps : En juin 2008, un mailing personnalisé a été envoyé à 120 000 enseignants et personnels de collèges pour leur faire découvrir Microsoft Office Professionnel 2007. Ce mailing les encourageait à télécharger gratuitement la licence et à se former pendant l’été sur www.officepourlesenseignants.fr, site réalisé pour la campagne.

Voir le billet Microsoft Office 2007 désormais gratuite pour tous les enseignants sur le Framablog.

En novembre 2008, ce sont deux vagues de mailings spécifiques qui ont été initiées par Infoflash. Un mailing promotionnel a ainsi été envoyé à 12 000 personnels de collèges (principaux, documentalistes et intendants) pour faire découvrir Microsoft Office Professionnel 2007 aux établissements grâce à une offre promotionnelle d’achats de licences à prix très attractif en accédant à www.officepourlesetablissements.fr

Voir le billet L’accès au fichier professionnel des enseignants : l’exemple Microsoft sur le Framablog.

Un 2e mailing a été envoyé à 350 000 enseignants dont 30 000 enseignants en école primaire pour leur proposer le téléchargement gratuit de la solution Microsoft pour leur usage personnel ainsi que l’accès à 350 tutoriels pour les aider à préparer leurs élèves au B2i.

Voir le billet L’influence de Microsoft à l’école n’est-elle pas disproportionnée ? sur le Framablog.

Le dispositif global mis en place autour de Microsoft Office Professionnel 2007 a donc servi à la fois aux enseignants (gain de temps, préparation des cours…) et aux élèves (traitement de texte, tableur, recherche sur Internet).

Voir le billet Le débat sur Windows Vista et MS Office 2007 à l’école aura-t-il lieu ? sur le Framablog.

Le communiqué s’achève sur deux témoignages :

« Nous avons pu constater que les enseignants et le personnel des établissements scolaires ont très bien perçu cette campagne ; ce qui a indéniablement permis d’augmenter la visibilité de cette solution proposée par Microsoft » précise Frédérique Dublanc, Directrice de clientèle chez Infoflash.

« Au-delà de la rapidité avec laquelle a été conçue cette campagne intégrée, il faut noter que c’est un des 1ers sites à avoir été développé en Silverlight, ce qui a permis la diffusion de l’offre Microsoft Office 2007 Professionnel pour les Enseignants mais aussi l’appropriation de nos technologies web » indique Simon Mouyal, Directeur de la communication PME-PMI de Microsoft France.

Bien vu le coup de Silverlight, soit dit en passant.

Difficile de reprocher quoi que ce soit à Infoflash qui s’exprime ici dans la culture et le vocable issus de son secteur professionnel, mais suis-je le seul à tiquer lorsque la « cible » est l’Éducation nationale et les « clients » ses enseignants ?

27 Réponses

  1. Merci pour ce billet. Je suis simplement écœuré même si chacun fait son boulot dans l’affaire. Un marché est un marché … c’est bien la loi du marché qui domine notre société.

  2. Thierry P

    Cette nouvelle signifie en gros que les profs sont des veaux. Ils seront ravis de l’entendre, mais ils l’auront bien mérité.

    Je suis autant dégouté que Didier :-(

  3. Pat Rice Le Lait

    Ce qu’Infoflash vend à Microsoft c’est du temps de cerveau d’enseignant disponible.

    Et le pire c’est que ça semble fonctionner !

  4. L. Charles

    C’est sûr qu’avec la France de Sarkozy, la fatigue des vieux profs et la non culture politique et syndicale des nouveaux, Microsoft entre comme dans un moulin.

    C’est choquant quand on sait que OpenOffice existe et se trouve complètement etoufée par ces sombres agissements.

  5. Je suis enseignante et c’est vrai que "ça fait bizarre" de se sentir "cible" et "client". Est-ce définitivement la fin du "sanctuaire école" ?

    Je ne puis m’y résoudre et suis ravie de constater que quelques uns font encore un peu de résistance.

