Donnez-moi la liberté de vous payer… par Ploum

Et si nous faisions en sorte qu’Internet nous permette de payer en toute liberté  ?

Que nous sortions du double carcan de la somme fixe et unique pour tout le monde et du poids moral négatif induit par l’usage (de la copie) sans rétribution  ?

Flattr - CC by

Si c’est possible de le copier, alors vous le trouverez gratuitement sur Internet. Ceci n’est pas un slogan publicitaire mais une constatation. Nous vivons dans un monde où le contenu s’est affranchi de son support matériel et des limites inhérentes. Dans ce monde, les barrières de l’accès à la connaissance sont tombées. Tout le monde peut partager une réflexion philosophique, une analyse d’une œuvre de Monet. Ou une vidéo de chatons et le dernier clip d’un chanteur à la mode.

Au fond, c’est merveilleux. Cela devrait nous émerveiller tous les matins. Aucun auteur de Science-Fiction n’avait osé en rêver. C’est génial  ! Sauf si on gagne sa vie à vendre du contenu sur un support physique. Auquel cas, la perspective est un peu inquiétante.

Alors que le support physique n’était jamais qu’un moyen comme un autre de diffuser de l’information, les vendeurs ont tout d’abord tenté de lier irrémédiablement le contenu avec son contenant. Voire de distribuer le contenu de manière virtuelle mais en ajoutant artificiellement les contraintes du matériel, quand bien même ce matériel n’existait plus.

Après cet échec prévisible, les industries du contenu cherchèrent d’autres méthodes de rentabilisation. Après tout, il existe des journaux gratuits, des chaînes de télévision gratuites. Le dénominateur commun étant le financement par l’ajout de publicité.

Outre les questions qu’elle pose, la publicité a le problème de dégrader l’expérience du contenu. Apprécierez-vous d’être interrompu au milieu d’une fugue de Bach par un slogan ventant des croquettes pour chat  ? Pire  : tout comme il est possible de tout trouver gratuitement, il est également possible de bloquer la publicité.

Un monde virtuel qui ne vivrait que de la publicité serait fortement limité. En effet, la publicité devrait forcément faire référence aux produits du monde réel, celui au grand plafond bleu, produits limités en quantité par le monde réel lui-même. À l’heure où l’on parle de décroissance, on ne peut imaginer augmenter à l’infini les publicités.

Lorsqu’il n’est physiquement plus possible de forcer quelqu’un à vous donner de l’argent, la seule solution est de faire appel à son sens moral. De le convaincre. Deux choix s’offrent au vendeur  : la voie positive « C’est bien de donner » et celle négative « Ne pas donner, c’est mal  ! ».

Devinez laquelle a été choisie  ? Nous vivons dans un monde merveilleux où le partage est possible instantanément à travers la planète et nous avons réussi à transformer cette utopie futuriste, cette réalisation extraordinaire en un péché moral  : « Ne pas payer, c’est mal  ! », « Ne pas payer est illégal », « Si vous ne payez pas, vous serez poursuivi en justice », « Si vous ne payez pas, vos artistes préférés vont mourir de faim ».

Mais toute cette rhétorique négative se fonde sur une série de postulats.

1. Un artiste doit être payé pour ses réalisations.

FAUX. Cette vision se base sur une séparation nette entre les artistes d’un côté et les consommateurs de l’autre. Internet a démontré que nous sommes tous, à différents degrés, des artistes. Comme le dit Rick Falkvinge, un artiste c’est quelqu’un qui produit de l’art. À partir du moment où cette personne cherche à en tirer du profit, elle devient un entrepreneur. Et, à ce titre, c’est à elle de mettre en place un business model. On pourrait également appliquer cet argument au logiciel libre et dire que tout codeur doit être payé pour ses contributions. Pourtant, le logiciel libre prouve que c’est loin d’être le cas.

2. Tout travail mérite salaire.

FAUX. Le client paie généralement le produit d’un travail, pas le travail lui-même. Creuser un trou dans votre jardin est un travail dur. Le reboucher l’est tout autant. Pourtant, personne ne vous paiera pour cela. Le travail n’est donc rémunéré que lorsque quelqu’un estime intéressant de le faire, quelle que soit sa raison.

3. Il faut payer avant de consommer.

FAUX. Imaginez que vous puissiez entrer dans un restaurant, manger et que le prix soit laissé à votre appréciation. Si vous avez aimé, vous payez beaucoup. Sinon, vous payez moins ou juste assez pour couvrir le prix des produits. Utopiques  ? C’est pourtant dans ce monde que nous vivons de plus en plus. La musique en est l’exemple le plus marquant  : il n’est pas rare de rencontrer des audiophiles qui achètent un album qu’ils ont téléchargé depuis six mois sous prétexte  : « C’est vraiment un bon CD, je l’adore, je l’écoute en boucle. Du coup, je l’achète pour soutenir l’artiste. ».

4. Il est obligatoire de payer.

FAUX. Contrairement à l’exemple du restaurant, la reproduction de l’information à un coût tout à fait nul. Il n’y a donc aucune raison particulière de payer pour consommer du contenu. Nous écoutons de la musique chez des amis, nous lisons un livre trouvé sur un banc, nous entendons un voisin expliquer le sens de la vie par dessus sa haie  : nous consommons en permanence du contenu sans le payer. Pire, un même contenu peut être consommé gratuitement à titre promotionnel puis rendu payant par après. Les distributeurs de contenu sont donc dans la position schizophrénique de devoir diffuser le contenu autant que possible tout en empêchant… qu’il soit trop diffusé.

