Faute de pirates, le livre électronique restera-t-il à quai ?

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Curiouslee - CC byL’iPod d’Apple est un indéniable et spectaculaire succès. Dans quelle mesure le « piratage » de la musique y aura-t-il contribué ?

La question reste ouverte, mais ce qui est sûr c’est que lorsqu’il m’arrive, en professeur curieux, de demander naïvement à mes élèves si ils ont bien acheté tous les morceaux musique qui se trouvent dans leur iPod personnel, ils me regardent généralement d’un air incrédule qui me donne instantanément un petit coup de vieux !

Un tel succès se répétera-t-il demain avec le Kindle d’Amazon qui se rêve déjà en « iPod du livre » ?

Peu probable en l’état, nous dit Bobbie Johnson dans un article du Guardian traduit ci-dessous, pour la simple et bonne raison qu’il n’y a justement pas pour le moment de… « piratage » massif de livres électroniques propre à bousculer et faire évoluer le monde de l’édition[1].

Pourquoi les livres électroniques ne s’imposent-ils pas ? On ne les pirate pas assez.

Why aren’t ebooks taking off? Not enough pirates

Bobbie Johnson – 9 février 2009 – Guardian.co.uk (Blog Technology)
(Traduction Framalang : Don Rico)

Le Kindle d’Amazon veut faire exploser le marché du livre électronique, mais le plus gros frein à son succès pourrait être le manque de téléchargements illégaux.

On compare souvent l’industrie de la musique et l’édition. Le Kindle d’Amazon, nous dit-on, pourrait être le « iPod du livre ». Tout le monde meurt d’envie de connaître le succès fulgurant qu’à rencontré iTunes, et chacun redoute les dégâts que les supports numériques pourraient infliger à une industrie des médias à la traîne et retranchée sur ses positions.

Chacun observe le mécanisme qu’on a vu se produire pour la musique et la vidéo – un médium ancien, transformé en profondeur par la technologie –, et attend qu’il s’applique au livre. Mais les chances que ce phénomène se produise dans un futur proche sont extrêmement minces. Pourquoi ? C’est très simple.

Si les acteurs de l’industrie du disque ont eu l’idée de proposer de la musique au téléchargement, ce n’est pas parce qu’ils ont eu un coup de génie visionnaire, ni même parce qu’Apple leur a forcé la main en mettant en place un écosystème astucieux autour de l’iPod (l’iTunes Store n’a été ouvert qu’en 2003). Non, la véritable raison, c’est que les clients avaient choisi de pirater la musique.

Pour l’exprimer de façon moins triviale, la technologie ne force pas l’industrie du livre à affronter un changement radical dans les pratiques de consommation, car ce scénario ne se produit pas. Les clients n’imposent pas cette mutation en abandonnant les livres papiers au profit des livres électroniques. Voilà pourquoi l’édition n’est pas confrontée à ce problème.

Des problèmes, il y en a, bien sûr. L’industrie du livre connaît des difficultés. On n’achète plus de livres. Les ventes sont en berne. Sites Internet, grandes surfaces et librairies géantes étouffent les petites structures et étranglent le marché.

Mais contrairement à ce qu’a connu l’industrie du disque – dont les clients perdus se sont rués sur Napster, Kazaa ou Gnutella –, le lecteur moyen, pour se procurer ses romans, ne se reporte pas sur des sources légalement douteuses ou ne va pas se procurer une copie du dernier bestseller à la mode auprès du dealer de livres du coin de la rue. S’il veut partager des fichiers, il trouve quelqu’un pour lui prêter un exemplaire, ou se rend dans un lieu où le partage de l’information bénéficie du soutien officiel de l’industrie (on appelle ça des bibliothèques).

Mais au fond, le véritable problème, c’est simplement que les clients n’achètent plus autant de livres… voire plus de livres du tout.

