Et Dieu créa l’homme à son image de hacker, nous suggère un père jésuite

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Né il y a une trentaine d’années, le hacker est très certainement en train de devenir l’une des grandes figures de notre époque contemporaine qui peine à trouver ses héros. C’est ce que nous vous racontons régulièrement en creux ou en plein dans ce modeste blog[1].

Mais il est plus surprenant de se l’entendre dire par le père jésuite Antonio Spadaro qui n’hésite pas à proposer d’audacieux parallèles et y voir l’une des formes les plus abouties de la présence de Dieu en l’homme  !

Manuela Ideacrea - CC by

Les moteurs de recherche modifient l’idée même de Dieu

I motori di ricerca cambiano l’idea stessa di Dio

Matteo Lo Presti – 8 janvier 2012 – Il Riformista
(Traduction  : Nelly C.)

La philosophie hacker est celle qui pousse à la créativité et au partage, s’opposant ainsi aux modèles de compétition et de propriété privée, c’est du moins ce qu’affirme Antonio Spadaro directeur de la revue Civiltà Cattolica.

Le hacker s’engage à affronter des défis intellectuels pour éviter et dépasser les limites qui lui sont imposées dans ses domaines d’intérêt, Le plus souvent ce terme se réfère à des experts en informatique , mais il peut être étendu à des personnes vivant de façon créative de nombreux autres aspects de leur vie .

Être Hacker c’est donc une philosophie, un mode de vie, un comportement existentiel , où se mêlent jeu et engagement, et qui pousse à la créativité et au partage, s’opposant ainsi aux modèles de contrôle, de compétition et de propriété privée. Cette définition simple et tranquille ne provient pas d’une encyclopédie informatique mais de la revue des pères Jésuites Civiltà Cattolica, fondée en 1850.

L’auteur de cet article est le jeune directeur de la revue, Antonio Spadaro, auteur de nombreuses critiques littéraires, et observateur attentif des problèmes contemporains.

Spadaro soutient qu’entre ses besoins et ses attentes l’homme doit faire face à une situation de finitude qui doit être interprétée avec authenticité et plénitude. « J’ai été frappé », explique-t-il dans le bureau particulièrement ordonné du couvent où il vit, « par les nombreuses réflexions provenant du monde anglo-saxon sur la signification de l’action humaine, sur le thème du travail non plus vu comme une malédiction biblique mais comme une participation joyeuse à la vie du monde  : un défi intellectuel, pour cerner la présence de l’homme sur la Terre et sa proximité de plus en plus importante avec la machine ordinateur ».

Antonio Spadaro réfute l’acception commune et médiatique du mot, c’est à dire celle du méchant « pirate informatique », ni même celle du verbe  : to hack, et de ses multiples sens  : couper, hacher , tailler, ou encore s’ouvrir un passage dans la jungle. Il puise au contraire dans une précieuse tradition philologique qui remonte aux années soixante, et qui avait alors une connotation virtuose  : « hacker informatique » valait pour tous ceux qui possédaient des capacités particulières et remarquables de programmateur, aptes alors à faire partie d’une corporation décrite et admirée par Stefen Levy dans son célèbre livre publié en 1984 Hackers : Heroes of the Computer Revolution.

C’est autour de cette année-là que les ordinateurs commencèrent à apparaître un peu partout. Mais c’est aussi à cette époque que débutèrent les stratégies et les expériences à finalité négative par fermeture du code.

Lévy fut fasciné par cette nouvelle réalité et codifia les principes généraux sur lesquels devaient se baser les règles et les comportements hackers  : accès illimité aux ordinateurs, toute information doit être libre, se méfier de l’autorité, les hackers doivent être jugés selon leurs hacks (et non selon de faux critères comme les diplômes, l’âge, l’origine ethnique ou le rang social), on peut créer l’art et le beau à l’aide d’un ordinateur, les ordinateurs peuvent améliorer notre vie.

