Il libère ses logiciels et c’est la catastrophe !

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Bryan Lunduke est développeur. En faisant passer ses logiciels de propriétaires à libres, il a fait une bien triste constatation.

Non seulement il ne gagne plus assez d’argent pour trouver le temps de continuer à les développer (et personne d’autres ne semble intéressé à le faire sauf lui) mais en plus les téléchargements ont drastiquement baissé, alors même qu’ils sont mis gratuitement à disposition.

Un billet un peu troll qui se demande quand même si on peut faire de ce cas particulier une généralité.

Retis - CC by

Regard attristé sur les chiffres de l’open source

Very sad looking Open Source charts

Bryan Lunduke – 27 août 2013 – Blog personnel
(Traduction : schiste, Genma, brihx, mokas01, @zessx, MFolschette, Asta, elfabixx, La goule, Beij, goofy, Penguin + anonymes)

Depuis un certain temps déjà, chaque ligne de code que j’écris est placée sous licence libre GPL (la plupart de ce que j’ai publié avant était sous licence propriétaire) parce que j’aime l’open source. Mais il y a un souci sur lequel je planche et bloque. Et j’ai besoin de votre avis. Je vous explique rapidement :

Lorsque mes logiciels étaient sous licences privatives, et leur développement financé à l’ancienne par la vente de copies, les mises à jour étaient plutôt fréquentes (en général plusieurs versions par mois). Les bénéfices retirés des ventes allaient directement dans le financement de temps de développement dédié. Ça fonctionnait assez bien. Pas 100 % parfait, mais le développement avançait à un bon rythme.

Maintenant que le logiciel est libre, on ne peut espérer plus de 200 $ par mois en dons. Je ne peux du coup raisonnablement passer que quelques heures par mois sur ce logiciel. Ce qui n’est même pas assez pour tester une version et en faire un package à publier (et certainement pas assez pour ajouter des fonctionnalités notables).

Donc, pour faire simple, ma production de code s’est tout bonnement arrêtée (par nécessité).

Mais j’ai choisi de laisser le logiciel libre dans l’espoir que d’autres personnes se plongent dedans et aident à faire avancer les choses en donnant de leur temps et de leur énergie.

Malheureusement, ça ne s’est pas produit. Une personne plutôt sympa a filé un coup de main en créant des packages pour plusieurs distributions Linux. Mais c’est tout. En fait, personne n’a exprimé le moindre intérêt à coder activement sur l’un de ces projets.

Et maintenant, les téléchargements ont également chuté. De manière significative. Regardons quelques graphiques sur l’évolution des statistiques.

MonthlyDownloads.jpg

Ce chiffre représente le nombre total de téléchargements pour tous mes logiciels (jeux, outils de développement, tout). Ce qu’il faut retenir :

  1. Quand le logiciel est propriétaire (et vendu comme shareware), les téléchargements sont bons.
  2. Quand le logiciel est open source (et disponible gratuitement), les téléchargements chutent à 1/30e de ce qu’ils étaient pour du logiciel propriétaire.
  3. Curieusement, les téléchargements des versions Linux sont les plus touchés (ils ont chuté à 1/50e de ce qu’ils étaient).

MonthlyRevenue.jpg

Le revenu mensuel a aussi pris un sacré coup. Voilà ce qu’on peut déduire de ces chiffres :

  1. Lorsque le logiciel était propriétaire (et un shareware), les ventes étaient suffisantes pour financer le développement à temps plein.
  2. Maintenant que le logiciel est open source, le financement (en grande partie par les dons) a chuté à, et je ne blague pas, à peine plus de 2 % des ventes moyennes par mois du logiciel propriétaire. 2. Pour. Cent.

Aujourd’hui, je peux clairement comprendre la raison de la chute des revenus. Le logiciel est disponible gratuitement – supprimant ainsi l’incitation à dépenser de l’argent. Ce que je ne comprends pas, c’est la chute significative des téléchargements. Peut-être y a-t-il un aspect psychologique en jeu.

Donc la question est, que puis-je faire ?

Si je laisse le logiciel en open source, comme c’est le cas actuellement, il va complètement stagner.

Je suppose que je pourrais essayer encore une autre méthode de financement open source… mais cela me semble un peu être une cause perdue, pour être honnête. J’aime l’open source. Vraiment. Je pourrais y passer toute la nuit. Mais il n’y a pas vraiment beaucoup d’histoires où de petits développeurs indépendants arrivent à vivre de l’open source sans avoir à intégrer une entreprise beaucoup plus grande (qui est souvent financée par la vente de logiciels propriétaires ou par des contrats de maintenance/support utilisateurs – ce qui n’a aucun sens pour le logiciel que je développe).

