CouchSurfing ou le site qui donnait une autre valeur à votre canapé

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Jesslee Cuizon - CC byLorsque j’avais 20 ans, Internet n’existait pas.

Quand on partait en voyage, sans Facebook ni téléphone portable intelligent, on disait véritablement au revoir et à bientôt à nos proches.

On avait des places numérotées dans les avions. Et on pouvait demander du champagne à l’hôtesse, c’était gratuit ou plutôt compris dans le prix. Tant mieux d’ailleurs car les monnaies étant toutes différentes, ça fatiguait de faire tous les jours un peu de mathématiques.

Les villes traversées avaient ceci de particulier qu’elles ne se ressemblaient pas. C’était bizarre de ne pas y trouver à chaque fois son Ikea, son Starbucks, son Zara…

C’était plus facile de camper sauvagement. Par contre, quand on lançait la tente en l’air, elle ne redescendait pas instantanément toute montée mais retombait misérablement toute défaite à vos pieds.

Comparée à aujourd’hui la carte Interail version 1.0 était d’une limpide simplicité (et bien meilleur marché) : 50% dans le pays où vous aviez acheté la carte et gratuit pendant un mois partout ailleurs en Europe et même au-delà. Il est vrai qu’à l’époque le contrôleur yougoslave, marocain ou tchécoslovaque n’en avait pas toujours entendu parler et vous regardait d’un drôle d’air lorsque vous montiez la fleur au fusil dans son train. Mais c’était aussi l’occasion d’entrer au contact avec les autochtones.

À propos d’autochtones, j’avais trouvé un chouette truc pour les rencontrer : j’étais adhérent de l’association Servas[1].

De Servas, Wikipédia dit : « Servas, qui signifie en Esperanto nous servons, dans le sens de nous servons la paix, est une organisation sans but lucratif contribuant à renforcer l’entente, la tolérance et la paix à travers le monde. Sa principale fonction, est de permettre à ses membres de rencontrer lors de leurs voyages des habitants des pays visités, en étant hébergés chez eux. À la différence d’autres réseaux d’hébergement, Servas opère une distinction claire entre voyageurs et hôtes : la réciprocité n’est pas impérative. Le coût pour les hôtes est minimal, les voyageurs doivent quant à eux débourser un peu plus, afin de recevoir les listes d’adresses des hôtes inscrits dans les pays qu’ils visitent. Mais l’hébergement lui-même est toujours gratuit. Pour pouvoir voyager avec Servas et être reçu par des hôtes du monde entier, il est nécessaire d’adhérer à l’association, à ses valeurs fondamentales (recherche de la paix, ouverture à l’autre, échange culturel). Les futurs adhérents sont interviewés par des membres plus expérimentés, notamment pour leur expliquer les règles et usages de fonctionnement de Servas. La durée normale de séjour est de deux jours chez un hôte Servas. »

Je crois que c’est un peu ce que cherche à faire CouchSurfing mais à la puissance du réseau.

Et si Internet nous aidait à nous réapproprier des pans entiers de l’activité humaine que nous pensions définitivement abandonnés à l’échange monétaire ?

La culture « CouchSurfing »

The CouchSurfing Culture

David Bollier – 10 juin 2010 – OnTheCommons
(Traduction Framalang : Kootox, Goofy, Siltaar et Martin)

Les voyageurs qui ont le goût de l’aventure utilisent le Web pour créer une économie internationale du don d’hospitalité.

L’économie de don est présente et globale parmi un réseau improbable de « CouchSurfers » (NdT: CouchSurfer signifie littéralement « surfeur de canapé ») qui passent une nuit chez des étrangers quand ils voyagent. L’idée est venu de Casey Fenton lorsqu’il a réservé sur un coup de tête un vol pour l’Islande grâce à des billets à tarifs réduits, avant de se rendre compte qu’il ne connaissait personne et qu’il ne savait pas quoi faire là-bas.

Il a donc trouvé une liste d’adresses email d’étudiants à l’Université Islandaise de Reykjavik, et a envoyé des emails demandant s’il pouvait « squatter » leur canapé. Il a reçu énormément d’invitations et a passé un super week-end avec de parfaits inconnus.

