Ce que nous dit Windows Vista de l’Éducation nationale

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Cave Canem - CC by-saRetournons le titre de mon billet du jour en mode interrogatif. Qu’est-ce que nous dit l’Éducation nationale de Windows Vista ?

Rien. Elle ne nous a strictement rien dit, et c’est bien là le problème.

Aujourd’hui, l’arrivée de Windows 7 vient refermer le chapitre du système d’exploitation précédent de Microsoft. On aurait cependant tort de ne pas tenter de tirer le bilan de cet épisode, en particulier au sein de l’Éducation nationale française. Parce qu’il se pourrait bien que cet (assourdissant) silence soit révélateur…

Petit retour en arrière. Windows Vista a vu officiellement le jour en janvier 2007. Et très vite, comme nous le rappelle Wikipédia, « de nombreuses critiques ont fusé concernant la faible compatibilité matérielle, le matériel minimum nécessaire, les mauvaises performances et le peu d’innovations depuis Windows XP ».

Un an plus tard paraissait en Angleterre un rapport, riche et détaillé, de la très sérieuse et officielle agence Becta, sur l’opportunité ou non d’utiliser Windows Vista et MS Office 2007 dans les écoles du pays[1].

Les arguments et conclusions de ce rapport étaient sans équivoque.

Pour rappel en voici quelques extraits (dont je vous laisse juge de leur actualité un an et demi plus tard) :

« Les nouvelles fonctionnalités de Microsoft Vista présentent certes un intérêt, mais ne justifient pas une implantation immédiate dans le domaine de l’éducation : les coûts seraient élevés et les avantages loin d’être évidents. »

« Alors qu’on estime à 66% le nombre de machines du parc informatique scolaire pouvant fonctionner avec Vista (d’après la définition de Microsoft), nous estimons quant à nous à 22% le nombre de machines répondant aux critères pour faire fonctionner Vista de manière correcte. »

« Le coût total du déploiement de Vista dans les écoles anglaises et galloises se situe autour de 175 millions de livres sterling (environ 230 millions d’euros). Si cette estimation n’inclut pas les cartes graphiques supplémentaires nécessaires au fonctionnement de l’interface Aero (ce qui augmenterait nettement le montant minimum) elle tient compte des mises à niveau matérielles nécessaires, du coût des licences, des tests ainsi que du coût de la configuration et du déploiement. Environ un tiers de cette somme est imputable au prix des licences Microsoft. »

« Les machines sous Vista pourraient ne fonctionner qu’avec une autre version d’une application voir même seulement avec des produits différents. Cela peut être source de confusion si le personnel ou les élèves doivent travailler avec les deux systèmes d’exploitation. Il pourrait aussi être nécessaire de dupliquer le travail pour certaines leçons ou pour certains projets pour les adapter à Windows Vista et Windows XP. »

« Nous suggérons que les nouvelles machines achetées avec Windows Vista pré-installé soient remises sous Windows XP en attendant que tout le réseau puisse être mis à jour. »

« une standardisation de fait (par l’utilisation généralisée de produits d’un même fournisseur) peut être néfaste pour la concurrence et le choix, ce qui revient à augmenter les coûts. De plus en plus, les gouvernements, les entreprises et le système d’éducation refusent de voir leurs informations contrôlées par un fournisseur unique. Il en résulte un mouvement qui tend à délaisser les formats de fichiers propriétaires pour s’intéresser aux nouveaux formats de fichiers, plus ouverts, sous le contrôle d’un organisme de normalisation efficace. »

« Si l’on n’intervient pas, ces évolutions vont créer, pour les utilisateurs béotiens, une vision de l’intéropérabilité des documents qui sera complexe et partisane, ce qui serait un échec de l’objectif initial d’aller vers des standards ouverts. Microsoft a une position dominante sur le segment des systèmes d’exploitation pour PC et cette position risque d’être renforcée par son approche actuelle des standards de documents ouverts. »

« Contrairement à d’autres secteurs ou la demande pour des solutions en logiciels libres est visible et croissante, les estimations dans le secteur éducatif montrent une demande faible, Becta est vu comme un facteur clé dans l’instauration de cette demande. »

