Former la prochaine génération de bidouilleurs libres

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Comment des hackers adultes peuvent-ils s’assurer de faire émerger une nouvelle génération de hackers libres ?

La réponse d’un père de famille dynamique et avisé ;)

See-Ming Lee - CC by-sa

Former la prochaine génération de bidouilleurs open source

Growing the next generation of open source hackers

Dave Neary (Red Hat) – 26 février 2013 – OpenSource.com
(Traduction Framalang : Antoine, cherry, psychoslave, Jeff_, Eijebong, biglittledragoon, goofy, Vero, mathilde, tcit, Quentin, Metal-Mighty, jtanguy, Penguin, Pat, Asta, arnaudbey + anonymes)

En tant que père de trois enfants de 5, 7 et 10 ans, j’ai hâte de partager avec eux les valeurs qui m’ont attiré vers l’open source : partager et créer ensemble des choses géniales, prendre le contrôle de son environnement numérique, adopter la technologie comme moyen de communication plutôt qu’un média de consommation de masse. En d’autres termes :

Comment des bidouilleurs adultes peuvent-ils s’assurer de faire émerger une nouvelle génération de bidouilleurs open source ?

Une des choses que j’ai apprise est qu’il ne faut pas aller trop vite. J’ai mis mes enfants devant Scratch et Sugar à l’âge de 5 et 8 ans, et, bien qu’ils se soient amusés à changer les nombres sur un petit programme que je leur ai montré et aient aimé dessiner leurs propres voitures pour ensuite les diriger sur l’écran, ils étaient trop petits pour comprendre le concept de lier des fonctions entres elles pour arriver à obtenir des comportements plus sophistiqués.

Voici quelques-unes des leçons que j’ai apprises en tant que parent qui, je crois, peuvent être adaptées selon l’âge et les centres d’intérêt de vos enfants.

Un espace à vivre bidouillable

Nous avons encouragé nos garçons à décorer leur chambre, à organiser leurs meubles comme ils voulaient et à avoir leurs propres petits fiefs. Parfois cela nous rend complètement dingues en tant que parents, et, régulièrement, nous devons les aider à ranger, mais leur espace leur appartient.

De même, chaque enfant de plus de 7 ans peut avoir un vrai couteau qu’il peut utiliser pour tailler du bois et couper de la ficelle.

Ingénierie préscolaire

J’adore les jouets qui permettent aux enfants de donner libre cours à leur imagination. En plus c’est génial, parce qu’en tant qu’adulte, je prends autant de plaisir qu’eux à jouer ensemble ! Mes jeux de construction préférés (achetés à peu près au moment où les enfants ont l’habileté nécessaire pour les manipuler) sont les Kapla, les trains en bois, les lots de Duplo, Playmobil, Lego et les voitures Meccano.

Lego et Meccano notamment font un super boulot pour faire des kits adaptés aux enfants de tout âge. Une autre petite astuce est d’encourager le mélange et d’assembler différentes marques de jouets. Nous avons des ponts Kapla passant par-dessus des trains Ikea et des camions Lego qui transportent des personnages Playmobil.

Les Kapla aussi sont très intéressants. Ce sont des planchettes en bois découpées selon des proportions très précises ; elles sont trois fois plus larges qu’épaisses, et cinq fois plus longues que larges. Avec ces simples proportions et la précision des découpes, il est possible de construire des objets très complexes, comme la Tour Eiffel ou une maison Kapla.

Se lancer dans l’électronique

Nous avons un kit Arduino, et mon aîné commence à avoir le niveau pour comprendre comment câbler un circuit, mais il n’a pas encore découvert comment programmer dans le dialecte C propre à Arduino.

Mais même avant quelque chose de ce genre, les arts et les activités artisanales sont un excellent entraînement pour le DIY (NdT : Do It Yourself, c’est-à-dire « Faites-le vous-même »), et nous avons toujours quelques bâtonnets de glaces ou des pinces à linge et un pistolet à colle pour des cadeaux « faits main ».

