Pourquoi les banques entrent en guerre contre la monnaie Bitcoin

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La Banque de France a publié ce jeudi 5 décembre une note sur le bitcoin « monnaie non régulée qui n’offre aucune garantie ». Cela a été repris dans tous nos grand médias, d’autant que la banque centrale chinoise s’y est mise à son tour, interdisant officiellement à ses institutions d’utiliser cette drôle de monnaie (conséquence directe : chute momentanée de son cours en yuans de près de 35%).

Or, quand on lit les articles de la presse nationale, on est frappé par le long exposé anxiogène des risques que représente bitcoin, reprenant ainsi les arguments dans la Banque de France, trop rarement (litote) contrebalancé par ses avantages.

Or ils sont nombreux, à commencer par, tiens, tiens, pouvoir (enfin) se passer des banques… CQFD

Maintenant que le bitcoin a grandi et que de plus en plus d’organismes l’acceptent comme mode de paiement, la guerre est ouvertement déclarée. Parce que se passer des banques, c’est tout simplement révolutionnaire par les temps qui courent où l’économique a pris le pas sur la politique…

PS tout à fait personnel : Les banques (avec la complicité des gouvernements) ont quand même beau jeu de nous faire la leçon après la crise des subprimes. 2 infos récentes du mois dernier qui intéressent beaucoup moins les médias que les pseudo-problèmes sociétaux (et surtout pas sociaux) du mariage, du racisme ou de la prostitution : une rallonge de 1,5 milliard d’euros aux collectivités pour qu’elles renoncent à tout contentieux contre les banques et Euribor, Libor : la manipulation des taux coûtera 1,7 milliard d’euros d’amende à six banques européennes (mais minimisées selon leur ordre d’arrivée). On nous prend vraiment pour des cons !

Bitcoin accepted here

Pourquoi les banques déclarent la guerre au Bitcoin

Why Banks are Declaring War on Bitcoin

Mark Maunder – 5 décembre 2013 – Blog personnel
(Traduction : Goofy, crendipt, Shanx, Jérémie, Jérémie, Tr4sK, Asta, Omegax, Sky + anonymes)

Et si nous vivions dans un monde où toutes les transactions se faisaient de personne à personne et ne coûtaient quasiment rien ?

Et si nous vivions dans un monde où la valeur de l’argent épargné augmentait petit à petit, non pas grâce aux intérêts, mais simplement parce que, avec le temps qui passe, vous pouvez acheter plus de trucs avec la même somme ?

Et si s’endetter devenait une très mauvaise idée parce que, si vous détenez 10 unités de monnaie aujourd’hui, et que la valeur de celle-ci augmente lentement, alors vous devrez graduellement de plus en plus d’argent ? Ainsi, personne ne voudrait s’endetter.

Et si s’endetter devenait une très mauvaise idée parce qu’épargner devient une très bonne idée, parce que quelle que soit la somme que vous possédez, elle vaut de plus en plus à mesure que le temps passe ? Elle augmente non pas parce qu’elle est exploitée par une banque, mais parce que plus de gens veulent la même somme.

C’est le monde vers lequel nous nous dirigeons, car c’est ainsi que Bitcoin fonctionne. Un univers en parallèle des banques qui laisse celles-ci en position de faiblesse.

Bitcoin n’est pas une banque centrale où l’afflux d’argent peut-être régulé par une charte, charte pouvant être contrôlée par les lobbys et manipulée par les grands industriels. L’apport de la monnaie Bitcoin est gouverné par un algorithme, et cet algorithme assure que le Bitcoin sera toujours sujet à la déflation. Cela signifie que le rythme auquel la monnaie Bitcoin est créée ralentira progressivement pour complètement s’arrêter tôt ou tard. Par conséquent, aussi longtemps que l’activité économique (qui dicte la demande monétaire) augmente doucement, cette devise vaudra progressivement un peu plus.

Traditionnellement, la déflation, pendant laquelle la monnaie vaut plus et les prix des denrées et services chutent, est le pire cauchemar des économistes. Ceci parce que lorsque vous êtes en déflation, les salaires baissent. La plupart des consommateurs sont endettés d’une façon ou d’une autre. Si vous devez 100 000 dollars pour votre maison et que votre salaire passe de 50 000 à 30 000 dollars par an, vous avez un gros problème. Vous commencez à dépenser moins, l’activité économique ralentit et cela alimente une déflation plus forte. Une économie peut ainsi entrer dans une spirale déflationniste.