Quand il est revenu chez lui, Fenton et trois amis ont créé un site Internet pour essayer de systématiser l’idée. Le résultat est le « CouchSurfing », un nouveau moyen de rencontrer des gens en voyageant et en étant logé gratuitement. Les gens s’enregistrent en ligne et fournissent quelques informations sur eux, ensuite soit ils offrent une place pour les autres « CouchSurfers », soit ils explorent les canapés disponibles dans les villes sélectionnées. Le site ne fait payer personne pour mettre les gens en relations. En fait, il interdit formellement aux hôtes de faire payer leurs invités (sous peine d’exclusion du site).

Appelez ça un échange de don semi-organisé. C’est une économie du don assisté par Internet pour les voyageurs, et ça marche bien simplement parce que les gens sont sympas et aiment rencontrer de nouvelles personnes venant d’ailleurs. Les « CouchSurfers » comprennent qu’ils ne bénéficient pas seulement d’un lit gratuit ; cela implique un contrat social indiquant qu’ils prendront du temps pour manger, boire un coup ou visiter la ville avec leur hôte. Certains hôtes emmènent leurs visiteurs à des soirées ou visiter des monuments, d’autres les rencontrent juste pour un café.

Pour aider le bon déroulement des visites, le site du « Couchsurfing » propose de nombreuses astuces pour les invités et les hôtes, suggérant les moyens de passer un séjour heureux en toute sécurité. Les invités et les hôtes sont notés par leurs pairs pour aider à identifier les mauvais acteurs et les « CouchSurfers » sûrs et généreux.


Détail intéressant : le « CouchSurfing » n’exige aucune réciprocité du genre « un prêté pour un rendu ». L’échange direct d’hébergement n’est pas nécessaire pour en profiter. Les gens sont libres d’héberger ou d’être hébergés sans calcul compliqué de « points » pour savoir qui peut faire quoi. L’idée, c’est juste d’aider les gens à rencontrer des étrangers intéressants en voyageant, et de partager avec eux.

Depuis son lancement en 2003, le « CouchSurfing » est devenu un phénomène international. Le site a attiré 1 930 000 « CouchSurfers » enregistrés sur toute la planète et a favorisé 2 086 778 « expériences d’hébergement ou de voyage réussies ». (Le site conserve des statistiques détaillées du nombre de CouchSurfers, des langues parlées, etc). Des canapés sont offerts dans 230 pays et 73 339 villes. On compte 154 682 « CouchSurfers » enregistrés aux États-Unis, 20 823 en Australie, 230 en Tanzanie et 28 en Antarctique.

Projet bénévole à l’origine, le « CouchSurfing » est devenu une organisation à but non lucratif virtuelle qui opère sans bureau physique ; ses dirigeants communiquent entre eux sur Internet. Le projet est résolument positif au premier abord et même idéaliste. Sa « profession de foi » déclare : « Nous imaginons un monde où chacun peut explorer et créer des relations constructives avec les gens et les lieux découverts. Construire des relations enrichissantes entre les cultures nous permet d’aborder la diversité avec curiosité, compréhension et respect. La reconnaissance de la diversité répand la tolérance et crée une communauté mondiale ».

Si tout cela vous semble un peu fleur bleue, notez que les témoignages des adeptes du « CouchSurfing » sont généralement fort élogieux. L’un d’eux observe : « Nous avons vécu une expérience géniale à Asheville, en Caroline du Nord. Nous avons contacté un couple super, ils nous ont accueillis chez eux, nous ont même proposé un lit dans la chambre de leur colocataire et nous ont préparé eux-mêmes un succulent repas. Il n’y a pas d’échange d’argent, et les gens n’offrent des cadeaux ou des coups de mains en échange que s’ils le souhaitent. Nous avons acheté de quoi faire le repas et leur avons laissé une appréciation sympa ».

D’autres s’emballent encore plus, « le CouchSurfing a complètement changé ma manière de voyager et de vivre. J’ai appris à faire confiance aux autres, et à apprécier leurs histoires et leur diversité ». D’autres encore appellent le réseau CouchSurfing « une association de personnes bien intentionnées, vous n’avez qu’à embarquer pour en profiter ».


Le « CouchSurfing » est devenu tellement populaire à certains endroits qu’il existe des groupes locaux qui accueillent les « CouchSurfers » en visite. Les liens amicaux perdurent généralement, formant un nouveau réseau international d’amitié, de plaisir et de confiance. Ce qui est incroyable à propos du « CouchSurfing », c’est qu’il se soit répandu si vite, qu’il soit si durable et si digne de confiance. Cela ne fait que prouver qu’une économie du don peut croître à l’échelle internationale, grâce au Web, et offrir un service tout aussi satisfaisant que l’Holiday Inn, et pour moins cher.

