Circulaire sur l’usage du logiciel libre dans l’administration : mon tout petit bémol

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Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault vient de diffuser à l’ensemble des ministères une circulaire titrée « Usage du logiciel libre dans l’administration » émanant de la DISIC (Direction interministérielle des systèmes d’information et de communication).

La première et plus importante chose à dire c’est que c’est une énorme satisfaction pour tous ceux qui (comme nous à Framasoft) font la promotion du logiciel libre depuis des années et ont attendu longtemps un tel document. C’est dense, solide, sérieux et mature, et pour tout dire, on a parfois l’impression que des passages entiers ont été pompés sur les sites de l’April, Aful ou l’Adullact :)

Pour en savoir plus je vous invite évidemment à le lire (bizarre tout de même qu’il ne soit pour le moment disponible qu’en version PDF scannée, pas très logique avec le sujet). On en trouve déjà une bonne synthèse chez mon ami Thierry Noisette, une légitime satisfaction au Conseil National du Logiciel Libre ainsi qu’une réjouissance (vigilante) à l’April. Et puis ça donne déjà des titres sympathiques dans les médias comme L’Etat français privilégie l’utilisation des logiciels libres  !

On pourra toujours objecter qu’on aurait pu aller encore plus loin avec les deniers du contribuable (systématiquement privilégier les solutions libres…) mais ne faisons pas la fine bouche et saluons cette spectaculaire avancée. Et, chers fonctionnaires, préparez-vous déjà à mettre cette circulaire sous les yeux de votre supérieur hiérarchique récalcitrant, je pense notamment au monde merveilleux de l’Éducation nationale.

Mais alors d’où vient le tout petit bémol évoqué dans le titre du billet  ?

De l’introduction du paragraphe Un choix raisonné, en haut de la page 6 de la circulaire  :

Le logiciel libre a été porté à l’origine par une philosophie d’ouverture et par des « pionniers militants » qui ont rendu les utilisateurs plus institutionnels, qu’ils soient publics ou privés, méfiants par rapport à cette approche. Aujourd’hui le choix du logiciel libre dans l’administration n’est pas un engagement idéologique mais le fruit d’un choix raisonné…

Je vous attends dans les commentaires pour nous proposer votre interprétation de cette citation parce que moi elle me perturbe un peu.

Tronquez-en le début comme ci-après et vous obtenez même quelque chose d’assez étrange (voire contradictoire)  :

Le logiciel libre a été porté à l’origine par une philosophie d’ouverture (…) qui ont rendu les utilisateurs institutionnels (…) publics (…) méfiants par rapport à cette approche…

Le privé peut avoir parfois quelques raisons de l’être (profit, concurrence…) mais qu’on m’explique pourquoi le service public devrait être méfiant vis-à-vis de l’ouverture  ?

Revenons cependant à la citation exacte. Si j’ai tiqué sur ce passage c’est que, oui, j’ai l’impression de faire partie de ces « pionniers militants ». Et oui cela me va très bien d’être associé à une philosophie d’ouverture. C’est même cela qui me plaît avant tout dans le logiciel libre.

Sauf que non pour cette prétendue méfiance des institutions, a fortiori publiques. On se base sur quoi d’ailleurs exactement pour affirmer péremptoirement cela  ? Comme on dit chez Wikipédia  : « références nécessaires »  !

Après plus de dix ans d’actions associatives diverses et variées en faveur du logiciel libre, au sein de Framasoft et d’ailleurs, c’est franchement un peu dur à lire. Et ce n’est pas, me semble-t-il, de la susceptibilité mal placée (si, quand même, un peu  ?). Tout ce travail effectué avec les autres « pionniers » bénévoles et passionnés aurait-il été au final contre-productif pour aboutir à cet antonyme de la confiance  ?

Oui il y a des personnes, dont je suis, qui attachent une attention particulière à la pensée souvent radicale d’un Richard Stallman. Mais pour la plupart d’entre nous, il s’agit je crois bien plus alors d’un objectif à atteindre que d’une injonction à tout modifier ici et maintenant  ! C’est d’ailleurs tout le sens de notre slogan « le route est longue mais la voie est libre ». Il est vrai que certains prennent cela au pied de la lettre et se rangent sous la bannière du « 100 % libre ou rien » en adoptant trop souvent un ton hautain voire méprisant envers ceux qui n’auraient pas encore rencontrés la lumière. Ils sont véhéments mais minoritaires et en tout état de cause ce ne sont pas eux qui rédigent les communiqués mesurés et argumentés des quelques associations mentionnées plus haut. Dit autrement  : il ne faut pas confondre les « intégristes du libre » (une infime partie) avec les « pionniers militants » (le grand tout).

