Logiciel libre et développement durable, même combat ?

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416style - CC-byAu détour d’une conférence sur les tendances 2010 de l’Open Source à l’OpenWorldForum, j’ai assisté à la présentation, captivante, des enjeux croisés de l’écologie et du logiciel libre, résumé en « FreenIT » par un duo peu ordinaire. En effet, l’un s’annonce comme journaliste et passionné d’environnement et l’autre (respectivement) comme ingénieur expert en « innovation ouverte et logiciel libre ». Leur présentation s’attachait à mettre en valeur les avantages intrinsèques des logiciels libres dans la quête d’une informatique écologiquement responsable vers laquelle l’industrie et les grandes entreprises se tournent enfin [1].

Enthousiasmé par leur démonstration, je pris contact avec eux à l’issue de la présentation, pour évoquer la possibilité de faire passer leur message jusqu’à vous chers lecteurs, dans la droite lignée de nos explorations de la société, à la recherche des applications de la culture du libre. Après les « AMAP », qui mettent de l’écologie dans les assiettes de collectifs qui s’auto-organisent pour échapper aux injonctions des grandes surfaces, voici donc le « Green IT » qui met de l’écologie derrière nos écrans.

On retrouve, dans ce texte de synthèse rédigé pour le Framablog, les notions clés du succès en matière de développement durable, tel que le fameux « penser global, agir local », que l’on retrouve dans le logiciel libre sous la forme d’un « bidouiller dans son coin, et penser aux autres », ou encore une évocation du « leadership par l’exemple » qui prévalut dès le début en matière politique sur Internet, cet espèce de laisser-faire, un peu utopique, sans laisser-aller. Enfin, je citerai encore la notion d’énergie grise, qui vient malheureusement contrebalancer les discours commerciaux des fabriquants en matière de décroissance de la consommation énergétique des nouvelles générations de composants informatiques.

Logiciel libre et Green IT : même combat ?

Frédéric Bordage et François Letellier – GreenIT.fr

Les connaissances des communautés open source et les principales caractéristiques des logiciels libres sont particulièrement bien adaptées à la profondeur et à l’urgence des enjeux du développement durable. Démonstration.

L’humanité fait face à trois problèmes environnementaux majeurs : le dérèglement climatique, l’écroulement de la biodiversité et l’épuisement des stocks de ressources non renouvelables. La prise de conscience a été (trop) longue, et l’urgence aujourd’hui est réelle : nous n’avons qu’une génération pour trouver et mettre en œuvre les solutions à ces défis. Quel rapport entre ce constat, iconifié par des personnages tels que le Commandant Cousteau, Al Gore ou Nicolas Hulot, et notre quotidien d’informaticiens ? Que peuvent les geeks face à ces enjeux planétaires ?

Toujours poussés plus loin vers les mondes virtuels, nous avons tendance à oublier qu’octets et instructions consomment substrats et énergie. Une consommation qui se traduit par des nuisances que notre écosystème ne peut pas absorber indéfiniment. Les informaticiens peuvent, s’ils le souhaitent, réduire rapidement l’empreinte de l’informatique sur l’environnement. Mais plus encore, la communauté du logiciel libre détient des savoirs transversaux qui font défaut aux acteurs du développement durable. Explication.

Freen IT as in Free & Green IT

Le courant de pensée du « Green IT » cherche à réduire l’empreinte écologique des Technologies de l’Information et de la Communication (TIC). Pour réduire l’empreinte des TIC, il faut se concentrer sur l’essentiel. Contrairement au discours marketing des éditeurs et des constructeurs, les phases de fabrication et de fin de vie d’un ordinateur consomment plus d’énergie et génèrent nettement plus de nuisances environnementales que la phase d’utilisation. En clair : si vous décidez de remiser tous vos serveurs et postes de travail, encore fonctionnels, pour les remplacer par d’autres nettement moins énergivores… vous faites fausse route. Les constructeurs vous remercieront, pas la planète. En effet, l’énergie grise liée aux équipements informatique ne cesse de croître, quand leur consommation en fonctionnement s’affiche à la baisse.

Les deux grands défis du « Green IT » consistent à :

  • prolonger la durée d’utilisation des matériels existants;
  • et à réduire les besoins, en termes d’énergie et de ressources, sur la phase d’utilisation.

Ce qui signifie mettre le holà à la gloutonnerie des logiciels. Microsoft Office 2010 sous Windows Vista nécessite par exemple 70 fois plus de ressources qu’Office 97 sous Windows 98… Les documents produits sont-ils 70 fois plus percutants ou créés 70 fois plus vite ? Non. La gabegie logicielle est indéfendable.

Le logiciel libre à la rescousse

C’est la couche logicielle qui pilote les besoins en ressources matérielles d’un ordinateur. Or, d’un point de vue technique, les logiciels libres sont architecturés autour d’un noyau qui répond à 80% des besoins essentiels. Autour de ce noyau viennent se connecter des extensions qui répondent aux besoins moins répandus. Cet écosystème évolue. Si une fonction devient incontournable, elle est intégrée au noyau. Cette architecture modulaire et évolutive minimise les ressources matérielles (puissance processeur, mémoire vive, etc.) nécessaires. On obtient donc des logiciels performants même sur des matériels modestes ou anciens, ce qui permet d’allonger la durée d’utilisation du matériel… ou de redonner une seconde vie à un matériel d’occasion.

Généralement alliée à une gratuité d’accès, la parcimonie des logiciels libres (systèmes d’exploitation en tête) rend viable la filière du reconditionnement des équipements d’occasion. Le « Libre » apporte une réponse pragmatique, ici et maintenant, aux deux premiers défis du « Green IT » : faire durer le matériel, économiser les ressources. En outre, le découplage entre logiciel et support technique (qui peut être fourni par différents acteurs de la communauté) évite l’obsolescence programmée imposée par des éditeurs propriétaires et monopolistiques. En raccourcissant la durée de leur support technique, ces derniers poussent en effet à la consommation de nouvelles versions de logiciels plus gourmands, et donc de matériels plus puissants pour les faire tourner.

Au delà des aspects techniques, les communautés du libre reposent sur une organisation pyramidale dont les processus sont transparents. Ces deux propriétés garantissent un travail rapide et efficace qui pousse les chefs de projet et les développeurs à bien faire leur travail (un code efficace par exemple) et à prendre leurs responsabilités. Le pouvoir du créateur du logiciel est contrecarré par le pouvoir des utilisateurs. Les utilisateurs peuvent « forker » un projet du jour au lendemain. On ne peut donc pas verrouiller les utilisateurs et leur imposer un rythme de mise à jour.

