La petite fille muette réduite au silence par Apple, les brevets, la loi et la concurrence

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Maya est une petite fille de 4 ans qui ne peut pas parler.

Muette, jusqu’au jour où ses parents lui installent une application iPad qui lui permet pour la première fois d’entrer réellement en communication avec les autres.

Tout irait pour le mieux dans le meilleur de monde si cette application ne se trouvait pas attaquée par des concurrents pour viol de brevets et si Apple, sans même attendre la fin du procès, ne décida soudainement de retirer l’application de son store, avec toutes les terribles conséquences potentielles pour Maya et les autres enfants dans son cas[1].

Une histoire racontée par la mère de Maya. Une histoire nécessairement subjective et dans l’émotion, mais qui révèle une situation contemporaine où des logiques contradictoires finissent par mettre l’humain entre parenthèses…

PS : On vous épargnera le couplet affirmant péremptoirement qu’avec un logiciel libre sur plateforme libre cela ne se serait pas produit :)

Katie Tegtmeyer - CC by

Maya, réduite au silence

The Silencing of Maya

Uncommon Sense – 11 juin 2012
(Traduction Framalang : Goofy, Lamessen, Clochix)

Il y a onze semaines, j’ai parlé ici des problèmes qui menacent la voix de ma fille. Maya a quatre ans et ne peut pas parler.

Elle utilise une application, Speak for Yourself (SfY), pour communiquer, et les créateurs de cette application sont poursuivis en justice pour viol de brevet par Prentke Romich Company (PRC) et Semantic Compaction Systems (SCS), deux entreprises bien plus grosses qui créent des terminaux pour communiquer (mais pas d’applications pour iPad). Vous pouvez lire ici l’article original, et vous trouverez les nombreux articles de presse suscités par cette affaire. Maya est sur le point de devenir une victime bien réelle, très humaine et pour tout dire adorable des lois sur les brevets.

Après ce billet, deux choses importantes sont arrivées. D’abord, j’en ai appris un peu plus sur les lois relatives aux brevets. Bien que dans le pire des scénarios (dans notre cas, un jugement défavorable à Speak for Yourself) le juge puisse supprimer l’application, il était aussi tout à fait possible que PRC et SCS obtiennent juste un dédommagement pécuniaire. Cela m’a permis de me relaxer un peu et de ne plus être terrorisée à l’idée que SfY (sur laquelle Maya compte) puisse soudainement lui être arrachée ou disparaître. L’autre nouvelle, de loin la plus excitante, est que Maya a fait des progrès stupéfiants dans son utilisation de l’application. Dans mon premier billet, j’imaginais un futur dans lequel Maya pourrait réellement « parler » avec des phrases, et partager ses pensées… À présent, quelques semaines seulement plus tard, nous vivons ce futur. Elle demande poliment des choses, en tapant sur la tablette « Je veux un gâteau s’il te plaît ». Elle fait des blagues, comme regarder par la fenêtre le soleil radieux, taper « aujourd’hui il pleut » et éclater de rire (que voulez-vous que je vous dise, les enfants de quatre ans ne font pas les meilleures blagues). Et il y a deux jours, elle a regardé mon mari lorsqu’il est entré et a tapé « Papa, je t’aime. ».

Cela change la vie. Vraiment.

Maya peut nous parler, distinctement, pour la première fois de sa vie. Nous sommes suspendus à chacun de ses mots. Nous avons appris qu’elle aime égrener les jours de la semaine, est très intéressée par la météo, et aime prétendre que ses poupées sont en train de conduire le bus scolaire (souvent) et de travailler (parfois). Cette application ne lui a pas seulement permis d’exprimer ses besoins, mais aussi ses pensées. Elle nous a offert la possibilité de connaître notre enfant à un niveau totalement différent. J’étais tellement occupée à profiter dans la joie de cette nouvelle réalité que j’en avais presque oublié le procès en cours.

Jusqu’à lundi dernier. Quand Speak for Yourself a été retiré de l’Appstore iTunes…

Il a disparu ! Il n’existe plus.

Nous y sommes.

Conformément à ce court document, voila ce qui s’est passé : PRC/SCS a contacté Apple et a demandé que Speak for Yourself soit retiré de l’Appstore iTunes, affirmant que l’application violait ses brevets. à son tour, Apple a contacté SfY et a demandé une réponse à ces accusations. L’avocat de SfY a répondu, expliquant à Apple pourquoi cette demande n’était pas fondée, renvoyant Apple vers la procédure judiciaire en cours, et soulignant que PRC/SCS n’avait pas demandé au tribunal une injonction ordonnant le retrait de l’application de la boutique. Pendant des mois, il ne s’est rien passé… Mais le 4 juin Apple a informé SfY que l’application avait été retirée, en raison du conflit non résolu avec PRC/SCS.

