Le logiciel libre et ses enjeux en trois minutes chrono par Frédéric Couchet

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Voici une déjà vieille intervention de Frédéric Couchet, délégué général de l’April, ayant eu lieu dans le cadre des élections municipales françaises de 2008.

Mais, d’après moi, non seulement elle est toujours d’actualité (il suffit de remplacer Dadvsi par Hadopi) mais elle peut également être une intéressante source d’inspiration lorsque nous nous retrouvons en situation de tenter d’expliquer le logiciel libre à un public non averti (tout comme par exemple la citation de Stallman et le fameux extrait Canal+).

« Le logiciel libre est un logiciel qui respecte les libertés fondamentales de l’utilisateur. Il y a quatre libertés : utilisation, étude, modification et redistribution… »

Voilà qui a le mérite de la clarté. Et d’enchaîner ensuite sur le développement coopératif et l’Internet citoyen.

—> La vidéo au format webm
—> Le fichier de sous-titres

On pourra comparer la définition donnée ici du logiciel libre à celle, plus précise mais peut-être plus complexe à appréhender, du site GNU.org (celle que nous sert généralement Richard Stallman à chacune de ses conférences) :

« L’expression Logiciel libre fait référence à la liberté pour les utilisateurs d’exécuter, de copier, de distribuer, d’étudier, de modifier et d’améliorer le logiciel. Plus précisément, cela signifie que les utilisateurs ont les quatre libertés essentielles :

  • La liberté d’exécuter le programme, pour tous les usages (liberté 0).
  • La liberté d’étudier le fonctionnement du programme, et de l’adapter à vos besoins (liberté 1). Pour ceci l’accès au code source est une condition requise.
  • La liberté de redistribuer des copies, donc d’aider votre voisin, (liberté 2).
  • La liberté d’améliorer le programme et de publier vos améliorations, pour en faire profiter toute la communauté (liberté 3). Pour ceci l’accès au code source est une condition requise. »

7 Réponses

  1. 3 minutes sur le logiciel libre et l’Internet citoyen

    Une courte vidéo pour de très bonnes explications. Ça ne vaut pas le coup de s’en priver. À découvrir sur Framablog : Le logiciel libre et ses enjeux en trois minutes chrono par Frédéric Couchet…….

  2. Jujens

    C’est court mais le principal y est. Un nouveau moyen d’expliquer simplement le logiciel libre à un public non averti.

    Si vous (re)trouvez d’autres vidéos/citations… de ce type, merci de les faire remonter.

  3. Incontinentia Buttocks

    Pour le moment, je n’ai pas encore vu la moindre vidéo pouvant donner envie à un utilisateur lambda de passer au logiciel libre. Ohlala, la contrôleuse du train qui vient de passer est vraiment mignonne, ça ne me dérangerait pas de la transformer en maman. Le soucis, c’est que le logiciel libre n’a, pour l’utilisateur moyen, que des avantages à long terme, et l’utilisateur moyen pense à court terme : "J’espère qe je pourrai ouvrir le document powerpoint qu’on m’a envoyé il y a deux minutes !".
    Si quelqu’un connaît une vidéo courte et claire, donnant vraiment envie de passer au logiciel libre…

  4. laurange

    Autant pour des entreprises, le libre est un enjeu important pour ne pas être prisonnier d’un cercle vicieux logiciel-licences-mises-à-jour.
    Autant le particulier lambda n’a vraiment rien à faire de savoir si les logiciels qu’il utilise sont libres ou pas, il ne connait généralement même pas le nom et clic sur l’icône où il y a un tableur dessus pour lancer le tableur, beaucoup de logiciels sont gratuits et il en change comme ça lui chante.
    Pour l’énorme majorité, l’informatique n’est qu’un outil pas un sacerdoce.
    Personne ne va voir si son lecteur dvd est conçu à base de logiciels libres.

    En plus la vision que présentent les logiciels libres n’est pas faite pour convaincre un utilisateur de base : 28 distributions, pas un écran pareil, un discours aussi éclaté que le nombre de versions d’un programme libre (voir le nombre de lecteurs multimédias d’une distribution classique ubuntu).

    une distrib kde qui installerait que des logiciels kde et qui conserverait une homogénéité serait acceptable, mais là il y a 9 chances sur 10 de polluer avec une install d’un outil gnome ou autre, et tout de suite ça devient peu lisible.

    la liberté oui, mais avoir le choix de tout en même temps non.
    J’attends beaucoup de ChromeOS (ou ChromiumOS) ou d’Android pour unifier les choix.

