Afin que les applications de nos smartphones n’abusent pas l’utilisateur

Il est aujourd’hui question des logiciels installés dans nos téléphones portables intelligents, on parle alors plutôt des apps de nos smartphones.

Ils sont intelligents parce que ces applications peuvent désormais rendre toutes sortes de services. Sauf que parfois, voire souvent, elles collectent au passage les données personnelles de l’utilisateur sans que ce dernier soit forcément au courant de tels agissements[1].

En effet si l’on savait clairement que telle apps a accès à nos contacts, nos photos ou nos localisations géographiques, informations envoyées on ne sait trop où de manière non sécurisée, on y réfléchirait peut-être à deux fois avant de l’installer d’un simple clic dans notre téléphone[2].

La faute aux utilisateurs non vigilants[3] mais surtout aux développeurs de ces applications qui sont encore loin de tous adopter les quelques recommandations ci-dessous de l’Electronic Frontier Foundation.

Remarque : On notera que Mozilla, avec ses prometteurs et vertueux projets Do Not Track et Boot 2 Gecko, se démarque une fois de plus de ses petits camarades.

Phil Campbell - CC by

Déclaration des droits de la vie privée des utilisateurs de téléphones mobiles

Mobile User Privacy Bill of Rights

Parker Higgins – 2 mars 2012 – EFF.org
(Traduction Framalang/Twitter : kamui57, Pascal, goofy, Ak:kes, Thibo, Sylvain, Céline, Jonathan, Gatitac, Antoine, BlackMouse)

Les applications pour smartphones représentent une technologie puissante qui va devenir de plus en plus importante dans les années à venir. Mais l’avantage incomparable qu’elles apportent à un appareil toujours allumé et connecté présente également des risques pour notre vie privée. Et vu les données sensibles que les utilisateurs stockent désormais dans leurs téléphones (textes, coordonnées, localisations, photos, vidéos…), les responsabilités qui incombent aux fabricants, opérateurs, développeurs d’applications et régies publicitaires mobiles sont de plus en plus importantes pour respecter la vie privée des utilisateurs, afin de gagner et conserver la confiance, plus que jamais importante et nécessaire, de ces derniers.

Heureusement, il existe des recommandations répondant aux besoins et attentes des utilisateurs. Ce guide des bonnes pratiques s’inspire fortement de documents tels que le projet de loi FEP de Droits à la confidentialité pour les utilisateurs de réseaux sociaux ainsi que du livre blanc de la Maison Blanche La confidentialité des données des consommateurs dans un monde connecté pour établir une référence et indiquer aux acteurs de l’industrie mobile ce qu’ils doivent faire afin de mieux respecter la vie privée de l’utilisateur.

Constructeurs ou régies publicitaires ont leur part de responsabilité mais on s’intéressera ici avant tout aux développeurs qui ont les possibilité de devancer ces problèmes.

Une déclaration des droits de l’utilisateur de mobile

Les développeurs doivent créer des applications qui respectent les droits suivants :