Dans l’économie Bitcoin, la déflation est au cœur de la devise. Cela signifie que c’est une très mauvaise idée d’emprunter de l’argent en Bitcoin parce que vous devrez de plus en plus au fur et à mesure que le temps passe et que vous ne serez jamais en mesure de le rembourser. En revanche, si vous ne vous endettez jamais et que vous décidez d’épargner, l’argent que vous conservez vaudra un peu plus chaque jour.

C’est un cauchemar pour les banques parce qu’elles veulent que vous empruntiez toujours plus afin que vous payiez des intérêts sur vos emprunts. Elles veulent ainsi maintenir un écart entre les intérêts que vous payez, et ceux qu’elles paient pour emprunter l’argent qu’elles vous ont prêté.

C’est un plus grand cauchemar encore parce que les banques veulent que vous ouvriez un compte d’épargne et y déposiez de l’argent afin que vous puissiez percevoir des intérêts dessus et rester en phase avec l’inflation. Si vous ne déposez pas suffisamment d’argent à la banque dans un contexte inflationniste, votre argent perdra de la valeur. Mais si vous déposez de l’argent dans une banque, elle l’investira à votre place, percevra des intérêts, vous reversera des intérêts à un taux plus bas et conservera la différence. Donc si vous n’alimentez pas un compte d’épargne parce que votre argent prend de la valeur automatiquement par la déflation, les banques perdent.

Pour résumer, vous n’empruntez pas et vous ne déposez pas votre argent dans un compte d’épargne ou un compte d’investissement pour suivre le rythme de l’inflation, par conséquent les banques perdent les revenus des prêts et des dépôts qui leur permettent d’emprunter peu et de prêter beaucoup, qui est un de leurs modèles économiques de base.

Donc, que reste-t-il à faire aux banques ? Eh bien, elles pourraient seulement passer leur temps à faciliter les transactions comme le font Visa, Mastercard, le réseau SWIFT, Western Union Money Transfer et d’autres. Mais on a déjà dit que les transactions Bitcoin sont faites de personne à personne et coûtent très peu. Les banques ne perçoivent même pas ce revenu.

Et c’est pour cela que les banques travaillent très, très dur en coulisse pour essayer de tuer Bitcoin avant qu’il ne les tue. Voilà quelques exemples :

Les banques qui sont le plus effrayées sont celles qui se développent dans les pays comme l’Afrique du Sud, où les frais de transactions sont bien plus élevés que dans les pays développés. Ces frais sont élevés car les déposants ont tendance à être en moins bonne santé et épargnent de plus petites sommes, donc pour contrebalancer le fait qu’il y ait moins d’argent pour que les banques puissent investir, celles-ci assomment leurs clients avec de gros frais de transactions. Les pays développés ont tendance à avoir de nombreuses populations migrantes qui envoient de l’argent dans leurs familles à l’aide de services tels que Instant Money qui permet l’envoi d’un code par SMS à une personne qui peut ensuite aller dans un supermarché local afin de recevoir la somme associée. Les frais de transactions pour de tels services sont élevés et si Bitcoin devient un mode de transfert et de stockage d’argent plus efficace en terme de coûts, les banques des pays développés vont perdre un business très lucratif.

La guerre contre le Bitcoin vient tout juste de commencer. Les banques traditionnelles ont un gros stock de munitions pour la mener car leurs munitions c’est l’argent.

L’Internet des débuts était plus libre que celui d’aujourd’hui. Les monnaies chiffrées sont peut-être plus libres aujourd’hui qu’elles ne le seront jamais.

Annexe

On pourra relire à l’occasion ces 3 articles du Framablog :

31 Réponses

  1. mamelouk

    rien sur le fait que la quantité de bitcoin étant limitée, il n’y justement aucun intérêt à la dépenser? qu’elle risque d’entraîner les même problèmes qu’avec la monnaie-or de l’empire romain? les plus riches s’enrichiront et il suffit que certains d’entre eux se mettent d’accord pour faire de la détention et c’est la chute du système?

    sérieusement, je suis impatient de voir le système monétaire évoluer, mais bitcoin n’est pas la monnaie qui fera la révolution. il sera peut etre reconnue comme étant la première expérience de crypto monnaie réussie?

  2. J’ai besoin d’un coup de main pour libérer le code d’une initiative citoyenne de monnaie virtuelle avec revenu de base. On est déjà plus de 300 à utiliser cette plateforme type « Leboncoin » d’échange entre particuliers avec monnaie virtuelle. Si des développeurs PHP/Mysql talentueux sont dans le coin ça s’appelle Monnaie M.

