À qui la faute si les logiciels libres sous licence GPL sont éjectés de l’App Store ?

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Chris Willis - CC byOn peut reprocher beaucoup de choses à Microsoft mais jamais on n’a vu un logiciel libre empêché de tourner sous Windows parce que la licence du premier était incompatible avec le contrat d’utilisation du second (sinon un projet comme Framasoft n’aurait d’ailleurs pas pu voir le jour).

Il semblerait qu’il en soit autrement avec Apple et son App Store, la plateforme de téléchargement d’applications pour les appareils mobiles fonctionnant sous iOS (iPod, iPhone et iPad).

C’est que révèle la récente « affaire VLC », célèbre logiciel libre de lecture vidéo, dont la licence semble tant et si bien poser problème à Apple qu’il a été brutalement et unilatéralement décidé de le retirer de l’App Store.

Et tout le monde se retrouve perdant, à commencer par l’utilisateur qui ne pourra plus jouir de cette excellente application sur son iPad & co[1].

Derrière ce malheureux épisode (qui n’est pas le premier du genre) se cache une question en apparence relativement simple : logiciels libres et App Store peuvent-ils cohabiter ? Un logiciel, dont les libertés d’usage, de copie, de modification et de distribution, sont garanties par sa licence, peut-il se retrouver dans un espace dont le contrat stipule un nombre limité de copies sur un nombre limité de machines ? Et comme la réponse est en l’occurrence négative, le risque est réel de voir les logiciels libres totalement écartés de l’App Store, et par extension des nombreuses autres plateformes privées qui poussent comme des champignons actuellement.

Mais attention, il s’avère que dans le détail c’est plus complexe que cela. Et c’est pourquoi nous avons pris la peine d’ajouter notre grain de sel au débat en traduisant l’article ci-dessous qui résume assez bien à nos yeux la situation. C’est complexe mais ça n’en est pas moins intéressant voire enrichissant car les particularités de la situation éclairent et illustrent de nombreux aspects du logiciel libre.

Il convient tout d’abord de préciser que ce n’est pas le logiciel libre en général mais le logiciel libre sous licence GPL (et son fameux copyleft) qui est pointé du doigt ici. Ensuite il y a l’existence d’un troisième larron en la personne de la société Applidium à qui l’on doit le portage de VLC dans iOS et sa présence dans l’App Store (dans un premier temps accepté puis aujourd’hui refusé). App Store dont les règles d’utilisation définies par Apple sont floues et changeantes. Enfin c’est bien moins la « communauté VLC » dans son ensemble que l’un de ses développeurs qui est impliqué dans cette histoire.

Choisir de placer son logiciel sous licence libre, a fortiori sous licence GPL, n’est pas un acte anodin. La liberté « en assurance-vie » que vous offrez là à vos utilisateurs peut s’opposer parfois frontalement à d’autres logiques et objectifs.

Tout le monde se retrouve perdant, mais le logiciel libre le serait davantage encore s’il devait céder en y perdant son âme.

La GPL, l’App Store et vous

The GPL, the App Store, and you

Richard Gaywood – 9 janvier 2011 – Tuaw.com
(Traduction Framalang : Olivier Rosseler et PaulK)

Mon collègue Chris a rédigé un article sur l’éviction de l’App Store du célèbre logiciel de lecture video VLC, après la plainte d’un développeur du projet sur la base d’une violation de la GNU Public License (l’application a depuis été mise à disposition sur Cydia pour les appareils jailbreakés).

Les réactions de la blogosphère Mac ont été virulentes après cette décision, et Chris s’est admirablement fait l’avocat des plaignants. Mais il ne faut pas oublier qu’une histoire a toujours plusieurs versions (et que la vérité se trouve souvent à mi-chemin entre les deux). Aujourd’hui, je me fais avocat de la défense : pourquoi Rémi Denis-Courmont était parfaitement dans son bon droit. Mais pour mieux étayer mon argumentation, je vais revenir un peu sur l’historique de l’Open Source. Alors accrochez-vous !

Commençons par le commencement : pourquoi VLC a été retiré de l’App Store

L’histoire a déjà été traitée, mais voici quelques faits que vous devez connaître. VLC (hébergé à l’adresse http://videolan.org) est un lecteur audio et vidéo complet, multi-plateforme qui a maintes fois fait ses preuves. VLC est publié sous la version 2 de la licence GNU Public License (GPL). Une entreprise nommée Applidium, sans lien avec le projet, a utilisé le code source de VLC pour en faire une application pour iOS gratuite, afin que les utilisateurs d’iPhone et d’iPad puissent s’en servir pour lire plus de formats de fichiers que leur appareil n’en supporte nativement, comme les fichiers AVI et MKV. En accord avec la GPL, Applidium a libéré le code source de la version modifiée de VLC.

L’accueil reçu par ce projet sur les listes de diffusion des développeurs de VLC fut contrasté. Alors que certains développeurs n’y voyaient pas d’inconvénient, le portage de leur travail (censé être ouvert) sur une plateforme, iOS, connue pour sa fermeture et ses restrictions sur la ré-utilisation du code des applications distribuées sur l’App Store, gênait les autres. En point d’orgue de cette histoire, l’un des développeurs, Rémi Denis-Courmont (auteur d’une bonne partie du code de VLC) demanda à Apple de retirer l’application VLC pour iOS de l’App Store pour violation de la GPL, à laquelle est soumise sa contribution au projet.

Finalement, quelques mois plus tard, il semblerait qu’Apple ait obtempéré sans poser de question puisque l’application a été retirée. Denis-Courmont s’interroge malgré tout sur les délais. Si c’était effectivement la réponse d’Apple à sa demande, l’entreprise aurait pu agir bien plus tôt.

Et donc, qui est dans le vrai ?

Une courte histoire des licences Open Source

Tout d’abord, à quoi sert l’Open Source ? Parfois, des programmeurs initient des projets sur leur temps libre (ou en tant qu’universitaire, ne subissent pas les pressions commerciales, tous les systèmes d’exploitation basés sur Unix trouvent leurs racines dans l’Open Source et dans les universités, ce qui n’est pas une coïncidence), puis ils deviennent trop gros pour s’en sortir seuls. Une aide extérieure est la bienvenue, par exemple pour réparer les bogues ou pour ajouter de nouvelles fonctionnalités, et grâce à Internet les volontaires sont nombreux. Ils mettent donc le code sous une licence Open Source afin d’en publier la source et de recruter des collaborateurs.

Dit ainsi, ça paraît assez utopique, mais le fait est que de nombreux logiciels de qualité sont nés ainsi, grâce à l’Open Source : le compilateur C GCC, le noyau Mach, le serveur web Apache HTTPd, l’interface de commande bash, les langages de programmation Perl et Python et le moteur de rendu Webkit utilisé par Safari. Ces quelques exemples ainsi que des centaines d’autres sont tous Open Source et font tous partie de Mac OS X. Apple utilise donc clairement l’Open Source.

Au-delà des logiciels, nous devons Wikipedia à la famille des licences Creative Commons, créées pour étendre les idées des logiciels Open Source à d’autres activités créatives. On peut même dire que l’Open Source reproduit approximativement les processus scientifiques où les chercheurs publient leurs méthodes et leurs découvertes librement afin que d’autres chercheurs puissent s’appuyer sur leurs travaux. Ce sont là des concepts très importants à mes yeux puisque je suis titulaire d’un doctorat en informatique. Je pense que l’on peut s’accorder sur le fait que les idées derrière les logiciels libres nous sont bénéfiques à tous.

Prenons l’exemple d’Alice, une programmeuse qui a écrit un petit utilitaire. Un autre programmeur, Pierre, apprécie beaucoup son programme, mais il voudrait le modifier pour qu’il réponde mieux à ses besoins. Alice décide alors de dévoiler le code source de son programme pour que Pierre puisse y apporter des changements.

