Vous avez fait de moi un pirate

Le premier tour des élections législatives françaises vient de s’achever avec des résultats encourageants pour un Parti Pirate qui faisait ici ses réels premiers pas en politique et qui aura eu le mérite de se faire connaître et susciter l’adhésion et l’enthousiasme d’un certain nombre d’entre nous[1].

Et avec des témoignages comme celui ci-dessous la dynamique n’est pas prête de s’arrêter…

Sommes-nous tous devenus (ou en passe de devenir) des Georges Nevers ?

Remarque : Voir aussi le billet Pourquoi je suis un pirate ! de notre ami Ploum.

Kevin Dooley - CC by

Vous avez fait de moi un pirate

Georges Nevers – juin 2012 – Licence Creative Commons Zero

Lobbyistes des droits d’auteurs, majors, sociétés de gestion, félicitations : consommateur consciencieux, en quatre ans, vous avez réussi à faire de moi un vulgaire pirate.

À l’école de la contrefaçon

Il y a quatre ans donc, je finissais tout juste mes études. Mon passage par l’université n’avait pas entamé mes convictions concernant le droit d’auteur : je mettais alors un point d’honneur à respecter scrupuleusement ce droit, et je considérais alors la contrefaçon numérique comme un moyen irresponsable de satisfaire ses envies de produits culturels.

Comprenez bien qu’une telle attitude est assez rare chez un étudiant. En effet, ce milieu est très performant lorsqu’il s’agit de partager des contrefaçons, certaines universités disposant même de systèmes officieux de partage de masse interne. Bref, la plupart des étudiants profitent tout naturellement des possibilités offertes par la technologie, et confirment l’habitude de partager des contrefaçons qu’ils ont souvent acquise dès le lycée.

Loin d’affaiblir mes convictions inhabituelles, mon passage à l’université les avait même plutôt affermies par quelques cours qui m’avaient permis de mieux comprendre le système de droit d’auteur, et par ma plongée dans le logiciel libre, qui me permis d’approfondir ses implications. Les licences qui fondent le logiciel libre sont en effet basées sur le droit d’auteur, et l’effort de diffusion de ces logiciels est également opposé à la contrefaçon de logiciels propriétaires qui contribue à leur maintien.

Un consommateur idéal… ou presque

À la fin de mes études, j’étais donc un consommateur comme vous devez en rêver, achetant régulièrement de la musique du prix fort dans une boutique en ligne tout à fait légale. Seule ombre au tableau, je n’appréciais pas particulièrement les pratiques des majors du disque dans le domaine des verrous numériques, et la loi DADVSI m’avait laissé un goût un peu amer. Pour autant, je considérais alors ces sociétés comme un mal nécessaire.

J’étais en effet largement opposé aux verrous numériques. Ces mesures anti-copie me gênaient dans mon utilisation d’exemplaires licites, alors qu’elles ne s’appliquaient pas aux copies contrefaites disponibles gratuitement. Ces verrous me donnaient en quelque sorte l’impression d’être puni pour mon honnêteté ; pour éviter cela je refusais tout simplement d’acheter des œuvres ainsi protégées.

Une saga de lois et de mesures

Là-dessus, j’avais donc vu passer la loi DADVSI qui sacralisait ces mesures. Je remarquai notamment que, par ma contribution à la redevance pour la copie privée, je finançais des exploitants qui, par des mesures techniques protégées par cette loi, interdisaient de facto la mise en œuvre de ce droit de copie privée. Je vis la jurisprudence évoluer à ce sujet, un juge décidant que la copie privée n’était plus un droit mais une exception non garantie au droit d’auteur.

Puis ce fut le périple de la loi Création et Internet, qui introduisait, sans doute pour la première fois dans le droit français, une présomption de culpabilité et un renversement de la charge de la preuve. Je ne détaillerai pas l’accouchement au forceps de cette loi, qui fut âprement défendue dans sa version originale par des gens anéfé incompétents, malgré son caractère non seulement anticonstitutionnel, mais surtout contraire à la déclaration des droits de l’homme. Opposé à cette loi pour ces raisons, je fus également peiné d’être en tant que tel assimilé par ses promoteurs à un vil pirate. Je crois que ce fut le déclic qui commença à modifier ma conception : moi, consommateur modèle, respectueux du droit d’auteur comme peu de gens, cohérent par mes actes avec cette conviction, on me considérait comme un pirate ! Pire encore, on m’attaquait par cette loi et diverses actions passées sur lesquelles j’avais fermé les yeux avec complaisance !

Une fois la loi Création et Internet laborieusement mise en place, j’étais donc prêt à considérer les événements suivants sous un nouveau jour. Je vis par exemple la SACEM attaquer une école pour avoir osé faire chanter à ses enfants une chanson d’Hugues Aufray lors d’une fête sans profit, et ce chanteur, scandalisé par cette action en justice, s’acquitter lui-même des droits d’exploitation de sa propre chanson. Je vis l’auteur du logiciel Freezer, un outil permettant la mise en œuvre du droit à la copie privée sur la plate-forme Deezer, se faire condamner à 6 mois de prison. Tout dernièrement, j’ai assisté avec consternation à l’élaboration du traité ACTA, élaboré entre des gouvernements et des sociétés privées hors de tout contrôle démocratique, dans un secret que je pensais réservé aux décisions militaires ; l’idée d’accords secrets entre des gouvernements et des entreprises privées ne m’évoque d’ailleurs qu’un seul mot : la corruption, ici au plus haut niveau de décision mondiale.

La fin d’un monde…

Les exemples sont multiples et je ne saurais en donner une liste exhaustive. Tous ces événements ont progressivement changé le jugement que je portais aux majors et aux sociétés de gestion, passant de la bienveillance à la déception, puis au dégoût, et finalement au rejet pur et simple. Après la création de l’HADOPI, la boutique en ligne où j’achetais ma musique a décidé de postuler au label « PUR », ce qui m’a convaincu de cesser de me fournir chez eux. Après leur avoir fait part de cette décision et de sa motivation, j’ai eu la surprise de recevoir une réponse de leur part, indiquant qu’ils comprenaient tout à fait ma décision, et qu’ils s’attendaient effectivement à ce genre de rejet.

L’affaire Freezer a achevé de me convaincre de l’iniquité des sociétés de gestion et des majors, de sorte que je considère aujourd’hui ces entreprises comme des organisations nuisibles. En particulier, l’achat de musique me semble maintenant immoral, dans la mesure où il finance ces organisations qui devraient disparaître. En comparaison, le partage de contrefaçon me semble désormais un moindre mal.

En l’espace de quatre ans, les lobbyistes du droit d’auteur ont donc, par leurs actions diverses, réussi à me convertir au point de faire de moi un pirate ordinaire. Enfin presque : quoique me livrant régulièrement à la contrefaçon, je garde encore quelques scrupules à ce sujet, mais au train où ces entreprises défendent leur cause, je pense qu’elles viendront rapidement à bout de mes dernières réticences.

Sociétés de gestion, majors, je vous souhaite que mon cas soit isolé, mais je n’en crois rien. Dans les milieux que je fréquente, j’ai pu constater la dégradation continue de votre image de marque auprès de vos propres clients, qui confine parfois à la haine. Pendant tout ce temps, vous avez pu remarquer qu’un parti pirate est né en Suède, puis a essaimé dans le monde entier et remporte par endroits ses premiers succès électoraux. Alors qu’à sa création, je raillais son nom de « pirate », j’envisage aujourd’hui sérieusement de m’inscrire à ce parti. Pensiez-vous vraiment que la voie de la contrainte et de la peur était un bon choix pour conserver vos clients ?

Georges Nevers
Texte placé sous licence CC0 (trad. non officielle sur le Framablog)

Notes

[1] Crédit photo : Kevin Dooley (Creative Commons By)

48 Réponses

  1. Aucune Importance

    Hmm… qu’est ce qui nous prouve que Georges Nevers existe vraiment ?
    je veux dire, la personne physique, il est probable que ce genre de profil existe mais bon, est-ce un véritable témoignage ou une construction virtuelle servant de témoignage ?

