Quand le cloud computing bouleverse l’équilibre entre le matériel et le logiciel

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Leonardo Rizzi - CC by-saUn court billet pour évoquer la relation entre le software et le hardware, entre le logiciel et le matériel, à l’ère où le (mal nommé) cloud computing – ou informatique dans les nuages – bouscule les habitudes et pose de nombreuses questions en particulier à ladite communauté du Libre.

Nous avons peut-être tendance à l’oublier mais cette relation ne va pas de soi, a évolué avec le temps et a de nombreuses conséquences selon que l’un prend le pas sur l’autre.

Nous achetons un ordinateur et avec plus ou moins de bonheur nous y mettons un peu, beaucoup, passionnément du logiciel libre dedans. Mais sans toujours nous rendre compte nous modifions alors le vieil équilibre entre le software et le hardware. Jusqu’à atteindre son paroxysme avec le cloud computing où l’on veut nous faire croire que cela se passe dans les nuages alors qu’il n’en est rien puisque tout est très concrètement centralisé dans des énormes (et peu écologiques) datacenters dont nous ignorons généralement tout et qui paradoxalement redonnent la main au matériel et à ceux qui les construisent[1].

Le cloud computing représente-t-il une menace pour le logiciel libre ?

Is cloud computing a threat to open source?

John Spencer – 14 avril 2009 – ComputerWorld.uk
(Traduction Framalang : Don Rico, Poupoul2 et Olivier)

Allons-nous nous libérer d’une prison logicielle pour mieux nous jeter dans celle des fabricants de matériel ?

La disparition annoncée du logiciel propriétaire laisse un vide qui va être comblé… et il se pourrait bien que nous n’aimions pas ça.

Le PC arrive sur nos bureaux

Quand j’étais à la fac, le PC – l’ordinateur personnel – n’existait pas encore. Nous achetions du temps machine (très cher) sur l’ordinateur central (NdT : mainframe) ; l’un de mes amis a ainsi gagné des sommes conséquentes en vendant du temps machine à des entreprises qui en avaient besoin.

Après mes études, alors que je travaillais pour une multinationale, nous avons vu arriver nos premiers PC, et, je ne vous mens pas, mon supérieur a apporté le sien au bureau pour utiliser SuperCalc (ce qui lui a valu d’ailleurs une méga promotion).

Les administrateurs informatiques ont vu l’arrivée du PC d’un très mauvais œil. Ils aimaient trop leurs terminaux avec leur applis tout sauf sexy ; ils avaient le pouvoir parce qu’eux seuls avaient la main le serveur. Ce qu’ils voulaient, c’était le contrôle, et ce satané PC apportait bien trop de liberté.

Arrive le réseau… et avec lui une perte de liberté

La révolution du PC a produit une explosion de créativité et des libertés, mais très vite ces libertés se sont effritées. Première étape : la mise en réseau. Le prix à payer pour accéder à une zone de partage de fichiers et pouvoir ainsi utiliser n’importe quel PC de l’entreprise en voyant toujours le même bureau a été… d’adhérer au terrible « Domaine ». Ajoutez aux restrictions du Domaine, les coûts de plus en plus exorbitants des logiciels propriétaires, et soudain la révolution du PC prenait du plomb dans l’aile.

Demandez donc à ceux qui travaillent dans les réseaux d’entreprise s’ils se sentent libres.

La deuxième vague de liberté arrive

La deuxième vague de liberté est arrivé groupée. Le World Wide Web et Linux ont émergé plus ou moins au même moment. On n’insistera jamais assez sur l’effet libérateur qu’a provoqué l’accès ouvert au Web et à des logiciels libres et open source. D’un seul coup, le logiciel propriétaire et la poigne de fer du réseau ne signifiaient plus rien. Une fois de plus, on a connu une explosion de créativité et de libertés, et qui se poursuit encore actuellement à une très forte cadence.

Aujourd’hui, je possède mon propre matériel (et pas qu’un peu), personne, que ce soit un particulier ou une entreprise, n’a le contrôle de mes logiciels, et je dispose du Web comme extraordinaire terrain de jeu. Nous vivons une ère de liberté sans précédent. Merci à vous, les gars – merci Tim B-L, merci Linus T, merci Richard S.

Je crois que cette liberté est menacée.

Ce que je crains, c’est qu’Internet soit absorbé par les serveurs des « nuages » (comme ils disent), et qu’il finisse sous le contrôle des fabricants de matériel informatique.

Le Manifeste pour l’informatique dématérialisée ouvert était bizarre (NdT : The Cloud Computing Manifesto). Parmi les signataires, on trouve Cisco, AT&T, IBM et Sun, qui produisent une sacrée part du matériel sur lequel repose l’informatique dans les « Nuages ». Rien d’étonnant alors qu’ils soient partants. Red Hat et SAP sont partantes aussi, mais pourquoi ? SAP perd ses employés comme des pellicules et Red Hat voudrait bien s’asseoir à la table des grands en tant que mini Microsoft, mais qu’est-ce qui attire ces petits joueurs ? Ce n’est pas très clair.

