Un manuel de français libre et gratuit pour iPad – Invitation au débat

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Voici un projet pour le moins original, un ovni même dans le paysage éducatif français.

Il s’agit d’un manuel de français, niveau quatrième, sous licence Creative Commons, entièrement rédigé par un seul homme, Yann Houry.

C’est tout d’abord une initiative à saluer et encourager comme il se doit. On peut aujourd’hui produire, proposer et partager un tel ouvrage avec toujours beaucoup de travail en amont mais de réelles facilités techniques et graphiques en aval.

Le projet présente cependant quelques caractéristiques qui ne manqueront pas de susciter à n’en pas douter de nombreux commentaires (courtois et argumentés, cela va sans dire).

  • La licence Creative Commons est la By-Nc-Sa (avec clause non commerciale donc). Certains ne pourront alors véritablement qualifier le manuel de « libre » (et encore moins « libre de droits »)
  • Le manuel a été conçu et encapsulé dans l’application d’Apple iBooks Author (il n’y a pour ainsi dire pas de sources mais une possibilité de sortie au format PDF où, évidemment, l’interactivité est inexistante)
  • En conséquence de quoi, le manuel est exclusivement destiné à l’iPad (et pas une autre tablette)
  • Certes gratuit, on ne peut se le procurer que sur la plateforme Apple iTunes (où l’on peut d’ailleurs lire : « ce livre ne peut être lu qu’avec iBooks 2 sur un iPad équipé d’iOS 5 »)

« Il est difficile de voir en Apple le parangon de l’ouverture et de la liberté. » L’auteur a souvent bien conscience de tout cela et s’en explique ci-dessous dans la présentation de son projet.

Il y a la matière à un débat fécond (sans oublier que derrière l’iPad se cache la générique tablette). Et comme le dit l’auteur en paraphrasant Montaigne : « votre approbation comme votre condamnation me seront utiles ».

Manuel de Quatrième - Yann Houry - CC by-nc-sa

Un manuel de français libre et gratuit pour iPad

URL d’origine du document (Ralentir travaux)

Yann Houry – Septembre 2012 – Licence Creative Commons By-Nc-Sa

Les deux classeurs

Je me souviens de ce professeur d’histoire qui avait avec lui, en permanence, deux gros classeurs. Je commençais tout juste à enseigner, et ces classeurs m’apparaissaient comme une somme, un véritable trésor, le fruit d’un travail riche d’expériences, de lectures et de recherches, une sorte de Graal auquel tout enseignant devait nécessairement et inéluctablement parvenir après quelques années d’enseignement. J’admirais d’autant plus ces deux classeurs qu’ils me semblaient la matérialisation de ce qui reste d’habitude invisible, le travail de l’enseignant. En effet, les cours de l’enseignant sont parfois intangibles, car ils n’ont pas nécessairement besoin d’être mis par écrit pour être transmis.

Mais ces deux classeurs avaient aussi un côté dérisoire que leur poids et leur encombrement rendaient évident. Pourquoi donc emporter en tout lieu et en tout temps ces deux énormes classeurs ? Ce professeur leur trouvait-il un usage quotidien ? Voulait-il absolument avoir sous la main le document qui deviendrait tout à coup nécessaire à un de ces moments où le hasard pédagogique vous mène ? Je ne sais plus quelle réponse j’ai obtenue à ce sujet, mais je sais depuis que le numérique a achevé de frapper d’inanité ce lourd bagage. Ces deux classeurs tiennent dans un iPad. Or le site Ralentir travaux d’abord, ce manuel ensuite, ce sont un peu mes classeurs, mais je ne voulais pas les garder fermés. Je voulais les tenir à la disposition des autres, pour à la fois les leur offrir et les leur soumettre. C’était à la fois par altruisme et par égoïsme, car, pour plagier Montaigne, je dirais volontiers que votre approbation comme votre condamnation me seront utiles.

Un manuel numérique

Ce manuel n’a pas la prétention de se substituer aux manuels traditionnels. De toute façon, tant que l’on restera engoncé dans l’opposition hugolienne du « Ceci tuera cela », tant que l’on croira nécessaire de choisir l’un ou l’autre, on restreindra sinon la portée du problème du moins la richesse des techniques d’enseignement. Une technique – le plus souvent – ne remplace pas une autre. Internet n’a pas remplacé la télévision, laquelle n’a pas remplacé la radio… L’un ne se substitue pas à l’autre, mais se tient à côté. C’est d’ailleurs tout l’intérêt que je trouve aux tablettes et plus particulièrement à l’iPad. Celui-ci, contrairement à l’ordinateur de bureau, ne trône pas en conquérant sur la table après avoir terrassé les livres et le papier, il se tient à leurs côtés, accompagnant et enrichissant ces supports pluricentenaires. Le bureau du collégien, je le vois avec une tablette et du papier. Ce n’est pas l’un ou l’autre. Pourquoi choisir ?

