Le prix à payer de la gratuité de Facebook ? Notre Internet défiguré par la publicité !

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Karrie Nodalo - CC byLes utilisateurs de Facebook veulent le beurre et l’argent du beurre. Non seulement ils exigent la gratuité totale du service mais en plus ils poussent des cris d’orfraie dès que Facebook a l’outrecuidance de lorgner sur leurs données personnelles.

La question de savoir comment un site qui avoisine le milliard d’utilisateurs fait pour se maintenir, se développer et gagner des sous ne les effleure même pas.

Le problème c’est que, là encore, nous ne sommes pas dans le monde des Bisounours. Et la gratuité affichée au grand jour s’accompagne inévitablement, tôt ou tard, par de la publicité.

Une publicité pas toujours assumée qui s’accapare alors plus ou moins pernicieusement nos informations, ce que l’on résume souvent ainsi  : « si vous ne payez pas pour le produit, c’est que vous êtes le produit ». Une publicité qui représente la principale source de revenus de ces services gratuits, acquérant par là-même un pouvoir qui tend à dénaturer Internet.

Les idiots utiles que nous sommes n’avons que ce que nous méritons.

Le couple gratuité/publicité, potentiellement mortifère pour le Net, tel est donc le thème de la traduction du jour[1].

La solution prônée par l’auteur de l’article ci-dessous serait de revenir à un système plus sain qui consiste à payer pour le service, sachant qu’avec les effets d’échelle une somme infime serait demandée (pour faire tourner Facebook, rien de plus que le prix d’un café par an). Facebook, Gmail, Twitter… ce serait légitime pourtant vu le temps que nous passons dessus au quotidien.

Raisonnement logique mais complexe voire naïf car la gratuité est devenue plus qu’une (mauvaise) habitude, ce serait presque un dû. Et malheur à la startup qui proposerait dès le départ son service Web payant.

Sauf bien sûr si l’on choisit l’option Libre.

Lorsque Jimmy Wales lance son appel pour la campagne de dons Wkipédia, il insiste justement sur le fait qu’il est important de préserver le site de la publicité.

On notera en passant qu’environ 0,1 % des visiteurs de l’encyclopédie la soutiennent financièrement. C’est ridicule et ça en dit long sur la prégnance du gratuit dans les pratiques du Web. Mais cela suffit pourtant pour collecter plusieurs millions d’euros et faire vivre le projet.

Libre ne veut décidément pas dire gratuit…

Le toujours tout gratuit  : quand les pubs Facebook nous dévoilent le triste état de l’Internet

Everything for free, always : how Facebook ads show us the sad state of the Internet

Rian van der Merwe – 26 décembre 2011 – Elezea – CC By-Nc-Sa
(Traduction Framalang  : Clochix, Goofy, Don Rico et Martin)

Je n’aime pas les sources anonymes, mais ce billet d’« un ancien DSI qui a été informé de la stratégie publicitaire de Facebook » a retenu l’attention de beaucoup de gens la semaine dernière. Ce paragraphe se détache particulièrement  :

Ce que la plupart des utilisateurs ignorent, c’est que les nouvelles fonctionnalités introduites ont toutes pour mission d’augmenter la valeur de Facebook pour les annonceurs, au point que des représentants de Facebook ont promu l’idée que la nouvelle Timeline consiste en fait à redéfinir les utilisateurs selon leurs préférences de consommateurs, ou comme ils disent, « les marques constituent maintenant une partie essentielle de l’identité des gens ».

Brent Simmons a émis une réponse lapidaire à cette dernière formule  : « À gerber »

Je suis d’accord.

Et John Gruber a mis un lien vers une page créée par Facebook pour expliquer comment ils gagnent de l’argent. Facebook déclare ainsi que faire tourner et maintenir son site coûte désormais plus d’un milliard de dollars par an. Une coquette somme, c’est sûr. Mais c’est vraiment une honte que la publicité soit le seul et unique moyen valable qu’ait trouvé Facebook pour payer l’addition.

