Paint.NET : du fauxpen source au vrai propriétaire

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Copie d'écran - Paint.NETPaint.NET[1] est un très bon logiciel libre de retouches d’images pour Windows. De l’avis de beaucoup, bien plus « sexy » et accessible au grand public que Gimp par exemple.

Sauf qu’il possède deux défauts, un petit et un bien plus grand, éliminatoire même. Il nécessite, comme son nom l’indique, l’implémentation préalable du framework .NET de Microsoft, mais surtout il a très vite été un logiciel libre contesté qui n’avait en fait de logiciel libre que le nom, ou plutôt « que » la licence (en l’occurrence la licence MIT).

Contrôle du code, communauté inexistante et absence des dernières version des sources à télécharger, faisaient en effet de ce logiciel un exemple emblématique de « fauxpen source ». De l’aveu même de Rick Brewster, son unique développeur : « le code source était publié mais il n’a jamais été question d’un projet ouvert et collaboratif qui acceptait des soumissions de code non sollicitées ». Il appelle d’ailleurs cela un logiciel « released sources ».

Aujourd’hui les choses sont clarifiées. Rick Brewster a décidé il y a un mois de changer la licence pour en faire un vrai logiciel propriétaire gratuit (ou freeware). « You may not modify, adapt, rent, lease, loan, sell, or create derivative works based upon the Software or any part thereof », peut-on lire sur l’article de son blog qui annonce la nouvelle.

Cette nouvelle n’est pas forcément bonne (un logiciel qui quitte la lumière pour rejoindre le côté obscur de la force) mais elle est logique et cohérente vue l’évolution de l’application. Il nous a cependant semblé intéressant de traduire cet article, d’abord pour mieux comprendre les motivations de cette migration à contre-courant, mais aussi parce que les arguments avancés sont autant de justifications plus ou moins convaincantes qui vous feront peut-être réagir dans les commentaires.

Une nouvelle licence pour Paint.NET 3.5

A new license for Paint.NET v3.5

Rick Brewster – 9 novembre 2009 – Blog personnel
(Traduction Framalang : Jimbo)

Au fil des années, j’ai été obligé de me battre avec un certain nombre de personnes, et de sociétés, qui tentaient de plagier Paint.NET en recompilant le programme sous une dénomination commerciale différente et en insérant leur propre nom dans les crédits. Parfois, ils se faisaient payer pour ce service. J’ai même créé mon propre terme pour désigner cela : un « backspaceware » (NdT : en français cela donnerait quelque-chose comme « effaciciel », le backspace étant la touche « retour en arrière », qui permet d’effacer le dernier caractère tapé). En outre, de temps en temps, on trouve Paint.NET en vente sur eBay.

Et, comme beaucoup d’entre vous le savent, Paint.NET était open source. Ou plutôt, il était « released sources » (NdT : C’est-à-dire « sources publiées ») : le code source était publié mais il n’a jamais été question d’un projet ouvert et collaboratif qui acceptait des soumissions de code non-sollicitées. J’aimais publier le code source, parce qu’il me semblait bon de permettre à d’autres de l’étudier. Il y a environ un an, fatigué de voir ces versions plagiées de Paint.NET et j’ai décidé de retirer le code source du site Web. Cependant le code source était toujours dans la nature en différents endroits d’Internet (ce qui n’est guère illégal). Même sans le code source, une personne maline et douée pouvait probablement encore décompiler, modifier puis recompiler le programme, afin de lui faire dire ou faire ce qu’elle voulait.

Le plus gros problème était que, même si ces actions déplorables manquaient clairement d’éthique, le licence MIT autorisait tout cela. Ou, du moins, dans certains cas particuliers, ce qu’elle interdisait n’était pas clair. Donc, d’un point de vue juridique, ce qui pouvait précisément être entrepris à ce sujet n’était pas clair. Je ne suis pas juriste et je ne voulais pas dépenser des milliers de dollars pour avoir une explication de tout cela. Quelques personnes ont affirmé que j’avais choisi la mauvaise licence et, avec le recul, c’est sans aucun doute exact.