La licence la plus simple qu’Alice puisse appliquer à son code est celle du domaine public. Cela signifie que l’auteur a volontairement abandonné tous ses droits sur le code et que chacun peut en faire ce qu’il veut. Pierre peut faire ses modifications et garder la nouvelle version pour lui-même, ou ouvrir sa boutique et la vendre. Il peut même en parler à son patron, Paul, chez Microsoft, et peut vendre l’outil d’Alice dans la prochaine version de Windows, sans qu’elle ne touche jamais un centime. Si vous vous dites que c’est pas très juste pour Alice, vous n’êtes pas les seuls. Gardez cet exemple à l’esprit.

Alice a également le choix entre des familles de licences similaires : la licence MIT, la licence BSD et la licence Apache. Grâce à elles, Alice conserve son droit d’auteur sur le code, mais elles octroient également à quiconque le télécharge le droit légal de le modifier et d’en distribuer la version modifiée. Différentes variantes de ces licences imposent également à Pierre de mentionner le nom d’Alice quelque part dans le logiciel, à l’instar de la licence Creative Commons Attribution. Mais rien ne l’empêche de le vendre sans rien verser à Alice en échange.

La GPL et les autres licences copyleft

En réponse à ce problème, la Fondation pour le Logiciel Libre (FSF) a créé la GNU Public License. Elle est aussi appelée copyleft pour bien marquer la rupture qu’elle représente par rapport aux autres licences dont il est question ici. Philosophiquement, la GPL a été créée pour assurer aux utilisateurs de logiciels sous GPL les quatres libertés suivantes :

  • La liberté d’exécuter le logiciel, pour n’importe quel usage ;
  • La liberté d’étudier le fonctionnement d’un programme et de l’adapter à ses besoins, ce qui passe par l’accès aux codes sources ;
  • La liberté de redistribuer des copies ;
  • La liberté de faire bénéficier à la communauté des versions modifiées.

Évidement, la licence en elle-même est un charabia juridique assez dense, dont le but est d’assurer une validité légale à cette philosophie, mais ces quatre libertés en sont vraiment le cœur. Vous remarquerez que la deuxième et la quatrième libertés imposent que le code source de tout programme sous GPL soit mis à disposition en plus de l’exécutable, que l’on utilise vraiment. C’est la raison pour laquelle de nombreuses entreprises qui font usage de code sous GPL dans leurs produits hébergent des pages entières de code source, comme le fait Netgear par exemple. Alors, évidemment, leurs concurrents peuvent analyser le fonctionnement exact de leurs produits, pourtant ils estiment que cet inconvénient est largement compensé par les avantages qu’il y a à s’appuyer sur des produits Open Source.

Si on reprend notre histoire d’Alice et Pierre, voyons ce qu’il se passe maintenant. Alice rend son code source public. Pierre rédige son patch et décide sournoisement de vendre cette nouvelle version du programme d’Alice. Mais Alice n’est pas bête et voit bien ce qu’il se trame. Elle pose alors un ultimatum à Pierre : soit il rend public le code source de sa version modifiée , soit ils se retrouveront devant un juge pour rupture du contrat grâce auquel il a obtenu la version d’Alice (c’est à dire, la GPL). Bob s’incline évidemment et publie son code. Aucun cas n’est allé jusqu’au tribunal dans la vraie vie. Pour beaucoup, cela prouve que la GPL est valide et incontournable : personne n’ose la contester.

L’App Store et la GPL peuvent-ils co-exister ?

Le conflit le plus évident entre l’App Store et la GPL réside dans la troisième liberté ? « La liberté de redistribuer des copies ».

Ce sujet a été largement débattu, chaque camp avançant ses arguments. Malheureusement, la résultat est que : premièrement, c’est un terrain plutôt flou et deuxièmement, il ne sera jamais certain qu’une des deux partise a plus raison que l’autre sans décision de justice. Il est peu probable que l’on en arrive à une telle situation car Apple (en tant que distributeur de logiciel pour tout l’App Store) n’ira probablement pas se battre en justice pour un logiciel Open Source. Concrètement, tant que le contraire n’est pas prouvé, l’App Store et la GPL sont incompatibles. C’est sans doute l’avis d’Apple en tout cas, ils n’auraient sûrement pas supprimé VLC (et d’autres logiciels Open Source comme GNU Go) de l’App Store dans le cas contraire.

Les membres de la Fondation pour le Logiciel Libre (FSF), auteurs de la GPL ne pensent pas non plus que l’on puisse concilier la GPL et l’App Store. Leur principal argument réside dans la clause suivante de la GPL v2 :

À chaque fois que vous redistribuez un programme (ou n’importe quelle réalisation basée sur le programme), l’utilisateur final reçoit automatiquement une licence du détenteur originel du programme l’autorisant à copier, distribuer et modifier le programme sujet à ces termes et conditions. Vous ne devez imposer à l’utilisateur final aucune autre restriction à l’exercice des droits garantis par la licence.

Regardons maintenant les Règles d’utilisation des produits App Store :

(i) Vous êtes autorisé à télécharger et synchroniser un Produit à des fins personnelles et non commerciales sur tout produit de la marque Apple tournant sur iOS (« Produit iOS ») que vous possédez ou contrôlez.

(ii) Si vous êtes une société commerciale ou un établissement scolaire, vous êtes autorisé à télécharger et synchroniser un Produit destiné à être utilisé soit (a) par une seule personne sur un ou plusieurs Produits iOS que vous possédez ou que vous contrôlez, soit (b) par plusieurs personnes sur un Produits iOS partagé dont vous êtes propriétaire ou que vous contrôlez. Par exemple, un seul salarié peut utiliser le Produit aussi bien sur son iPhone que sur son iPad, ou encore, plusieurs étudiants peuvent utiliser le Produit en série sur un seul iPad situé dans un centre de ressources ou une bibliothèque.

(iii) Vous pourrez simultanément stocker des Produits App Store à partir d’un nombre maximum de cinq Comptes différents sur des Produits iOS compatibles, tels qu’un iPad, un iPod ou un iPhone.

(iv) Vous pourrez procéder à la synchronisation manuelle de Produits App Store à partir d’un ou plusieurs appareils autorisés par iTunes vers des Produits iOS munis d’un mode de synchronisation manuel, à condition que le Produit App Store soit associé à un Compte existant sur l’appareil principal autorisé par iTunes, étant précisé que l’appareil principal est celui qui a été synchronisé en premier avec le Produit iOS ou celui que vous avez ultérieurement désigné comme tel en utilisant l’application iTunes.

Le conseil Légal de la FSF considère ces termes comme des restrictions à l’utilisation que peut faire l’utilisateur des logiciels obtenus sur l’App Store, c’est donc directement une atteinte à la GPL. Il importe peu que le port de VLC sur iOS soit libre. En fait, il aurait été plus simple d’imaginer qu’il ne l’était pas.

Imaginez, si Applidium avait fait payer 5$ pour leur port de VLC, tout en distribuant le code source complet sur leur site web. Rien dans la GPL n’empêche les développeurs de facturer leurs logiciels dérivés, c’est donc convenable. Mike achète une copie du logiciel pour 5$ et veut donner une copie à son ami Steve (c’est son droit, garanti par la GPL), mais il ne peut pas. Steve peut acheter sa propre copie à 5$, mais ne peut pas l’avoir par Mike ; il doit aller voir Apple.

Dans la réalité, VLC était gratuit, ce n’est donc pas gênant pour Steve de ne pas pouvoir dupliquer la copie de Mike ; mais ce ne sera pas forcément le cas avec d’autres logiciels et dans tous les cas, ça ne change rien, étant donné que les termes de la GPL n’acceptent pas plus que l’on restreigne la liberté de partager le logiciel parce que le logiciel dérivé se trouve être gratuit.

Notez que la FSF considère également le fait de ne pouvoir installer la même application que sur cinq iOS en même temps comme une autre restriction aux droits de l’utilisateurs ; cela semble être une erreur, puisque ce terme du contrat n’apparaît que sur la partie dédiée au contenu iTunes du Contrat de l’Utilisateur et ne s’applique donc pas aux applications de l’iOS. Il est également possible que le Contrat de l’Utilisateur pour iTunes ait été modifié après la publication de l’article de la FSF.

Qu’en est-il des autres programmes sous GPL présents dans l’App Store ?