Facebook se targue de compter plus de huit cent millions d’utilisateurs actifs, et que « plus de la moitié d’entre eux se connectent sur Facebook chaque jour ». À titre d’exemple, supposons qu’environ cinq cent millions d’utilisateurs consultent Facebook tous les jours. Si chacun d’eux payait Facebook deux dollars par an, le chriffre d’affaires couvrirait le coût de maintenance du site. Si l’on passait à trois dollars par an, soit 25 cents par mois, on atteindrait d’un coup un revenu d’un milliard et demi de dollars par an (soit à peu près cinq cents millions de dollars de bénéfices, selon les estimations que fait Facebook de ses coûts de fonctionnement). Soyons tout à fait clair  : il ne s’agit que du prix d’un café par an.

C’est malheureusement un raisonnement naïf, car cela ne se produira jamais. La plupart des utilisateurs ne sont en effet pas disposés à payer pour les services et les contenus d’Internet. Ils veulent, pour ne pas dire exigent, la gratuité tout en demandant aux entreprises et aux Marques™ de se tenir à distance de leur vie privée et de leurs données confidentielles. Ce n’est pas un souhait réaliste  : si personne ne veut payer pour quoi que ce soit, il faut bien se rattraper ailleurs. Mais rares sont ceux qui y réfléchissent assez pour en avoir conscience.

Un article publié récement sur le blog Pinboard m’a vraiment interpellé, et vu comme il s’est répandu sur Twitter, je sais qu’il a touché une corde sensible chez beaucoup d’autres. Voici ce que dit cet article, intitulé « Ne soyez pas un utilisateur gratuit »  :

Que faire si un site que vous appréciez n’a pas de modèle économique  ? Gueulez sur les développeurs  ! Expliquez-leur que vous êtes fatigués des bons projets qui ferment, et que vous voulez payer en monnaie sonnante et trébuchante pour éviter que ça arrive à leur site. Pas besoin de facturer un prix prohibitif par utilisateur pour qu’un projet ne soit pas déficitaire. Il suffit d’une somme supérieure à zéro.

Dans le cas de Facebook, cette « somme supérieure à zéro » s’élève à 3$ par an (avais-je précisé que c’était par an  ?). Mais les utilisateurs non geeks ne se posent pas ces questions. Ils ne pensent pas aux concepteurs et aux développeurs qui créent les applications et ont besoin d’une rétribution financière pour que le service continue à vivre. Payer 99 cents pour un jeu iPhone, c’est déjà trop . Ils piquent une crise chaque fois que Facebook modifie quelque chose, ignorant toujours totalement qu’ils ne sont pas les clients de Facebook, mais seulement le produit que Facebook vend aux annonceurs. Tout ce qui les intéresse, c’est d’avoir leur Facebook gratuit pour envoyer des messages à leurs amis en vue de préparer la fête du lendemain. « Payer pour ça  ? Et puis quoi encore  ? Je sais pas comment vous maintenez le site en ligne, et je m’en contrefiche. Ah, au fait. Je vous prierai de respecter ma vie privée, et je ne veux pas voir l’ombre d’une pub. » Tel est leur discours.

C’est à s’arracher les cheveux.

Je crains que nous nous soyons enfermés dans ce modèle gratuit et que le seul moyen d’en sortir soit de vendre nos identités aux Marques™. Steve Jobs y a fait allusion lorsqu’il négociait avec le New York Times et refusait de leur donner accès aux informations des utilisateurs. D’après sa biographie, il aurait déclaré  :

Si cela ne vous convient pas, ne passez pas par nous. Ce n’est pas moi qui vous ai mis dans ce pétrin. C’est vous qui avez passé les cinq dernières années à filer votre journal en ligne gratos sans collecter la moindre carte de crédit.

C’est nous qui avons créé cette culture. C’est nous qui, au cours de la dernière décennie, avons mis en ligne des tonnes de choses accessibles gratuitement, sans demander à quiconque sa carte de crédit. Nous avons conditionné les utilisateurs au fait que tout devrait toujours être gratuit. Ce qui a donné aux annonceurs la haute main sur toutes les négociations, parce qu’ils savent parfaitement qu’ils sont le seul moyen pour la plupart des sites de gagner de l’argent.

Pourquoi est-ce si important  ? De la publicité contextuelle pertinente, ça n’est pas mal, n’est-ce pas  ? Pas même avec modération, non (cf The Deck ). Parce que quand la pub devient le seul moyen de s’en sortir et que ce sont les annonceurs qui dictent leur loi, alors ce sont toujours les utilisateurs qui en pâtissent. C’est une question de principe, je crois fermement qu’il vaut mieux payer directement les créateurs plutôt qu’à travers un mécanisme pernicieux alambiqué de publicités.