  3. Il n’ ya pas que le Bitcoin que l’on peut acheter ! Maintenant vous pouvez même acheter du Litecoin, du Namecoin, du Peercoin… toutes ses monnaies ont été découvertes par le public lors de la bulle bitcoin d’avril… il y a encore des fortunes à faire je pense !!!

  4. Jarvanis

    « Il faut épargner parce que s’endetter c’est mal »

    Ok je veux bien. Mais si j’ai 100 bitcoins et que ça coûte 1000 de m’acheter un appart mediocre, je fais comment?

  5. Jarvanis

    Merome : excellente ton idée, je m’inscrirai ce soir, bravo !

  6. Nabellaleen

    Merci mamelouk, de remettre un peu les choses dans le contexte !

    Expliquer pourquoi les banques ont peur du bitcoin, et pourquoi c’est bien qu’elles aient peur, c’est cool. Mais de là à presque « encenser » le bitcoin, monnaie privatrice et spéculative. Le faire sur Framablog qui plus est …

    On assimile souvent bitcoin à une pyramide de Ponzi. Si ce n’est pas strictement exacte, ça ne sort cependant pas de nul part : la masse monétaire est majoritairement possédée par quelques uns, qui ont ainsi la main sur l’économie.
    Il doit y avoir environ 12 millions d’unités aujourd’hui, et l’ensemble des transactions quotidiennes sur mtgox, la plus grosse plateforme, dépasse rarement le millier de btc par jour (et monte à 10k btc les jours de « crack »).
    On sait en outre que la majorité des unités est essentiellement détenue par quelques individus présents au tout début de « l’aventure ». Difficile d’estimer combien ils possèdent, mais il est assez probable que plusieurs individus possèdent plus de 10k ou 100k btc.
    On voit alors facilement la puissance qu’ils ont sur le marché : en vendant 1/100ème de leurs possessions au prix qu’ils souhaitent, ils peuvent bouleverser complètement l’équilibre, fragile, qui se trouve derrière la « valeur » du bitcoin.

    Ce mode de fonctionnement n’est donc pas du tout positif pour l’humanité. Pourquoi quitter un système favorisant des puissants (les banques), au profit d’un autre système favorisant les puissants (les early adopters ou les pirates talentueux ayant volé des portes-monnaies) ?
    Clairement, l’avenir me paraît être dans ces monnaies venant « du peuple ». Mais pas une monnaie ayant les règles de bitcoin. Les initiatives comme celles de Merome ( http://merome.net/monnaiem ) ou comme OpenUDC ( http://project.openudc.org ) sont bien plus respectueuses des individus.

  7. pierrecastor

    @Jarvanis : Tu n’achètes pas. ;-)

  8. je ne suis pas économiste, mais le peu que j’ai compris, c’est qu’une monnaie qui fonctionne doit être constamment en circulation (c’est à ça qu’elle sert). Une monnaie qui incite très fortement à capitaliser via un modèle inflationniste va juste agraver les problèmes qu’on connait avec le capitalisme, c’est-à-dire inciter l’argent à dormir dans des coffres (virtuels) pour faire plus d’argent (même plus besoin de spéculer, trop magique).
    J’attends d’avantage de monnaies basées sur la confiance et la redistribution comme openUDC que de monnaies basées sur la méfiance et la spéculation comme bitcoin !

  9. @Jarvanis : Tu bosses pour gagner suffisamment d’argent/BTC, évidemment. Si tu n’as pas la somme nécessaire, alors tu n’achètes pas, c’est la base.

  10. @Nabellaleen : « la masse monétaire est majoritairement possédée par quelques uns, qui ont ainsi la main sur l’économie. »
    Ne trouves-tu pas qu’il est normal de récompenser ceux qui ont pris *le plus de risques*, et ont cru en ces bitcoins avant les autres ?
    Bitcoin n’en est qu’au début, et effectivement, il n’y a pas autant de transactions que le reste des monnaies (bien qu’il y en ait plus que Western Union ET Paypal depuis peu).

    Concernant MtGox, tu te trompes, elle n’est plus la plus grosse plateforme en termes de transactions, c’est Btcchina, et comme son nom l’indique, c’est chinois.