Auteurs et éditeurs se servent de la technologie quand elle leur bénéficie directement – comme outil promotionnel ou canal de vente —, mais s’ils n’agissent pas dès à présent pour propulser le marché du livre électronique, il semble peu probable qu’ils se réveillent un matin en s’étonnant qu’un pirate leur a piqué leur petit-déjeuner.

Le piratage est un gros problème pour les industries qui produisent du contenu numérique, mais pour l’instant on achète un livre, pas un document texte caché entre deux feuilles de papier – n’en déplaise à de nombreux fanas du livre électronique. Les chaînes de distribution de l’industrie du livre ont été frappées de plein fouet par l’avènement de la technologie, mais le produit physique, lui, résiste plutôt bien.

En fait, du point de vue des éditeurs, publier un livre électronique c’est encourager le piratage, parce que cela revient à mettre un texte copyrighté sous un format numérique qui, même bardé de DRM, sera cracké un jour ou l’autre, simplement parce que c’est possible.

L’industrie du disque, quant à elle, a initié ce changement en remplaçant les enregistrements analogiques par des fichiers numériques. Le téléchargement remplace peut-être le CD, mais cette modification des pratiques a eu lieu seulement parce que la première technologie a rendu la seconde possible. Car sans CD à encoder, il serait bien plus difficile d’accéder à de la musique numérisée.

Mon propos n’est pas de dire que le seul moyen pour l’industrie du livre électronique de connaître le succès est de promouvoir le piratage. Mais sans celui-ci, pas besoin de se mettre au boulot. Aucun lien de cause à effet évident ne forcera les éditeurs à bouger de leur fauteuil en cuir et réagir.

Le véritable changement se produira sans doute à mesure que davantage d’auteurs appartenant déjà à l’ère numérique insisteront pour que l’industrie du livre innove. Mais il s’agit d’une transition de génération, et nous en sommes encore très loin.

Non pas que je ne croie pas au succès potentiel du livre électronique ; je pense simplement que sans catalyseur externe pour bousculer l’industrie, les progrès dans ce domaine seront très, très lents.

Notes

[1] Crédit Photo : Curiouslee (Creative Commons By)

15 Réponses

  1. Bruno

    L’analyse de Bobbie Johnson ne me paraît pas pertinente. Tout d’abord on ne peut pas dire que le marché du livre se porte mal. Les éditeurs français et les libraires se portent bien, c’est un marché extrêmement stable en France.
    Ensuite les usages du livre et de la musique sont tout a fait différents. Je crois que les lecteurs sont très attachés, et le resteront, à l’objet livre. Cet objet que l’on peut emmener partout, perdre, oublier, prêter, annoter, … La musique que j’ai téléchargé, je peux l’écouter ensuite sur ma chaîne Hi-Fi. Le livre numérisé je ne pourrai le lire que sur un écran car son impression me coûterai finalement plus cher que d’acheter l’édition.
    Enfin, il se trompe sur le piratage. Ce n’est pas l’industrie du disque qui commencé à proposer les morceaux au téléchargement, mais les internautes qui ont commencé à se les échanger, et ce d’autant plus facilement que la musique était déjà depuis l’avènement du CD sous forme numérique. La copie numérique et sa diffusion se sont donc faites avec un coût nul. Le livre, en dehors des SI des éditeurs et des imprimeurs n’est pas sous forme numérique. Et je ne suis pas sûr que les éditeurs soient très enclins à en diffuser des copies numériques, DRM ou pas, tout simplement parce que cela ne répond pas une attente des lecteurs, que la copie numérique n’apportent aucun avantage au lecteur.

  2. Sédéa

    Simple témoignage : j’ai acheté hier le reader de Sony (après quelques mois de réflexion…) parce que j’ai appris le matin même qu’il existait un site où les lecteurs mettent à disposition tous leurs livres, y compris (et surtout), piratés, sous droits, etc. Enfin, l’offre suit, en somme. Et encore une fois, ce sont les fabricants de tuyaux qui gagnent sur les fabricants de contenus… Faut-il que l’ebook se démocratise sur le dos des éditeurs ? Je n’ai pas d’avis là-dessus, mais c’est vrai que cela a l’air un peu cruel.