On ne peut pas vraiment en vouloir à Facebook d’avoir choisi la voie de moindre résistance. C’est celle que nous lui avons ouverte par la culture que nous avons engendrée. Mais je continue d’espérer que les nouveaux services feront payer pour ce qu’ils offrent. Et de commencer alors lentement à définir nos identités sans que les Marques™ essaient de nous dire qui nous sommes.

Notes

[1] Crédit photo  : Karrie Nodalo (Creative Commons By)

33 Réponses

  1. « si vous ne payez pas pour le produit, c’est que vous êtes le produit »

    Très belle formule… qui résume pas mal de choses en fait…

  2. C’est votre nouvelle façon de faire un appel au don? ^^

  3. Facebook, symbole de la firme capitaliste dans un pays roi du capitalisme en arrive a faire du communisme… Eh oui, chacun paye une petite taxe en faisant ses courses (cout de la pub compris dans le prix du produit) et ainsi on a un service qui profite à tous. Bravo! mieux que l’état! (sauf qu’il faut reverser les dividendes – dont l’auteur ne parle pas – aux actionnaires).

  4. Merci beaucoup pour cet article très intéressant.

    Ça fait réfléchir un créateur de site qui s’apprêtait à mettre de la publicité ^^ !

  5. A vrai dire, ça ne me choquerai pas de payer une somme minime à un très grand nombre des sites que j’apprécie (une somme très minime, mais répartie sur beaucoup d’utilisateurs serait suffisante pour une majorité des sites qui m’intéressent), le problème est l’implémentation…

    Il faudrait que la donation soit aussi simple qu’utiliser le bouton « Like » de Facebook ou autre (que je n’utilise pas à présent) et qu’on puisse donner une petite quantité d’argent sans que les 3/4 partent à payer la transaction !
    Une très bonne sécurité du service et des limites dures ou souple à la dépense globale devraient également faire partie du paquet. J’envisionne un système de « porte-monnaie » qu’alimenteraient les internautes, tous les fournisseurs de contenu adhéreraient et recevraient les dons regroupés (ainsi on éviterait le problème des petits transferts, aussi bien des internautes vers le service que du service vers les sites). En fait cela ne me semble pas si compliqué, y a-t-il déjà des systèmes ainsi conçues ? En dehors de Paypal qui est encore trop compliqué et pas assez sécurisé à mon goût (limites dures inexistantes, je ne crois pas que les petits transferts soient bien traité, bien qu’il y ait un système de porte-monnaie optionnel)

  6. Personnellement, la pub ne me gêne pas,je ne la regarde pas, je ne clique donc jamais sur un lien.
    Je devrais d’ailleurs voir ce que l’on me propose.
    Peu d’infossur moi, donc, cela m’est égal que ce soit vendu…

  7. Comme d’habitude, un très bon article qui résume bien le problème auquel se heurte bon nombre de services web.
    Le problème pour facebook est qu’une bonne partie de ses membres est mineur: un adulte paiera plus facilement ces 3$ qu’un jeune qui devra demander une carte de crédit à ses parents pour un service dont ils ne connaissent même pas l’existence ou dont ils ne voient pas l’intérêt.
    Bonne année 2012 à tous :)

  8. Ouais, mais avec Facebook il faudrait payer sans avoir aucune garantie de ce qu’ils font avec les données.
    Enfin, moi je n’utiliserais jamais Facebook.

    Les militants de Wall Street préparent leur réseau social
    http://www.linformaticien.com/actua

  9. Dunaedine

    Tout à fait d’accord avec Jedaï, l’implémentation est une question capitale. Je suis un utilisateur de Jamendo. J’ai du m’arracher les cheveux pour réussir à faire un don à cause de l’utilisation obligatoire d’un intermédiaire (Paypal) associé aux sécurités de la banque… Je n’ai pas refait de dons depuis.

    Je trouve que http://flattr.com représente une excellente solution, qui correspond bien à ce que décris jedaï.

  10. spikyvins

    Je suis étonné du peu de remarques concernant la possibilité de ne pas être la cible de pubs en naviguant sur internet.
    Quid de Ad-block, Ghostery, NoScript etc. ?