Ce manuel, je le publie maintenant, parce que la rentrée scolaire ne me permettra plus de lui consacrer le temps que les vacances m’ont permis de lui accorder. Il n’est même pas, si l’on y regarde bien, tout à fait terminé (tant s’en faut). Comme les logiciels libres dont il s’inspire, il correspond à une version bêta, disons une version alpha pour parer à toute critique. S’il n’est pas totalement achevé, il pourra – du fait de sa nature – être mis à jour en un rien de temps. Et j’ose espérer qu’il le sera du fait des contributions, des observations et remarques en tout genre que je vous propose dès aujourd’hui d’écrire ici même dans ces commentaires. Je le redis, et même si ce n’est pas ce qui est arrivé, Ralentir travaux n’a jamais eu vocation à être l’ouvrage d’une seule personne. À ce propos, je tiens à remercier chaleureusement les personnes qui m’ont apporté leur aide, et au tout premier chef Christophe Herlory pour son soutien, sa traduction de l’extrait de Frankenstein et sa relecture du manuel, ma femme qui m’a prêté sa voix pour l’enregistrement des dictées, et tous ceux qui ont pris le temps, pour traquer les coquilles et les erreurs, de lire et relire ce manuel.

S’il n’est pas parfait, s’il n’entend pas supplanter quoi que ce soit – et surtout pas ces si riches manuels que les éditeurs proposent maintenant depuis tant d’années, ce manuel numérique se veut libre de droits, c’est-à-dire que pour la première fois l’on propose à l’enseignant d’être, dans sa classe, totalement en règle avec la loi. On peut copier, modifier, distribuer ce manuel. Les images, les textes, les questionnaires, tout peut être partagé ou transformé. Tout est sous licence Creative commons.

L’empire du copyright

Il faut dire et redire à quel point le droit d’auteur est une plaie pour le monde de l’éducation, un fléau qui restreint drastiquement la diffusion des œuvres. Combien de pépites, de découvertes resteront dans les tréfonds de mon ordinateur et de ceux de mes collègues ? Combien d’ouvrages ne pourront être partagés sous le prétexte que les droits d’auteur ont enfermé la culture pour une vingtaine d’années d’abord (lors de la Révolution française), puis pour cinquante, aujourd’hui pour soixante-dix ans ? Cette confiscation des œuvres, parfois totalement arbitraire (songez à cette traduction du Vieil homme et la mer de François Bon), enferme le patrimoine culturel dans la sphère du privé, prive le public de sa possession, de son droit de reproduction quand ce n’est pas purement et simplement de son droit de consultation. Par désir de profiter d’une manière financière, par crainte du vol également.

Or, dans le cas du numérique, la confusion est totale. Si vous copiez un texte ou reproduisez une image, vous ne volez rien du tout. Vous copiez. Il n’y a pas vol.

J’avais été très étonné en entendant pour la première fois la chanson du copyleft. Copier n’est pas voler. Si je vole un vélo, le propriétaire du vélo est lésé. Si je copie un texte ou une image, personne n’y perd. Le propriétaire n’a pas perdu son texte ou son image, mais, à présent, il y en a deux.

C’est qu’il faut distinguer le bien matériel du bien immatériel. Et, étonnamment, le XVIIIe siècle faisait cette distinction :

« Un homme a-t-il le droit d’empêcher un autre homme d’écrire les mêmes choses que lui-même a écrites le premier ? En effet, on sent qu’il ne peut y avoir aucun rapport entre la propriété d’un ouvrage et celle d’un champ, qui ne peut être cultivé que par un homme, et dont, par conséquent, la propriété exclusive est fondée sur la nature de la chose. Ainsi ce n’est point ici une propriété dérivée de l’ordre naturel, et défendue par la force sociale ; c’est une propriété fondée par la société même. Ce n’est pas un véritable droit, c’est un privilège, comme ces jouissances exclusives de tout ce qui peut être enlevé au possesseur unique sans violence.

Tout privilège est donc une gêne imposée à la liberté, une restriction mise aux droits des autres citoyens ; dans ce genre il est nuisible non seulement aux droits des autres qui veulent copier, mais aux droits de tous ceux qui veulent avoir des copies  »

Condorcet, Œuvres, tome 11

La gratuité, enfin, est un point auquel je tiens. Quand j’ai créé Ralentir travaux, je l’ai fait avec dans l’idée que, pour le lire, je ne demanderai ni inscription ni contrepartie financière. C’est accessible. Instantanément. Je crois savoir que mon travail profite à ceux qui sont loin, dans des écoles mal dotées (mais disposant au moins d’une connexion à internet), à des étudiants étrangers, à des parents désireux de s’informer, à des curieux, et pourquoi pas à des établissements ayant déjà acheté des iPads et qui, compte tenu, de la richesse du web, n’auront pas à payer encore pour y mettre le contenu nécessaire aux apprentissages.