  6. Infoflash… porte définitivement bien son nom quand on voit leur site… Mon Dieu quelle horreur :yêêk:

  7. DeMauvaiseHumeur

    Cet article est à mettre en relation avec un autre article d’aKa (le Rouge ?) sur Educnet.
    http://www.framablog.org/index.php/

    Pour mémoire j’en rappelle les deux conseils qui n’ont toujours pas été effacés du site !

    "Il est donc déconseillé d’utiliser ce type de logiciel si les élèves, leurs enseignants, voire l’établissement scolaire souhaitent garder un monopole d’utilisation des travaux de développement du logiciel libre. Les principes de l’Open Source obligent les développeurs à garantir un accès libre aux améliorations du code source du logiciel libre."

    "Il est par contre déconseillé au milieu scolaire d’utiliser ce type de contenus si on envisage de valoriser ses travaux en s’associant avec un partenaire privé pour une exploitation commerciale."

    Tout ça pour dire qu’il y a une complicité intellectuelle évidente entre ceux qui nous gouvernent et les pratiques de Microsoft.

    Il y a quelque chose de pourri au Royaume de France…

  8. Marc Crepon

    Si Microsoft a reçu un tel prix c’est que la campagne a marché à fond non ?! Et pour mesurer un tel succès il suffit de s’en référer au nombre de visites des sites créés pour l’occasion et des téléchargements de MS Office 2007 sur ces sites.

    C’est surtout ça qui me déprime dans cette news. Sauf si on regarde cela comme la chant du cygne de Microsoft :-)

  9. Miramare

    Non tu n’es pas le seul à tiquer. Infoflash fait son boulot et le fait plutôt bien. Microsoft fait son boulot et le fait plutôt bien. L’Éducation nationale (administration + profs) ne fait pas son boulot et devra répondre dans quelques années de cette tacite complicité.

    Mais que font les syndicats ???

  10. Je rappelle que Office 2007 à l’air gratuit pour les enseignants mais en fait l’Education Nationale a conclu un accord cadre avec Microssoft. Dans cet accord cadre : http://www.educnet.education.fr/pla… il est question d’un contrat Select. qui n’est, a mon avis pas gratuit pour l’Education Nationale.
    Bref l’Education Nationale achète avec nos impôts une suite bureautique alors que l’équivalent gratuit existe. En temps de crise c’est super…………….
    Il faudra bien percer l’abcès un jour………..c’est scandaleux.

  11. Le lien précédent ne fonctionne pas il faut se rendre là
    http://www.microsoft.com/france/edu

    et cliquez sur
    " Suite à l’accord cadre……………..

    et vous aurez le contrat.

  12. Si vous lisez bien l’accord cadre notamment la section 1.1.2.
    Je crois comprendre qu’un enseignant ne peut installer Office 2007 sur son ordinateur personnel que si l’établissement a acheté, dans le cadre du contrat Sélect, le logiciel office 2007 pour un usage professionnel au sein du collège, lycée……..

    Bref si l’établissement a acheté 15 licences office 2007 , 15 enseignants peuvent installer office 2007 chez eux.

  13. Lu sur LinuxFr, posté par Anglade Pierre-Matthieu
    http://linuxfr.org/comments/1008542

    "Et le grand prix me semble doublement justifié : Mirosoft a réussi un double coup de maître en faisant payé par le ministère des produits inutiles :

    Tous les enseignants peuvent télécharger, installer et utiliser la toute dernière version de MS au FIS grâce au fait que le ministère ai gentiment payé par avance l’ensemble de ces licences. Soit, il faut l’espérer, bien plus de licences achetées que de licences utilisées. Non seulement grâce aux enseignants responsables et conscients des enjeux de la propriété intelectuelle mais aussi à cause de la médiocrité de la dernière version de windows indispensable au fonctionnement de la suite bureautique vendue. La vente « forcée » d’office à des milliers d’enseignants qui n’en ont pas besoin est déjà une prousse plus qu’honorable du point de vue commercial : arriver à vendre des choses qu’on aura pas besoin de fournir réellement est une exploit non négligeable. Voilà qui pourrait déjà justifié ce grand prix.