    Sinon, bien que moi-même conscient de certaines mécaniques du « système », il n’en reste pas moins qu’il est hors de question pour moi d’adhérer à un parti qui, même en prétextant une provocation, fustige envers les autres l’utilisation du mot « pirate » qu’il prend lui-même pour étendard !? La politique ça commence d’abord par une cohérence dans la démarche, le positionnement et les symboles.
    Je croise suffisamment tous les jours des tas de personnes qui « piratent » au quotidien (en regrettant megaupload) pour savoir qu’ils ne sont absolument pas animés par des valeurs confortablement mises en avant telles que le partage, la liberté, …
    Soyons clairs : la très grosse majorité des « pirates » s’en contre-fichent…
    Je ne vois aucune avancée personnelle à me retrouver étiqueté par ce vocable.

  2. « le partage de contrefaçon me semble désormais un moindre mal. » dans la mesure ou il ne finance des mafias du téléchargement illégal (megaupload et assimilés, newsgroups payants…)

  3. untel

    La réaction des majors et des sociétés de droit d’auteur ne m’étonne guère. En fait, elle est même logique. Elle ressemble aux gesticulations désepérées d’un animal agonisant. Vous savez, comme ces guêpes à la fin de l’été qui, sentant confusément qu’elle vont bientôt mourir, se mettent à attaquer le premier venu.
    Elles sont condannées car leur survie économique repose sur un modèle basé sur la rareté, et qui appartiendra bientôt au passé.
    Elles n’ont dès lors d’autres moyens que de ce lancer dans des actions délirantes, afin de prolonger leur survie de quelques années.
    Cette réaction me semble donc tout à fait compréhensible… voire excusable.
    Moins excusable cependant la complaisance des etats, sensés oeuvrer pour le bien des citoyens, face à ces sociétés et leurs intérêts économiques privés…

  4. untel

    @sil: la mafia du téléchargement illegal? Bouarf… pas pire que la mafia des lobbyistes en service commandé, postant des sophismes en commentaire des blogs consacrés aux logiciels libres.

  5. Non la gauche ne l’a pas emporté
    C’est la droite qui a trébuché sur son ombre portée

    Hollande Haschich, ô paradis artificiel
    Président sans rien de présidentiel
    Qui fait la queue pour assister au film qu’il est censé avoir tourné
    Et ne s’autorise rien avant qu’on l’ait autorisé
    Parce qu’il ne l’a pas choisi, il est normal qu’il soit normal
    Quand on ne peut pas faire bien, on fait tout pour ne pas faire mal
    On s’offre un joint et on devient jovial
    Avec un peu de social, on croit laver son linge sale
    On disait que les cons, ça ose tout, et que c’est à ça qu’on les reconnaît
    Au jour d’aujourd’hui, je ne reconnais plus personne
    La gauche cannabis est née
    Elle a les goûts, les couleurs de la vraie gauche, celle que je connais
    Mais pas les valeurs… pas la saveur!

    Ce qui est déplorable avec les moins cons qui viennent d’embarquer
    C’est qu’ils n’osent plus rien… plus rien en commun
    À part se faire passer le joint de mains en mains
    La gauche est morte, vive la mort
    De flou artistique on n’en parle plus
    Parce qu’il n’y a plus d’autre flou que politique
    Ne cherchez donc plus à vous oxygéner le cerveau
    Cherchez plutôt à savoir si vous en avez un
    Pour voir que votre destin
    Part en petite fumée!

    http://www.lejournaldepersonne.com/

  6. Hector V

    Bien écrit, je me reconnais là dedans moi aussi.

    Le passage sur la copie privée est juste et toujours scandaleux : on paye au prix fort pour un truc qu’on nous interdit techniquement et/ou juridiquement de faire.

  7. Aucune Importance

    « … des blogs consacrés aux logiciels libres. »
    Précision bien nécessaire visiblement.

    Mais parfaitement inutile puisque chacun se permettra ici d’extrapoler sans discernement ce qui est applicable (et appliqué) au monde spécifique du logiciel libre, où bénévolat, échange et gratuité induite sont les règles, au monde de l’industrie culturelle, qui n’a que très peu de lien avec ces valeurs.

    Ce n’est pas en diabolisant « ad nauseam », discréditant Microsoft et compagnies que le logiciel libre s’est construit, c’est en proposant des alternatives viables.
    Ce n’est pas le comportement de Microsoft (ou autre) « in itself » qui m’a converti au libre, mais simplement les progrès du libre et de l’écosystème associé.

    Et ce sont les développeurs eux-mêmes qui ont forgé les bases de l’écosystème libre.
    Si des artistes proposent des systèmes alternatifs viables (et qui passent à l’échelle), avec les nouvelles technologies qui suppriment les intermédiaires, il y a (aura) donc de la place pour que ces systèmes atteignent leur public.

    Excuser son propre « piratage » par le comportement des autres majors et lobby, c’est pas franchement convaincant. Je ne suis pas libriste parce que Microsoft se comporte(rait) mal.

  8. Bornerdogge

    @Aucune Importance, premier com.:

    Je me rappelle de différentes études tendant à montrer qu’une part importantes de personnes téléchargeant illégalement seraient prêts à payer pour cela, à un certain nombre de conditions. D’ailleurs, beaucoup payaient pour abonnement megaupload – faute de mieux.

    Le problème est que les sociétés se faisant de l’argent sur le dos des auteurs sont viscéralement opposées à toute réforme, et préfèrent choisir la voie du contrôle et de l’interdiction plutôt que du partage libre, même si ce partage est mis en place de manière à financer les artistes.

    Donc, même si dans les faits la majorité des pirates n’ont pas une vision développée de leurs actes, leurs actes sont la preuve du problème fondamental gangrénant l’industrie culturelle. Ils montrent, même s’ils ne le comprennent pas vraiment, que la question n’est pas de payer ou de ne pas payer, mais d’avoir un accès large, simple et juste à la culture.

    Dans les faits, un site comme megaupload est bien sûr tout sauf juste, mais un site du même type versant l’argent collecté directement aux artistes et non aux femmes de ménage de la villa de Kim Dotcom aurait subi exactement le même sort que megaupload.

  9. Serieusement

    Je trouve la propagande de Framasoft (et d’autres acteurs, ex : Numerama) pour le PP déplacée. Frama ne doit pas devenir le blog personnel de ses créateurs, malgré toute l’estime qu’on peut leur porter.

    Il me semblait que Frama, lié au monde enseignant, au moins partiellement, avait aussi vocation à encourager la réflexion. Ce qu’on voit avec le PP, ceux qui se réclament d’Anonymous ou de Wikileaks, ça tourne plutôt au café du commerce pour nerds. Nouveaux ou anciens, assez des mots d’ordre ! Assez des anathèmes et autres mots-étendards (« liberté d’expression », « neutralité du net ») qui empêchent de penser !

    Historiquement, le mouvement du libre vise l’émancipation, guidée par des intellectuels comme RMS ou Eben Moglen. Les mouvements PP/Ano/Wikileaks/etc. posent des questions proches mais n’ont pas la même insistance sur la rigueur sur la conceptualisation et l’éthique. Nous devons soutenir la réflexion, pas le prêt-à-penser.

  10. jsupejve

    Grand amateur de jeux vidéo, je me permets de vous faire remarquer que les atteintes aux droits du consommateur de musique (ou de films) ne sont rien en comparaison de ce que doit subir le consommateur de jeux vidéo.

    Dans ce domaine, si dans un premier temps c’est le vil pirate qui a été montré du doigt, on en est maintenant au stade où, c’est le consommateur qui achète et revend des jeux d’occasion qui est une vermine hautement nuisible, et qu’il faut donc à ce titre éradiquer de toute urgence.

    À cela s’ajoute une tendance forte (EA, Blizzard, Ubisoft, Steam) qui consiste à rendre captif et à épier le consommateur, tel un taulard en liberté surveillée, à l’aide d’un bracelet électronique virtuel, pudiquement appelé DRM connecté.