« Au cours des douze prochains mois Becta prendra un certain nombre de mesures pour encourager un choix plus efficace dans le cadre d’un usage éducatif. Ce travail inclura la publication d’un programme de travail dont le but sera de :
- fournir plus d’informations sur le site de Becta sur ce qu’est un logiciel libre et quels sont ses avantages pour l’éducation en Grande-Bretagne
- compléter la base de recherche actuelle qui recense les usages des logiciels libres dans le secteur éducatif et identifier des déploiements modèles de logiciels libres. Cela engloberait également l’esquisse d’un tableau national des usages des logiciels libres dans les écoles et les universités
- travailler avec la communauté du logiciel libre pour établir un catalogue en ligne des logiciels libres appropriés pour l’usage dans les écoles de Grande-Bretagne. Parmi les informations disponibles on retrouvera les moyens d’obtenir une assistance dédiée à ces logiciels et comment contribuer à leur développement futur. Ce catalogue sera publié sous une licence Creative Commons afin que les fournisseurs puissent le modifier pour leur propre usage
- donner des indications aux sociétés de services en logiciels libres pour qu’elles puissent efficacement participer dans de nouvelles structures compétitives et pour qu’elles puissent proposer des logiciels libres via la structure de fournisseurs existante de Becta »

Si nous pouvons vous proposer ces citations directement en français c’est parce que nous avions décidé de traduire ce rapport dans son intégralité, annoncé en juin 2008 sur le Framablog sous la forme d’une question (dont on a malheureusement aujourd’hui la réponse) : Le débat sur Windows Vista et MS Office 2007 à l’école aura-t-il lieu ?

Et pourquoi avions-nous fait cet effort ? Parce que, Anne, ma sœur Anne, nous ne voyions justement rien de similaire venir en France.

Il y a peut-être eu des mémos internes, quelques craintes exprimées ça et là localement sur des sites académiques, et bien sûr de la perplexité chez certains profs d’en bas. Mais, à ma connaissance, aucune étude digne de ce nom, aucune recommandation ou mise en garde publiée publiquement sur les sites nationaux de l’Education nationale, à commencer par Educnet, le site portail des TICE.

Le ministère de la Défense peut qualifier, avec la diplomatie qui le caractérise (mais tout le monde aura compris), Windows Vista de système qui « manque de maturité » et préconiser l’usage des distributions GNU/Linux Mandriva et Ubuntu, la contagion interministérielle n’aura pas lieu du côté de la rue de Grenelle.

Qu’un Café Pédagogique, soutenu par Microsoft, demeure muet si ce n’est pour annoncer benoîtement la sortie de Vista et de ses mises à jour, c’est dommageable mais compréhensible (et c’est même certainement compris dans le prix du soutien), mais il en va tout autrement pour le ministère.

N’en allait-il pas de sa responsabilité de prévenir tous ses établissements scolaires et toutes les collectivités territoriales pourvoyeuses de nouveaux matériels (susceptibles de subir le phénomène de la vente liée), qu’il était au moins urgent d’attendre ? Attente qu’il aurait pu mettre à profit pour évaluer les alternatives libres et prendre enfin les décisions qui s’imposent (comme par exemple ce qui se fait dans le Canton de Genève).

Au lieu de cela un silence radio pour le moins étonnant. Et trois années de perdues pour le déploiement massif, assumé et coordonné du logiciel libre à l’école ! Avec en prime prolifération de Vista et passage à la caisse.

Étudiants, enseignants, parents d’élèves, contribuables, et plus généralement tous ceux désormais nombreux que le sujet intéresse, sont légitimement en droit de se demander pourquoi, afin que cette politique de l’autruche ne se reproduise plus.

Notes

[1] Crédit photo : Cave Canem (Creative Commons By-Sa)

26 Réponses

  1. Il est certes difficile d’attirer l’Éducation Nationale à se prononcer de manière officielle sur ce sujet, mais qui sait, à force de réitérer la question, peut-être un jour cela changera-t-il.

