Les hommes du Libre ne sont pas tous des connards

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« L‘open source n’est pas une zone de guerre. Les hommes ne sont pas tous des connards. » Tel est le titre d’un article publié par des femmes de la communauté Perl.

Un constat sensiblement différent du billet Sexisme chez les geeks : Pourquoi notre communauté est malade, et comment y remédier de MarLard, qui fit couler beaucoup d’encre récemment dans la blogosphère francophone.

La Jeune Fille à la Perl

L’open source n’est pas une zone de guerre. Les hommes ne sont pas tous des connards.

Open Source Is Not A Warzone. Not Every Man Is A Dick.

Collectif féminin de la communauté Perl – Mai 2013 – Site personnel de Su-Shee
(Traduction : audionuma, Sphinx, tcit, Ag3m, Garburst, audionuma, goofy, MFolschette, Asta, Hype, KoS + anonymes)

Nous sommes des femmes techniciennes. Nous faisons de l‘open source. Nous faisons partie de la communauté open source.

Nous assistons à des conférences techniques, participons à des groupes d’utilisateurs et à des hackatons avec nos collègues développeurs masculins.

Et nous aimons ça.

Nous avons le sentiment que l’écrasante majorité des hommes à qui nous avons affaire sont des personnes intelligentes, certains sont même des mecs sympas qu’on aime bien.

Oui, nous avons rencontré des connards dans nos vie. Oui, nous avons subi des agressions, parfois même en public et au grand jour. Oui, nous nous sommes fait taper dessus régulièrement et sans finesse, nous avons été dégoutées et dérangées et parfois nous avons frôlé la panique. Certaines d’entre nous ont connu la violence. On nous a tripoté le cul et les nichons, on s’est fait reluquer, siffler et on a eu droit au crétin bourré qui se met en travers. Oui, certaines d’entre nous ont atteint le proverbial plafond de verre durant leurs carrières.

C’est le côté le plus négatif de nos vies et en effet, nous jugeons les réunions et les rencontres selon le degré de bien-être, le sentiment de sécurité et le niveau de connerie affichée ou dissimulée qu’on y ressent.

Mais ce n’est qu’UN aspect du fait d’être une femme et nous ne voulons pas laisser cet aspect dominer notre manière de vivre et de nous comporter dans les communautés techniques de notre choix.

Nous avons le sentiment que la tendance à développer des codes de conduite, des règlements et des règles spécifiquement pour les conférences techniques et d’autres rassemblements liés à la technologie dépasse de beaucoup la réalité que nous avons connue jusqu’à présent.

Nous ne soutenons pas la généralisation de la culpabilité diffuse à un genre tout entier et nous ne voulons pas être suspicieuses envers chacun de nos collègues participant à une communauté.

Nous considérons également les rassemblements de techniciens comme des événements professionnels. Nous attendons donc de chaque participant qu’il se comporte selon les règles que les communautés open source considèrent comme « professionnelles ». Les présentations grossières que l’on a vues lors d’événements récents ont provoqué un scandale suffisant pour faire le point sur cette question.

Nous souhaitons également utiliser un vocabulaire approprié : une « agression » est un acte de violence, un acte agressif pour prendre l’ascendant sur une personne. Nous ne ressentons pas une médiocre tentative de drague comme une agression. Un regard indiscret dans notre décolleté n’est pas une agression. Si quelqu’un nous touche sans le vouloir, ce n’est pas une agression. Le « bisou » français typique est quelque chose de culturel et pas une agression. Une accolade (hug) peut être un acte absolument amical et pas une agression, même s’il peut ne pas être bienvenu.

Nous aimons aussi penser logiquement, et en tant que femmes techniciennes, nous pouvons même nous défendre avec des statistiques : considérant que nous représentons à peu près 1 % à 20 % (ce qui est déjà un pourcentage de femmes extrêmement haut) de n’importe quelle communauté, rencontrer seulement 2 connards dans une conférence de 500 personnes est une chance FANTASTIQUE, nulle part ailleurs dans nos vies quotidiennes la probabilité n’est aussi faible.