  • Contrôle individuel : Les utilisateurs ont le droit d’exercer un contrôle sur les données collectées par les applications et savoir comment elles sont utilisées. Bien qu’il existe un contrôle d’accès au niveau du système d’exploitation des smartphones (iOS, Android…), les développeurs devraient s’appliquer à donner également ce pouvoir aux utilisateurs même lorsque cela n’est pas requis techniquement ou juridiquement par la plateforme. Le droit à un contrôle individuel inclut également la possibilité de revenir sur son consentement et d’effacer ces données des serveurs d’applications. Les fiches techniques de la Maison Blanche le disent explicitement : « les compagnies doivent fournir les moyens d’annuler un accord avec la même facilité qu’on a eu à l’obtenir en installant l’application. Si des consommateurs donnent leur consentement en appuyant sur une simple touche, ils devraient être capables de l’annuler de la même façon. »
  • La collecte de données ciblées : En plus des guides des meilleures pratiques pour les fournisseurs d’accès, les développeurs d’applications doivent se montrer particulièrement prudents lorsqu’il s’agit d’appareils mobiles. Le partage non désiré et à son insu des contacts du carnet d’adresses ou des albums photos ont déjà fait l’objet de vives protestation des utilisateurs. Un autre domaine particulièrement sensible concerne les données et les archives de localisation, ainsi que les contenus et les métadonnées relatives aux appels téléphoniques et aux messages texto. Les développeurs d’applications mobiles ne devraient recueillir que le minimum nécessaire pour fournir le service tout en préservant l’anonymat des renseignements personnels.
  • Transparence : Les utilisateurs ont besoin de connaître les données auxquelles une application accède, combien de temps ces données sont conservées et avec qui elles seront partagées. Les usagers devraient être en mesure d’accéder de manière claire aux politiques de confidentialité et de sécurité, et ce, avant et après l’installation. La transparence est particulièrement critique là où l’utilisateur n’interagit pas directement avec l’application (comme par exemple avec Carrier IQ).
  • Respect du contexte : Les applications qui collectent des données ne devraient les utiliser ou les partager qu’en respectant le contexte dans lequel elles ont été fournies. Par exemple si une application possède une fonction « trouver des amis » qui nécessite l’accès à vos contacts, elle ne doit pas donner ces informations à des tiers ou les utiliser pour envoyer des e-mails à ces contacts. Quand l’application souhaites faire une une utilisation externe de ces données, elle doit impérativement obtenir l’accord explicite de l’utilisateur.
  • Sécurité : Les développeurs sont responsables de la sécurité des données qu’ils collectent et conservent. Elle devraient être chiffrées aussi pour le stockage que lorsqu’elles transitent du téléphone au serveur de l’application.

  • Responsabilité : En fin de compte, tous les acteurs de l’industrie mobile sont responsables du comportement des matériels et des logiciels qu’ils créent et déploient. Les utilisateurs ont le droit d’attendre un comportement responsable de leur part et de leur demande de rendre des comptes.

Bonnes pratiques techniques

Que devraient faire les développeurs pour respecter les points ci-dessus ? Voici quelques pratiques à suivre pour préserver la vie privée des utilisateurs.

  • Anonymisation et dissimulation : Les informations devraient être si possible hachées, dissimulées ou au moins anonymisées.
  • Sécuriser les transmission de données : Les connexions TLS devraient être utilisées par défaut pour transférer toute information personnelle et doivent l’être impérativement pour toute information sensible.
  • Stockage sécurisé des données : Les développeurs doivent conserver les informations uniquement durant le temps nécessaire au fonctionnement de leurs services, et ces informations doivent être correctement chiffrées.
  • Sécurité interne : Les entreprises doivent protéger les utilisateurs non seulement des attaques venues de l’extérieur mais aussi du risque de voir des employés abuser de leur possibilité d’accès aux données sensibles.
  • Test d’intrusion : Souvenez-vous de la loi Schneier qui stipule que « n’importe qui, du plus parfait amateur au meilleur cryptographe, peut créer un algorithme que lui-même ne peut pas casser ». Les systèmes de sécurité devraient être testés de manière indépendante et vérifiés avant qu’ils ne soient compromis.
  • Do Not Track : Il faut encourager l’implémentation et la diffusion des systèmes de type Do Not Track (Ne me suivez pas à mon insu et laissez-moi régler mes préférences de confidentialité). Actuellement cela se limite aux navigateurs Web, et seul le projet Mozilla Boot2Gecko (encore en développement) le prend directement en charge à partir du système d’exploitation.

Ces recommandations constituent une base de référence, et l’ensemble des acteurs (des développeurs d’applications aux fournisseurs d’accès et de services en passant par les régies publicitaires et bien d’autres) devraient tout faire pour les atteindre voire les dépasser. L’écosystème d’applications mobiles s’est développé et a mûri. Les utilisateurs sont en droit d’attendre désormais des politiques et des pratiques sérieuses et responsables. Il est temps de répondre à ces attentes.