Notes

[1] Crédit photo : Jesslee Cuizon (Creative Commons By)

32 Réponses

  1. Article très intéressant, ça donne envie ! :)

    Ps : L’islande, mon rêve … $_$

  2. cestpasdecelaquenousavonsbesoin

    C ‘ est bien .
    Les Bobos et autres Richous de tout pays vont pouvoir plus
    facilement se repérer …

  3. je confirme que les communautés CS sont super interessante, que "cestpasdecelaquenousavonsbesoin" se rassure, il n’est pas obliger de s’inscrire, et si il prefere le club med, ou rester chez lui grand bien lui fasse.
    CS+interail m’ont permis de decouvrir l’europe pendant 3 semaines pour un budget tres reduit, on a aussi hebergé des CS venu d’un peu partout, canada, hongrie, rep Tcheque, on les laisse trainer dans la journée et le soir on leur propose de sortir avec nous dans nos lieux habituel. On nous a fait decouvrir des lieux vraiment chouette pendant ce tour, et clairement maintenant apres choix d’une destination, je commence par regarder si il y a des CS.

    l’autre truc que beaucoup de CS aime (mais qui m’attire moins) ce sont les woof, style d’hebergement contre travail à la ferme, des amis sont en train de se faire un jolie tour du monde comme ça.

  4. Pourquoi "le site qui donnait" à l’imparfait ? Ils semblent pas qu’ils aient fermé :)

  5. J’ai déjà fait un voyage en finlande où je suis resté une semaine avec un groupe d’étudiants local. C’était une expérience très agréable. Ca permet de découvrir une ville vu par les gens qui y vivent. Eviter les lieux trop touristiques pour visiter les petits cafés sympa.
    Et puis bien sûr le fait de rencontrer des gens est toujours très intéressant.

    Je conseille à tout le monde

  6. loïc m.

    @cestpasdecelaquenousavonsbesoin : tu ne connais vraiment pas la mentalité des personnes parcourant CS pour laisser un tel commentaire…

  7. cestdelafutureringardise

    Je maintiens ce que je dis .

    Ces machins sont des " lieux de socialisation " d’ une future classe mondialisée , moyenne ou supérieure , blanche, de préférence et éduquée d’ une certaine manière, vous voyez ce que je veux dire , même si vous en êtes pas tout conscients et qui remplacera les touristes , jugés ringards .

    Un outil de plus dans la phantasmatique boboïsante en mal-être et en pleine mauvaise conscience à fond colonialiste qui étouffe les peuples, les vrais …

  8. Salut,

    A cestdelafutureringardise ou cestpasdecelaquenousavonsbesoin.

    Ça ne doit pas être facile tous les jours pour toi… voir les choses toutes noire comme cela…
    On dirait le schtroumpf grognon.

    Même si ce mouvement ne touche qu’une tranche de la société, que certains aiment montrer leur différence par l’utilisation de ce réseau, tu ne peux pas nier que son principe permet quand même de s’affranchir du tourisme commercial que tu dois aussi critiquer.

    De plus il sera difficile d’avoir un réseau touristique qui ne fracture pas la population car il y aura toujours des exclus, de la discrimination, etc…
    L’extrémisme dont tu fais preuve peut-être justifié dans le cas où ce que tu dis est avéré et systématique. Pas sur de simples suppositions des dérives possible.

    Julien.

  9. @cestdelafutureringardise:
    Ce que tu dis m’intéresse, j’aimerais bien que tu développes plus ta "pensée" :-) En tout cas, après de telles déclarations, je trouve dommage que tu caches ton identité, car tu devrais, au contraire, revendiquer tes idées.

  10. tuxmouraille

    Bonjour,
    Voici un autre réseau, plus discret créé suite à des problèmes sur les réseaux CouchSurfing et Hospitality Club: http://www.bewelcome.org , http://fr.wikipedia.org/wiki/BeWelc
    Si je me souvient bien il a la particularité, autre que d’être une association loi 1901 enregistrée à Rennes, de protéger les données de ses membres.