Pourtant, cet argument de l’obligation de payer est tellement tenace qu’il en est devenu « Si c’est gratuit, c’est nul » jusqu’à un extrème « Si c’est cher, c’est bien » exploité par les grandes marques.

5. Chacun doit payer le même prix pour accéder au même contenu.

FAUX. De nouveau, aucune loi naturelle n’oblige à ce que chacun paie la même chose pour le même service. Nous sommes pourtant habitués à ce genre de choses  : les militaires, les jeunes et les pensionnés ont des réductions dans les transports en commun. Les journalistes et les professeurs ont des entrées gratuites dans certains musées.

Quand on y pense, payer le même prix est foncièrement injuste. Une personne qui adore un contenu paiera autant que quelqu’un qui n’a agit que par réflexe suite à une publicité et ne le consommera qu’une ou deux fois.

Si nous arrivons à remettre en question ces postulats, alors peut-être arriverons-nous à sortir de cette pernicieuse morale négative. Peut-être pourrons-nous enfin être fiers de cet accomplissement humain  : le partage du savoir à tous les niveaux.

Et des solutions commencent à se mettre en place. Ma préférée étant Flattr qui, justement, permet de donner une petite somme d’argent aux contenus que l’on apprécie et ce parfois automatiquement. Avec la subtilité que la somme donnée par mois est fixe, quelque soit la quantité de contenu consommé. Framasoft est sur Flattr et je milite activement pour qu’on puisse Flattrer les billets individuels  ! Certes, Flattr est centralisé mais tout service gérant des transferts d’argent le restera tant que Bitcoin ne sera pas généralisé  !

Les artistes eux-mêmes commencent à bouger. Après l’expérience de Radiohead en 2007, c’est au tour d’Amanda Palmer de voir dans le « Payez ce que vous voulez » l’avenir des artistes. Et pour ceux qui souhaitent vraiment s’investir dans la réussite d’un artiste, les plateformes de « crowdsourcing » comme Kickstarter sont en train de contourner de plus en plus le rôle des gros producteurs, de décentraliser les industries du contenu.

À ce genre de discours, il est courant d’objecter que, si ils ont le choix, les consommateurs vont éviter de payer. Pourtant, le choix est déjà là. La majorité des consommateurs choisit de payer pour des raisons morales le plus souvent négatives. Il existe également des domaines où le fait de donner volontairement est considéré comme normal  : c’est le principe du pourboire. Je vous propose de tester le web payant pour vous faire votre propre idée.

Transformer Internet en une économie du « Payez ce que vous voulez » ne serait donc que transformer les raisons morales afin de les rendre positives. Et, à ce titre, rendre complètement obsolètes tous les fichages, les surveillances et autre HADOPI. Un retour à la liberté.

Flattr ne différencie pas les consommateurs des producteurs de contenu. Nous sommes tous des producteurs de contenu, nous somme tous des artistes. Et nous sommes tous également avides de nouveautés, d’art et d’idées. Finalement, n’est-ce pas un des fondement de l’égalité  ?

Contrairement à un achat, où je me sens toujours extorqué de mon argent durement gagné, faire un micro don me réchauffe le cœur, me donne le sentiment d’être, à mon échelle, un contributeur. Un sentiment de fraternité.

Liberté, égalité, fraternité. C’est peut-être la définition du web et de l’art de demain.

Crédit photo  : Flattr (Creative Commons By)

29 Réponses

  1. > « Et pour ceux qui souhaitent vraiment s’investir dans la réussite d’un artiste,
    > les plateformes de « crowdsourcing » comme Kickstarter sont en train de contourner
    > de plus en plus le rôle des gros producteurs, de décentraliser les industries du contenu. »

    Dans le futur, peux-tu remplacer « comme Kickstarter » par « comme IndieGoGo » (au autre) ?
    Je m’explique :
    Kickstarter a le gros problème de n’aurtoriser que les personnes qui ont un compte bancaire américain (et donc une carte d’identité américaine) à soumettre des projets.
    Par contre, ils autorisent (bien entendu) n’importe qui dans le monde à payer.

    Je considère ceci comme une faute très grave et allant à l’encontre de l’esprit du crowdfunding (tout le monde doit pouvoir soutenir, mais _tout le monde_ doit aussi pouvoir avoir sa chance d’être soutenu), c’est pourquoi je pense qu’il est important de mettre en avant les plateformers de crowdfunding telles que IndieGoGo qui n’ont pas ce gros défaut (et soi dit en passant, IndieGoGo était là avant Kickstarter).

  2. Ywen > Merci pour cette précision. N’ayant jamais lancé de projet de crowdfunding moi-même, j’ignorais cet important détail.

  3. Thomas Savary

    «Nous vivons dans un monde où le contenu s’est affranchi de son support matériel et des limites inhérentes.» Désolé, mais c’est faux. Les supports matériels sont simplement beaucoup moins encombrants (disques durs, NAS, clés U.S.B., cartes…) ou encore invisibles au public (serveurs).