Je pourrais toujours revenir à une licence propriétaire pour les futures versions du logiciel. Cela permettrait au moins d’avoir les fonds nécessaires pour financer du développement concret – ce financement pourrait être utilisé pour payer des gens pour travailler dessus (à temps plein ou à temps partiel). Mais dans ce cas… ce ne serait pas de l’open source.

C’est un problème difficile. Un problème pour lequel je ne trouve pas de solution évidente.

L’avantage pour moi est qu’aujourd’hui je ne dépends pas des ventes du logiciel (ou des dons) pour vivre (mes revenus proviennent de l’écriture). Ce qui m’enlève une bonne part de stress. Néanmoins, je détesterais voir ce logiciel qui, quand il était propriétaire, était utilisé par des dizaines de milliers de personnes, disparaître. J’ai fait ce logiciel parce que personnellement, j’en avais besoin. Et ça me dépiterait de le voir mourir.

Alors… que faire ? Que feriez-vous pour être sûr que ce genre de logiciel indépendant continue d’être régulièrement mis à jour? Si vous avez des idées, je suis tout ouïe.

Crédit photo : Retis (Creative Commons By)

34 Réponses

  1. Qu’est-ce qui empêche ce développeur de vendre « à l’ancienne » son logiciel, tout en maintenant les sources sous une licence libre ?

  2. ummyssalu

    Une piste pour la chute des téléchargement Linux: le paquet se trouve intégré dans les dépots des distributions, diminuant le besoin de les télécharger sur le site du développeur ?

  3. Ca me fait un peu penser à l’article récent sur la rémunération des artistes. J’ai l’impression que c’est la même problématique.

    Je me rappelle que Stallman, dans une conférence, expliquait qu’au tout début d’Emacs, il vendait des copies compilées, tout en fournissant le code source. Est-ce que ça ne serait pas une façon de résoudre le problème dans le cadre du développement informatique? Sachant que compiler un programme n’est pas du tout à la portée de n’importe qui.

    Par contre, vu que beaucoup plus de monde savent faire un mp3 ou un cd à partir d’un master Aiff ou Wave, ça ne résoudrait pas le problème des musiciens. Et cela posera un problème également quand les imprimantes 3D seront dans tous les foyers.

    En tout cas, je trouve que cet exemple soulève un point intéressant.

  4. Une belle traduction pleine de courage qui avoue pas mal de choses, véridiques.
    Maintenant, il faudrait avoir un réel retour pour savoir s’il pourrait faire comme avant, c’est à dire le vendre, mais en le gardant libre.

    [lien autopromo récurrent supprimé par le modérateur]

  5. Le problème posé est certes intéressant mais il a deux points à creuser. D’abord comme 00ced le précise il peut vendre le logiciel tout en laissant la licence libre car les deux notions sont indépendantes.

    Ensuite « vendre » suppose d’utiliser une monnaie. Or la monnaie officielle est un code privateur qui pose par défaut que la monnaie est une dette, dont l’émission est contrôlée centralement par les possesseurs de ce code.

    Et la Théorie Relative de la Monnaie démontre qu’une monnaie libre permettrait des développements libres puisqu’elle serait basée sur un Dividende Universel. Donc à moins de ne se poser des questions sur la nature même de l’objet d’échange = la monnaie choisie, développée et utilisée pour l’économie que l’on veut développer, on a un point aveugle fondamental dans la réflexion.

    Voir « free software and free money » : http://www.creationmonetaire.info/2

  6. @ummyssalu : d’autant plus que si il n’y a pas de mise à jour, il n’y a que les nouveaux utilisateurs qui téléchargent. Avant il avait une mise a jour par mois à télécharger, maintenant plus…
    Le nombre de téléchargement semble donc plutôt venir du manque de développement que du fait du passage à l’open source. Or de manière générale, un passage à l’open source n’implique pas automatiquement une baisse du développement… (avec un peu de chance c’est même le contraire).

  7. Le problème de la vente de versions compilées, c’est que ça encourage à négliger volontairement la documentation et les outils permettant de compiler et d’empaqueter l’application.