D’autre part, le modèle économique du libre est quantitatif. Seule l’adhésion du plus grand nombre garantit au créateur du logiciel des revenus confortables et pérennes. Les communautés open source ont dissocié les revenus liés au service d’une part, de ceux potentiels liés à la vente de copies du logiciel d’autre part. Ainsi distribué gratuitement, et facilement localisé, les logiciels open-source peuvent toucher rapidement le plus grand nombre. Ouverture et gratuité facilitent une adoption large et rapide.

Des principes valables pour le développement durable ?

A-t-on intérêt à appliquer ces principes – architecture modulaire, méritocratie éclairée par le contre-pouvoir des utilisateurs, standardisation, découplage des revenus directs du produit, etc. – aux problématiques du développement durable ? Tout porte à le croire.

D’une part, nous n’avons qu’une génération pour diviser notre empreinte écologique par un facteur 4 [2]. Jamais l’humanité n’a fait face à un défi d’une telle ampleur. Pour tenir ce pari, nous devons aller plus vite que jamais auparavant dans l’histoire humaine. Le modèle d’adoption – très rapide – des logiciels libres doit donc être une source d’inspiration pour les acteurs du développement durable.

Que nous apprennent les communautés open source ? Sans standard, point de salut. La (presque) totalité des logiciels libres s’appuient sur des standards reconnus (qu’ils ont contribué à faire émerger et / ou à forger) pour s’assurer de la pérennité des développements. On touche ici au caractère « durable » des développements. Pour s’imposer dans le temps, les solutions du développement durable devront s’appuyer sur la même approche de standards ouverts. Et ce d’autant plus que les problématiques sont mondiales. Par exemple, pour être efficaces (c’est à dire économiser de l’énergie), les compteurs électriques intelligents devront tous parler le même protocole. Or, seul un protocole normalisé et ouvert sera adopté rapidement.

D’autre part, pour aboutir rapidement, ces standards devront être forgés par une méritocratie éclairée. L’échec de Copenhague l’a démontré, la recherche d’un consensus mondial est impossible en l’état. En revanche, rien n’empêche un ensemble de pays de proposer une solution pertinente, dont l’évolution sera dictée par toutes les parties prenantes.

Enfin, d’un point de vue plus philosophique, l’architecture technique d’un logiciel libre montre que ses créateurs sont « près de leurs ressources ». Ces « décroissants du logiciel » montrent à leur façon qu’une débauche de moyens n’est pas toujours nécessaire pour atteindre un objectif. En d’autres termes, le développement ne sera réellement durable que s’il ponctionne le strict minimum des ressources disponibles. Cette ascèse est déjà une règle fondamentale d’un grand nombre de projets open source.

Pour conclure, il nous semble évident que :

  • les logiciels libres constituent une réponse pertinente pour réduire l’empreinte environnementale des TIC;
  • que les modes d’organisations des communautés correspondent bien aux enjeux mondiaux du développement durable;
  • et que les principes fondamentaux des projets open source garantissent une adoption rapide et durable des solutions, un point clé des enjeux du développement durable.

Votre avis ?

Frédéric Bordage et François Letellier contribuent au blog collectif GreenIT.fr qui fédère la communauté francophone des acteurs du Green IT.

Notes

[1] Crédit photo : 416style – Creative Commons Paternité

[2] Voir « Facteur 4 » dans le glossaire pointé.

24 Réponses

  1. effectivement, pour nous logiciels libres et développement durable participent d’un même combat : l’accessibilité pour tous à l’information et aux services essentiels. Depuis 5 ans, nous sélectionnons l’essentiel de l’actualité du développement durable diffusée en ligne par le logiciel libre SPIP avec l’intégralité de nos contenus sous licence Créative Commons. L’accès est libre et gratuit pour tous, ainsi que l’abonnement à la liste hebdomadaire des nouvelles infos sélectionnées et diffusées sur CDURABLE.info. Chacun peut participer à ce site collaboratif, chaque acteur du changement peut (é)changer pour un monde durable !

  2. Merci Siltaar, Fred Bordage et François Letellier pour cet excellent article !
    Oui, LL et DD fonctionnent à merveille ensemble, et si l’accent est bien mis sur l’impact environnemental dans cette présentation, il ne faut pas négliger non plus l’impact social.
    A double titre d’ailleurs : d’abord celui des femmes, hommes et enfants, dans des coins du monde pas vraiment favorisés, qui triment chaque jour pour produire nos PC et tant d’autres gadgets avant tout destinés à remplir les poches d’actionnaires (il n’y a qu’à voir la récente attitude "triomphante", à la limite de l’indécence, de Steve Jobs devant les résultats trimestriels d’Apple, +66% !), mais aussi l’opportunité que les LL présentent pour des milliers de développeurs !

    Oui DD et LL font la paire, c’est pour ça que j’ai monté i.d & l pour "informatique durable & libre" (idl-mp.com) il y a quelques mois, sans illusion quant à un business model déjanté, mais avant tout pour AGIR concrètement par rapport à tous ces arguments que l’article cite si justement. Il y a vraiment à faire, et la route promet d’être longue, mais super intéressante.

    Et, si je ne suis sans doute pas le 1er à avoir cette idée, j’espère que beaucoup s’appliqueront à faire quelque chose dans le même sens, dans leur coin (Think Globally, Act Locally).

    Il FAUT lire le blog GreenIT.fr (puisqu’il est cité, et tellement pertinent) pour se rendre compte que non, c’est pas un truc de plus pour nous faire peur, et que oui, la situation est critique et que c’est à chacun de nous de se bouger pour que quelque chose se passe dans le bon sens (comme le LL !), et que c’est comme ça, par l’action cumulée du plus grand nombre, qu’on pourra sortir de la spirale infernale qui ne PROFITE qu’à un petit nombre de (soit disant) "happy fews" passablement obsédés par leurs CA et marges réalisés sur notre dos, et surtout au détriment de notre avenir.

  3. Bel article. Le parallèle entre les deux domaine est vraiment intéressant et semble assez prometteur. En même temps, il ne faudrait pas non plus trop associer l’un à l’autre, le risque étant que le logiciel libre passe pour la n-ième lubie des écolos rêveurs (ou que le développement durable soit une utopie de libristes éméchés, même si c’est moins probable de faire l’association dans ce sens, le thème de l’écologie étant plus répandu).

    Une petite coquille : « décroissants du logiciel_s_ », dans l’avant-dernier paragraphe.

  4. Très bon article ! Sur le même thème, le GULL et Swisslinux.org (du côté helvétique, donc), ont organisé deux stands au Festival du Développement Durable à Genève en 2009. Voir à ce sujet le site web qui a été constitué à ce sujet :

    http://www.ll-dd.ch

    Comme le dit la conclusion de l’article, je suis également convaincu que la philosophie du Libre s’accorde particulièrement aux trois piliers du développement durable.