Spadaro part lui aussi de là. « La technologie met en jeu la vie de l’homme et donc l’éternel débat entre le bien et le mal. La révolution d’internet suit les règles des autres révolutions  : communiquer un message et créer une relation. Il convient donc de mieux comprendre comment l’homme est en train de modifier sa façon de penser lorsque qu’il navigue. Quelle influence et conséquence sur la foi vécue par l’homme  ? Comment se trouve modifiée l’idée même de Dieu avec un moteur de recherche  ? À fortiori lorsque l’on entre « Dieu » dans Google  ? Comment articule-t-on aujourd’hui les informations qui se trouvent dans les millions de sites où la question de la religion est posée  ? Autrefois la boussole indiquait la voie et connaissait la direction, à savoir le Nord. Aujourd’hui nous sommes bombardés par des millions de messages et nous devons savoir, tel un radar, intercepter le bon. Trop nombreuses sont les promesses de salut qui donnent des réponses simples à des questions complexes. »

Mais tenter de clarifier le rôle que jouent les hackers dans le rapport anthropologique entre Dieu et la machine n’est pas chose aisée, même si comme l’a écrit le philosophe Emanuele Severino « la technique est un géant capable de toucher le ciel avec un doigt ».

Spadaro a une bonne opinion de celui qui bidouille sur l’ordinateur. « La culture religieuse comme la culture hacker ont pour objectif d’améliorer la qualité de la vie. Les hackers ont un comportement actif, engagé, partagent les résultats de leurs travaux et de leurs recherches, ils sont toujours en quête de connaissance, collaborent à des projets communs et, à partir du moment où il y a échange au même niveau, l’autorité est bien distribuée entre les membres de la communauté. L’une de mes références est L’Éthique Hacker et l’Esprit de l’ère de l’information de Pekka Himanen qui explique que l’homme est appelé à « une autre vie ». Une vie qui n’est plus celle du fordisme, celle d’un homme lié à l’horloge de l’efficacité, mais d’un homme actif, qui poursuit ses propres passions, qui vit dans un effort créatif sans limites, qui sait que son humanité ne se réalise pas dans un espace temps organisé de façon rigide mais au rythme d’un engagement qui est l’unité de mesure d’un travail humble et profond correspondant mieux à la nature humaine. En clair on s’éloigne de la logique du profit et des contingences matérielles pour rassembler la communauté des hackers autour d’un langage et de valeurs communes. »

La communauté chrétienne a des liens plus étroits avec le monde informatique qu’on pourrait le penser. Ainsi dit-on que Larry Wall créa en 1987 le langage informatique Perl d’après une parabole biblique se trouvant relatée dans l’évangile selon Matthieu (chapitre 13, versets 45 et 46) où un marchand vendit tout ce qu’il possédait pour une simple perle.

Ce que suggèrent les nouvelles technologies est si attirant que Himanen fait appel à Saint Augustin pour tenter de donner une réponse à la question fondamentale  : « Pourquoi Dieu a t-il crée le monde  ? » Voici la réponse hacker  : « Dieu étant un être parfait n’avait nul besoin de faire quelque chose mais il souhaitait créer ». En clair nous sommes face au plus grand hacker de l’Histoire.

Et Père Spadaro de préciser  : « Certes le hacker a sa spécificité qui est loin de se généraliser vers un absolu, mais ce que l’on peut dire c’est qu’ici l’homme avec son travail participe à l’action créative de Dieu. Il met tout son génie pour comprendre et participer à des projets, pour naviguer, pour écrire, pour créer et laisser le code ouvert à la libre contribution de tous. On s’échange des connaissances, des compétences, des savoir-faire. On collabore à des projets le plus souvent de manière anonyme, de la même façon que l’on enseigne la théologie et la révélation chrétienne  : un don qui vient du ciel, un don inattendu, qui manifeste la surprise, qui exalte le rapport personnel et collectif, un don qui doit être préservé. Le don hacker est une offre pour qui désire le prendre. Or le don chrétien lui aussi signifie avant tout donner quelque chose à quelqu’un (tel le don du sang). La manifestation de Dieu est perçue comme un acte gratuit de Dieu. Aussi ambitieux soit ce projet, il n’est pas sans ressemblance et affinités avec ceux de la confraternité des hackers.