    Si je pirate peu de musique (car j’en écoute peu) il en va par contre tout autre vis-à-vis des jeux vidéo et en particulier tous ceux qui portent atteintes à mes droits de consommateur.

    Et pourtant j’aime acheter mes jeux (en version boite exclusivement) et récompenser ainsi tout le travail formidable et de longue haleine qu’il y a derrière, mais la simple idée de soutenir, avec mon porte-monnaie, des éditeurs qui n’ont que mépris et insulte à mon égard m’est tout bonnement insupportable.

    Alors je compense en réinvestissant l’argent ainsi économisé, dans des productions indépendantes (kickstarter, Humble Indie Bundle, ou directement auprès des développeurs, comme avec project zomboid par exemple) qui pour le coup collent bien plus à la vision que j’ai de la relation client (proximité, écoute et respect notamment).

    Ceci dit je vous rejoins dans l’idée qu’une bonne partie de l’industrie du divertissement, est en train de scier la branche sur laquelle elle est assise, et de se mettre de plus en plus de client à dos, qui font le choix de basculer vers le côté obscure de la force.

  11. Aucune Importance

    @Bornerdogge : « seraient prêts à payer pour cela »

    Moi également, je serai prêt à payer… c’est très facile à dire. Est-ce qu’on pourrait nous rappeler ici les résultats des diverses tentatives de faire payer directement l’auditeur lors de la diffusion de musique ? J’ai en tête une phrase d’un artiste ayant fait l’expérience (je ne sais plus qui) : « 70 % des internautes te font comprendre que ta musique ne vaut rien ».

    Par ailleurs, évidemment, je veux bien m’abonner à 10$/mois pour pomper 100$ (ou plus!) de valeur culturelle, exactement comme je voudrais bien acheter une voiture farreri au prix d’une voiture raneult… Cela ne démontre aucune « éthique » de consommation de ma part.

    Quoi que vous en disiez la question est *exactement et uniquement* celle de payer ou de ne pas payer (à sa juste valeur évidemment et en toute connaissance de cause) ! Car l’écrasante majorité de la production culturelle à un *coût* qui ne saurait être réduit ou calculé uniquement sur la base de la copie d’un fichier.

    Tenter l’expérience de regarder le « making of » d’une oeuvre et posez vous la question de la rémunération de tous les métiers secondaires que vous apercevrez et qui font que, in fine, vous aurez la possibilité de pirater le film, le jeu, le spectacle, voire de le « partager »…

    Proposez donc un modèle alternatif capable d’assurer cette chaîne de production culturelle et là, le débat sera réellement ouvert.

    « On ne rend pas captif un utilisateur » (formulation déresponsabilisante) <==>
    « Il le devient » également (formulation responsabilisante)

    Dans la relation de dépendance, l’utilisateur est autant fautif que le producteur. Si un bien (soit-disant) culturel fonctionne sur le mode du client captif (ou simplement addictif), ben je dispose également de mon libre-arbitre pour ne pas rentrer dans ce jeu… (arf)

    Je ne suis absolument pas obligé de me précipiter sur internet pour pirater « au plus tôt » la dernière saison de ma série TV préférée… je peux aussi tout simplement attendre.

    Pour ce qui concerne le PP, quantité de « valeurs » aujourd’hui dans leur programme sont très largement partagées par d’autres partis. L’originalité « historique » c’est simplement la philosophie du « tout, tout de suite, et si possible gratuitement » camouflée par une formulation politiquement correcte (ils ne peuvent y échapper) : la partage de la culture…

  12. Remarque générale, on parle beaucoup de la musique parce que ses ventes décroissent, à ce qu’il paraît. En revanche, l’exemple du cinéma n’est pas pertinent, parce que lui ne s’est jamais aussi bien porté. Les places de cinéma se vendent de mieux en mieux.

    À vrai dire, je trouve que cela tombe bien, parce que produire un album de musique a un coût très faible (pour un groupe existant, il faut juste louer un studio d’enregistrement). Les coûts liés au pressage de disques, qui étaient déjà très faibles, peuvent être évités en utilisant le réseau. Au contraire, produire un film coûte vraiment cher, et ces coûts ne peuvent pas être évités. Heureusement, la question d’un nouveau modèle n’est pas vraiment nécessaire puisque le cinéma fait toujours largement recette.

  13. @Aucune Importance, l’exemple des séries télévisées est très intéressant. On peut attendre un temps raisonnable que les moines copistes de DVD rédigent des sous-titres, puis doublent les dialogues pour ceux qui ont du mal à lire des sous-titres. Mais lorsque des bénévoles arrivent à faire ce travail plus vite que les moines copistes officiels, ça donne simplement l’impression que ces officiels ne sont pas capables de faire le travail pour lequel on les paierait.

  14. madao

    Personnellement j’ai toujours pompé sur le net la culture que j’aimais, depuis Napster. au début parceque j’étais qu’un gosse et je n’avais aucune idée de ce que ça impliquait, je m’en foutais un peu, j’avais juste trouvé un moyen de découvrir plein de choses.
    Après ayant pris conscience de ça, j’ai commencé à acheter certains trucs pour récompenser les auteurs, puis c’est cool d’avoir l’objet physique, mais vu que je n’avais (et je n’ai toujours) pas de fric, c’est un peu dur pour moi de tout acheter.
    Ducoup j’étais à peu près comme beaucoup de monde je crois. Maintenant c’est devenu complètement différent pour les mêmes raisons que l’auteur de l’article, tout ça me fait vomir et je suis entré en guerre.

    Je refuse de donner facilement un kopek aux fossoyeurs de la culture, désolé pour les artistes mais j’essaye de financer au minimum les sangsues, j’achète d’occasion ou je fais gaffe a ce que je consome, je vais aux concerts lives parfois, au cinéma en évitant gaumon. Je suis passé totalement sur GNU/Linux et je n’utilise presque que des logiciels libres.
    Je n’achète ni ne pirate la pluspart des produits venant de ces industries pourries, les jeux avec DLC, je m’en passe carrément.
    Ils perdent très peu d’argent, certes, mais ils ont perdu quelqu’un qui partagait, testait, donnait son avis, seedait un max (et surtout plein de choses) etc. Je pense que peu de monde ici ne discutera l’impacte que beaucoup de gens dégoutés comme moi peuvent avoir en boycottant tout simplement.

    Je pense qu’a un moment la contreculture qui se crée sur le net deviendra la culture mainstream avec ses propres moyens de diffusion intrinsèques, c’est toujours ce qu’il se passe, et à ce moment là ceux qui n’évoluent pas mourrons.
    Comment les vendeurs de logiciels qui profitent de leur hégémonie feront quand linux aura totalement explosé partout ?

    Comment ferons les vendeurs de livres/films/musique/logiciels/watever quand les oeuvres qu’ils controllent ne serons qu’une minorité et que nous échangerons des tas de produits libres ?

    Ils savent qu’ils sont sur la planche (haha), vous pensez que si a l’achat d’un ordinateur les gens ont le choix entre une distribution linux ayant acquis une certaine notoriété populaire (je pense a ubuntu qui s’exporte sur smartphones) et un truc payant comme windows ils choisirons de sortir la cb sans tester la solution libre ? pas moi. Un jours ptetre, on pourra jouer sur linux et les os propriétaires aura beaucoup moins d’interret, ils profitent de l’exclusivitée.

    Pour moi, nous avons avec nous la raison et la technologie, le fait qu’ils arrivent encore a s’en passer n’est qu’un bug temporaire, la seule façon qu’ils ont d’interferer est de ralentir le processus de mutation, tôt ou tard nous aurons raison devant le reste du monde.

    Je penses aussi que le fait que la supercherie soit grossière (utiliser le pretexte du droit d’auteur pour démonter nos libertées) jouera contre eux et contre les dirigents quand tout le monde aura réalisé comment ils tentent de controller tout le monde. Mauvais plan.

    La question est, combien de temps celà va prendre ?