  3. Gêhïks

    Je suis assez d’accord sur le fond de l’analyse. Pour l’instant, le grand public n’a pas de raison d’acheter de livre électronique car l’offre de contenus récents et à la mode est trop pauvre.

    Par contre, je pense qu’il y a des marchés de niche assez intéressant pour ce produit. Il y a de plus en plus de documents électroniques disponibles. Un grand nombre d’articles scientifiques sont désormais accessibles de manière numérique (HAL, Persée, etc), il y a des sites internets qui proposent des contenus intéressants sous forme d’articles relativement longs (Framablog, A list apart, etc) qu’on peut enregistrer facilement dans un format numérique et enfin, en ce qui concerne la littérature, des initiatives comme Gallica, Archives.org ou le projet Gutenberg commencent à permettre d’avoir une bibliothèque gratuite assez conséquente à disposition.

    Donc, je ne pense pas que les contenus fassent défaut, la cible marketing a peut-être été mal choisie. Le livre électronique pourrait percer puis se démocratiser en ciblant des catégories de personnes voyageant beaucoup et ayant déjà des contenus à disposition, par exemple les scientifiques, les étudiants ou les hommes d’affaires qui pourraient lire leurs articles, comptes-rendus, etc durant leurs déplacements.

  4. hannah

    C’est beaucoup plus facile de pirater un cd qu’un livre. Mettre les morceaux d’un cd sur un ordinateur ne prends même pas quelques minutes, tandis que scanner et digitaliser un livre est un travail de plusieurs heures. C’est à mon avis la raison pourquoi les éditeurs ne sont pas très enthousiastes de se lancer dans la diffusion de livres électroniques et pourquoi ils se raccrochent au principe du drm.

    Mais une fois qu’on a gouté au livre électronique on se rend compte qu’il y a vraiment beaucoup de possibilités. Je promène mon Bebook partout avec moi, et en conséquent j’ai une bibliothèque de plusieurs centaines de livres sur moi. Dès que j’ai 2 minutes, je lis. Énormément de livres du domaines publics sont accessible librement en ligne et il y a souvent moyen d’acheter les plus récents, surtout quand on n’a pas peur de lire en anglais.

    Bien sur, rien ne remplace un livre en papier mais on s’y habitue vite et je ne regrette pas du tout mon achat.

    Concernant le kindle (américain), je ne le vois pas débarquer demain en europe, leur "whispernet" est un concept assez difficile à intégrer sur le marché européen et je ne me sens pas concerné du tout par cette liseuse. Par contre amazon perd une grande partie du marché mondial en se limitant au ventes de e-livres au kindle, mais cela est un tout autre débat.

    Ce qui m’énerve et énerve pas mal de honnêtes lecteurs, c’est que la plupart des maisons d’éditions s’obstinent à traiter tous leurs acheteurs de voleurs en implémentent du drm dans les e-livres, ce qui a comme conséquence que un livre acheté pour une liseuse ne sera pas lisible sur une autre liseuse. Le résultat ? Du piratage … Pour pouvoir continuer à accéder à ses livres achetés, un utilisateur devra apprendre à casser le drm, ce qui est illégal mais compréhensible. C’est comme si, en mettant un livre dans une autre bibliothèque dans sa maison, on n’avait plus le droit de le lire. Absurde.

    Je ne suis pas du tout d’accord avec la conclusion de l’article qu’il faut du piratage pour que les e-livres aient du succès. Mais bien que cette technologies est assez récente, que les supports ne sont pas encore tout à fait au points et très chers, et que les e-livres mêmes, en tout cas ceux à vendre, sont parfois aussi cher ou même plus cher qu’un livre en papier, ce qui ne favorise pas la vente. Si les maisons d’éditions font les mauvais choix, concernant drm, restrictions géographiques, fermer leur marcher (kindle/sony) ils risquent fort bien de provoquer ce piratage qu’ils veulent à tout prix éviter.