Et puis la remarque peut paraître prétentieuse car émanant de moi seul, mais si l’on veut bien considérer les économies réalisées par les administrations ayant recours à des logiciels libres (que l’on songe à OpenOffice, LibreOffice, Ubuntu…), on se dira que proposer gratuitement des manuels permettra de mettre l’argent ailleurs que dans des CD-ROM ou des manuels qui inévitablement finiront au rebut (c’est malheureux, mais c’est comme ça). Et je refuse d’entendre l’argument rappelant que tout travail mérite salaire. Je veux bien que l’on considère que j’ai fourni un travail de dément pour produire ce manuel, mais je ne peux raisonnablement pas le mettre en vente. Ou alors, pour reprendre une fois encore Condorcet, ce que je vendrais serait mon nom et mes mots, non mes idées qui ont été dites des millions de fois sur internet, dans les manuels, dans les salles de cours, etc.

Pourquoi l’iPad ?

On pourra s’étonner qu’un manuel se voulant gratuit et libre de droits soit proposé sur iPad, et l’on aura raison. Il est difficile de voir en Apple le parangon de l’ouverture et de la liberté. Force est cependant de reconnaître que seule Apple a développé un programme digne de ce nom permettant de produire à peu de frais un manuel numérique digne de ce nom, mais, dès que j’en aurai la possibilité, je m’attaquerai aux autres plateformes afin de proposer le manuel sur d’autres supports. De toute façon, vous trouverez à peu près tout le contenu du manuel sur Ralentir travaux.

Quand j’ai découvert iBooks Author, j’ai vu la possibilité qui m’était donnée de créer facilement et rapidement ce que j’avais toujours souhaité faire depuis Ralentir travaux. Un manuel. Je ne voudrais pas vous faire l’inventaire des avantages du numérique. Je ne vais même pas vous dire ce que contient ce manuel (je vous invite tout simplement à le parcourir. Tout au plus voudrais-je rappeler ces quelques points :

  • La tablette numérique est légère, et permet de se débarrasser du poids du cartable.
  • Si la tablette a un coût à l’achat, celui-ci peut être partiellement absorbé par des dépenses qui deviendront superfétatoires (papier, encre, photocopieuse, manuel sur papier…). De plus, tout ce que j’ai acheté chez Apple est durable et solide (je ne suis pas un fanboy, c’est juste comme ça) y compris dans les mains de mes enfants les moins soigneux.
  • La luminosité d’un iPad peut être réglée directement dans l’application, et ne gêne pas les yeux. On peut même lire dans le noir !
  • La police peut être changée, agrandie. C’est, je crois, un atout pour tous ceux qui ont des problèmes de vue. C’en est un également pour les dyslexiques.
  • Mettre des signets, surligner, prendre des notes, tout cela est possible. Chaque mot peut être défini ou renvoyer au web.
  • On trouve des exercices interactifs, des quiz…
  • On trouve également des vidéos, des fichiers audio (un élève peut ainsi faire des dictées seul ou du moins s’entraîner), des diaporamas, des images interactives parfois en haute définition (un jour, on oubliera que la photocopie a existé).
  • Des liens internet menant à Wikipédia ou à Gallica offrent l’accès à de belles éditions quand ce ne sont pas les éditions originales. Une fois encore, j’y vois une libéralisation de la culture. On ne peut certes toujours pas les toucher, mais on peut voir, on peut lire ces œuvres de la Bibliothèque nationale de France que seuls quelques privilégiés pouvaient auparavant découvrir. Et je me souviendrai toujours du regard ébahi d’élèves habituellement peu sensibles au plaisir livresque découvrant des éditions originales.
  • Le manuel peut être utilisé avec d’autres applications. Le Petit Robert, Antidote sont des merveilles sur iPad. Certains logiciels de prise de notes sont extraordinaires. Je ne mets plus les pieds dans une bibliothèque sans mon iPad et Evernote ou Penultimate.

Quelques mots pour finir. Je me suis efforcé de rendre ce manuel aussi complet que possible, de multiplier les exercices de grammaire, de vocabulaire, de rédaction, etc. Il est l’œuvre d’une seule personne (ou presque), et c’est une bien lourde tâche que celle-ci. J’espère que vous saurez vous montrer indulgent quand vous trouverez une coquille, une erreur, une approximation, etc. Je vous remercie de votre compréhension. Un manuel numérique se bonifie dans le temps, non dans la cave, mais confronté à votre regard.

Il me reste à vous souhaiter une bonne lecture. J’espère que vous la trouverez, selon le vieux précepte horacien, utile et agréable.

22 Réponses

  1. Ah oui, c’est vraiment dommage, que ce ne soit que pour iPad, ça ferme beaucoup de portes ça. Surtout qu’un livre numérique, c’est essentiellement du HTML à la base…

  2. gifbengif

    L’auteur n’est pas cantonné à l’IPAD, il a seulement choisis l’outils qu’il jugeait le plus performant pour rédiger son livre.

