Ubuntu est-elle une distribution commerciale ? Et si oui pourquoi le taire ?

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Excellent accélérateur de migration Windows vers GNU/Linux, Framasoft soutient et promeut depuis le début la distribution grand public Ubuntu. Et ce ne sont ni les annotations de Richard Stallman ni la récente « affaire Amazon » (fort bien explicitée par Christophe Sauthier) qui nous feront changer d’avis.

Mais cela ne nous empêche pas dans ces colonnes de traduire de temps en temps des articles parfois critiques à son égard, au risque de déclencher des ires dans les commentaires ;)

Ici le journaliste Sam Varghese reproche à Mark Shuttleworth de ne pas avoir clairement affirmé, et ce dès l’origine, le caractère commercial d’Ubuntu intimement liée à sa société Canonical. C’est ce qui explique pour lui que cette histoire avec Amazon a été si mal prise pour la communauté.

Et de citer alors en exemple la société Red Hat qui lui semble plus claire dans ses objectifs (de profits). D’ailleurs cette dernière propose deux distributions plutôt qu’une : la « commerciale » Red Hat Enterprise Linux et la « communautaire » Fedora.

Il est d’ailleurs possible que cette éventuelle confusion soit encore plus forte dans des pays comme la France où la communauté Ubuntu est très dynamique.

Il est vrai qu’une fois qu’on découvre GNU/Linux (souvent avec Ubuntu), on s’aperçoit qu’il existe bien des différences entre les distributions. Le très pratique mais pas très libre Linux Mint n’est pas la même que la moins pratique mais très libre Trisquel. La gouvernance et finalité d’une Debian diffèrent sensiblement de celle d’Ubuntu qui s’en est inspirée à la base.

C’est toute la richesse et diversité du logiciel libre et c’est très bien ainsi, non ?

StephenrWalli - CC by-sa

La grande erreur de Mark Shuttleworth

Mark Shuttleworth’s big mistake

Sam Varghese – 26 octobre 2012 – ITWire.com
(Traduction : peupleLa, Bob Young, KoS, Yuston, Gatitac, HgO, greygjhart)

La semaine dernière a marqué le huitième anniversaire de l’apparition d’Ubuntu sur la scène GNU/Linux. Depuis octobre 2004, de nouvelles versions de cette distribution sont sorties tous les six mois : le buzz initial a été très fort avant de s’estomper peu à peu.

Il est remarquable qu’au fil des ans, chaque fois que Mark Shuttleworth, l’homme qui possède Canonical, la compagnie qui est derrière Ubuntu, introduit une nouvelle fonctionnalité destinée à générer des revenus, des cris et des pleurs se font entendre. Alors, les gens d’Ubuntu essaient de s’expliquer et pour finir, on trouve un semi-compromis qui ne satisfait personne.

La dernière de ces fonctionnalités, dans la version 12.10, fut l’ajout des résultats de recherche d’Amazon aux résultats de recherche habituels. Ce qui signifie un peu d’argent venant d’Amazon pour Canonical (à chaque fois qu’un utilisateur d’Ubuntu achète un produit Amazon à partir de la recherche). Le compromis a été d’en faire une fonctionnalité optionnelle.

De telles situations se sont déjà produites par le passé, et se reproduiront encore à l’avenir. Il y a selon moi une raison simple à cela : Mark Shuttleworth n’a pas réussi à formuler une vision claire du projet Ubuntu à ses débuts. Grave erreur.

Lorsqu’Ubuntu est sortie pour la première fois, il y a eu beaucoup de discussions à propos de la signification de la formule : l’humanité en partage (NdT : humanity to others). Il y avait un tas de fonctionnalités cools, qui mettaient l’accent sur l’implication de la « communauté ». Des cédéroms étaient livrés gratuitement aux gens. On aurait dit une œuvre de bienfaisance du logiciel libre gonflée aux stéroïdes. Ou à l’EPO, à la Lance Armstrong (en français dans le texte) si vous préférez.