    Baen, une maison d’édition, vent tout ses livres sans drm, et en offre aussi beaucoup. Selon eux, c’est le bouche à oreille qui fait vendre un livre, le fait que on se le prête, qu’il est accessible à tous dans des bibliothèques, …

    Un dernier commentaire concernant le Bebook, il existe des liseuses, dont Bebook, qui offrent leurs sources à ceux qui veulent, et qui permettent l’implémentation d’autres firmware. J’ai ainsi essayé le firmware opensource OpenInktpot qui a pas mal de fonctionalités en plus que le firmware original. Pour l’instant je préfère toujours le firmware bebook, mais si j’ai envie de changer, je change. De plus le bebook, que ce soit avec son firmware ou avec openinktpot, peut lire une grande diversité de formats, et c’est la raison pourquoi j’ai plutôt choisis ce modèle.

  5. Pas du tout d’accord avec cette analyse. Pour moi, si les livres électroniques ne s’imposent pas, c’est parce qu’ils ne servent à rien, ne répondent à aucun besoin.

    Leur avantage par rapport à de vrais livres (plus rapide à acheter (en ligne)) est très faible (acheter en 5 minutes un livre qu’on met des heures à lire…), et surtout inférieur à leurs inconvénients (fragile, lourd, désagréable à lire, peu portable (pour prêter un livre électronique à un ami, il faut que celui-ci dispose d’un lecteur).

    Bref, en ce qui me concerne, je ne vois pas l’intérêt de ces gadgets. Jamais je ne lirai un livre sur écran, tant que l’écran n’est pas en papier et n’a pas des pages à tourner. Qu’ils fassent donc long feu, ça ne me fait ni chaud ni froid.

  6. Flair

    Je suis assez dubitatif sur cette analyse.

    Je pense que le livre électronique n´a pas besoin du piratage pour se développer.

    Ce qui freine son dèvellopement, cést le temps qu’ont mis les support de qualité à se dévellopper. On n’en est qu’au Kindle 2 alors que l’ipod en est déjà a sa Xième génération.
    Par ailleurs, les amateurs de livres sont sans doute plus conservateurs que les amateurs de musiques et vont avoir besoin de temps pour se laisser convaincre par ce nouveau format.
    Autre frein : l’absence de standard de format. Face au mp3 de la musique universellemnt reconnu, les pdf, txt et autres formats propriétaires s’affrontent.

    L’offre est encore peu étoffée, mais je ne suis pas sur que le piratage l’aide a se développer.

    Ce qui va aider au dévellopement de cette offre selon moi, c’est q’une des différences majeure entre les livres et la musique, est l’existance de beaucoup plus de livre libre de droit que de musique vraiment libre. Attention, si, pour un morceau, la musique elle meme peut etre libre de droit car ancienne, les droits des interprétre des morceaux numérisé sont rarement dans le domaine public.

    Google qui numérise actuellement toutes les grandes bibliothèques devrait etre en mesure de proposer une offre intéressante assez rapidemment. Ca pourrai etre un bon déclencheur pour ce marché balbutiant.

  7. JosephK

    Peut-être qu’il faut être un peu moins cérébral, les livres électroniques vont se développer grâce au "piratage" de magazines people (c’est déjà lancé). Tout comme le "piratage" massif de la musique commence par la Star ac (c’est la moindre des choses :) ).
    Et une fois que le lecteur d’ebook aura été acheté qui achètera encore des ouvrages tombés dans le domaine publique depuis belle lurette mais qui continuent d’engraisser les Lagardère and co.