    Le débat qui est de savoir si Apple permet de fournir du contenu libre n’en est pas vraiment un puisque la réponse est directement liée à la définition du libre.
    Le vrai débat serait plutôt qu’elle définition donne t’on au libre. Et comme la vérité à se sujet ne peut être ni unique ni universelle, on devra accepter que chacun ai raison.

    Tachons plutôt de répondre à l’auteur du livre en lui proposant de façon intelligente une plateforme aussi performante qu’iBooks Author, qui permettrait à chacun de lire le livre sur son device.

  3. « seule Apple a développé un programme digne de ce nom permettant de produire à peu de frais un manuel numérique digne de ce nom »

    Trois mots : horror, horror, horror.

  4. … je rajouterai mêm un quatrième mot: horror.

    … mais il y a pire: http://econum.isjciney.be/Ecole_Num

    … et je vous garde le meilleur pour la fin: http://www.sudouest.fr/2012/08/23/d

  5. Tout d’abord, un grand merci à Framablog de donner un tel écho à la publication de mon manuel.
    Je voulais ensuite apporter une petite précision. Ce manuel n’est pas seulement destiné à l’iPad. Il l’est en tant que livre conçu pour iBooks bien sûr. Mais il existe, en effet, une version PDF (amputée de tout ce qui fait l’intérêt de la chose, je suis d’accord). Il y a aussi une version .txt que je n’ai pas mis en ligne (au moins on pourra alors reprendre les textes, les notes, les questionnaires, etc.). Mais, surtout, au prix d’un travail d’adaptation, on retrouvera tout (ou presque, ou plus, je ne sais pas encore) sur mon site http://www.ralentirtravaux.com, donc en HTML 5. En fait, ma définition du libre repose sur l’ensemble de ces supports.

  6. @gifbengif : Le relativisme, ça va un moment. Pour le libre, désolé mais il y a une définition, ou plutôt deux à peu près équivalentes, celle de la FSF et celle de l’OSI qui est tirée des principes du logiciel libre selon Debian. Ce qui ne respecte pas ces définitions peut être considéré comme semi-libre, mais ce n’est pas libre. C’est le cas de ce manuel.

    @Yann : Vous devriez publier une version EPUB, c’est le format standard pour les liseuses électroniques. Sauf celles d’Amazon évidemment, parce qu’ils sont encore plus fermés qu’Apple ceux-là.

  7. gifbengif

    @Elessar : 2 définitions, et pourtant tellement de variantes de licences différentes, on pourrait discuter longtemps sur les variantes de licence qui respectent les 4 libertés fondamentales.

    @Yann : Pourquoi inclure le notion NC (non commerciale)? C’est un choix qui peut s’expliquer de bien des manières, mais qu’est ce qui t’a motivé dans ce choix ?

  8. Pour ma part, en tant que musicien, ayant beaucoup d’amis artistes (musiciens, graphistes, peintres, etc…), ancien membre actif du forum de Framasoft et de Jamendo, et contributeur régulier d’Ubuntu Studio, je considère qu’une licence CC -nc offre déjà la liberté de consultation, de distribution, et de modification. C’est le choix de l’artiste et il faut le respecter.

    Dans ce cas précis, c’est déjà énormément de liberté par rapport à un livre classique : comme l’auteur le précise, les professeurs l’utilisant peuvent le copier à volonté, etc… leur permettant de travailler en tout légalité. C’est déjà en soi une évolution majeure pour l’enseignement.

    L’auteur explique que lui même ne souhaite pas tirer profit de son oeuvre (on peut bien qualifier ce manuel d’oeuvre vu la recherche, la création etc… nécessaire à sa réalisation). Il me parait donc très logique qu’il choisisse une licence empêchant une autre personne de le faire. Rien de choquant en cela, au contraire.

    Limite, il faudrait proposer sur Framabook un projet équivalent, et pas que pour le français en 4ème, mais pour toutes les classes et les matières. Et là, Framasoft pourrait proposer une édition libre, pour tout support y compris un livre traditionnel en papier. Et ce serait facile à mettre à jour et à distribuer (à part le livre papier évidemment).

  9. @gifbengif

    En fait, l’idée que quelqu’un puisse tirer profit d’un travail mis à disposition gratuitement me répugnait un peu. Je veux bien bosser sans contrepartie financière, mais pas que cela soit monnayable pour d’autres.

    @Elessar

    Je vais faire une version EPUB. Je n’ai jamais essayé, mais je vais le faire. Seulement, je ne sais pas si on peut y mettre tout ce qu’il est possible de faire avec iBooks Author. Si c’est le cas, alors je me suis peut-être un peu fourvoyé… :)

  10. @ttoine : Réalisant moi-même un document dont je ne souhaite tirer aucun profit, je ne vois aucun problème à ce que d’autres puissent en tirer profit puisque cela ne changerait strictement rien à ma situation. Dans le cas où quelqu’un d’autre exploiterait ainsi un travail dont je ne souhaite de toute façon pas profiter : le gain pour moi est nul, la perte pour moi est nulle, le gain pour les autres est positif, la perte pour les autres est nulle. Bilan positif : je suis donc favorable à cette situation.