Bien sûr ces théories ne vont pas sans polémiques. Ainsi, à un journaliste de l’Osservatore Romano, Spadaro précise  : « Cette vision de l’autorité distribuée implique un intéressant défi sur la façon de percevoir la présence de l’Église. Personne ne veut abolir l’autorité, mais celle-ci doit désormais témoigner, rendre compte, voire rendre des comptes. »

Le cardinal Gianfanci Ravasi a récemment écrit qu’il était « temps d’être sur internet. Nous devons être attentif à tout le système d’information car les moyens de communication sont devenus nos prothèses ». Et Spadaro d’ajouter  : « Nous suivons les sillons de Paul VI quand il affirmait que le cerveau mécanique vient en aide au cerveau spirituel. Annoncer la foi à l’époque de la culture digitale c’est en reconnaître la valeur et la dimension spirituelle. »

Antonio Spadaro - CC by-sa

Notes

[1] Crédit photos  : Manuela Ideacrea (Creative Commons By) et Antonio Spadaro (Creative Commons By-Sa)

25 Réponses

  1. Spadaro, c’est déjà le même qui avait sorti une divagation un peu du même alambic l’année dernière : http://www.techworld.com.au/article
    ESR avait répondu avec, disons, le style qu’on lui connaît : http://esr.ibiblio.org/?p=3094
    Je peu comprendre qu’au Vatican ils soient un peu en mal de buzz… Mais quand même, ça commence à sucrer pas mal les fraises, tout ça.

  2. Je ne vois pas en quoi les positions de Spadaro sont des « divagations » ou « sucrent les fraises » ?

    Le propre d’un théologien c’est d’interroger le réel, la vie, et d’y trouver le sens divin correspondant à sa théologie, et de proposer des pistes spirituelles (on n’est pas obligé d’adhérer…). Je trouve plutôt réjouissant de voir ce type de réflexion liant théologie et technologies, sens divin et actions humaines. C’est donner un peu de profondeur dans des débats bien trop souvent axés sur le « matériel », sur l’économique, sur les luttes sociales. Si on veut dé-catholiciser la réflexion, on peut par exemple réfléchir sur la vision de la vie qu’engendre une pratique du hacking ou des logiciels libres, si cela n’est qu’un choix purement politique ou matériel, ou révèle un mode de pensée, de vie, plus engagé et profond que cela.

    On accepte sans souci qu’un Stallmann axe l’entièreté de sa vie sous des principes que la plupart des gens ne lient qu’à une question technique ou juridique (logiciels libres ou propriétaires, maîtrise de ses outils), pourquoi pas un jésuite ? Ou un bouddhiste (cf un post précédent) ? Si la défense du Libre est réellement un engagement philosophique, il est logique que les religieux réfléchissent dessus.

  3. C’est vachement plus drôle quand c’est Eco qui délire.

  4. Quoi qu’il en soit, si tous nos députés cathos bon teint pouvaient (ne serait-ce que) lire cette « définition simple et tranquille » du mot hacker… Ma doue benniget, quel séisme encéphalographique sous leur calotte crânienne !

  5. Sur un autre plan, si on regroupe les conclusions de ce texte et de celui-ci (http://www.framablog.org/index.php/…), est-ce que l’on peut alors affirmer que Dieu lui-même n’est qu’un parasite? 😉

  6. olivier

    C’est très chic ! J’ai trouvé les idées vraiment belles… cet article est une petite bouffée d’air informatique =) Merci pour cette traduction !

  7. karacho

    Je suis libriste depuis plus de 10 ans et catholique depuis 1 an, c’est pour moi évident que la philosophie du logiciel libre et de l’éthique hacker est parfaitement conforme aux Évangiles, au catéchisme et à la doctrine sociale de l’Église. Ça n’a jamais été un cas de conscience.

    Ouf ! mon engagement libriste ne me condamne pas à l’apostasie !

    Multiplication des pains, etc. La communauté libriste n’est-elle pas elle-même le « sel » de l’industrie informatique ? La GNU GPL est au partage ce que la loi est à la foi et c’est l’esprit de partage qui justifie la GPL ! (dialectique paulinienne) RMS est toujours un genre de Jean-Baptiste criant dans le désert, et lui-même s’en amuse dans l’Église d’Emacs.

    Quand aux suspections paranoïaques affirmant que l’Église chercherait une niche de conversion parmi les libristes ? On se convertit parce qu’on aime le Christ, pas parce que Jésus ferait tourner sa bécane sous Debian si il était encore sur Terre.

  8. marlinpapachanteur

    Dieu est un hacker et mon cul c’est du poulet.