En outre, tout ceci va plus loin que le plagiat ou ma propre tension artérielle. La publication de copie dérivées de Paint.NET est source de confusion et perturbe la plupart des utilisateurs. J’ai reçu des e-mail de personnes troublées parce qu’elles pensaient que Paint.NET avait été renommé et que des fonctions manquaient dans « la nouvelle version ». Ces copies dérivées provoquent du désordre puisque souvent elles désinstallent le vrai Paint.NET (avec la même interface graphique que pour l’installation Windows) tout en conservant le système de mise à jour d’origine. Ce qui signifie que lorsque vous installez une telle copie dérivée, elle supprime Paint.NET, et puis lorsque Paint.NET est mis à jour, il désinstalle la version dérivée et la remplace par Paint.NET, etc… Ou la version modifiée plante, et le rapport de bugs indique à l’utilisateur de l’envoyer à mon adresse mail. Il y a aussi a risque réel de trojans et de virus.

Tout est désormais fini.

Pour la version finale de Paint.NET 3.5, qui ne devrait plus tarder, j’ai modifié la licence. Pour la plupart des utilisateurs, cela n’aura aucun impact. C’est toujours un freeware. Il n’y a toujours aucune prétention sur les fichiers créés, ouverts ou sauvés avec Paint.NET. Vous pouvez toujours établir un miroir du fichier zippé à télécharger sur votre site web (par exemple Betanews, Download.com, etc.) sans en demander la permission. Vous pouvez toujours vendre des trucs que vous créez avec Paint.NET (pour autant que vous ayez le droit de le faire bien sûr). Vous pouvez continuer à utiliser dans un contexte commercial, et à l’installer sur autant de machines que vous le désirez.

Cependant, la licence spécifie que vous ne pouvez plus modifier Paint.NET lui-même, ou créer une œuvre dérivée basée sur le logiciel Paint.NET (c’est-à-dire un logiciel dérivé). Vous ne pouvez pas non plus le vendre. Je ne pense pas que cela aura un impact sur quiconque d’autre que ceux qui désirent plagier ou détrousser Paint.NET. Je ne vais implémenter aucune restriction quant au reverse engineering ou la décompilation, par exemple à l’aide de Reflector. Je pense que ce serait bête, et je crois encore de tout mon cœur qu’il est bon qu’on soit capable d’étudier le code de Paint.NET, quand bien même il ne s’agit que du démontage approximatif fourni par Reflector. Toutefois, vous n’êtes pas autorisé à modifier et recompiler une nouvelle version de Paint.NET à partir de ce démontage.

Cette décision créera à n’en pas douter de la confusion. Par exemple, « Est-ce que les plugins sont autorisés ? ». Oui, absolument: le programme est conçu pour accepter ces dernier et ils ne constituent pas une modification de Paint.NET lui-même. Je devrai certainement mettre la FAQ à jour sur cette question, comme sur d’autres.

Je m’attends à ce qu’il y ait une minorité bien en voix qui condamne ce changement de licence. Avant de vous exprimer, veuillez vous poser cette question : cela vous touche-t-il réellement ? Comptiez vous vraiment faire quelque chose que cette nouvelle licence interdit ? Je parie que la réponse est « non », mais, je vous en prie, postez un commentaire si la réponse est un véritable oui. Beaucoup de personnes ont condamné ma décision de supprimer le code source mais après enquête, il s’est avéré que c’était une pure question de principe : elles n’avaient jamais téléchargé le code source, jamais rencontré quelqu’un qui l’avait téléchargé, et jamais prévu de faire quoi que ce soit qui tirerait profit ou dépendrait de l’accès au code source. Je comparerai cela à être contrarié par le fait que votre passeport vous interdit de voyager en Antarctique : comptiez-vous vraiment vous rendre là-bas un jour ?[2]

L’autre décision que je compte prendre est de publier le code source de portions de Paint.NET 3.5, probablement sous une licence de type MIT ou BSD. Les développeurs de plugins gagneraient en effet beaucoup à disposer du code source des effets graphiques et de certaines commandes relatives à l’interface WinForms. La meilleure façon de résumer les choses est de dire que la nouvelle licence (NdT : Voir les termes de la nouvelle licence sur l’article d’origine) couvre les « binaires », c’est-à-dire « ce que vous venez de télécharger et d’installer ». Je peux toujours créer des paquets à télécharger qui sont couverts par d’autres termes de licence. D’un point de vue de la philosophie, c’est peut-être déroutant, mais je suis prêt à en payer le prix.