    Non seulement je ne paye pas, mais je suis pas victime de la publicité. Peut-être qu’un jour quelqu’un interdira les anti-pubs ! 😮

    Ce qui revient souvent en conversation c’est : « J’ai rien à caché. »
    Je ne comprends pas le désintérêt qu’éprouvent certains alors que certaines entreprises les connaissent mieux qu’eux-même.

  11. Le problème, c’est peut être que tous ces services qui cherchent à être financés se basent sur le modèle du minitel et non sur celui de l’Internet. Si tout n’était pas centralisé et que chacun stockait chez lui des «bouts» de site chez lui, il n’y aurait plus besoin de trouver dde l’argent pour financer les serveurs (il ne reste plus qu’à financer le développement).

  12. Vous confondez, dans la traduction, CIO (DSI en français) et CTO (Directeur Technique).

  13. Désolé, mais il y avait cet excellent article (qui cite Framasoft) à propos de la menace Facebook

    Et nous assistâmes les bras ballants à la privatisation du Web
    http://www.le-tigre.net/Et-nous-ass

    Mais ce qui n’est pas dit, c’est que cela leur permet de savoir absolument tout de ceux qui y sont inscrits et d’en déduire tout un tas de choses qui… combinées avec Indect, le DPI, ACTA, etc.
    http://philum.info/61598
    http://www.lesmotsontunsens.com/ind
    http://www.europarl.europa.eu/sides
    http://www.eurocitoyenne.fr/content
    http://www.indect-project.eu/

  14. Je suis assez en désaccord avec l’article, qui prétend qu’il faudrait choisir entre la publicité et le paiement direct par les utilisateurs pour avoir accès à un site. Ceux qui ne veulent pas de publicité ni de paiement pour accéder aux sites seraient de grands naïfs. Je fais partie de ceux-là.

    Je ne veux pas de publicité (pollution visuelle, influence éditoriale…). Mais je ne veux pas non plus de paiement d’accès. Pour plusieurs raisons.

    D’abord, le web serait cloisonné. Je donne un lien à quelqu’un, il ne peut pas le lire (c’est ce qui m’arrive quand je donne un lien d’Arrêt sur Images ou de Mediapart par exemple), car lui est abonné au site A, mais pas au site B… C’est contre l’universalité d’accès.

    Ensuite, parce que les sites auraient, mécaniquement, beaucoup moins d’audience (même s’il ne fallait payer qu’1 centime ou 1 millionième de centime). Quelqu’un arrivant sur un site pour lire quelque chose, qui tombant sur une page « veuillez d’abord payer ici », il quitte la page. Déjà, une agression de popup « inscrivez-vous à notre newsletter » suffit parfois à repousser l’utilisateur, alors une demande de paiement…

    Enfin, le problème fondamental est exactement celui du financement de la création (dont on parle beaucoup pour les droits d’auteur). L’argument central en faveur du paiement est qu’un artiste ou un créateur de sites, comme toute autre personne, a le droit de vivre de son travail. Si tout le monde peut accéder aux œuvres ou aux sites de manière illimitée et gratuite, alors l’auteur ne peut plus gagner d’argent.

    Mais d’où vient ce problème ? Pourquoi y a-t-il un problème ?
    Il y a un problème à cause du conflit entre l’abondance et l’économie. Un accès à tous (une offre illimitée) et un coût marginal nul impliquent un prix nul.

    La question fondamentale est donc : faut-il lutter contre l’abondance pour restaurer une rareté artificielle propice à une demande solvable ?

    La proposition du paiement de l’accès, aussi infime soit le prix, répond par l’affirmative à cette question : elle souhaite instaurer une restriction d’accès afin de pouvoir faire payer.

    Est-ce une réponse correcte ? D’après moi, à l’évidence, non.
    Demandons-nous : quel est le but de l’économie ? C’est de résoudre les problèmes de rareté auxquels la société doit faire face. Avec l’abondance (dans certains domaines), par définition les problèmes de rareté sont résolus.

    Mais alors, faudrait-il restaurer une certaine rareté pour résoudre un problème économique, alors même que l’économie a pour but de résoudre les problèmes de rareté ? Ce serait lutter contre l’objectif afin de conserver ce contre quoi on lutte.