    Du coup, la source est peut-être libre, mais seuls des gurus peuvent l’utiliser. A l’inverse, je pense qu’il est très important de pouvoir passer très facilement des sources à l’application finale, et que c’est un composant essentiel de la liberté offerte par l’application.

  8. @Galuel:
    S’il fallait, pour que le logiciel libre fonctionne, sortir la planche à billets et causer une grosse inflation avec un dividende universel, je quitterais immédiatement le monde du libre. Un dividende universel, c’est-à-dire créer du pognon et le distribuer à tout le monde, c’est un peu ce que les Nazi avaient essayé de faire en bombardant Londres avec de faux billets.

    Si son programme se vendait bien, si des gens le trouvaient, alors c’est qu’il était « trouvable », et avantageux par rapport aux autres disponibles. Ce n’est pas en passant open-source que ça change, il doit y avoir un autre facteur. Je me demande si le gars a arrêté de faire de la pub pour son logiciel, ou s’il l’a axée sur l’aspect open-source qui, soyons réalistes, fait peur à bien des gens, alors l’erreur viendrait de lui. Ca serait intéressant d’avoir plus de détails que « Ca marchait, ça marche plus. »

  9. le packaging sous linux explique tout bonnement la chute, apt-get install et l’on passe par les miroirs sans passer par le site du dev’

  10. Bonjour,

    nous avons connu une expérience similaire avec le développement de notre logiciel (de gestion immobilière pour professionnels) :

    – beaucoup de demandes quand il était proposé en shareware
    – demande très faible quand il est devenu « open » et téléchargeable gratuitement.

    Devant notre incompréhension face à ce phénomène, nous avons suspendu le développement du logiciel depuis plusieurs mois …

    http://www.opengerance.com
    http://www.agora-informatique.fr/

  11. Il manque beaucoup d’informations pour répondre à son questionnement. Tant de paramètres peuvent entrer en jeu…

  12. PetDeLoutre

    Peut être que, en ayant un programme proprio, on donne davantage l’impression qu’on vit du truc, tandis que pour un logiciel opensource, on fait retomber la pression, donc les gens se sentent moins obligés d’acheter, et c’est tant mieux pour eux quelque part.
    Et si moins de thunes, moins de motivation à y passer du temps de développement.
    Aussi dû à la reconnaissance que l’argent puisse être moteur.

  13. @Incontinentia Buttocks: «S’il fallait, pour que le logiciel libre fonctionne, sortir la planche à billets et causer une grosse inflation», mais c’est déjà le cas, cet argent crée part directement chez les banques… L’inflation n’est pas du tout un mal, c’est même une bénédiction, elle permet d’équilibrer l’économie. Certes, il ne faut pas qu’elle soit démentielle, mais la théorie relative de la monnaie démontre qu’une inflation raisonnable est suffisante. La quantité d’€ en circulation a doublée en 10 ans, tu ne peux quand même pas dire que la planche à billet ne tourne pas plein pot…

    Sinon pour en revenir à l’article, un passage de privateur à ouvert, ça demande de la préparation. Les dons ça ne tombe pas du ciel, Framasoft pour ne donner qu’un seul exemple, a des sources différentes quand à son financement, sinon n’existerait tout simplement pas. Pour que ça marche il faut accompagné les utilisateurs du logiciel d’un esprit de consommateur à un esprit de communauté… C’est pas facile et ça dépend beaucoup du publique…

  14. Ça me rapelle une conférence qu’il a donnée cette année intitulée « Why does Linux sucks? » Il trolle mais il y aborde (entre autre) le fait que son logiciel lui rapporte moins d’argent et le fait que l’ubuntu store ne génère que peut de revenu. Voilà le lien : http://youtu.be/QKwWPQ1Orzs

  15. Opensource ne veut pas dire gratuit. Il peut vendre des packages précompilés pour différentes distribs, accès à des dépôts, du support… tout en fournissant les sources et même en dialoguant avec les utilisateurs.

    Le développeur de Qtiplot (un équivalent du privateur Origin, pour tracer des graphiques (non Excel et Calc sont des bouses pour faire ça, qu’on se le dise)) faisait quelque chose comme ça. Un copain contribuait au financement, il avait accès aux paquets Ubuntu officiels et ses besoins étaient pris en compte avec discussion à l’appui pour l’intégration de nouvelles fonctionalités. Ce pote lui a même filé un coup de main.

    http://soft.proindependent.com/qtip

    Il y a des solutions !