  11. trollons un peu avec cestmachinchoseboboistephantasmatique…
    moi je pense que les LL sont un phantasme de l’elite bien pensante de l’ingenieurie informatique, en majorité blanche riche et bien portante visant a apporter, avec un fond colonialiste, leur bien pensance aux peuples (les vrais!!!) des pays pauvres
    cela remplacera les lgociels privateur, jugés ringard, vous voyez ce que je veux dire?
    bref, les bobos et les richous se regalent pour asservirent et etouffer les vrais peuple

  12. @cestpasdecelaquenousavonsbesoin
    Je pense qu’il faut distinguer le conteneur et le contenu. Le site web (le conteneur) est extrèmement intéressant (gratuit ! pas de publicité !…à noter cependant que ce n’est pas du logiciel libre comme expliqué ici : http://www.couchsurfing.org/policy_…).

    Après, ce que les gens en font, les gens qui y viennent (le contenu) est une autre question. L’objectif premier de ces sites web était de réduire au strict minimum le coût financier des voyages pour favoriser les rencontres culturelles et donc un peu …attention au grand mot … la paix ! Bref, moins d’argent mais plus de profondeur, plus de liens.

    Malheureusement, en tant que membre depuis 2005 de ces communautés, j’observe que plus çà grossit, plus çà devient à la mode, plus çà devient "mainstream" et plus l’ame originelle s’effrite. L’argent économisé ne sert pas à prendre son temps pour comprendre mieux le pays qu’on visite mais au contraire l’argent économisé sert à voyager plus. Comme souvent avec une nouvelle liberté, la frénésie et la gloutonerie du quantitatif engloutit le qualitatif. Les sites comme Couchsurfing boulversent le voyage comme le MP3 boulverse la musique… et les effets de bords sont les memes : la névrose de la consommation est en réalité amplifiée paradoxalement à cause de la gratuité.

    Bref, pour ne pas devenir totalement cynique face au risque d’une mondialisation "united color of Benethon", je tiens à informer qu’il est possible de créer des groupes sur ces sites d’hospitalité afin de rejoindre des gens par affinités. Rejoindre des sites d’hospitalité n’est donc pas comme adhérer à un parti politique ou se convertir à une religion, chacun reste libre d’utiliser et de façonner l’outil comme il l’entend.

    @aka
    http://www.framablog.org/index.php/

  13. Ma fille est à Pékin sac à dos en solo, en ce moment… et CouchSurfing marche incroyablement bien pour lui donner de nombreux contacts (Chinois et autres routards) et un canapé ; et lui permettre de se déplacer, de faire des rencontres et de profiter de la ville d’une manière MILLE fois plus rapide et immédiate qu’à d’autres époques… assez bluffant !

  14. @loic m.
    Bonjour Loic …Le hasard …Je passais par là..

  15. Et comme toute initiative populaire, des groupes s’unissent pour dénoncer ce "piratage". Intéressant. Ça a commencé à NY :
    http://www.techdirt.com/articles/20
    Mais ils pourraient bien essayer de le faire interdire dans le monde, si on ne fait pas attention.
    À ceux à qui ça rappelle une autre industrie…

  16. Oui CS change la manière de voyager, c’est ce que je crois aussi.
    Je signale au passage Be Welcome http://www.bewelcome.org/ , un autre réseau du même type qui est loin d’avoir la même ampleur mais parle de logiciel libre dans sa page sur la particpation ! http://www.bewelcome.org/about/geta

    @monsieurjaimelespseudoslongs
    Il y a vraisemblablement des pays où ce concept ne marchera pas, et tant mieux. Je ne crois pas que les fondateurs de ce site l’aient fait pour harmoniser le monde selon la bonne pensée américaine, ou alors on a tous loupé quelque chose, éclaire-nous.
    De fait, si tu te rends sur le site, tu constatera que la grande majorité des hôtes se trouvent dans des pays occidentaux ou occidentalisés. Et oui, vraisemblablement, ces gens là partagent un certain nombre de visions (ce qui n’empêche pas de découvrir aussi des choses innatendues).
    Mais qui oblige des gens d’autres cultures à adhérer à ce système ? Va au Tadjikistan ou dans n’importe quel pays d’Asie Centrale, tu comprendra vite que CS n’a pas fait beaucoup de bruit là-bas ! Et la rencontre "des peuples, des vrais" comme tu dis, est spontanée et naturelle dès qu’on s’éloigne des sites touristiques importants (et qu’on a envie de les rencontrer, évidemment).