    Qui plus est, mettre à disposition du contenu, ça coute de l’argent, ne serait-ce que pour l’hébergement, ou son propre serveur, et la bande passante — et quelqu’un qui propose beaucoup de contenu, et de bonne qualité, FLAC, 24 bits, 96 kHz et plus, vidéo HD, etc. a intérêt à assurer de ce côté — et sans parler du travail des personnes qui font vivre les sites. Considérer ce travail comme le trou dans son jardin, ce serait quelque peu cynique, non? Évidemment, il y a le pair-à-pair, peut-être une piste à explorer pour les artistes ou éditeurs ayant peu de moyens. Mais comment communiquer facilement et efficacement autour de l’appel à rétribution dans le cadre de cette diffusion? Peut-être en incluant un fichier «Lisez-moi» avec lien vers les sites des éditeurs ou des artistes, un petit message audio ou vidéo? J’imagine même que cela a déjà été fait, mais je n’ai jamais entendu parler des éventuels résultats, si tant est qu’ils ont pu être évalués.

    Personnellement, je préfère acheter les albums sur le site des éditeurs ou des artistes (quand ils sont autoédités), mais ce n’est pas toujours pratique, et parfois plus cher que sur une plateforme commerciale de téléchargement. Si j’ai les moyens et que j’apprécie particulièrement les artistes ou l’éditeur en question, j’achète quand même chez eux. Mais ce n’est pas toujours le cas. L’intérêt d’une plateforme est aussi la centralisation: on trouve ce qu’on cherche au même endroit.C’est un service que l’on peut trouver appréciable. Mais le cout de fonctionnement de ces plateformes est élevé. Alors, personnellement, je suis prêt à payer ce service, quand je le peux. Parce que oui, toute peine mériterait salaire, dès lors que j’en profite et que c’est de cette rétribution que dépend l’existence même du service en question.

    Cordialement

  4. aucuneimportance

    Ah ben au moins là c’est clair…

    Je vais garder précieusement ce post en exemple … du niveau zéro de la dialectique sur les modèles économiques liés au net…

    Quasiment toutes les phrase sont des « perles » … Je ne sais même laquelle mettre en exergue pour illustrer mon ébahissement…

    Vraiment au hasard : « Flattr ne différencie pas les consommateurs des producteurs de contenu »

    Wouaaa… c’est (trop) beau. M’enfin, une fois qu’on enlève la poudre au yeux ploumienne, toute transaction enlève de l’argent à un endroit pour le déposer à un autre. C’est intrinsèquement _asymétrique_. L’utilisation abusive des termes consommateurs et producteurs ne masquera jamais que la nature intrinsèque de l’acte n’est in fine qu’une transaction financière (et que ce soit pour du matériel ou de l’immatériel, cela n’y change strictement rien), la vision « morale » que Ploum colle par-dessus n’est qu’une illusion d’optique. Il n’y a pas moins de légitimité à payer un plombier (et oui, c’est aussi un « achat ») que de faire un don pour un blogueur.

    Une autre : «À l’heure où l’on parle de décroissance, on ne peut imaginer augmenter à l’infini les publicités.»

    Heu… je relis… je re-relis… je re-re-relis … <!>

    Non, non, vraiment excellent 😛

  5. Ploum > De rien :) Effectivement, pas mal de gens donnent sans jamais vouloir émettre un projet, du coup ils ignorent cette défaillance, et contribuent à encourager Kickstarter dans cette voie.

    J’avais une question concernant Flattr : est-ce qu’on sait quelle est (ou quelles sont) les entreprises derrière ça, et quel est leur modèle économique ? En gros, ce qui m’inquiète c’est qu’on considère que la solution à la rémunération des contenus puisse passer par un service privés et donc des intérêts privés.
    C’est comme ceux qui présentent iTunes comme « la solution pour remplacer l’ère du CD ». Je dis non : si cela 1) rajoute un intermédiaire, et 2) implique qu’une société _privée_ se retrouve en situation de monopole, alors ça n’est pas une solution pour moi, car 1) moins d’argent pour les artistes (intermédiaire qui se prend une bonne marge) et 2) une situation de monopole amène toujours une tripotée de problèmes. (ah ben tant qu’on y est, le même raisonnement s’applique à Kickstarter, justement, juste dans une moindre mesure : Kickstarter n’est pas Apple)

  6. Ywen > Flattr est une startup Suédèoise dont l’un des co-fondateurs est également co-fondateur de The Pirate Bay. (Peter Sunde) Le modèle économique est clair et transparent : vivre des 10% de commission (ou 5% lorsque le Flattr est fait sur un site partenaire, les 5% allant alors au partenaire).

    Mais tu as raison, il faut encourager la concurrence pour éviter une solution de monopole. Flattr annonce même sur son Twitter les concurrents potentiels pour leur donner de la visibilité.

  7. Pour ma part, j’ai 300 ou 400 cd et quelques vinyles, une 50aine de DVD/BD, et un abonnement à Deezer car j’apprécie d’écouter la musique en bonne qualité, et sans pub. Je continue d’acheter ponctuellement des disques de musique ou de film pour les avoir à la maison, sans connection Internet avec le livret, etc.

    Et puis tous les films et musiques ne sont pas disponibles en streaming légal (dommage…). A ce titre, ton exemple de In Rainbows de Radiohead n’est pas bon. Pour ma part, j’ai écouté l’album gratuitement via leur site, puis j’ai acheté la version cartonné double EP + double CD pour environ 60 €, prix FIXE avec les frais de port. En revanche, aujourd’hui, c’est le seul album de Radiohead qui reste indisponible sur Deezer et autre streamers… Et de plus, le groupe n’a pas ré-édité ce modèle de vente sur les albums suivant. Ce n’était peut-être pas une si bonne idée que ça, tu ne crois pas ?