Alors maintenant, que va-t-il arriver à la voix de Maya ?

Pour le moment, nous avons toujours l’application, chargée par précaution sur son iPad et présent sur mon compte iTunes, et Maya ne sait absolument pas que quelque chose a changé. Dave et moi en revanche, en sommes bien conscients. Nous vivons dans la crainte de cette menace imminente. Avec le retrait de SfY de la boutique iTunes, l’équipe SfY a perdu la possibilité d’envoyer des mises à jour ou corrections aux gens qui utilisent actuellement cette application. À ce stade, une mise à jour du système d’exploitation des iPads par Apple (qui fait des mises à jours relativement régulièrement) pourrait rendre SfY inutilisable (parce que si le nouveau système d’exploitation n’était pas compatible avec le code de SfY, l’équipe n’aurait pas la possibilité de reconfigurer l’application pour la rendre compatible avec le nouvel OS et envoyer la version mise à jour). Notre application peut cesser de fonctionner, et Maya serait à nouveau incapable de parler, personne ne serait en mesure de nous aider.

Mais il y a une autre menace, peut-être encore plus sombre. Qu’est ce qui se passerait si PRC/SCS contactait Apple et leur demandait de supprimer à distance les copies de Speak for Yourself qui ont déjà étés achetés, en faisant valoir que l’application a (prétendument) enfreint leurs brevets illégalement, et précisant qu’ils veulent complètement supprimer son existence ? Avant la semaine dernière, je n’aurais (naïvement) jamais pensé qu’une démarche aussi agressive, à l’encontre de centaines de jeunes innocents muets soit imaginable. Maintenant, cela devient un véritable souci. Avant la semaine dernière, j’aurais (naïvement) pensé que même si une telle demande était formulée, Apple ne l’aurait jamais accepté sans une injonction de justice les forçant à le faire. Désormais, il semble que ce soit tout à fait possible.


La suppression de Speak for Yourself ne semble pas juste. Actuellement ça parait même totalement injuste. Et franchement, ça dépasse mon entendement. Je ne suis pas une femme de loi, et il y a deux choses sur la légalité de ces événements que je ne comprend tout simplement pas.

D’abord, je ne comprend pas pourquoi PRC/SCS serait allé demander à Apple le retrait de l’application de l’App Store. Il y a déjà des discussions entre PRC et SfY au tribunal. Pourquoi n’y a-t-il pas eu une injonction déposée auprès du tribunal pour stopper la vente de l’application ? Cela aurait permis un procès en bonne et due forme, et un juge impartial aurait pu décider si le retrait était justifié ou non.

Et puis, je ne comprend pas pourquoi Apple a décidé de retirer l’application. Ils ont reçu une réponse d’un avocat, expliquant que les allégations de violation n’étaient pas valides et que le tribunal n’avait pas ordonné le retrait de l’application de l’App store. Cette application n’est pas un jeu, c’est une nécessité, une voix irremplaçable pour les personnes handicapées. Comment Apple a pu décider de la retirer aussi arbitrairement ?

Je ne suis pas impartial, mais je ne vois pas non plus comment Prentke Romich pourrait penser que procéder à ce retrait est raisonnable ou éthique. PRC est une société qui a près de cinquante ans d’âge et dont l’intégralité de la clientèle est composée d’enfant et d’adultes qui ne peuvent pas parler. Leur devise (mise en évidence en haut de leur Page Facebook) est « Nous croyons que tout le monde mérite une voix ». Comment peuvent-ils concilier l’énoncé de leur mission et le retrait stratégique de Speak for Yourself du marché, bloquant l’accès à de nouveaux utilisateurs muets et provoquant potentiellement le retrait de l’application pour des utilisateurs actuels qui l’utilisent comme leur unique voix ?

Ma fille ne peut pas parler sans cette application.

Elle ne peut pas nous poser de questions. Elle ne peut pas nous dire qu’elle est fatiguée, ou qu’elle veut un yaourt pour le déjeuner. Elle ne peut pas dire à son père qu’elle l’aime.

Personne ne devrait avoir le pouvoir de lui retirer ça.

Qu’est ce qui va se passer si on perd SfY ? Je n’en ai aucune idée. Comme je l’ai déjà expliqué, nous avons essayé d’autres applications de communication et nous n’avons jamais trouvé quelque chose qui corresponde aussi bien à Maya. Fait intéressant, nous avons examiné avec soin la possibilité d’acheter un appareil de communication de PRC, et rencontré l’un de leurs représentants en novembre, neuf semaines avant un message sur mon mur Facebook me présentant SfY (et sept semaines avant son apparition dans l’AppStore). Nous avons examiné leurs dispositifs, et nous avons été déçu de constater qu’ils n’étaient pas adaptés pour Maya. Pour nous, ce n’était pas un choix entre un dispositif coûteux contre un application « pas chère ». Il s’agissait d’un dispositif inefficace (pour Maya) face à une application qu’elle comprenait et adoptait immédiatement. La seule application, le seul système qu’elle ait immédiatement adopté comme son propre moyen de communication.