  17. Thechancetopreserveanucleusofhumanspecimens

    DDQS : De la Défense des Quartiers Sécuritaires ?

    Sans Doute .

  18. Dell-Ubuntu

    Quelle misère…
    On présente une idée dans laquelle le rapprochement est facile et gratuit.
    Rencontrer des gens qui ne sont pas forcément comme nous: on aime le concept ou pas.

    Bien entendu, on réagi avec sa propre mentalité, certains vont se dire que c’est une opportunité pour faire de nouvelles rencontres et d’autres trouveront plein de raisons pour rejeter l’idée…

    Les premiers pourront enrichir leur vie et les seconds ne sauront même pas que ça peut tout simplement leur arriver.
    Quelle misère…

  19. meinfuhrerjemarche

    Naifs, êtes-vous ?

    Ne percevez-vous pas que ce type de " réseaux " seront très utiles
    à repérer , sélectionner puis trier une upper-Klasse mondiale
    destinée à l’ asservissement des récalcitrants … ?

    venez, venez , mes petits, ayez confiance !!!!

  20. C’est quand même rigolo que des imbéciles disent des trucs du genre de "C’est pour les bourgeois" alors que c’est ouvert à tout le monde. Je me demande si ce n’est pas plutôt par jalousie qu’ils disent ça.

  21. restezchezvous

    N’attendez plus !

    RESTEZ CHEZ VOUS !

    On nous invite à changer d’air, de pays ; on nous parle d’évasion. Sommes-nous des forçats pour chercher à fuir ?

    ***

    Dans les premières années qui ont suivi son divorce, une boulimie de voyages s’est emparée d’elle ; voyages en couple ou bien, avec les copines, en célibataires enjouées et hilares ; destinations bon marché pour une semaine, voire deux, à l’hôtel… parfois le Club quand ses moyens le lui permettaient, mais toujours dans des lieux sans risques, des lieux privés de rencontres et d’enseignements inattendus.

    Touriste à bagage unique et léger donc, aux allers-retours multiples ! Jusqu’au jour où une lassitude énorme est venue mettre fin à ses envies de voyage : elle ne supportait plus les aéroports, les retards, l’attente dans les salles de transit, les sourires imbéciles à la réception des hôtels, les taxis et les chameliers racketteurs : harassement de la mendicité sous le couvert d’un commerce hasardeux et si peu convaincant dans sa pratique.

    ***

    Le soleil et l’argent, encore le soleil et toujours l’argent ! Pas d’argent pas de sourire, et pour un peu, pas de soleil. Dans les rues, on ne voit rien – comprenez : on ne peut rien évaluer -, puisque rien ne nous est expliqué ; et si d’aventure des autochtones lettrés et avisés devaient proposer leur service… nul doute ! le mensonge serait au rendez-vous : ils nous diraient ce qu’ils pensent devoir nous faire entendre, qui n’est, dans leur esprit, que ce que l’on souhaite s’entendre dire.

    Et l’eau que l’on peut tantôt boire, tantôt ne pas boire, et sous aucun prétexte ; de même pour la nourriture !

    Et encore le soleil et la chaleur qui n’en finissent pas de vous aveugler, de vous ramollir physiquement et mentalement ; une fatigue épouvantable en fin de journée quand on regagne son hôtel dans un lieu parfois situé non loin d’un bidonville qu’on tente de nous cacher, jusqu’au jour où l’on trouvera bien des volontaires zélés pour y parcourir, entre deux monticules de détritus, les sentiers nauséeux et purulents d’une misère ensoleillée : la curiosité n’a pas de prix puisqu’elle passe après l’ignorance de ceux qui ne soupçonnent pas un instant qu’ils puissent l’être, ignorants et obscènes.

    Si on renonce à tout, et pour occuper nos journées, on disposera d’une piscine et d’un transat, ou bien un hamac, derrière une clôture, du matin au soir, avec le petit personnel, prisonnier tout comme nous et dont l’occupation principale consistera à changer nos draps, à vider nos poubelles, à lustrer nos lavabos, baignoires et toilettes, et ce pour notre plus grand confort et notre plus grand bonheur, jusqu’au moment où l’on ne supporte plus leur présence, témoignage embarrassant d’une relation impossible de nous à eux sinon dans le mensonge, l’assujettissement, et encore le mensonge de tous ces visages qui mentent, même réjouis, même hilares ou bien, indifférents.