On croit souvent, à tort, que lorsqu’un code est publié sous GPL, il ne peut plus l’être sous une autre licence. Ce n’est pas vrai. Si tous les ayants-droits, c’est-à-dire toutes les personnes ayant contribué au code, se mettent d’accord, le logiciel peut être placé sous une double licence.

Prenez l’exemple de Java. Java est placé sous GPL et Apple a pourtant utilisé la source de Sun pour la modifier (afin que la machine virtuelle Java sous OS X soit mieux intégrée à cet environnement) sans pour autant distribuer le code source de la version modifiée. Comment ? Simplement parce qu’ils ont utilisé le code source de Sun sous une autre licence, ce que Sun pouvait proposer car (à l’époque) le code de Java leur appartenait. Libre à eux donc de l’offrir au monde entier sous GPL tout en le proposant à Apple sous une autre licence.

Mais pour les grands projets, comme VLC, qui acceptent des correctifs publics de la communauté depuis longtemps, il n’est pas envisageable d’obtenir la permission rétroactive de tous les contributeurs pour appliquer une licence double. D’autres projets, en revanche, sont proposés sous GPL mais n’ont jamais accepté de correctifs extérieurs, ce qui signifie que leur code est toujours sous le contrôle d’une seule et même personne ou entreprise. On peut citer l’exemple de Doom, qui est sur l’App Store. BeTrains en est un autre exemple et les développeurs ont récemment décrit comment ils arrivent à concilier GPL et App Store.

Doit-on modifier la GPL pour la rendre compatible avec l’App Store ?

Cette question ne relève plus du problème légal, mais plutôt de la politique des logiciels. Les défenseurs de la GPL adoptent souvent une attitude méfiante, ce qui est, à mes yeux, souvent perçu comme du fanatisme en dehors de la communauté Open Source. Mais pourtant, les violations de la GPL sont malheureusement courantes. Par exemple, une étude récente de Matthew Garret montre que parmi des centaines de tablettes Android, la quasi-totalité violent la GPL. En d’autres termes, les systèmes de tous ces fabricants s’appuyent à 99% sur du code libre mais contiennent 1% de leurs propres modifications. Ensuite ils les vendent comme s’ils étaient à l’origine de la totalité du système.

Il va sans dire que les développeurs qui ont participé à ces projets sur leur temps libre sont indignés par ces pratiques, c’est pourquoi ils condamnent aussi facilement tout ce qui ressemble de près ou de loin à une violation de la GPL. C’est souvent pris pour du fanatisme ou même de l’hostilité, mais au fond, c’est juste l’expression du dégoût de groupes de bénévoles face aux pratiques d’entreprises qui tentent de se faire de l’argent facile avec leur travail.

Sans oublier cette peur que tout signe d’indulgence fasse basculer les choses du mauvais côté, que cela encourage plus encore les entreprises à violer la GPL, et que la FSF, avec ses maigres ressources, n’ait plus les moyens d’identifier et de menacer les entreprises qui se comportent mal pour qu’elles respectent la communauté sur laquelle elles s’appuient.

Les règles de l’App Store doivent-elles changer pour être compatibles avec la GPL ?

C’est ce qu’aimeraient certains développeurs de VLC, comme Ross Finlayson. Plutôt que de voir VLC banni de l’App Store, ils préfèreraient que ses règles soient modifiées afin de créer une exception pour les applications sous GPL. Rien n’est impossible, mais Apple (pourtant bien enclin à piocher largement dans l’Open Source pour créer Mac OS X) n’est pas vraiment réputé pour son ouverture aux compromis lorsqu’on touche à l’App Store. Il y a très peu de chance qu’un tel changement arrive, surtout pour des applications gratuites qui ne rapportent rien à Apple.

Est-ce que VLC pourrait être publié sous une autre licence ?

Actuellement, il serait presque impossible que VLC puisse paraître sous une autre licence, même réservée uniquement à Applidium, car chaque développeur ayant travaillé sur le projet devrait donner son accord, ce qui n’est pas gagné pour certains, dont Denis-Courmont.

Si VLC n’avait jamais été publié sous GPL, ou plutôt, s’ils n’avaient jamais accepté de contributions extérieures placées sous GPL, alors il n’y aurait pas de problème. Mais sans la forte protection apportée par la GPL, ils n’auraient certainement pas attiré autant de contributeurs. Impossible de dire si le projet aurait abouti ou pas.

Conclusion

Lorsqu’un projet choisit une licence comme la GPL ou tout autre licence copyleft, en opposition à des licences plus ouvertes, comme la MIT ou la BSD, les développeurs veulent s’assurer que toutes les œuvres dérivées seront libres. Cette protection a cependant un prix. En choisissant la GPL, l’équipe de développement originelle de VLC a fait la promesse à tous ses futurs collaborateurs que leur travail resterait libre, pour toujours. Ce que dit ouvertement la FSF et ce que concède implicitement Apple, c’est que l’App Store ne reconnaît cette définition de la liberté. Aucune des deux organisations n’est réputée pour accepter des compromis, donc, jusqu’à ce que l’une d’entre eux cède, les applications construites sur du code sous GPL, comme VLC, n’honoreront pas l’App Store de leur présence. C’est dommage, c’est sûr, mais pour les deux camps c’est une question de principes bien plus importants que quelques applications.

Je finirai en m’adressant aux commentateurs : ce débat englobe bien d’autres aspects, certains que j’ai juste abordés, d’autres que j’ai complètement omis, parfois par souci de clarté ou encore par manque de compétence. Je vous demanderai donc simplement d’être indulgents car c’est un sujet complexe et même un article de cette longueur ne permet pas d’en faire le tour. Mais je vous en prie, débattez-en !

Notes

[1] Crédit photo : Chris Willis (Creative Commons By)

46 Réponses

  1. Ce qui au final est assez énervant pour l’utilisateur final, c’est que c’est lui le grand perdant ce qui n’est qu’une histoire de principe. Pour moi, quand VLC est sorti sur l’App Store, j’ai doublement sauté de joie : tout d’abord parce que VLC, c’est vraiment excellent et ensuite parce qu’Apple faisait un effort d’ouverture en permettant de lire des vidéos de tous formats sur iPad et iPhone.

    Bref : iPhone, VLC, ouverture, video, joie et puis déconfiture.

    Effectivement, en étant sur l’App Store, l’appli VLC une fois téléchargée n’est partageable qu’à 5 autres utilisateurs. Cependant, elle est disponible gratuitement. Je ne pensais pas dire cela mais la réaction de développeur me fait quelque part penser à un certain « traditionalisme » voire « intégrisme » de certains acteurs du logiciel libre. C’est dommage dans le cadre de VLC et pour l’image du programme et pour l’utilisateur.

  2. Ah, enfin ! Les utilisateurs d’iPhone vont être débarrassé des logiciels libres ! Il était temps…

    C’est bien ce que vous voulez, non ? :-(

  3. -> Sébastien: Amusant, j’ai pour ma part eu la réaction inverse ; je trouve qu’en prenant l’initiative d’intervenir, les développeurs de VLC ont fait preuve de courage et d’intégrité (plutôt que d’intégrisme). Il me semble que dans le cas des logiciels Libres il est mal venu de raisonner en terme de « produit » et d' »utilisateur final » (ou, pire, de consommateur, ce qui est exactement votre discours).

    (Et quant aux « efforts » imaginaires d’Apple… Voyons, un peu de sérieux.)

    Concernant l’article de Gaywood, il est assez pertinent dans l’ensemble malgré quelques raccourcis peu heureux. Cependant j’aurais aimé revenir sur l’intro de aKa (tu corrigeras le participe passé, au passage):
    <quote>
    jamais on a vu un logiciel libre empêcher de tourner sous Windows parce que la licence du premier était incompatible avec le contrat d’utilisation du second
    </quote>
    Euh… C’est tout à fait vrai dans une certaine mesure, mais ce n’est pas comme si Microsoft n’avait pas passé son temps à mettre des bâtons dans les roues des développeurs Libres, non plus : incompatibilités plus ou moins délibérées, « signatures » à la con (particulièrement depuis Vista), interdiction de virtualisation, etc… Qu’ils l’aient fait avec moins de teignosité (ou de talent ?) qu’Apple, ne signifie aucunement une plus grande sympathie à l’égard du Libre (dont ils n’ont commencé à se soucier que vingt ans après tout le monde, même s’ils se sont rattrapés en multipliant les Codeplex/Outercurve, les larmes de crocodile etc.).