  11. arijethro

    Je n’y connais rien en économie mais je connais le principe des vases communicants. Il me semble quasi impossible que le taux de change de bitcoin puisse augmenter à perpétuité.
    Si un produit, peu importe le produit, ou l’instrument, prend de la valeur c’est toujours au détriment d’autre chose. Et le détriment c’est ma pomme! On sera toujours les dindons de la farce! Pas d’endettement, mais mon pote tu vis sur quelle planète??? Ma banque s’occupe bien de moi et mon découvert « autorisé »…D’ailleurs mon banquier vient d’acheter du bitcoin, CQFD

  12. Concernant l’invasion de propositions de différentes personnes (vraiment différentes personnes ???) proposant la même monnaie alternative (monnaie M et openudc), étant personnellement très ouvert, j’y ai jeté un oeil, et je ne pense pas qu’elles soient vraiment sérieuses.
    Pour monnaie M, il y a une « personne »/entité qui distribue à la base 50 M. Première conclusion, centralisation maximale, et besoin de faire confiance en une entité enterne. Pourquoi 50 ? Pourquoi pas 5000 M ? Qui décide ? Voilà, dès l’instant où des personnes doivent choisir, c’est foutu. Ce que Bitcoin, quant-à-lui résoud par la manière mathématique.
    Ensuite, concernant « l’injustice » du bitcoin qui récompense les premiers (pionniers) venus, c’est EXACTEMENT la même chose pour cette monnaie, puisque les premiers arrivés, ayant un revenu d’1 M chaque mois (il me semble ?), auront plus que les nouveaux arrivants.

    Pour la monnaie « openUDC », j’ai arrêté de lire après « basé sur OpenPGP ». La sécurité d’OpenPGP est remise en cause depuis un moment déjà à cause d’RSA jugé obsolète et très risqué aujourd’hui, sans parler du WoT (Web of Trust) qui ne fonctionne pas si bien dans la pratique puisqu’il faut se connecter sur des serveurs publiques pour récupérer les clefs publiques, et donc, modifiables par des entités/gouvernements.

  13. Nabellaleen

    @Istep : tu réfléchis selon le prisme qu’on nous inculque depuis quelques générations, selon lequel la monnaie est un bien, comme n’importe quel autre bien, qu’on peut jouer sur les marchés boursiers, etc …

    Or à l’origine, la monnaie est un outil. Un outil permettant à chaque être humain de pourvoir à ses besoins même si ce qu’il produit n’a pas la même échelle de valeur que son vis-à-vis. Le but de la monnaie est de permettre à un maçon d’acquérir des bouteilles de lait sans vendre obligatoirement une maison au crémier.
    Donc non, il n’est pas « normal » de « récompenser » les premiers à avoir cru en une monnaie. Non il n’est pas normal que nos enfants aient moins de chances que nous devant l’accès à la monnaie. Chaque accédant devrait avoir autant de chance que les autres d’utiliser cet outil, pour avoir la liberté d’échanger et donc de vivre.
    C’est en ça que bitcoin n’est pas libre, contrairement à OpenUDC.

    Concernant MonnaieM, c’est une expérimentation. Merome était curieux de tester à la fois le revenu de base et les monnaies libres à création monétaire par dividende universel. Il exprime d’ailleurs plus haut la volonté de « libérer » le projet, pour le rendre viable, plutôt que le contraindre à rester « une expérience centralisée, obscure, toussa ».

    OpenUDC, je partage ton doute sur OpenPGP. Mais ici encore, l’algorithme importe peu, puisque l’idée est de créer un protocole monétaire. On pourra très bien remplacer OpenPGP par autre chose. Le principal c’est de comprendre l’esprit.
    Pour ça, rien de mieux que de s’attaquer à la partie théorique de la monnaie, en lisant « la Théorie Relative de la Monnaie », de Stéphane Laborde : http://www.creationmonetaire.info/2

    Mais définitivement, quelle que soit les autres solutions à envisager pour l’avenir, qu’OpenUDC ou MonnaieM soient adaptés ou non, bitcoin n’est clairement pas la solution : c’est une monnaie ne respectant pas nos libertés individuelles, ne respectant pas l’humain d’aujourd’hui et encore moins celui de demain.

  14. @Istep/@Nabellaleen

    Concernant les clés publiques qui pourraient être modifiées, j’ai juste une suggestion : pourquoi ne pas les assortir d’une signature de cette même clé ? Je veux dire : la clé privée peut tout à fait signer la clé publique elle-même (ou même sa version ASCII armored). Donc, on peut vérifier que le contenu de la clé publique correspond bien à ce que son possesseur à publié. Non ?