    Alors, que faire ?

    Je pense que la meilleure solution, qui me semble de toutes façons inévitable, est de dissocier (en partie) le revenu et l’emploi : le revenu de base.

    Pour moi, trois raisons essentielles le justifient :
    – le lien de causalité entre amélioration de la société et augmentation de la pauvreté (1) ;
    – l’injustice monétaire de l’argent-dette (2) (3) ;
    – le conflit entre l’abondance et l’économie, que j’ai évoqué dans ce commentaire (4).


    (1) http://blog.rom1v.com/2011/02/divid
    (2) http://blog.rom1v.com/2011/05/linju
    (3) http://blog.rom1v.com/2011/12/compr
    (4) http://blog.rom1v.com/2011/06/labon

  15. ®om > en réaction au début de ton commentaire

    Il y’a une troisième voix entre le tout publicité et le cloisonnement de l’Internet « à la Mediapart », c’est le modèle à la Wikipedia : même ceux qui ne paient pas ont accès au contenu. aKa en parle dans l’intro.

    Encore une autre possibilité, le modèle qu’applique PcInpact : On choisit si on veut de la pub ou pas.
    Si on ne veut pas de pub on paie un petit peu. Si on ne paie pas on à de la pub.

  16. D’accord avec Dom: Payer pour Facebook ne restaurera pas le status des utilisateurs, ils resteront LE produit. Facebook ne voudrait que le beurre? et laisserait l’argent du beurre? quelle naïveté!

  17. pere.despeuples

    puisqu’on parle d’Adblock, ils viennent justement de changer de philosophie dans le sens de ce que décrit l’article en modifiant leurs préférences par défaut.

  18. Pas une citation de Diaspora ou Movim comme alternative… Curieux ce post…

    Mais par ailleurs comment peut-on parler du gratuit / payant sans mettre en lumière le fait que la monnaie elle même n’est pas libre ?

    http://www.creationmonetaire.info/2

    Vraiment très curieux ce post !

  19. Laurent

    D’où provient la photo et quels sont ses droits d’auteur?

  20. @Laurent: CTRL-« U » est ton ami! :-)

  21. blindbrain

    Ainsi donc, Facebook serait un site centralisé, profilant ses utilisateurs, les dénonçant aux autorités, pratiquant la censure et complètement fermé parce qu’il est gratuit ?

    Vous vous moquez de vos lecteurs sur Framasoft ?

    Facebook a choisi le modèle de la gratuité pour attirer ses utilisateurs pour pouvoir ensuite monnayer leurs données personnelles, c’est son modèle de base.

    Nous sommes d’accord que peu de gens se posent la question de ce que cache la gratuité sur le Web, mais le choix de collecter et de vendre aux publicitaires les données des utilisateurs n’est pas le fait des utilisateurs qui ne voudraient pas payer pour un tel service. Il ne faut pas inverser les responsabilités.

    Cet article est un ramassi de conn…poncifs non argumentés qui essaie de nous convaincre que la gratuité c’est le mal et que désormais si nous voulons nous protéger des méchants publicitaires, il faudrait être plus adulte et payer. Comme si la redevance empêchaient la publicité à la télévision, le paiement d’un magazine les pages de pubs et les articles publicitaires.

    Le choix de la pub est un choix éthique et politique, sur Wikipédia ils ont fait le choix de s’en passer, sur Facebook, ils ont fait le choix de contribuer à faire du monde numérique une dimension où l’on est tracé, épié, vendu, cloisonné et exploité. Google aussi a fait ce choix et a même montré la voie.

    L’utilisateur/consommateur, lui, n’a fait aucun choix, la plupart du temps il a du mal à comprendre comment fonctionne tout ça et la plupart du temps on lui ment de toute façon. Car Facebook ment, Google ment et la plupart des « grands » acteurs du Web mentent en permanence.

    Ces services centralisent et ne donnent pas d’autres choix pour les non spécialistes que de passer par eux dans la vie de tous les jours.

    Une petite précision pour les petits malins qui croient que Adblock est LA solution, Adblock ne fait que masquer, il ne vous rend pas intraçable. Ca augmente votre confort de surf, mais ça ne change rien au monde dans lequel vous vivez.