    Quant au nôtre de visage face aux leurs, c’est déjà un départ dans quelques jours, et c’est aussi un rien qu’on aura laissé derrière nous et qu’on aura pris d’eux, sans oublier l’inévitable sentiment d’être allés jouer les riches chez les pauvres.

    Un tel déséquilibre rend tout rapport impossible en l’état ; même la sincérité, la bonté vraies nous sont tout aussi insupportables car, quoiqu’il arrive, on ne sera jamais à la hauteur : on ne pourra jamais rendre la pareille. Et tous les parfums, les senteurs et les couleurs n’y changeront rien : quelque chose a été saisi et ce saisissement nous empêche d’en saisir davantage.

    Culpabilité accablante : on s’est fourvoyés dans un lieu qui n‘en est pas un.

    ***

    Au retour, le sentiment de n’avoir rencontré personne sinon des êtres interchangeables à souhait, tels des voisins de palier, des collègues de bureau : là d’où l’on vient.

    Être parti si loin pour retrouver les mêmes, bavards et suffisants ! Décidément, on mérite beaucoup mieux et ce mieux indisponible, on ira le chercher chez soi, là où l’on nous épargnera le pire : la bêtise et la honte.

    C’est déjà pas si mal.

    Copyright Serge ULESKI extrait du titre "La consolation"

  22. GuideDuBobard

    La petite polémique des commentaires est partie sur de mauvaises bases mais elle a un vrai fond.

    Par exemple, combien de personnes se sont honnêtement reconnues dans cette vidéo promo iPhone du Guide du Routard, dans cette manière de voyager, de faire des hôtels originaux, des expos décalées, etc :
    http://www.youtube.com/watch?v=9Xe9

    C’est le même public que CouchSurfing à mon avis. Simplement c’est le Routard qui était "in" dans les années 80 et c’est CS qui l’est désormais.

  23. samuel

    @GuideDuBobard

    Ta vidéo n’est pas du tout représentative du fonctionnement des sites d’hospitalité. Au contraire, il faudrait prendre cette vidéo et la visionner en sens inverse. Car toute la "magie" de l’hospitalité, c’est justement que tu rencontres quelqu’un au tout départ de ton séjour. Et cette personne (un humain, pas un iphone !) devient alors ton guide, ton ange-gardien pour ton séjour. C’est cette personne qui te conseille sur les visites à faire en toute honeteté et en toute transparence. La technologie n’est présente que au début : le site web pour rencontrer cette personne. Ensuite, tu peux jeter ton iphone dans les canaux d’Amsterdam car tu n’en as plus besoin ;-)

    Néemmoins la comparaison Couchsurfing et GuideDuRoutard tiens mais le guideDuRoutard des début (pas celui actuel qu’il est devenu…)

    Pour finir un petit lien qui montre que l’autocritique existe et que les sites d’hospitalité ne sont pas figés mais bouillonnent de l’intérieur et cherchent à évoluer constamment :
    http://www.opencouchsurfing.org/201

  24. Lumpy

    6 jours et 5 messages, il n’en aura pas fallu moins pour que xxx daigne sortir un début d’argumentation (sous forme de citation). Libre à vous de rester chez vous, afin de pleinement profiter de votre connexion à Internet pour commenter les activités que vous désapprouvez, en connaissance ou en méconnaissance de cause. Mais s’il vous plaît, pour que ça serve à quelque chose, exprimez-vous vraiment !
    Pour ma part, je me demande si ce cher écrivain qui a eu la chance d’apparaître plus haut ne souffre pas d’une sérieuse psychose… du moins s’il croit tout ce qu’il écrit. Heureusement pour nous, la vérité (ou les vérités) ne se situe probablement pas dans les extrêmes.

  25. toutes_psy_choses

    De toutes les manières , cela serait plutot le couche-burning .

    lien : http://www.boursorama.com/infos/act

    Selon cette enquête réalisée en juin auprès de 2.011 personnes âgées de 18 ans et plus, le nombre de personnes ayant renoncé à leurs projets de vacances par manque d’argent est en progression de 4 points à 25%, comparé à l’an passé.

    Sur les Français qui partent, environ un sur quatre (26%) envisage un budget vacances en baisse, 59% estiment qu’ils pourront consacrer un budget équivalent à leurs séjours et seuls 12% des budgets sont en hausse.