Ce que je sais avec certitude, c’est que, comme on pouvait s’y attendre, deux des signataires, à savoir les puissants Microsoft (MS par la suite) et Google, ont annoncé qu’ils n’étaient guère satisfaits du peu de transparence avec laquelle en coulisses on concoctait ce manifeste (le monde à l’envers, n’est-ce pas ?). Résultat : ils se sont retirés, et l’ont bien fait savoir.

C’est sans doute très significatif, et malgré l’absence de faits concrets, cela corrobore quelques conjectures.

Harware contre Software

Il est important de rappeler que le logiciel n’existe pas dans un nuage mais sur des ordinateurs. L’information n’est pas diffusée par l’action du Saint-Esprit, mais acheminée par des câbles et des commutateurs.

MS a fait fortune quand IBM a collé leur système d’exploitation sur son premier PC ; sans le hardware ce dernier n’avait aucune valeur, et vice versa. Apple n’existerait pas non plus aujourd’hui s’ils n’avaient pas associé ses logiciels à ses matériels.

MS et Apple sont à l’évidence des éditeurs de logiciels propriétaires, logiciels qui, prétendent-ils, possèdent une forte valeur intrinsèque qu’ils facturent au prix que l’on sait. Ainsi donc MS a fonctionné de façon symbiotique avec Intel et il en a été de même avec Apple et ses processeurs IBM. Pendant des années ces deux entités ont dominé le monde main dans la main.

Là où je veux en venir, c’est que hardware et software étaient liés dans une même chaîne de valeur. L’un ne prédominait pas sur l’autre. Pour Google, en revanche, c’est différent. Google est un gigantesque fournisseur de services d’information qui repose sur des logiciels libres et open source. Dans leur cas, la relation hardware/software n’est plus la même.

Le logiciel libre et open source casse la relation entre hardware et software

Sans logiciel, le matériel n’est bien sûr d’aucune utilité (même si à l’époque où j’ai acheté mon premier ZX81 je pensais simplement qu’on était censé programmer soi-même son logiciel). À présent, en revanche, avec la révolution du logiciel libre, la disponibilité du logiciel n’est plus un problème, ni en termes de coût, ni en termes de quantité. Ces logiciels sont là, on n’a qu’à se servir dans tous ces super trucs qui ne demandent qu’à être utilisés.

Mais voyez-vous les problèmes que cela soulève ?

Avec le logiciel libre et open source ne redonne-t-on pas le contrôle aux fabricants de hardware ? Les associations software/hardware ont été dissoutes… pour le meilleur ou pour le pire.

Suivra une nouvelle ère, je pense, où le vieux statu quo se rétablira. Une ère où de nouveau nous achèterons du temps sur les serveurs pour faire ce dont nous avons besoin… au prix fixé par les fournisseurs !

Je ne me souviens que trop bien de l’époque des infrastructures centralisées contrôlées par des services informatiques guidés par le totalitarisme le plus complet. Une époque aussi où le software avait beaucoup moins de valeur que le hardware (et encore, quand il y avait du software) et que tout le hardware était estampillé IBM. Je n’aimerais vraiment pas connaître de nouveau une telle époque.

La révolution du logiciel libre n’aura servi à rien si une forme d’informatique centralisée et basée sur le hardware fait main basse sur notre liberté.

Notes

[1] Crédit photo : Leonardo Rizzi (Creative Commons By-Sa)

9 Réponses

  1. Bonjour,
    bravo pour votre article très intéressant ! J’avoue m’interroger également beaucoup sur le sujet. Une remarque, la question écologique, abordée ici dans une parenthèse en défaveur du cloud computing ne devrait pas être posée. Il me semble qu’aucune étude sérieuse n’est encore parue remontant le coût énergétique et polluant du CC, ni d’internet. Cependant, mon intuition est que l’équivalent (nombre utilisateurs, utilisation) d’un CC en ordinateurs personnels aurait un coût écologique plus grand.

  2. @nico : Non, parce que :
    1. les ordinateurs personnels, on les a déjà, et leur puissance de calcul est très peu utilisée, mais ils consomment de toute façon, avec l’avantage d’être éteints quand on n’a pas besoin d’eux ;
    2. un datacentre a besoin de climatisation, pas des ordinateurs personnels répartis partout.

