La seule chose que vous devez savoir à propos d’ACTA, par Rick Falkvinge

On n’a pas le temps de souffler. Après SOPA, c’est ACTA qui est à repousser et avec la plus extrême vigueur. Pourquoi  ? Vous le saurez en creux en parcourant ce court et percutant billet de Rick Falkvinge (que l’on traduit souvent actuellement).

Vous le saurez aussi et surtout en vous rendant sur la rubrique dédiée de La Quadrature qui nous fournit une excellente boîte à outils de résistance et mobilisation (sans oublier la pétition en ligne qui témoigne bien de la colère qui gronde).

Dark Age

La seule chose que vous devez savoir à propos d’ACTA

The only thing you need to know about ACTA

Rick Falkvinge – 28 janvier 2012 – Blog personnel
(Traduction Framalang/Twitter  : kamui57, Cubox, Céline, Lamessen, NandS, eyome, HgO, Adrien)

ACTA a finalement repris de l’élan. Mais dans un document si conséquent, alambiqué et délibérément complexe, comment pouvez-vous déterminer vous-même s’il est bon ou mauvais  ? Il existe une façon très simple de le dire.

La façon la plus simple de déterminer la nature d’ACTA ne se base pas sur le document lui-même, mais sur le comportement des gens le défendant.

Tous les acteurs, nous poussant et nous précipitant vers cet accord, ont insisté sur le fait qu’il ne changerait rien et, notamment, qu’aucun changement législatif ne serait nécessaire (en dehors de changements mineurs liés à la loi sur les marques, comme en Suède), et insistent surtout pour dire que ce n’est pas très important.

Par ailleurs, ces acteurs font pression de toutes leurs forces pour le faire passer. Ainsi, la principale question qui en ressort fait tâche  :

Si l’ACTA ne change rien, pourquoi forcent-ils son passage comme si leur vie en dépendait  ?

Et cette contradiction en elle-même suffit à démasquer l’ensemble de l’ACTA et ce que cela représente. Il a été négocié en secret par l’industrie du droit d’auteur et par les autres monopoles. Même maintenant, alors que les législateurs sont amenés à voter ce texte, il ne leur est pas laissé la possibilité de comprendre exactement ce que dit ce document – car beaucoup de nouvelles règles y sont définies mais ne sont valables que pour des protocoles d’échanges commerciaux. Ces derniers restant, néanmoins, secrets.

Si l’industrie du droit d’auteur fait pression de tout son poids pour faire passer quelque chose alors même qu’elle prétend que cela ne change rien, que pensez-vous que cela implique  ?

C’est cette industrie qui pense qu’il est convenable pour les législateurs de leur donner le pouvoir de détruire un concurrent légal se trouvant à l’étranger, en supprimant ses revenus, son site web et ses publicités, simplement en le pointant du doigt.

C’est cette industrie qui trouve normal de pouvoir demander à se trouver en tête des résultats des moteurs de recherche, et de laisser “les miettes” à ses concurrents gratuits sous couvert de la loi.

C’est cette industrie qui demande sous la menace de la loi – une industrie privée – de mettre sur écoute électronique une population entière, seulement pour voir si des gens font quelque chose qu’elle n’apprécie pas, et dans ce cas, de couper à volonté les communications de cette population.

C’est cette industrie qui fait valoir que les citoyens devraient être activement empêchés d’exercer leurs droits fondamentaux, comme la liberté de parole et d’expression, si cela risque d’empiéter sur son business.

C’est cette industrie qui pense qu’il est raisonnable de condamner un petit faiseur de Karaoke à 1,2 1,2 milliards (3 000 000 €). Oh, et une grand-mère morte.

C’est cette industrie qui utilise la pédopornographie comme bouc émissaire de sa propre censure, et qui finalement choque les jeunes et favorise l’abus d’enfants.

C’est cette industrie qui a installé des rootkits sur les CD musicaux des gens et a pris le contrôle total de leurs ordinateurs, de millions d’appareils – comprenant les webcams, les microphones, les fichiers sur le disque dur, tout. Ils se sont maintenant introduits chez nous et y ont leurs yeux et leurs oreilles.

C’est cette industrie qui, une fois que vous la pensez au fond du gouffre tant moralement qu’humainement, revient sans cesse, avec de nouvelles façons créatives de vous surprendre.

Si cette industrie veut voir appliquer ce texte législatif incroyablement mauvais. Si elle se bat pour lui comme pour sa propre vie tout en prétendant que ce n’est pas très important. Si elle se bat sans expliquer aux législateurs en quoi consiste le texte. Cela devrait suffire à n’importe qui pour réaliser que c’est un sombre concentré d’horreurs. Attendez-vous à ce que l’ACTA légalise des pratiques semblables aux exemples précédents. Et encore plus. Attendez-vous à voir pire, bien pire que SOPA.

14 Réponses

  1. Alors si on veut pétitionner contre ACTA, on est obligé de passer par Avaaz ? moyen…

  2. anonymiaous-hapoal

    et a tu plus de renseignements quand au fait que cela va toucher aussi les médicaments, etc

  3. Julien Durillon

    Une coquille dans la traduction : $1.2 billions donne 1,2 milliards de dollars, ce qui donne 909 millions €

  4. Non tu peux aller dans la rue, appeler les eurodéputés (http://www.laquadrature.net/wiki/Co…) et faire d’autre truc plus constructif que de signer une simple pétition. Mais le truc le plus constructif c’est quand meme encore d’informer le maximum de gens! Préparez des tract pour la manifestation des profs mardi 31!