Cette application est sa seule voix.

Le fait que la capacité de ma fille à parler soit suspendu au verdict d’une guerre de brevet entre deux entreprises dépasse mon entendement. C’est une question de brevet, une question d’argent, une question juridique, une question de business. Il n’y a plus de place pour l’humain dans ce business contre business arbitré par le judiciaire. La décision de PRC de se battre pour faire retirer cette application de l’AppStore n’est pas seulement une action agressive contre Speak for Yourself, C’est une attaque indirecte contre mon enfant, les autres enfants qui utilisent cette application, et ceux qui étaient prêts à l’utiliser mais ne peuvent maintenant plus le faire.

Si vous voulez prêter votre voix à ce combat, diffusez cette histoire. Ce n’est pas normal, et les gens devraient en avoir connaissance.

NdT : Vous trouverez en fin d’article d’origine une liste de liens connexes ainsi qu’un billet complément rédigé dans la foulée.

Notes

[1] Crédit photo : Katie Tegtmeyer (Creative Commons By)

32 Réponses

  1. Nealith

    Voilà ce qui se passe quand on utilise du privateur, surtout venant d’Apple…

  2. rodskin

    Je suis pas spécialement pour le piratage, chacun fait ce qu’il vaut (je « pirate » aussi)

    Mais si c’est pas pousser les utilisateurs à passer par un market alternatif afin de pouvoir améliorer leur façon de vivre et de communiquer (je parle pas de jouer, je parle d’une vrai necessité) alors je ne vois pas ce que c’est. (la façon de faire d’apple, pas le billet)

    Je comprends le sentiment de ces parents qui se sentent blessés par des pompes à fric. Je les encourage à se tourner vers des manieres moins légales leur permettant d’interagir avec leur fille :)

  3. Kontre

    Sans parler de ces stupides histoires de brevet, il y a des alternatives plus viables que la technologie, comme par exemple la langue des signes. Maya pourra tout aussi bien parler, même quand les batteries de son iPad seront vides… Ça demande certes de l’implication de la part de son entourage, mais elle ne se sentira que plus aimée et acceptée !

  4. Là, Apple se comporte d’une manière vraiment dégelasse. Je ne sais pas si la fille a un handicap (je pense, vu l’article), mais il y a pas d’autres mots. Espérons que cet article passera dans l’oreille d’Apple et qu’ils sauront faire preuves de bonté !

  5. Vince

     » il y a des alternatives plus viables que la technologie, comme par exemple la langue des signes »

    En fait, non, pas pour tout le monde. Il y a au niveau cérébral, pour dégrossir, une cinquantaine de raisons différentes qui peuvent faire qu’un enfant ne puisse pas parler, que ce soit en termes de problèmes de développement de parties du cerveau, des problèmes de connexions, des morceaux totalement absents ou utilisés pour une autre fonction (un des effets pervers de la plasticité cérébrale).
    Certaines d’entre elles sont compatibles avec la communication gestuelle, du style de la langue des signes (pour beaucoup de personnes sourdes, même profondes) ou encore la communication haptique.

    Maya ne rentre peut-être pas dans cette catégorie-ci. J’ai cherché brièvement, sans trouver (ce qui est sans doute normal, c’est confidentiel et intime) la mention d’une pathologie. Je pense cependant que ses parents sont bien mieux informés que nous tous sur la vie de leur enfant, tout du moins je l’espère. Maya est jeune (4ans), la plupart des diagnostics cognitifs ne peuvent pas encore être établis à cet âge. On ne peut faire que des suppositions.

    Toutefois le problème que Maya rencontre est bien réel. Et oui, la technologie peut parfois être une clé, là où le corps est défaillant. C’est un fait. Cette histoire de brevets est un vrai problème, mais d’un point de vue personnel de clinicien, il n’est rien par rapport à la souffrance que doit ressentir cette petite fille de ne pouvoir communiquer comme elle le voudrait.

  6. Hormis cette affaire de brevets, lorsqu’Apple retire une app de l’App Store, elle n’est pas supprimée de l’iPad. On peut donc continuer à l’utiliser (et même la sauvegarder pour plus tard).