Mais il n’y a jamais eu de discussions à propos du fait qu’Ubuntu est une distribution commerciale ; elle a besoin de générer du profit pour exister. Shuttleworth a les poches profondes mais elles ne sont pas sans fond. Le logiciel a beau être gratuit, il faut néanmoins que les comptes atteignent un jour l’équilibre.

À l’opposé, lorsque Red Hat, de loin l’entreprise générant le plus de profits grâce à GNU/Linux, est née, en 1994, tout le monde savait que son but était de générer de l’argent grâce au système d’exploitation libre. Il n’y avait pas d’illusions. C’est pourquoi en 1997, lorsque j’ai pour la première fois entendu parler de GNU/Linux, la communauté du logiciel libre surnommait déjà Red Hat la « Microsoft » des distributions Linux !

Mais au fil des ans, Red Hat a acquis beaucoup de karma positif auprès de la communauté. Elle contribue largement au progrès de Linux en recrutant une bonne partie des développeurs contibuant au noyau. Elle finance des activités périphériques pour participer à la croissance de l’écosystème des logiciels libres.

Personne n’a dit le moindre mal d’Ubuntu à ses débuts. Mais à certains moments en cours de route, quand il s’agissait d’incorporer des fonctionnalités en vue de générer des revenus, les utilisateurs se sont dressés en masse. On ne peut pas leur en vouloir; ils avaient été amenés à croire que la communauté était primordiale et ils ont réagi.

Après quelques-unes de ces confrontations, Shuttleworth a levé le pied et poursuivi sur le chemin qu’il avait choisi. Il ne pouvait pas vraiment faire autrement, après les critiques d’abords douces puis amères soulevées par ses tentatives progressives d’introduire des fonctionnalités commerciales.

Les membres de la communeauté n’ont rien contre ceux qui gagnent de l’argent grâce à des logiciels libres. Patrick Volkerding, créateur et mainteneur principal de la distribution Slackware, est considéré par beaucoup comme un héros pour avoir toujours fourni à ses utilisateurs la distribution qu’ils voulaient. En retour, ces utilisateurs achètent tout ce qu’il produit pour qu’il gagne de l’argent et continue son travail. Et sa distribution est demeurée bénéficiaire la majeure partie de son existence.

Mais Shuttleworth a plus ou moins creusé sa propre tombe. Il aurait dû être clair quant au chemin qu’il allait prendre, clair à propos de son but, et faire attention à ce que son plan soit transparent. Une société basée sur GNU/Linux doit tracer son chemin différemment d’une société ordinaire ; peut être que Shuttleworth n’en avait pas conscience.

Quelle qu’en soit la raison, son manque de communication a abouti à ce qui s’est produit avec les résultats de recherche Amazon et ce qui s’en suivra. C’était la grosse erreur de Mark Shuttleworth.

Crédit photo : Stephen Walli (Creative Commons By-Sa)

19 Réponses

  1. Il n’a jamais été caché qu’Ubuntu était une distribution d’entreprise et donc non communautaire dans sa gouvernance. C’est ce qui la différencie des autres saveurs Ubuntu comme Kubuntu Lubuntu Xubuntu…
    A la différence de RedHat, Canonical travaille avec sa Communauté. Pas besoin d’être Canonical pour apporter sa pierre à l’édifice

  2. D’accord avec la première phrase de Winael : se réveiller aujourd’hui sur l’air de « on m’aurait menti ??? » c’est un peu n’importe quoi. Tout le monde le sait depuis 2004, qu’Ubuntu est un projet commercial.

    Là où je suis moins d’accord avec Winael, c’est la comparaison avec RedHat (qui reste un contributeur majeur upstream et qui a su maintenir une communauté extrêmement active autour de Fedora, on ne peut en dire autant d’Ubuntu ni sur l’un ni sur l’autre point).

    Mais cet article me semble passer à côté du vrai problème que pose Canonical, à savoir son « Contributor Agreement » et l’obligation de transfert de copyright qu’il impose à ses contributeurs. Non pas (comme dans le cas de GNU) pour garantir que le code restera Libre en débit des coups tordus des grosses entreprises, mais _exactement_ pour le contraire : en se préservant le copyright sur le code, Canonical se donne le droit exclusif de commercialiser, à l’avenir, des versions entièrement propriétaires d’Ubuntu (je dis « entièrement » au sens de Apple : la base restera évidemment Libre, mais l’interface et quelques pièces essentielles seront propriétaires et verrouillées). Et il est particulièrement inquiétant de voir, pour _cette_ raison, Canonical développer sa propre interface graphique.