    Anecdote : à l’occasion de l’événement mentionné plus haut, nous avons distribué des clefs USB en bois, frappées du logo Framakey… Un grand succès !

    http://www.ll-dd.ch/?q=node/15

    Vive le logiciel durable !

    A votre disposition pour poursuivre cette discussion !

    Samuel

  5. Je ne partage pas cette vision idyllique du mariage entre libre et développement durable ("greenwashing").

    Tout d’abord, l’expression "développement durable" me donne des boutons. Le développement n’est et ne sera jamais durable (voir le bêtisier du développement durable – http://www.decroissance.org/betisie… ). Ca fait 20 ans que les entreprises se sont emparées de ce concept aussi vide qu’un booléen à NULL. L’échec est évident. Prenons les "voitures vertes". Oui, les voitures neuves rejettent un petit peu moins de CO2 qu’il y a dix ans, mais on en vend tellement plus pour satisfaire les besoins de la croissance (à coup de crédits insolvables qui provoquent des crachs boursiers) que les émissions globales et la pollution n’ont fait qu’augmenter. La France compte 36 millions d’automobiles pour 62 millions d’habitants. La Chine compte aussi 36 millions d’automobiles pour 1,3 milliards d’habitants. Si les chinois devaient s’équiper comme les français, il leur faudrait 770 millions d’automobiles, ce qui doublerait le parc mondial. On peut appliquer ce raisonnement à l’usage des ordinateurs et on obtiendra des chiffres tout aussi éloquents sur l’impossibilité de généraliser et de rendre durable notre façon de consommer l’informatique comme le reste. Je ne vois pas ce que le logiciel libre pourrait y changer. Comment pourrait-on rendre le concept prédateur du capitalisme … durable? Paul Aries a dit un truc du genre : "le développement durable, c’est polluer un peu moins, pour pouvoir polluer un peu plus longtemps".

    D’accord avec l’analyse technique dans l’article, le libre peut prolonger la durée de vie des machines, contrer l’obsolescence programmée, les standards, tout ça, c’est l’évidence. Mon problème, c’est la finalité énoncée dans la présentation de l’article : "l’industrie et les grandes entreprises". Qu’on le veuille ou non, le seule finalité de ces entreprises sera de produire et vendre toujours plus, et de parvenir à inciter à consommer, toujours plus.

    La seule solution est selon moi, la décroissance (du PIB), en Occident. C’est à la fois inéluctable et souhaitable. C’est une rupture avec le capitalisme, et aucune entreprise ne souhaite ça.

    Mais revenons-en au libre. Je suis un adepte du libre qui libère l’individu, qui le rend autonome, lui fournit des outils d’expression, de créativité, des outils pour l’activisme. Ce libre initié par Stallman s’est avéré tellement puissant et efficace que les entreprises y ont trouvé une opportunité, notamment celle de réduire les coûts. En simplifiant, c’est la branche open-source. Et ça fonctionne fichtrement bien aussi, pour les entreprises, le "libre open-source".

    Alors, le libre peut-il jouer un rôle face aux périls climatiques annoncés?
    Peut-être mais à condition de rester vigilant, de rejeter l’usage informatique productiviste au profit d’un usage créatif et libérateur, à condition qu’on s’approprie l’outil, qu’on boycotte les géants de l’informatique propriétaire MSoft et autres, mais aussi de l’informatique publicitaire, Google, Fbook, et autres. Cette infobésité qui ronge le NET et qui dévore la planète à son tour (certaines estimations invérifiables affirment que les émissions de CO2 liées aux usages informatiques atteignent les émission de l’aviation civile mondiale). Google a beau communiquer sur ses soi-disants serveurs verts, blablabla, Google, est le numéro 1 mondial en revenus publicitaires, un des moteurs mondiaux de l’incitation à la consommation. Green ?

    Et pour finir, puisqu’on en est à Google, que penser de Chrome OS ou du navigateur Chrome? C’est du libre? Oui, même si pour moi, on est quelque part entre la sucette publicitaire et un navigateur libre. Est-ce ça va dans le bon sens, en terme d’environnement ? Non, malheureusement.
    Ma conclusion est que le libre peut faire beaucoup de choses, mais ça ne suffira pas pour ce qui nous préoccupe dans l’article plus haut c.à.d l’environnement. Il faut aussi qu’il y ait derrière le clavier, un utilisateur qui fait des choix politiques.

    Libérons le libre

  6. modagoose

    Il y a plusieurs choses qui me gênent dans cet article. Partir du principe que le développement durable c’est le Bien, déja. Le développement ne peut pas par nature devenir durable. Cette appellation technocratique a été inventé pour ne surtout pas parler de vraie écologie et permettre aux peuples du Nord de trouver comment faire durer le pillage des ressources naturelles des peuples du Sud dans le monde de pénuries qui s’annoncent. Notamment en limitant le développement de ces peuples à notre avantage.

    Ensuite partir du principe que les développeurs d’applications libres font partis du Bien. Même si le Libre est préférable au Privateur, le mieux ce serait de ne plus utiliser l’informatique du tout, ou alors de façon responsable. Polluante, énergivore, consommatrice de ressources rares, à l’origines de maux sociaux et environnementaux, l’informatique crée non seulement des problèmes qui n’existaient pas avant sa création mais en plus, elle ne crée que des solutions visant à réduire les problèmes qu’elle engendre. Ca n’a aucun sens.

    Il ne s’agit pas d’arrêter d’utiliser l’informatique dans son coin. Contrairement à la télévision que j’ai pu arrêter sans impact négatif sur ma vie, je ne peux pas me passer de l’informatique pour accéder à feu le service public pour certaines de mes démarches essentielles à ma vie sociale.

    Il faudrait qu’on arrête de partir du principe que l’informatique Privatrice ou Libre est là pour toujours. On vivait trés bien sans avant, il n’y a aucune raison que nous ne puissions pas revivre sans à nouveau. Il faudrait réfléchir à la philosophie de Libre et non à l’aspect technique du logiciel libre, ses applications logicielles. Si dans le premier cas, le partage de la connaissance est essentielle au développement de sociétés humaines plus humaines, dans le second cas, ramener systématiquement le logiciel libre à ses aspects techniques ne fera que nous enfoncer un peu plus vers des sociétés où seul le logiciel sera libre, enfin gratuit surtout.

    "Super j’ai la dernière Ubuntu 20.10 "oeil de Perdrix magique", j’ai un logiciel open source ( c’est pas du libre, mais je m’en fout de ce que c’est, c’est gratuit et c’est plein d’icones ) sur ma bécane pour aller poser mes données perso sur des serveurs dans les nuages sur lesquels je n’ai aucun contrôle !!!" via un opérateur/flic, sur un réseau filtrant.