Débattons également des problèmes légaux : comment un code de conduite pourrait-il aider contre les agressions, les viols ou les passages à tabac ? Tout ça est DE TOUTE FAÇON illégal à peu près partout dans le monde. Il existe DÉJÀ un code de conduite : la loi, aussi partiale et faible soit-elle.

Regardons les choses en face : aucun connard ne va être stoppé par un code de conduite impuissant à interdire les comportements inopportuns, c’est bien pour cela que ce sont des connards. Cependant, une grande proportion d’hommes se feront discrets, par culpabilité, parce que ce sont ceux qui se remettent en question, de manière réfléchie, par rapport à leur propre connerie.

Nous préférons que le bon goût, le professionnalisme et les comportements se développent grâce à une culture de bon goût, de plaisanteries, d’idées de fond et de standards, et non par l’écriture d’une longue liste de choses déplaisantes et interdites. Nous préférons agir contre le comportement des connards lorsqu’il se manifeste.

Mais nous considérons aussi les rassemblements open source comme des événements sociaux et nous allons le dire en public : lors d’un événement social il peut y avoir de la *hum* sexualité, de l’amitié, des taquineries ou du flirt. Cela fait partie du fait que les humains vivent ensemble. Nous considérons la libération sexuelle des années 70 comme un progrès qui nous a donné, à nous les femmes, de nouvelles libertés pour vivre comme nous le voulons. Nous n’y renoncerons pas.

Nous nous voyons dans la tradition du féminisme responsabilisant, de l’émancipation en ayant appris à dire non, en étant capables de nous défendre nous-mêmes et nous ne voulons pas être les victimes indirectes d’actes de surprotection « globaux » qui au fond condamnent chaque comportement social entre les hommes et les femmes.

Nous sommes des « femmes du Perl » et à vrai dire notre communauté nous plaît plutôt bien.

(Peut-être êtes-vous membre d’une communauté complètement différente et, néanmoins d’accord avec nous : faites-le moi savoir :)).

Tout comme le sont d’autres femmes, qui ne seront pas citées ici.

Bien à vous – Su-Shee (Susanne Schmidt), castaway (Jess Robinson), gshank (Gerda Shank), ether (Karen Etheridge), druthb (D Ruth Bavousett), auggy (Augustina Ragwitz), Lady Aleena

19 Réponses

  1. Enfin un peu de retour à la raison… (Et c’est sur le Framablog !)

  2. Antoine

    Le résumé (« constat sensiblement différent ») pose problème, puisque nulle part MarLard ne prétend que les mecs sont tous des connards. Elle fait un constat de sexisme et d’un climat malsain, elle ne postule pas une responsabilité généralisée.

    Le texte traduit ici est assez creux : y a pas de quoi s’affoler, tout ça c’est pas bien grave, et bla et bla. Effectivement c’est pas bien grave, quand on n’est pas directement affecté, ou juste à la marge.

    Pourtant il suffit d’aller lire de vraies études faites sur le sujet, par exemple http://flosspols.org/deliverables/D

    Extraits :

    « Almost 2/3 of all female participants think that it is easier for men to get acknowledgement for their F/LOSS contributions. Interestingly more than 4/5 of the male respondents think that gender does not play a role. »

    « Regarding the FLOSS community as a whole, have you ever observed discriminatory behaviour against women? » -> les hommes répondent non à 80 %, les femmes oui à 75 %

    « Regarding your collaboration with others during your FLOSS activities, have you ever observed or experienced discriminatory behaviour against women? » -> les hommes répondent non à 90 %, les femmes oui à 55 %

    Bien sûr, il y a des femmes qui sont peu ou pas touchées par le sexisme. Sacrée trouvaille !

  3. Ginko

    @Antoine,

    1) Tu as loupé leur point principal : le sexisme est partout, pas seulement dans les communautés. Et même disent-elles, il semble que pour un milieu aussi masculin que la communauté Perl, il n’y a finalement pas tant de sexisme que ça.