Notes

[1] Crédit photo : Phil Campbell (Creative Commons By)

[2] La question, une fois de plus, se pose différemment si ces apps sont sous licence libre car la transparence est alors de mise.

[3] La non vigilance des utilisateurs de smartphones n’implique pas forcément la même imprudence pour leur ordinateur personnel. Il n’est ainsi par rare de rencontrer des libristes faisant très attention à ce qu’il y a dans leur PC mais installant à peu près n’importe quoi sur leur téléphone sous Android.

18 Réponses

  1. vulcain

    Bon article.
    Je pense en effet qu’il y a un problème pas de développement, mais de design pour représenter qui à accès à quoi.
    Sur Android quand on installe une installation il demande l’autorisation sur les différents accès auquel aura l’application. C’est pas une bonne approche car, un c’est souvent long comme le bras, deux savoir que l’application à accès à l’haut-parleur externe ou peut éviter de se mettre en veille, on se moque un peu … Les informations importantes sont noyés dans la masse.
    Je pense que lors de lors de l’installation le market ne devrait montré que ce qui est vraiment important l’application demande l’accès à votre carnet d’adresse, à votre calendrier mais pas à vos photos, camera et SMS. Le reste c’est pour les geeks ou les développeurs
    Surtout on devrait pouvoir bloquer ces accès sans désinstaller l’application. Exemple: un jeux très sympa me demande l’accès à mes amis pour partager mes résultats. Je l’installe mais lors de l’installation je lui interdit cet accès à mes contatcs.
    Tous ces autorisations ou non seraient synthétisé dans un tableau accessible dans les paramètres du système où là encore on pourrait modifier notre choix.

    Si Boot to Gecko veut se démarquer de la concurrence cela peut être une piste.

  2. Pour ma part j’ai opté pour une solution radicale n’ayant aucune confiance dans le smartphone que j’ai acheté et trouvant scandaleux toutes ces histoires :

    j’ai ôté la carte SIM de mon smartphone et j’ai mis ce dernier en mode avion. Ça me fait un beau petit gadget hight tech qui me permet d’avoir l’heure, d’avoir un réveil, la radio, de pouvoir prendre des photos, de regarder des vidéos, d’écouter de la musique, de jouer, de prendre des contact, d’avoir une mini lampe torche, etc…

    Et pour le téléphone, bah un simple téléphone portable, qui ne fait que ça, fait très bien l’affaire.

  3. keitazor

    C’est un sujet qui m’a toujours rendu un peu perplexe…
    Quand je vois un « libriste » convaincu de son discours, et me sortir son aie-phone, son andro-phone & co, je me dis : les ignorants sont bénis !

  4. biopathe

    @keitazor: mais lol heu !
    Malheureusement gadget de destruction massive avant d’être un outil – appeler et être appelé à tout endroit – le reste des fonctions au rabais par rapport à d’autres outils m’est totalement étranger (pour prendre des photos pourries alors qu’un reflex ou un bête APN le fait bien mieux). Et sur ce point, en tant qu’unixien pas forcément libriste pur jus, je ne peux qu’avoir la même perplexité : les tout-en-un vont à l’encontre du principe d’avoir un appareil qui fait une tache mais qui le fait bien. Et si c’est pour rester connecter en permanence, il est évident qu’on a à faire à des addicts ou des esclaves numériques… faut respirer un peu ! Se libérer autrement qu’avec du logiciel ! :)

  5. @keitazor : pour moi, un iPhone et un Android sont aussi mauvais l’un que l’autre, pour des raisons différentes :

    iPhone : appStore monopolistique, censure averée, système tout propriétaire. Par contre, coté expérience utilisateur, c’est top ! Coté respect de la vie privée, ils ont fait des erreurs, mais leur business model est de facturer le client donc plutôt sain.

    Android : plusieurs appstores, code en bonne partie Libre (mais « delayed open » pour la partie open). C’est coté business model que ça pèche : presque tout est gratuit, mais on paye avec ses données personnelles. C’est malsain.