    Si certains utilisateurs du logiciel libre font durer les anciennes bécanes parce que l’on peut effectivement paramétrer un système d’exploitation libre concourant ainsi à limiter dans le temps la mise à la benne de la dîte-bécane, la tendance des distributions mises en avant auprés du grand public va plutôt, de plus en plus, vers la performance du matériel plutôt que vers l’optimisation des applications.

    Je ne vois pas pourquoi tous ces gens réjouis au-dessus de ce commentaire.

  7. @modagoose Et pourtant, des gens réjouis il y en a :-) Je suis toujours assez impressionné par la dimension de tes commentaires mon cher modagoose, mais objectivement là, à part dire « je ne vois pas, je ne comprends pas », le commentaire me laisse un peu sur ma faim. En effet, ce billet ne me semble pas « partir du principe que » mais justement « présenter une réflexion selon laquelle » LL et DD participeraient d’un même effort, seraient issus d’un cheminement comparable… Mon objectif, avec cet article, est d’appeler à une réflexion, de faire se rencontrer deux mondes.

    Et je sais qu’en envoyant ce petit conseil pour une autre lecture du texte, j’encoure cette fois un commentaire plus long que l’article lui-même…

  8. modagoose

    Non, ce ne sera pas long…
    Le développement durable sert à ne pas parler d’écologie et l’Open source à ne surtout pas parler de Logiciel Libre ( de sa philosophie surtout ).

    Aprés il faut juste savoir de quoi on parle. Parle-t-on de continuer à produire des choses non indispensables à la vie, en surfant, par opportunisme sur des concepts vidés de toutes substances autres que celles engendrées par le discours marketing, ou bien parle-t-on de s’arrêter, de réfléchir ensemble à la direction que prennent nos sociétés ainsi que de leur fondement ?

    Parce qu’on est au bord de quelque chose et le temps de la réflexion est plus que jamais nécessaire.

    Je ne vois rien dans cet article qui amène à une telle réflexion, juste de l’auto congratulation essentiellement tournée vers l’aspect technique du logiciel libre. Super, on va recycler des vieilles bécanes grâce à des distributions légères, on participe au sauvetage du monde !!!

    Tu déconnes ?

    Pierre qui a répondu avant moi donne une idée bien plus précise de ce que j’ai tenté de dire dans mon commentaire.

  9. Je rejoins Pierre et modagoose pour dire que tant qu’on n’aura pas remis en cause le principe de croissance sans lequel notre économie ne peut fonctionner – ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’autre économie possible – , toutes les mesures soi-disant prises dans un esprit écologique conpteront pour du pipeau.
    C’est aussi vrai pour les éoliennes que pour le libre: sans changement de paradigme, espérer résoudre les problèmes écologiques et de ressources par des mesures "vertes" est une illusion complète.
    Il faut d’abord réfléchir aux moyens de sortir de l’économie de croissance, donc du capitalisme. Ensuite les choix technologiques pourront être faits en prenant réellement comme priorité les impératifs écologiques et les besoins sociaux, plutôt que la rentabilité des capitaux.

  10. william_morris

    je vous le dis : il faut (A)venir au cheval et à l imprimerie .

  11. modagoose

    william_morris : "je vous le dis : il faut (A)venir au cheval et à l imprimerie."

    Evidemment avec ce genre de remarques qui sous-entend que les écologistes prônent le retour de l’éclairage à la bougie on ne va pas pouvoir discuter sérieusement. Notons au passage que c’est le même type d’individu qui qualifie Stallman d’intégriste de la pensée.

    Ce débat bourré de poncifs de café du commerce, de conneries glânées dans les show télé pour décérébrés, de technophilies pour gamins attardés ne m’intéresse pas. On ne pourra pas parler sérieusement et sereinement sur ce site sans être interrompu par ce genre de remarques débiles.

    Continuons donc à croire que nous sauverons la planète en triant nos déchets et en utilisant Gnu/Linux sans devoir remettre en cause la façon dont nous vivons et concevons le monde dans lequel nous vivons, c’est-à-dire comme un supermarché et une poubelle.

    Bien à vous.

  12. je maintiens : le cheval est l avenir de l homme mais cela fait trop peur de virer la bagnole et le béton, puis le capitalisme de notre horizon, mais cela se fera …

  13. Pour connecter logiciel libre et décroissance dans une perspective de sortie du capitalisme, je pense de suite au texte de Gorz paru dans le numéro 28 de la revue EcoRev’ : « La sortie du capitalisme a déjà commencé » (http://ecorev.org/spip.php?article6…).
    Je vous conseille par ailleurs la lecture du dossier complet, intégralement en ligne : http://ecorev.org/spip.php?rubrique

    à++
    m.

  14. @ Aux premiers qui ont réagi : Oui, j’applaudis ce parallèle, je trouve aussi que ça va vraiment de pair. Pourtant, je rejoins les suivants, ce n’est à mon sens pas suffisant.

    @Siltaär : Aïe, je n’ai pas encore posté bcp, mais je risque de me retrouver un jour dans la catégorie « des longs posteurs ». Alors, c’est vrai qu’en voyant les longs commentaires de certains articles, j’ai été dissuadé de les lire, d’un autre côté sur d’autres sujets qui m’interpellent fort, j’ai pu lire des commentaires qui font que l’ensemble « article + commentaires » fait avancer les choses.

    @Pierre, Modagoose, MarcDS : Oui, je vous rejoins, je suis très vigilant par rapport à ce qui ressort des grandes idées dans le monde marchand. Souvent, ce qui se passe, c’est qu’il s’empare de l’étiquette sans se soucier du coeur des choses.

    Oui, je crois que logiciels libres et écologie vont bien ensemble. Pour une bonne partie des raisons évoquées dans l’article. Aussi parce qu’à mon avis ce développement va à l’économie. Même s’il y a une grande (bio-?)diversité qui pourrait s’apparenter à de la dispersion, dans l’ensemble l’édifice se consolide sur les acquis des uns et des autres plutôt que de faire « chasse-gardée ».

    Alors, je vous rejoins aussi pour dire qu’il est urgent de s’arrêter, de se poser et de se demander « ce qu’il y a à faire ». Pourtant, pour être honnête, je peine à le faire moi-même.
    En tous cas, ce qui me semble sûr, c’est que pour pouvoir faire une véritable écologie, il nous faudrait changer de mode de fonctionnement, ralentir, nous entraider, éviter le gaspillage. Dans cette optique, les logiciels libres ont quelque chose à apporter, notamment parce que pour pouvoir parler d’écologie, il me semble nécessaire de ne pas être captifs de la machine propriétaire.