    Je te rejoins contre un prix unique pour tous, et pour la possibilité pour chacun de payer ce qu’il peut/veux.

    Par contre, j’aimerai bien qu’on arrête de faire la comparaison logiciel libre / art. Sur le Framablog, ça en devient usant…

    Je tiens à le préciser, je suis artiste amateur moi même, et je n’aspire plus à essayer de vivre de ma musique. En revanche, je collabore régulièrement avec l’association Azarecord pour produire des groupes de musique, et j’ai mis en place une station de travail sous Ubuntu pour l’enregistrement audio. Beaucoup de mes amis sont intermittents du spectacles ou aspirent à le devenir. Je précise aussi que je déteste ce statut privilégié, car il devrait être accessible aussi aux travailleurs indépendants de tous les secteurs d’activité (industrie, tertiaire, etc…) à la place du statut d’auto-entrepreneur. Mais passons.

    Le problème est que comme la plupart des fans de logiciels libre, tu oublies que presque tous les logiciels servent à être productif, ils ont une utilité, libres ou non. La valeur d’un logiciel, c’est son potentiel de productivité, pas le nombre de contributeur. S’il ne sert à rien ou est inutilisable, voire ne permet pas d’être aussi productif qu’un autre, sa valeur, son intérêt sont faibles.

    D’autre part, on l’oublie souvent, mais même si Firefox est gratuit, on le paie tous les jours en utilisant Google, et les produits des compagnies qui financent la fondation Mozilla. Les contributeurs non salariés par Mozilla le font soit pour leur employeur, soit dans leur loisirs pour ajouter de nouvelles fonctionnalités, corriger des bugs, etc… On reste bien dans un intérêt fonctionnel, utile. Pareil pour WordPress, Bonita, etc…

    Participer à un logiciel libre, on le fait car on y trouve un intérêt productif ou rémunérateur, même indirectement.

    L’art, au contraire, ne sert à rien d’autre qu’à se distraire: on le regarde, on l’écoute, on le collectionne. A ce titre, on ne peut pas comparer les deux. La valeur de l’art, c’est au bon vouloir du goût des gens. Choisir de de vivre de son art, c’est un réel pari. On ne répond à aucun besoin fonctionnel en faisant ça.

    Comme tu le soulignes, Ploum, tout ce qui est peut devenir digital est facilement copiable. Je rejoins Thomas Savary sur ce point: si le support est moins visible, il existe toujours. Et qui gagne de l’argent avec la musique, les films, les photos, etc. ? Les hébergeurs de contenus, qui ne créent rien. Ils profitent juste de la situation…

    Le prochain sujet de préoccupation à ce sujet ? L’impression 3D. Que vont devenir les sculpteurs et autre plasticiens avec l’imprimante 3D ? Il sera alors à la portée de tous de reproduire une oeuvre. A la limite, que les spécialistes de la reproduction d’oeuvre d’art disparaissent, c’est une chose, ça fait partie de la « destruction créatrice ». Mais il reste le problème de l’artiste, celui qui a créé l’oeuvre originale que tout le monde copie: comment va-t-il pouvoir continuer à créer s’il ne perçoit rien pour un produit que tout le monde veut ? Ceux qui vont gagner de l’argent avec sa création, ce seront les hébergeurs du fichier, et les fabricants d’imprimante 3D.

    Pour ma part, je n’ai pas la solution à ce problème. Je suis tout à fait preneur d’idées.

  8. aucuneimportance > C’est vrai que ton commentaire est un monstre d’argumentation et de logique irréfutable. Heureusement que tu es là pour faire avancer le débat 😉

  9. ttoine > « Et de plus, le groupe n’a pas ré-édité ce modèle de vente sur les albums suivant. Ce n’était peut-être pas une si bonne idée que ça, tu ne crois pas ? »

    Ça a super bien fonctionné pour eux. Au delà de toute espérance. Mais je pense que cela a surtout été utilisé pour faire pression contre les maisons de disque à ce moment là. Et qu’il y a eu des négociations car c’était un exemple que l’industrie musicale souhaitait bannir. On ne saura sans doute jamais les dessous de toute l’histoire, la seule chose certaine est que, selon eux, ils ont gagné plus d’argent que pour les autres albums.

  10. aucuneimportance

    Comme je l’ai dit, il est quasiment inutile de chercher à contre-argumenter…
    Le procédé utilisé est du grand classique :
    * on pose des affirmations bancales ex-nihilo
    * on s’inscrit en FAUX
    * on enchaîne sur une argumentation nécessairement bancale vu qu’il faut contre-carrer un point de départ bancal…

    et comme ça va dans le sens-du-poil-qui-va-bien-ici, ben tout le monde il est content… Trop fort Ploum. (et honnêtement suis déçu, mais bon ça tu t’en moque et t’as bien raison 😉

    Exemple :
    «Tout travail mérite salaire.
    FAUX. Le client paie généralement le produit d’un travail, pas le travail lui-même»

    Élève Ploum, note en économie ce trimestre : 0
    Consulter une facture et regarder à la ligne : main d’oeuvre.
    En déduire qu’on ne paie pas QUE le PRODUIT d’un travail.

    Assez consternant de lire ce genre « d’approximation ». Bon en fait c’est de la manipulation, mais on va pas chipoter.