  7. cabbes

    En lisant le « billet complément » sur le site d’origine (mentionné ici à la fin de l’article), vous pourrez voir que la petite Maya a également des problèmes de motricité qui rendent ses signes illisibles… De plus, n’ayant que 4 ans, l’organisation des autres applications ou machines existantes est trop complexe pour qu’elle parvienne à s’en servir. Voilà pourquoi seule cette application lui convient, et pourquoi elle lui est « vitale »…

  8. numahell

    salut, bravo pour la traduction de ce billet !
    j’ai relevé une petite typo au 13ème paragraphe :
    « ça parrait même totalement injuste » -> « ça paraît … »

    Sinon, c’est clairement injuste : tout autant que les problèmes d’approvisionnement de médicaments contre le sida en Afrique à cause de brevets pharmaceutique, etc …

  9. Ce qui est amusant dans cette histoire, c’est que le pire des cas, où Apple serait contrait de retirer à distance ce logiciel des appareils des gens, n’est techniquement et juridiquement possible que parce qu’Apple eux-mêmes ont choisi de se donner cette possibilité de retirer des logiciels à distance. S’ils n’avaient pas prévu ce système de verrou numérique avec interrupteur de la mort — supposition totalement irréaliste, s’agissant d’Apple — ils ne pourraient techniquement pas le faire et ne pourraient pas y être juridiquement contraints.

  10. C’est un peu prendre les gens par les sentiments, mais bon…
    Pour la petite Maya et ses parents, un truc simple existe c’est le Jailbreak et un truc super simple, c’est Installous (c’est pas légal, mais si il on payer l’appli il son dans leur droit). Sur Installous il n’est pas rare de pouvoir télécharger les anciennes versions.
    Bref je ne critique pas l’article, mais quand on a un enfant qui a un handicap on s’arrête pas comme ça parce que l’appli n’es plus.. Je n’es cité qu’un moyen pour la remettre.. mais ce n’est pas le seul.

  11. Soyons clairs: c’est parce qu’Apple se comporte ainsi, et parce qu’il a implémenté une possibilité de contrôler les applications à distance, que toute une catégorie de producteurs de logiciels lui font confiance, et que l’IStore est aussi bien approvisionné.

    Quand on est assuré que le piratage est impossible (ou à peu près, je ne connais pas les détails), cela devient un business plan viable de distribuer des applications à 1$. On touche de petits bébéfices, mais on est assuré de les toucher de nombreuses fois.

    Apple agit ainsi dans la ligne qui lui permettra de bénéficier de la confiance des futurs fournisseurs de son ITV, qui eux aussi distribueront massivement des produits de faible valeur (des feuilletons à 1$ le visonnement) qu’il s’agira de cadenasser.

  12. le_greg

    Merci pour ce témoignage.

    Sans vouloir ôter le romantisme de ce récit, j’aimerais rappeler qu’avant l’apparition de l’Ipad, les personnes muettes avaient d’autres moyens pour communiquer : la langue des signes.
    Finalement la technologie (propriétaire notamment) ne fait que nous rendre un peu plus esclaves que nous le sommes déjà ! Revenir à la simplicité et se séparer du superflux ne peut que nous enrichir…

    le_greg

  13. Bien qu’iOS contienne en effet un « kill switch » (confirmé en 2008 par Jobs) qui permette d’effacer les applications à distance, je n’ai pas souvenir que la firme à la pomme l’ait une seule fois utilisé.

    Par contre, Google lui, n’hésite pas : L’an dernier ils ont appuyé dessus pour virer des malwares de tous les téléphones android. http://www.pcinpact.com/news/62312-

    C’est louable de leur part, mais avant de crier au scandale, il faut raison garder et voir comment ça va se développer. Apple fait très attention à son image, et nul doute qu’ne histoire comme celle-ci lui coûterait beaucoup en image auprès du grand public, si jamais le logiciel ne revenait jamais et devenait soudainement incompatible.

    Après, c’est toujours le même problème qui fait chier tout le monde : les brevets. Au moins on est tous d’accord là-dessus :)

  14. wallifax

    Non le_greg, comme l’expliquait Vince un peu plus haut, certains problèmes cognitifs peuvent peut-être empêcher Maya d’utiliser le langage des signes. Dans ce cas il devient très difficile de se passer de la technologie.
    En tout cas, je pense qu’Apple n’aurait jamais du retirer cette appli tant qu’une décision de justice ne le lui imposait pas. Mais bien sur, comme d’hab, le business avant tout. En agissant ainsi, Apple veut rassurer les développeurs pour qu’ils continuent à utiliser l’IStore.

  15. Nealith : Et tu proposes quoi comme solution libre ?
    Nan parce que moi aussi je veux bien être critique envers les logiciels privateurs, je veux bien qu’on fasse la promotion du libre mais là ton commentaire me semble particulièrement mauvais… pour le libre.
    En effet, ce genre de mésaventures arrive « quand on utilise du privateur, surtout venant d’Apple… » mais du coup, demandons nous ce qui arrive quand on utilise du libre… rien ? Très bon !

  16. Jacques Tramyel

    Peut-être qu’en médiatisant suffisamment cette affaire et son suivi, on pourrait amener la bureaucratie judiciaro-éléctronique d’Apple a faire marche arrière.