    Ubuntu n’est pas un mauvais Libriste. Ubuntu est juste un Apple en puissance.

  3. « quelques pièces essentielles seront propriétaires et verrouillées ». Bah non, elles sont sous GPLv3 ^^

    My 2 cents :P

    Cela dit, un article détaillé de framablog sur les fameuses Canonical’s Contributor Agreement serait le bienvenu (ou si vous avez des liens, et/ou l’avis de RMS). Parce qu’il me semble qu’on en dit tout et n’importe quoi.

  4. http://www.canonical.com/contributo… et http://www.canonical.com/contributo
    T’a raison K1n, on dit surtout n’importe quoi.

    Après Canonical est une entreprise et on ne peut lui en vouloir de chercher à avoir des revenus.

  5. Il se donne un peu des air de Zorro du « je vous l’avais bien dit » ce journaliste.

    Canonical est une entreprise, et par définition, une entreprise n’a de raison d’exister que pour générer des revenus (pas forcément pour s’en mettre plein les fouilles tout le temps, mais au moins pour payer ses employés, équilibrer ses frais etc…). Donc je ne sais pas trop le but de cet article à vrai dire. Il aurait peut être fallu l’écrire à la sortie du service Ubuntu One dont des options étaient payantes (plus de stockage) et où il me semble le client n’est pas libre (mais plus sûr de ça), mais là j’ai du mal à voir l’à propos de la chose …?

    Personne ne s’offusque par exemple que la page d’accueil de Firefox soit une page Google personnalisée qui offre moins d’option que la page Google par défaut (par exemple le filtrage images/vidéos/maps etc…), et que ceci soit fait pour récolter des fonds parce que la fondation Mozilla en a besoin…

    Donc j’ai plus l’impression d’un type qui remue le fond de la rivière pour troubler l’eau qu’autre chose… Alors ça l’amuse sûrement beaucoup, mais au final, les poissons que nous sommes y voient moins clair et sont obligé de naviguer aux instruments (notamment au radar antitroll) :-)

  6. scelerat

    > Personne n’a dit le moindre mal d’Ubuntu à ses débuts.

    hahahaha, t’es sérieux ? les « amis » de debian n’ont cédé de dégommer à vue cette distribution depuis le début.

    Et pour bien connaître Slackware, la situation n’est pas rose financièrement. loin de là. Heureusement que Pat ne vit qu’un noix par jour.

    Enfin, le jour ou les « libristes » mettront la main à la poche, ca donnera du pouvoir d’achat à ces distributions.
    Combien de ces amis utilisent un système libre depuis plus d’une décennie sans jamais avoir participer financièrement, ni en donnant leur temps ? Trop

    Et ainsi il ne faut pas venir pleurer si une distrib comme ubuntu cherche des moyens de faire rentrer de l’argent. Parce que c’est le nerf de la guerre

  7. satbadkd

    Article assez intéressant dans son approche. Moi le premier, je trouve qu’Ubuntu est une distribution trop encrée dans cet esprit commercial mais sans oser le dire.
    Le mieux reste à mon avis de vendre du support et des produits dérivés, mais je ne suis vraiment pas convaincu de l’intégration d’Ubuntu One ou de Amazon dans l’OS. Ces logiciels « polluent » le système de ceux qui n’en feron jamais rien.

    Attention, par contre, il y a une petite faute dans l’intro, le nom de la distro libre est Trisquel et non Triskel ;)

  8. J’aime beaucoup cette fonctionnalité « Amazon » pour plusieurs raisons.

    La première c’est quelle fait parler de la distribution Ubuntu et ça, c’est cool.