    Mais je ne crois pas qu’on puisse se passer de smartphone en tant que Libriste. Parce que c’est là que se joue le futur de l’informatique et de nos vies numériques. Refuser de faire du Libre sur smartphone, c’est baisser les bras et dire que le Libre a perdu. Parce que quoi qu’on fasse, les utilisateurs se jettent sur les smartphones. Alors oui, on peut rester avec sa ligne fixe et son baladeur à cassette, mais il faut alors accepter de n’avoir plus d’influence sur notre futur numérique.

    C’est pour ça que je mets tout mon poids derrière Mozilla et son Boot to Gecko. Cf http://blog.mozilla.com/beyond-the-… . Code Libre, ouvert au développement communautaire, Appstore ouvert aussi, avec une plateforme de dev 100% Open Web.

  6. « Alors oui, on peut rester avec sa ligne fixe et son baladeur à cassette, mais il faut alors accepter de n’avoir plus d’influence sur notre futur numérique. »
    On croirait entendre un UMPiste se foutre de la gueule des décroissants en projetant le spectre de l’éclairage à la chandelle et du retour à la diligence… Vraiment j’ai l’impression d’entendre des clichés à longueur de journée, c’est fatiguant…

    Personnellement, je n’utilise pas de téléphone portable pour des raisons de confort social et aussi pour des raisons écologiques (pollution des ondes mais à la limite c’est presque secondaire).
    Être obligé de répondre dans la minute à ses proches pour la seule raison qu’on a un mobile c’est aliénant (quand je vois ma belle-mère rager et s’inquiéter parce que son fils est injoignable sur son portable je me dis qu’au moins quand elle laisse un message chez nous sur le répondeur ça lui évite de faire de l’hypertension). De même quand votre patron vous fourni un portable c’est aussi une manière de mettre la pression au quotidien.
    Le téléphone mobile est par essence un instrument de servitude moderne justement parce qu’il est mobile, pas besoin d’aller jusqu’à se poser des questions sur les applications.

    Et franchement, entre le confort de pouvoir appeler quelqu’un quand ta voiture tombe en rade en pleine campagne au lieu de faire des km pour trouver la maison la plus proche (ça ne m’est jamais arrivé en 10 ans de conduite) et le luxe de pouvoir vivre à un rythme biologique (et non pas au rythme des machines et de l’économie), pour moi il n’y a pas photo.

    Donc si pour avoir encore une influence dans « notre futur numérique » le libre doit accepter une servitude minimale pour moi c’est non.
    Pour faire une analogie avec un exemple plus lointain, si la norme de la société devient un univers basé sur la vidéo-surveillance et la biométrie genre Gataca ou Minority Report (ce qui est bel et bien en train de se profiler) est-ce que vraiment il faudra se féliciter que le libre propose un système d’identification biométrique qui respecte davantage que les autres la vie privée des utilisateurs tout ça pour ne pas perdre de son influence sur notre futur numérique ?

    Pour moi il est bien plus important de faire prendre conscience au gens les mécanismes de contrôle qui sont mis en œuvres sous les apparence du progrès et de la modernité technique (du confort, d’une marque extérieure de richesse ou d’appartenance communautaire… les arguments marketing ne manquent pas) que de développer un clone libre de ces instruments.
    Après je ne sous-entends pas que je suis contre le développement de Boot to Gecko, juste que ce n’est, à mon avis, pas prioritaire.

  7. « Refuser de faire du Libre sur smartphone, c’est baisser les bras et dire que le Libre a perdu. »
    Y a-t-il* des gens qui font de l’open-source pour ordinateur et du closed-source pour smartphone ?
    De mon côté, si je publie la très grande majorité de ce que je fais, en espérant que personne ne supprime le « //author: » ou le « #author » ou les
    #ifdef __apple__
    woops, failure !!
    /s/ / you’re such a /
    #endif
    et autres joyeusetés qui rendent mes sources vivantes, si un jour je fais une application pour Android (j’ai acheté mon smartphone pour ça à la base), il est clair qu’elle sera open-source. Je ne fais pas dans l’open-source pour faire dans l’open-source, mais parce que ça me semble naturel. Tout simplement.