  11. @Yann : Il est possible d’y faire à peu près tout ce qu’on peut faire en HTML ou en PDF, donc a priori, pour un manuel scolaire comme celui-ci, ça devrait être faisable. Comme ça, tout le monde pourra en profiter, et pas seulement les utilisateurs d’appareils Apple.

  12. @Elessar : je ne suis pas d’accord sur le bilan positif : le profit tiré par certains d’une oeuvre obtenue gratuitement puis revendue vient des pertes des acheteurs. Bilan pour moi négatif et largement. A moins que des modifications importantes aient été apportées justifiant d’une plus value, s’approprier et vendre le travail d’un autre, c’est du vol.

    @ttoine : OK pour une FramaSchool mais qui va fournir ? D’autres super-enseignants comme Yann ? Il y a sûrement des candidats, mais soyons clair : cela représente du temps, du temps d’une façon ou d’une autre payé par l’état. Alors autant le dire clairement et aborder une vrai politique publique du libre. Les éditeurs scolaires vont sûrement apprécier, eux qui vendent du travail de prof à tour de bras.

    Bref : libre c’est bien, gratuit c’est super, encadré et protégé par la loi, c’est essentiel et promu par les pouvoirs publics ce serait le top !

  13. @Yann : Bravo pour ce travail. Par contre je ne comprends pas : il manque le logo « halte au photocopillage » qui a meublé la totalité (d’autant que je m’en souviennes) des bas de pages de mes livres de collégien. Est-ce un oubli ?

  14. @Elessar : Si je comprend et respecte également ton point de vue, je suis d’accord avec Romain, c’est un peu de l’escroquerie pour l’acheteur. D’une certaine façon, c’est même de la contrefaçon dans l’autre sens : on fait d’un bien librement accessible un bien payant, là ou la contrefaçon « historique » se borne à produire des copies accessibles de produits de luxe, mais en moins bonne qualité. L’exemple typique sur Android c’est Frozen Bubble et ses nombreux clones payant ou avec de la pub… A l’inverse je respecte RedHat ou Crossover qui offrent du support, une version packagée, etc… A titre plus personnel, je n’appréciais pas trop qu’un blog avec de la pub copie mes tutoriels, souvent sans me citer comme auteur, en violant de fait la GPL ou la CC by-sa, pour en tirer du trafic donc du profit, alors que je ne met pas de pub sur mon propre blog.

    @Romain, ah, une FramaSchool… C’est presque même surprenant que Alexis ne l’ait pas déjà mise en place… Mais il est vrai que je considère peut-être que Yann devrait être un exemple à suivre et que le temps de vacances des élèves devrait être consacré à des projets de ce type par les professeurs… Ce serait alors plus simple d’avoir des contributeurs.

    Pour ce qui est de passer au libre dans la fonction publique, au CNRS, ils sont dégoûtés car ils vont devoir migré leur gestion d’email Open Source + Thunderbid à Exchange + Outlook sur le cloud subventionné de Bull. C’est pas gagné, on dirait…

  15. @ttoine,

    >A titre plus personnel, je n’appréciais pas trop qu’un blog avec de la pub copie mes tutoriels, souvent sans me citer comme auteur, en violant de fait la GPL ou la CC by-sa, pour en tirer du trafic donc du profit, alors que je ne met pas de pub sur mon propre blog.

    Mais du coup, ce qui te gène le plus, c’est que le mec ne respecte pas le « by-sa » en ne te citant pas comme auteur ou qu’il y ait de la pub sur son site (ce qui donne un bilan quasi neutre du point de vue de l’utilisateur : il accède à ton contenu sans payer – et pour peu qu’il soit équipé d’adblock, sans la nuisance) ?

    PS : sur le nc-nd, y’a la position d’Eric Raymond ( http://www.framablog.org/index.php/… ) qui me semble pertinente…

  16. @Ginko, c’est l’ensemble: que l’intégralité de l’article soit reproduit sans citer l’auteur dans le but d’en tirer une rémunération à travers la pub. Soit le blogger met un extrait et un lien vers l’original, soit il met en préambule le travail original complet et la licence, comme par exemple sur le Framablog. Mais pas une copie sauvage comme s’il l’avait lui écrit.

    Et à propos de la position d’Eric Raymond, si elle peut être pertinente pour l’industrie du logiciel, elle ne peut pas l’être pour des artistes indépendants. C’est d’ailleurs un problème récurrent de la part des défenseurs du logiciels libre, ils ne sont pas des artistes, mais souvent des développeurs. Ce n’est pas la même chose.