  17. Philippe

    Je suis d’accord avec yeKcim. Certain commentaires en serait presque rendu à blamer les parents parce qu’il ont ete assez « stupide » pour utiliser du privatif.

    Facile de juger mais si un de mes enfants avait un tel probleme et qu’une technologie pouvait l’aider de quelques manieres à grandement ameliorer sa vie je n’hesiterais pas une seconde.

    Le libre c’est bien mais ca ne couvre pas tous les domaines (pas encore) alors en attendant…

    Et puis les solutions pour sauvegarder le programme ca va pour Maya et ses parents mais qu’en est-il des autres enfants qui ne pourront jamais en profiter si le produit disparait?

  18. Felipe

    @Xywe > Au mieux cette application cessera de fonctionner quand l’iPad en question cessera de fonctionner, même sans suppression de l’application à distance par Apple ni mise à jour d’iOS qui pourrait être incompatible avec cet app plus mise à jour, ni màj du compte iTunes, etc.

    L’application ne pourra en effet plus être téléchargée sur un nouvel iPad. Et un iPad entre les mains d’une enfant de 4 ans … enfin 4 ou 40 peu importe à vrai dire, ce n’est pas éternel.

  19. Trois choses me viennent à l’esprit:
    1° Facile de critiquer l’attitude des parents quand on est un geek. Quand on découvre un produit de ce genre qui rend (même très partiellement) une sorte d’autonomie à son enfant, on se fout des problèmes de brevet, de droits, de tout et n’importe quoi d’ailleurs. On prend l’application, et on savoure chaque moment d’éveil pour son gosse. Le reste devient accessoire.
    2° Les avocats de la société détentrice des fameux « brevets violés » sont gonflés: sans même se prémunir d’une décision de justice préalable, ils vont voir Apple en geignant « Ouinn méchants, y z’ont piqué not’ brevet! » et…
    3° … Apple, péteux, plutôt que de se préoccuper d’une quelconque décision de justice, joue les autruches en retirant la dite app en partant du principe « Boarf, gagnant/perdant, pas nos oignons, on enlève par précaution ».

    Sauf que, comme souvent, on se fout des clients finaux lésés qui ne peuvent potentiellement plus récupérer l’application qui, soit rappelé, n’est pas interdite par la justice! Dans ces conditions, le client final est profondément lésé, et il y a comme une odeur de victoire malhonnête pour le plaignant.

    Je ne juge pas sur le fond: si l’autre structure a violé le brevet, et que la justice blâme la boîte, là rien à redire, on se doit de protéger le boulot et les investissements. Par contre, agir préventivement comme le fait Apple, je trouve ça cavalier.
    PS: Sony a fait la même chose en supprimant arbitrairement de leur serveurs des apps contenant des failles de sécurité (supposées) permettant potentiellement de hacker leur chère PSP… chouette: tu as le jeu, tu l’as ACHETE, mais en cas de panne de ta console, tu la remplaces, mais le jeu dûment payé, c’est DTC… Merci Sony!

  20. Ginko

    @jefaispeuralafoule,

    Oui (hormis pour le point ), c’est systématiquement ce qu’il se passe. Les brevets sont des outils de pression entre grosses entreprises (et patent trolls). Les boites agissent toujours préventivement, sans faire cas de leurs utilisateurs.

    C’est un système nauséabond. La réalité, c’est aussi que si les parents de la fillette crééent une association (ou réussissent à convaincre des associations existentes) dans le but de lever des fonds, cette application, ils pourraient la développer en open source. Biensur, Maya ne pourrait pas en profiter tout de suite, mais tous les enfants du monde y auraient ensuite accès (dès qu’ils auraient leur tablette).

  21. En achetant un iPad, une PSP, un Kindle ou n’importe quel autre objet de ce genre, on signe un contrat stipulant qu’on accepte que du contenu se fasse supprimer par surprise. Il ne faut pas se plaindre ensuite.

  22. @Ginko
    Je ne sais pas si tu es dans le monde de l’informatique, mais un projet open source d’une telle ampleur, c’est juste inabordable pour n’importe quelle structure non rémunérée. Pourquoi? Parce qu’il y a un temps de développement qui est potentiellement TRES long. On ne parle pas d’un énième pong, ou encore d’un clone d’un outil existant. On parle d’une application complexe, aux technologies très spécifiques (synthèse vocale, ergonomie dédiée…), et non d’un bidule fait sur un coin de nappe.

    tu vas rétorquer que Linux a réussi… Mais au bout de combien de temps? Bientôt 20 ans de devs! Ca n’est juste pas envisageable, et je m’interroge sur le temps et l’argent investi par les différents partis du procès en question, et j’irais même jusqu’à dire qu’on peut s’interroger sur le fait que le dit brevet n’ait pas été réellement violé.