    Mais c’est surtout la deuxième partie de la performance qui mérite chapeau bas (commercialement s’entend). En infiltrant ainsi au forceps (:-) leurs produits dans l’éducation national Microsoft réalise assurément l’une des meilleurs opérations d’acquisition et de fidélisation de clients jamais réalisée en France, puisque c’est quasiment l’ensemble de la jeunesse française qui est exposé à ses produits et messages. De la publicité massive déversée directement par des éducateurs sur un public particulièrement sensible puisque le message n’est plus présenté comme un matraquage publicitaire grossier mais comme de l’information et du savoir. Grâce à cette réussite marketing exemplaire, microsoft peut s’attendre à gagner au moins 10 ans de régression des mentalités. Qui sait si grâce à de tels opérations on ne pourrait pas encore trouver au pouvoir dans 50 ans des gens aussi au courant des technologies de communication et d’information modernes et de leurs problématiques que RDDV, Christine A., Nicolas S. et consorts ?

    Bref, encore un haut fait commercial à créditer sur le compte de microsoft qui définitivement n’en finira jamais d’épater la galerie dans ce domaine. S’ils étaient, ne serait-ce que moitié aussi fort en morale et en développement de logiciel personne n’utiliserait plus linux depuis bien longtemps !"

  14. Il ne faut pas oublier que ceux qui pondent ces plans de guerre commerciale font de grandes études dans des écoles de commerces françaises et autres.

  15. Le problème essentiel est que MS considère que les enseignants sont un marché, donc une cible potentielle, et que personne, à part quelques – supposés – barbus, ne semble trouver ça anormal. Si l’on place cette campagne dans un autre contexte, est ce que ça reste toujours aussi peu choquant ? Imaginons MS adressant des milliers de mailings dans les boites aux lettres professionnelles des gendarmes (qui utilisent Ubuntu et OOo) pour leur proposer des conditions d’accès fantastiques à cette merveilleuse suite qu’est MS Office ? MAM ne serait elle pas la première à s’étonner, voire à organiser moultes enquêtes pour savoir qui a fauté ? Que fait Darcos ?
    Le problème ici, c’est que l’impact dépasse largement les enseignants, qui par leur proximité avec nos chères têtes blondes, ont un pouvoir d’influence sur elles et sur leurs géniteurs et éducateurs parentaux (qui ne sont pas tous les géniteurs).
    De la confirmation, s’il y en avait encore besoin, que l’éducation a un rôle absolument essentiel dans la diffusion de la bonne parole.

  16. Peut-on connaître le coût pour l’Education Nationale du contrat Sélect ?
    Il serait bien de connaître ce coût car en temps de crise cela peut être un argument de poids pour rompre ce contrat et passez définitivement à Openoffice.

  17. Je voulais insister sur l’impact gigantesque qu’ont les enseignants et leurs cours sur l’usage des logiciels par les élèves, mais Anglade Pierre-Matthieu s’en est déjà chargé via aKa. Et avec brio!

    Avec ce commentaire et celui de poupoul2, je ne vois pas ce qu’il y a à ajouter…

    Ah si, ne pas oublier de féliciter le duo Microsoft/Infoflash qui signent ici une bien belle prouesse marketing.

    Et pour ceux qui en doutent encore, Microsoft n’a jamais bâti son monopole sur la qualité de ses logiciels mais grâce au génie économique de son fondateur, Bill Gates. La stratégie employée ici est rigoureusement la même que pour tous les autres logiciels Microsoft: investir des milliards de dollars pour forcer les acteurs clé à diffuser leurs produits (assembleurs de PC pour windows par exemple).

  18. Comme Anglade Pierre-Matthieu a récidivé, j’en fais de même ici ;-)
    http://linuxfr.org/comments/1008555

    "J’ai l’impression que pour vous ma critique de microsot est perçue comme une position sectaire pas forcément justifiée et en tout cas gratuite.