    Un problème que je vois, pour les smartphones***, c’est que je connais peu de gens qui seraient assez motivés pour :
    1. télécharger Eclipse, le SDK et tout le tralala
    2. télécharger la source d’un programme****
    3. compiler
    4. s’énerver avec les dépendances et autres jBidulesSchmilblicksEtrangesBizarroïdes
    5. recompiler
    6. recompiler
    7. vous avez compris
    51. uploader le programme sur le smartphone
    52. l’installer

    Soit dit en passant, c’est par hasard que je suis arrivé à 42+10.

    *: Note à l’attention des français lisant ce message: s’il vous plaît, je vous en prie, de grâce, arrêtez** d’écrire « ya t’il » ou d’autres horribles variantes crades de ce terme. Tout le monde fait des fautes, moi en premier, mais ça, c’est presque scatologique !
    **: Non non, personne n’a écrit ça ici, c’est juste mon coup de gueule du moment :-)
    ***: on ne va quand même pas mettre les iPhone dans la catégorie smartphone, non ?
    ****: vous avez remarqué qu’on parle de « programme » pour ordinateur et d' »application » pour smartphone ?

  8. Pour empécher les applis de faires des choses qu’elles ne devraient pas faire, j’utilise LBE Privacy Guard, qui permet de régler finement les droits de chaque applications. Euh ok c’est aussi une appli :p
    Sinon on peut aussi faire attention à ce qui est écrit avant l’installation de l’application, et se dire qu’il y a un truc louche quand on voit qu’une simple « lampe torche » demande l’accès à l’id du téléphone, la liste des contacts et le contenus des sms -_-‘

  9. @alz:
    Un simple test que j’avais fait (ça affichait un sprite qui se déplaçait aléatoirement) avait demandé les droits d’accès à Internet lorsque je l’avais installé depuis la carte SD. Je suppose que de simples « import » impliquent les demandes de droits d’accès à différentes fonctionnalités.

  10. Ginko

    @Incontinentia Buttocks,

    j’ai pas bien saisi le cas que tu as décrit, mais des app ne demandant aucun droit, j’en ai déjà vues. (Au passage, la plupart des apps qui demandent un accès à Internet, c’est pour charger les pubs…) Notamment sur fdroid il me semble. D’ailleurs si on fait la moyenne des permissions entre le market et fdroid, ça doit tourner autour de 2 ou 3 pour fdroid et autour de 9 ou 10 à vue de pif sur le market… pour des fonctionnalités équivalentes. De là à dire que 50% des apps du market sont des aspirateurs à données personnelles maquillées en jeux ou futilitaires, y’a qu’un pas.
    D’ailleurs, j’ai toujours été horrifié par la liste de 2km de permissions demandées par les MàJ des apps Google… ils auraient mis une entrée « ALL », ça aurait été plus rapide ><« 

    @JosephK,

    Au pire, tu désactives ta sonnerie, ton vibreur, tes notifications diverses et variées. Tu te retrouves avec un formidable assistant personnel. (Rien que le fait d’avoir wikipedia dans ma poche m’enchante à tel point ! sans parler des horaires en live des trains, et plein de trucs dans le genre)

    >Après je ne sous-entends pas que je suis contre le développement de Boot to Gecko, juste que ce n’est, à mon avis, pas prioritaire.

    Bizarre, avec un raisonnement comme ça, on aurait dit que développer un annuaire du libre pour windows (Framasoft ???) n’était pas prioritaire, que les Framasoftiens auraient du se consacrer uniquement à GNU sur une plateforme 100% libre.
    Je pense que de la même façon que Framasoft est primordial dans le mouvement libre français, B2G va devenir primordial dans l’open source sur plateforme mobile (or les plateformes mobiles sont le futur d’Internet… rien que dans les pays « non industrialisés »).