    Pour finir, quand vous utilisez une citation sur Framasoft, la moindre des choses serait que vous le fassiez bien et que vous citiez son auteur :  » If you are not paying for it, you’re not the customer; you’re the product being sold.  »  » si vous ne payez pas un service, c’est que vous n’êtes pas le consommateur, vous êtes le produit vendu. »

    Andrew Lewis.

    Source ( qui ne manque pas d’ironie ) : http://twitter.com/#!/andlewis/status/24380177712

    Pour avoir une petite idée du traçage dont nous sommes tous victimes dés que nous ouvrons notre navigateur web, installez Collusion, un addon pour Firefox :

    http://collusion.toolness.org/

  22. @blindbrain :

    Pour réellement bloquer le traçage, il y a Ghostery et RequestPolicy (ainsi que d’autres) sur Firefox.

    J’utilise RequestPolicy, il n’utilise pas de « white/black list » partagée (à la Ad-Block Plus), donc il faut travailler un peu à chaque nouveau site un peu trop « lourdeau » en requêtes externes (la plupart des gros sites envoient des requêtes vers 5 à 10 sites externes, mais ça peut monter à plus de 20…), mais au moins on est précisément maitre de ce que l’on accepte ou pas.

    @mydjey :

    Le truc c’est que même avec une formule freemium, rien ne me dit que FB ne continue pas à vendre mes données. Je me paie seulement le confort de ne pas voir de pub (ce que fait très bien Ad-Block gratuitement).

  23. @ ®om
    Merci pour ce commentaire à propos des modes de financement et de l’universalité d’accès.
    « Enfin, le problème fondamental est exactement celui du financement de la création… »
    Mais pas seulement… écoutez ceci jusqu’au bout :
    http://philum.info/61604

    @ spikyvins et Ginko
    Pour Ghostery, les commentaires sont souvent plus instructifs que les articles :

    https://addons.mozilla.org/fr/firef
    Licence du code source : Private License.

    http://zzz.rezo.net/Bloquer-les-mou
    « Quelqu’un a-t-il pris la peine de lire leur politique de confidentialité et les commentaires sur la page firefox de l’addon ?
    « You acknowledge that the Software will contact GHOSTERY and send limited information about the websites you visit to GHOSTERY’s databases »
    Sérieux, ça craint. »
    Pour la réponse au commentaire :
    « Il faut aussi lire ce qui est écrit au-dessus…etc. »
    Pour la confiance en une boîte noire, voir la license suffit… à defaut de pouvoir lire le code pour vérifier vraiment tout ce qu’il fait en plus des fonctionnalités annoncées (qui seront toujours définies avec les meilleures intentions du monde).
    et
    « Ha ha bien joué, le mouchard qui se fait passer pour un détecteur de. Et installé par l’utilisateur… »

    http://www.fansub-streaming.eu/blog
    « Ça a l’air intéressant.
    Mais attention: Cette extension a été développée par une société qui fait de la publicité:
    http://www.betteradvertising.com/ou…« 

    On peut ensuite creuser le sujet…

  24. @Dom :

    Effectivement, ça doit être pour ça que j’avais à l’époque privilégié RequestPolicy… m’enfin, j’avoue avoir nettoyé ça de ma mémoire.

    C’est dans les suggestion de addons.mozilla.org pour RequestPolicy que j’ai recroisé Ghostery, et vu que ça avait l’air d’être la plus utilisée, je l’ai mis ici. Ça m’apprendra à me fier à la popularité des choses… rarement un critère réellement fiable.

  25. @mydjey
    « Il y’a une troisième voix entre le tout publicité et le cloisonnement de l’Internet « à la Mediapart », c’est le modèle à la Wikipedia : même ceux qui ne paient pas ont accès au contenu. aKa en parle dans l’intro. »

    Tout-à-fait. Mais le don est découragé par la structure du système monétaire. Un système à dividende universel favoriserait le don (l’argent créé serait injecté équitablement « par tout le monde » au lieu d’être injecté par un point central).

    « Encore une autre possibilité, le modèle qu’applique PcInpact : On choisit si on veut de la pub ou pas. »

    Du coup, il faut choisir entre publicité et paiement (le choix revient simplement à l’utilisateur plutôt qu’au créateur du site). Précisément ce que l’hypothèse voulait éviter.