Notes

[1] Crédit photo : Copyright Sabrown100

[2] Comme toutes les métaphores, celle-ci à ses limites.

25 Réponses

  1. Personnellement, dans la même catégorie, lorsque Paint.NET était encore "libre", la nécessité d’installer le framework .NET était un frein à son déploiement en collège/lycée : je préférais encore Photofiltre.

  2. Je pense que l’auteur n’avait pas compris toute la philosophie du libre : Il n’a pas compris l’intéret du développement collaboratif, ou n’était pas prêt de travailler avec d’autres. C’est une belle illustration de ce que répète RMS : les quatre libertés sont indissociables. Si ce code avait été pleinement libre, probablement que les forks n’auraient pas poussé comme des champignons, car cela n’aurait eu que peu d’intérêt.

    Lorsqu’il pose la question "cela vous touche-t-il réellement ? ", là encore il n’a pas compris la puissance du logiciel libre. Oui, tout le monde n’est pas un dev, oui tout le monde ne va pas lire le code, mais le fait de savoir que je peux le faire, c’est ce qui m’assure que je suis libre. Savoir que je peux aller en antarctique, ça m’assure que je suis libre de me déplacer. Sous pretexte que certaines personnes ne votent pas, devrait on leur supprimer ce droit ?

    Sinon, à quand un paint.GNU ? :)

  3. Bonjour,

    très intéressant cet article.

  4. A noter aussi que le changement de licence conïncide avec son embauche chez MS.

  5. Je vais prendre un peu le contre-pied des commentateurs précédents. La liberté est aussi de décider de ce qu’on publie et comment on le publie. Si l’auteur de Paint.Net voulait rester le maitre de son bébé, je peux le comprendre, je suis moi-même développeur et je comprends très bien qu’on puisse avoir un tel attachement à un logiciel qu’on a amélioré au cours des années. C’est ici la notion d’auteur au sens littéraire ou même artistique du terme (l’art collaboratif reste encore largement à inventer). Rick Breswter s’est donc (tardivement) rendu compte de l’erreur que constituait son choix de licence antérieur et il a corrigé le tir, rien à redire à mon avis.

    Cela ne contredit pas l’intérêt de l’open source, il s’agit seulement d’une attitude différente. Il y a ceux qui font ça pour de l’argent (logiciels commerciaux), ceux qui font ça pour la reconnaissance ou la fierté (freeware) et ceux qui font ça dans l’esprit open source. Je pense qu’on ne doit critiquer aucune de ces attitudes. En revanche, ce qui est inacceptable à mon avis, c’est de se prétendre open source alors qu’on ne l’est pas. Rick Brewster a vu son erreur et rectifié, bravo.

  6. Laurent S.

    Je trouve ce cas intéressant et suis d’accord avec davidof.
    En effet, l’auteur ne voulait pas passer du temps à gérer une communauté de développeur (c’est son droit et on peut comprendre), il voulait maitriser tous les aspects de son logiciel (c’est son droit), il voulait bien /montrer/ comment il avait fait (c’est louable), mais ne voulait pas de fork surtout quand ils dénaturaient l’image de son logiciel ou renvoyaient vers lui pour le support (c’est compréhensible).

    L’important pour l’auteur semble être que beaucoup de gens utilisent son logiciel et que ce dernier fournisse une expérience utilisateur la meilleure possible et certainement pas l’ouverture du code. Passer le logiciel en "close source" et freeware est un bon choix vu ce que l’auteur souhaite.