    <<<« Certes le hacker a sa spécificité qui est loin de se généraliser vers un absolu, mais ce que l’on peut dire c’est qu’ici l’homme avec son travail participe à l’action créative de Dieu.>>>

    C’est bien de se toucher, mais en ce qui me concerne, je ne participe à aucune création d’aucune hypothèse de quoi que ce soit. Que ceux qui le croient le gradent pour eux et exemptent les autres de leurs théories pseudo philosophiques.

    <<<On collabore à des projets le plus souvent de manière anonyme, de la même façon que l’on enseigne la théologie et la révélation chrétienne : un don qui vient du ciel, un don inattendu, qui manifeste la surprise, qui exalte le rapport personnel et collectif, un don qui doit être préservé.>>>

    Mais bien sûr, le don qui vient du ciel, c’est si commode…Ca se paluche dur chez les Jésuites.

    <<<Le don hacker est une offre pour qui désire le prendre. Or le don chrétien lui aussi signifie avant tout donner quelque chose à quelqu’un (tel le don du sang).>>>

    Ha…Ah, ah…

    <<<La manifestation de Dieu est perçue comme un acte gratuit de Dieu. Aussi ambitieux soit ce projet, il n’est pas sans ressemblance et affinités avec ceux de la confraternité des hackers.>>>

    Merci à Framasoft de relayer toutes les conneries prosélites qui traînent un peu partout sur le Net et de nous en faire si gentiment profiter.

    Bon, alors, moi, je suis un hacker qui hack le son ( un genre de musicien bruitiste qui utilise hardware et software pour arriver à ses fins ). Je suis républicain laïque, c’est-à-dire que je considère la religion comme faisant partie du domaine privé, comme la sexualité. Alors le père jésuite, là, il est bien gentil, il veut faire entrer les cathos dans le 21ème siècle en nous expliquant que le hack est un don d’essence divine, mais globalement, il me les brise menu, et qu’un site qui promeut le logiciel libre relaie ce genre d’exercice, je m’interroge.

    Bien sûr qu’il y a des hackers et des scientifiques qui CROIENT, c’est bien leur droit, mais qu’ils gardent leurs croyances pour eux, ils seront bien gentils surtout si c’est pour se servir des hackers comme un prétexte à faire passer leurs idées.

    Ne venez pas m’argumenter l’intolérance de mes propos, je n’empêche personne de croire qu’il existe un être supérieur, je veux juste qu’ils le garde pour eux si ce n’est pas trop leur demander.

    En vous remerciant.

  9. Blayotl

    Oh que oui osef, Ma doue beniged!

    Tout à fait d’accord avec marlinpapachanteur. On peut aussi être libriste et ne pas se laisser récupérer par quelque philosophie ou doctrine que ce soit. La seule intolérance ici est celle d’un Antonio Spadaro ou d’un Gianfanci Ravasi qui consiste à faire rentrer les attitudes des hackers dans une doctrine pour le moins « privative ».
    Voici un énième parallèle métaphysique pour faire que les libristes peut-être se sentent un peu moins seuls dans leur existence passagère.

    Mais pour l’instant il n’y a pas de sang versé dans l’histoire récente des hackers, j’aime autant que ça puisse durer avec éventuellement un peu de laïcité, beaucoup d’indépendance et, tant pis (ou tant mieux) une bonne dose de solitude existentielle.

    N’ayant pour ma part pas la moindre trace de « cerveau spirituel » je me permet ce petit rappel sur l’activisme chrétiens depuis 2000 ans pour ceux dont je fais parti qui ont la mémoire courte :
    http://www.anarkhia.org/article.php?sid=323

  10. Arretez avec cette histoire que la religion relève du domaine privé.

    Que l’État n’ai pas à prendre parti pour telle ou telle religion (y compris l’athéisme), c’est cela la laïcité. Cela ne veut pas dire que les croyants n’ont pas le droit de s’exprimer en public. D’ailleurs en tant qu’athèe vous vous exprimez bien en public. Or l’athéisme (le fait de croire qu’il n’y ait pas de Dieu) est une forme de croyance. Si vous étiez cohérent avec vous même, vous vous tairiez face à cet article.