  8. Cricri

    Possesseur d’un GEN3 de booken, je vous fait part de mon expérience :

    Contrairement à ce que déclare Elessar , je pense ce produit promis à un bel avenir si …

    Premièrement, les documents exploitables doivent être sous format texte (avec ou sans DRM) .
    Les caractères sont plus lisibles que sur certains papiers et la possibilité de choisir la taille des caractères est un atout majeur à partir de 40 ans :)
    L’encre électronique reste parfaitement lisible en plein soleil et le blanc de provoque pas de reflets contrairement au papier glacé.
    L’autonomie est plus que satisfaisante (un mois) . Le poids est inférieur à un livre en sortie initiale (formats luxueux) et c’est un autre atout pour certaines personnes car on ne trouve pas tout au format poche.

    Les DRM:
    Là , c’est une catastrophe ! Les documents sont marqués à la commande avec le numéro de série de votre lecteur.
    En cas de panne de la liseuse, votre sauvegarde deviendra donc inutile puisqu’il faudra regénérer un nouveau fichier . Les éditeurs permettent de générer un fichier pour plusieurs lecteurs mais ce n’est pas satisfaisant.

    Les formats de fichiers (et de DRM) sont différents selon les lecteurs et là c’est inadmissible (Adobe, Booken, Sony, amazon etc …) et pas de compatibilité avec un PC sous Linux !

    Il n’y a pas d’anonymat de vos lectures possible puisque vous générer un fichier suite à une commande carte bleu : là aussi , c’est pas génial !

    J’ai acheté un livre format DRM d’ ADOBE pour mon PC : Pas de compatibilité Linux !
    Avec émulation Virtualbox , ça marche mais c’est lourd ! En plus , le lecteur d’adobe réclame de temps d’être en ligne sur internet pour vérifier les DRM et mettre son lecteur à jour ! Si ça tombe au moment ou vous êtes dans le train : adieu la lecture : Bref une catastrophe !

    Coté PDF , c’est pas génial : l’affichage des PDF est long, et il n’y a pas de resizing en fonction de l’image : impossible avec le GEN3 de lire un ouvrage de cette manière. Le mode zoom ne résoud rien en fractionnant l’image sur plusieurs pages.
    Ainsi la bibliothéque Européenne constituée pas des images numérisée en PDF n’est pas vraiment exploitable !

    Coté Piratage en format TXT sur le net, on trouve pas mal d’ouvrages en Anglais ou en Italien mais assez peu encore en Français. (Peu signifie qu’on ne trouve pas forcément un titre particulièrement recherché mais si on lit ce qui arrive illégalement sur le net sans sélection particulière, on a de quoi occuper ses soirées avec du Coben, Bellemare , Nothomb, Harry Potter etc …
    (si vous vous sentez coupable de préférer comme moi un fichier sans DRM, vous achetez le livre par respect de l’auteur et vous l’offrez (comme moi) à votre bibliothèque municipale ou celle de votre C.E.)

    Le format "txt" est de plus un format bien plus accessible au non-voyants contrairement aux usines à GAZ qui sont montées pour eux sur des lecteurs DRMisés ou aux PDF !
    Contrairement à ce que je pensais, même les titres des grands cklassiques tombés dans le domaines public n’ont pas été transcrits en formats txt

    Conclusions:
    – Les DRM sont à bannir
    – Les écrivains doivent être soutenus
    – Les lecteurs actuels ne savent pas (tous) exploiter les images ce qui limite la lecture à du pure texte.
    – La marge de progression de ces outils est énorme : Couleur, meilleur acceptation des images, connections internet etc …

  9. EN fait, cela fait des siècles que le piratage du livre existe, depuis même sa création, on n’a fait que s’échanger des livres.

  10. CygnusB

    @ Vincent-Xavier :
    Rien à voir, avec l’échange des livres il n’y a pas de multiplication des petits pains.