    @Tristan,

    c’est super ce que Mozilla fait pour notre liberté ! Keep it that way ! (Aucune idée si c’est une expression idiomatique…)

  11. @Ginko : ce n’est justement plus prioritaire. Framasoft dans son ensemble s’oriente bien plus vers des questions relatives à la culture libre (biens communs, DIY, neutralité du net, éducation, etc…) qu’à parler d’alternatives libres aux logiciels pour Windows. La refonte de l’annuaire en chantier (toujours à l’état d’ébauche faute de temps) en sera justement l’illustration.
    Après quand je dis que ça n’est pas prioritaire ça ne signifie pas que c’est négligeable (et d’ailleurs la refonte comprendra une partie dédiée aux plate-formes mobiles aussi).

  12. DéclicKids

    Cet article pointe du doigt un problème sérieux et qui me semble encore plus problématique quand les développeurs d’applications ciblent les jeunes utilisateurs.
    C’est important d’y réfléchir et j’ai ouvert un débat côté junior ici : http://www.declickids.fr/2012/03/ce

  13. maxime

    Faites jouer vos enfants avec autre chose que des ipad(tm) et des iphone ™, vous ressemblez à des panneaux publicitaires. Pas de téléphone, pas de problème.
    Comme me le disais un amis développeur il y a peu : « c’est quand même pratique, l’autre jour je devais poster une lettre et je savais pas où trouver une boite, avec mon mon iphone ™ j’ai pu ». Alors je dis bravo, toute cette technique de pointe pour poster une lettre !
    Je l’ai pas revu tellement il a eu honte à posteriori de ce qu’il a dit.
    Si vous avez des smartphones vous êtes des bouffons. Moi j’ai un calculateur, je peux tout faire avec. Oh bien sure je ne peux pas être au courant des derniers cacas de mes amis sur fesse de bouc quand je suis dans le bus, mais je vous assure que je vis bien, je trouve toujours les adresses ou je dois me rendre, quand j’ai un rendez vous, ben, j’y vais, à l’heure et je bénéficie d’un internet neutre et ouverts, mais amis m’envoie des emails, j’ai un blog, ils ont des blogs, mes cartes routière ne sont jamais en rade de piles (et grâce à cela j’ai sauvé pas mal de situations), il y a du freewifi partout…
    Ma ligne de conduite : ne pas achetez leurs appareils pourris tant qu’il ne seront pas sérieusement pratique, ouverts et que l’abonnement ne sert pas à engraisser des ports déjà trop gros.
    Rendez vous compte qu’il y a 30 ans rien de tout ceci n’existait, nous vivions bien. Et aujourd’hui on ne pourrait plus vivre si son téléphone n’as pas un écran tactile. Vous êtes des grands malades. Des victimes de la mode. Au fait cette année de qui faut il se moquer, ceux qui ont des téléphone trop gros ou trop petit. Souvenez vous quand vous vous moquiez des gros téléphones, aujourd’hui vous avez des 7 pouces dans vos poches, vous êtes ridicules. Bououou je rigole. Et puis j’oubliais, en plus vous êtes tous sans tune, évidement être une victime de la mode ça coûte cher. Moi je dis bien fait pour vous.
    Et puis regardez bien dans votre téléphone il y a peut être un trace de sang d’un enfant qui travail chez foxconn.
    N’achetez pas de smartphone.
    Plus ton phone est intelligents plus tu deviens débile.