    Or, aujourd’hui, cela devient possible parce que le mouvement du libre a pris une ampleur telle qu’il dérange, dans une certaine mesure, une frange du monde de l’entreprise. Et là, il y a un paradoxe : pour conserver cette ampleur, rester à la hauteur en quelque sorte, il faut que le libre continue son essor. Mais si nous rentrons dans la course folle contre les entreprises, elles-mêmes en pleine course, nous nous éloignons de la tendance à l’écologie et à l’économie, même avec l’étiquette et le fond « libre ».

    Je me réjouis toutefois de voir poindre des entreprises qui affichent une volonté de faire autrement, c’est de ça dont nous avons besoin aussi : un changement de mentalité. D’ailleurs, si le propriétaire ne nous avait pas emmené là, ce ne serait peut-être pas aussi beau que le libre, mais nous l’aurions trouvé moins gènant… Au risque d’en faire frémir plus d’un (moi-même compris ;)

    En effet, il y a un point commun qui me paraît essentiel tant dans le monde du logiciel libre et de la culture libre que celle de l’écologie, c’est la question d’un changement de mentalité, d’une volonté de coopérer. Parfois, j’aimerais vraiment que ces deux mondes se rencontrent car dans chacun de ces mondes, il y a un au moins un petit noyau dont l’esprit de fond se rejoint, qui pourtant ne réalisent pas que leurs enjeux sont liés.

    Et c’est vrai que ça me choque de voir parfois dans les milieux scientifiques des articles, des recherches, évoquant de belles solutions pour le bien de tous, parlant de coopération tout en portant le label « tous droits réservés ».

    Tout comme ça m’interpelle, de lire et parler de liberté à tout va, d’envisager coder un max de choses sous licence GPL, sans jamais trouver le temps de voir les nuages changer de couleur ou les étoiles briller dans le ciel !

    Cela dit, merci à tous ceux d’entre-vous-et-nous qui nous mobilisons comme nous pouvons pour initier ce changement :-)

    @william_morris/zardoz : Oui, le cheval a de l’avenir, en fait je crois que c’est tout un nouveau mode de vie rural qui a son avenir devant lui. Et si nous ne nous réagissons pas, je crois que nous finirons par y venir, de gré ou de force…

  15. I'm a .txt

    Bonjour à tous,

    Je trouve bien instructif ce billet et ses commentaires, ils vont de paire avec ma vision.

    Non, il n’est pas possible de réduire la société de consommation par un effet éclair, toutefois je suis persuadé, qu’avec des petits gestes réfléchis nous pouvons agir à notre échelle, sans avoir besoin de beaux discours politiques et autres, la politique « ne sert à rien » à part donner des conseils pratiques aux gens, ce n’est pas une bande d’uluberlu qui constituent la majorité de la planète qui par leurs maigres gestes vont donner une nouvelle chance à la Terre, non, ce qui constitue la planète c’est le peuple, et lui seul peut agir, quant bien même il comprend les enjeux, il faut lui en donner les moyens (ou mieux qu’il se donne lui-même les moyens).

    Mon commentaire s’orientera clairement sur la pratique que sur la théorie.

    Nous sommes à une époque où il existe des technologies (malheureusement fabriquée à l’autre bout du monde par des usines peu soucieuses de l’écologie) qui permettent de préserver notre environnement, je pense notamment à quand j’ai une ampoule à incandescence classique qui rend l’âme, je la change par une à LED et surtout pas par une « économique » qui n’économise qu’un peu d’électricité mais pas tout le gaz toxique qu’elle contient, ça aussi, quand je peux, je l’explique aux gens, et de temps en temps dans les magasins si certaines personnes cherchent la bonne ampoule. Une ampoule à incandescence produit 97% de chaleur, une à LED c’est le contraire et sa durée de vie est de plusieurs années contrairement à 250 jours pour de l’incandescent, c’est de l’argent bien investi.

    Ensuite, si on réflechit, comment habitons-nous ? C’est rigolo, chacun sa maison, chacun son installation de chauffage pour chauffer sa maison, son introduction d’électricité avec les kilos de cuivre nécessaires, sans compter la perte dans ce matériau conducteur, chacun son isolation des murs et du toit etc… (sans parler des appareils ménagers que les français changent relativement régulièrement, nos ingénieurs apprenant à déterminer la durée de vie d’un produit plutôt que de le rendre durable, en Suisse nous préférons payer plus cher pour des machines de qualité que nous changeons tout les 20 ans au minimum, ce n’est pas une critique, c’est une constatation puisque j’ai aussi des amis en France.)

    J’ai une idée, pratiquement réalisable, mais fonctionnel uniquement à coup de grosses taxes pour ceux qui voudront garder leur maison, celle de faire des bâtiments géants où chacun aurait son logement, avec une seule grosse installation de chauffage, une seule introduction électrique (ou voir pour une autonomie énergétique), une seule introduction d’eau, une seule isolation des murs et de la toiture, il faut faire de la « virtualisation d’habitation », tous se réunir sous le même toit avec le même système de chauffage et électrique, de manière à réduire les tonnes de métaux de tuyaux d’eau et de gaz, ainsi que des tonnes de cuivre et j’en passe…

    Cette idée, est socialement acceptable, économiquement acceptable, durablement acceptable, le seul point où ce n’est pas acceptable est idéologique, comment dire à tes proches que le seul moyen de sauver la planète est de tous vivre dans un bâtiment géant pour réduire la consommation énergétique ?

    Et là où la mise en commun des connaissances serait utile, ce serait dans la gestion énergétique de ces bâtiments, au boulot les geeks, il y a de l’automatisation. :)

    De par mes quelques années de vie à regarder l’être humain d’un oeil distant, j’en suis venu à la conclusion qu’il n’est pas fait pour vivre dans un monde aussi intellectuellement développé, avec tant de lois, tant de problème, car à la base, si les chercheurs (qui trouvent) disent juste, nous venons du singe, hors le singe n’a que quelques besoins élémentaires comme se reproduire, manger et éventuellement s’amuser comme beaucoup d’animaux, nous sommes donc à la base des animaux, pour le démontrer, allez dans une disco/club ou autre et regardez l’instinct de reproduction qui y est présent, ou si vous préfèrez rester chez vous, regarder quelques chiffres vérifiables concernant les sites pour adultes…

    Une autre approche, est celle des besoins de l’humain, que j’ai connu par la « pyramide des besoins » de Maslow, je vous laisse lire, c’est très instructif : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pyrami