    Or en l’occurence il me semble parfaitement justifié de monter sur ses grands chevaux. De même que les gens sérieux (c’est-à dire quasiment tout le monde sauf quelques membres des gouvernements qui du fait de leur position se retrouvent les yeux fermés par la pression du lobbying qu’ils subissent) s’opposent à la publicité dans les écoles en général et en particulier quand il s’agit de produit alimentaires malsains, il me semble raisonnable de s’opposer à la publicité dans les établissement scolaires quand il s’agit de logiciels.
    Par exemple, dans mon travail, je préfère enseigner à mes étudiants les règles des langages C et C++ normalisés par l’ISO plutôt que de leur apprendre à utiliser tel ou tel IDE. S’ils comprennent le langage et les principes ils trouveront toujours le moyen d’utiliser efficacement les logiciels qui leur tomberont sous la main. Évidemment chaque compagnie commerciale préférerait voir enseigner l’utilisation de son produit à elle. Plutôt que d’apprendre à écrire, on pourrait enseigner l’utilisation des stylos bic. Plutôt que d’apprendre à lire on pourrait apprendre à interpréter les ouvrages publiés au PUF… Au risque de voir les stylos bic changer progressivement de forme pour éviter que les utilisateurs de ces stylos ne sachent aussi utiliser confortablement les crayons des autres marques. Ou que les PUF commencent à développer de nouvelles règles typographiques et syntaxiques privatives rendant ensuite la lecture de tout ouvrage publié ailleurs bien plus ardu. Ces scénarii paraissent loufoques ; mais dans le monde du logiciel cela s’est déjà vu et se pratique couramment (non ?). Des éditeurs dont on taira le nom consacrent une très grande partie de leurs ressources et de leurs recherches à ce genre d’amélioration de leurs produits.

    J’en viens à la réponse à votre question : ce qui fait que microsoft est tellement dénigré n’est ce pas sa position dominante qui conduit à un certain nombre de dérives ? Des dérives parfaitement acceptables du point de vue des personnes morales puisque visant à toujours améliorer sa position sur le marché. Mais des dérives paradoxalement désastreuses du point de vue des personnes physiques. Si Matlab produit un logiciel désastreux dont personne n’a besoin ils ne le vendront pas. Les clients se tourneront vers de concurrents tels que Scilab et octave. On est donc dans des conditions idéal du capitalisme. La concurrence existe et est effective car les clients ont la possibilité de choisir un autre bien répondant à leurs besoins. Si Mycrocsoft produisait un OS lourd, comportant de nombreuses failles de sécurité, peu pratique à utiliser, etc, leur position et leurs qualités commerciales sont telles qu’ils arriveraient tout de même à le refourguer au prix fort à des clients qui auraient l’impression que c’est gratuit. On est dans un cas d’école de dérives du capitalisme. Et l’opération marketing dont il est question dans la dépêche n’est que la dernière avanie d’un processus visant à restreindre toujours plus les possibilités d’une saine concurrence.

    Comme le capitalisme, bien plus que la démocratie, est l’essence du fonctionnement de notre société, il ne me semble pas étrange de s’en offusquer et de le dénoncer ; afin que, qui sait, les pouvoirs politiques (ceux qui doivent asservir le capitalisme au bien être des peuples et à l’avenir de l’humanité) réagissent.
    (Note : désolé pour le lyrisme grandiloquent mais nous discutons là de rien de moins que de l’avenir du monde tel que nous le connaissons :-)."

  19. C’est tout simplement abject de voir des enseignants se vautrer dans le consumérisme le plus passif.
    D’une part on entend le corps enseignant pérorer au sujet de son indépendance, de sa mission de service public.. Mais dès qu’il s’agit de se bouger un peu, de faire un réel effort d’ouverture, y’a plus personne.

    Il n’y a qu’à voir les longs cortèges de professeurs qui descendent dans la rue pour défendre l’Education Nationale à chaque réforme qui la menace.
    Et ils ont raison de manifester, ces professeurs.
    Mais les mêmes qui manifestent pour sauvegarder le service public, pour éviter de se faire dévorer par une logique de marché, sont en général extra-ordinairement rétifs à l’idée de changer leurs habitudes logicielles.