    J’aimerais bien qu’un musicien publie une chanson en GPL : comme il faut publier la source, en dehors du texte et des partitions (pour peu qu’il soit capable de les restranscrire), si on veut pouvoir reproduire la musique en entier, en partant de zéro, il lui faudra aussi publier les instruments utilisés, la marque et l’usure des cordes, les réglages divers, mesurer la pression qu’il exerce sur les cordes quand il joue de la guitare, tous les presets des logiciels et plugins utilisés, etc… Si éventuellement, pour simplifier, on considère que la GPL appliquée à un projet musical, c’est n’est que publier les fichiers sources de l’enregistrement en qualité lossless, je rappelle qu’un projet de musique stereo de 5min, pour un fichier masterisé distribué en ogg de 6 ou 7 Mo, ça peut nécessiter un projet Ardour de plusieurs centaines de Mo, voire, quelques Go. Quel intérêt, si le but est juste que les gens puissent écouter le fichier ogg ?

    Et puis un artiste peu avoir envie de ne pas révéler tous ces secrets. Ou qu’un projet qu’il diffuse soit figé dans le temps.

    Un logiciel, ce n’est pas pareil : compilé ou source, c’est peu ou prou la même taille à stocker. Ca peut évoluer par la demande de nouvelles fonctionnalités, ou d’un problème de sécurité à régler.

    Il faut donc arrêter de faire l’amalgame entre logiciel libre, art et licences libres.

  17. @ttoine,

    Bien que tu esquives un peu ma question (volontairement fermée :p), j’ai compris ton point de vue. (La publication complète avec licence à la framablog).

    Pour le parallèle musique/logiciel, je pense que tu te trompes. La source du morceau, s’il est seulement instrumental, c’est bien seulement la partition avec les paroles.

    Ton énumération à la Prévert correspond en réalité à :
    le modèle du PC, la version et la configuration de l’OS et du compilateur, l’environnement de compilation, etc.
    Les sources, bien qu’elle contiennent souvent un make (plus ou moins complet) et des instructions de compilation (plus ou moins complètes) ne permettent pas forcément de compiler sans mal. Et le binaire résultant dépends d’énormément de facteurs.

    Pour de la musique électronique, je ne connais pas les outils ni les formats existants, mais je suppose qu’il faudrait des éléments comme les samples utilisés (soit directement sous forme audio lossless, soit sous forme de « coordonnées »: morceau, début, fin, etc) avec les altérations pratiquées et une sorte de partition (quel sample à quel moment à quel volume, etc).

    Pour ce qui est de la taille d’un logiciel source ou compilé, ça peut être très variable. Les sources étant en général bien plus volumineuses.

    Je ne suis pas neutre (mais toi non plus !), mais je continue à penser qu’il est possible de généraliser le libre dans le logiciel au libre dans les autres domaines.

  18. @Ginko : qu’un blogger mette de la pub sur son blog, ça le regarde. Après tout je blogue et fais des tutoriels par passion, mais je comprend que certains puissent vouloir gagner leur vie avec, ne serait que pour payer l’hébergement. Cela répond-il mieux à ta question ? Comme tu le dis, le faire à la « Framablog », c’est ce qui me semble correct.

    Tu as l’air de faire partie des partisans du logiciel libre informaticiens ou apparentés dont je parle, effectivement… et de fait, tu oublies que beaucoup de musique que tu écoutes n’est pas jouée à partir de partitions. Je souhaite bonne chance à quiconque voudrait transcrire un solo de Jack White, de Miles Davis ou Jimmy Hendrix en concert. En revanche, en utilisant ses oreilles et en ayant du talent, on peut arriver à imiter ou à faire sa propre version de ces solos. Du coup, d’une certaine façon, la source, c’est l’enregistrement que tu écoutes. Dans le jazz, on travaille beaucoup à partir de grilles d’accords, donnant la liberté aux musiciens de choisir les notes qu’ils veulent jouer.

    Dans un autre registre, j’imagine mal comment un aquarelliste pourrait faire les sources d’une de ses peintures.

    Une personne dont j’aimerais beaucoup avoir l’opinion est Sylvinus, le créateur de Jamendo: c’est un informaticien, il est un fervent partisan du « libre », et c’est aussi un très bon musicien. C’est notamment en discutant avec lui de la différence entre informatique et art, que j’ai compris l’importance des licences de libre diffusion.