    Au fait: un brevet, ça n’est pas que du troll. C’est aussi un moyen logique d’avoir un retour sur investissement, et il y a des critères de fair use qui permettent de ne pas banquer un max pour les dites innovations. Le patent troll existe, mais il n’y a pas que ça. Tu trouverais légitime qu’un type développant, pendant des années un nouveau fonctionnement de moteur ne puîsse même pas en récolter le fruit par la revente/exploitation d’un brevet?

  23. Kalenx

    @jefaispeuralafoule

    Je ne sais pas si tu es dans le monde de l’open-source, mais un projet open-source d’une telle ampleur n’est jamais constitué d’un bloc monolithique. Si je me fais demander demain de développer une application complexe, la première chose que je vais faire est de la décomposer en tâches plus simples (synthèse vocale, affichage ergonomique, etc.), puis de fouiller parmi les projets libres existants pour en trouver qui répondent à mon besoin (après quelques modifications si nécessaire). Je ne redévelopperai pas un module de synthèse vocale alors qu’un projet existant le fait déjà! Alors, certes, il y aura des modifications à apporter, l’intégration reste toujours un casse-tête, mais nous sommes loin du « projet d’une telle ampleur inabordable pour n’importe quelle structure » (d’ailleurs, d’où provient le non-rémunéré? j’ai été personnellement rémunéré pour plein de projets qui se sont retrouvés par la suite sur SourceForge, googlecode ou github, en libre accès…).

    La force du libre est _justement_ que chacun peut se concentrer sur ses besoins et non pas sur l’implémentation de toutes les sous-parties.

    Sinon, compter le « temps de dev » du kernel Linux, c’est juste un mauvais argument : le « dev » de Linux ne se terminera jamais, et ce n’est pas pour autant un produit immature! Déjà il y a 10 ans, on avait un produit tout à fait mature, auquel les principaux manques étaient dus à des tiers (e.g. manque de drivers).

    Finalement, pour la question des brevets, même si je ne suis pas formellement contre le principe, il y a deux choses qui doivent selon moi être prises en compte :

    1) Le brevet n’est pas nécessaire à l’invention, tout comme le code fermé n’est pas nécessaire au développement logiciel.

    2) Présentement, les brevets ne sont que des emmerdes pour tous ceux qui voudraient les utiliser selon leur esprit premier. Tiens, supposons que je suis une grosse compagnie de moteurs. Je détiens 130 000 brevets de tout acabit concernant ces moteurs. Un type arrive et brevette un nouveau type intéressant de moteur. Je lui achète une licence pour qu’il « puisse récolter le fruit de son invention »? Point du tout. Je le poursuis pour violation d’une centaine de mes brevets (peu-importe que ce soit vrai ou pas, c’est tellement flou maintenant que l’on peut affirmer que tout est potentiellement couvert pas un brevet), je fais traîner les procédures, le gars ne peut évidemment pas tenir longtemps compte tenu des frais que ça entraîne, et lorsqu’il est bien dans la merde, je lui « propose » un règlement à l’amiable « profitable aux deux parties » : tu me laisses ton brevet et en « échange » j’abandonne les poursuites concernant ton inqualifiable violation de notre propriété intellectuelle. Fin du spectacle.
    Rappelle moi, où le brevet a-t-il protégé ou aidé le pauvre inventeur génial-mais-sans-le-sous?

  24. Mais pourquoi se jeter dans ce piège à gogo qu’est ce truc à la pomme !
    J’ai une tablette depuis un mois et j’en ai par dessus la tête…
    Pris dans la nasse de l’incompatibilité.

  25. Ginko

    @jefaispeuralafoule,

    je bosse en effet dans le « monde de l’informatique ». Je vais pas refaire la démonstration de Kalenx, mais il n’y a rien d’infaisable en informatique. Comme dit le proverbe, « Personne ne les avait prévenu que c’était impossible à réaliser, alors ils l’ont fait ».

    Ensuite, un visionnage rapide de la video de présentation de l’appli http://www.youtube.com/watch?v=Vpaf… montre que ça doit pas être dément à développer à partir du moment ou tu dispose d’un synthétiseur vocal ( une recherche rapide sur sf montre que ça existe : http://sourceforge.net/directory/au… ). Bref, c’est tout à fait faisable avec une petite levée de fond.

    Ici, la valeur ajoutée vient principalement de l’expertise des deux chercheuses en « pathologie du langage parlé » (cf. site web de l’appli).

    Sur les brevets, je t »invite à ouvrir les yeux. Quelques articles pour t’aider :
    http://www.framablog.org/index.php/
    http://www.framablog.org/index.php/
    http://www.framablog.org/index.php/

  26. Gaduc

    Par notre abandon par pure facilité ; facilité sur laquelle surfent aisément les multinationales (« pourquoi vous embêter à réfléchir, regardez, avec nous c’est tellement plus simple ») c’est NOUS qui avons créé ces monstres qui nous considèrent à présent avec le plus total mépris (en fait ils ne nous considèrent même pas : nous n’existons simplement pas, seul notre porte-monnaie existe).