    "Changer le monde commence par se changer soi-même". (Roger Mondolini). Ce serait bien de voir cette maxime un peu plus souvent en application. La révolution peut se faire en allant gueuler dans la rue, mais elle peut aussi se faire en évitant de formater les jeunes générations à l’utilisation des logiciels propriétaires.

  20. protocol

    mouais…. dans tous les établissements scolaires de ma ville que je connais, que je fréquente ou que j’ai fréquenté, c’était XP-OOo-FireFox, donc la victoire de microsoft dans l’éducation, ici (blois) ça reste encore à prouver… heureusement d’ailleurs :)

  21. Dominique

    Je suis prof (SVT) et je m’intéresse un peu au libre (la preuve je lis ce blog).

    J’ai une question : Existe-t-il des endroits ailleurs que sur le Framablog où l’on peut lire des choses pareilles ?

    J’ai l’impression que ni la communauté du libre (APRIL, AFUL, Scideralle…) ni la communauté enseignante ne s’intéresse vraiment au rôle qu’a pris Microsoft dans l’Education nationale ces derniers temps.

    A moins que personne d’autres qu’aKa ne juge qu’il y a un problème, aKa et moi pardon :-)

  22. Bonjour,
    Je trouve l’action de microsoft très interessante, mais celle-ci ne s’adresse qu’à ceux qui ne créent pas. En d’autres termes, une présentation power point est dépassé depuis plus d’un an, les tutoriels aujourd’hui sont vidéos et contiennent l’association de plusieurs techniques. Présentation vidéo avec une clé USB bootable customisée ici :
    http://www.youtube.com/watch?v=iJj2
    cordialement

  23. Il serait bon, en ces temps de crise économique et de croissance des déficits publics, de demander la création d’une commission d’enquête parlementaire sur les dépenses publiques en matière d’acquisition de logiciels et ce dans l’ensemble des ministères, administrations… Des solutions libres et (gratuites) (moins couteuses) existent non ?!?

  24. @temps:
    Microsoft a besoin de payer des publicitaires pour se faire connaître, ce n’est pas le cas d’Adobe.. Grâce à tous les internautes qui, comme vous, jettent négligeamment des liens vers un site utilisant Flash, leur mainmise sur le Web est assurée, bien plus que la mainmise de Microsoft sur l’Education Nationale..

    Pardonnez cette boutade matinale (mais néanmoins fondée).

  25. Vous en connaissez beaucoup des lycées ou il y a du bsd qui tourne comme serveur? et de la debian?…
    Pour info toute formation sur la mise en oeuvre de serveurs unix et/ou unix est impossible à obtenir de la part des enseignants demandeurs et cela sur toutes les académies… On s’amuse à déployer de l’ENT libre mais sur des serveurs win2008 :/

    On refuse les formations pour Openoffice également mais à demi-mot car beaucoup de personnes en demande: à l’époque de Openoffice 1.xx la demande de formation sur openoffice.org était systématiquement refusée.

    Regardez quand même du coté des lycées agricole il y a eu une vrai politique pour déployer Openoffice.org et l’utiliser (formation du personel systématique et déploiment adns tous les lycées agricoles de france.

    Pour info les lycées agricole ne font pas parti du même ministére.

    Linux et les logiciels libre ne sont pas enseignés aux enseignants qu’ils soient demandeurs ou nouveaux sortant de l’iufm. Le jour ou cela changera beaucoup de choses changeront!

  26. Il serait bon d’arrêter de cracher sur les profs, ils ne sont pas responsables de tous les maux…
    Je suis moi-même profs, et "responsable informatique" d’un parc de 400 stations, 6 serveurs et 1400 utilisateurs (un gros lycée, quoi).
    La liberté de choisir ses outils? Elle n’existe pratiquement pas: le matériel (serveur et stations) est imposé par la région, ce sont eux les payeurs (windows 2003, windows XP Pro). Utiliser Linux? Il n’y a personne pour assurer la maintenance et le suivi des serveurs (nous avons des serveurs Linux pour l’administratif, et les pare-feux sont sur des machines Linux aussi: les techniciens peu formés galèrent).
    Je n’ai pas moi-même le temps -car j’enseigne à plein temps, la maintenance du réseau, c’est en plus et presque gratuit- de gérer un parc Linux Complet. Ghost ne connait pas Linux, il reste encore Oscar. Les solutions antivirales sont presque inexistantes -Clamav-.
    Faites-moi grâce du "il n’y a pas de virus sous Linux": il en a a peu, certes. il y en aura beaucoup plus quand Linux prendra sa vitesse de croisière et sera imposé dans les administrations en lieu et place de Windows (mais ce n’est pas pour tout de suite).