    En effet, un logiciel fait pour évoluer en fonction des besoins nécessite des licences adaptées. Des informaticiens sont payés pour le développer, le maintenir, et l’améliorer quelque soit le modèle de diffusion choisi. Parce qu’on tire un bénéfice de son utilisation et de son amélioration. Après, qu’on achète une copie modifiable ou non, du support, ou qu’on le fasse développer sur mesure, c’est pareil, à un moment, on est prêt à payer ce coût car c’est un investissement pour en retirer un bénéfice. Et comme je le vois venir à 2km, je précise que d’une manière ou d’une autre, nous payons le Web, Firefox, Ubuntu ou Libre Office : nous achetons des produits aux sociétés qui financent et développent ces projets (ou à leurs clients), nous payons des impôts qui financent les écoles, les centres de recherche, etc…

    Une oeuvre d’art conçue à la base pour être figée a elle aussi besoin de licences adaptées. Une oeuvre d’art ne sert à rien, elle n’a pas forcément besoin d’évoluer, elle ne répond à aucun besoin de productivité. On l’achète, on la collectionne, on la regarde, on l’écoute, on la revend, … Dans certains cas, on s’en inspire pour en faire de nouvelles et nul besoin des sources pour ça: en restant dans l’exemple de la musique, même les DJ qui sont les premiers à faire des forks n’en ont pas besoin… Un photographe pourra refaire une photo en s’inspirant d’une existante. Etc… La question de fond, par rapport au logiciel, et qui finance l’artiste ?

    Si un artiste décide qu’une oeuvre doit être figée, s’il souhaite que personne n’en tire de profit, mais qu’elle soit librement diffusable, grand bien lui fasse. S’il souhaite que pendant 80 ans on soit obligé d’en acheter une copie, comme pour les Beatles ou Tintin, est ce vraiment grave ? Est-ce que ça empêche d’autre groupes de faire de la Britpop ou d’autres dessinateurs de faire de la BD avec deux héros et un chien ? Non… L’essentiel, après tout est qu’une oeuvre soit diffusée. C’est à l’artiste de choisir ce qu’il fait de son travail, s’il veut en tirer profit et comment.

    A j’allais oublier. En fait, tout ça existait bien évidemment déjà avant l’informatique, avant les CC -nc-nd et tout ça: quand on ne confiait pas les droits de ses oeuvres à une société de gestion collective (comme la Sacem pour la musique) ou à une structure privée indépendante. Il fallait alors écrire sa licence soit même. Simplement, désormais, c’est facile à utiliser, à expliquer, et à faire valoir. Pratique, quoi. Et puis comme il n’a jamais été aussi simple et abordable de produire et de diffuser des trucs, tant mieux.

  19. @ttoine,

    Ok, tu m’a fais réfléchir ^^

    Je suppose qu’en fait, dans le processus de création, la particularité du logiciel repose dans le fait qu’il doit être exécuter pour fonctionner.

    L’œuvre du développeur n’est pas le programme qui tourne, mais le code source. (Le binaire est seulement une traduction du code source dans un langage machine).

    Donc on va écarter l’état « programme qui tourne ». On peut alors ignorer la liberté 0 de la GPL (exécution du programme pour quelque raison que ce soit).

    Et là, miracle, on se retrouve avec une œuvre (le code source) en tout point comparable avec une œuvre littéraire, une peinture ou un morceau de musique. Demander la source du code source est tout aussi stupide que de demander la source d’une aquarelle. On peut faire des copies du code source (très facilement, car dématérialisé), de la même façon qu’on peut copier une peinture ou de la musique (avec l’aide de plus ou moins d’outils).

    Mais bizarrement, peu de licence en informatique mettent en avant des clauses de type NC ou ND. Pourquoi ?

    Je pense que cela vient du statut surnaturel de l’Art™. On a déjà parlé ici (sur le Framablog) de cette distinction artificielle entre l’Artiste et l’homme commun. La musique, la peinture et la littérature appartiennent à ces arts supérieurs, contrairement au développement. Un code source est considéré par le quidam comme purement fonctionnel. Une œuvre d’art™ digne de ce nom n’a pas d’utilité directe. Aussi, l’Artiste, ce sur-homme, peut donc faire valoir son droit d’Auteur, contrairement à ce manant de développeur qui abandonne volontiers ses droits à sa boite ou à sa communauté. D’où l’absence de clause NC/ND dans les licences logicelles.

    C’est donc cette distinction de l’artiste, de l’auteur que je nie lorsque je nie le besoin de clauses NC/ND dans les licences libres sur les œuvres dites culturelles (encore une distinction purement artificielle).

    Bien sur, tu me diras que les statuts d’artiste et d’auteur existent effectivement en droit français. Mais en creusant, tu découvriras que c’est un artefact introduit récemment et dont les racines ne remontent guère à plus de 400 ans.

    Je pense que ces statuts artificiels sont destinés à disparaitre dans les prochaines décennies sous les coups de boutoir de l’interWebz et du partage généralisé. La ségrégation artificielle auteur/consommateur va disparaitre comme elle est apparue. Les deux aspects se refondant l’un dans l’autre.

    A ce sujet, je conseille la lecture de http://scinfolex.wordpress.com/ et la recherche dans les archives du Framablog.