    Nous, militants du logiciel libre, regretterons qu’il n’ai pas plutôt fait le choix d’une licence libre la plus restrictive possible (comprendre avec copyleft fort) et créé une véritable communauté de développeurs autours de son logiciel, mais le choix est le sien et est cohérent avec ce qu’il fait.

    Les sources de son logiciel circulent toujours, sont sous licence MIT, donc un véritable fork issu de la communauté est possible, après que le meilleur gagne le cœur des utilisateurs. ;-)

  7. Il aurait pas eu tous ces problèmes s’il avait GPLisé son logiciel.

    Pour faire une analogie, je n’ai jamais envisagé de me présenter à une élection, je ne connais personne qui l’ait fait, mais ce n’est pas pour ça que le droit qui est donné à chacun de se présenter à une élection n’est pas indispensable pour la démocratie.

  8. "Je m’attends à ce qu’il y ait une minorité bien en voix qui condamne ce changement de licence."
    Le monsieur est lucide, honnête et cohérent.

    Il est regrettable que les ligues de vertu n’aient pas étudié avec le même sérieux le cas (sans doute trop minable) de MediaCoder. Conséquences de cette différence de traitement :
    – Paint.NET sur Framasoft : http://www.framasoft.net/article423
    – MediaCoder sur Framasoft : http://www.framasoft.net/article434

    Alors, à faux-cul, faux-cul et demi ? Dommage.

  9. "Je m’attends à ce qu’il y ait une minorité bien en voix qui condamne ce changement de licence. Avant de vous exprimer, veuillez vous poser cette question : cela vous touche-t-il réellement ? Comptiez vous vraiment faire quelque chose que cette nouvelle licence interdit ? […] Je comparerai cela à être contrarié par le fait que votre passeport vous interdit de voyager en Antarctique : comptiez-vous vraiment vous rendre là-bas un jour ?"

    Ca c’est ce qu’il pouvait écrire de pire. Le pb est :
    1°) que j’ai envie de faire ce choix moi-même et pas que d’autres le fassent à ma place
    2°) qu’il faut penser à ceux qui sont concernés et pas seulement regarder son nombril.
    Peut être devrait-on envoyer un exemplaire de Matin Brun de Franck Pavloff pourqu’il réalise qu’il faut aussi se battre pour les libertés des autres ou bien il n’y aura plus personne pour défendre les notres le jour venu.

  10. Point Godwin !

  11. oui j’y ai pensé en l’écrivant :-)

  12. Venerien

    "Pour la plupart des utilisateurs, cela n’aura aucun impact"

    C’est quand même gonflé comme explication. Du côté de l’utilisateur non développeur, il n’y a jamais eu aucune différence d’utilisation entre un logiciel libre et un logiciel proprio gratuit (dans les deux cas on télécharge un binaire exécutable et on installe).

    Bien content que le gars ne fasse plus officiellement partie de la "communauté".

  13. Un dépot de marque n’aurait-il pas permis à l’auteur d’atteindre son objectif en gardant son logiciel libre ?
    http://linuxfr.org/2005/05/11/18917

  14. "Pour la plupart des utilisateurs, cela n’aura aucun impact"

    Pas de contributions, pas de transparence dû au fait qu’il s’agisse d’un logiciel propio. Au contraire du développeur de Paint.Net, je pense qu’il y a un impacte énorme, c’est ce qui fait la différence entre liberté et captivité.

    "Comptiez vous vraiment faire quelque chose que cette nouvelle licence interdit ?"

    Là, je le trouve carrément gonflé: il est totalement impossible de prévoir qu’il n’y aura aucun bogue, et donc qu’aucun correctif venant d’une contribution ne soit pas utile. De même pour les failles de sécurité. Sans parler de nouvelles fonctionnalités apportés par les contributions, il est aussi totalement impossible de prévoir quand on a une bonne idée. N’importe qui peut en avoir une à tout moment et l’apporter au projet.
    Si il peut prévoir, comme il l’insinue, qu’il n’y aura ni bonnes idées ni correctifs utiles apportés par les contributions, alors c’est pas développeur qu’il devrait faire comme métier, mais voyant. Il serai le plus doué qui ai jamais existé.