À partir de là je ne vois pas ce qui a pu réellement rendre méfiantes les institutions, si ce n’est de les inviter régulièrement au changement en bousculant leurs habitudes (ce qui peut-être violent, je le concède, surtout lorsqu’elle sont… mauvaises).

Bien que jamais l’expression ne soit utilisée, je comprends fort bien que cette circulaire, en direction des services informatiques des administration, soit pragmatiquement bien plus « open source » que « logiciel libre ». Mais ce passage confus, voire offensant, n’était pas forcément très opportun.

Lorsque j’ai rencontré le logiciel libre, j’ai décidé peu de temps après, en 2001, de créer un modeste annuaire de logiciels libres pour Windows, pierre angulaire du futur réseau Framasoft. À l’époque on les comptait à peine sur les doigts d’une seule main et ils étaient globalement de piètre qualité. Et pourtant j’avais l’intuition et la conviction qu’ils portaient en eux les germes du futur succès que l’on connaît aujourd’hui (et qui n’est pas prêt de s’arrêter). Je sais que je me jette maladroitement des fleurs là, mais ce que je veux dire par là c’est que c’était bien moins un engagement idéologique qu’une analyse rationnelle lucide et précoce de la situation.

Autrement dit le fruit d’un choix raisonné qui a mis une bonne décennie à arriver jusqu’à d’autres…

22 Réponses

  1. aucuneimportance

    Commentaire ? C’est saoulant…

    C’est saoulant cette manie (obsession) d’aller toujours chercher dans un recoin du recoin, le petit truc qui va faire qu’on va pouvoir monter en épingle un « bémol » sur une communication orientée libre (pour une fois!) venant de la part d’une institution que l’on se complait à dépeindre régulièrement comme imperméable au libre…(*)

    Et après on se demande d’ou pourrait venir une certaine méfiance ?? arf.

    PS : Pour le coup du pdf scanné, quiconque aura un peu vécu dans une administration sait que c’est parfois + simple de diffuser un document à partir d’un photocopieur/scanner qui envoie des courriels… C’est le dernier des soucis du fonctionnaire qui appuie sur le bouton de savoir si cela respecte la déontologie d’un gars de chez framasoft …

    (*) Le paradoxe des « pionniers militants » étant que, tout en désirant que chacun s’empare (à sa manière) des valeurs du libre, il leur est difficile de supporter que ce faisant ils perdront inexorablement leur … « distinction » de pionnier. Il faudra donc toujours porter un bémol sur la manière dont « les autres » parlent ou portent le libre. Celle-ci sera donc nécessairement biaisée ou tronquée. Même si c’est en coupant un bout de phrase en quatre.

    C’est saoulant.

  2. Pour travailler dans une administration publique, je pense pouvoir donner quelques éléments :
    Sur la citation « militant … choix raisonné », les « militants du libre » sont souvent vus par les utilisateurs lambda comme utopistes et une administration a besoin d’être rassurée (les décideurs surtout). Je trouve bien qu’on pose le problème du point de vue de la réflexion car ce n’est pas simplement libre = gratuit (parfois/souvent faux professionnellement que ce soit dans le publique ou le privé) et le choix du libre ne se fait juste « parce que c’est libre et que le libre c’est mieux », c’est qu’on a une réelle valeur ajoutée, un intérêt ou une garantie. Parfois le logiciel libre est LA meilleure solution, parfois c’est une alternative intéressante et d’autres fois c’est bien trop utopique … pour l’instant. Petit à petit les mentalités changent et la « méfiance » dont fait part le texte se rapporte surtout à la résistance au changement, la peur du « si c’est gratuit c’est moins bien non ? » et donc est plutôt une non-information ou mal-information … ou parfois on est simplement en face d’un très bon matraquage médiatique ou marketing ou encore de bon gros lobbies …
    Moi je vois des choses qui changent, ici un texte bien officiel sur lequel s’appuyer pour tirer sur les bon leviers et faire comprendre à nos têtes pensantes que le libre n’est pas QUE un choix idéologique mais bien le fruit d’une réflexion poussée.