    Pour continuer dans la pratique, j’utilise des rudiments pour réduire ma consommation électrique ou pour être écologique, qui va des simples ampoules jusqu’à l’ouverture du boîtier de mon ordinateur, avec aussi des idées qui me passent par la tête :
    – Éteindre la lumière une fois que l’on en a plus besoin
    – Utilisation d’une multiprise avec interrupteur qui coupe tout les appareils dans ma chambre
    – Déconnexion des disques durs inutilisés, je les branche au besoin c’est 10/11 watts par DD (4 DD = 40 watts… et si vous prévoyez un nouvel achat, pensez fort aux SSD)
    – Utilisation minimale des appareils sans-fil (clavier, souris…)
    – Tri des déchèts, en Suisse on trie tout, le verre, l’alu, le PET, le métal, tout y passe, passez le mot à votre commune pour instaurer cela.
    – J’explique à mon papa que le logiciel n’est pas dépendant du matériel, malgré qu’il s’obstine à penser qu’il faut changer sa machine pour que son informatique aille plus vite, je lui rappelle qu’il a toujours le même nombre de transistors dans son processeur que quand il l’a acheté, le problème étant les logiciels consommateurs de ressources, le seul moyen est de passer à un système plus léger et optimisé, ce que actuellement seul le Libre offre, je l’ai obligé à subir une future installation d’un dual boot pour une transition en douceur sur du Libre, et je l’ai aussi informé sur les formats ouverts, ça aussi c’est important, ça évite de changer de suite bureautique tout les deux ans, qui demandent un système d’eploitation toujours plus récent, avec du matériel qui doit être de plus en plus performant, ce qui induit automatiquement un changement de celui-ci. Comme le dit Benjamin Bayard de FDN, ce qui est long, très long, c’est d’éduquer les gens mais il ne faut pas se décourager, la route est longue mais la voie est libre comme vous le dites.
    – Interdisez à votre maman d’acheter des lampes solaires de jardin, premièrement vous ne sortez pas la nuit, deuxièmement cela attire les papillons et dérègle leur horloge biologique, troisièmement ces gadgets contiennent des acides et des semi-conducteur qui ne sont pas des ressources éternelles, quatrièmement ces inutilités sont transportées de la Chine jusqu’en Europe, que dire du bilan écologique et de l’impact sur la nature ? « Oui mais c’était une action chez Leclerc… »
    – Quand vous allez dans un magasin, n’y allez que si vous avez besoin de quelque chose, et ne prenez que ce « quelque chose », c’est jouissif pour votre budget et votre fin de mois, la nature vous remercie, pas les capitalistes et leurs techniques de merchandising.
    – Je refuse toujours quand ma maman me dit que mes souliers sont usagés et qu’il faut aller en acheter. (Oui je les use jusque au bout).
    – Mettre le chauffage à 19° et mettez un pull, ça coûte rien, au contraire, ça vous rapporte, ouvrez les fenêtres si il faut aérer, pas si il fait trop chaud en hiver, dans ce cas, enlevez votre pull et/ou baisser le chauffage.
    – N’utilisez que des applications utiles sur vos smartphones, pas de jeux, pas de gadget, moi je l’ai dans le but de consulter des dizaines d’articles Wikipédia à midi au lieu de m’ennuyer, pas pour jouer. (Pas de troll !)
    – J’ai ouvert mon ordinateur et débrancher certains ventilateurs, il en reste deux actifs, un pour l’alimentation et l’autre pour le CPU et activez la fonction pour la vitesse de rotation en fonction de la température, mon ordinateur est toujours ouvert, et il le vaut bien.
    – Travaillant dans la construction, je récupère pas mal de vis et petits objets que mes collègues ne veulent pas trier ou garder, ça évite de passer à la poubelle et mon Arduino me sourit quand je lui fais un montage à partir de récupération… :)
    – Ne regardez pas la TV, c’est une perte de temps, agissez.
    – Si vous construiser une maison, pensez à implémenter un réservoir d’eau de pluie, des panneaux solaires thermiques et toutes ces petites choses qui font que…
    – Avant que vous ayez une machine Nespresso, celle d’avant n’avait qu’un bouton On/Off et le café était aussi bon et moins cher sans papier d’alu ni capsule (propriétaire en plus !).
    – Peignez vos murs en blanc, ils reflètent la lumière.
    – Déplacez-vous à pied ou en vélo dans la mesure du possible biensûr
    – Organisez des vidages de greniers et cave avec vos voisins et échangez des objets avec eux ou d’autres personnes, ça permet d’évitez d’acheter du neuf pour tout le monde.
    – Proposez SliTaz à votre grand-mère plutôt que Windows Seven
    – Ne jetez pas vos « box » si vous devez changer de FAI, installez OpenWRT dessus et entraînez-vous.
    – Ne vous laissez pas tenter par la TVoIP (TV par xDSL), c’est du propriétaire à 200%, ça contient un disque dur qui tourne quand il veut avec un OS énergivore, au pire prenez la TNT ou adoptez la solution qui est plus haut.
    – Ne jetez pas vos vieux ordinateurs, installer un OS libre et donnez-le à quelqu’un qui en a besoin, des associations s’occupent de cela également, contactez-les.
    – Dans la mesure du possible, utilisez des formats numériques (ouverts) au lieu du papier, mais avec une machine peu consommatrice, la forêt de certains pays vous remercie, et les animaux qui y vivent aussi. Je pense notamment aux quatres classeurs que je dois transporter un jour par semaine pour mes cours, ça tiendrai sur une microSD mais bon…
    – L’huile de palme c’est pas bon…
    – La Hadopi et TMG possèdent des machines qui ne servent à rien, débranchez-les, ça libérera aussi pas mal d’adresses IPv4 ce qui ralentira la transition imminente à l’IPv6.
    – Expliquez que pour Facebook, le prix de l’électricité leur revient à un demi million de dollars par mois, cette énergie part principalement en chauffage des datacenter par les CPU, si ça c’est pas du gaspillage…
    – Demandez les factures sous forme électronique et faite le paiement en ligne, gain de temps, de papier.
    – Travaillez moins pour gagner moins mais pour mieux vous occuper de votre potager et d’en récolter les fruits et légumes
    – Discutez du concept des AMAP avec les paysans de la région et vos voisins
    – Participez aux vendanges dans votre région en demandant un peu de raisin plutôt que de le faire venir d’Italie.
    – Faites le moins d’enfants possible, voir pas du tout, on est trop sur cette planète.

    Voilà, ça c’est du conseil pratique (ou pas, selon le point de vue), sinon en terme d’écologie, vu notre surpopulation, limiter le nombre de naissances ? Organiser des sui*** collectifs ? On est trop, et il faut déjà limiter cette croissance, puis ensuite la stopper complétement, je sais c’est méchant, socialement innaceptable, parfois légalement incorrect, mais c’est le seul moyen d’être écologique, c’est de réduire drastiquement le nombre d’humain.