    La deuxième c’est que c’est quand même bien pratique de rechercher en une seule opération sur ses disques dur à la maison, les réseaux sociaux et différents services en ligne (vidéo, musique, cloud) et même les magasins en ligne (oui, j’achète des trucs en ligne pas vous ?). Et si c’est via un lien sponsorisé qui bénéficie financièrement à Canonical, pourquoi pas. J’achète bien des tshirts en cliquant sur des liens de potes pour faire monter leur cagnotte de brouzouf.

    Après pour la manière dont ça a été implémenté, c’est la très grosse et très active communauté Ubuntu dans son ensemble qui aurait dû réagir en amont car aux dernières nouvelles, elle est majoritaire dans la gouvernance (http://www.ubuntu.com/project/about…).

    C’est pas trop grave, car la réaction a été faite en aval et c’est bien de voir le dynamisme qu’il y a eu : Un ballot screen pour la version fr et un simple bouton à cliquer pour tout le monde dans le menu vie privé.

    J’attends avec impatience un réglage plus fin de cette recherche unifiée pour pouvoir y ajouter d’autres comptes en ligne ou pas.

  9. Michael

    @winael , je pense que tu as pas du lire les mêmes choses que moi. Si tu regardes par exemple le livre de Jono Bacon ( « the art of community », dispo en téléchargement sur le site web de l’auteur ), il n’arrête pas de dire que Ubuntu c’est communautaire tout le long du bouquin. Alors il ne cache pas que Mark a son mot à dire et ce genre de choses, et je pense que tout le monde se doute que la réalité est plus nuancé que ça, mais c’est quand même ce qui a été servi pendant les premières années. Du coup, le sentiment bizarre qu’un truc ne colle pas vient de la. ( comme quand Mark dit « on a choisi la transparence radical dés le début » suivi de « du coup, on va être encore plus transparent ». Si c’était radical au début, c’est quoi après ? )

    Sinon, tu peux contribuer à la plupart voir tout les projets RH, en passant par les projets upstreams concernés. Si tu prends au hasard RHEV, la solution de virtualisation, il faut passer par Ovirt, etc. Donc je ne suis pas sur de comprendre d’ou viens l’idée qu’on ne peux pas.

    Et contrairement à certains projets Canonical, tu n’as pas de cession totale des droits ( le fameux CLA de Canonical ). Autant la plupart des particuliers s’en foutent de la cession en question ( et encore, j’en connait plein qui s’en foutent pas ), autant de ce que j’ai vu, ça refroidit beaucoup plus les dirigeants d’entreprises ( par exemple, Google, Suse ou RH refuse en général ce genre d’accord sans clause particulière de réciprocité comme celle de la FSF ). Et donc, ça n’assure pas une communauté diverse et durable.

    Et enfin, dire qu’on peut contribuer à Canonical, c’est aussi oublier ce qu’on peut pas faire, comme par exemple, contribuer ou inspecter le code et l’infra en place pour servir les résultats Amazon. Comment tu sais que le machin fait pas ce que tu veux si le système est propriétaire ?
    Ou installer ton propre serveur pour U-1. Ou avoir son propre serveur Landscape et l’améliorer.
    D’ailleurs, est ce que ça compte comme pièces essentielles ou pas ?

    C’est pas une critique de ce que Canonical fait, car ils font des choses bien d’une façon globale, et ils veulent faire avancer les choses dans le bon sens la plupart du temps, et même le fait de rendre Ubuntu plus commercial qu’au début est une façon de pérenniser le modèle ( car bon, après 8 ans, faut commencer à être à l’équilibre ). Et c’est important d’avoir le plus d’acteurs possibles dans le libre. Mais j’ai le sentiment que Canonical se place en victime, et refait les mêmes erreurs que d’autres ont déjà fait ( comme Suse avant Opensuse, RH avant RHEL et Fedora ). C’est bien de tenter des choses, mais faut aussi reconnaitre quand on se plante, au lieu d’accuser tout le monde de pas avoir compris ( comme Mark a souvent tendance à faire, aussi bien sur la controverse Amazon que sur l’histoire de l’ouverture des projets internes ).