  16. C’est quoi le logiciel en question ?

    J’ai trouvé ces logiciels sur le site de l’auteur :

    * Illumination
    * App-Make-inator
    * Game-Make-inator
    * Arduino-Make-inator
    * Radical Comic Designer

    L’article parle de l’une de ces applications ?

  17. Sinon, un modèle de financement que j’aime bien, c’est celui de Ardour http://ardour.org/

    On peut voir son objectif de financement par mois sur cette page : http://community.ardour.org/communi

    Cela fait plusieurs années que ça fonctionne pour lui.

  18. @Stephane Klein : Il a tout libéré d’un seul coup (après une souscription réussie de 4000 $) :
    http://lunduke.com/?p=3372
    http://lunduke.com/?p=3422

  19. Chrysander

    Je m’avance peut-être un peu, mais, peut-être qu’il s’agit d’un problème de « contrat ». Un logiciel que l’on paye, il y a un contrat, au moins implicite, avec l’auteur : on accepte de payer parce que, entre autre, on attend de l’auteur qu’il maintienne son logiciel. Pour grossir le trait, on ne fait pas que acheter Photoshop. En payant, on s’attend aussi à un service de la part de Adobe : la correction de bug au minimum. Et le raisonnement se tient : si Adobe ne corrige jamais ces bugs, personne n’aura confiance dans ces produits, personne ne les achètera et il perdra de l’argent.

    Ce genre de contrat implicite n’existe pas vraiment dans l’open source « gratuit ». Vous télécharger un logiciel, rien n’impose à l’auteur de maintenir son programme : les « petits » développeurs open source (cad pas Mozilla quoi…), n’ont pas la pression de l’argent (ou n’en donne pas l’image). On perd alors cette garantie de maintenance, et donc quelque part, la confiance dans le futur du logiciel. Il faut être une grosse société ou avoir un produit avec un énorme succès (ex : jQuery) pour que l’image de stabilité arrive à convaincre.

  20. Le problème est très simple, et l’auteur ne l’a malheureusement pas compris.

    Avec le libre, au contraire des logiciels privateurs, on ne paie pas pour le logiciel. On paie pour le/les développeur(s). C’est aussi simple que ça. Manifestement, les gens qui jugeaient que son logiciel valait X $ ne jugent pas que son travail futur en vaut autant.

    C’est triste pour lui, mais ça n’a rien à voir avec un succès ou échec du modèle économique du libre.

  21. @klein et wan, Ardour est également financé par Harrison, éminent fabricant de consoles digitales (tournant sous Linux) et éditeur de Mixbus, le tout basé sur Ardour. Une partie du développement d’Ardour s’éffectue grâce à Harrison, en fait. Mais pas que, les dons permettent de rémunérer plus directement le projet. Harrison a même porté Mixbus et jackd (et donc Ardour, en fait…) sous Windows, et donc jackd et tout ce qu’il faut, pour en faire le seul logiciel pro d’enregistrement qui tourne sous Linux / Mac / Win.

    Plus généralement, le premier sous-entendu à avoir en mémoire, c’est le fait que « gratuit = pas de valeur ». C’est un problème récurent quand je discute avec des amateurs de logiciels payants, libre ou non d’ailleurs. L’autre sous entendu, c’est que si on paye, on télécharge les mises à jour car elles ont une valeur pécuniaire: on veut rentabiliser la licence (ex: Adobe, Microsoft, Oracle). En gratuit, libre ou non, on sent moins le besoin d’en avoir pour son argent; et de fait, on trouve facilement des WordPress, Mysql ou autre pas à jour, ou des vieilles Gentoo chez OVH.

    Les développeurs de plugins et thèmes payants pour WordPress et Drupal utilisent un modèle similaire: le code étant en php, il est forcément visible et modifiable car non compilé. Leur astuce consiste souvent à utiliser une API et une clé d’activation, tout en fixant un prix raisonnable afin que le client ne cherche pas dans le code comment se passer de la clé. D’autre part, le client achète aussi le support et les mises à jours, donc une certaine garantie de qualité.

    La solution est peut-être finalement de proposer des versions packagées payantes, voire des versions hébergées quand c’est possible, tout en laissant les sources dispos (ex: Automatic avec WordPress). Cela permet aussi de contrôler le téléchargement. Après tout, télécharger un .deb de temps en temps pour mettre à jour une application, c’est pas la mort. Sous Ubuntu, c’était encore le cas pour Skype il y a peu, et c’est toujours le cas pour Virtual Box.