  3. D’accord avec l’analyse précédente :

    Le but d’un DSI d’institution publique est d’assurer le bon service. Il lui faut donc un prestataire sur qui taper.. compter. Et il lui faut l’assurance d’un produit qui marche, même imparfait.

    1. Il y a 10 ans les prestataires en logiciel libre n’étaient pas légion
    2. Il y a 10 ans les ayatollas du logiciel libres prosélytistes pronaient l’installation à tout prix, même d’un logiciel imparfait ou incapable de communiquer avec l’extérieur – et comptaient apprendre le C à tout le monde

    Cette caricature qui force le trait devrait suffire à faire comprendre la méfiance – aujourd’hui levée.

  4. > Je vous attends dans les commentaires pour nous proposer votre interprétation de cette citation parce que moi elle me perturbe un peu.

    Ben c’est surtout que je ne vois pas en quoi « philosophie d’ouverture » et « choix raisonné » seraient incompatibles… au contraire, non ?

    Quant au mode de diffusion de cette fameuse circulaire, il est évident que la mise à disposition du fichier source LaTeX eût été raisonnée 😉

  5. Quid de l’éducation nationale ?
    Les pratiques vont-elles changer dans les établissements scolaires et dans les programmes ?

  6. Celine_Langlet

    Moi (prof de collège) ça me va…je suis déjà une utilisatrice forcenée. J’imagine un avenir radieux où je ne recevrais plus de .doc ou de .docx … juste plein de petit .odt …. En même temps, quand j’entends mes collègues râler car ils sont obligés d’utiliser Libre Office, je pense que ça va prendre encore du temps avant que les choses changent réellement.

    Dernière précision : je prends l’exemple de Libre Office, mais l’univers du logiciel libre ne s’arrête pas à ça. Je le sais, la plupart de mes collègues non !

  7. François

    Après 30 ans de pratique de l’outil informatique dans un établissement public bien connu qui dispense des prévisions météorologiques … je crois simplement que la « méfiance » qui grattouille l’auteur de ce texte, est la crainte de la non pérennité d’outils développés par des « on ne sait pas qui », enthousiastes mais peut-êtres fragiles dans leur constance. Et au bout d’un certain nombre d’années, force est de constater que des solutions sont là, de qualité et maintenues de façon satisfaisante. Ceci étant, il y a du pain sur la planche pour faire changer les habitudes dans les services….

  8. >Pour en savoir plus je vous évite évidemment à le lire

    Evite au lieu d’invite ? Un labsus révélateur ? :p

    >à fortiori publiques

    « a fortiori », sans accent, c’est du latin (comme a priori, a posteriori…)

    En ce qui concerne la méfiance : une administration gère de l’argent public, destiné à servir l’ensemble de la communauté. Il est donc du devoir de l’administratif, à tous les niveaux mais particulièrement à celui des décideurs, de veiller à ce que cet argent public soit correctement dépensé, de manière efficiente sur le long terme (même si ça n’apparaît pas à court terme) et d’être prudent. Et ce, quoi qu’en disent les multiples articles démagos qui prennent les fonctionnaires « fainéants, privilégiés et dépensiers » pour cibles. L’administration est lente parce qu’elle est prudente, parfois à outrance. Parce que quand elle se plante, elle plante tout le monde. Elle est lente à décider et chaque niveau est (en théorie) contrôlé pouré viter les plantages, ce qui rajoute encore des délais au moindre processus. Dans cette optique, tout ce qui est nouveau est objet de méfiance. Et tout ce qui est porté par une minorité est objet de méfiance, car l’argent vient de l’ensemble de la communauté nationale, et doit profiter à l’ensemble de la communauté nationale.
    Toujours dans la même optique, la fonction publique se doit d’être pragmatique, elle ne peut se permettre de céder (en théorie toujours) à la moindre mode ou au moindre caprice d’un élu qui voudrait satisfaire sa clientèle (au sens romain du terme). Le pragmatisme va à l’encontre de l’idéologie. Les « pionniers militants » sont donc non seulement nouveaux et minoritaires, mais sont également peu pragmatiques, ce qui les motive, c’est l’idéologie. Et comme le dit la citation, aujourd’hui le choix du libre ne relève plus seulement de l’idéologie mais bien d’un choix raisonné : c’est objectivement mieux et ça peut concrètement se mettre en place sans que le fonctionnement des institutions n’en patissent.
    Le positionnement « méfiant » est le positionnement par défaut, il ne faut pas le prendre particulièrement contre le libre. On peut regretter ce positionnement, certes, mais inutile de tomber dans la paranoïa en retour. :)