    Je n’ai que peu de respect pour les humains, on élimine les pigeons car ils sont trop nombreux mais nous c’est encore pire, c’est nous que l’on devrait éliminer, j’ai par contre beaucoup de respect pour la Nature, les animaux et toute cette biodiversité que l’on est en train de détruire.

    http://www.flickr.com/photos/ericbe
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  16. @I’m a .txt: Quel dommage de terminer ce post de cette façon! Pourquoi porter tant d’attention à ses comportements si c’est pour conclure que « le seul moyen d’être écologique, c’est de réduire drastiquement le nombre d’humains »?

    Or, nous ne sommes pas encore TROP nombreux sur cette planète, et compte tenu du fait que la croissance démographique est en baisse sur tous les continents (hé oui!), il suffirait de favoriser l’éducation et l’accès aux moyens contraceptifs pour stabiliser la population mondiale avant qu’elle ne dépasse les capacités de la Terre à nourrir tout le monde.
    Par contre, nous sommes une petite minorité, à l’échelle mondiale (l’Amérique du Nord, l’Europe, le Japon), à consommer BEAUCOUP trop, vérité que certains ne veulent pas entendre et évacuent en prétendant que la surpopulation est le vrai problème. Attention donc à ne pas tomber dans le piège malthusien qui veut faire payer les excès des riches par la grande masse des pauvres! Car s’il s’agit de ramener la population mondiale à un niveau qui permette à tous de vivre sur le même pied que les états-uniens, il faut redescendre très vite au milliard d’individus (bonjour le bain de sang), et poursuivre dans la voie de la dénatalité au fur et à mesure que le niveau de consommation augmente (ben oui, à quoi bon faire tant d’efforts si c’est pour quand même arrêter de consommer toujours plus).

    Pour en revenir au libre, il est certainement dans la voie de la vraie écologie philosophiquement parlant: partage, gratuité, coopération, économie de moyens. Le danger est de se contenter de l’utiliser en restant dans la logique de croissance, car dans ce cas il ne sera qu’un label vert de plus à côté de tous ceux que le capitalisme est en train de développer. Et comme le dit R3vLibre, le libre est alors condamné à s’engager dans la course à l’armement, en s’éloignant de ses valeurs fondamentales.

  17. I'm a .txt

    Une petite minorité ?

    1 milliard d’internaute, donc qui possède à coup sûr un ordinateur, c’est une minorité ?

    Quand je pense qu’il faut diminuer le nombre d’entre nous, je pense que c’est un mal nécessaire, et que oui je choque mon entourage quand je n’en ai rien à foutre des accidents qui passent dans les journaux, ça me rend presque joyeux sans l’être…

    Je comprends ton principe de la surconsommation des riches, je sais très bien ce que c’est, mais je pense que les riches sont une minorité, et donc ce n’est pas vraiment le problème de faire porter le chapeau à tout les autres « petits ».

    Un des vrais problèmes, est celui de la liaison matériel/logiciel (par la vente liée notamment), cela fait un mois sans cesse que je répète à mon père que son pauvre ordinateur (sous XP…) n’a pas changé depuis qu’il l’a acheté, hormis un ventilateur qui déraille, il veut impérativement changer la carte mère, soit disant qu’elle n’est plus performante… hors il fait principalement de la comptabilité et un peu de photo amateur, chose qui ne consomme que peu de performance, sa machine met 15 minutes à démarrer, je le lui répète, le vrai problème est le côté logiciel, mais il ne comprend pas, il a été baigné dans cette société de consommation qui fait qu’il faut changer, tout le temps changer, pour des performances illusoires…

    Voilà, ça c’est les gens, changer pour des pseudo-performance, qui en réalité à l’achat d’un nouvel ordinateur, il y a un système d’exploitation fraîchement installé, donc censé être rapide, mais le problème du logiciel propriétaire, c’est d’être lourd et lent à la longue, donc les gens changeront de matériel puisque c’est lié dans leur tête… Séparer le logiciel et le matériel, c’est se rendre compte que l’électronique n’est pas liée à du code, mais qu’on fait tourner ce code dessus, si ce code est mauvais alors l’électronique n’y peut rien, c’est la faute de celui qui a écrit ce code.

    Je vais prochainement lui refaire son installation, contre mon gré je lui remettrai l’OS actuel mais avec un dual boot avec un Ubuntu je pense (et à Noël je lui offre le Framabook qui va avec !), et pour lui donner envie je lui mettrai un dock avec de zolies icônes, avec sûrement KDE, puisque cet environnement possède plusieurs programmes bien pratiques, et je ferai tourner sa comptabilité sous Ubuntu, ça devrait tourner sans trop de problème, mais il faut que l’install soit des plus convaincantes, sinon il va rester sous XP, avec un antivirus àlacon etc etc etc…

    Du classique pour nous libristes… :)

  18. >Je n’ai que peu de respect pour les humains, on élimine les pigeons car ils sont trop nombreux mais
    >nous c’est encore pire, c’est nous que l’on devrait éliminer, j’ai par contre beaucoup de respect pour la
    >Nature, les animaux et toute cette biodiversité que l’on est en train de détruire.
    @ »Le .txt », pour moi l’être humain fait partie de la nature et je crois que sans respect pour l’homme, la femme et ce qu’ils sont, nous n’irons pas bien loin…

    Je n’ai pas vérifié les chiffres, mais si nous sommes 1 milliard qui vivons aisément sur 6 milliards, ça fait 16%. Si 49% est une minorité, 16% est une petite minorité sans être minuscule, mais c’est jouer sur les mots. D’après ce que j’ai lu/entendu, il y aurait assez de ressources pour subvenir à toute la population, il y a par contre un énorme gaspillage et une mauvaise répartition. Il en va de même pour la pollution. C’est sûr, une réduction du nombre d’entre nous aurait pour effet indéniable d’alléger la situation… Je souhaite toutefois que nous trouvions une autre issue. D’autant que sans changement d’attitude, qu’est-ce qui empêchera que ça recommence ?

    Pour ce qui est du bâtiment optimisé pour l’énergie, l’idée est intéressante. Par contre, je ne suis pas sûr que ce soit un mode de vie auquel j’aspire… Nous entasser et nous parquer comme nous pouvons le faire à certains endroits pour les animaux, je ne suis pas sûr que ce soit un facteur d’épanouissement (je sais qu’il existe déjà des immeubles immenses et tout…), même si pour le papier, ce sera bon techniquement point de vue consommation énergétique. Sans changement d’attitude, je crois que ça ne fera que reporter le problème. A un moment, il y aura beaucoup de ces bâtiments qui, même s’ils consomment moins, finiront ensemble par consommer beaucoup.

    Ne plus faire d’enfants ? Comment vas-tu dire ça à tous ceux qui se voient parents ?
    Cela participe aussi au renouveau de la vie.
    La question, c’est peut-être de se demander « pour quoi » faire des enfants ?
    Je n’en ai pas, c’est pt’être un peu facile à dire…
    Quelles clés allons-nous leur donner pour qu’ils puissent se frayer un chemin dans la vie ?
    Leur chemin !