  10. bioinfornatics

    Au vue de certaine réponse on pourrait faire un parallèle entre les fanboy Apple avec ceux d’Ubuntu que l’on s’y méprendrait dans leur propos et leur objectivité.

    Je me retrouve entièrement dans les dires de Michael, +1 .

  11. Je n’ai toujours utilisé que Ubuntu (à part un peu Mandriva, pour essayer) et je vais probablement rester sur cette distribution, mais il faut avouer que les choses deviennent quand même étrange… Qu’ils cherchent à être rentable, ok, mais quand on lit que « Certaines fonctions de 13.04 seront développées à huit clos »[1], je trouve qu’on perd la philosophie du libre et ça, ça ne me va plus…

    [1] http://www.developpez.com/actu/4880

  12. Flaburgan, le design de la 13.04 sera retouché, les icones n’ont pas bougées depuis la 9.10 et puis il y a un gros boulot de développement pour le mobile et la tv. Il y a des choix à faire, ils seront forcément discutables sur le design et les différentes ergonomies c’est sûr. Du coup pour éviter les trolls et se concentrer sur le travail, c’est une solution pour gagner du temps. Ça ne veut pas dire que ce ne sera pas libre d’ailleurs c’est du GPL et c’est toujours développé par des équipes de Canonical ET différents développeurs de la communauté.
    Comme sources il y a directement le blog de Mark, celui de canonical, voir d’autres qui sont moins dans le sensationnel (même si c’est bien un titre sensationnel).

  13. tuxmouraille

    « la « commerciale » Red Hat Enterprise Linux et la « communautaire » Fedora. »
    Fedora est avant tout le laboratoire d’expérimentation de RedHat.

    Si on veut que nos distributions ne deviennent pas des clones de Apple ou Windows il va falloir qu’on mette la main à la poche. Mais au lieu de tous payer le même prix façon licence Microsoft, les distributions devraient mettre en place un système de paiement façon Humble Bundle; chacun paie ce qu’il veut, ce qu’il peut. Ce que vient d’introduire Canonicle; sauf que les choix pour les dons ne sont pas ouvert.

    Ubuntu devrait se rapprocher de Debian, pour en devenir une version commercial, en faisant coïncider la LTS avec la Stable . Ce qui profiterait aux deux. Gain de stabilité pour le premier, gain de contributeurs pros et accélération des sorties pour le second.

    Le modèle de développement de Canonicle, c’est du tout fermé au début le temps de bien finaliser l’application afin d’en garder le contrôle et de la rentabiliser, puis une ouverture du code, comme pour Bazaar.

    Un bon moyen pour Canonicle de gagner de l’argent serait de réaliser le SteamBox; une Ubuntu Game Edition, en partenariat avec Valve, et des constructeurs.

  14. Et si on répondait à la question de l’article ?
    >Ubuntu est-elle une distribution commerciale ? Et si oui pourquoi le taire ?
    Je lance le troll : pour garder des contributeurs externes à Canonical.

    C’est vrai que ça coute cher de développer une telle distribution. Canonical en aurait-il les moyens sans la communauté tout autour de la distribution ? Tous ces traducteurs, ces testeurs, etc… Alors se pose la question des bénéfices que retire Canonical de ce travail fait par des bénévoles..

    Bien sûr on pourra dire qu’en retour les bénévoles ont une distribution à leur disposition qu’ils peuvent utiliser comme bon leur semble. Ils ont contribués et par conséquent n’attendent pas à ce qu’on leur impose des artefacts publicitaires… Je peux comprendre leur mécontentement.

    Reste tout ceux qui n’ont pas contribués et ne font qu’utiliser. Pour eux, je dirais qu’il pourrait avoir le choix de payer (et donc ils ont contribués) et ne pas avoir droit aux add-on publicitaire ou de ne pas payer et avoir de la pub.

    Faut-il une distribution à deux vitesses ? Aie c’est contraire à l’esprit du libre… Sacré imbroglio que ce mélange du commercial et du communautaire.

    Bénévolat et commerce sont deux activités incompatibles. Une bonne raison pour laquelle les bénévoles ne devraient travailler que pour des associations sans lien avec une entreprise commercial…

  15. Michael

    @quesh Si on commence à qualifier les contributions externes comme étant des trolls, ça commence fort.