  20. rheinandco

    Après lecture de tous les commentaires quelques pistes:
    Pour obtenir un manuel de la qualité de celui de Yann, il est possible de se tourner vers la chaîne éditoriale Opale de l’UTC de Compiègne: http://scenari-platform.org/project… . La prise en main est un peu déroutante au début mais ensuite le gain est important pour un enseignant. Il est possible d’avoir une version web, ipad, pdf etc sans trop de mal.
    Pour ce qui est des manuels en Creation Commons il y a http://lelivrescolaire.fr qui propose à chaque enseignant de contribuer à la rédaction des manuels: la version pdf est téléchargeable sur le site avec création d’un compte, la version papier est payante (normal non?). Je ne parlerai pas du succès de Sésamath qui au passage à su s’adapter très rapidement aux tablettes contrairement aux éditeurs…
    Par expérience personnelle il faut se détacher le plus possible du système d’exploitation et proposer aux enseignants des outils multiplate-formes, adaptable rapidement aux différents outils informatiques (tablettes, portables, téléphone…) sans refaire à chaque fois la mise en page. Certes la qualité visuelle n’est pas forcément celle d’un produit ibooks author mais au moins je diffuse ma ressource comme je veux et où je veux! Même sur une petite piratebox en classe lorsque le réseau wifi est inexistant… :-)

  21. @Ginko : J’aime beaucoup « L’œuvre du développeur n’est pas le programme qui tourne, mais le code source. (Le binaire est seulement une traduction du code source dans un langage machine). » Très jolie phrase. Mais si c’est vrai pour un livre, ça ne l’est pas pour tous les arts.

    Tout comme certains développeurs informatiques salariés, des artistes peuvent être salariés. C’est à dire que leurs créations ne leur appartiennent pas. Des auteurs et dessinateurs travaillant pour un éditeur qui ont créé des personnages et des histoires, des compositeurs et arrangeurs pour une société de production musicale, etc… On peut donc être artiste et abandonner ses droits dans certains contrats, parce que finalement c’est un job que d’être créateur. C’est un peu pareil dans la recherche, quand tu es chercheur salarié et que ta boite dépose un brevet sur l’application d’un résultat. Ce brevet ne peut appartenir au chercheur, l’ayant droit est l’entreprise, qui se réserve le droit de citer le chercheur dans le brevet. C’est le premier point, qui permet sous certains aspects de rapprocher le développeur informatique et l’artiste.

    Plus concrètement : dans la musique, pour reprendre l’exemple des Beatles, de nombreux musiciens de studio ont contribué aux albums, notamment pour les instruments que les Fabfour ne savaient pas jouer. Ils étaient souvent payés à l’heure ou à la tâche, et ne sont sauf rare exceptions jamais crédités dans les pochettes.

    On se retrouve donc avec cette problématique : comment le créateur indépendant valorise son travail. Certains peintres (célèbres, pour certains) sont payés pour réaliser des toiles de paysage par de riches clients, aussi appelés mécènes. Quid des droits de reproduction ? Libre ? Propriété du créateur ? De l’acheteur du tableau ?

    Là, tu dois te dire, mais où veut-il en venir ? J’y arrive.

    Vu ce que je dis au dessus, on pourrait donc penser que cas du développeur informatique indépendant présente quelques similitudes avec un artiste créateur indépendant. Mais si l’informaticien diffuse un logiciel en GPL, généralement, il ne vendra pas de licence, mais de la maintenance annuelle et des développements particuliers. Il pourra distribuer le même travail 100 fois facilement à 100 clients avec un contrat de mise à jour, par exemple. Voire faire profiter à ses autres clients un développement payé par un seul. Alors, certes, selon WordPress.org, « Code is Poetry ».

    Mais qu’en est-il d’un artiste ? Un musicien devrait repayer un studio une fortune pour enregistrer une nouvelle version, la masteriser, réimprimer des disques, ou reférérencer le morceau sur iTune, Deezer, etc… Un peintre, à chaque nouvelle toile, doit repartir d’une page blanche. Et une fois le vernis sec, il devient bien difficile de faire une modification. En terme de maintenance, peut-il vendre le fait de venir faire la poussière régulièrement? Je ne crois pas… Sa seule solution est de tirer une rémunération de l’original, voire des copies, s’il veut vivre de son art.

    Le choix de figer une oeuvre par sa licence est donc souvent pragmatique. Même si les copies digitales (jpeg, pdf, mp3, avi, et bientôt des objets en 3D) seront toujours faciles à diffuser, et donc à pirater.

    Le problème fondamental, la différence majeure, c’est que l’original d’un programme informatique est forcément digital en soi, par nature; et l’original d’une oeuvre artistique est bien souvent très matérielle, concrète. On peut l’entendre, la toucher, la voir, etc… bref, la ressentir de différentes façons.

  22. Nul besoin d’argumenter. La réalité s’en charge pour nous… :)
    http://www.numerama.com/magazine/23