    Voilà pour mon humble avis, c’est peut-être un peu long désolé je me suis un peu laissé emporter par ma pensée ^_^

  15. Aucune Importance

    @elessar : « Mais lorsque des bénévoles arrivent à faire ce travail plus vite que les moines copistes officiels, ça donne simplement l’impression que ces officiels ne sont pas capables de faire le travail pour lequel on les paierait. »

    euh, je comprends pas bien.

    Déjà, « *lorsque* des bénévoles » : détrompez-moi mais je pense que cela n’est pas la règle et reste plutôt exceptionnel voire marginal… Cela ne concernera probablement que quelques séries décrétées cultes par certains (les + motivés), on sort donc de la culture largement partageabl sinon de masse.

    Ensuite « ces officiels ne sont pas capables de faire le travail pour lequel on les paierait ». Phrase bizarre : ils ne sont pas capables (affirmation) et on les paierait (conditionnel)…

    Pour ce que j’en sais, un professionnel ne fait pas un travail pour lequel il n’est pas payé, et a priori, il le fait lorsqu’il est payé (sinon faut être stupide pour le payer). Et il n’est pas impossible que ce même professionnel passe du temps libre à aider des bénévoles…
    Je ne vois donc pas trop où cette phrase nous mène…

    Mais je pressens qu’on essaye là de nous refourguer le fantasme qui voudrait que les bénévoles travaillent naturellement mieux que les professionnels, ces dernies étant pervertis par leur salaire… Il est bien connu qu’un pro ne serait être passionné par son métier, c’est nécessairement alimentaire.

    Il reste possible qu’un bénévole soit plus compétent qu’un professionnel. Cela arrive. Néanmoins, l’inverse reste l’écrasante majorité. Il n’y a qu’à voir la différence de finition (design, graphisme) entre un jeu libre et n jeu commercial. Il n’y a pas de magie, 50 professionnels payés lourdement feront toujours un meilleur boulot que 100 amateurs motivés ayant des nuits courtes.

    Et c’est aussi cela que l’on paye quand on achète un jeu commercial.

  16. El Piratos

    D’accord avec le texte et plusieurs commentaires.
    Je n’ai jamais eu beaucoup de scrupule à télécharger un peu mais l’idée était plutôt d’acheter CD et DVD et parfois, de télécharger lorsque j’étais pressé ou que je n’étais pas sûr de la qualité.
    Maintenant, c’est fini. Financer ces gens là, ça me fait mal au fondement alors j’évite au maximum.

  17. Florent

    L’argent c’est bien pour payer son beefsteack, au delà c’est du vol organisé.

  18. Ginko

    @Elessar,

    Moui, et encore, les ventes de CD baissent (comme je dis toujours : « toujours pas trouvé comment rentrer ce foutu CD dans mon iPod/Android/lecteur mp3 quelconque ! »), mais les spectacles dits « vivants » n’ont jamais autant marché… les artistes les plus reconnus font tous leurs concerts à guichet fermé (parfois des mois à l’avance).

    De plus, OK pour Hollywood, le moindre film coûte (vraiment) bonbons. Mais je suis persuadé que les coûts baissent. Aujourd’hui un particulier peut se procurer une caméra HD et un logiciel de montage basique. D’ailleurs (OK, c’est anecdotique), certains films genre Paranormal activity n’ont pas coûté bien cher à produire !

    Bref, en poussant l’idée jusqu’au bout, on peut même dire que la mort de l’industrie culturelle ne supprimerait pas la culture pop. Le vide serait très vite comblé par des amateurs-pro réussissant à faire de la qualité avec peu de moyens. (Et je ne parle que de la pop ; l’énorme reste de la culture ne frémirait même pas).

    La vraie valeur ajoutée de l’industrie réside àmha dans l’exposition médiatique de leurs mégaproductions. A l’ère des réseau sociaux, une bonne campagne marketing (pour ceux qui en veulent… l’objectif d’un artiste ne devrait pas être uniquement de faire des thunes) ne coute plus aussi cher.

  19. J’ai participé il y a plusieurs années à une class-action (qui donc fut déboutée par principe en France) concernant la copie privée de DVD. On paie une taxe sur les média vierges, on est donc PRESUME COUPABLE. De plus, comme tu le fais remarquer la copie privée LEGALE est entravée et fliquée par des dispositifs (allant même jusqu’à des rootkits sur les CD audios).

    Mais le problème est ailleurs, c’est tout le système financier qui est truqué, et mène à ces excès malgré l’abondance de matière première et de main d’œuvre à très bas coût.

    La criminalité est organisée par les pouvoirs en place dans tous les domaines, la peur et la répression sont clairement les objectifs de notre société de consommation arrivée à ses limites, c’est la seule issue pour continuer de nous gouverner.

  20. Bornerdogge

    @Aucune Importance:

    « évidemment, je veux bien m’abonner à 10$/mois pour pomper 100$ (ou plus!) de valeur culturelle »

    100€ de valeur culturelle c’est vite dit! Quand tu paies 100€ à la fnac tu paies l’artiste, les producteurs, les distributeurs, l’emballage, les vendeurs, les marketeux…

    Je suis bien conscient qu’une oeuvre ce n’est pas que l’artiste qui l’a imaginée mais aussi un grand nombre de personnes qui travaillent derrière! Mais lorsqu’on télécharge sur itunes par exemple, on paie un prix du même ordre de grandeur qu’à la fnac alors que le nombre de personnes impliquées est bien moindre!
    Si les oeuvres étaient proposées à un prix plus raisonnable (5€ pour louer un film pour 24h, 65€ pour télécharger un jeu, ça ne vas pas non?), je suis absolument convaincu de ce que le nombre de personnes payant pour ce qu’ils utilisent exploserait. Tout bénéfice pour les artistes comme pour les producteurs.

    … Moins bénéfice pour ce qui est devenu redondant: les ayants droits/maisons de disque, distributeurs etc. Coïncidence: ce sont exactement les sangsues inutiles qui créent tous les problèmes aujourd’hui.

    Le but est de financer la création d’oeuvres et de faire en sorte qu’en tant qu’artiste un minimum doué il soit possible de vivre de son art. Il faut combien pour ça? Pour l’oeuvre, il faut arrêter, ça ne coûte plus si cher d’enregistrer un CD. Un blockbuster à la Emmerich ça coûte, mais personne ne s’en plaindra si il n’y en a plus. Pour l’artiste, il gagne combien? 5000€/mois ou 100.000? Evidemment, un artiste à 100.000€/mois fait gagner plus à sa maison de disque qu’un artiste à 5000… Donc, au lieu de chercher à faire vivre un grand nombre d’artistes raisonnablement, les majors jouent les charognes, en veulent toujours plus et ne reculent devant rien pour ça.

    « Je ne suis absolument pas obligé de me précipiter sur internet pour pirater « au plus tôt » la dernière saison de ma série TV préférée… je peux aussi tout simplement attendre. »

    On croirait un vendeur de chevaux au début du 20ème siècle: les voitures détruisent les emplois des vendeurs de chevaux, pourquoi les gens sont-ils si stupides et achètent des voitures? Ces fainéants pourraient faire le trajet à cheval ou en calèche, il suffit d’être patient!

    Si les imbécilent qui gèrent la distribution des oeuvres ne veulent pas que les gens y aient accès lorsqu’ils ont envie d’y avoir accès, c’est entièrement leur faute si leurs oeuvres ne se vendent pas.

    Evidemment que tous les « pirates » ne sont pas des petits bisounours dans le meilleur des mondes, piratant parce qu’ils croient que cela créera un monde meilleur. Evidemment que le piratage ne résoud pas tout, ça ne reste qu’un moindre mal nécessaire.

    Si tu veux continuer à soutenir des charognards mafieux, agonisants et s’accrochant à la vie comme un parasite qui ne se rend pas compte qu’il tue son hôte, hôte qui le maintient en vie, libre à toi.

    Si tu penses qu’installer un filtrage DPI généralisé, un contrôle des disques durs aux frontières, un flicage automatique de tout internaute – car évidemment présumé coupable (!) de contrefaçon – ou des poursuites pénales contre le moindre étudiant partageant des sous-titres est acceptable, libre à toi.