    Revenons en à la logique : S’il est faux que « tout travail mérite salaire » (affirmation « Ploumesque ») alors « il existe des travaux qui ne méritent pas salaire » (déduction logique)

    Est-ce que notre Ploum quasi-national pourrait nous donner des exemples ??
    Ce serait sympa.

    Enfin bref, tout est à l’avenant…
    «… la seule chose certaine est que, selon eux, …» (<== lire et relire encore 😉

    Oui, on est sûr qu’ils affirment (c’est déjà ça) mais on s’abstiendra d’envisager de creuser un peu et peut-être d’admettre que soit l’opération n’est pas si bénéfique que ça ou que la motivation initiale n’était qu’une forme de chantage financier …
    Dans les deux cas, on est loin de l’utopie et des grandes valeurs pronées ici …
    À moins que ces valeurs ne résistent pas à un gros chèque. Décevant, non ?

  11. Je m’inscris en « faux » ;), le billet de Ploum est assez bien foutu…

    La pierre angulaire du billet réside dans la logique de rémunération actuelle : « Ne pas payer (donner), c’est du vol (mal) ! », tirée tout droit du monde réel, faisant fie du coût de copie marginal nul et du coup de distribution ridicule. Ensuite on a droit au analogie avec le vol à l’étalage et à la débauche de solutions techniques ignorant que les technologies numériques reposent sur… la copie.

    Le discours de Ploum met bien en lumière l’alternative tout simplement ignorée : « C’est bien de payer/participer (donner) ». Ces modèles sont à un stade de gestation prometteur dans les solutions évoquées : le principe du prix libre, ou de l’économie du don, est exploré et expérimenté ici où là.

    J’ai du mal avec cette histoire de Bitcoin, je n’y vois pas de raison de s’opposer à l’expérience (je peux me tromper). Mais il n’y a pas que ça : les Pack Liberté, les solutions de financement de projet communautaire, les groupes de musique qui testent de nouveaux modèles (serait-ce à des fins de re-négociation… peu importe). Ces alternatives procurent une satisfaction importante au « contributeur » (que j’ai récemment ressentie au cours de la dernière campagne de Pack Liberté), pourtant j’aurais plutôt tendance à être de ces méchants qui veulent du tout gratuit.

    C’est une invitation à changer le paradigme de pensée, occasion offerte par le bond spectaculaire de l’informatique ces 20 dernières années, occasion à saisir. Évidemment les lobbies en place voient leur propre fin approchées, et pèsent de toute leur influence déclinante.

    BRAVO !

    (je me suis permis de remplacer les mots utilisés par l’auteur dans mes citations… qualifier l’acte d’achat de bien culturel actuel n’a rien à voir avec du don, la participation volontaire ne peut être réduit au un don, pour moi la logique du paiement s’applique aussi, à prix libre donc en permettant à l’utilisateur final de participer/soutenir)

  12. aucuneimportance> Quand il y a une ligne sur une facture, ça ne veut pas dire que le payeur paye pour ça mais que le payé justifie le prix par ça. Ensuite, le payeur peut n’en avoir rien à faire et trouver tout de même le prix acceptable voire carrément bon marché.

    ttoine> Non, tout outil n’a pas forcément une finalité, ou plutôt ce n’est pas toujours elle qui prime. Pour me déplacer je pourrais me contenter d’un char à bœufs, pourtant je préfèrerai un bolide. Utilité ? Aucune. On n’arrive pas forcément beaucoup plus vite et rien ne dit d’ailleurs que ce serait pratique d’aller plus vite. Mais c’est plaisant. J’ajouterai ensuite que l’art dispose d’une utilité : nous inspirer. Sans art, rien ne bouge. C’est parce que l’on aspire à « autre chose » que cet « autre chose » peut advenir.

  13. C’est très intéressant car je ne vois aucun argument logiquement recevable dans ton comrentaire.

    Tu parles du prix de la main d’oeuvre. Ai-je dit « aucun travail ne mérite un salaire » ? Non, j’ai dit « tout travail ne mérite pas nécessairement un salaire. Un travail mérite un salaire si qqn est disposé à le payer. »

    Tu me mets au défi de citer un travail qui ne mérite pas un salaire mais c’est ce que je fais: l’exemple du trou à creuser.

    Si je conçois qu’on soit en désaccord avec moi, ta position à toi me semble bien brouillonne et pleine de contradictions.

    En toute amitié, je te conseille de coucher sur papier ta position et, après de revenir à cet article. Ce serait plus constructif pour toi comme pour moi en identifiant réellement les points de divergence.