    La grande majorité des logiciels utilisés par les sections tertiaires (Ciel, etc) n’ont pas de portabilité sous Linux (Wine ne suffit pas, la solution Ciel par exemple utilise un logiciel serveur): les élèves, comme les enseignants, sont pré-formatés Windows. Ce n’est pas parce qu’une minorité de personnes comme vous et moi sont capables d’utiliser autre chose que Windows (et je regrette beaucoup OS/2 warp) que tout le monde peut en faire autant: un changement de pratique est très long, surtout en France. Utiliser Open Office? Mes utilisateurs ont le choix entre MS Office et Open Office (et se tournent vers la seule chose qu’ils connaissent: MS Office), le choix entre Firefox et IE… Et chaque jour je m’entends dire ‘mais ce n’est pas pareil!’. Regardez (oui, cela demande un effort) vers le bulletin Officiel (www.education.gouv.fr) et les manuels scolaires, comme les sujets de baccalauréat: que du Microsoft. Si on essaie des solutions alternatives, on s’entend répondre des formateurs et autres décideurs: "en entreprise, ils utiliseront MS Office, etc.".
    La stratégie Microsoft s’appuie aussi sur l’apprentissage dès le plus jeune âge, et sur l’habitude d’utiliser les mêmes logiciels: les ordinateurs des particuliers -qui ne sont pas des informaticiens, mais que des utilisateurs- sont sous Windows et suite microsoft. Là encore, ne parlez pas de choix: vous connaissez beaucoup de vendeurs capables de vous remplacer votre Windows par du Linux et de vous former/dépanner? Quand vous achetez une voiture, vous n’avez pas besoin d’être mécanicien, juste de savoir conduire. Pour les PC, c’est pareil. quand vous changez de voiture, il y a un temps d’adaptation, réduit car souvent on achète la même marque. Pourquoi les utilisateurs choisiraient autre chose que ce qu’ils connaissent?
    Je gère près de 150 professeurs: à peine 10% sont capables de faire autre chose que du Microsoft, mais ne croyez pas que les enseignants soient déjà tous à même d’utiliser un ordinateur. Lorsque ce point sera acquis, on pourra évoluer vers autre chose. Et quel est le boulot d’un enseignant? Savoir utiliser un ordinateur pour enseigner?

    La responsabilité des éditeurs de tout bord est aussi évidente, lorsqu’ils ne permettent pas de portabilité de leurs programmes hors de Windows.
    Dernier point: une phrase de M. Allègre lorsqu’il était ministre de l’Education Nationale: "L’Amérique ne nous imposera pas son modèle". Peu de temps plus tard, il signait des accords avec Microsoft pour innonder les établissements de leurs produits.
    Merci pour ceux qui ont lu jusqu’au bout, mais tout mon bla-bla (inutile?) vient d’un coup de sang, résumé dans la 1ere ligne de ce billet, qui j’espère n’est pas trop hors-sujet.

  27. Aurelien

    Y’a pas que chez nous. En Espagne (ou plutôt en Catalogne, c’est pas tout à fait la même chose) on vient d’assister à un beau revirement en faveur de MSoft alors même qu’il avait décidé de s’orienter vers le logiciel libre

    Strike Against Free Software: Microsoft Enters Catalonian Schools
    http://www.linux-magazine.com/onlin

    C’est sûr que quand Steve Ballmer en personne se déplace pour rencontrer le président de la Région, on outrepasse alors facilement les décisions des tekos.

    Et ce sont les gamins qui trinquent.