    De fait, on se retrouve aujourd’hui avec un Apple aussi arrogant et hégémonique que Microsoft dans sa grande époque (1995-2005, en gros), et un Google qui joue les malins comme Apple a pu le faire il y a dix ans, en louvoyant habilement (et non sans hypocrisie) autour des licences Libres pour ses systèmes Chrome et (surtout !) Android. Il me semble que l’attitude intelligente pour Apple, vis-à-vis de VLC, GnuGo et compagnie, aurait été de prendre les devants en ouvrant un « AppStore du Libre », avec des règles beaucoup plus tolérantes et respectueuses. Je ne serais pas surpris que leur volonté de contrôle-à-tout-prix (qui se double d’une forme de censure politique, comme nous en voyons tous les jours des exemples) ne leur coûte très, très cher à moyen terme — d’ailleurs, il semble que cela ait déjà commencé.

  4. @Eric
    > Ah, enfin ! Les utilisateurs d’iPhone vont être débarrassé des logiciels libres ! Il était temps…
    >
    > C’est bien ce que vous voulez, non ? :-(
    Comme l’article l’explique très bien, pour être libre, un logiciel doit offrir à l’utilisateur 4 libertés clairement définies, or l’app store prive tous les logiciels de la liberté 3, il n’y a donc jamais eu de logiciels libres sur l’app store.

    @Sébastien Desbenoit
    En s’assurant du respect de la licence GPL, on crée une incitation sous forme d’un avantage compétitif pour les concurrents d’Apple à proposer un store compatible avec les logiciels libres, faisant reculer très largement le spectre d’un monde d’où le logiciel libre serait banni.

  5. @idoric
    >Comme l’article l’explique très bien, pour être libre, un logiciel doit offrir à l’utilisateur 4 libertés clairement définies, or l’app store prive tous les logiciels de la liberté 3, il n’y a donc jamais eu de logiciels libres sur l’app store.

    Le logiciel n’est-il proposé que sur l’app-store ? Non
    Est-ce que je peux mettre le logiciel sur un autre magazin ? oui ?
    Puis-je voir le code source du logiciel ? oui ?
    Puis-je le télécharger pour en faire n’importe quoi ? oui ?
    Puis-je le redistribuer, en faire des copies ? oui ?

    Donc, a moins que je n’ai strictement rien compris, je ne vois pas ce que l’appstore à a voir avec la liberté du logiciel. Pour moi, c’est même le contraire : empêcher de redistribuer un logiciel sur l’appstore enfreindrait la GPL.

  6. En lisant le début de l’article, je me suis rué sur le lien se faisant « l’avocat des plaignants », et j’ai été bien déçu : Charis Rawson annonce juste que ça emmerde les possesseurs d’iPhone (sans surprise, vu que ce sont les plaignants), sous-entends que Rémis Denis Courmont a fait supprimé l’application pour arranger son employeur Nokia, et… rien. Ou sont ses arguments ?
    Tout ce qu’il dit est :
    > I’m sure your high-minded principles are far more important than the benefit that millions of people could have had from using the FREE VLC app on their iOS devices.
    Dans sa phrase, il me semble qu’il faut prendre FREE comme gratuit et non comme libre, et c’est là que le bât blesse.
    Bref, contrairement à l’auteur, je ne trouve pas que cette plaidoirie ait été fait « admirablement ».

    > Concrètement, tant que le contraire n’est pas prouvé, l’App Store et la GPL sont incompatibles.
    Je suis moyennement d’accord, vu que l’incompatiblité n’a pas été reconnue par Apple. Par contre, vu leur comportement avec VLC et surtout GNU Go, ils le reconnaissent à demi-mots. Ou pire, s’en foutent.

    @ Sébastien : c’est sûr que l’issue est malheureuse. Bien qu’an iTrucs (à cause de la politique d’Apple de verrouillage de leurs appareils), j’aurais préféré qu’Apple propose un App Store compatible avec la GPL.

    @Eric : est-il possible de faire des copies de VLC sur iPhone ? Est-il possible de modifier le code source de VLC pour iPhone, de le compiler, et de le mettre sur son iPhone ? Il me semble que non, et dans ce cas VLC pour iPhone n’est plus un logiciel libre àmha, mais je serai ravi de me tromper.

  7. @Eric
    > Le logiciel n’est-il proposé que sur l’app-store ? Non
    Vrai, mais quel est le rapport ? Sous prétexte que quelqu’un ailleurs respecterait la licence, on aurait le droit ici de ne pas le faire ?

    > Est-ce que je peux mettre le logiciel sur un autre magazin ? oui ?
    Vrai, mais il faut jailbreaker son iPhone pour avoir accès à ces magazins, or la légalité du jailbreak est loin d’être gagnée. Et quand bien même, voir mon point précédent et mon commentaire précédent.

    > Puis-je le télécharger pour en faire n’importe quoi ? oui ?
    Pas vraiment, déjà Apple se réserve le droit de supprimer à distance des applications…

    > Puis-je le redistribuer, en faire des copies ? oui ?
    Non ! Cette liberté est très grandement limitée sur l’iPhone, les passages concernés dans les règles d’utilisation des produits App Store sont cités dans l’article…

  8. oops, désolé, mais il y a quelque chose que je ne comprend vraiment pas …

    Est-ce que les sources de VLC pour iPhone sont disponibles ?

    oui => dans ce cas, qu’elle est le problème ?

    non => alors oui, c’est une violation flagrante de la GPL.

  9. @Eric
    L’accès au source ne suffit pas à constituer un logiciel libre.

  10. @idoric je suis tout à fait d’accord sur le fait que idéologiquement un store basé sur le monde libre serait idéal malheureusement, ce n’est pas le cas et meme dans le monde libre il y a de belles différences entre les licences MiT et GPL… C’est dommage mais cela empêche quasiment tout store basé sur le monde libre.

    @vvilenave avant de migrer sous Mac pour le travail j’ai commence avec les début d’inkscape et de scribus. Certains logiciels libres sont magiques mais les restreindre à l’univers Linux me semble dommageable car au final élitiste meme si intègre.

    @Eric il me semble que la licence GPL demande une redistribution totale parce que le problème n’est pas l’accès aux sources. Avec un logiciel libre sous licence MIT, je ne pense pas qu’il y aurait eu de problèmes

  11. Les utilisateurs finaux sont lésés car ils ne peuvent utiliser VLC sur leur iMachin.
    Effectivement, l’un des piliers philosophiques de la GPL et plus largement de FSF est de remettre cet utilisateur au centre du processus. Donc ça semble incohérent et contre productif.
    Mais c’est illusoire !

    Certains commentaires ci-dessus laissent croire que c’est pas normal (pas juste) que des développeurs refusent la mise à disposition de VLC sur l’AppStore : sans doute ont-ils l’habitude de l’utiliser sur d’autres machines, qu’ils en sont satisfaits et qu’ils se sentent donc frustrés de ne pas l’avoir ici.
    Alors ils s’en prennent soit à la GPL pas assez permissive soit aux développeurs « récalcitrants ». Mais pourquoi ne pas s’en prendre à Apple ?

    Car si VLC n’était pas sous GPL, VLC ne serait probablement pas parvenu à ce qu’il est devenu. Ces mêmes utilisateurs n’auraient pas été aussi satisfaits du logiciel. C’est bien Apple qui bloque, par sa politique de contrôle et de fermeture, et c’est donc sur Apple qu’il convient de faire pression !