    Si tu penses que tout cela est un moindre mal par rapport au fait grave (pénalement aussi grave que l’aggression sur personne) du vol (du vol? vraiment?) de millions d’oeuvres protégées (plus protégées contre les clients que contre les pirates), faisant perdre des millions (c’est-à-dire moins que le coût de la lutte contre le piratage, frais d’avocats etc.) à une infrastructure moderne, ouverte, transparente et indispensable (hum hum), libre à toi.

    Mais ne compte pas sur moi pour éprouver la moindre once de compréhension.

  21. Le pire c’est que les industriels du contenu auraient les moyens de proposer une offre payante qui satisfasse tout le monde.

    Par exemple, les audiophiles, les gens qui aiment la hi-fi et ont une oreille, ils ont quoi aujourd’hui ? Du CD vendus pendant 30 ans à prix épouvantable, dont les standards audio date de 1978, du SACD qui n’éditt plus rien ou juste Lady Gaga ou sinon, du non-compressé d’un obscure groupe de ska festif que personne n’écoute !

    Hors les majors ont la plupart du temps les droits sur les master. Ils pourraient très bien dire : nous faisons un seul et unique dépôt en ligne, duquel vous pourrez télécharger selon vos besoins. Qu’est-ce qu’un étudiant va avoir besoin d’un blu-ray sur son notebook ? Un format compressé en SD lui suffirait amplement…

    Au lieu de ça, ils vendent les droits à 50 magasins différents en version dégradée : tu vas payer ton single pour ton téléphone potable low-cost, pour ton ordi moyen gamme et le graver pour ta bagnole en leasing. Super…

    Le pire c’est que pour la plupart des contenus les gens seraient prêt à raquer, mais à la mesure de leur moyen, besoin et usage… Je veux bien payer un peu pour le mec qui s’est fait chier à remastiquer un vieux cd de jazz, mais pas pour la schnouff des commerciaux du bureau d’en dessus !

  22. libre

    Hello !
    En ce qui me concerne je n’avais jamais téléchargé, installé quoi que ce soit sans être en conformité avec les « lois ». Toutefois étant à la maison dorénavant exclusivement sous Linux, je n’ai pas pu lire un DVD acheté, je n’ai pas pu regarder des films en VOD… je suis donc passé à bittorrent…
    « Il est plus désirable de cultiver le respect du bien que le respect de la loi. »
    de Henry David Thoreau

  23. frilouz

    @Brrr
    Pour les audiophiles, il y a des sites comme eClassical, qui propose du FLAC 24bits en 48, voire 96kHz, à un prix tout à fait raisonnable. Mais bon, encore faut il avoir l’installation qui va avec.
    …Et ils vendent le FLAC 16bits 41kHz au même prix que le mp3 320.
    Je viens d’acheter 2 albums chez eux. J’ai le FLAC sur mon ordi, le mp3 pour mon baladeur, et j’ai gravé des CD pour la chaine du salon.

  24. Aucune Importance

    @Bornerdogge :
    « si tu veux » « si tu penses que » « si tu penses que »…

    C’est gentil de penser pour moi, mais tu es à côté de la plaque. Ce n’est pas ce que je pense.

    Mais on bien là en plein dans la démagogie de ce genre de discussion : inutile de s’attarder sur la complexité du problème hein, on décrète ce qui doit être (c’est à dire ce qui nous arrange), on décrète ce que pense l’autre (il est nécessairement à la solde des méchants)…

    C’est effectivement déprimant ce « prêt à penser » déballé à la vitesse du copier-coller…

    Les prix ne sont pas fixés unilatéralement, ils sont fixés par le marché. Si un CD est vendu à 15euros, ce n’est pas qu’il vaut 15euros, c’est que les gens l’achètent à 15euros. souvent parce qu’ils sont prêt à payer plus cher pour avoir tout de suite (effet de mode).

    Et dans toute activité professionnelle, si tu peux vendre 15% plus cher, tu le fais. Point barre. Si 90% des clients payent le prix fort, c’est leur problème. Mais cela ne légitime aucunement les 10% qui restent à pirater au prétexte qu’eux décident que c’est trop cher, ou pas de qualité. Il revient au 10% de « rebelles » de mettre en place un autre système légal satisfaisant leurs besoins, leurs moyens, leurs idéaux.

    On aura beau pirater des windows, word, photoshop pendant des siècles, ça ne construira par un système libre alternatif.

    C’est tout ce que je dis. « Libre à toi » d’en rester à une dialectique de comptoir.

  25. Ginko

    @Aucune Importance,

    tu as mis le doigt dessus… les gens ne sont plus prêts à payer aussi cher pour un produit d’une qualité aussi médiocre.

    A force de ne penser la « culture » qu’en terme de contenu, les majors ont conduit le public à se réduire à des consommateurs de contenu. Dès lors, sans valeur ajoutée par rapport à une offre « illégale » inéluctable, ils ne leur sert à rien d’espérer vainement qu’on achète leur produit.

    Et inutile de dire « alors le problème est simple, effaçons l’offre illégale pour ramener la valeur d’usage à un niveau supposé correct de valeur d’échange »… dès lors qu’un contenu est numérisé, toutes les barrières du monde finiront par être abattues et le contenu rendu disponible sur les réseau.

    Donnez-nous de la valeur ajoutée, nous achèterons vos contenu. Toutes les autres industries ont compris cette règle basique. Pourquoi pas l’industrie culturelle ?

  26. Gourmet

    @untel
    Les états et notamment nos fameux représentants que sont les députés sont, depuis belle lurette, minés par les lobbies de toutes sortes. Souvenons-nous de ce moment historique lors des débats DAVSI où ces lobbies s’étaient carrément invités dans les galeries du palais Bourbon pour présenter et vendre leurs salades !
    Bon nombre de ces représentants et autres fonctionnaires de la nébuleuse d’État viennent du privé et désirent y retourner une fois leur mandat passé.
    Ce n’est donc pas le moment (durant leur mandat) de se mettre à dos lesdits lobbies.
    Observons l’Albanel émargeant désormais à 300 kEUR BRUT annuels chez FT afin de continuer à absorber Deezer et Dailymotion.

    Et le problème est bien là : les intermédiaires. Ce sont eux qui nous pourrissent la vie qu’ils soient privés (les ayants-droit) ou publics (les députés).
    Main dans la main, ils oeuvrent pour leurs intérêts personnels bien compris et, forcément, contre l’intérêt général.

    Et j’ajouterai même que nous, citoyens, sommes de plus en plus cernés par les propriétés intellectuelles de tout bord, les intérêts privés qui ne servent QUE les déjà riches et AUCUNEMENT l’emploi et encore moins le consommateur.
    Et tout cela AUCUN gouvernement, qu’il soit de gauche ou d’ailleurs, ne pense ne serait-ce qu’en parler !

    Cela fait toujours bien de surfer sur la vague du mécontentement lors d’une campagne mais une fois élu … peau de zobi !

    db

  27. Bornerdogge

    @Aucune Importance:

    Ce n’est pas de la dialectique de comptoire, c’est de la dialectique de commentaire de blog – forcément – et c’est donc forcément simplifié par rapport aux questions réelles. Ne crois pas que je n’en suis pas conscient. Mais ça n’enlève rien à la véracité des faits énoncés. Ça fait dix ans que le problème existe, ça fait dix ans que des solutions, ou du moins des esquisses de solution, sont proposées, mais si les majors du marché n’essaient pas eux-mêmes de mettre en oeuvre certaines de ces solutions, évidemment rien ne bougera. Certaines alternatives existent bien, mais entre le fait que la majorité d’artistes va quand même signer chez un des majors et le fait que beaucoup de ces alternatives se font phagocyter ou tout simplement attaquer par les majors, il est normal qu’aucunes d’elles ne parvienne à émerger.