    Parmi les économies réalisées, le Credoc cite la destination

    – 40% choisissent de partir en France plutôt qu’ à l’ étranger, soit 1 point de plus que l’an dernier

    – et 24% partent plus près de chez eux (+2 points).

    Les Français sont également plus nombreux à écourter la durée de leur séjour: 18% (+1 point par rapport à 2009, +4 par rapport à 2008).

    Pour le transport, 17% ont recours à des vols low-cost, soit +1 point par rapport à 2009 et +4 par rapport à 2008.

    La majorité des sondés (53%) déplore les prix trop élevés des activités, des transports, de l’hébergement ou de la restauration.

  26. Neewok

    Je suis un couchsurfeur depuis quelques années déjà et je trouve bien triste les commentaires laissés à cet article. Le couchsurfing n’est pas un moyen "in" ou "hype" de voyager. C’est simplement une autre façon de concevoir le voyage.
    Pour moi c’est un projet génial, puisqu’il permet de revenir vers des choses que je considère essentielles et qui se perdent dans nos sociétés occidentales hyper-individualistes, à savoir : s’ouvrir à l’autre, et même mieux : choisir de lui faire confiance.
    Et je peux vous le dire : on y gagne énormément.

    Je pense que les gens qui considèrent cela comme un phénomène de mode n’ont simplement pas saisi les enjeux du projet. Lisez-donc la page : « vision » : http://www.couchsurfing.org/about.h

    Avis aux critiques : si vous n’avez pas peur d’être traité de « bobo » (il semble que ce soit la honte suprême pour les bien-pensants) faites-en donc l’expérience, au moins une fois, ne serait-ce qu’en hébergeant des gens et je suis certain que vous changerez d’avis.

  27. Wonderwoman

    Tiens mon commentaire négatif sur couchsurfing a disparu.
    Lire: http://news.change.org/stories/couc

    Si vous décidez encore d’utiliser ce site qui protège des harceleurs, libre à vous. Mais il ne faudra pas venir pleurer ensuite.

  28. @Wonderwoman : On n’efface pas les commentaires sauf diffamation, etc. Donc désolé, cela était peut-etre une fausse manipulation technique.

    Vous avez raison de nous mettre en garde. Il est évident que plus Couchsurfing va croître et plus il y aura certains risques, mais qui ne sont pas intrinsèquement lies au service proposé.

    Un peu comme Facebook du reste, mais c’est toujours la même histoire du bébé et de l’eau du bain.

  29. Celine

    J’ai fais du co-hébergement, et sa ressemble beaucoup au couchsurfing.
    C’est un mix entre co-voiturage et couchsurfing. La seule différence avec le couchsurfing, est que l’hôte peut demander quelques euros pour participer aux frais, comme les repas, la lessive, etc..

    Je suis allée à Nice 3 jours, que des bons souvenirs. Je recommence en Bretagne dans 1 mois.

    Je garde le contact avec mon ancien hôte qui viens chez moi quelques jours.

    Pour tester http://www.cohebergement.com

    J’esperes que je vais en trouver pour le mois d’août.

  30. Eleonore

    Devant passer un WE par mois dans une ville de province pour y faire un stage de musique, j’ai décidé de tester le Courchsurfing pour limiter mes frais. Je dois avouer que le résultat a dépassé mes espérances : indépendamment du fait que j’ai toujours été très bien reçue, et souvent avec une confiance surprenante (confieriez vous vos clés à quelqu’un que vous connaissez depuis 20 minutes ?).
    Alors que j’étais très peu disponible, j’ai quand même réussi à faire de très belles rencontres, des personnes qui m’ont hébergée avec simplicité, et que j’ai envie de revoir juste pour le plaisir de prolonger ces soirées et petits dejs passés à refaire le monde autour d’un bol de thé.
    Oui, il y a eu des propositions « bizarres » : comme dans la vraie vie, je n’ai juste pas donné suite…
    Alors que je cherchais juste à répondre à un besoin assez égoïste avouons-le, cet accueil chaleureux m’a vraiment donné envie de prolonger l’expérience : recevoir des personnes, et voyager par ce biais.

  31. Les fréquentations on bien évoluées sur ce site, au début j’ai hébergé beaucoup de gens sympas, puis petit à petit de plus en plus de gens « pas nets » et le jour où j’ai essayé de surfer j’ai rencontré un gros paquet de connards, ou plutôt non, je ne les ai pas rencontrés, leurs messages sur le site m’ont bien coupé l’envie.