    Quand aux fork, si il est à l’écoute de la communauté et pas uniquement de ces propres désires, il y a peut de chance d’en voir apparaitre.

    Ces arguments respirent (pour ne pas dire puent) la mauvaise fois. Toute fois, c’est son choix et je le respecte.
    Je suis moi aussi développeur, je vois tout les jours d’autres développeurs dans mon entourage faire le choix du logiciel proprio. Tous sont très mal informé sur le logiciel libre et il sont trop habituer au logiciel propio pour vouloir ne serait-ce qu’entendre parler du logiciel libre. Mais quoi qu’il fassent, j’ai toujours respecté leurs choix et ne les ai jamais forcé à quoi que ce soit.

    Mais il y a tout de même quelque chose qui me fait lever les sourcils à la Teal’c dans le cas de Paint.Net: Ce propos sont quasiment les mêmes que ceux qu’ont tenu des représentants de Nokia au sein de la communauté de Maemo concernant le fait que Maemo ne soit pas totalement libre. Et ce, peut de temps après un accord entre Nokia et Microsoft. Je pense que c’est le même discours qu’on entendra chez tous les fabricants d’appareils électroniques qui paillent une taxe à Microsoft pour avoir le droit d’équiper leurs appareils d’un noyau Linux mais dont l’OS n’est pas 100% Libre. Et il me semble que le développeur de Pint.Net a été engagé par Microsoft.
    Penser que tout ceci est lié et que cela fait parti du Jihad de Microsoft contre le logiciel libre serait un peut osé… quoi que…

  15. Et à noter que je n’ai, pour le moment en tout cas, que parlé du point de vue technique, pas du point de vue éthique ou social.

  16. Oui, je suis outré par les réactions négatives de certains, même si je regrette la décision de l’auteur.
    Il a le droit de faire ce qu’il veut du fruit de son travail. Le fait même qu’il n’ait jamais été open source dans l’âme et n’ait donc jamais "profité" de développements faits par d’autres dans son logiciel lui en donne, au delà du droit légal, le droit moral.
    Que l’auteur donne pendant (pour l’instant) un accès gratuit à l’usage du logiciel et, à titre d’exemple, le source de certaines parties du code est déjà un plus par rapport aux logiciels commerciaux. On peut faire plus, mais ne lui tirez pas dessus pour ne faire "que" ça…
    Et même si plus tard, son logiciel devient commercial, dites-lui quand même merci pour les années où il a été released sources et/ou gratuit. C’est déjà ça.
    Chers Ayatollahs, s’il vous plait, rangez vos pierres dans votre sac et ne les utilisez que pour les menteurs et les fraudeurs, ceux qui utilisent commercialementr des open sources sans le dire et/ou sans respecter leur licence, sans publier leurs sources et/ou leurs modifications, etc.

  17. Theo Pit.

    @Outré : C’est quand même plus compliqué que ça. Si tu t’annonces au départ comme un logiciel libre alors tu bénéficies de toute la sympathie de la communauté et de toute sa capacité de relai sur Internet. En avançant masqué au départ, c’est un peu comme si il avait voulu le beurre et l’argent du beurre.

  18. C’est avec grande tristesse que j’apprends cette nouvelle, en effet ce logiciel était présent sur mon ordinateur de salon depuis déjà bien longtemps, ou je l’ai accompagné durant ces multiples améliorations diverses.

    Durant des années j’ai sans cesses échangé mes logiciels propriétaires contre des logiciels libre, et désormais le contraire va m’arriver. Aujourd’hui je me tâte, vais je le garder, ou tenter de lui trouver en espérant, un remplaçant tout aussi performant et adapté pour les débutants sous Windows ?