    2) Tu réagis **EXACTEMENT** comme elle le redoutent : en leurs disant à ELLES (les principales concernées) comment ELLES **devraient** ressentir les choses. Comment elles devraient se sentir et se comporter en victimes.

    Faut que tu te sentes sacrément supérieur à elles pour leur dicter ce qu’elles devraient penser !

    Je ne nie absolument pas la prévalence du sexisme dans les milieux informatiques, excessivement masculins.

    Je ne nie pas que la communauté Perl soit particulière dans le sens où ses composantes doivent avoir un niveau socioculturel assez élevé. En particulier face à des communautés comme celles des gamers (souvent jeunes et recherchant « qui a la plus grosse ») qui est, si je ne m’abuse celle dont MarLard parlait.

    Mais ne jetons pas bébé avec l’eau du bain. La plupart des mecs avec qui elles travaillent ne sont pas des connards. Elles voulaient le rappeler, parce que la généralisation a trop vite fait de glisser dans le débat et que l’opposition frontale est bien trop stérile (sans mauvais jeu de mot ^^).

    Personnellement je prône l’éducation et le dialogue. Si un mec a un comportement déplacé, c’est à nous tous de le faire remarquer. Pour lui foutre la honte. Pour que ça cesse d’être culturellement acceptable. Mais pour ça il faut un minimum d’éducation. Un beauf est un beauf, surtout quand il est entouré d’autres beaufs.

  4. Je rajouterai au commentaire d’Antoine que ce billet passe à coté de l’un des principaux problème du sexisme : le fait qu’il soit totalement ancré et normalisé au cœur même de nos sociétés.

    Le sexisme est une conséquence directe du fonctionnement patriarcal de nos sociétés. C’est ce modèle qui nous éduque et nous formate, qu’on le veuille ou non on ne peut pas y échapper. La principale conséquence est que le sexisme finit par être banalisé et normalisé à un point où il devient totalement invisible. À titre d’exemple, une étude récente du laboratoire de l’égalité montrait que si 75% des gens interrogés savaient que la publicité était pleine de stéréotype sexiste seulement 12% étaient capable de les reconnaître (constatez la taille énorme de l’écart).
    Cela montre à quel point le sexisme est totalement intégré dans nos mœurs et c’est là le cœur du problème. Ce qui est grave ce n’est pas qu’il y ait quelques crétins qui ne savent pas se tenir c’est l’immense aveuglement dont font preuve les autres.

    Certes tout les libristes ne sont pas des immondes macho sexiste mais nous participons tous d’un monde ou celui-ci est la norme. Certains le voient d’autres refusent de le voir mais nous, composant de l’immense majorité, sommes tous plus ou moins aveugle.

    Et c’est exactement ce à quoi ces dames participent en disant qu’il ne faut pas que les codes de conduites prennent en compte ce problème, ce n’est ni plus ni moins qu’une façon de dire «mais non chez moi ça n’existe pas», aveuglement encore et toujours.

    Ce n’est pas parce que vous individuellement ne faites pas partie de la minorité désagréable que le problème ne se pose pas à vous, il devrait se poser car ce problème est créé par une société à laquelle tous nous participons. Il se pose à nous tous car bien au-delà des comportements inadmissible de certains (comportement que de nombreuses femmes savent parfaitement gérer sans nous) c’est un modèle de société totalement banalisé.

  5. Antoine

    @Ginko: Je ne dis à personne ce qu’il doit ressentir, et je ne nie certainement pas la sincérité du texte ici publié. Faut vraiment avoir envie de plaquer des idées préconçues partout pour interpréter autrement mon message. Maintenant, je trouve aussi ce texte creux et inopérant, j’ai expliqué pourquoi, et tu as le droit de contre-argumenter si tu veux, au lieu de nous faire un numéro de morale.

    Quant à restreindre le problème du sexisme aux « beaufs », c’est une façon d’éviter de questionner son caractère divers et protéiforme. Il y a du sexisme de beaufs, il y a aussi du sexisme raffiné et qui se veut spirituel et argumenté (on peut penser aux discours visant à défendre Polanski, par exemple).