    « alors pour éviter les trolls, on a décidé des lois sans demander aux gens, hein, ça fait gagner du temps » ou « pour éviter de perdre du temps, j’ai décoré votre maison sans vous le demander, de toute façon, je suis architecte, je sais ce qu’il faut faire, et puis, vous pourrez remettre du papier peint si ça vous plait pas ».

    Sincèrement, qu’est ce qu’il faut pas lire. Les autres distros ( genre Fedora, mageia ) arrivent à avoir un design avec un processus ouvert, mais Canonical n’est pas capable, car demander l’avis des gens, ça fait perdre du temps ? Vraiment ?

  16. Si Ubuntu peut faire de l’argent tant mieux pour elle, ça permettra de continuer a exister.

    Personnellement j’ai un compte Ubuntu One (en dessous de 5Go donc gratuit) et je me sert un peu des recherches Amazon donc pas (encore) désactivé

    Ubuntu inclu des « fonctionnalités » telle qu’Ubuntu One ou Amazon. Cela me dérange pas plus que cela vu que sont des fonctionnalités désactivable (Pas besoin de créer un compte Ubuntu One et on peut désactiver Amazon via le panneau de configuration).

    Au final tout le monde peut utiliser un OS performant de façon totalement gratuite.

  17. Je comprends que certain soient désorientés au sujet de la tournure commerciale d’ubuntu, mais cela me semble inévitable. Quand j’ai découvert ubuntu (6.04), je me suis dit : super, c’est gratuit, offert, sympa et plein de gens (communauté et société ) travaille pour moi ( c’est un peu égoïste ) et en me renseignant un peu, il m’a semblé évident que Canonical lançait le projet afin d’en générer des profits un jour ou l’autre. Donc je ne trouve pas choquant que ce jour soit arrivé. Cependant ayant gouté au libre depuis +- 6 ans, j’aimerais y rester et pouvoir choisir ce pourquoi je paie et ce que je n’ai pas envie de voire co-exister sur mon système. Je ne suis pas du tout informaticien mais je me demande s’il existe un moyen de créer une copie la plus libre et fonctionnel d’ubuntu avec la possibilité de prendre ce qui nous interresse? Y aurait-il un programme indépendant nous permettant de sélectionner ce qui nous est utile ? Y a t-il moyen de le réaliser ? Enfin j’espère que vous avez compris ce que je veux dire. Merci de me lire et bonne journée.

  18. MT Fredo

    Bonjour,

    Je suis d’accord avec cet article, dans ses grandes lignes. Cependant, j’y mets un bémol. Lorsqu’un projet est financé par l’un des Hommes les plus riches au Monde, dirigeant la Société qui supporte le projet… Il ne fait, pour moi, aucun doute que ce projet aura une finalité commerciale, même si on ne tombe pas dans quelque chose qui irait contre l’Ethique.

    Pour ma part, je suis utilisateur Ubuntu depuis la 05.10… et, je dois dire que, malgré quelques ratés (lancement de Unity, abandon de Netbook Remix, intégration des résultats Amazon, abandon de Synaptic comme gestionnaire de paquet par défaut)… cette distribution a su, selon moi, sauvegarder les principes de liberté, d’ouverture et de partage qui font qu’on peut en faire ce qu’on veut et se défaire facilement de ce qu’on ne veut pas, sans en être pénalisé.

    Donner une orientation à un projet, selon l’idée qu’on se fait de ce qui est essentiel à l’usage des Êtres Humains qui l’exploiteront, ne me semble pas, forcément, relevé de la logique commerciale. Même, pas du tout.

    C’est que la logique commerciale, elle même, à intégrer cela, dans certaines dimensions, depuis si longtemps, que l’on croit, aujourd’hui, que c’est propre à elle.

    Ceci étant dit, je pense, pour ma part, que l’intégration de Amazon était une mauvaise façon d’atteindre cette idée. Mais c’est épisode est-il une force ou une faiblesse pour Ubuntu?