  14. (je répondais à aucuneimportance)

  15. @aucuneimportance

    Autant je ne suis pas vraiment d’accord avec les billets de Ploum, autant c’est du n’importe quoi de votre côté aussi :

    «  » »
    Consulter une facture et regarder à la ligne : main d’oeuvre.
    En déduire qu’on ne paie pas QUE le PRODUIT d’un travail.
    «  » »

    Je ne pensais pas qu’il était possible d’autant jouer sur les mots. Évidemment, quand mon plombier me remettra une facture alors que le robinet gicle de partout, je ne paierai que la section « main d’oeuvre ». Après tout, je l’ai vu travaillé, donc je lui paye son travail, c’est bien naturel.
    On ne paye que la main d’oeuvre qui a produit quelque chose, évidemment…

    «  » »
    Revenons en à la logique : S’il est faux que « tout travail mérite salaire » (affirmation « Ploumesque ») alors « il existe des travaux qui ne méritent pas salaire » (déduction logique)
    Est-ce que notre Ploum quasi-national pourrait nous donner des exemples ??
    «  » »
    Pour quelqu’un qui se réclame de l’économie, l’argumentaire est faible…
    S’il n’y a pas de demande pour un travail donné, alors il n’y aura pas de salaire. C’est aussi simple que ça, et pas besoin d’être « notre Ploum quasi-national » pour y penser…

    Ah oui, j’oubliais, je dois finir mes messages avec une phrase rigolote et un smiley, pour laisser croire qu’au fond je vous aime bien., même si je viens de vous insulter tout au long de mon commentaire.
    «  » »
    Non, non, vraiment excellent 😛
    «  » »

  16. (désolé pour les fautes : ce serait bien de pouvoir éditer les commentaires, ça piquerait moins les yeux)

  17. aucuneimportance

    J’étais franchement intrigué par le fait qu’on puisse élaborer autant d’absurdités (même si on vise un objectif noble, cela n’excuse pas…) dans une sorte d’indifférence générale…

    Et donc, je commence quelques petites recherches pour creuser un peu et je commence donc par le blog de Ploum, et ouf, soulagement, certains commentaires vont également dans mon sens…

    Cela dit, effectivement, je ne suis pas « artiste », et pas forcément le mieux placer pour « mettre sur le papier »…

    Je constate que certains commentaires, provenant de personnes bien mieux placées que moi, y résument exactement la même idée :

    Je cite : «Ouhlà il y en a des conneries là dedans…»

    Soulagement.

  18. Heureusement ! Faire l’hunanimité est l’apanage des banalités. Toute réflexion un minimum disruptive doit forcément entraîner des réactions négatives. Mais lorsqu’il y a de réels arguments pointant des failles, c’est beaucoup plus productif.

    Une grande majorité des réactions négatives n’étant pas capables de pointer les « conneries » sont en fait simplement des réactions de rejet face à un modèle inconnu ou qui remet en question certains acquis considérés par fondamentaux par le détracteur. Il s’agit uniquement d’une réaction émotionnelle comme un voyageur confronté pour la première fois à une nourriture auquel il n’est pas habitué.

    Il faut complètement différencier ces réactions des oppositions rationnelles et logiques : « Cela ne peut pas fonctionner car… « , « Tu poses le postulat que… mais je le remet en question », etc.

    Mais même au fond de soi-même il est très difficile de différencier ces arguments lorsqu’on est confronté à une idée nouvelle. La solution la plus simple est d’en rire ou de l’insulter pour ne pas avoir à pousser sa réflexion et ne pas devoir se remettre en question.

    Je le sais bien : chaque fois que je rejette une idée et que je m’en rend compte, je me force à tenter de différencier les deux éléments. Mais je pense qu’on sort du cadre de ce billet.

    Bref, pour revenir au sujet : si tu trouves sans pouvoir argumenter que ce sont des conneries et que ta seule manière d’argumenter en ce sens est de trouver d’autres personnes qui pensent comme toi que ce que je dit est une connerie (sans argumenter elles-mêmes), cela devrait t’interpeller. Le fait que tu as pris le temps de commenter, que tu as essayer de trouver une faille logique prouve que la question t’interpelle.

    Je ne cherche pas à te convaincre de quoi que ce soit ici : je te signale juste que je n’ai toujours pas la moindre idée de ce que tu reproches à ce texte. Je te pousse à dessein parce que peut-être tu trouveras une faille logique ou un problème dans mon raisonnement. Et ça, ça m’intéresse toujours !

  19. @Ploum

    Ce que je dois reconnaitre aux arguments de vos détracteurs, c’est qu’il y a à la fois des parties évidentes (qui n’apportent pas grand chose, en dehors de pouvoir dire « vous ne trouvez pas de faille logique ») et d’autres conclusions… moins évidentes.

    Dans le premier cas, on retrouve par exemple votre premier exemple de « faux postulats » :
    1. Un artiste doit être payé pour ses réalisations.

    Personne n’a dit ça. Ce qui a été dit, c’est qu’un artiste qui veut vendre ses oeuvres (appelez-le entrepreneur si ça vous chante, ça reste un artiste également, les deux catégories ne sont pas mutuellement exclusives) devrait pouvoir le faire. C’est tout, et je ne vois rien de mal à ça. Si quelqu’un est prêt à payer pour une chose au coût marginal nul, alors pourquoi pas?
    Là où le bât blesse, c’est lorsque cela sert à justifier des privations pour les autres, comme HADOPI, ou les demandes de l’union des photographes qui demandent l’interdiction des stocks photo ou de la diffusion de photos sous licence libre sous prétexte que « bouh, ça nous vole notre travail ». Lorsque tu veux vendre tes oeuvres, tu dois accepter le fait que d’autres peuvent ne pas vouloir les vendre, ou à un prix inférieur au tien. Et ça, ce n’est pas tout le monde qui le réalise.

    Dans le 2e cas, votre histoire de « l’économie du payez ce que vous voulez » est effectivement assez… disons « différente ». Je ne dis pas que c’est totalement absurde, mais je peux concevoir que certains trouvent ça risible et tiré des Bisounours.
    Elle mène à la dissociation entre la consommation d’un bien (culturel ou non) et le paiement de celui-ci, ce qui entraîne à son tour l’idée que « d’autres le feront pour moi ».