    Ensuite, la question se pose de savoir s’il est pertinent pour framablog de publier ce type d’article … pour ma part je considère que si cela peut servir à convaincre des chrétiens de devenir adepte du libre, pourquoi pas.

  11. Ne parlons même du text de Blayot, qui est petri de contre vérité historique. Par exemple l’empire romain qui devient un protecteur de la diversité religieuse, raison pour laquelle elle persécute les chrétiens. Alors que la raison est tout simplement le refus de sacrifier à l’empereur, et le fait que les chrétiens sont alors à contre courant de l’ordre social d’alors.

  12. Tout à fait d’accord avec Maïeul, d’autant qu’il existe des athées religieux qui croient en des valeurs philosophiques supérieures comme la Vérité, la Justice, l’Amour, le Progrès, la Liberté 😉 et des athées irreligeux (les nihilistes par exemple).
    Il y a aussi des religions qui n’accordent aucun poids à une (ou plusieurs) divinité créatrice (certaines formes de bouddhisme par exemple).

    Personnellement, je trouve assez triste de voir autant de commentaires fustigeant le « religieux » (ici ou sur l’article concernant l’hindouisme) alors que la religion n’est en définitive qu’une boussole intérieure… elle prend des formes diverses : solitaire pour certains, communautaire pour d’autres…
    Et je pense que bien souvent le refus du religieux vient non pas de conviction profondes mais plutôt du fait d’être perdu et de ne pas avoir envie de savoir où on va aller… alors si quelqu’un propose de prendre à l’est on préfère le jeter par dessus bord plutôt que de voir son univers quotidien bouleversé.
    Et puis surtout on se force à se rappeler les énormes récifs que l’humanité à rencontré à l’est, les vents violents qui soufflaient à l’ouest, les éboulements dans le détroit du nord et les courants forts du sud… Non, vraiment, les eaux stagnantes sont confortables et le connu reste toujours plus rassurant que l’inconnu : http://josephk.eu/post/2011/L-incon

  13. karacho

    @Blayotl
    c’est peut-être toi qui devrait sortir de ta secte antifasciste. On sait bien que chez vous la cathophobie est un gage de grande sagesse mais ça cache mal votre ignorance et votre praxis de bac à sable.
    Et si on fait la guerre au nom des Droits de l’Homme et de la Démocratie ? Tu veux écrire « la page noire de la Démocratie » ? Imbécile ! Un con se servira toujours des meilleurs prétextes pour faire sa guerre, pour que les imbéciles le suivent, e.g. taxer ses ennemis de « nazifascisme » pour justifier une chasse aux patriotes. Au royaume des aveugles, les borgnes sont rois.

  14. marlinpapachanteur

    Je voudrais juste savoir une chose.

    Aka, toi qui est prof de math, je suppose que tu enseignes à l’école républicaine et laïque.
    Je suppose donc que quelles que soient tes croyances tu ne les dispenses pas à tes élèves, parce que d’abord c’est illégal et qu’ ensuite tu dois respecter la liberté de conscience des tes élèves.

    Que je sache, Framasoft n’est pas ton site, c’est bien un site communautaire dont le thème n’est pas le communautarisme religieux mais la dispense libre des logiciels libres et open source.

    Dans ce cas, je voudrais savoir ce que cet article vient faire dans les pages de Framasoft.

    Je ne te demande pas de retirer cette article, je cherche juste à comprendre pourquoi il est là.

    En quoi cet article fait-il avancé la cause du logiciel libre ?

  15. Blayotl

    karacho, tes insultes que je ne te rendrais pas car je te respecte trop, tes injures qui en disent long sur ta sagesse et ta philosphie hautement spirituelle, me vont droit au coeur.
    Pas de chance je ne suis dans aucune secte et personne ne me forcera à choisir un camp.
    Je n’ai aucune cathophobie, il y a des personnes très respectables de mon point de vue dans le christianisme, cela ne doit pas empêcher de se rappeler la « praxis » justement qu’on fait les hommes de pouvoir qui se sont emparés de la parole du christ.
    Je ne sais pas de quels patriotes tu parles ni le rapport avec le sujet, mais tu as raison, la démocratie mérite évidemment une page noire.
    La « démocratie » comme la « liberté », sert également à justifier tout et n’importe quoi, pour ne citer qu’elle la guerre en Irak a été faite au nom du « monde libre » et de sa démocratie.