    A mon sens, c’est bien une force. Et pourquoi? Parce que cet épisode à mis en avant la force d’un projet (même d’inspiration commerciale), basé sur la Communauté et sur des valeurs de Liberté extrêmement bien partagé à tous les étages de cette construction.

    Soyons clair… les réponses Amazon ne sont qu’une lentille (ou loupe) pour Unity… Rappelons, quand même, que Unity offre une modularité exceptionnelle et qu’on peut, sans problème, se passer d’une lentille qu’on juge inutile. Cela n’altère en rien, le fonctionnement des autres lentilles, ni celui de Unity en général.

    Le lancement un peu précipité de Unity (dont j’étais un fervent détracteur) est un lointain souvenir tant, quiconque qui se serait appliqué à l’utiliser aujourd’hui ne pourrait plus s’en défaire. C’est aussi ça la liberté. C’est la possibilité offerte de prendre de nouvelles voies, même là où il n’y a pas encore de sentier… de couper à travers champs quoi…

    Synaptic est installable et fonctionne parfaitement et je l’utilise tous les jours. Mais il faut bien reconnaître que beaucoup de jeunes utilisateurs trouvent, dans la Logithèque Ubuntu, un accessoire plus proche de leurs attendus et de leurs pratiques (très influencées par les market, notamment).

    Je pense que nous manquons encore de recul sur beaucoup de choses. Canonical s’autorise à utiliser ses distributions comme laboratoire et, forcément, les expériences ne sont pas toutes bonnes. Mais il est difficile de progresser sans se réinterroger ou sans interroger des choses nouvelles. C’est, sans doute, pour cela qu’il y a des LTS. Pour capitaliser les bonnes expériences bien mûries. En ne les utilisant pas, on prend le risque de se heurter à la déception… c’est sûr.

    Au final, si on regarde bien, c’est la Communauté qui dit ce qui est bien ou pas ,ou comment cela pourrait le devenir. On peut difficilement dire que les choses soient ainsi dans un « OS Commercial ». Et c’est encore la Communauté qui est à la source de la plupart des projets ou innovations, même si, quelque part, elle refuse parfois de le reconnaître ou de l’assumer.

    Amazon a bien la côte chez la Communauté Ubuntu et, d’ailleurs, dans le monde du Libre, en général. C’est loin d’être la première intégration des outils Amazon, dans un logiciel libre célèbre. Celle de Firefox a été plus discrète et plus réussie… mais elle a été et, de mon souvenir, cela n’a pas beaucoup soulevé la polémique. Le travail a été un peu bâclé, il faut dire, du côté Unity… Légitimité de la circulation de le l’information, vie privée, protection des enfants face à certains contenus inadaptés, etc… et je suis sûr que la Communauté fera se travail et que Canonical et surtout Ubuntu, en profitera.

  19. moi,perso….j’ai adopté ubuntu trés tot ! (9ans) et j’ai du mal à m’en défaire !
    pourtant,le manque de control de mon pc,commence sérieusement à me déplaire !
    les applis de démarrage on disparu( help clapico)
    l’histoire amazone ne me dérange pas plus que ça ….par contre le faite de marier ubuntu avec clapico( grand respect pour ce monsieur) me saoule grave !!
    et maintenant canonical vise les smartphone ! alors que c’est bel et bien trop tard !!
    on a tous le temps 2 à 3 ans de retard et on voudrait faire les « génies »
    bein,c’est trop tard ! android est arrivé avant nous…..
    ubuntu phone ?? alors que ubuntu pc n’est pas encore adolescent !!!?
    oh !! quel rigolade avec cette communautée ….

    gros ps:
    corrige pas les fautes,mérite pas cette perte de temps (9 ans c’est déja pas mal !) suis sur mint et suis dégouté….unity me manque….mais ma trop trahi !?
    et le bénévola reste du bénévola …..désolé,mais je ne suis plus ces commentaires « pro commercial à base de bénévolat ?? » suis surement un idiot,mais je ne pige pas….
    j’ai utilisé (aimé)ubuntu à l’insu de mon plein grés …..(avec mon maillot à pois) lol