  6. Je ne vois pas l’intérêt de tenter de décrédibiliser les personnes qui réalisent des études sérieuses, des articles construits, en se contentant d’asséner «ça va pas si mal que cela».
    Sûr, les machos de la communauté vont se sentir rassurés et donner un sussucre aux autrices de cet article car ce sont des sages et gentilles femmes qui ne se révoltent pas. Qui se contentent de répéter en se paraphrasant elles mêmes que c’est partout pareil et pire ailleurs et pas si mal que ça.

    Sérieusement, si le féminisme vous semble inutile, alors n’en parlez pas…

  7. en tant que technard, j’aimerais qu’il y ait plus de femmes dans ce domaine, il n’y en a guerre dans le service auquel je suis rattaché…bien dommage rien que pour la mixité, d’autres points de vues, autres approches et idées, atmosphère, ambiance, intelligence, ouverture, culture et j’en passe…… à bas la non mixité!

  8. Goldy

    Cette communauté Perl à l’air plein de gens intelligents en tout cas. Ça donnerait presque envie de s’y mettre.

  9. Ginko

    @Antoine,

    >Je ne dis à personne ce qu’il doit ressentir, et je ne nie certainement pas la sincérité du texte ici publié. Faut vraiment avoir envie de plaquer des idées préconçues partout pour interpréter autrement mon message. Maintenant, je trouve aussi ce texte creux et inopérant, j’ai expliqué pourquoi, et tu as le droit de contre-argumenter si tu veux, au lieu de nous faire un numéro de morale.

    J’ai réagi un peu à chaud, mais si en effet, tu « ne nie certainement pas la sincérité du texte ici publié », ton ton en méprise le contenu. Il y a de la moralisation dans ton message aussi (comme toute opinion sur le sujet, soit dit en passant). Et ce n’est pas parce que tu t’appuies sur des gender studies que ça y change quelque chose (on idéalise la science comme parangon d’objectivité, mais une étude comprend souvent les biais du consensus du moment, du directeur de recherche, du labo, des financeurs, etc).
    Tu dois le savoir, les études de science humaine sont particulièrement sensibles, peu ou pas reproductibles. Fais attention lorsque tu places l’autorité de la **vérité** dans une étude scientifique. Une étude n’est jamais absolue. N’est pas LA vérité.

    >Quant à restreindre le problème du sexisme aux « beaufs », c’est une façon d’éviter de questionner son caractère divers et protéiforme. Il y a du sexisme de beaufs, il y a aussi du sexisme raffiné et qui se veut spirituel et argumenté (on peut penser aux discours visant à défendre Polanski, par exemple).

    C’est tout à fait vrai. Je me suis fourvoyé à cause de mes dernières rencontres avec le sexisme : dans les commentaires d’articles sur des jeux video / hardware, un milieu qui n’est pas particulièrement raffiné ou spirituel et où les remarques sexistes se font au grand jour, en brut, sous le couvert de l’anonymat du pseudo…

  10. Ginko

    Ouh la, pas bien réveillé ce matin, je ne sais pas pourquoi j’ai parlé de « gender studies » dans mon commentaire précédent… lisez simplement « étude », merci 😉

  11. Origyne

    Jolie leçon de pacifisme et de réalisme, loin de l’étrange plainte qui a porté voilà quelques temps.

    En tant qu’homme, je n’apprécie que difficilement le travail avec des femmes ; non, elles ne sont pas moins douées, mais je me fais mal à leur manque de transparence. Votre article palie à cette impression, mais j’ai le constant sentiment de ne pas savoir comment agir et que vous êtes dans la sempiternelle recherche de l’interprétation (et d’ailleurs, votre article me conforte dans cette idée), en étant parfois de vraies connasses. Fermées, dédaigneuses, peu limpides quant à vos envies et vos ressentis, et du coup, conduisant à une attitude hypocrite que je ne sais décoder que peut-être trop tard. À moins d’établir une liaison d’amitié, une relation de travail avec une femme me paraît souvent très difficile et, le plus souvent, peu agréable.