  14. >Comme me le disais un amis développeur il y a peu : « c’est quand même pratique, l’autre jour je devais poster une lettre et je savais pas où trouver une boite, avec mon mon iphone ™ j’ai pu ». Alors je dis bravo, toute cette technique de pointe pour poster une lettre !<
    Une anecdote similaire : j’ai assisté à une légère engueulade entre mes beau-parents cet été. Lui, il cherchait une boite pour poster une lettre mais on avait rendez-vous au jardin des plantes. Il a regardé son iphone pour trouver la boite la plus proche, elle lui disait qu’il y en aurait sûrement une sur le chemin mais son iphone ne l’indiquait pas alors il a préféré faire demi-tour et nous rejoindre plus tard. Et évidemment, il y avait bien une boite jaune sur le chemin ^^

    Sinon, par rapport à ce que j’ai dit précédemment sur le téléphone mobile comme outil de servitude moderne je voudrais juste nuancer : c’est vrai pour ceux qui ont un domicile.
    Il y avait un article très intéressant à ce sujet sur Rue89 sur l’importance du portable pour les SDF : http://blogs.rue89.com/francis-pari

  15. maxime

    Et donc il faut qu’il est un écran tactile et qu’on tue des enfants pour ça (foxxcon).
    Il faut que vous changiez de téléphone tous les ans pour que les sdf se fasse refourguer vos vieux téléphones ?
    Tu fait semblant de ne pas comprendre ce que j’écris. J’ai jamais parler des gens qui n’ont pas d’argent. De plus il me paraît plus important de trouver des solutions pour les sdf autre qu’un simple téléphone portable qui ne nourris pas. Ici le téléphone est le symptôme de nos sociétés trop pingres. Tu ne crois pas qu’il faudrait plutôt leur trouver un logement avec internet ? À manger. Il faut 50 millions d’euros pour que plus personnes ne soit à la rue en france, combien mettez vous dans vos smartphones tous les ans ? Pour info les français dépenses 5 milliards d’euros pour leurs animaux de compagnies chaque année. De quoi tu me parle ? C’est des excuses bidons. C’est justifier l’injustifiable.
    Tu travail pour orangebouyguesfoxxconapple ?
    Je ne parlais donc pas des sdf mon gard. Je parlais de vous.
    On peut aussi me dire : une fois un personne à été sauver par un téléphone portable, etc…
    Ça ne justifie pas qu’on exploite les 2/3 de la planète. Une fois ma grand mère cest tomber parterre
    et s’est cassé la jambe, une fois par terre elle à trouver 20 euros. Bonne opération ?
    On peut toujours trouver des côtés positifs à n’importe quelle situation intolérable. Ça n’en fait pas moins des situations intolérables.

  16. @maxime : il faudrait peut-être que tu reprennes ton souffle et relise calmement ce que j’ai écrit avant de dire n’importe quoi.

    Je n’ai pas de téléphone portable : http://www.framablog.org/index.php/… donc m’accuser de bosser pour pomme-pêche-poire-abricot c’est complètement idiot surtout quand on est d’accord sur le fond (maintenant sur la forme absolument pas… l’agressivité gratuite ça réduit toute crédibilité à zéro).

    Je ne te répondais pas spécialement : le premier paragraphe oui mais le deuxième non je nuançais juste mes propos précédents (même lien), parce que même si je trouve que le téléphone portable présente plus d’inconvénients que d’avantages il se trouve que c’est quand même une bouée de sauvetage (seule exception positive concernant l’usage du portable selon moi) pour certaines personnes dont la situation n’est pas enviable.