    Par ricochet, cet exemple montre aussi que la philosophie et la logique qui sous-tendent la GPL sont encore très mal comprises. Elle est très pratique, elle permet le partage, la copie, les logiciels sont le plus souvent gratuits, etc. Mais les raisons profondes de son existence restent ignorées : « oh zut, je ne peux pas utiliser ce logiciel sur cette plateforme, c’est pas juste ! Qu’ils se débrouillent pour modifier les termes afin que je puisse l’utiliser ! »

    Signé par un (tout petit) développeur de LL, qui se retrouve dans le personnage d’Alice de cet article :)

  12. neuronyk

    en fait on en revient toujours a la source ! le choix de ses appareils ! en optant pour les I-trucs, il ne fallait pas s’attendre a mieux ! une politique douteuse a l’égard des LL des le départ, tout comme de leurs clients d’ailleurs (je me souvient de tous les pauvres (sic) clients qui me demandait de leur montrer comment activer le bluetooth ou envoyer des mms avec le premier ifon, ceux qui cherche encore le port usb de leur hype-pad, et j’en passe…. leur reactions (unanimes) : « mais non tu te trompe, le bluetooth c’est la base, c’est pas possible que sur un matos a ce prix…… » héhéhé et bien si. )

    moi j’ai choisi : je boycott Windows depuis pres de 12 ans, je fait pareils avec les produits de steeve : 2 raisons : leur politique commerciale d’un abrutisme rare et surtout (et sans jeux de mots) je ne veut pas me retrouver pauvre come job. (comme steeve en revanche….)

  13. @Sébastien Desbenoit
    > je suis tout à fait d’accord sur le fait que idéologiquement un store basé sur le monde
    > libre serait idéal malheureusement, ce n’est pas le cas
    Qu’entends-tu par « store basé sur le monde libre » ? Si tu entends par là un store qui tourne grace à des logiciels libres, il est vrai que ce serait bien, mais je n’ai jamais parlé de ça, là n’est pas la question posée par l’article. Si tu parles d’un store qui ne propose que du logiciel libre, ce n’est pas ce qui est demandé, ce qui est demandé c’est un store qui accepte aussi bien les logiciels propriétaires que libres.

    > C’est dommage mais cela empêche quasiment tout store basé sur le monde libre.
    Quelque soit le sens à donner à « store basé sur le monde du libre », cela existe, il suffit de penser à la distribution Debian :
    – les dépots officiels (l’équivalent des « stores ») ne fonctionnent qu’à base de logiciels libres ;
    – le dépot de base ne propose que du logiciel libre, et libre à chacun d’ajouter ou non le dépot non-free qui contient des logiciels propriétaires ;
    – il existe des dépots alternatifs ou à visée très spécifiques qui mélangent allégrement logiciels libres et propriétaires.

    À noter que le store android de Google proposera d’ici peu VLC dont le portage pour cette plate-forme arrive à terme : http://www.phonearena.com/news/VLC-

  14. Laurange

    Comment défendre la liberté quand celle ci restreint les utilisateurs ?
    Juste parce que iTunes limite la distribution à 5 appareils sur un seul compte et donc utilise des drm qui jamais n’importunent l’utilisateur, nos amis (intégristes) ne veulent pas permettre ce vlc …

    Ces licences GPL pénalisent plus l’utilisateur qu’elles ne le libèrent …

    En même temps, ce vlc pour iOS n’était pas la meilleure app du marché, premier avi que je lui ai demandé de lire : échec.

  15. @Laurange : il suffit simplement de se mettre à la place du dev pour comprendre. Il bosse sur un logiciel en sachant qu’ils sera publié sous GPL, après sous prétexte de démocratisation des AppStore et d’aller à la rencontre des utilisateurs on fait un « logiciel libre mais qu’on ne peut pas copier ni modifier ». Si les libristes ne réagissent pas maintenant il ne faudra pas s’étonner avec un « Firefox dont toute décompilation ou étude du code » est interdite pour rentrer dans le WinStore ou autre bêtise.
    Dans 20 ans on pourra dire qu’on a connu des logiciels libres, un temps…

  16. Un grand merci pour cet article.
    J’ai lu tellement de blogs où il est écrit que ceux qui sont impacté au final sont les utilisateurs que cette mise au point est plus que bienvenue. J’espère qu’elle sera lue et comprise par le plus de gens possible.

    En tant que développeur de projets sous license GPL, on se bat pour rendre ses utilisateurs libres, sinon on n’aurait pas choisi la GPL.
    Voir des utilisateurs tellement alliéné par un AppStore raler que des gens qui passe du temps à développer pour eux, refuse de publier sur une platforme restrictive me désespère profondement.
    Le problème c’est que trop souvent les utilisateurs lambdas confondent gratuité et liberté. Et VLC est libre avant d’être gratuit.
    Et dire ça n’est absoluement pas du fanatisme. Le « prix » du GPL c’est de devoir être utilisé en suivant cette license. Et c’est un prix bénéfique pour les utilisateurs. Le prix de certaines application propriétaires ce sont des euros.

    Tout ce qu’il faut espèrer c’est qu’Apple revienne sur ces conditions d’utilisation sur l’Apple Store et que, à la manière de l’android market, permette aux personnes qui publient les applications d’autoriser ses utilisateurs à copier le logiciel. Donc à tous ceux qui déplorent que ceux qui sont laisés au final c’est les utilisateurs, écrivez des lettre à Steve Jobs qui vous emprisonne plutot que de pourrir les développeurs de VLC ou GPL en général, qui passe du temps pour vous et pour vous rendre libre.

  17. A mon humble avis, cet exemple montre encore une fois à quel point les utilisateurs ne voient pas plus loin que le bout de leur nez. Tant que le modèle d’exploitation de l’Apple Store fonctionnera pour Apple, Apple ne se risquera pas à le changer.

    En résistant au modèle fermé, tout en argumentant pourquoi, peut être, je dis bien peut être, que les gens comprendront en s’intéressant au problème du « pourquoi je peux pas avoir ca sur mon bidule ».

    Si on laisse faire, c’est *certain* que les gens ne se rendront compte de rien et continueront à suivre leur instinct de consommateur, sans se soucier de leurs libertés et des implications à long terme (j’en prends pour exemple <insert Facebook troll here>).

  18. Je suis d’accord avec vous mais pendant que les chiens aboient, la caravane passe.

    L’App Store est sur le point de passer la barre des dix milliards d’applications téléchargées. Oui vous avez bien lu, et ce en moins de trois ans d’existence !
    http://www.gizmodo.fr/2011/01/14/so

  19. Excellent billet !
    Les (bonnes) raisons de cette incompatibilité sont clairement exposées.
    C’est un constat; il restera vrai aussi longtemps que les deux protagonistes (Apple et la GPL) camperont sur leurs positions, et je fais partie de ceux qui ne souhaitent pas que la GPL bouge parce qu’elle défend des choses auxquelles je crois.

    En parlant de chien (@Martin), je vous suggère mon billet d’humeur (sans rancune aux fanboys 😉
    http://catarina.fr/index.php?post/2

  20. mum1989

    vive le libre et à mort les plateforme bridée et fermée (iOs notamment ^^ avec son Apple Store)

  21. Je viens de lire un article du Monde au titre tout à fait étonnant quand on connaît la légendaire retenue du journal : « Apple verrouille son système d’abonnement sur iPad et iPhone »

    Apple verouille… On ne va pas se plaindre d’un constat que l’on partage souvent sur ce blog, mais il doit bien y avoir une raison autre que l’objectivité. Et en effet, on le découvre au milieu de l’article.

    « Ce nouveau système de facturation devrait également avoir une incidence sur les applications proposées par d’autres médias. D’après les informations du Monde.fr, Apple souhaite imposer aux journaux son système d’abonnement via iTunes – permettant à la marque à la pomme de toucher 30 % du prix des abonnements. La possibilité de proposer ces derniers depuis un site Web serait alors bloquée par Apple ; seul le couplage d’une édition papier et d’une édition iPad serait autorisé par l’entreprise. »

    Autrement dit Apple est sur le point de proposer un nouveau modèle de facturation qui oblige à en passer exclusivement par iTunes, forte commission incluse. On comprend que Le Monde, qui comme d’autres journaux a misé sur iPad, soit ravi de ce changement unilatéral et non négociable.