    Concernant le prix fixé par les marchés: so fucking what? Le prix d’un CD peut être déterminé à cause d’une certaine notion de rareté, mais si la rareté est supprimée, qu’est-ce qui justifie un certain prix à part l’investissement réalisé pour produire le bien en question? Si tu peux continuer à vendre avec un prix 15% plus élevé c’est cool pour toi, mais si au passage ça te fait perdre 15% de clients où est l’avantage pour l’artiste? Sachant que les 15% de prix supplémentaire, ça n’est certainement pas dans la poche de l’artiste qu’il aterrit…

    Et les « 10% de rebelles qui piratent » c’est un peu facile à dire… Ce serait plutôt 10% qui n’ont jamais piraté! Et parmis les 90% qui restent, oui il y a des achats de CD au prix fort mais il y a aussi beaucoup d’achats non réalisés à cause de ce même prix fort et l’alternative bien plus attractive du piratage.

    Alors oui tu vas me dire que ça n’est pas parce que tout le monde le fait que c’est plus légitime… Le fait seul que la plupart des gens piratent ne justifie pas le piratage, mais le fait que la plupart des gens piratent justifie le fait de dire qu’il y a un problème avec le système actuel. Alors si les gens qui contrôlent ce système refusent d’ouvrir les yeux pour apercevoir que le problème pourrait être de leur coté, c’est leur problème et ça ne justifie pas le fait de mettre 90% de la population dans l’illégalité.

    Dire « pirater c’est mal parce que c’est illégal » ou « parce que c’est du vol » est bien plus abscon et réducteur que de dire « interdire le piratage c’est mal parce que ça viole les libertés ». Pourtant c’est le langage de l’industrie et je ne t’ai pas vu dire que eux livrent du prêt à penser aux clients ou aux politiques.

    Tu es très rapide à coller l’étiquette « discussion de comptoir » ou « prêt à penser » mais tu ne proposes pas non plus de vrais contre-arguments.
    Je ne pense pas m’être approprié une opinion « prête à penser » après toutes ces années passées à lire des actualités (c’est-à-dire des faits, et non des opinions ou des idéologies) dont le contenu m’a fait passer de « je n’aime pas pirater, j’achète des CD et si éventuellement je pirate c’est juste pour me faire une idée de quelque chose avant de l’acheter » à « hors de question de mettre le moindre cent dans la poche de ces enfoirés, je veux bien payer mais pas de cette manière là »…

  28. Kalenx

    @Aucune Importance

    « Mais on bien là en plein dans la démagogie de ce genre de discussion : inutile de s’attarder sur la complexité du problème hein, on décrète ce qui doit être (c’est à dire ce qui nous arrange), on décrète ce que pense l’autre (il est nécessairement à la solde des méchants)…
    C’est effectivement déprimant ce « prêt à penser » déballé à la vitesse du copier-coller… »

    Ces débats entraînent forcément une certaine dose d’émotivité; cela dit, je ne crois pas que la plupart des gens font preuve de mauvaise foi. Le « prêt à penser » peut aussi être le résultat d’une analyse correcte d’une situation (si je lis un article intéressant de l’EFF, et qu’après une analyse conséquente je juge qu’il apporte des arguments intéressants, alors oui je vais réutiliser ces arguments et ces exemples, même si ce sont des « prêt à penser »).

    Je pense que dans ce genre de débat, ce qui fatigue est de réentendre systématiquement la même rengaine sophistique (d’un côté comme de l’autre), du style « Vous ne voleriez pas une automobile? Alors pourquoi voler une chanson? »)­.

    Personnellement, j’ai tendance à laisser de côté les arguments plus « philosophiques », pour en revenir à une argumentation plus terre-à-terre.

    - Ne pas pouvoir profiter de la façon prévue d’un bien que l’on acquis légalement est inacceptable, quelle que soit la justification. Il n’y a _aucune_ raison valable pour justifier le fait que je n’aie légalement pas le droit (dans mon pays du moins) de lire un Blu-Ray protégé sur Linux, même si j’ai acheté ce disque tout à fait légalement.
    Même si Hollywood était en faillite, que tous les artistes crevaient de faim et que des chatons mignons mourraient à cause de ça, je ne serais pas plus d’accord, parce que pour moi, cet état de fait revient à ne pas avoir le bien tout court.

    - Le droit de la propriété intellectuelle ne devrait jamais passer par dessus les droits fondamentaux. Ça aussi pour moi ce n’est pas négociable. Déjà que ces droits fondamentaux sont constamment menacés par des dérives autoritaristes et des sophismes à propos de la prétendue sécurité, la question ne devrait même pas se poser en ce qui concerne la propriété intellectuelle.

    - Finalement, dernier point, qui peut paraître une lapalissade, mais qui reste quelque chose que bien des gens semblent oublier : les temps changent. Ça ne signifie pas que l’on doit tout accepter sous prétexte que « c’est le progrès ma bonne dame », mais qu’il faut se rendre à l’évidence que certaines choses qui fonctionnaient bien, certains modèles économiques qui performaient correctement, sont maintenant obsolètes. Les questions de propriété intellectuelle (et le droit des brevets aussi, d’ailleurs) font partie de ces choses obsolètes. Je ne suis pas un anarchiste, et je ne souhaite pas supprimer toute notion de P.I., mais il faut se rendre à l’évidence : ces lois qui datent parfois de plus de 100 ans ne sont tout simplement plus adaptées.
    Lorsque 90% des gens désobéissent à une loi, ça ne les excuse pas. La loi reste la loi. Mais le législateur a alors de sérieuses questions à se poser quant à la pertinence de celle-ci.

    Le modèle économique de l’industrie de la musique et du cinéma est lui aussi dépassé. S’y accrocher sous prétexte de nourrir les artistes est juste un prétexte fallacieux.

    Comme si, en informatique, après la sortie du VAX, on avait dit : on ne touche plus à ça, et toute personne qui voudra améliorer les choses se fera taxer de voleur et de sans coeur, qui met à la rue de pauvres programmeurs et ingénieurs VAX qui ont bien le droit d’avoir de quoi manger n’est-ce pas? Pas question de considérer un nouveau modèle, nous allons conserver notre idée qui n’est maintenant plus adaptée.
    L’informatique n’est pas disparue avec la fin du VAX, elle a simplement évoluée. Et il serait grand temps que l’industrie de la musique et du divertissement fasse de même.

  29. Nicolas

    Tu es loin d’être le seul.
    Mes idées sur la question ont évoluées exactement de la même façons sur les 3 dernières années.
    Sauf que je ne suis plus étudiant depuis pas mal de temps
    (lol les VAX – post de Kalenx -… j’ai bossé dessus au début … avec une VT100 :p)
    Et maintenant ou j’en suis ? – Un peu comme toi.
    J’aurais largement de quoi me payer n’importe quoi de leurs produits, mais je ne le fais pas par idéologie.
    Et même pas besoin de « pirater » non plus : j’arrive à me passer de leurs trucs.
    Pour moi ils sont devenus trop gourmands, trop nuisibles, et ont pris trop de pouvoirs.
    Pour le bien de tous ils doivent disparaitre.
    Je pense que l’histoire s’en chargera, le seul problème est le mal qu’ils pourront causer entre temps (ACTA etc…).

  30. Deux observations :

    1. Heureux détenteur d’une discothèque d’environ 600 disques dûment payés avec du bon argent (quelquefois même payés deux fois : quelques disques abîmés et rachetés alors même que la dématérialisation aurait dû me permettre de remplacer les supports défectueux à prix coûtant), je me suis trouvé moi aussi contraint de passer du côté obscur quand une musique convoitée n’était disponible que dans l’illégalité, ou encore quand l’offre légale était plombée par un système dit anti-pirate mais en réalité anti-client honnête. Je dois posséder environ une douzaine de disques illégaux, que je n’aurais sans doute jamais pu obtenir légalement. La paranoïa de certaines maisons de disques les a conduites à se tirer des rafales dans les deux pieds, tant pis pour elles. Il m’est même arrivé de déplomber illégalement des contenus scrupuleusement achetés au prix fort, juste pour pouvoir en profiter avec la même liberté que lorsque j’achète un bouquin ou une partition de musique. Jamais je n’aurais imaginé il y a quinze ans devoir me servir de tels armements pour me défendre contre ces agressions caractérisées.