    Comme c’est NOUS qui les avons créés c’est à NOUS de les détruire en refusant SYSTEMATIQUEMENT cette soumission !

    Je l’affirme depuis des années (et on me prend pour un rabat-joie, forcément) : nous courrons à notre perte en choisissant toujours le chemin le plus facile avec les commerçants.

    Il n’y a rien à en attendre !
    Et il FAUT ÉDUQUER TRÈS tôt les ENFANTS à pourfendre ce système plutôt que de leur inculquer la soumission (les informations de la Halte au pis sur ce sujet dans les lycées sont caractéristiques de ce phénomène de soumission).
    Ça c’est une véritable honte en soi !

    Notre indépendance, notre liberté est à ce prix et elle coûte de plus en plus cher cette liberté :
    1. ne pas céder aux démarches de création de « carte de fidélité » qui n’ont qu’un seul but, savoir tout de vous contre quelques euros de réduction qui ne coûtent rien au commerçant via le jeu des marges arrière ;

    2. ne pas céder aux box qui veulent à tout prix savoir ce que vous faites chez vous, ce que vous regardez, où vous êtes, combien vous consommez et si vous êtes chez vous ;

    3. ne pas céder aux Markets et autres AppStore, il existe certainement d’autres applications « standalones » sous Windows et cela n’est pas très long d’en développer une en pur HTML (associer des icônes avec des mots et synthétiser le tout ça se fait les doigts dans le nez en quelques jours). Et quant à la mobilité, n’importe quelle tablette sous Android permettra de mettre en scène le système.

    4. Si nous ne réagissons pas très vite en stoppant net cette soumission (aller dans un cinéma qui n’est n’est plus l’ombre que de lui-même en fait partie par exemple) les Maya se compteront très vite par millions !

    Nous ne sommes PLUS des clients dans ce système (un client on l’écoute), nous sommes simplement des portes-monnaie et nous sommes PRIES d’être dociles !

    db

  27. louise

    ce type de solution est intéressante pour les aphasiques (personnes qui ont perdu la parole suite à un AVC par exemple). par contre la langue des signes suppose de pouvoir se servir de ses deux mains..Or ma mamie est aussi hémiplégique, ne peut se servir que de sa main gauche… Il faut relancer les expérimentations et investissements pour que TOUTES les personnes en situation de handicap puissent communiquer et être acculturées à de nouveaux moyens pour ce faire : au moyen age (et à New York quand on est très pauvre) les cul de jatte roulent sur un petit chariot à ras de terre, alors qu’il existe des fauteuilsà propulsiion électrique et commande par mouvements du menton… Voyez pas le rapport ? moi, si., pour ce qui est de recréer les moyens d’une capacité à communiquer..Hors marchandise, hors business : à la collectivité d’investir en service public, à l’usager de profiter gratuitement.. ..Ordimémo, IPad SfY ou autre, doivent passer dans le domaine public.

  28. Cha0s

    Moralité: Apple se fiche de ces clients …

  29. Nan mais sérieusement il faut arrêter de jouer les victimes et se remuer un peu les neurones…
    Quand vous utilisez du apple, tout ce que vous utilisez NE VOUS APPARTIENT PAS !!! mais lisez les conditions d’utilisation bordel… Ce n’est pas à vous, vous n’avez pas votre mot à dire si un jour ils décident de supprimer le logiciel et de garder les sous que vous avez payé !
    NON ce n’est pas la SEULE application qui peut permettre à votre fille de s’exprimer, c’est la seule que vous avez trouvés sans faire TROP d’efforts, ce n’est pas pareil…
    Pour le prix d’une i-merde + du logiciel vous auriez pu acheter un PC tablette avec une application comme dragon natural reader…
    Ou MIEUX prendre UBUNTU, le plus simple, gratuit, qui VOUS appartient…
    http://doc.ubuntu-fr.org/synthese_v
    les solutions ne manquent pas, moins cher, plus pratique… etc
    Alors faut arrêter de jouer les victimes et se sortir un peu les doigts du cul, le temps que vous avez passé à vous plaindre + celui passé à payer l’i-merde + à utiliser l’application, vous auriez pu le passer à maitriser ubuntu en entier, plusieurs logiciels gratuits de synthèse vocale (accessible pour les enfants précisons le ) et même à apprendre le langage des signes à votre fille…

  30. Examinons les faits objectivement :

    1/ Est-ce Apple qui déposé plainte pour violation de brevet ?
    2/ Est-ce Apple qui a développé une application violant potentiellement certains brevets ?
    3/ Est-ce que Apple a supprimé l’application pour les clients qui l’avaient déjà acheté ?
    4/ Est-ce que Apple a interdit aux clients qui l’avait déjà acheté de la sauvegarder, de la réinstaller ou de l’utiliser sur leurs iDevices ?
    5/ Est-ce que Apple impose de mettre jour un iDevice (hypothèse évoquée dans l’article et qui pourrait rendre l’appli incompatible) ?
    6/ Est-ce Apple a une seule fois supprimé à distance une application installée sur un iDevice ?