    @mediate, vous devriez le porter en mode Web et proposer une offre hébergée, tout en laissant les sources et un howto pour ceux qui le souhaitent. C’est le modèle économique sur lequel parie CozyCloud.

  22. Curieux que personne dans les commentaires ne parle du logiciel dont le nom n’est jamais donné ?

    Pour ceux qui voudraient y voir pour les analyser, les logiciels de Bryan Lunduke sont sur GitHub : https://github.com/BryanLunduke

    J’en suis bien incapable mais je serai curieux de voir s’ils sont imbitables ou bien documentés ?

  23. Muchacho

    J’avoue ne pas comprendre. Et l’article me parait bizarre.
    C’est très étrange de ne pas nommer le logiciel en question.

    Au risque de répéter ce qui a déjà été dis, qu’est-ce qui empêchait de vendre le logiciel comme avant, et d’ajouter un lien vers les sources pour ceux que ça intéressent ?

  24. Le logiciel était payant, il est maintenant gratuit, l’auteur a moins de revenu. Il n’y a pas à s’en étonner comme il le reconnaît. Mais il n’y a pas à opposer libre et propriétaire ici : s’il avait mis son logiciel en freeware (propriétaire gratuit), le résultat aurait vraisemblablement été le même.

    Le développement est moins actif : évidemment puisqu’il a décidié d’y consacrer moins de temps. Pourquoi espérait-il tant voir de nouveaux contributeurs ? Les forges logicielles sont remplies de logiciels libres abandonnés. (ce qui n’est pas un problème en soi, mais la réalité est bien qu’il n’y a pas de main d’oeuvre bénévole à la hauteur de tous les projets démarrés).

    Moins de téléchargements : évidemment, avant c’était interdit, et maintenant c’est autorisé. Sous Linux en particulier où l’on a plus l’habitude de passer par des intermédiaires (les distributions) que par l’upstream. Il a fortement diminué le développement : comment les téléchargements pourraient-ils se maintenir dans ces conditions ? C’est le résultat de sa décision.

    Ce n’est pas abordé mais j’imagine qu’en propriétaire il devait faire un minimum de marketing. On conseille en général d’y passer 50% de son temps, car ça rapporte plus de mieux vendre quelque chose qui existe déjà que d’améliorer quelque chose qui ne se vend pas. J’imagine que son passage à l’open source s’est accompagné d’un arrêt complet du marketing qui y était consacré.

    Au final je pense que ses logiciels n’intéressent pas un public si large que ça, a fortiori si le marketing fait défaut. Les potentiels contributeurs sont trop peu intéressés pour s’y consacrer. Les acheteurs qui étaient prêts à payer un shareware relativisent fortement la valeur du produit et ne font que des dons modestes.

    Il n’y a rien de nouveau : s’il suffisait de passer en libre pour maintenir ses revenus et gagner en bonus des contributeurs, ça se saurait, non ?

  25. Une des raisons a ne pas négliger est que le fait de rendre libre le logiciel multiplie par la même occasion le nombre de sources de téléchargement. Avant, seule une source était disponible, désormais tout les sites mirroirs dédiés au libre ( ex. : cnet) ainsi que les dépots des distributions linux sont des sources de téléchargement possibles (ex. : ubuntu et archlinux ) les proposent. pour s’en convaincre, il suffit de jetter un œuil sur google par example https://www.google.fr/search?hl=fr-

  26. Ce texte me fait plus penser à un mec qui essaie d’appliquer des anciennes logiques datant de son ancienne licence proprio à un logiciel opensource, qui de fait ne suis vraiment pas les mêmes dynamiques.

    Tout ça me fait penser à une interview de Zenitram, le développeur du logiciel Mediainfo, qui explique comment il réussissait à vivre, avec sa petite entreprise, du développement de son logiciel.

  27. Le souci n’est pas l’open source en lui-même. C’est juste l’histoire d’un gars qui a scié la branche sur laquelle il était assis :-) . Avant il avait une source revenue, en passant au libre, il ne s’est pas posé la question d’où allaient désormais provenir ses revenus. Les sources de revenus du logiciel libre sont principalement basées sur le service. Où sont les services associés à ce logiciel libre ? Aucun ? Juste les dons ? Alors pas de revenu ou presque.