Puis vous pouvez laisser traîner des tournevis, pinces, multimètres et autres fers à souder, pour que les enfants puissent désosser leurs vieux jouets, ou des appareils électroniques cassés, réparer les choses par eux-mêmes avec de simples circuits électriques, lorsque que quelque chose ne marche pas, et récupérer des pièces détachées pour les intégrer dans leurs futurs projets. Une supervision parentale est recommandée avec le fer à souder jusqu’à ce qu’ils maîtrisent son utilisation.

Apprendre aux enfants à bidouiller

J’adorerais entendre parler de ressources pour que les enfants apprennent à maîtriser la programmation ! Je connais l’existence de la Code Academy et la Khan Academy qui apprennent aux enfants à coder ; et Scratch and Sugar, que j’ai déjà mentionné.

Merci de partager vos propres conseils sur la manière d’endoctriner la prochaine génération de bidouilleurs open source !

Crédit photo : See-Ming Lee (Creative Commons By-Sa)

13 Réponses

  1. Tsigorf

    J’aime beaucoup l’idée !

    Moi-même, j’aurais été heureux d’avoir été éduqué de cette manière si tôt, mais bon, j’ai quand même fais mes premiers pas sur Linux (Mandriva) dès mes deux ans (plus dans l’admiration du déplacement de la souris, je pense…).
    Ce que j’aime beaucoup là-dedans est cette idée de laisser libre court à la créativité, et en partie par la manipulation (tourne-vis, fers à souder, …).

    Si je dois donner mes conseils, je dirais qu’il faut s’y prendre tôt. Ç’a été mes deux ans parce que j’ai toujours été passioné par l’automatisme, la logique, et je pense que plus on s’y prend tôt, plus c’est simple. Programmation à neuf ans (alternative au TurboPascal), mais, n’ayant pas duré, j’ai appris à apprendre seul (c’est le cas de le dire) avec le SiteDuZéro, très bon site regroupant de nombreux tutoriels (informatique et sciences) simples et accessibles, pour tous.

    Voilà, j’espère que vous aussi, vous sensibiliserez tôt vos enfants à l’Open Source, afin de former la prochaine génération !

  2. totophe

    Il faudrait faire un club des papas hackers !

    Personnellement, avec mon gamin, on se met au LOGO de temps en temps, et on s’amuse à faire bouger la tortue. Une excellente manière de former l’esprit à la programmation (tout en faisant un peu de maths et de géométrie). Je ne comprends toujours pas pourquoi on ne fait pas de logo dans les petites classes… On utilise Kturtle : http://docs.kde.org/stable/fr/kdeed

  3. Il y a de l’idée, mais il faut aussi l’enfant s’épanouir sans technologies. J’adore la technologie et l’informatique, mais j’ai su aussi me débrouiller sans. Si l’enfant est un peu geek ça peut allé, mais il ne faut pas non plus qu’il devienne un nerd dés le départ. Il faut que l’outils reste un plaisir, il ne faut pas imposer une doctrine aux enfants. Un enfant doit rester un enfant et avoir le plaisir de s’amuser autant avec et sans les technologies. Par exemple apprendre à écrire manuellement et pas que sur un clavier. Ou la joie de faire un dessin sur une feuille et pas forcément sur gimp.

  4. c’est une idée génial je suis très bidouilleur moins mes filles
    mais je crois en l’alternatif inoffensif mais plein de sens; merci et bon courage
    à tous les amateurs de la débrouille

  5. Bidibulle

    Avec mon papa, qui était dessinateur technique à l’origine, nous faisions des démonstrations de géométrie et notamment de la géométrie du triangle quand j’étais petit. Et bien, c’est très formateur, parce que justement, ça apprends à tester des choses et à vérifier que ça marche!
    On faisait ça au crayon à papier, mais aussi avec un ciseau et des feuilles de papier, que l’on découpait suivant les figures a étudier.