  9. Informaticien dans une administration, et travaillant sur de nombreux systèmes Unix, Linux, mais aussi Bull propriètaire, j’ai vu arriver Open Office et Thunderbird sur mon poste de travail Windows.
    Un petit test sous wine de l’émulateur gros systeme bull incompatible et en 2010, j’ai basculé mon poste sous Ubuntu. Confort de travail sans comparaison avec Windows.
    Et, mine de rien, petit à petit, ça a gagné quelques uns de mes collègues.
    Cela dit, cela reste une démarche personnelle, car notre l’administration nous installe toujours par défaut des postes sous Windows.
    Bref ! Il y a encore du boulot avant de changer les mentalités. Mais … ça évolue.

  10. Bonjour à tous,
    Je viens d’avoir connaissance du fameux document, je viens donc de lire cet article.
    Mon avis sur la méfiance, c’est que je pense que le logiciel libre induit une modification profonde de la société, plus basé sur l’entraide que sur « pousse toi d’la que j’m’y mette ». Je comprends donc que ca fasse peur aux personnes qui nous dirigent.
    Je raccourcis un peu (bcp) mon sentiment, mais dans le fond y’aurait pas un peu de vrai…

  11. Merci aux correcteurs, la palme à « je vous évite à le lire » effectivement :)

    C’est un billet d’humeur égotique, il ne faut pas aller chercher plus loin. Comme Framasoft est bien plus un réseau qu’une association (on ne publie jamais de communiqués de presse disant « Framasoft pense que… »), on a cette liberté là. Autant en profiter, quitte à troller un peu quoi 😉

    Sur le fond je pense quand même que le « logiciel libre » n’est pas soluble dans « l’open source ». Le jour viendra (rapidement) où les administrations seront massivement « open source » et ce sera là encore une grande satisfaction. Pour autant si on perd en route « l’état d’esprit logiciel libre » alors on aura selon moi manqué quelque chose d’important. D’où la citation mise en exergue de ce blog.

  12. hello,

    en complément des excellents commentaires ci dessus :

    1./ Chacun son job :

    – l’administration administre et consomme
    – les idéologues construisent une Vision du monde
    – les évangélistes la communiquent à l’Autre
    – les éditeurs et prestataires de services transforment la Vision en produits que le consommateur trouvera plus efficaces que d’autres produits (ou plus bling ? mais ainsi va le monde)

    2./ Chacun sa faculté de compréhension et son moteur d’action :

    – idéologue (ou visionnaire) vs consommateur
    – power users vs mass market users
    – primo-utilisateurs (voire beta testeurs) vs suiveurs

    3./ Chacun ses choix politiques, idéologiques, moraux, économiques etc.

    On peut regretter que le Libre ait eu à subir une forme de concurrence déloyale avec le FUD.

    Il va falloir intensifier l’information, la pédagogie et la communication à destination de tous ces fonctionnaires nouvellement touchés par la vague du FLOSS.

    C’est une belle victoire pour tous les acteurs engagés, presque la fin d’une époque …

  13. Instituteur dans une école primaire de 11 classes, je suis en charge de la mise en œuvre de l’informatisation dans le cadre d’une nouvelle construction d’école. Nous avons prévu une installation d’une trentaine de postes sous Linux, gérés par un serveur SambaEdu. Donc équipement tout linux et logiciels libres.
    Notre administration, par l’intermédiaire de notre inspecteur de circonscription, nous « conseille fortement » une installation de windows sur chacun des postes : l’argument est la soi disant disponibilité de plus de contenu sous ce système d’exploitation, et la possibilité d’acheter des contenu auprès des éditeurs. Pour nous le choix est simple, si les éditeurs ne proposent pas de contenus utilisables sous tout système d’exploitation, ils n’auront pas nos commandes, et nous serons capables de produire nous même nos contenus et les diffuser (avec par exemple Opale).
    Quelles arrières pensées peuvent donc avoir nos responsables hiérarchiques ?
    M.H.