    2. En très grande partie, les mesures législatives et réglementaires qui ont été prises prétendument pour combattre la piraterie poursuivaient en réalité un tout autre but: soumettre le web à un droit d’exception, bien plus intrusif et restrictif en matière de liberté d’expression et de respect de l’intimité que le droit ordinaire s’appliquant par exemple à la presse écrite ou à la correspondance privée. Avec des résultats largement contreproductifs d’ailleurs, mais ceci est une autre histoire. Comme toutes les innovations majeures, l’internet a été mal compris par les politiques, qui l’ont perçu comme une menace qu’il fallait absolument combattre par les seuls moyens qu’ils maîtrisent vraiment, c’est-à-dire la répression. Le 13 jan­vier 1535, François 1er cen­surait déjà l’impri­me­rie, plus de 5 siècles avant les DADVSI, Hadopi, LOPPSI et ACTA. Mêmes motifs, même ignorance, même bêtise.

    Ceci justifie un peu cela…

  31. ElGui

    Question culture, je vous conseille la lecture de l’article de Cqfd « La colonisation a commencé ici » : http://www.cqfd-journal.org/Au-somm
    J’ai pas lu le bouquin dont il est question mais ça lève des interrogations sur nos « frustrations » culturelles et le rôle du rouleau compresseur de la « culture » industrielle qui nous détourne de l’essentiel… et contribue à notre dépendance à tous niveaux, à notre individualisme…
    amitiés !

  32. Celui qui aime le pouvoir aime le contrôle. peu importe le sens des mots qu’on lui met dans la bouche de son clavier et dans sa tête : « mafia, pirate, majors, libre, payer, prix, critique, dialectique, émancipation, etc ». Ils doivent avoir un impact dans le monde réel ou l’idée qu’il pourrait y avoir une réalité objective et indépendante. Et si jamais cela n’est pas assez, il faut bien quelques lois pour transformer tout cela en quelque chose qui exprime l’idée de réalité en termes juridiques du réel lesquels offrent la sensation d’un vécu, d’une expérience vécue comme réelle. Celui qui aime le pouvoir aime être contrôlé parce que cela vaut bien une réalité qui lui donne l’épaisseur de la sensation du vrai. J’aime le contrôle quand il me rend réel selon ses idées quitte à faire de ce que je suis une représentation illégale, piratée par le pouvoir.

  33. Benjamin

    Dans l’ensemble je vous trouve respectueux, nuancés et intéressants. Quel plaisir de trouver autant de matière dans les débats en commentaires que dans l’article! Merci à tou-te-s pour votre mesure.

  34. Aucune Importance

    @Kalenx :  » Il n’y a _aucune_ raison valable pour justifier le fait que je n’aie légalement pas le droit (dans mon pays du moins) de lire un Blu-Ray protégé sur Linux, même si j’ai acheté ce disque tout à fait légalement. »

    Bah si. C’est tout bêtement un enchaînement de contraintes juridiques qui font que…
    Le fait que tu les décrète unilatéralement comme non valables n’y changera rien. Elles sont là ces « raisons ». (où l’on voit que le mot n’est pas le plus adapté ;-)

    Et c’est le droit qui distingue(ra) ce qui est valable ou pas. (ce qui fait que les distributions linux prennent bien leurs précautions quant à la distribution ou non de certains softs ou libs, c’est pas … sans raisons.)
    À noter que ce n’est pas la même chose que de dire ce qui est moral ou pas… nous sommes bien d’accord.

    Tu as certes acheté ce DVD en toute légalité, ce qui te donne le droit de l’utiliser _dans les conditions édictées par le fournisseur_ (et donc pas nécessairement les tiennes, effectivement). C’est le contrat que tu signe en achetant. Oui, ce n’est pas le contrat que tu souhaite, espère, idéalise, etc… Mais c’est le contrat.

    De manière analogue, quand tu veux te faire rembourser ta licence windows, il ne faut surtout pas « signer » le contrat que te lie à Microsoft, dès l’ouverture du scellé de la licence ou l’activation du système. si tu fais ça, t’es cuit. Même si le contrat est inique, dégeulasse, tout ce que tu veux, il est là.

    Si tu ne veux ou peux pas signer un contrat donné, cela ne t’autorise pas à définir de ton propre chef le contrat qui te va bien.

    Essaye un peu de ne pas (ou même juste partiellement) rembourser un prêt que tu as signer un peu rapidement et tu vas vite comprendre…

    Encore une fois, je ne défend pas « ce » système, j’essaie de poser son fonctionnement, froidement. Mais je me doute bien que ce n’est pas ici que ce sera le mieux perçu ;-)

  35. Kalenx

    @Aucune importance

    Je me suis effectivement mal exprimé. Je comprends pourquoi je peux être poursuivi si je tente de lire un blu-ray sur Linux (dans le sens où je vois la suite de « contraintes juridiques » qui y mène). Ce que je dénie, c’est le fait que ces points de droit justifient à eux seuls une telle pratique.
    C’est la même chose avec l’HADOPI : je ne dénie pas l’existence de cette loi, i.e. la suite de « contraintes juridiques » qui peut mener quelqu’un à perdre son accès Internet. Je dénie que sa validité puisse ne s’appuyer que sur le fait qu’elle existe — ce que, à ma connaissance, personne n’a encore essayé de faire.

    Donc, dans ce cas-ci, ce que je réfute ou tente de réfuter avec mon argumentaire sont les autres arguments en faveur des DRM et consort, qui eux pourraient être bien plus recevables qu’un simple « ça existe dans la loi donc ça va ».
    Je constate que tous ces arguments tournent toujours autour de « les artistes doivent être rémunérés, sinon X », « les producteurs doivent rentrer dans leur argent sinon X », « les musiciens ont aussi une famille à nourrir, et s’ils ne le peuvent pas, alors X va se passer », où on remplace généralement X par « la culture va disparaître, et vous n’aurez plus accès à ces oeuvres magnifiques » (ou des variantes plus prosaïques, mais qui sur le fond reviennent au même) .
    Ce que je soutiens, c’est qu’avec leur fichu système, j’en suis _déjà_ à ce point là. Je n’ai _déjà_ plus accès à ces oeuvres. Donc aucun argument s’appuyant là-dessus n’est recevable.

    Si demain, une loi est passée concernant l’habillement, et qu’elle interdit le port du pantalon sur la voie publique, elle sera « valable » (sous réserve de validation constitutionnelle, j’y reviens plus loin). Mais elle ne se justifiera pas elle-même.

    Même si on regarde d’un point de vue juridique, ça reste assez flou. Je ne suis pas extrêmement familier de la loi française, mais on n’a qu’à penser par exemple à la saisine d’HADOPI faite par l’équipe de VLC à propos de ce même décodage.
    Au Québec, il existe la LPC (loi sur la protection du consommateur), dont un des articles premiers se lit comme suit :

    « Le consommateur peut demander la nullité du contrat ou la réduction des obligations qui en découlent lorsque la disproportion entre les prestations respectives des parties est tellement considérable qu’elle équivaut à de l’exploitation du consommateur, ou que l’obligation du consommateur est excessive, abusive ou exorbitante. »

    Que je sache, il n’existe pas de jurisprudence dans le domaine spécifique de la lecture de médias protégés (probablement parce qu’aucun major n’a voulu se lancer dans une poursuite), mais il est clair que l’obligation pour moi d’utiliser un OS spécifique et potentiellement incompatible avec mon matériel et nécessitant un investissant conséquent de ma part (150 euros pour regarder un film?) pourrait être qualifiée d’excessive, abusive ou exorbitante. Après, je ne suis pas juriste, et mes arguments sont tempérés par le fait que les lois sur la propriété intellectuelle sont de juridiction fédérale, ce qui pose un beau problème constitutionnel avec la LPC qui est quant à elle provinciale, mais passons.