  3. Bouska

    @nico : Si on compare du cloud optimisé auquel se connecte des clients légers avec des clients lourds bien dimensionnés, il est fort probable que la meilleure performance/watt (grâce à la meilleure occupation des machines, virtualisation) du cloud s’évapore complètement avec les besoins en climatisations (température maintenue à 20°C), éclairage & co, donc qu’au final, on ne se retrouve avec des machines en plus donc le bilan écologique est mauvais. Néanmoins, si le datacenter se trouve en Arctique et qu’il se refroidit donc avec l’air ambiant et qu’il est équipé de tout le nécessaire pour consommer le moins possible, le bilan écologique serait probablement inversé.

    Quoi qu’il en soit, le calcul en grille/distribué de type F@H marie le meilleur des deux mondes : du vrai Internet (pas du Minitel 2.0), dans la logique du LL, efficacité énergétique maximale, du vrai cloud computing au final. Ça demande juste un réseau rapide et symétrique (et les bons protocoles qui vont avec) et des calculs relativement parallélisables. On peut toujours rêver pour pouvoir faire ça dans un avenir proche.

  4. Mc Rack

    Le vrai combat pour tuer le cloud computing et développer une vraie alternative libre est celui de la libération des boxes.
    Si chaque foyer connecté à internet avait un ordinateur consommant moins de 5W connecté en permanence à internet et capable de faire tourner des serveurs NAS, Web, PHP, P2P, on pourrait faire des vrais applis décentralisées en LL de cloud.
    On peut dire que chaque foyer a déjà une BOX (Freebox, Livebox, Bbox, Neufbox, etc…), il faut les libérer (en les hackant ou en les remplaçant).

  5. +1 Mc Rack

    Le cloud computing présente des avantages incontestables, le problème est qu’il n’est pas facile de faire du cloud computing chez soi. À part pour le mail, le web et les réseaux sociaux décentralisés, il n’est pas vraiment simple pour Madame Michu de mettre ses applis cloud computing chez elle. Y’a-t’il par exemple un moyen simple d’installer un joli éditeur type Google Docs sur son serveur perso en quelques clics ? Ou bien un joli player multimédia type Deezer permettant de streamer depuis un navigateur web la musique qu’on a laissé chez soi ?

    Bref, vivement que les propositions évoquées à la conférence de Benjamin Bayart "Ce qu’Ubuntu peut faire pour sauver l’Internet" se concrétisent…

  6. ropib

    Je ne comprends pas pourquoi les distributions linux ne partagent pas directement un espace de stockage dès l’installation, en proposant des offres pour la mise à disposition avantageant ceux qui laissent ce partage ouvert. Je pense en effet que les box sont aussi une bonne porte d’entrée mais il faudrait qu’elles se chargent en même temps de faire du réseau mesh. Que deviennent FON ou Ozone (racheté par sfr je crois) ? Réseau maillé + stockage dispersé, je pense que c’est la voie vers la liberté, même si elle passe par toujours plus d’interdépendance.

  7. Curieux article, plus motivé par la peur de l’inconnu et la paranoïa (conspirations, conspirations…) que par une réflexion réellement structurée à mon avis…

    Le terme "cloud computing" (CC) est une expression valise qui englobe de nombreuses choses et l’auteur, justement, mélange allègrement IaaS et SaaS (infrastructures et logiciels en tant que services). Il n’explicite pas suffisamment en tout cas les "nombreuses questions" que le CC serait censé poser à la "communauté du Libre"…

    Quelques commentaires en vrac :

    >on veut nous faire croire que cela se passe dans les nuages alors qu’il n’en est rien puisque tout est très concrètement centralisé dans des énormes datacenters
    >Demandez donc à ceux qui travaillent dans les réseaux d’entreprise s’ils se sentent libres.

    La partie cliente (le navigateur) est toujours localisée sur le poste de travail et rien n’oblige à utiliser des services logiciels dans le nuage, fut-ce un poste de travail virtuel.

    Certes le grand public et les utilisateurs en entreprise vont être progressivement amenés à ne s’appuyer que sur la connexion réseau et le navigateur de leur poste de travail et à dépendre de logiciels en SaaS, mais ceux qui le voudront auront toujours le choix.

    Pour ce qui est des utilisateurs en entreprise, de toute façon ils sont là pour travailler, pas pour être libres :-)

    >tout est très concrètement centralisé dans des énormes datacenters qui paradoxalement redonnent la main au matériel et à ceux qui les construisent
    >Allons-nous nous libérer d’une prison logicielle pour mieux nous jeter dans celle des fabricants de matériel ?
    >La disparition annoncée du logiciel propriétaire laisse un vide qui va être comblé…
    >Ce que je crains, c’est qu’Internet soit absorbé par les serveurs des « nuages » (comme ils disent), et qu’il finisse sous le contrôle des fabricants de matériel informatique.

    Il ne faut pas confondre construction du matériel et des datacenters… (au passage, un des intérêts du CC est justement la décentralisation dans plein de datacenters, plutôt que la centralisation).

    Le vide qui va être comblé le sera par des éditeurs proposant des logiciels en SaaS (qui remplaceront certaines applications), pas des fabricants de matériels !