    Cela ne signifie pas qu’il faut faire disparaitre la démocratie, je ne souhaite en aucun cas la disparition des religions, ni même de la religiosité, ni des cultures.
    Balayons devant notre porte.
    Chacun fait comme il veut et c’est certainement pas moi qui imposerait une manière de pense à quiconque.
    Je dis simplement que le librisme n’a pas besoin du religieux, n’en déplaise à certains dont la violence n’a d’égale que leur foi, c’est à dire l’impossibilité de se remettre en question : toute remise en cause étant trop angoissante pour garder son sang froid.

  16. Merci à Blayolt d’insulter tout ceux qui ont la foi en disant que la foi est l’incapacité à se remettre en question, alors que tout les théologiens sérieux rappelent que justement, la foi étant la confiance en un tier, cela veut dire que nos propres discours sont perpétuellement à remettre en question, par le « Tout Autre ».

    Il est vrai qu’étant donné la manière dont Blayolt présente l’histoire du christianisme sur son site, on peut se demander s’il a jamais lu un théologien.

  17. marlinpapachanteur

    Sinon, en dehors de ce débat stérile entre croyants et athés j’apprécierai que Aka veuille bien répondre à la simple question que j’ai posé plus haut.

    Qu’elle est la signification de cet article dans les pages de Framasoft ?

  18. @marlinpapachanteur : peut-être parce que
    – 1 les framanautes ne sont pas des élèves mineurs et
    – 2 ce site n’est pas un site gouvernemental donc on a aucune obligation de respecter un principe de laïcité.
    Après, ça n’a rien à voir avec la laïcité mais pourquoi ne pas émettre les mêmes objections lorsque le Framablog aborde la manière dont certains partis s’emparent du libre pour faire campagne ? (le Modem, Debout la République, le PS ou Europe Écologie y sont tous passés 😉 )

    >le thème n’est pas le communautarisme religieux mais la dispense libre des logiciels libres et open source.<
    Ce n’est pas tout à fait exact. Même si historiquement Framasoft est né avec un annuaire de logiciels libres, l’objectif de l’association est « la diffusion et la promotion de la culture libre en général et du logiciel libre en particulier ». Donc lorsque la culture libre pénètre la sphère religieuse « on » estime que le sujet à tout à fait sa place ici (du moins, on n’a pas émit d’objection).

    On ne se concerte pas sur tout non plus, le plus souvent on laisse aka gérer la ligne éditoriale du blog mais il y a déjà eu des trucs qui n’ont pas été publiés pour ne pas faire de pub à un parti politique parce que de l’avis de certains d’entre nous ça craignait…
    (parenthèse, ce n’était pas mon cas, je pars du principe que le Framablog ne faisant pas de « propagande » (à part éventuellement dans l’intro à l’article 😛 ) c’est à chacun de lire le texte de traduction ou les vidéos avec le recul qu’il se doit… même si c’est très désagréable…)

  19. Blayotl

    Maïeul tu te trompes, à cette heure je n’ai pas de site.
    L’histoire du christianisme racontée dans ce lien ou ailleurs est de mon point de vue plus crédible quand elle est dite par des historiens plutôt que par les théologiens, bien que ni l’un ni l’autre ne sera neutre.
    Concernant les questions intimes, j’ai aussi la faiblesse de croire (à chacun ses croyances!) davantage les psy que les théologiens, et de préfèrer l’angoisse de l’incertitude aux « vérités » apaisantes : je la trouve plus créatrice. Lorsque la foi sort du domaine privé et apparaît dans un débat publique, c’est elle qui m’insulte pour la seule raison qu’elle n’est justement pas discutable. L’est-elle ?

  20. marlinpapachanteur

    C’est gentil de me répondre JosephK.

    Le truc qui me dérange avec cet article, ce n’est pas que ça ouvre une discussion sur la religion, non, c’est le contenu de l’article qui est une affirmation d’un membre de l’Eglise sur ce qu’il pense du Hacker, allant ( sans rire ) nous expliquer que comme tout acte de création et de partage est le domaine exclusif de son Dieu, les Hackers sont donc faits à son image…

    C’est une blague pas un sujet de philo ( je dis ça parce que c’est publié sous le tag Cafephilo ).