  2. kervador

    Il y a aussi d’autres questions à se poser :
    Combien d’enseignants connaissent les rsiques de sécurité liés à l’utilisation d’un ordinateur et comment s’en prémunir ?
    Combien d’enseignants connaissent (savent utiliser) un autre système que windows ?
    Combien d’enseignants ont eu un réelle formation aux TIC pendant lur formation ?
    Combien de parents d’élèves informaticiens ont proposé à un enseignant de l’aider à mieux connaitres l’informatique ?

  3. Olivier

    Il y a un extrait du rapport qui est fondamental à mon humble avis :
    « Contrairement à d’autres secteurs ou la demande pour des solutions en logiciels libres est visible et croissante, les estimations dans le secteur éducatif montrent une demande faible, Becta est vu comme un facteur clé dans l’instauration de cette demande. »

    Il donne en même temps une réponse et une solution.

    La demande est faible parce que les enseignants dans leur grande majorité ne comprennent pas les enjeux et restent cramponnés à leurs habitudes. C’est quand même difficile de venir leur dire, eux qui s’occupent d’éduquer des enfants, que c’est important alors que pour eux c’est juste de l’informatique. Donc la demande est faible.

    Et comme la demande est faible, le ministère peut faire, ou plutôt ne pas faire, ce qu’il veut en la matière, ça ne risque pas de rouspéter dans un contexte où c’est l’éducation dans son ensemble qui prend de plein fouet les politiques d’austérité publique et de réduction de la dette de l’État. Contexte qui fait aussi que des Microsoft entre avec ses gros sous entre comme dans du beurre dans l’institution.

    Comme la demande est faible et les consciences également, il faut effectivement suggérer, pour ne pas dire imposer, la chose par une politique volontariste venant d’en haut. Et ce que propose de faire le Becta dans le dernier extrait qui va dans le bon sens.

    C’est d’une agence comme le Becta dont on a besoin, avec des politiques qui suivraient ses recommandations en changeant leurs mentalités (avoir le réflexe logiciels, formats et ressources libres) et leurs dépendances vis-à-vis des lobbyistes.

  4. Sylvain

    Même chose pour Open Office : Le Ministère de l’ Education Nationale reste sans pilote sur des sujets d’importance :

    http://fr.openoffice.org/servlets/R

  5. @Sylvain : Y a-t-il un pilOOote libre dans l’avion Education Nationale ?
    En ce moment non ;-)

  6. Dans un article que j’ai rédigé hier à la suite de mon installation de la Framakey Ubuntu-Fr Remix j’aborde le fait que cette solution (La FUR) pourrait être utilisée en France pour fournir à tous les collégiens, Lycéen et autres étudiants une telle clé qui garantirait la neutralité vis-à-vis des OS serait d’un coût formidablement peu onéreux pour "une mise à jour complète de tous les élèves".
    Il me semble que l’égalité, commence par la liberté de chacun de choisir avec quoi il veut travailler et les possibilités d’échanges engendrées par un tel dispositif ne feraient pas honte à un peu plus de fraternité (c’était pour le caser) en plein débat sur l’identité nationale.
    Il me semble qu’un peu de lobbying auprès du ministère de l’E.N serait le bienvenu!!
    Amicalement Fremen10

  7. Pour prendre la défense des enseignants dont je fait partie, ils ne sont pas forcément contre l’introduction de tels logiciels ou d’un OS libre mais ont pour certains déjà tant de mal à utiliser windows que ça peut leur paraître insurmontable.
    De plus il n’est pas facile d’obtenir une formation dans l’E.N (il faut parfois la demander plusieurs années de suite pour l’obtenir) et il est encore plus dure d’en obtenir une valable. Je me souviens d’un stage d’établissement pour faire un site internet et la responsable était arrivée avec "Guppy" à nous présenter… la bonne blague!! Le maître mot reste encore de se démerder.
    D’autres irréductibles sont effectivement accrochés à Windows et Microsoft Office car ils ne tiennent pas à refaire leurs cours (c’est aussi quelque chose qui existe).