  5. Vous_Etes_des_Alienes

    lien .mp3 : http://rf.proxycast.org/m/media/296

    lien joueur : http://www.franceculture.fr/player/

    lien audio : http://www.franceculture.fr/emissio

    lien podcast : http://www.franceculture.fr/podcast

    flux .rss : http://radiofrance-podcast.net/podc

    Les Pieds sur terre

    Syndiquer le contenu par Sonia Kronlund, Jérôme Sandlarz Le site de l’émission

    Emission Les pieds sur terre

    du lundi au vendredi de 13h30 à 14h

    Ecoutez l’émission 28 minutes

    Sois cool et tais-toi (R) 3

    27.01.2012 – 13:30

    Alexandre et Thomas, sont deux jeunes consultants dynamiques. Après avoir joué pendant neuf ans « La comédie du bonheur », ils ont ôté le masque et racontent les désillusions et les souffrances du monde merveilleux de l’open-space.

    1ère diffusion le 24/11/2008

    Reportage : Charlotte Bienaimé

    Réalisation : Emmanuel Geoffroy

    Thème(s) : Information| Travail
    3 commentaires

  6. @Vous_Etes_des_Alienes : émission très intéressante mais c’est dommage que le commentaire ait l’air d’un spam. C’est quoi le rapport avec ACTA ?

  7. Et avec un boycott des achats, des sorties ciné, sur 6 mois, un an,….. ?

  8. Hé bien oui, quoi : le boycott de tout produit culturel, radio, média, livre inclus. Vous y êtes prêts ?

  9. @pmls : les Anonymous proposent effectivement un « Black March » = un mois de mars où l’on évite d’acheter cd, dvd, livre, magasines, places de ciné… c’est juste sur un mois, c’est pas la mort (il suffit juste d’attendre le mois d’avril pour acheter ce que l’on voulait!) et si c’est bien suivit ça peut avoir un très grand impact ça… :-)

  10. un boycott d’un mois ne me parait pas suffisant ; six mois seraient plus efficaces comme le propose pmls (16:24). Six mois renouvelables. Encore faut-il que beaucoup de citoyens-consommateurs-pigeons l’appliquent réellement et ne se contentent pas de râler dans des commentaires d’articles sur Internet.

  11. la-veritable-lutte

    ne vous trompez pas de combat .

    lien : https://www.youtube.com/watch?v=N4z
    Le chômage a une histoire 1981 2001

  12. saratogagy

    Il est évident que le cas d’une action de tuut un mois est hautement insuffisant car il risque d’y avoir un report massif de fréquentation du mois tuuuut sur le mois suivant. Et les industries du divertissement sont loin d’être aux abois pour ne pas absorber un défaut de trésoreries sur 1 mois.

    Pourquoi pas 6 mois? Si c’est réellement suivi.

    Quant à moi, j’ai compris. Je me procures des échantillons gratuits et je vais au concerts et si ça déchire j’achète les albums sur place. Et comme c’est rare je fais des économies et je vis sur mes acquis (les albums que j’ai déjà).

    Pour les films, je vais voir des petits films indépendants, de toute façon de meilleures qualités dans des cinés MJC.
    Et sinon je loue rarement des blocksbuster pour les diffuser dans le cadre familial.
    Ou j’achèterai bien d’occasion, tiens pour éviter de reverser de l’argent frais et neuf aux majors.
    Mais je le dis comme ça en rigolant, hin les majors 😉

    Tous ça c’est de la rigolade. Je plaisantais… je vous jure… je paye tous aux prix forts. Non m’emmenez pas…. C’est vraiment utile le toucher rect….

    Heu désolé. Je sors.

    Je supporte plus de donner mon fric à des multinationales alors je fais autrement ou je m’arrange. Pour l’alimentation, la médication, l’entretien, les transports, les divertissement, le textile etc…
    Mais je ne suis pas un saint et ça m’arrive de faire des écarts comme tous le monde. Ce qui compte, c’est ce que tu fais au quotidien. Et pas l’écart de la semaine.

    Déjà si tout le monde faisait comme moi les industries aurait du soucis à se faire.

    Et je finirais sur ces citations,
    Changer le monde commence par se changer soi-même.
    &
    « L’exploitation du pauvre peut être supprimée, non en faisant disparaître les quelques millionnaires, mais en faisant disparaître l’ignorance du pauvre et en lui enseignant à ne pas collaborer avec ceux qui l’exploitent. Cela convertira ces exploiteurs également. »
    Mohandas K. Gandhi, Haryan, 28 juillet 1940

    une vidéo très instructive:
    http://www.dailymotion.com/video/xe

  13. « Hé bien oui, quoi : le boycott de tout produit culturel, radio, média, livre inclus. Vous y êtes prêts ? »

    Les « majors » de la musique, du cinéma, du livre, du jeux vidéo et j’en oubli ne font que des produits de consommation courante qui ce ressemblent car axé sur les gouts de la majorité des consommateurs pour créer des phénomène de mode afin de vendre un max, je les boycotte naturellement depuis des années.

    Mais ce serait un peu con de boycotter les indépendants qui ne demandent qu’à ce faire connaître et qui non rien avoir avec les pratiques de ceux cité plus haut .