    On le voit bien avec Wikipédia : si chaque utilisateur de Wikipédia donnait 50 centimes par mois, ce serait déjà suffisant, même en enlevant la portion d’utilisateurs pour qui cette somme pourrait être considérée comme élevée.
    Pourquoi alors, à chaque année, voyons-nous resurgir le bandeau nous implorant de donner à Wikipedia? Et pourquoi est-ce que ça prend 1 mois pour recueillir la somme nécessaire?
    Vu la popularité de Wikipédia, je pense que l’on peut écarter l’hypothèse voulant que les gens trouvent simplement Wikipédia nul (ce qui les amènerait à ne rien donner, comme un restaurant où tu as très mal mangé).
    Non, c’est que chacun se dit que « d’autres le feront ». On ne m’oblige pas à payer pour avoir ce que je veux? Pas de problème alors.

    Bref, c’est simplement inenvisageable à cause de la nature humaine. Oui, vous pourrez trouver 2-3 artistes populaires qui réussissent à se financer ainsi, mais de manière générale, un tel système n’a aucune chance de fonctionner. Et c’est là qu’effectivement votre argumentaire est déficient, parce qu’il pose en évidence des choses qui ne le sont pas du tout de manière générale.

    Après, est-ce que ça justifie les insultes, je ne crois pas…

  20. Julius22

    Je ne veux pas entrer dans le débat, mais simplement signaler quelques fautes de français dans l’article (je ne voudrais pas qu’on pense que les libristes écrivent comme certains codent [avec leurs pieds]).
    Au postulat 4 : « la reproduction de l’information à un coût » -> « la reproduction de l’information a un coût » et « extrème » -> « extrême ».
    Au postulat 5 : « n’a agit que » -> « n’a agi que ».
    Vers la fin : « si ils ont le choix » -> « s’ils ont le choix ».

  21. aucuneimportance

    Préambule sur l’utilisation de la logique : J’avais bien pris soin de _détailler_ le passage logique de ton affirmation « il est faut que tout travail mérite salaire » à « il existe donc au moins un travail »… C’est mon boulot la logique. Et boum, peine perdu, tu entame par un «Ai-je dit « aucun travail ne mérite un salaire » ?». Bah non, tu ne l’as pas dit. Et je n’ai pas dit que tu l’avais dit. Enfin bref, déjà là, c’est agaçant…

    Je suis bien conscient que d’autres modèles existent ou pourraient exister… Aucun doute là-dessus. En revanche, que pour étayer ces modèles alternatifs qui ne sont pas comparables (pas les mêmes moyens, ni objectifs) aux modèles classiques, on en arrive à émettre des « faux-postulats » (bien vu kalenx, c’est ce que je voulais dire) pour ensuite dérouler une argumentation nécessairement biaisée, pour retomber sur ses pieds, j’appelle ça de la manipulation (de l’esprit critique du lecteur).

    N’avoir comme seul exemple que celui d’un « reboucheur de trou inutile »… c’est au minimum très léger. Enfin, je me trouve déjà assez ridicule comme ça à commenter ce genre d’argument.

    « Il n’y a donc aucune raison particulière de payer pour consommer du contenu. »
    Je tombe par terre. Je déconne, je suis assi. Petit faux-postulat insidieux « ploumien » : on ne paye que pour du contenu… ben non, c’est faux : on paye pour que toute la chaîne de production t’apporte ce contenu… Et toute la chaîne, ce sont des gens qui mangent (comme toi). Je te laisse nous démontrer que toute la chaîne n’est constituée que de parasites. (valeur travail nulle, et là tu pourras effectivement conclure).

    Refaire la même démonstration avec la chaîne qui amène ton blog sur mon navigateur internet 😉

    Enfin bref, j’arrête là. Comme je le disais au départ, et ce n’est pas vraiment la question qui m’interpelle mais plutôt son traitement, je ne comprenais pas pourquoi j’avais l’impression d’être le seul à ne pas gober ce genre de discours. J’ai été rassuré depuis.

    PS : Me souviens pas avoir insulté qui que ce soit…

    PS2 : C’est drôle, quand mon plombier me tend une facture, chez moi, le robinet ne fuit plus…

  22. Benoît

    quelques remarques sur la solidité du raisonnement :

    -un paragraphe parfaitement vide d’argument m’a particulièrement surpris :
    <<Un monde virtuel qui ne vivrait que de la publicité serait fortement limité. En effet, la publicité devrait forcément faire référence aux produits du monde réel, celui au grand plafond bleu, produits limités en quantité par le monde réel lui-même. À l’heure où l’on parle de décroissance, on ne peut imaginer augmenter à l’infini les publicités.>>
    il est évident que c’est limité : le nombre de pages web affichées par an n’est pas illimité. Le nombre de produit dont on fait la pub n’est pas illimité. Et alors ? En quoi est-ce que c’est une réelle limite ? Quel intérêt y aurait-il à pouvoir contempler une infinité de bannières de pub différente ? Et de toutes les façons, le budget de publicité est limité, comme l’Internet.

    -Ensuite, d’autres affirmations un peu abruptes :
    <<nous sommes tous, à différents degrés, des artistes.>> : non. Exemple : je ne suis pas un artiste. Ou alors, nous n’avons pas la même définition de l’art (puis que vous utilisez la définition de Rick Falkvinge, un artiste c’est quelqu’un qui produit de l’art.)