    La réponse est à chaque fois non.

    La seule chose qu’Apple ait faites c’est, étant mis au courant d’une potentielle violation de brevet, de retirer (provisoirement) l’application de l’AppStore. Pourquoi ? Parce que en cas de violation reconnu d’un brevet, le plaignant aurait pu se retourner ensuite vers Apple pour avoir négligemment et en tout connaissance de cause laisser l’appli en vente et réclamer ainsi des dommages et intérêts (bon Apple a largement les moyens de payer n’importe quelle somme mais c’est un autre débat et Apple n’est pas loin s’en faut une société philanthropique).

    La petite Maya n’est donc pas privée de la parole, le préjudice potentiel est pour l’instant pour les autres personnes qui auraient besoin de cette application et qui ne l’utilisaient pas déjà donc ça ne change rien à leur situation.

    Comme titre alternatif à l’article en moins racoleur je propose :
    Le méchant Apple coupe la langue d’une petite fille handicapée dans les caves de Palo Alto.

    Évidemment un titre objectif avec à la place les vrais acteurs de l’histoire à savoir Prentke Romich Company (PRC) et Semantic Compaction dans le rôle des plaignants et Speak For Yourself pour la défense ça n’accroche pas le lecteur.

    Après si on veut élargir la réflexion et sortir d’un Apple bashing rudimentaire on peut se poser la question de la pertinence des brevets dans ce genre de domaine (santé, médicament etc) et de l’intérêt qu’il y a laisser ça aux mains d’entreprises privées qui ont pour vocation de générer des bénéfices et non de contribuer à l’intérêt général, des budgets et moyens qu’on est prêt à financer sur des fonds publics pour la recherche etc. Ce n’est pas Apple qui a fait ces choix, c’est nous tous collectivement, à travers nos hommes politiques, nos gouvernements ou en décidant de nous désintéresser totalement de la vie publique en ne votant pas etc.

    Mais bon c’est fatiguant, compliqué, ça nous remet en question, donc tapons sur Apple c’est plus simple et tout le monde est content.

  31. > […] le préjudice potentiel est pour l’instant pour [celles et ceux] qui ne l’utilisaient pas déjà donc ça ne change rien à leur situation.

    Euh, comment dire… éblouissant ? Euh, non… gerbant ? Voilà, c’est ça.

  32. Tiens, c’est marrant. En lisant l’article, je me suis rendu compte que le titre est faux! Il devrait être: Une petite fille parle grâce à Apple et Speak for Yourself et est réduite au silence par Prentke Romich Company et Semantic Compaction Systems…

    Ces deux dernières compagnies construisent des terminaux dans un marché de niche et comptent bien défendre leur marché (ce qui en dit aussi long sur leur philanthropie: ils ne sont pas au service des handicapés, ces derniers ne sont qu’un business). Il est évident qu’une application iPad, plus évolutive, plus pratique, plus portable et bien moins chère est une catastrophe pour eux. Donc on devrait plutôt dire merci à Apple et Speak for Yourself de l’évolution qu’ils permettent.

    La réaction d’Apple est très certainement due à une application pure et simple des conditions générales de l’AppStore. Je n’ai pas vu grand monde ici s’offusquer lorsque Apple a supprimé VLC de son AppStore lorsque la communauté open source a argué qu’en étant sur iPad, elle violait la licence open source de VLC… Mais depuis, je continue à l’utiliser… Apple, à ma connaissance, n’a jamais utilisé le bouton de suppression à distance.

    Maintenant, une fois de plus, c’est très simple de casser du sucre sur le dos d’Apple. Elle non plus n’est pas une société philanthropique. Ses tablettes n’ont pas pour objectif principal d’être utilisé pour palier à des handicaps… les concepteurs d’actionneurs et autres accessoires pour handicapés psychomoteurs pourront vous le confirmer: le système fermé s’adapte très mal à cela.

    Personne n’a forcé les parents à acheter un iPad. Il leur reste toujours les terminaux des « méchantes entreprises qui défendent leur business » et toutes les tablettes sous Androïd. Je peine à croire que dans cet univers fourmillant, il n’y a pas des alternatives crédibles. Enfin, les parents peuvent sauvegarder l’application en cause, et la réinstaller sans problème en cas de suppression, au pire en passant par un jailbreak.

    Les alternatives existent… encore faut-il vouloir les chercher!