    Je veux dire que c’est du niveau d’un sermon ( j’ai assisté à un une fois quand j’étais Louveteau ) et déjà à l’époque ça me faisait beaucoup rire de voir les têtes des croyants à l’église en train de boire des paroles mêmes pas digne du plus médiocre des contes pour enfants ( avis perso ).

    C’est pour ça, je me demande ce que sous-entend la publication d’un tel article qui n’apporte absolument rien à la « cause » du Libre si ce n’est des controverses, des polémiques sans fins, des insultes et autres point Godwin en rafale.

    Je tiens à précisé qu’étant petit-fils de Républicains espagnols dénoncés par l’Eglise catholique, emprisonnés, violés et torturés par les Franquistes, je suis particulièrement anti-clérical mais pas anti-croyants. Je suis pour qu’en République on ait le droit de penser et de croire ce qu’on veut tant que le religieux reste séparé de l’Etat. Je précise ce que je pense pour qu’on sache bien que je ne suis ni complaisant ni particulièrement anti, que je cherche à discuter, non à condamné et que pour moi un croyant est avant tout un être humain et que c’est uniquement sur cette base que je veux discuter.
    Oui je sais, j’ai été Scout de France ( ça peut paraitre paradoxal ), mais dans mon village en 78, c’était le seul moyen pour moi et d’autres athés de partir pendant les vacances et d’apprendre à faire des noeuds, à construire des cabanes, à vivre sous la tente, à chier dans les bois, et j’en garde un très bon souvenir surtout que l’aspect religion-vérité-révélée était reléguée au second plan et qu’on ne m’emmerdait pas avec.

    Je me fous de savoir si Dieu est une réalité pour certains et une hypothèse fumeuse pour d’autres.

    Je me fous aussi qu’un Jésuite nous explique que le Hacker est à l’image du grand hacker, tant que c’est dans un organe de presse dûement estampillé et identifiable. Mais il ne m’avait pas semblé que Framasoft était une annexe de La Croix.

    Et comme cette article est simpliste et que je n’y vois pas matière à réflexion, je me demande bien ce que ça fout là.

  21. morandim

    Bonjour,

    Trop de commentaires dans la caricature…
    Quand on vit en Italie, on apprend à écouter avec respect ce que disent les gens d’église qui, dans bien des situations, ont osé dire et écrire des vérités qui dérangeaient les interlocuteurs à qui elles s’adressaient…

    Respect et modestie avec remise en cause… ce qui ne fait pas de mal,
    Amicalement

  22. osef.lequesnoy

    <refrain>

    aKa reviens, a-aKa reviens
    aKa reviens parmi les tiens
    du haut de ce blog indique-nous le chemin
    toi qui le connais si bien

    </refrain>

  23. karacho

    @Blayotl
    je demande pardon d’avoir un peu profité de toi et de framablog pour régler quelques comptes. Tu m’as un peu servi de bouc émissaire. J’espère que malgrè la violence de mes précédents propros, tu sauras « lire entre les lignes ».

    Au sujet de la présence de cet article sur framablog, je trouve surtout que certains confondent laïcité et une sorte de pudibonderie et tabou de la religion. Personne ne se choque par exemple que framablog relaie un discours récent de Eben Moglen qui pourtant, de mon point de vue au moins, n’est pas moins pétri d’une certaine lecture de l’histoire que ce prètre jésuite. Au moins on sait d’où il vient.

  24. @Blayotls : ok, ce n’est pas ton site. Il n’empêche que ce qui est dévellopé sur le pourquoi des martyrs des premiers chrétiens n’est soutenu par aucun historient qui étudient les sources. Les 1er chrétiens étaient martyrisés car ils refusaient de consentir au culte impérial, pas parcqu’ils voulaient imposer leur religion.

    Ensuite, je pense que tu te trompe fortement : la foi est justement discutable. Si elle n’est pas discutable, cela s’appelle l’idolatrie…

    De plus le fait de croire n’empêche pas de connaître l’angoisse. à titre personnel, ce serait plutôt le contraire.

    Mettre tout les croyants dans le même sac relève du même dogmatisme que certains intégristes religieux. Or c’est ce que tu fais un imposant une définition de la foi qui serait le refus de la discussion. Au final, c’est toi qui refuse la discussion.