    >tout est très concrètement centralisé dans des énormes (et peu écologiques) datacenters dont nous ignorons généralement tout

    Il n’y a rien de mystérieux dans les datacenters. On peut savoir facilement où se trouvent ses machines et les datacenters se visitent généralement sur demande…

    Quant à l’argument écologique, les datacenters du CC le sont certainement plus que les datacenters d’entreprises, généralement de conception plus ancienne (toutefois, tant que l’on continue à utiliser des postes de travail aussi énergivores que ceux d’aujourd’hui, on ne gagne pas grand chose écologiquement parlant à basculer ses applis dans les nuages).

    >Le Manifeste pour l’informatique dématérialisée ouvert était bizarre (NdT : The Cloud Computing Manifesto). Parmi les signataires

    Parmi les signataires, on remarquait surtout l’absence des géants du CC : Amazon, Salesforces, Google, Microsoft : bref, tous ceux qui n’ont aucun intérêt à l’interopérabilité des CC.

    En résumé :

    - pour le SaaS, la question est d’avoir des alternatives intéressantes (locales ou sur serveur) aux solutions SaaS proposées. C’est généralement le cas.

    - pour l’IaaS, la question est d’être indépendant de la localisation de ses applications ou données dans tel ou tel datacenter, et des caractéristiques de tel ou tel matériel. Une fois ces liens de dépendance rompus et une véritable réversibilité introduite avec hébergeurs et fabricants de matériel informatique, il sera difficile de "finir sous le contrôle" de ces derniers…

    La virtualisation permettait déjà cette abstraction par rapport au matériel.

    Pour l’abstraction par rapport aux hébergeurs, par exemple, la solution libre HeV (http://www.projet-hev.org/) que je propose, permet de profiter de tous les avantages du CC en toute indépendance par rapport aux hébergeurs et sur une base totalement libre.

    A mon avis, la généralisation future de la mobilité et de l’ubiquité va de toute façon rendre caduque l’illusion d’un pouvoir basé sur la détention des données et traitements dans tel ou tel datacenter, alors que les impératifs de performance pousseront à leur dispersion au plus près de leurs lieux d’utilisation potentiels et donc à leur dispersion "dans le nuage".

    C’est peut être finalement ça qu’a raté l’auteur de l’article : il ne s’agit pas de centralisation (et donc de contrôle), mais de dissémination (et donc de liberté).

    Bien cordialement,

  8. 1 – La liberté et le Cloud
    Pour rebondir sur HubTou, je pense que la clé de la liberté par rapport au Cloud se trouve plutôt dans l’uniformisation des API
    qu’au niveau de l’architecture elle même.

    L’important est qu’un client ne soit pas enfermé par un fournisseur. S’il code une appli avec une API spécifique à un Cloud,
    alors il sera enfermé et il ne sera donc pas libre de changer de fournisseur sans devoir tout recoder.

    Par contre si on standardise l’API du Cloud alors on pourra facilement "déménager" une appli d’un cloud à un autre.

    Imaginez coder une appli, la déployer sur Amazon, et là on est pas content du service alors on lance la command deploy pour
    balancer l’appli sur Google. Ca ce serait la liberté du Cloud selon moi.

    2 – Le Libre et le Cloud
    Enfin, à mon avis il n’y a pas vraiment de lien direct entre le logiciel libre et le Cloud.
    Que les gens / ou entreprises consomment des services du Cloud ne les empêcheront pas d’avoir besoin d’un système d’exploitation (libre ou pas)
    sur lequel utiliser un navigateur (libre ou pas) afin d’accéder aux services.

    En allant un peu plus loin on peut imaginer aussi que des logiciels libres, plus ergonomiques que les IHM Web,
    se synchroniseront sur le cloud afin d’apporter une meilleure expérience utilisateur. C’est ce que je fais déjà avec les services Google d’ailleurs.
    Mon compte gmail étant synchroniser entre mon smartphone android et mon transportable (thunderbird) à la maison, le tout étant synchronisé
    (mails, contacts et agenda) gtatuitement.

  9. Le cloud , c’est qu’avant on était propriétaire de ses données, et qu’avec le cloud on en devient le locataire.. Un comble.. Ces données sont à la merci des désiratas du proprio , de ses egos , de sa pérennité financière, de notre adaptation a ses bons vouloir et enfin de sa stratégie..
    N’oublions pas qu’une grosse boite comme HP , a récemment fermé en quelques mois, sa société de stockage en ligne.. Les utilisateurs se débrouillant.. Pour une société sur lequel son système d’information repose , c’est le début du chaos..
    Pourtant c’était HP le prestataire..
    Le cloud c’est surtout un truc de commerciaux pour te faire débourser et te rendre locataire . Peu importe par la suite ce qui va t’arriver..