    Ce n’est pas une critique envers le système de PCINpact, ils ne « peuvent pas » faire autrement : le bug se situe dans le système monétaire, ils ne peuvent pas le corriger eux-même. Mais le peuple le peut.

    @Dom
    « Merci pour ce commentaire à propos des modes de financement et de l’universalité d’accès.
    « Enfin, le problème fondamental est exactement celui du financement de la création… »
    Mais pas seulement… écoutez ceci jusqu’au bout :
    http://philum.info/61604 »

    Je n’ai pas (encore) vu cette vidéo, mais j’en ai vu d’autres qui parlent de création monétaire avec Étienne Chouard. Si c’est bien la même chose, je suis d’accord avec toi.
    C’est d’ailleurs ce que je dis dans les liens numérotés (2) et (3) du commentaire auquel tu as répondu :
    http://www.framablog.org/index.php/

  26. Imaginatif

    C’est certain il faut que le service fourni soit rémunéré d’une façon ou d’une autre. Toute utilisation devrait être proposée au client soit :
    – gratuite et financée par la publicité (et donc en toute connaissance de cause),
    – payante et sans aucune publicité.
    Le service étant devenu un « service public de fait », c’est au législateur d’imposer cela, pour protéger la LIBERTé des personnes puisque les « prestataires » ne le font pas.

  27. Seb176

    « Payer pour ça ? Et puis quoi encore ? Je sais pas comment vous maintenez le site en ligne, et je m’en contrefiche. Ah, au fait. Je vous prierai de respecter ma vie privée, et je ne veux pas voir l’ombre d’une pub. »

    Énorme!! Et tellement vrai!! 😀

  28. spikyvins a écrit :

    > Quid de Ad-block, Ghostery, NoScript etc. ? Non seulement
    > je ne paye pas, mais je suis pas victime de la publicité.

    Ce genre de position me navre un peu. Soit on utilise un service et on en accepte les conditions (condition de la gratuité de Facebook = voir de la pub ciblée sur le côté), soit on n’utilise pas le service.

    En éxagérant un peu, c’est comme de dire « quoi ? vous payez votre ticket au cinéma ? vous n’êtes pas bien malin : moi je rentre par la porte de derrière et je me cache le temps que les premiers spectateurs arrivent pour la séance suivante ». En effet ça va marcher, mais on ne respecte pas les conditions d’utilisation du cinéma.

    Bref, moi je n’utilise jamais ce genre de bloqueur de pub et si la pub me dérange trop, je n’utilise pas le service proposé.

  29. La pub est le sang du web moderne….et franchement impossible de revenir en arrière!!!
    Le modèle Steve Jobs/Apple est le plus pervers de tous, plus perfide encore que celui de Microsoft…un comble.

  30. @Pierrick:
    Je ne suis pas bien certain que le web ou même internet soit le bon endroit pour faire de la publicité forcée comme on est obligée de la manger dans la presse papier ou même les média audio-visuels de masse.
    L’intelligence n’est pas dans le réseau ou dans le serveur, elle se trouve aussi — pour une fois — dans l’appareil récepteur (qui ne diffère en rien de l’émetteur, d’ailleurs). La censure n’est plus l’outil exclusif de l’émetteur ou du transporteur, elle est aussi dans les mains du réceptacle final qui a enfin le droit de filtrer ce qu’il veut voir ou non alors que jusqu’ici, il n’avait que le droit d’aller aux toilettes pas trop longtemps pour ne pas rater la reprise du cliffhanger du milieu d’épisode.

    Que ce soit navrant pour les rédacteurs ou les photographes qui en plus se font payer à coup de lance-pierre — quand ils le sont, je n’en doute pas. Mais pour eux, le problème doit se situer plus dans les marges des éditeurs que des volumes de publicités effectivement avalées.
    Et je n’ai pas de solution qui puisse sauver les grosses marges du système actuel d’édition, qu’elle soit papier ou tout autre support.
    Du coup, qu’est-ce qu’on fait ?
    On interdit l’utilisation de navigateurs web qui acceptent des extensions pour les remplacer par des « applis » de smartphone ou d’ardoise numérique qui obligent de se farcir la pub en plus d’être payant comme dans la presse papier ? C’est ce qui arrive à grand pas, d’ailleurs.