  19. "En avançant masqué au départ, c’est un peu comme si il avait voulu le beurre et l’argent du beurre."
    Le beurre et l’argent de quel beurre? visiblement il n’a jamais voulu en faire du beurre et quand bien même changerait-il d’avis ça ne regarde que lui. Il aura eu la maladresse de mal "catégorier" son logiciel au départ, ce que je peux comprendre car sans "dico du libre" j’avoue moi aussi être un peu perdu dans le jargon associé.
    Mais il a réctifié le tir et c’est ce qui importe. Ca reste son "bébé" et libre à lui d’en faire ce qu’il veut et vous de ne pas l’installer par exemple.
    Je suis également outré par ces "croisades" et autres jugements/condamnations un peu hâtives qui sont scandés de ci de là dans les posts plus haut.
    Est ce le choix "framework.net" qui fait ou a fait hérisser tant de poils ? perso je n’aprécie pas plus l’obligation d’installer une JVM surtout quand on connait le chemin qu’emprunte depuis peu Sun concernant le licencing de Java.
    Outré aussi par le rejet systématique et la moquerie quand au produit Microsoft est présenté, comme si celà s’apparentait à une "hatitude-reflexe" bien à la mode.
    Je suis d’accords que les produits "espress" de microsoft n’auraient sans doute pas vus le jour sans l’existence du gratuit et surtout de l’open source mais c’est une réaction humaine d’abuser d’une position dominante (même si ce n’est pas forcément moral).
    Les exemples de détournements d’image ou même de changement de comportement sont légions. Un contre-pouvoir n’est contre que le temps où il est minoritaire, une fois passé majoritaire il devient souvent un pouvoir à part entière qui n’a parfois rien à envier à ce qu’il combattait.
    – prenez les 68tards !!! on en retrouve énormément au pouvoir dans de grande entreprises et les valeurs qu’ils véhiculaient alors sont bafouées régulièrement
    – dans un autre registre, l’image de la beetle comme voiture du peuple aujourd’hui dérivée en produit de luxe pour jeunes ou moins jeunes fortunés et soucieux de leur image
    – prenons encore Google qui il y a encore pas si longtemps avait cette image de chevalier blanc, véhiclant des valeurs cools et qui maintenant cherche à tout numériser et codifier… ok j’exagère un peu mais bon.

    Je sais j’ai dérivé pas mal, mais dans le fond, un gars a fait un chouette produit sur lequel il s’est planté dans la catégorie (à démontrer si c’était volontaire ou non), mais il reste gratuit.

  20. tuxmuraille

    Bonjour,
    Paint.NET qui est écrit en C# et .NET était OpenSource mais pas Libre. Libre au sens de la FSF, puisque ce langage de programmation ne permet pas une libre modification.

    Pour répondre à sa question: "Comptiez vous vraiment faire quelque chose que cette nouvelle licence interdit ?" . Personnellement non, mais il y a des gens qui travaillaient à un portage en Mono pour Linux.

    Je rajouterai un troisième problème à ceux cités par Aka; l’apparence du site web. On se demande vraiment si c’est le site web officiel avec toutes les pubs et la place qu’elle prennent.

    Au lieu de fermer les sources pourquoi n’a t il pas passer le logiciel sous CC by sa nc nd. Ce qui en plus lui aurait permis de porter plainte en cas de plagiat, tout en diffusant les sources.

    Je pense qu’il n’aurait pas eu autant de problème si il avait choisit une licence moins permissive dès le début.

  21. tuxmouraille

    Re,
    Voila le lien vers les sources du portage Linux: http://code.google.com/p/paint-mono

  22. La question que je me pose maintenant, c’est : "est-ce que Paint.net va rester sur la framakey ?"
    S’il n’est plus open-source, j’imagine que non, mais ça serait vraiment dommage d’enlever un aussi bon programme.

  23. @JPK : la Framakey se revendiquant 100% libre, elle ne contient plus Paint.NET depuis cet été.
    La version standalone de Portable Paint.NET sera aussi bientôt retirée du site.

  24. Moi utilisateur de Paint.NET, honnêtement, la seule chose que je craint c’est le format de fichier .pdn est documenté ou pas ? Non parce que ça me plairais moyen qu’il ne soit pas, questions de données enfermées.