    Je ne veux pas faire mon malin mais je pouffe. Et Le Monde récolte justement ce qu’il a semé.

    http://www.lemonde.fr/actualite-med

  22. Laurange

    @o mann : le but ultime du libre n’est-il pas la diffusion du savoir au plus grand nombre ?
    Dans le cas « vlc sur iOS » c’est juste une petite part du mode de distribution qui bloque, le source est dispo, l’utilisateur est encore prisonnier d’une licence, propriétaire ou libre, pour moi ça revient au même.

    @FLV en défendant ma liberté tu me prives de la liberté d’utiliser une app libre, c’est absurde !!!

  23. @Laurange

    « Dans le cas « vlc sur iOS » c’est juste une petite part du mode de distribution qui bloque, le source est dispo, l’utilisateur est encore prisonnier d’une licence, propriétaire ou libre, pour moi ça revient au même. »

    Par définition, un license _est_ restrictive pour l’utilisateur. L’auteur explique d’ailleurs très bien la différence entre licence libre et domaine public.
    La différence, c’est que dans la GPL, on t’empêche d’enfermer les autres, que ça soit conscient ou non de ta part (car c’est bien le cas de ceux qui voudraient que ce soit le LL qui change ses règles pour rejoindre celles d’Apple).
    Donc oui, c’est restrictif, mais la liberté a été restreinte au minimum.

    « en défendant ma liberté tu me prives de la liberté d’utiliser une app libre, c’est absurde !!! »
    Non pas du tout. Vois ça comme un garde-fou (au sens propre comme figuré, dans ce cas-ci). Est-ce que tu vas te plaindre des protections sur un pont en disant « eh, on m’empêche d’aller par là!! Et pourtant notre devise parle de liberté, c’est absurde!! »

    Oui les gens du LL vous privent d’utiliser cette application, parce que accepter les conditions d’Apple signifient pour vous comme pour le développeur une perte de liberté nette; les gens ne voient que l’aspect « je pouvais utiliser le logiciel » -> « je ne peux plus » sans voir que ça fait intervenir quelque chose de bien plus global et fondamental (et important à mon avis).

  24. Laurange

    J’espère que vous appréciez votre liberté car vous êtes libres tous seuls dans votre coin.
    95% du reste du monde qui considère l’informatique non pas comme un but mais comme un moyen, se fout de votre liberté.
    Il y a des gens qui utilisent le mot liberté avec plus d’importance pour leurs familles …

    Vous faites des choses bien, diffusez les, distribuez les au lieu de rester ancrés dans des positions dogmatiques pendant que les géants se battent pour dominer le monde.
    Quel dommage de ne pas profiter des petits espaces qui se crèent pour ammener les gens à votre vision de partage de savoir.

  25. Une raison de plus pour oublier l’Iphone et passer à Androïd : les téléphones mobiles fonctionnant sous Androïd ont les avantages de l’Iphone sans les inconvénients de de dernier

  26. Apple a décidé de changer les règles liées à l’approbation des applications sur son App Store. Résultat : un manque à gagner important se profile pour les éditeurs de journaux.[…], Apple ne souhaite plus que les utilisateurs puissent en bénéficier autrement que via iTunes. : http://is.gd/RLvqup

  27. Desidia

    Bonjour,

    Je m’excuse, mais n’ayant jamais tenu un appareil apple en main, ni à fortiori approché le système de distribution de l’Applestore, ceci est pour moi complètement obscur:

    (iii) Vous pourrez simultanément stocker des Produits App Store à partir d’un nombre maximum de cinq Comptes différents sur des Produits iOS compatibles, tels qu’un iPad, un iPod ou un iPhone.

    Qu’est-ce qu’un «compte», et pourquoi un utilisateur en aurait-il 5 voire plus ? Il en faut 1 par appareil ?

    (iv) Vous pourrez procéder à la synchronisation manuelle de Produits App Store à partir d’un ou plusieurs appareils autorisés par iTunes vers des Produits iOS munis d’un mode de synchronisation manuel, à condition que le Produit App Store soit associé à un Compte existant [etc.]

    C’est quoi cette synchronisation ?

    D’autre part, un possesseur d’Ibrouette a-t-il la possibilité de compiler VLC à partir des sources et de l’installer sur son appareil ?

    Si quelqu’un avait la bonté d’expliquer.

    Merci et à plus tard,

  28. @Laurange : je crois que tu ne comprends pas vraiment le but des logiciels GPL. Ce n’est PAS d’être diffusés au plus grand monde.
    Ca c’est (peut-être) le but des logiciels sous license moins restrictive.

    Le but de la GPL c’est de forcer le logiciel à garantir un certain nombre de libertés pour l’utilisateur.
    Et clairement si tu crois qu’un logiciel libre en général son but c’est d’être diffusé au plus grand nombre tu te trompes. Son but initial c’est de rendre ses utilisateurs libres.

    Je vais essayer avec une image pour que tu comprennes mieux. C’est un peu comme si les platformes c’était des pays, les logiciels de companies de voyages. Et un logiciel sous GPL une companie de voyage dont les CGU serait de ne pas t’emener dans un pays sous dictature pour préserver tes libértés. Cette companie de voyage ne pourrait pas t’emener en Chine. Aussi florissante soit l’économie de la chine et autant de monde il y ai en Chine la companie de voyage ne pourra pas t’y emmener.
    De ce cas de figure est-ce que tu vas blamer la companie de voyage? Non, tu vas dire à oui mais comme leur but c’est de rendre le monde démocratique, c’est normal qu’ils ne nous emène pas dans une dictature.

    Un autre point pour que tu comprenne la subtilité entre GPL et autres licenses opensource.
    Regarde par example Android, c’est distribué sous license Apache (majoritairement).
    Le but de Google quand il ont choisi cette licence c’est que la platforme soit utilisée par le plus grand nombre. Et ce n’est pas de rendre l’utilisateur libre.
    D’ailleurs le résultat est là : certains constructeur redistribue de façon non ethique android et on se retrouve avec des téléphones verouillés. Fort heureusement les mentalités des constructeurs changent et le fait que android soit opensource fait tendre la platforme vers une vrai utilisation qui garantie un maximum de liberté aux utilisateurs en pratique (il y a des ROM custo etc).
    Mais là tu vois bien que une licence Apache le but ce n’est pas la « liberté » de l’utilisateur, c’est la diffusion au plus grand nombre. Et ça c’est totalement différent ! (Google à choisi ça parcequ’ils savent qu’en pratique ils vont garder la maintrise de la platforme et qu’ils vont pouvoir pousser leur moteur de recherche et leur régie de pub dessus).

    Après je comprends bien ta définition « liberté » ça veut dire « je suis libre d’obtenir une application n’importe comment même si ça veut dire que je ne suis pas libre de redistribuer ».
    Mais il se trouve que la GPL force la liberté d’utilisation *ET* de redistribution *ET* de modification du code.
    Pas juste la liberté d’utilisation. Sinon on choisirai une autre license.

    D’ailleurs note que ça signifie que distribué sur Cydia, il n’y a absolument aucun problème vis à vis de la license GPL. Donc si tu jailbreak ton iphone et que tu installe VLC personne de VLC ne pourra rien te dire.

    En gros pour résumer un logiciel libre tel que Stallman et tous ceux qui choisissent la GPL l’entende c’est un logiciel qui garanti TA liberté, la liberté des AUTRES, et la liberté que tu as vis à vis des autres.
    Alors que toi tu es juste intéréssé par TA liberté, nous en tant que developpeurs-utilisateurs on s’interesse à une liberté bien plus globale.

    Ce que souhaite tous les gens qui sont des défenseurs des libertés logiciel c’est que Apple ouvre ses conditions de distribution sur l’Apple store. Et ça bénéficiera (réellement) aux utilisateurs plus que le fait d’avoir ou non un logiciel de lecture video. Il doit bien y en avoir en freeware dont le but c’est d’être distribué au plus grand nombre parceque la boite qui les développe à pour but autre chose que la libérté (au sens GPL) de ses utilisateurs…. Peut-être des boites qui veulent se faire connaitre et se faire de la pub, des boites qui sont fournisseurs de contenu etc etc.