  8. SarkoSphere

    Ce que nous dit Windows Vista de l’Éducation nationale c’est que c’est 3 années sous Vista c’est aussi 3 années sous Sarkozy. Désolé de mettre les pieds dans le plat de la politique mais le ministère de l’Education nationale s’est mis au diapason de la mentalité Hadopi voilà tout.

    Il y a des freins intrinsèques (inertie des enseignants, etc.) mais comment voulez-vous que ça aille mieux avec un président et sa troupe admirateurs d’un modèle libéral mondialiste qui ne sait plus comment faire dès qu’on se met à vouloir créer et travailler hors de la sphère marchande pour les biens communs.

  9. Incontinentia Buttocks

    J’ai entendu dire que la police française utilise Linux … Le commentaire de Sarkosphere m’a fait me poser la question suivante : les policiers devront-ils retourner sous Windows pour mettre le mouchard de Hadopi ?

  10. frilouz

    @SarkoSphere : Faut arrêter la parano…
    Quand dans 2 ans on fera le bilan du quinquénat, on s’apercevra que la part de logiciel libre dans l’administration est passée de "à peu près rien" à "significative", sans d’ailleurs que notre cher président y soit pour quoi que ce soit, si ce n’est la réduction des budgets, qui pousse lesdites administrations à y regarder à deux fois avant de renouveller leurs licences.
    Dernière en date, l’administration des impôts qui passe de Outlook (Express) et Lotus Notes à Thunderbird + Lightning.
    http://www.linagora.com/Linagora-in
    De même, les ministères de l’Ecologie et de l’Intérieur sont sous Thunderbird.
    D’une manière générale, il ne se passe pas un mois sans qu’on annonce qu’une administration a adopté tel ou tel logiciel libre.
    Reste IE6 qui fait de la résistance un peu partout à cause d’applications maison qui ont été développées autour de ce navigateur non respectueux des standards, mais là, c’est juste une question de temps.

  11. @frilouz qui dit : "D’une manière générale, il ne se passe pas un mois sans qu’on annonce qu’une administration a adopté tel ou tel logiciel libre."

    Tout à fait d’accord. C’est pourquoi cela reste incompréhensible que l’Education nationale soit bonne dernière dans cette dynamique.

  12. A l’heure ou l’état réduit ses dépenses dans ton les secteurs, allant parfois jusqu’à l’absurde.
    Le logiciel libre pourrais être un très bon moyen d’économiser de l’argent qui plus est en permettant à nos bambins d’accéder et d’apprendre sur un bien meilleur système.

    A croire que l’état à plus à gagner en utilisant windows dans l’éducation nationale ?

  13. @ Jerome:
    Certains ont plus a gagner, oui, pour avoir critiqué l’utilisation d’un logiciel payant à la place d’un libre, je peux te dire que certains dans les hautes sphères des rectorats sont soit incompétents dans les choix, soit intéressés …………..
    Vu les volumes de licences à gérer dans l’EN, c’est vrai que le gâteau a de quoi faire envie.
    Proposition: Tant qu’à dépenser l’argent du contribuable, tournons nous vers le libre, et que l’EN verse 20% de ce qu’elle aurait donné pour du payant au libre, je suis certain que ça ferait avancer les choses.

  14. @ aka "Tout à fait d’accord. C’est pourquoi cela reste incompréhensible que l’Education nationale soit bonne dernière dans cette dynamique."

    Il y a effectivement deux Ministères qui sont vraiment à la ramasse pour le libre: L’éducation Nationale et le Ministère de la Santé.

    Pour la santé, ce Ministère a déjà dépensé sans compter des centaines de milions d’Euros en services et licences propriétaires pour un fiasco total avec le DMP (Dossier Médical Personel) alors que les techniciens de la CPAM , la CNAM et de certains hopitaux ont poussé pour des solutions libres (OpenOffice, GLPI , Samba etc ..) pendant que leur Ministère de tutelle continue d’ignorer ces initiatives et fait mine de ne pas connaître le RGI.

    Ils devraient faire un tour outre altantique car c’est sur l’informatique de la santé que l’administration OBAMA va tenter de promouvoir la transparence du Logiciel Libre.