    Par contre, je pense que le site censuré in fine gagne plus à être censuré qu’à être boycotté.
    En effet, si la personne laisse une empreinte de son passage sur un compteur tout en ne regardant pas les pubs, le site peut toujours faire valoir cette visite à celui qui payera l’affichage de la publicité.
    Pour la pub, le client n’est pas le visiteur. Lui, il n’est que le produit, le temps de cerveau disponible. Il faut voir les choses du bon côté de la lorgnette. :)

    @ Agence :
    Pourquoi faire du web moderne ? Le web de base, c’est bien aussi. Ça demande juste de savoir utiliser un serveur à la maison.

  31. @Lolo le 13 :

    Je ne dis surtout pas qu’il faut « interdire » quoi que ce soit, et certainement pas interdire les « bloqueurs de pub ». Je trouve dommage de profiter du contenu proposé par Facebook (si les gens y vont, c’est que le contenu les intéresse) tout en contournant la publicité qui constitue le modèle économique du site.

    De même, je n’aime pas la publicité sur les pages web. Du coup, la seule solution que je vois pour les acteurs « professionnels » du web, c’est que le service soit payant. D’ailleurs personnellement, c’est ce que je fais pour gagner ma vie… un service d’hébergement payant, sans la moindre publicité dessus. Evidemment je n’ai pas autant d’utilisateurs que Facebook ou que tout autre service gratuit bourré de publicités, mais c’est un modèle alternatif qui me semble intellectuellement acceptable.

    D’ailleurs ton message me fait penser à quelque chose : il n’y a pas de bloqueur de pub par défaut sur Mozilla Firefox et à mon avis ce n’est pas prêt d’arriver (et c’est courageux de leur part de garder des plugins dans leur « catalogue » du site officiel). Pourquoi ? parce que c’est Google qui finance Mozilla, et que si demain Mozilla permet d’un seul clic dans les préférences de désactiver toutes les publicités (y compris les liens sponsorisés dans les résultats de recherche) alors pas sûr que Google apprécie beaucoup que 25% des internautes ne voient plus les pubs Google AdSense et Mozilla devra peut-être obtenir un nouveau financement. Enfin c’est hors-sujet mais ça montre que oui, aujourd’hui la pub est le moteur économique du web.

  32. Le contenu de facebook est quand même un peu particulier, puisqu’il s’agit juste des vies des personnes identifiées (et même un peu plus, d’ailleurs) alors qu’elles ne sont pas forcément au courant que les droits des œuvres publiées sont aussi utilisables par facebook sans aucune possibilité de recours (et probablement pas d’ailleurs même en n’utilisant plus le service proposé. Pour ma part, cette close suffit à ne plus avoir aucun scrupule sur la façon dont facebook peut gagner sa vie. Et si lui aussi fait payer à l’affichage plutôt qu’au clic sur ses pubs, il ne fait que facturer avec une marge supplémentaire la publicité de ses clients.

    Il reste ensuite pour les professionnels du web de devenir des artisans comme les autres à proposer des sites personnalisés et/ou promotionnels aux particuliers et aux autres artisans. Puisque le web est considéré comme un panneau de pub géant, autant que ça profite à tout le monde en relocalisant la production. Il existe aujourd’hui un M.O.F. webmaster. Pourquoi ne pas continuer dans ce sens qui me paraît utiliser bien mieux tout le potentiel du web pour ne pas dire d’Internet ?

    Et pour l’inclusion par défaut d’adblock plus, il suffit d’utiliser Famafox plutôt que Firefox. 😉

  33. zoghba

    Laissez moi vous dire autre chose. Facebook est un instrument politique. Il a servi à bousiller plusieurs pays arabes déjà. Des perturbateurs se font passer pour des révolutionnaires; ils ciblent les facebookers du pays désigné puis créent un noyau qu’ils lancent dans la contestation. Quelques jours après, des snipers téléguidés se chargent de transformer une manifestation pacifique en émeute. Et le tour est joué. Facebook n »a pas besoin d’argent si vous voyez ce que je veux dire. Son rôle est similaire à celui de la puce cutanée. Il vous piste. Il sait qui vous êtes et ce que vous voulez faire. Et toutes les informations qu’il contient sont passées au crible en cas de besoin.