    Merci pour votre explication et vos ajustements quant à une certaine vérité, mais prenez conscience qu’e la loi simple d’une mauvaise entente implique forcément des fautes partagées.

  12. la mouette

    bonjour,
    je ne suis pas une femme….quoi que….c’est une histoire de yin yang….
    je ne suis pas issu d’une instance intellectuelle supérieure….on peut bien se demander ce qu’est la suprématie.
    je ne suis pas beauf non plus…..tout dépend, ceci dit, du regard porté sur autrui et de son interprétation.
    je me pose juste des questions quand à une société pas toujours égalitaire.
    je me pose juste des questions quand à une humanité qui oublie ce qu’elle est.
    et je me demande, comme je ne sait plus qui, si dans la mesure ou la femme était, hier, l’avenir de l’homme, quel est aujourd’hui l’avenir de l’humanité puisque la femme est devenue l’égal de l’homme.
    autrement dit, tous ses débats reste puérils et stériles tant que l’on agit pas.
    mais de grâce mesdames, ne faites de notre humanité ce que l’homme en a fait.
    je vous embrasse et chacun le prendra comme il le voudra……

  13. Axel

    « Oui, nous nous sommes fait taper dessus »

    Ca serait pas plutôt « nous nous sommes fait draguer » ?

  14. @ Ginko:

    En relisant le commentaire d’Antoine, je ne trouve pas qu’il fasse plus de moralisation que n’importe quel commentaire sur n’importe quel sujet (mieux: si on me demandait si le commentaire d’Antoine est moralisateur, je répondrais « non »).
    Es-tu sûr que ce n’est pas toi qui est biaisé par le fait que tu sais qu’on parle de féminisme, et que par conséquent, tu vois de la moralisation partout ?

    Pour le reste, je trouve le constat d’Antoine très juste. De ce que j’ai lu des critiques féministes sur le sujet, je n’ai jamais interprété ça comme étant une critique générale des comportements machistes des hommes (le sujet problématique est plutôt la tolérance de la communauté (homme ou femme) face à ces comportements qui seront plus facilement condamné dans d’autres communautés, tout en sachant qu’il existe des communautés où c’est pire).
    Par contre, j’ai vu beaucoup de réactions à ces articles répondre en se basant sur l’interprétation qu’il s’agissait d’une généralisation, ce qui a sans doute eu pour effet d’influencer l’interprétation des autres dans un cercle vicieux.
    Donc, je pense aussi que la réponse tombe un peu à côté de la plaque (et que c’est dommage parce que les arguments intelligents des féministes y sont dénaturés pour les transformer en arguments simplistes).

    Quant à la mise en cause des études, s’il faut bel et bien prendre les résultats avec des pincettes, cela ne veut pas dire que tout est systématiquement à jeter. Par exemple, « Regarding your collaboration with others during your FLOSS activities, have you ever observed or experienced discriminatory behaviour against women? ». J’ai un peu du mal à comprendre comment, par exemple, le directeur de recherche ou les financeurs peuvent changer cette observation, sauf à truquer les chiffres (chose également possible dans les sciences dures).
    De plus, cette observation me parait réaliste et logique: puisqu’il y a plus d’hommes que de femmes, les hommes sont moins souvent mis en présence d’un cas de comportement discriminatoire. Et ces chiffres impliquent que les hommes auront naturellement tendance à sous-estimer le problème, ce qui est bien ce dont il est question dans l’argument.

  15. Ginko

    @j-c,

    Je vais répondre à rebrousse poil : du bas vers le haut :

    >Quant à la mise en cause des études, s’il faut bel et bien prendre les résultats avec des pincettes, cela ne veut pas dire que tout est systématiquement à jeter.

    Merci pour cette figure rhétorique : où ai-je dit que « tout est systématiquement à jeter » ???