    Dommage qu’on n’ait pas eu geogrebra, on se serait encore encore plus amusés, mais on se serait moins taché les mains à la colle, et ça, c’est une petite perte quand même!!

  6. tizef

    Merdre alors, si j’avais su que je faisais de l’« open source », quand je bidouillais des trucs avec mon fer à souder des années 80… Nan sérieusement, il faudrait arrêter les pollyâneries : transmettons à nos enfants les notions de liberté, de choix, de bidouille ; l’éthique viendra d’elle-même. Parler d’endoctrinement pue des pieds !

  7. Quelqu’un connait il un endroit (site , ebook, livre papier, vidéo ) qui présente des activités avec kturtle. je cherche des activités intéressantes pour ma fille qui est en CE2.

  8. david30

    Bon article, c’est vrai qu’il est important de transmettre ces valeurs à nos enfants, et je parle volontairement de valeurs, parce que apprendre aux enfants à être curieux, à chercher à comprendre, à s’ouvrir au monde, je ne pense pas que cela relève de l’endoctrinement. Qu’on le veuille ou non, la technologie occupera un espace important dans leur vie, autant leur donner les bonnes clés.
    Un petit bémol toutefois : j’essaie d’initier également mes enfants, mais je regrette que la majorité des outils ne soient pas disponibles en français…

  9. pline

    focaliser ses enfants sur une vision, surtout si elle est à la mode ,est forcement de l’endoctrinement. Le bidouilleur n’est pas forcement un esprit libre , en particulier si il pense que son mode de fonctionnement est le seul méritant l’attention. Heureusement le concept de liberté n’est pas circonscrit à la production obsessionnelle d’objet.

  10. Nasra

    La notion de bidouillage est indépendante des outils. On peut apprendre à bidouiller une voiture comme un logiciel, l’essentiel n’est pas de se cantonner à un outil, mais bien d’apprendre à voir au-delà de ce que propose un outil « from scratch » ;)

  11. Mon père m’a appris à bidouiller, souder, programmer et c’est une bonne chose, mais il ne faut pas s’arrêter là. L’expression artistique est essentielle et c’est maman qui m’a immergé dans le monde musical dès l’âge de 6ans et cela m’a ouvert au monde.

  12. Merci à tous pour vos commentaires! J’ai surtout apprécier les sentiments de Julien & Nel, qui mettent en garde contre la sur-technologisation de l’enfant, sans tenir compte de ses envies. En effet, je remarque que les jeux créatifs (surtout Kaplas, playmobils, Lego et Meccano) ont la côte, beaucoup plus que Arduino. En dehors de ça, ils ont tous leur « truc » – pour le petit, c’est s’approprier sa chambre, le décorer, le dessin. Pour le moyen, c’est plutôt le potager – il adore faire des semis, s’occuper de ses plantes. Et pour le grand, il arrive tout doucement vers l’electronique, sans que je force le sujet.

    Bref, je suis d’accord avec les gens qui disent qu’il faut tailler sur mesure pour l’enfant, qu’il faut pas se limiter à l’informatique. Pour moi, l’important c’est de savoir que le monde est « read/write », pas « read only », et d’avoir le confiance de changer ce qui ne te va pas.

    Merci à tous!
    Dave.

  13. puyopuyo

    Il n’est pas nécessaire d’être toujours accompagné pour se développer. Mes parent n’ont jamais eu les connaissances nécessaires dans les domaines tel que l’informatique ou l’électronique. Mais les enfants peuvent être assez autodidacte pour évoluer seul si leurs parents les motives et sont attentifs aux résultats. Je sais que mes parents m’ont toujours félicité pour mes constructions en mécano ou pour mes premiers programmes sur amstrad. Aussi simple qu’était le résultat j’ai toujours eu le droit à un bravo ou à l’un de mes parents qui montrait de l’intérêt pour ce que je faisais. Ils ont aussi toujours essayé d’encourager la diversité des activités afin de stimuler la curiosité (sport, jardinage, informatique, électronique, bricolage, dessin, peinture, etc…)