    Outre la solution technique, dans l’exemple que tu donnes à propos de ton père, c’est le changement d’attitude qui me paraît essentiel. En même temps, c’est bon de temps en temps de renouveler aussi :-) Le même matériel avec un nouveau système à essayer, ça pourra lui plaire…
    Le tout, je crois, est de trouver un équilibre :-)
    La question, c’est « vers quoi ? », « pour quoi ? »
    Euh… Evidemment, j’ai pas les réponses, que les questions ^o^

    Merci pour toutes les bonnes idées pratiques dans ton texte, il y en a plein :-)

  19. Que de posts géniaux !

    J’aurais voulu pouvoir écrire plus mais là je suis au TAF. Comme je ne fume pas mon Directeur m’a autorisé à blogguer pendant mon temps libre, il est super cool.

    Bon alors vite :

    Mon idée + celle de mon beauf sur un habitat plus intelligent (en CC, attention !) :
    http://philipsion.wordpress.com/201

    Je voulais aussi vous mettre un lien sur mon article écrit il y a quelques temps de cela EXACTEMENT sur cette question.
    Mais je n’ai pas réussi à le retrouver avec Google.
    Ce qui est plus bizarre, c’est que même Bing le trouve pas. Là c’est franchement incroyable.
    Un moteur de recherche aussi abouti, et pas de résultats…
    J’y comprends plus rien…

    Enfin bon je suis off-topic là. Si je retrouve mon papelard, je le mets sur Google Docs ;-)

  20. I'm a .txt

    Hello,

    Certes je suis assez cru concernant ma vision de l’humain j’en suis désolé mais c’est ce que je pense de temps à autre.

    De toute façon, les mentalités il faut les changer, ça c’est pas un scoop, mais comment avoir accès à la possibilité de transmettre de telles informations ? Il faut d’abord se diriger du côté du média traditionnel, prenons le journal, quand l’on sait le prix d’une annonce dans un journal, pour parler de LL-DD, les gens passent les pages, surtout de nos jours où l’information est en suffisance, voir en sérieux manque d’intérêt pour certains journaux, il faut du contenu pertinent. Autrement il faut voir ce qui arrive chez les gens, un câble coaxial/antenne et une ligne de France Télépomme, donc sur le Web, le buzz géant est très dur à faire hormis un travail énorme d’investigation sur les réseaux sociaux, à oublier, sinon il reste le spot TV, mais à quel prix…

    Donc tenter de changer les mentalités, c’est hors de prix… le seul moyen utilisable de nos jours c’est le net, donc tous sur Framasoft. :P

  21. I'm a .txt

    @ psion : Ton projet est vraiment intéressant, mise à part ça l’idée du 360° est bien, mais on passe où les gaines techniques, conduit électrique, tuyau d’eau, de chauffage etc ? Mettre des prises au sol par exemple ? Un petit casse-tête pour la réalisation pratique. ;)

    Sinon l’idée est géniale, surtout pour les places de parc. ;)

  22. Cela dépend ce qui est sous entendu par développement durable. Si l’on y voit juste l’aspect énérgie, consommation, etc… on ne parle pas de la même chose. Par contre si on parle écologie au sens biodiversité, faune et flore… peut être oui.
    Une analogie entre logiciels propriétaires et OGM auraient été peut être plus pertinente… (logique propriétaire d’appropriation du vivant par des organismes privées)

  23. Ca y est, j’ai retrouvé mon article :

    http://www.vincent15.fr/index.php?p

    Quand je le relis, je suis attristé de voir qu’il reste d’actualité et que rien n’a été fait.
    J’aurais presque préféré avoir dit des conneries que de devoir constater que rien n’a bougé alors qu’il y a tant de raisons d’avancer…

    Mais bon, c’est pas grave ! On continue !

  24. Je cerne très mal le concept de la décroissance (jamais trouvé de définition claire et concise, les auteurs ne semblent pas d’accords entre eux), donc d’avance mes excuses si j’ébrèche vos opinions ou définitions.

    Mais d’après ce que je comprends des remarques des Modagoose, la décroissance passerait par la diminution de notre exposition à l’information (ciao internet, les GSM, etc). Ce serait une régression inimaginable! Le retour en force de la possibilité de la dictature, de la manipulation mentale et autres formes d’asservissement directs. (Pour preuve, il suffit de regarder toutes les sectes: repliées sur elle-mêmes, coupées du monde). Je ne dis pas que les gens seraient plus malheureux (notre société est d’une violence inouïe, le stress omniprésent et le taux de dépressions très élevé). Bref, pour moi, la décroissance aurait non seulement des conséquences économiques profondes mais aussi des conséquences sociales, morales et éthiques très profondes. Un retour en arrière en savoirs, culture et sciences inévitables.

    Est-ce ce que l’on souhaite? Oublier la science du XXème siècle, mais aussi la philosophie et la culture des 100 dernières années? Ciao les films, les jeux video, la musique du siècle le plus riche de l’humanité? S’appauvrir non seulement en matériel mais aussi en idées…

    Vous pensez peut-être que j’exagère. Mais l’évolution de la science (et sans doute de la culture en général) et assez fortement corrélée à l’intensité des communications. C’est la facilité avec laquelle les chercheurs ont accès aux recherches des autres qui conditionne la vitesse d’avancement. Interrompre la diffusion du savoir, c’est plus qu’un ralentissement: c’est le danger de commencer à oublier les savoirs de pointe. Puis, si le mouvement continue, des savoir de plus en plus basiques.

    Bref, amha, si décroissance il y a, c’est une décroissance globale et pas seulement matérielle. C’est une régression: une négation du progrès. Et si on pousse la logique, que penser des journaux? Des feuilles de papier éphémères portant de l’information périssable. Pourquoi continuer ce gâchis monstre? Dans ce cas là, on parle bien d’un retour dans le monde pré-médiatique lorsque l’on se faisait la guégerre pour un bout de duché. Le retour de la rareté pour toutes les informations (connaissances, culture, sciences, etc) ; le contrôle de la masse sans même avoir besoin d’une technique de pointe de la propagande.

    ———-

    D’autre part, au sujet du lien écologie(développement durable)/logiciel libre.

    Il me semble qu’il ne faut pas oublier que le LL s’inscrit à la base dans un environnement hacker. Un milieu qui sanctifie l’action et ne considère les paroles et les réflexions qu’accompagnées au moins d’une proof of concept. Un milieu qui est donc fondamentalement progressiste. Il me semble donc que le LL ne peut pas être compatible avec une décroissance globale, une régression. En revanche, si l’on parle de développement durable (qui reste une démarche progressiste), l’association pourrait bien être fructueuse.