    Alors oui, il y a certaines situations où je peux non pas « définir le contrat qui me va bien », mais bien « supprimer les parts de ce contrat qui sont abusives ».

    C’est d’ailleurs la même chose avec ton exemple de prêt : si ce prêt a été fait à un taux usuraire, alors le contrat est simplement frappé de nullité, peu-importe ce que j’ai pu signer ou accepter.

    Bref, je comprends bien ton argumentaire, et te rejoins tout à fait lorsque tu dis « À noter que ce n’est pas la même chose [dire ce qui est valable ou pas] que de dire ce qui est moral ou pas ». Ce que j’essayais de prouver dans mon premier post est surtout le côté totalement absurde des arguments autres que « la loi existe, et c’est la loi » apportés pour soutenir la privation de liberté individuelle au nom du « soutien aux artistes » et de « la sauvegarde de l’industrie du divertissement ».

  36. babcom

    @Aucune Importance : « Je croise suffisamment tous les jours des tas de personnes qui « piratent » au quotidien (en regrettant megaupload) pour savoir qu’ils ne sont absolument pas animés par des valeurs confortablement mises en avant telles que le partage, la liberté, …
    Soyons clairs : la très grosse majorité des « pirates » s’en contre-fichent… »

    Tu devrais venir à une IRL, réunion du Parti Pirate un des ces quatre et tu verrai que les sympathisants, membres du PP partagent réellement les valeurs de partage et d’accès à la culture pour tous. Après se sont des individus qui font la démarche de venir au PP donc ce n’est pas représentatif du reste de la population et des gens qui téléchargent mais les membres du parti pirate sont réellement sensibles à ces questions.

  37. tiens, je vais aller voler des patates dans le champs voisin parce que ces salauds de chez auchant/carrefour/etc se font des tunes sur mon dos…
    le paysans trouve plus simple de vendre ses patates (a faible coup) a des distributeurs que d’aller les vendres lui meme (ou par un canal pseudo alternatif) car il a malgres tous la securité de vendre. qui est responsable ? les distributeurs ? (bah y sont pas la pour nous faire plaisir hein) le paysans ? l’acheteur ?

  38. Kalenx

    @foxz

    C’est exactement le genre de pseudo-argumentation qui m’exaspère, remplie de contre-vérités et de sophismes qui étaient déjà réfutés il y a 10 ans.
    Tant qu’à subir ça, je préfère autant entendre les pirates et anarchistes m’expliquer que la propriété devrait être abolie, au moins il y a un fond philosophiquement intéressant dans leur discours.

  39. Aucune Importance

    Au fait, toujours pas de réponse à la question initiale :

    est-ce que Georges Nevers, présenté ici comme une personne réelle, est effectivement une personne réelle… ?

    Parce que sinon, on est pas très loin de la manipulation …

  40. Ginko

    @Aucune Importance,

    >Au fait, toujours pas de réponse à la question initiale :

    >est-ce que Georges Nevers, présenté ici comme une personne réelle, est effectivement une personne réelle… ?

    >Parce que sinon, on est pas très loin de la manipulation …

    Et bien je vais répondre : « Aucune Importance », car plusieurs intervenants ont reconnu partager son point de vue.

  41. Aucune Importance

    « Et avec des témoignages comme celui ci-dessous la dynamique n’est pas prête de s’arrêter… « 

    Si le témoignage est une construction, certes consensuelle, il y a néanmoins tromperie.

    Alors oui, ce n’est peut-être pas si grave. Après tout, nous ne sommes plus à une approximation près n’est-ce pas ? Du moment qu’on se donne raison, à quoi bon être rigoureux dans la démarche…

    Mais que n’aurait on entendu si un média « reconnu » avait procédé de la sorte …

    Qui avait parlé de la «propagande framablog »?

  42. Kalenx

    Effectivement, je dois reconnaître que l’absence totale de source quant à ce prétendu témoignage est dérangeant. Même une recherche rapide ne ramène qu’à des liens pointant sur cet article.
    Je ne suis pas en faveur de tels « témoignages » (rendu là, on peut aussi « témoigner » avoir vendu toutes nos possessions pour vivre de rosée et de GPL — la licence, entendons-nous). Un témoignage est un appui plus fort qu’un simple texte d’opinion, puisqu’il sous-tend que quelqu’un applique ce qui y est décrit.

    Je pense qu’une précision quant à la provenance de ce témoignage (même si la CC0 ne l’oblige pas) ne ferait pas de mal…

    Par contre, quant à qualifier cela de « propagande framablog », je pense que c’est pousser le bouchon un peu loin. Le texte, même s’il s’avère au final fictif, apporte de bon points et une argumentation cohérente. Ce n’est pas parce qu’un texte est fictif qu’il est à rejeter ou qu’il n’apporte rien au débat (plusieurs écrits de ce type ont d’ailleurs déjà été publié sur le Framablog, à commencer par le droit de lire de Stallman).

  43. On m’a contacté en me posant cette question : « Puis-je publier sous pseudonyme ? ». Et j’ai accepté après lecture de la proposition. Voilà, cela reste un témoignage selon moi. Les Italiens disent « Se non è vero, è ben trovato » :)

  44. aucune Importance

    @aka : conception bien pauvre de ce qu’est une ligne éditoriale. Mais d’autres que moi l’avaient déjà relevé.

    Il n’y avait nulle besoin, et encore moins de justification, d’insister sur la prétendue « consistence » du témoignage. Ou peut-être que cette insistance en introduction n’était en fait destinée qu’à annihiler toute lecture critique…

    Cela ne reste évidemment pas un témoignage, cela devient une simple une construction virtuelle qui n’apporte rien puisqu’elle se contente de reprendre les éléments systématiquement évoqués dans ce genre de discussion.

    Faut pas prendre les gens (uniquement) pour des oies à gaver.

    PS : On retrouve le même procédé malhonnête de « mise en condition » du lecteur dans l’article «lorsque le code peut tuer ou guérir»… Faudrait pas que cela devienne une habitude.

    En tout cas, avec ce genre de procédé, « vous ne ferez pas de moi un pirate. » ;-)

  45. Kalenx

    @aucune importance

    Faut pas pousser mémé dans les orties non plus… Le début du billet donne un beau lien vers un « vrai » témoignage : http://ploum.net/post/je-suis-un-pi
    Si c’est tout ce qu’il vous faut…

  46. Ginko

    @aucune Importance,

    >En tout cas, avec ce genre de procédé, « vous ne ferez pas de moi un pirate. » ;-)

    Je ne pense pas que le but soit de recruter des pirates… Non, à mon sens, le but c’est de montrer que sans même le vouloir, le « système » (éditeurs, majors + lobbies + classe politique) en arrive à dégoûter à un tel point des gens a priori non hostiles qu’ils finissent par se « retourner » : à boycotter purement et simplement l’achat légal.

    Que des gens intègres et moraux en arrivent à adopter un comportement illégal car il est plus moral que de payer des acteurs peut-être légaux, mais tout à fait immoraux.

    Je cite :
    « Tous ces événements ont progressivement changé le jugement que je portais aux majors et aux sociétés de gestion, passant de la bienveillance à la déception, puis au dégoût, et finalement au rejet pur et simple. »

    En clair que « pirate » != « personne à la morale lâche qui ne recherche rien d’autre que la gratuité ».

    Maintenant, si tu préfères rejeter le fond du message à cause de sa forme, libre à toi ;)

  47. @aucune Importance

    > On retrouve le même procédé malhonnête de « mise en condition » du lecteur dans l’article «lorsque le code peut tuer ou guérir»… Faudrait pas que cela devienne une habitude.

    Et pourtant si.

    Le chapô d’un article ou d’une traduction est une vieille tradition du blog. On tente de présenter (sans trop le déflorer) le propos, de donner envie de lire la suite, ainsi que d’évoquer souvent en creux le pourquoi de sa présence en ces lieux.

    Quant à son style et sa pertinence, c’est évidemment à la libre appréciation de chacun. J’appelle cela un angle (sur un blog) pour ce qui me concerne et non une « malhonnête mise en condition ».

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