  14. Laurdinateur

    Les commentaires à propos du format PDF scanné sont hors de propos. Le choix de ce format s’explique. Le document est diffusé pour être lu, pas pour être retraité ; de plus
    ce format permet au lecteur d’être rassuré sur le fait qu’il s’agit bien d’un document officiel en voyant la signature du premier ministre. Cette circulaire a été mise en ligne par les services concernés, selon les procédures et formats habituels, indépendamment de son sujet.

  15. Un fonctionnaire qui aime le libre et un peu le français...

    Prendre un paragraphe d’une note qui fait plusieurs pages m’a toujours fait penser à de la manipulation… bon… passons. Mais lorsque ce même paragraphe est lui aussi tronqué pour n’en faire apparaitre que ce qu’on veut bien lire… c’est encore pire… (et en plus tronqué comme cela, ça fait apparaitre une belle faute de français).

    Ce paragraphe sur le PDF scanné (même si le format est propriétaire il y a assez de solutions libres pour pouvoir le lire…) fait 3 lignes sur 18 pages (sommaire et page de garde comprises)… Il faut vraiment avoir envie de « chicaner » pour relever cela…

    Le ministère pour lequel je travaille utilise plusieurs logiciels libres de « base » comme référentiel logiciel (Firefox, Thunderbird, OpenOffice puis maintenant LibreOffice), interdit de développer en interne pour préconiser la recherche vers le logiciel libre (utilisation de Grr, Ocs, GLPI, FreeMind, GantProject faut-il en nommer d’autres ?) et ce depuis plusieurs années (OOo depuis 2005, FF et Thb depuis 2008).

    Cependant, l’Administration Française travaille également avec le privé… Je pense que chacun comprendra que pour échanger des documents de travail, il faut également des logiciels fortement compatibles et généralement les documents qui nous sont fournis et que nous devons retravailler sont sur des formats propriétaires. Bref, ceci pour dire que si on veut communiquer, il faut parler la même langue de chaque côté (c’est généralement plus pratique)…

    Et pour info, les « formats d’échanges officiels » au sein de mon ministère sont OpenDocument si de document doit être modifié et PDF dans le cas contraire…
    Autre information, j’ai une fille qui est au collège, et ses cours d’informatique (certes très limités pour l’instant) sur font sur Writter et Calc…

    Il est toujours facile de critiquer ce qu’on ne connait que de loin…. Comme certains le font (et le feront toujours) par rapport au logiciel libre, d’autres le font (et le feront toujours) de la fonction publique… D’un côté comme de l’autre c’est gavant… et très décourageant…

  16. @LS. Ravi de te relire ! Je reconnais bien là ton style synthétique, concis et précis 😉

    Je voulais ajouter une petite remarque sur cette histoire de « méfiance ».

    Ce sont des administrations majoritairement sous OS propriétaire et travaillant (par le passé ?) avec des formats fermés qui se montrent méfiantes vis-à-vis de l’ouverture. Il y a tout de même là comme un joli paradoxe, non ?

  17. Je n’ai pas réussi à faire de retrolien… Quelques réflexions sur le sujet aussi :
    http://blog.vvlibri.org/index.php?p

  18. Jean-François93

    Même s’il existe des points de blocage dans « l’administration » (notion on ne peut plus floue), il faut tenir compte de la colossale inertie parmi nous. Dans une université la plupart des enseignants restent accroché au traitement de texte qu’ils ont connu dans leur jeunesse, refusent tout fichier ODF remis par un étudiant (ignorant bien sûr que même leur pack chéri peut les lire à l’aide d’une extension). L' »argument » qu’ils ressortent toujours est qu’ils ont entendu dire que quelqu’un avait entendu dire que quelqu’un avait entendu dire qu’OpenOffice (LibreOffice) avait « des problèmes », problèmes qu’ils sont bien incapables de décrire.
    Et dès que M$ ajoute un x à ses noms de fichiers, on peut toujours leur montrer que LibreOffice les ouvre, ils vont tout de même réclamer le dernier gadget de Redmont, payé par l’argent public.
    Et pour manipuler 10 images par mois, beaucoup vont dédaigner Gimp, parce qu’ils ont entendu parler d’un produit commercial hégémonique
    Dans ces cas ce n’est pas « l’administration » qui les contraint à quoi que ce soit.