    Il en va de même pour la voiture. Téléphone portable et voiture sont des outils de la mobilité qui sont aliénants qui créent l’illusion de réduire l’espace et le temps (l’ordinateur et internet aussi seulement ils permettent un accès quasi illimité aux savoirs et ça ça change tout).
    Ivan Illich https://fr.wikipedia.org/wiki/Ivan_… avait calculé dans les années 70 qu’en prenant en compte le temps passé à travailler pour acheter une voiture et payer ensuite les frais de fonctionnement (carburant + entretien) en plus du temps passé à la conduire – c’est à dire compter les moyens qu’on se donne pour assurer nos déplacements en plus des déplacements eux-même – la vitesse « réelle » du véhicule n’était que de 6 km/h, soit celle d’un marcheur. (aujourd’hui ça va à peine 3 fois plus vite donc l’équivalent du vélo…)
    Du coup on voit le côté aliénant de cette société qui fait de la voiture, comme du téléphone portable, un outil indispensable. On en est réduit à « travailler pour payer sa voiture et payer sa voiture pour aller travailler » ad libitum (pour reprendre les parole de la chanson cultissime des Bolchevita (attention aux oreilles sensibles) http://josephk.eu/public/_audio/Bol… )
    Mais malgré tout, pour un SDF, un véhicule motorisé est une véritable bouée de sauvetage également puisqu’il lui permet de garder ses affaires dans un espace sûr, d’avoir de quoi s’abriter un minimum et de déplacer son « campement » facilement sans être emmerdé par les autorités.
    Après dire qu’on va donner à chaque SDF une voiture comme logement et un téléphone portable comme boite aux lettres pour résoudre leurs problèmes c’est cynique et ce n’est absolument pas ce que je dis.

    Bref, tout n’est pas manichéen, pour poster ton message tu as bien du faire un compromis et utiliser des composants électroniques Made in RPC par des enfants de 12 ans… et ben moi aussi… donc avant de juger les « autres » il faut aussi regarder en face les compromis qu’on est soi-même obligé de faire.

  17. maxime

    @JosephKPardon: pardon je m’emballe, je lis pas bien…des fois. CTRL+Z sur ça : orangebouyguesfoxxconapple. Campagne présidentielle, je suis un peu sur les nerfs…
    Sinon oui j’ai fait des compromis. J’ai utiliser des choses jetées par mes concitoyens, principalement. Mais même la récup encourage la production : les autres me voit et comme je suis une star ;) ils m’imitent, seulement ils ne savent pas que c’est de la récup. J’ai déjà évalué mon équipement, je suis classé comme technophobe, pourtant je vis de l’informatique. Tu peut en être sure, si tout le monde consommait comme moi, on en serait pas là. La démarche est simple : on achète pas tant que le produit n’est ni satisfaisant, ni vital. Les smartphones ne sont ni satisfaisants, ni vitaux. Tout le monde s’en plaint mais tout le monde en a.
    Tout le monde fait des compromis., ok, un écran tactile quand d’autres n’ont pas l’espoir un jour de voir un ordinateur branché à internet n’est pas un compromis. C’est un lux injustifiable. Un double cœur avec 512 de ram pour fessebouquer, ça n’est pas un compromis acceptable quand on sait ce qu’on pourrait faire avec. De plus quand on achète un appareil de ce type on recharge en argent la machine des lobbies qui se feront ensuite voter des lois sur mesure, achèteront des groupes de presse pour être sure que personne ne diffuse d’idée qui pourrait faire réfléchir avant d’acheter. Dire que tout le monde fait des compromis ne rend pas les efforts de ceux qui en font moins importants.
    Si ceux qui l’ont fait n’avait pas acheté les premiers smartphones nonlibre avec des abonnement illimités nonillimités nous aurions déjà B2G payé par orangepomme. Les industries répondent aux demandes du marché, elle essaient de la façonné certe mais à la fin elles y répondent.

  18. Ginko

    @maxime,

    Ahah, le coup classique de l’idéaliste. Le mec qui ignore le delta entre un monde idéal où tous les gens sont rationnels, où tout le monde accède de la même façon à l’information et le monde réel, où l’irrationalité reste omniprésente et où l’information circule rarement de manière hyperfluide (surtout sur les sujets réellement importants, porteurs de pouvoir).

    Etre idéaliste n’est pas mauvais en soi. Bien au contraire, notre héros rms nous le prouve chaque jour. Par contre être idéaliste, aigris et agressif… c’est juste contre productif, mauvais.

    Je te dis pas de mettre de l’eau dans ton vin. Juste d’être conscient des limites de ce bas monde, de la réalité. Et d’arrêter de prendre tes semblables pour de la chiure de sous-merde pourrite.

    Parce que pour l’instant, le boulet, c’est toi.