    Coté Education nationale, ce n’est effectivement pas très glorieux, même si, sur le terrain, il y a des gens compétents qui comprennent les enjeux et se battent avec courage.
    On se demande vraiment comment (par qui ?) sont nommés les personnels qui définissent la politique des TICs de ce Ministère !

  15. Ce que nous dit Windows Vista de l’Éducation nationale ce ne serait pas aussi que la communauté de logiciel libre y est extrêmement faible ? Malgré les quelques gesticulations ici ou ailleurs.

    Si vous voulez vraiment ouvrir les débats et leur poser problème (et ils le méritent assurément) alors débrouillez-vous pour publier dans les grands médias (télé, radio, presse traditionnelle, et accessoirement rue89, Mediapart, Agoravox…). Comme ils fonctionnent encore à l’ancienne, la blogosphère ne fait pas partie de la revue de presse du ministre contrairement à la presse traditionnelle.

  16. Remaille

    @Sarkosphere : tu parles d’inertie des enseignants. Vaste débat trollesque. Ceci dit lorsqu’on voit des associations comme Sésamath (manuels libres très bien vendus, mathenpoche, kidimath), EducOOo… que l’on sait que de nombreux développeurs ou contributeurs aux logiciels éducatifs sont professeurs, j’ai du mal à y voir l’éternelle inertie que l’on reproche très souvent aux professeurs.

    Parmi les utilisateurs de l’école, il y a aussi les parents d’élèves. Si tous les lecteurs du framablog qui ont des enfants en collège/lycée se présentaient sur les liste de parents d’élèves (FCPE, PEEP…) pour aller au CA des établissements afin de faire passer le message du libre, cela changerait beaucoup de choses. Mais là aussi il y a de l’inertie.

    Idem au niveau des gestionnaires des établissements scolaires et des strutures académiques.

    Finalement, un professeur qui souhaite faire progresser les choses et accompagner le développement du numérique se sent parfois seul. Faut-il l’accuser d’inertie confortablement assis devant son écran ? ;-)

    Parents d’élèves, occupez les instances dans lesquelles vous avez votre mot à dire !
    Citoyens, allez voir vos élus (maires) pour leur parler du libre dans le premier degré !
    Simple parent d’élève (non adhérent à un fédération), prenez RDV avec les chef d’établissements !

    Les leviers d’actions existent et ils sont nombreux. Il n’y a plus qu’à. Mais cessons de toujours dire "il ne se passe rien", "c’est inerte". :-)

  17. picardon

    Les commentaires sont nombreux mais aucun ne fait un bilan des besoins dans l’EN. Concernant la bureautique pas de problème, il est facile d’utiliser les logiciels libres . Par contre dans l’enseignement technique très peu (voire aucun) de logiciels industriels fonctionnent sous linux. Windows est dans ce cas obligatoire. De plus le taux d’occupation des PC dans l’enseignement technique est très élevé alors qu’il est faible dans l’enseignement général. Au final, l’économie réalisée ne serait pas aussi importante que celle annoncée.
    De plus, la mise en place et la maintenance des logiciels y compris les systèmes d’exploitations sont réalisées la plupart du temps par l’enseignant lui même. Je vous laisse quantifier le temps nécessaire à la réalisation de ces tâches lorsque ce dernier a 20 à 25 machines de différentes générations à sa charge (ceci est bien entendu en dehors de sa fonction).

  18. @picardon : L’enseignement technique est certes important mais il est à inclure avec tout le primaire, le secondaire et le supérieur.

    Avec l’argent des licences ainsi économisé, n’est-il pas possible de créer au sein de l’EN une équipe de développeurs qui serait chargée de créer et maintenir ces logiciels métiers spécifiques (évidemment sous licence libre) ?