  5. À mon avis ce qui manque cruellement dans les discours pro logiciel libre à l’attention du grand public, c’est des exemples concrets. La philisophie du logiciel libre, Mme Michu s’en fiche à coup sûr, ou plutôt elle va dire « c’est bien » mais sans se sentir concernée. Je pense donc qu’on devrait plutôt commencer par montrer des exemples de conséquences l’informatique non libre pour que le grand public se sente réellement concerné :

    * il faut acheter la même version de suite bureautique que ton copain pour pouvoir échanger des fichiers avec lui
    * si t’achètes ta musique sur tel site avec tel OS, tu ne peux pas l’utiliser sur un autre ordinateur ou alors ta musique disparaît de ton baladeur
    * si t’achètes la nouvelle version de tel OS, il te faut aussi renouveler ton PC et ton imprimante
    * le logiciel que tu utilisais n’existe plus et ton travail réalisé avec n’existe plus non plus
    * les Cubains ne peuvent plus utiliser MSN pour discuter en ligne (quelle chance ;-) !)
    * etc.

    Après on peut expliquer comment tout ceci est possible et c’est là que la philosophie du logiciel libre entre en jeu pour éviter ces dérives totalitaires. Il me semble que ça rend le discours plus pragmatique et plus accessible que de parachuter la philosophie du logiciel libre. Ce qu’il faut c’est expliquer pourquoi le logiciel libre et seulement ensuite comment.

  6. laurange

    @JM : j’ai l’impression que tu confonds le logiciel et ce qu’on lit/produit avec.
    La différence c’est que tout navigateur propriétaire peut lire et afficher du html5, mais que l’idée du logiciel libre permet à tous de reprendre le code du navigateur, de l’améliorer, de le diffuser et de corriger les failles (ex WebKit venu de KHTML).
    Une musique sans DRM sera lue indifféremment par un logiciel fermé ou un libre.
    Personnellement je suis plus attentif au côté OpenSource qu’au côté vraiment Libre mais le deuxième est plus intéressant pour tous.

  7. @laurange Non, je pense qu’on ne s’est pas bien compris… Je critique exactement l’explication que tu viens de faire : pour Mme Michu, aussi bien IE, Safari, Chrome que Firefox permettent d’utiliser le web de façon confortable. Si tu vas la voir en lui disant « Mais Mme Michu faut pas utiliser x, y et z parce qu’on ne peut pas consulter/modifier le code source », franchement les chances de succès sont proches de 0 à mon avis. Ce qui est important n’est pas de faire comprendre ce qu’est le logiciel libre, comment il fonctionne, mais ce qu’il change. Je développe…

    Prenons la parabole classique : pourquoi vais-je acheter une pizza au pizzaiolo du coin alors que la recette de la pizza est très facile à trouver et à modifier ? Parce que je n’ai pas le temps, ou pas les compétences voire pas l’envie de la faire moi-même cette pizza, et accessoirement celle que j’achète me convient bien. C’est pareil pour Mme Michu : elle veut son navigateur mais se fiche complètement de savoir comment on le fait. Et comme le sien lui convient, elle se fiche que n’importe qui puisse le modifier (et à la limite ça lui ferait peut-être plus peur de savoir ça que de savoir que ce sont des sociétés multi-milliardaires qui s’en occupent…).

    Donc je pense que cet argumentaire qui explique seulement comment fonctionne le logiciel libre n’est pas le bon pour le grand public car ce qu’il veut, c’est simplement des logiciels qui marchent (plus ou moins diront certains ;-)). La méthode de conception il s’en fiche, ça ne changera probablement pas son attitude vis-à-vis des logiciels. D’où le succès des produits Apple pourtant de plus en plus fermés. Et peut-être aussi la marginalisation du logiciel libre auprès du grand public.

    Ainsi pour moi le seul argumentaire qui pourrait convaincre le grand public est celui qui cherche à lui montrer l’effet des codes fermés sur les outils qu’il utilise voire sur son quotidien. Il faut lui montrer que quand ce sont des intérêts privés (financiers) qui dictent les fonctionnalités d’un logiciel, il y a forcément des effets négatifs pour l’utilisateur, qu’il soit une personne, une société ou une quelconque entité juridique. Ce qu’il faut c’est expliquer cette récente phrase de RMS : « Toutes les libertés dépendent de la liberté informatique […] ». Sinon à quoi bon expliquer le logiciel libre au grand public, pour la culture générale ?

    Le problème est que du coup c’est beaucoup plus difficile de trouver des arguments qui font mouche. Cependant pour le navigateur on commence à avoir de plus en plus de billes avec les récents débats sur la vie privée sur Internet. À part cela, malheureusement, je ne vois pas trop pour le moment comment convaincre Mme Michu de passer de x, y ou z à w étant donné que Html5/CSS3 elle s’en fiche et qu’au niveau performances d’affichage les scores se resserrent.

    Non, toujours pas convaincu ?