    Ma critique porte sur l’argumentaire d’autorité d’Antoine : son message d’origine peut être retranscrit (avec force exagération) comme suit : « Votre ressenti personnel on s’en fout, vous n’êtes pas représentatives. Moi j’ai des **vrais** chiffres d’une **vraie** étude. Vos arguments simplistes ne tiennent pas une seconde face à la **vraie** vérité des études scientifiques dont je me fais l’humble (ou pas!) colporteur. Allez babiller autre part. »

    L’étude présentée est certainement de bonne qualité. Je ne la remet pas en cause. Ce que je remets en cause c’est l’attitude d’Antoine, son approche du débat : « j’ai expliqué pourquoi, et tu as le droit de contre-argumenter si tu veux, au lieu de nous faire un numéro de morale » : moi je traduit ça par « ramène de chiffres et des références, les autres arguments ne valent rien ».

    D’où je tire le conseil de prendre du recul face à la science. Le doute est l’essence de la démarche scientifique. Antoine ne me parait pas un seul instant prendre de recul par rapport à ses sacro-saints chiffres.

    >Pour le reste, je trouve le constat d’Antoine très juste. De ce que j’ai lu des critiques féministes sur le sujet, je n’ai jamais interprété ça comme étant une critique générale des comportements machistes des hommes (le sujet problématique est plutôt la tolérance de la communauté (homme ou femme) face à ces comportements qui seront plus facilement condamné dans d’autres communautés, tout en sachant qu’il existe des communautés où c’est pire).
    Par contre, j’ai vu beaucoup de réactions à ces articles répondre en se basant sur l’interprétation qu’il s’agissait d’une généralisation, ce qui a sans doute eu pour effet d’influencer l’interprétation des autres dans un cercle vicieux.
    Donc, je pense aussi que la réponse tombe un peu à côté de la plaque (et que c’est dommage parce que les arguments intelligents des féministes y sont dénaturés pour les transformer en arguments simplistes).

    Et moi j’ai pas l’impression que ces dames répondent directement au billet de MarLard (contrairement à Antoine), mais plutôt à la réaction (qu’elles jugent excessive) de leur communauté après ce fameux cercle vicieux dont tu parles.

    Une fois qu’on a bien compris le cadre du billet d’origine, on peut s’interroger sur sa publication sur le Framablog. Et surtout sur son cadrage par l’introduction qui rappelle effectivement explicitement le billet de MarLard alors que les deux ne se répondent pas directement, appartiennent à un espace et un temps différent.

    Pour finir :
    >En relisant le commentaire d’Antoine, je ne trouve pas qu’il fasse plus de moralisation que n’importe quel commentaire sur n’importe quel sujet (mieux: si on me demandait si le commentaire d’Antoine est moralisateur, je répondrais « non »).
    Es-tu sûr que ce n’est pas toi qui est biaisé par le fait que tu sais qu’on parle de féminisme, et que par conséquent, tu vois de la moralisation partout ?

    Il y a le message affiché et le message implicite. Il y a le message explicitement moralisateur et celui, qui sous couvert d’une approche scientifique nie le contenu moral de son intervention. Mais toute expression d’une opinion sur la société est **morale** et relève d’une idéologie. Même lorsqu’elle se veut portée par la <i>vérité universelle de la science</i>…

  16. @ ginko:

    > Merci pour cette figure rhétorique : où ai-je dit que « tout est systématiquement à jeter » ???

    Et où ai-je dis que vous aviez dit que tout était à jeter ? Mon argument est simplement: même si on ajoute 50% d’incertitudes sur les résultats donnés, on observe toujours une tendance significative.

    > Ma critique porte sur l’argumentaire d’autorité d’Antoine : son message d’origine peut être retranscrit (avec force exagération) comme suit …

    Euh, moi, lorsque je lis « vraie étude », je comprends « étude réalisée avec une démarche scientifique », par opposition aux observations données qui n’ont pas été le résultat d’une démarche scientifique. C’est vous qui interprétez cette phrase d’Antoine comme un argument d’autorité, mais il n’y a aucune preuve que ça en soit un.