    Donc voilà, une seule chose, respecte les développeurs qui décident de sortir leur logiciel sous license GPL, c’est leur choix c’est lourd de sens.
    Après tu peux raler contre le fait que la GPL ça te ‘restrinct’ dans le sens où ça te force à conserver certaines liberté. Mais c’est comme ça, sinon encore une fois ça serait pas la GPL.

  29. Desidia

    Si les utilisateurs d’Ipad aiment tant VLC, pourquoi ne prennent-ils pas la peine d’écrire chez Apple pour leur signifier que la licence de l’AppStore devrait être adaptée pour le cas des logiciels GPL, ou qu’ils se tourneront vers un autre fournisseur d’appareil, puisque Apple n’est pas capable de développer un programme de qualité équivalente ?

    Ce que je trouve assez édifiant, c’est leur ton vis-à-vis des «libristes», qualifiés de curés, d’ayatollahs, et j’en passe.

    Ça me conforte assez dans l’idée que l’orientation générale des technologies IT vers la fermeture (pensez à la formule qui compare le web 2.0 à une espèce de Minitel) conviendra très bien à un état d’esprit consumériste, hédoniste et sans éthique auquel correspond assez l’acheteur Mac. Du moment qu’il en a pour son argent, qu’il a son petit confort et la certitude d’avoir fait le choix qui le classe dans la catégorie intelligence supérieure…

    D’ailleurs, puisqu’ils aiment VLC, ils peuvent aussi acheter un appareil moins cher ET(!) compatible, et profiter de l’économie réalisée pour faire un don à l’équipe de développement.

  30. Je me souviens de l’opposition entre Microsoft et le logiciel libre. Microsoft ne faisait pas spécialement de bons et beaux produits et n’avait pas une bonne image de marque. Résultat : personne pour réellement défendre Microsoft. Un Dieu sans église.

    Avec Apple, ce n’est pas pareil. Les produits sont bons et beaux et l’image excellente auprès de certaines catégories de personnes (jeunes victimes du bombardement marketing, bénéficiaires de la mondialisation, ménagères de moins de 50 ans, etc.). On se retrouve avec de nombreux adeptes de l’église Apple et l’opposition est plus intéressante parce que si l’on va au fond des choses, c’est presque une question de choix de société.

  31. Ahahah.

    @Laurange : Mais pas du tout ! VLC étant libre et open-source, libre à toi de télécharger les sources et de le compiler pour le mettre sur ton iPhone ou iPad …
    Ah mais attends, quoi ? On peut pas compiler ses propres applications et les mettre soi même sans que cela soit approuvé par Apple ?

    Bah alors où est le problème ? Si toi, consommateur, tu choisis une plateforme où tu n’es pas *libre* d’installer ce que toi, utilisateur, tu désires installer, alors ne viens pas te plaindre que l’application que tu désires n’y soit pas.

    Sur un système plus ou moins libre, où tu auras au moins la liberté d’installer ce que tu veux, tu pourras toujours la liberté de recompiler le programme qui te plait.
    Là, sur un iOS, on peut pas. Point. Je ne te prive de rien du tout, puisque *tu* as choisi une plateforme qui prive de la liberté de mettre ce que l’on veut.

    Ce n’est pas aux programmeurs de se plier aux privations de libertés imposées par Apple mais aux utilisateurs de faire pression sur Apple pour lever ces privations, ou tout simplement utiliser une plateforme alternative qui n’aura pas ce problème.

    Concernant les libristes dans leur coin, le jour où les gens se rendront compte que des géants dominent le marché et maîtrisent *totalement* les usages de leurs produits, usages tellement restreints qu’on se demandera comment on a pu laisser passer ca, faudra pas venir pleurer.

    Encore une fois, le code source, même partagé sous une licence libre, n’est d’aucune utilité s’il est inutilisable. Or, dans ce cas précis, il est inutilisable sur iOS tel quel. De ce fait, un logiciel libre sur une plateforme le privant de ses libertés n’est par définition plus libre du tout.

    Pourquoi est-ce si difficile à comprendre ?

  32. Ok, j’ai compris :

    Le code est disponible partout, on peut le modifier, le redistribuer, etc … MAIS lorsqu’il passe sur l’appstore, on ne peut plus le faire A PARTIR DE L’APPSTORE. Notons que le code n’a pas été modifié.

    Alors, je pense que du coup, c’est quand même un peu plus compliqué que ce que le billet laisse penser.
    *la GPL s’applique-t-elle a la société qui a modifié VLC : oui, c’est clair
    *est-ce que c’est Apple ou la société éditrice qui « distribue » une modif d’un produit GPL : aucune idée
    *est-ce que l’appstore qui n’est qu’une sorte de dépôt doit être soumis à la GPL : aucune idée non plus, je ne suis pas convaincue au niveau du droit par les arguments de la FSF. (et philosophiquement, je suis opposé à ces arguments)

    Il aurait donc fallu passer par un juge pour trancher ces points , mais … je pense qu’Apple n’en strictement rien à faire des Stallman fanboy … Au contraire, il pourras promouvoir ses formats vidéo propriétaires :-(

    PS : je ne suis pas un Apple fanboy, bien au contraire

  33. @Eric
    > MAIS lorsqu’il passe sur l’appstore, on ne peut plus le faire A PARTIR DE L’APPSTORE. Notons que le code n’a pas été modifié.
    On ne peut (à priori) pas le faire puisque la liberté de distribuer le logiciel à volonté disparaît. Et comment savoir si le code a été modifié ? Il faudrait pouvoir compiler le code mettre le binaire sur l’appareil et comparer avec le binaire fourni par Apple, non ?
    Mais au vu de la restriction des copies d’appareil à appareil, je me dis qu’il y a probablement du DRM et donc du code modifié.

    > est-ce que l’appstore qui n’est qu’une sorte de dépôt doit être soumis à la GPL

    À mon avis la question est mal posée. Un dépôt ne peut être soumis à une licence logicielle, cela n’a aucun sens. C’est la question de la compatibilité avec les logiciels sous GPL qui compte.

    > je pense qu’Apple n’en strictement rien à faire des Stallman fanboy …
    Et je pense qu’Apple en a rien à faire de ses clients qui voudraient utiliser VLC, changer les conditions d’utilisations de l’App Store ne me semble pas insurmontable :-)

  34. A mon avis, ça va se passer ainsi : Steve Jobs va probablement écrire un communiqué indiquant qu’il aimerait lui aussi que VLC soit disponible sur l’app store, mais que ce n’est pas possible pour la sécurité des possesseurs d’iphone, et blabla blabla, et encore quelques blabla, et tous les fanboys d’apple vont avoir une érection, et l’affaire tombera dans l’oubli. Comme d’habitude.

  35. @Laurange

    « 95% du reste du monde qui considère l’informatique non pas comme un but mais comme un moyen, se fout de votre liberté. »

    Oui, et c’est tout à fait normal, parce qu’ils ne la comprennent pas (ce n’est pas péjoratif ou méchant, on ne peut pas être expert dans tout).
    95% du reste du monde, qui considère l’automobile non pas comme un but mais comme un moyen, se fout des normes gouvernementales applicables à celles-ci. Lorsqu’une voiture est retirée de la circulation parce qu’elle est considérée comme dangereuse, 95% des gens viendront s’insurger en disant qu’elle marche très bien leur voiture et qu’il n’y a aucune raison de la retirer.

    C’est le même principe. Forcément que 95% des gens se fiche de la liberté en informatique, 95% des gens se fichent de l’informatique tout court! Ils veulent que ça marche, un point c’est tout (et c’est tout à fait compréhensible).

    Ce que les gens du LL disent, c’est « d’accord ça marche au temps t, mais si vous voulez que ça marche encore dans le futur, écoutez-nous, _nous_ nous savons de quoi nous parlons ».

    Raisonner en fonction de l’avis du plus grand nombre est trompeur (d’autant plus lorsqu’il s’agit de produit Apple, puisque Apple ne fait jamais rien de mal, c’est bien connu).