    <<À partir du moment où cette personne cherche à en tirer du profit, elle devient un entrepreneur.>> : comme Michel-Ange, Molière, Balzac, Hugo. Vous leur retirez alors le qualificatif d’artiste ? Ce n’est pas explicite mais la rédaction du paragraphe semble suggérer ce raisonnement.

    Finalement, pas très convainquant sous une approche d’article construit et documenté (et je n’ai pas tout lu, du coup-pourtant, j’aime bien lire Ploum).

    Benoît

  23. « Vous leur retirez alors le qualificatif d’artiste ? »

    Non. On peut être artiste ET entrepreneur. Personne n’a un unique qualificatif. Comme on peut être artiste et maçon. Mais « trouver comment gagner de l’argent » se met sous la casquette entrepreneur. Autre exemple parlant, le sportif : on peut être un très très bon sportif et ne pas gagner d’argent, ne le faire que comme loisir. Tout comme on peut être sportif et vouloir en faire un métier. À ce moment là, on endosse une seconde casquette d’entrepreneur (voire on embauche quelqu’un pour se charger de cette partie du travail).

  24. Tant qu’à pinailler :

    @aucuneimportance
    « PS2 : C’est drôle, quand mon plombier me tend une facture, chez moi, le robinet ne fuit plus… »

    Oui, et c’est pour ça que vous le payez. Ou, si vous préférez, s’il vous tend une facture de 60 000 euros parce que ça fait 2 ans qu’il répare la même fuite, je ne suis pas certain que vous allez accepter de payer, quand bien même ce montant serait-il inscrit à la colonne « main d’oeuvre », et quand bien même vous l’auriez effectivement vu travailler deux ans…
    Bref, c’est pour le produit qu’on paye au final. Et ça s’applique aussi pour la musique et les arts.

  25. @Kalenx.
    Je partage.

    Je ne paie pas un balayeur pour qu’il nettoie la pièce mais que pour la pièce soit propre. C’est presque pareil, mais ça n’a rien à voir 😉

  26. pour que*
    Il est tard, mea culpa.

  27. aucuneimportance

    @kalenx : « Bref, c’est pour le produit qu’on paye au final. Et ça s’applique aussi pour la musique et les arts. »

    Pinailler pour tout mettre dans le même sac, la belle affaire.

    Non et non, on ne paie pas QUE pour le produit, on paye pour tout ce qui *amène* au produit, et on paye aussi pour que vive(nt) celui ou ceux qui vous amène le produit, ça s’appelle la marge… On paye également pour des services qui vous procure pourtant le même PRODUIT (la même bouteille d’eau à un prix différent selon l’endroit où on l’achète).

    On ne peut même pas remplacer PRODUIT par RESULTAT, car certaines professions ne sont pas payés (tenus) au « résultat » (la santé par exemple). On paye pour un ensemble de forces TRAVAIL (… qui peuvent éventuellement conduire à un résultat ou produit).

    C’est sûr qu’à force de tout vouloir simplifier pour faire rentrer ça dans un modèle économique « à deux balles » (arf), évidemment ça filtre le débat.

  28. Bonjour Ploum.

    Je lis avec attention votre billet, tentant moi-même de mener recherche universitaire sur ces questions de rémunération des créateurs.

    Plusieurs questions – que je vais essayer de formuler du mieux possible – me viennent à la lecture de vos lignes, et des commentaires qui précèdent.

    Tout d’abord, qu’en est-il vraiment de la situation de l’artiste ? Doit-on encore le considérer comme propriétaire de son oeuvre (vision un peu XVIIIe – XIXe s je vous l’accorde, mais qui persiste encore dans le droit positif), ou en tout cas titulaire de droits sur celle-ci dès lors qu’il choisit de la diffuser en ligne ? Ou la dématérialisation suppose-t-elle qu’il s’en désaisisse partiellement, voir totalement (on imagine qu’il concède gratuitement son droit de reproduction qui se confond souvent avec celui de représentation dans l’environnement numérique) ? Finalement, quelles prérogatives d’exploitation conserve-t-il dès lors qu’il divulgue son oeuvre sur la toile ?

    Même question peut-être reprise en supposant cette fois-ci qu’il ne soit pas à l’origine de cette divulgation, mais qu’elle émane d’un tiers, et soit contrefaisante ?

    Dès lors que cette maîtrise semble devoir inexorablement se perdre, la rémunération sur internet doit-elle prendre la forme du mécénat ? (Puisque c’est sauf erreur de ma part le modèle qui est suggéré dans votre billet).

    Et alors, faudrait-il revoir aujourd’hui la propriété littéraire et artistique, (je pose principalement la question pour le droit français, mais elle est sans doute transposable aux systèmes anglo-saxons selon des modalités différentes, mais pas nécessairement si éloignées) principalement le droit d’auteur et les droits voisins de ce dernier afin de le rendre davantage compatible avec un tel système de rémunération ? Ou finalement, faut-il promouvoir ce modèle sans modifier les règles existantes ?

    Je vous souhaite bonne continuation, et espère avoir l’occasion d’échanger plus en détail avec vous sur ces questions si elles vous intéressent.

  29. Nico > Vous pouvez me contacter par mail si vous le désirez mais je ne suis pas un juriste. Je vous recommande la lecture de http://www.copyrightreform.eu/