  19. makidoko

    Comme dit dans le premier commentaire, « c’est saoulant » :
    Si rien n’avait été fait, rien n’aurait été dit.
    Manque de bol, il ont fait donc il y a à redire.
    Et même s’il n’y avait pas à redire, c’est pas grave, on se débrouillera pour trouver matière à.

    Ça a le gout de cette « rejouissance (vigilante) » décrite dans l’article. « C’est bien les gars, mais maintenant on vous a à l’oeil ».

    Et quelle est cette méthode du style, « Prenons une phrase, tronquons-la et ré-inventons-la, nous n’obtenont plus le même sens qu’à l’origine!! S’il fallait encore prouver que la méfiance est nécessaire!! » ?

    Maintenant, ceci n’est qu’une circulaire… Et de tous les responsables informatiques locaux, combien vont la comprendre et la mettre en application, alors même que leur expertise se borne à cliquer sur le menu « démarrer » pour lancer Word? Et ceux en charge des cordons boursiers continueront à prendre soin d’acheter la dernière version de Windows, parce que Norton est offert avec, pendant 3 mois!! Pendant qu’un prof (oui, dans un collège, au hasard) qui a un cousin expert, se chargera de fournir toute une logithèque de logiciels propriétaires téléchargés et craqués. Que d’économies réalisées… (vu et vécu, hélas x3!)

    Gageons toutefois, avec forts espoirs, que nombre de mentalités commencent à bouger avant la bascule de l’Assemblée à droite et le remaniement ministériel qui négociera alors de nouveaux contrats pérennes et avantageux avec ceux que nous connaissons depuis toujours.

  20. Heu Véhesse

    Tiens, personne n’a parlé de MIMO (LibreOffice augmenté) qui a pourtant l’air d’une très bonne idée !
    Pour les écoles il faut voir aussi la difficulté d’utiliser du libre lorsque la décision jongle entre utilisateurs (élèves, profs, directeurs), correspondants (inspection académique, profs récalcitrants), acheteurs/décideurs (mairie), conseillers (ministère, MAI)… Il y en a toujours quelques-uns au milieu qui ont peur de passer le cap et qui parlent d’incompatibilité alors que l’incompatibilité en question peut se voir tout autant dans le sens opposé à leur vision des choses !

    Petits rappels :
    – Tout éditeur de suite bureautique peut choisir de rendre sa suite compatible avec les standards ouverts ! (cf : .odf) L’inverse (avec .doc ou .docx par exemple) c’est plus dur car fermé et non documenté.
    – La compatibilité entre lieu de travail et domicile et plus simple si on utilise les mêmes logiciels… Il est donc plus simple d’utiliser des logiciels que tout le monde peut se procurer, donc gratuits et librement diffusibles(diffusables ?). De même pour que les élèves puissent posséder les logiciels à la maison (un ordinateur c’est déjà assez cher pour certains !).
    – Le libre est un bien commun et tout le monde peut y participer à son niveau (code, traduction, relecture, besoin exprimé…).

    Cela me surprends aussi de voir le peu d’enseignants au courant de l’existence de SIALLE, prévu spécialement pour eux ! (même si c’est moins complet que Framasoft ^^)
    https://eduscol.education.fr/cid561
    http://www.cndp.fr/sialle/

  21. Ravi de découvrir ce document. Malheureusement… de l’intention aux actes, le chemin est quelquefois long.
    Ainsi, j’ai participé à la rédaction de sujets de bac la semaine précédente à Arcueil. Il m’a été difficile (mais pas impossible je le reconnais) de faire passer mes sujets en « Openoffice » (j’ai préféré taire le fait que je travaillais sous Libreoffice, la limite de mes interlocuteurs était atteinte).
    L’argument étant le suivant: il nous faut adapter les documents aux aveugles, et l’appareil qui fait l’interface avec la machine en braille n’accepterait que des documents au format word. Est-ce vrai ? Je n’en sait rien!
    Voili-voilà!