  19. Gillou de Reims

    Cela montre aussi que les syndicats d’enseignants sont totalement incultes et indigents sur ces questions, sinon ils les auraient portées depuis bien longtemps. 0/20

  20. Incontinentia Buttocks

    Lorsqu’un patron engage un petit jeune qui sort de l’école, il veut que le petit jeune soit capable de bosser. Et pour bosser, il faut savoir utiliser les logiciels, et comme les entreprises utilisent majoritairement des logiciels non-libres, il faut que les petits jeunes soient formés pour ces logiciels.
    Personnellement, si j’étais patron, je renverrais immédiatement toute secrétaire me proposant de remplacer Word par Vim.

  21. @Incontinentia Buttocks : Moi au contraire je ferais tout pour la garder. Car si elle sait utiliser Vim, alors elle sait aussi utiliser Word, et si tel n’était pas le cas elle saurait, contrairement aux autres, se former en moins de 24h.

  22. je confirme : dans mon établissement scolaire (lycée d’enseignement général et technologique), tous les pc utilisés avec des logiciels techniques (cao, pilotage d’automates programmable, etc…) ont été systématiquement downgradé en windows XP. Et ça en fait un paquet (facilement une cinquantaine de PC et portables).
    Le tout dernier achat, dell avec windows vista business, est directement livré avec windows xp installé dessus par défaut : dell s’évite des soucis de service après vente…

  23. Incontinentia Buttocks

    @aka:
    Je ne suis pas certain que le fait de savoir utiliser un logiciel libre implique le fait d’être capable d’apprendre rapidement à utiliser un autre logiciel, ni même celui de savoir se débrouiller en informatique.
    Pour embêter mon frère (c’est une longue histoire), j’ai mis Ubuntu sur l’ordi familial. Depuis, mon frère ne l’utilise plus et mes parents utilisent quotidiennement openoffice, firefox, nautilus, et quelques autres programmes libres. Pourtant, ils ont toujours des problèmes à ouvrir des pièces jointes, en joindre leur semble insurmontable, et ça leur est arrivé quelques fois de m’appeler parce qu’une publicité les prévenait de la présence d’un virus sur l’ordinateur.
    Pour beaucoup de gens, un ordi, c’est une boîte qui fait peur, et il vaut mieux ne pas savoir comment ça marche. Pour faire l’action foo, on clique une fois sur ceci, une fois sur cela, et on presse telle ou telle touche. Ce n’est malheureusement pas parce qu’on utilise des logiciels libres que l’on sait ce que ça signifie ou que l’on sait apprendre rapidement à en utiliser d’autres.
    Tiens, sympa le lien "Exporter en ODT", au fond de la page :-)

  24. @Incontinentia Buttocks:

    En même temps, ta mère n’utilise pas Vim!

    Comme tu l’as bien dit: utiliser un logiciel libre ne signifie pas savoir se débrouiller en informatique.
    Mais j’ose dire qu’utiliser Vim signifie pour au moins 90% des personnes savoir se débrouiller sur un PC. Sans vouloir troller, Vim c’est pas un truc pour les gens qui considèrent les PCs comme des boites-noires-qui-font peur.

    Donc si j’étais dans la situation que tu énonces, je ferais exactement comme aKa. Et au pire si la dame veut vraiment éditer ses .tex sous Vim, où est le problème?

  25. Incontinentia Buttocks

    @ginko
    Je dirais qu’il y a deux problèmes principaux :
    – ça nécessite plus de temps qu’utiliser un traitement de texte classique
    – le jour où cette secrétaire se fait virer parce qu’elle volait dans la caisse (par exemple) et qu’on en engage une nouvelle, tout ce qui a été fait par la précédente peut finir à la poubelle, parce qu’inutilisable. Ce qui serait bien dommage.

  26. @Incontinentia Buttocks:

    Pour le premier argument, ça dépend de l’utilisateur et de la tâche.
    Je me suis déjà fait avoir avec des traitements de texte WYSIWYG avec des détails de mise en page foireux qui refusaient obstinément toute correction. Et franchement, ça prend du temps à être corrigé.
    Pour le second, il existe des compilateurs pour fabriquer de l’odt à partir de sources LaTeX. Je n’ai jamais testé, je n’en connais pas la fiabilité, mais si ça marche, les sources TeX ne sont pas à jeter à la poubelle.