    > D’où je tire le conseil de prendre du recul face à la science. Le doute est l’essence de la démarche scientifique. Antoine ne me parait pas un seul instant prendre de recul par rapport à ses sacro-saints chiffres.

    De nouveau, c’est une question d’interprétation: qui vous dit qu’il ne prend pas de recul ? Est-ce que tout ceux qui citent une étude devraient rajouter: « mais attention, il faut prendre du recul » surtout quand même avec ce recul, la tendance reste significative (à moins de supposer une vraie fraude (oups, j’ai utilisé le mot « vrai », j’espère que ça n’implique pas que je suis moralisateur :) ))

    > Et moi j’ai pas l’impression que ces dames répondent directement au billet de MarLard (contrairement à Antoine), mais plutôt à la réaction (qu’elles jugent excessive) de leur communauté après ce fameux cercle vicieux dont tu parles.

    Et Antoine a bien précisé qu’il parlait du résumé qui pose problème.
    Et mon constat est le même: ce texte n’est pas une réponse au genre de réactions féministes telles que celles de MarLard.

    > Il y a le message affiché et le message implicite. Il y a le message explicitement moralisateur et celui, qui sous couvert d’une approche scientifique nie le contenu moral de son intervention.

    Mais ne peut-on pas dire la même chose de tous les commentaires ? En particulier le votre ?
    Est-ce que votre dernier commentaire ne sous-entend pas que l’approche d’Antoine était simpliste, et que heureusement vous êtes là pour lui expliquer qu’il faut prendre du recul face aux chiffres scientifiques ? En d’autre terme, lui faire la morale suite à son erreur ?

  17. Ginko

    @j-c,

    je pense qu’on peut continuer comme ça longtemps, alors je propose de s’arrêter là, après tout je suis persuadé qu’on (toi, moi, Antoine) a sur le fond du débat des avis similaires 😉

  18. Dire des agressions subies, précédemment listées en détail, que ce n’est « qu’UN aspect du fait d’être une femme » est aussi choquant que faux. Ces agressions ne sont pas un aspect de la féminité, mais du patriarcat. Elles sont l’exercice de la domination masculine. Comment les auteures de cet article peuvent-elle se fourvoyer à ce point ? Et « seulement 2 connards dans une conférence » ne m’apparaîtra jamais comme une « chance FANTASTIQUE » au secours ! Qu’est-ce que moralisme qui invite à subir avec joie ?

    Pour le reste, cet article est confus, sans argument, lénifiant… et n’apporte rien — même pas l’évidence que « les hommes ne sont pas tous des connards » puisque personne n’en doute.

    Comme dit Biaise, « je ne vois pas l’intérêt de tenter de décrédibiliser les personnes qui réalisent des études sérieuses, des articles construits, en se contentant d’asséner « ça va pas si mal que cela ». »

  19. la mouette

    Pfffffff ……………
    vous en êtes encore là vous?
    cela fait plus de 20 ans que je travaille dans un milieu essentiellement féminin et je n’en suis pas mort, ni même blessé, ni même éraflé.
    Bref, pas la moindre égratignure !!!
    Elle peuvent être sympa, gentilles, charmeuses, dragueuses, cons, idiotes, jolie, moche, intelligentes, autoritaires, blessées, fragiles, et que sais-je encore……….
    Et alors?
    cela démontre une seule et unique chose……..
    Ce sont des humaines !!! si, si !!!
    voilà une découverte d’une portée scientifique incommensurable !!!
    votre débat est purement stérile, sans aucune portée, plat, sans intêret, désué, en dehors de son temps, en dehors de son contexte……..
    Chacun rassure son égo au travers d’un discour archaïque, sans finalité.
    Réveillez vous, Observez, analysez !!!
    Ce ne sera plus une femme, un homme, un martien ou que sais-je que vous verrez;
    mais simplement un individu, qui a longtemps appartenu à une minorité et qui en a souffert, comme toutes les minorités de ce jour.
    Bise a ces dames et a ces messieurs si ils le souhaitent…..
    Comment ça, je provoque??? meuh non, que nenni.