  36. « Les cons auront toujours raison, ils sont plus nombreux. »

  37. Un million de lemmings ne peuvent pas se tromper.

  38. Ce que les gens comme Laurange ne comprennent pas, c’est que sur les iPad, iPhone, etc, une approche basée sur la consommation est la seul approche autorisée. On ne peut utiliser que ce qu’Apple nous autorise à utiliser et avec certaines restrictions notamment sur la copie et l’utilisation de versions personnalisées.

    Le logiciel libre défend une approche d’utilisation, de toutes les formes d’utilisations qu’on peut faire, qui que nous soyons et quelle que soient nos connaissances en informatique. Le logiciel libre s’adresse à tout le monde, sans différenciation. Qu’on soit un utilisateur non-connaisseur qui se contente d’une version « prête à l’emploie » pacagé ou qu’on soit un développeur qui va ajouter lui-même une fonctionnalité puis compiler et utiliser le logiciel, on est tous égaux face au logiciel libre. Les logiciel dit Copyleft, comme VLC, s’assurent juste que ces libertés restent présentes si vous utilisé une version dérivée.

    Ces deux approchent sont quelques peut incompatible. Non pas qu’il n’est pas possible de ne faire que « consommer » du logiciel libre, mais les conditions de « consommation » d’Apple sont incompatibles avec les libertés accordées à toutes et à tous, qui que nous soyons, par le logiciel libre.

    Rémi Denis-Courmont a fait le bon choix. Beaucoup de gens, des êtres humains, ont passé énormément de temps à créer VLC. Ils l’ont fait en accordant les libertés du logiciel libre à leurs travaux tout en ayant la garantie que ces libertés ne seront pas balayé. Rémi n’a fait que s’assurer que cette garantie tienne et que ces libertés ne seraient pas balayé.

    Pensez-vous que VLC devrait s’assoir sur les libertés qui lui permettent d’exister pour la seul et unique liberté de consommer?

    Dire « c’est pas libre car je n’ai plus la liberté de le consommer », c’est passer sous silence l’essentiel. De plus, c’est réducteur et insultant. Pour ceux qui font du logiciel libre ainsi que pour celui qui affirme ce « raccourci ».

  39. @Incontinentia Buttocks; Tout dépend de quelle hauteur ils chutent.

  40. Le problème est bien Apple en lui même et ses produits ultra fermés ! En fait, cela ne vient même pas directement du « dieu » steve jobs, mais de ses apôtres et de tous ces millions de moutons prêt à camper devant une boutique Apple pour acheter un iTruc de daube, qui non seulement est de moins bonne qualité que bien des concurrents, mais qui en plus enferment encore plus ces même mouton dans leur enclos Apple Marketing. Et les médias n’aident vraiment pas à la tâche ! Tous les produits made in Apple (ou plutôt made in china) sont toujours en top 1 quand il s’agit de les comparer aux produits concurrents qui pourtant, la plupart du temps, sont de meilleure facture et bien moins chère ! Où est donc l’objectivité des médias français ? Dès la sortie d’un seul iProduit, ce sont tous les médias en harmonies qui diffuse cette actualité alors que la majorité des gens aimeraient voir de vrais actualités ! Du coup Apple a réussi ce que personne n’avait réussi jusqu’à présent : le marketing qui s’autoalimente de façon exponentiel. Apple sort une « révolution », des moutons campent devant une boutique toute une nuit, ça passe sur toutes les chaines, du coup tout le monde aime et puisque tout le monde aime, il y a encore plus de ventes donc plus de pub gratos sur les médias et donc encore plus de gens en achètent … (et plus il y a d’utilisateurs, plus il y a de produits sur l’appstore et plus il y a de produits sur l’appstore, plus il y a gens qui l’utiliseront, …) et ça n’en fini plus ! Le pire dans cette histoire, c’est que contrairement à Microsoft, non seulement Apple à la main mise sur le software (logiciel) mais aussi sur le hardware. Et au final, si Apple venait à s’imposer, on serait complètement dépendant et lié à Steve Jobs (prions pour que ce cauchemar n’arrive pas !)
    Au final, s’il y a un changement, ça sera au niveau des consommateurs.

    Mon petit slogan Apple : il y a mieux, mais c’est moins chère !

  41. Je pense à quelque chose :

    Est-ce que ca veux dire que les gens qui mettent ne serait-ce qu’une ligne de GPL dans leur appli iPhone ne peuvent légalement pas le mettre sur l’appstore ?

    C’est énorme comme conséquence…

  42. @Eric: Pour quelques lignes ce n’est pas forcément le cas, car tu peux souvent plausiblement nier l’avoir repris d’un quelconque projet. Par contre dès que le morceau de code en question est conséquent et qu’il devient évident qu’il a été repris d’un projet GPL, alors là tu es obligé d’appliquer la GPL.

  43. Il serait intéressant aussi de comprendre pourquoi Applidium a proposé VLC.
    Leurs autres applis sont soit des commandes d’autres sociétés soit des services de Google « habillés ».
    Ça ne risque pas d’être le cas ici. Il me semble donc que leur principal but était de s’appuyer sur une faiblesse connue d’iOS (formats videos supportés) pour faire connaitre leurs autres produits et leur nom.
    En tout cas je pense pas qu’ils soient des « pros » du Libre et ils ont pris une approche plutôt open source.

    Il est normal que les libristes veillent sur leur bien et leur engagement.
    Il est dommage que dans le cas présent le plaignant fasse partie de Nokia qui est en procès avec Apple. Cela peut trop facilement faire penser à un coup bas.

    Côté Apple, leur but est de vendre des appareils, leur magasin permet à de nombreuses entreprises d’engranger de l’argent (et de rendre le matos Apple plus attrayant en retour, cercle consumériste « vertueux »). Pour ces sociétés, il parait difficilement concevable qu’une appli payante soit redistribuée à l’envie entre utilisateurs (bien que ce soit possible avec le paiement « in App »). Même pour une appli gratuite il est utile de suivre le nombre de téléchargements ou de figurer dans le « top 100″ et donc là aussi l’échange entre utilisateurs est « nuisible », y compris pour Applidium.
    Enfin bon , l’App Store porte bien son nom et, en tant que « cash machine », rendre l’utilisateur libre n’a aucun d’intérêt en soi.
    Le Libre est toléré tant qu’il ne génère pas de soucis et de dépenses. Si un risque financier apparait, c’est la poubelle direct. Hop un risque de moins.
    Les utilisateurs peuvent toujours se tourner vers d’autres solutions, payantes ou nécessitant de ré-encoder les vidéos sur le PC/Mac.

    Ah et un gagnant indirect de ce retrait est… Microsoft : vous voyez bien que le Libre présente des risques pour votre business !

  44. Baptiste

    tant mieux !
    on va pas plaindre les gogos qui achètent du apple.
    s’ils s’acceptent d’être pris pour des truffes, ils accepteront de ne pas avoir ce très bon logiciel au détriment d’un truc moins bien et payant.

  45. Lu sur le Net, un article de Slate.fr très élogieux vis-à-vis de Steve Jobs (souvent à juste titre d’ailleurs).

    Et au milieu de l’admiration, ce tout petit paragraphe :

    « Vous n’êtes pas obligé d’être d’accord avec cette conception de l’informatique. Ainsi, les nerds reprochent depuis longtemps à Apple d’infantiliser les utilisateurs, de leur retirer le contrôle de leurs machines afin d’en uniformiser et d’en faciliter l’utilisation. Ces reproches sont souvent justifiés. Ils sont également caducs, car Steve Jobs a gagné. »

    Voilà, c’est dit, mais c’est de suite balayé d’un revers de la plume.

    Pourquoi Steve Jobs ne reviendra pas aux commandes d’Apple (Slate.fr)
    http://www.slate.fr/story/32857/ste

  46. Lolocafera

    J’ai une critique à formuler sur la traduction. Pourquoi avoir remplacé Bob par Pierre et Charlie par Paul ?
    Si c’est pour franciser les noms, deux choses:
    1) C’est stupide. Rendez nous Alice et Bob !
    2) À la limite, pourquoi pas Bernard et Cyril, pour garder le principe alphabétique ?

    Il y a quand même des traditions à respecter, enfin quoi…