  11. Jedai

    Je suis un lecteur avide (réellement ! Je me place sans doute dans les 2% de Français qui lisent le plus de livres) et je suis relativement certain que l’ebook est le future du livre (même si je préfère encore un livre papier pour le plaisir de lecture). Elessar n’est probablement pas un si gros lecteur que ça, ou alors il a des moyens que je n’ai pas…

    Mon opinion rejoint globalement Cricri : il est possible que le manque de "piratage" ait contribué à la lenteur des progrès, mais les facteurs réellement bloquants aujourd’hui sont les DRM, des lecteurs électroniques encore relativement primitifs et des prix irréalistes. En d’autres termes le problème c’est les éditeurs, trop peu enthousiaste pour ce nouveau moyen de diffusion qu’ils voient plus comme une menace que comme une opportunité.

    Les gros avantages de l’ebook ont déjà été cités mais permettez moi d’appuyer certains points particulièrement sensible pour moi : l’économie d’espace n’est pas une blague pour un lecteur comme moi, j’ai d’énorme problème de stockage pour ma collection de livres papier et si ma collection électronique était aujourd’hui transcrite sous forme papier je devrais me résigner à dormir debout… contrairement à ce qu’Elessar implique l’économie de temps n’est absolument pas négligeable non plus : je suppose qu’il ne lit que des livres facilement accessible sur le marché français dans une librairie proche de chez lui, ce n’est pas mon cas et parfois la différence entre l’ebook et une commande de livre papier peut se mesurer en semaines. Ajoutez à cela que je lis extrêmement rapidement (parfois trop) et peux finir un livre de 500 pages en une grosse soirée…

    Comme hannah je souhaite souligner le modèle de distribution de l’éditeur Baen ( http://www.webscription.net/ ) qui offre une sélection de formats sans DRM dont des formats libres à des prix tout à fait remarquables (ou même gratuitement). Cela leur a apparemment réussi étant donné qu’ils sont là depuis plus longtemps que la plupart des plateformes de distributions d’ebook et qu’ils étendent constamment leur offre, ayant récemment signé quelques partenariats avec d’autres maisons d’édition. Vous pouvez lire la philosophie qui a inspiré ce modèle à cette adresse : http://www.baen.com/library/ .

  12. Fernand

    Je crois que cela n’a pas encore été mentionné, mais s’il est un domaine où le livre électronique a un avenir tout tracé, c’est bien celui de l’éducation.

    Du point de vue des élèves, ils peuvent transporter l’intégralité de leurs manuels scolaires sur une tablette de moins de 500g. Du point de vue des enseignants, les ebooks leur offrent la possibilité de varier les supports de cours qu’ils utilisent. Du point de vue des parents, les frais se limitent à l’achat d’un seul support de cours, le livre électronique en lui-même (en supposant une optique de licence libre des manuels, et on peut même imaginer qu’ils soient subventionnés). Et d’un point de vue autant économique qu’écologique, l’utilisation d’un livre électronique représente une économie massive de papier!

    La technologie existe déjà: la société iRex propose un appareil de format A4, qui est même doté d’un écran tactile permettant la prise de notes. Son prix reste cependant prohibitif, mais cette société a bien flairé le marché potentiel étant donné qu’elle a déjà des partenariats avec (notamment et de mémoire) l’Université de Catalogne et un établissement secondaire irlandais.

    A vue de nez, c’est une affaire d’années avant que les lourds cartables d’écoliers ne soient qu’un mauvais souvenir.

  13. Fernand

    (suite du message précédent, envoi quelque peu prématuré)

    Ainsi je pense que cette analyse, pertinente dans son analogie avec la musique, faute en ne tenant pas compte de l’essor que pourraient prendre les livres électroniques dans l’éducation: si une génération entière sort de l’école avec une liseuse, alors nul besoin de pirates pour forcer les éditeurs à sérieusement considérer le format numérique.

  14. Vince

    Un petit aparté…
    Du point de vue cognitif, rien ne vaut un bon vieux bouquin pour la rétention d’informations…
    Encore une autre hypothèse qui empêchera l’essor des livres électroniques ?

  15. walellee

    " (…)
    – un livre
    – un quoi ?
    – si, tu sais, un LIVRE : arbres abattus, taille de caractères non ajustable, pas de dictionnaire intégré, prise de notes non transferable…
    (…) "