    Je pense par contre que, même si les propos et surtout la comparaison avec le droit d’aller en Antarctique me fait un peu froid dans le dos, ce logiciel reste bon, avec des fonctions et facile à prendre en main (même si je trouve à mon avis que GIMP arrive à s’en rapprocher avec des bonnes solutions en plus, tel le calque texte) donc je trouve exagéré de montrer le museau et crier "Oula c’est plus libre quel crime", je suis pas libriste dans l’âme (le jour où je me ferais sentir coupable pour avoir un logiciel proprio sur mon PC…) bien que j’aime le libre et j’essaye de m’en accommoder.

    Parfois, je fais une image, un texte, quelque chose et je me pose une question : Quel licence ?
    Donc je réfléchis en laissant comme tel, à CC (Creative Commons), au libre, à chaque fois ça me fait un froid dans le dos le fait que tout le monde puisse copier et éditer mon "œuvre" (ps : c’est pas vraiment une œuvre, faut pas se leurrer), tu te dis "Qu’est-ce qu’ils vont en faire et publier ?". Un peu comme la peur qu’on transforme votre fourchette en arme, sauf que vous aurez remarqué, dans le monde des fourchettes, il y a pas sur chaque fourchettes un contrat de licence apposé. Il y a pas une fourchette "libre", une autre "propriétaire", rien de tout cela. Je me demande comment s’est régi par la loi ces genres de choses, mais autant dire que ça m’étonne qu’en informatique il y ai autant de logiciel que de contrats de licence (à peu près) ou que sinon ils sont propriétaires et cela me choque en quelque sortes. Pourquoi ? Parce que le nombre de contrat dans sa "vie" informatique est énorme et je me fais pas d’illusions, on ne les lits pas tous mais cela n’empêche pas qu’on les acceptes et signe des accords à vitesse éclair, même pas besoin de signature, c’est dire. Le rapport avec le logiciel (Paint.NET), les licences ? Tout bêtement que la tranquillité d’aller sur la fenêtre d’un contrat de licence et de voir un truc type CC BY-ND-NC ou mieux, General Public Licence, calme beaucoup parce que c’est pas inconnu et tu sais à peu près instantanément les droits que t’as sans lire trois pâté décourageant par semaine pour un programme informatique. Du côté de l’auteur, ça fait toujours un peu mal, hors adeptes, de laisser un logiciel dans une licence libre, mais pour l’utilisateur c’est que bénéfique et permet une liberté agréable, ce qui je trouve, est de plus en plus rare dans ce monde.

    Je pense avoir exprimé les deux points de vus que j’ai pu avoir, le point de vue de l’auteur qui voir son logiciel copié, recopié et recopié, ça dégoute un peu du libre et c’est compréhensible, voir son logiciel vendu et que tu n’as pas ta part, voir son logiciel avec des spywares tout cela, c’est ce qui démotivent une partie au libre et avant de pouvoir coller un GPL sur un de mes programmes, j’y réfléchirais à deux fois. Ce logiciel reste bon malgré ce discours regrettable. Seule chose, si il donne des outils pour lire le code source, pourquoi pas donner directement la source mais faire en sorte que la licence interdisent l’utilisation de celui-ci ? Je pense que ça aurais mérité réflexion, on peut voir le code, ce qui tranquillisent certaines personnes (mais qui ne règle pas le problème du libre) mais on ne peut pas l’utiliser et de toute façon, quoi qu’il se passe, ceux qui copie le logiciel illégitimement continuerons, avec ou sans code pense-je.

    J’ai essayé de faire de mon mieux pour faire un commentaire potable, Joyeuses fêtes tout de même

  25. Si le développeur choisit de ne pas diffuser son logiciel de la forme que vous le souhaiteriez, c’est son problème. Plus globalement, je n’ai jamais compris cet acharnement des "libristes".
    Ce qui devrait à mon sens être et rester libre, ceux sont les formats. Tous les fichiers devrait être éditables, modifiables, etc. dans n’importe quel logiciel dédié.