  28. Louis Bettens

    Je vois que le fond a beaucoup été discuté, mais y’a quand même un détail qui me gène : je ne comprends pas pourquoi la première figure est un camembert. J’ai cru comprendre qu’il y avait là le nombre mensuel de téléchargements avant et après le passage. Le principe d’un camembert c’est qu’il y a un tout et plusieurs parties ; mais là, un histogramme comme juste en dessous aurait été meilleur, parce que c’est quoi le total de deux valeurs moyennes, selon vous ? Puis où’squ’on voit les téléchargements depuis GNU/Linux en particulier là-dessus ? Ch’sais bien que je suis le seul à regarder sérieusement les graphiques, les gens les mettent juste pour faire joli mais bon…

  29. +1 pour le camembert, je n’ai pas du tout compris ce qu’il était sensé représenter…

  30. Je me trompe ou ses programmes sont écrits en REALbasic ? Ne serait-ce pas une des raisons pour lesquelles personne ne contribue à ses projets ?

  31. @nh2 je me demandais aussi quel était ce langage…

  32. Je commencais à remettre en doute le libre et j’ai vu ce commentaire :
    « Le logiciel était payant, il est maintenant gratuit, l’auteur a moins de revenu. Il n’y a pas à s’en étonner comme il le reconnaît. Mais il n’y a pas à opposer libre et propriétaire ici : s’il avait mis son logiciel en freeware (propriétaire gratuit), le résultat aurait vraisemblablement été le même.

    Le développement est moins actif : évidemment puisqu’il a décidié d’y consacrer moins de temps. Pourquoi espérait-il tant voir de nouveaux contributeurs ? Les forges logicielles sont remplies de logiciels libres abandonnés. (ce qui n’est pas un problème en soi, mais la réalité est bien qu’il n’y a pas de main d’oeuvre bénévole à la hauteur de tous les projets démarrés).

    Moins de téléchargements : évidemment, avant c’était interdit, et maintenant c’est autorisé. Sous Linux en particulier où l’on a plus l’habitude de passer par des intermédiaires (les distributions) que par l’upstream. Il a fortement diminué le développement : comment les téléchargements pourraient-ils se maintenir dans ces conditions ? C’est le résultat de sa décision.

    Ce n’est pas abordé mais j’imagine qu’en propriétaire il devait faire un minimum de marketing. On conseille en général d’y passer 50% de son temps, car ça rapporte plus de mieux vendre quelque chose qui existe déjà que d’améliorer quelque chose qui ne se vend pas. J’imagine que son passage à l’open source s’est accompagné d’un arrêt complet du marketing qui y était consacré.

    Au final je pense que ses logiciels n’intéressent pas un public si large que ça, a fortiori si le marketing fait défaut. Les potentiels contributeurs sont trop peu intéressés pour s’y consacrer. Les acheteurs qui étaient prêts à payer un shareware relativisent fortement la valeur du produit et ne font que des dons modestes.

    Il n’y a rien de nouveau : s’il suffisait de passer en libre pour maintenir ses revenus et gagner en bonus des contributeurs, ça se saurait, non ? »

    et celui la

    « Le souci n’est pas l’open source en lui-même. C’est juste l’histoire d’un gars qui a scié la branche sur laquelle il était assis :-) . Avant il avait une source revenue, en passant au libre, il ne s’est pas posé la question d’où allaient désormais provenir ses revenus. Les sources de revenus du logiciel libre sont principalement basées sur le service. Où sont les services associés à ce logiciel libre ? Aucun ? Juste les dons ? Alors pas de revenu ou presque. »

    SAUF QUE si le logiciel libre, on peut en faire du fric si on apporte la bonne plus-value comme expliqué ici -> http://walane.net/on-the-web/lien/?…

  33. FabriceV

    Bonjour,
    Sauf, que tout le monde discute en généralisant un cas sans chercher à comprendre quels sont les points particuliers du cas. Je fais parti de ceux qui ont acheté avant (lorsqu’il était payant et nouveau) et ne perdrait même pas mon temps aujourd’hui ni à télécharger une version gratuite ni à payer une mise à jour si le logiciel était demeuré commercial. Autrement dit, Brian devrait aussi se demander pourquoi même les anciens acheteurs payants ont abandonné son (ou ses) logiciels avant de faire un commentaire sur l’échec du passage au libre.

  34. Un point à prendre aussi en compte:
    Une entreprise pourra comptablement justifier d’une facture pour l’achat d’une licence logicielle.
    C’est beaucoup plus compliqué pour un don. Du coup, les entreprises ne contribuent plus quand c’est simplement du libre.