    Bon, sinon, ces histoires de RSA trop vulnérables aujourd’hui me laissent dubitatif … quel est le problème ?

  15. Bon, j’ai lu un peu à propos de la prétendue « faille » de RSA, et c’est plutôt un problème externe à l’algorithme. Bref, on est loin d’une faille béante.

    Et de toute manière, pouvoir usurper une clé au sein d’OpenUDC est loin d’être le Nirvana : au mieux cela peut mener à du vol d’argent pour ceux gérant toute leur monnaie avec une seule clé et faire de fausses signatures de personnes. Dans tous les cas, ça se limite à l’unique clé craquée. Or la faille n’étant pas généralisée, ce problème n’a que peu de conséquences.

    De plus comme le dit très bien Nabellaleen, l’algorithme, il se remplace.

    Bref, @Istep, tu peux continuer de lire ce qu’il y a après « basé sur OpenPGP ».

  16. @cgeek: Je ne parlais pas de la prétendue faille de RSA, mais de toutes les nouvelles techniques qui permettent d’accélérer le « craquage » par rapport à une recherche brute ainsi que la montée fulgurante de la puissance de machines (et la baisse de leur prix), forçant les utilisateurs à avoir des tailles de clef prohibitives (4096 bits minimum aujourd’hui et certains parlent de 16384 bits).

    Je n’ai pas bien compris ton message sur l’importance qu’une clef puisse être craquée ou non. Les conséquences sont *catastrophiques* si tu ne peux pas faire confiance en la technologie qui protège ton argent !

  17. A ta place, je relativiserais. Voici pourquoi :

    1. Déjà pour le fonctionnement d’OpenUDC, cela fonctionne comme pour Bitcoin : seule une et une seule clé permet de débloquer l’argent qui y est transféré.

    2. Craquer une clé implique toujours des coûts énormes, en temps mais aussi en ressources : il faut donc voir quel est le rapport coût/gain lorsque l’on tente de craquer une clé. Et à moins de viser des clés gérant énormément d’argent, je ne vois pas l’intérêt d’une telle opération. A ce train là, braquer physiquement les personnes est peut-être plus simple.

    3. On peut tout à fait multiplier le nombre de clés qu’on possède. Cela revient simplement à « ne pas mettre tous les oeufs dans le même panier ».

    Bref, autant je peux comprendre ton point de vue s’il s’agit de protéger des informations confidentielles, autant dans le cadre d’un système monétaire comme OpenUDC, je pense que le ratio bénéfices/inconvénients est très largement positif.

    Evidemment, tu peux tout à fait ne pas être d’accord. Libre à toi :-)

  18. @lstep :

    « Je ne parlais pas de la prétendue faille de RSA, mais de toutes les nouvelles techniques qui permettent d’accélérer le « craquage » par rapport à une recherche brute […] Les conséquences sont *catastrophiques* si tu ne peux pas faire confiance en la technologie qui protège ton argent ! »

    Va vite dire aux banques et aux plateformes de paiement en ligne d’arrêter d’utiliser SSL !

  19. corrector

    « les utilisateurs à avoir des tailles de clef prohibitives »

    En quoi, prohibitives? Trop lourd en calcul? Trop lourde à recopier? Autre chose?

  20. Glitchaaz

    @ mamelouk :
    le bitcoin est théoriquement divisible à l’infini, le code source est conçu pour pouvoir rajouter des décimales si besoin..

    Je pense qu’il faut voir le bitcoin plutôt comme l’initiative de mathématiciens et d’économistes avec un regard critique sur l’économie actuelle (le concept est redoutablement efficace, en tout cas suffisament pour bousculer le système bancaire actuel), mais sans la prétention de changer le comportement humain (et les inégalités qui en découlent). Ce genre d’approche moins idéaliste mais plus concrète peut être comparée à celle d’Einstein vis-à-vis de la bombe atomique..
    Les « libertariens » et autres révolutionnaires souris-clavier qui se sont « approprié » le bitcoin sont finalement les premiers à spéculer avec, l’occasion fait le larron, et ça ne peut qu’inciter à suivre les mystérieux « Satoshi Nakamoto » dans leur idée que l’établissement des limites, quand il s’agit de partager ou échanger les richesses, ne peut pas être confié à l’éventualité d’une bonté humaine, et qu’il faut donc que le système d’échange lui-même impose ces limites.
    C’est à cette conclusion aussi qu’en sont arrivé tous les gouvernements, rois, dictateurs, PDGs précédents, avec malheureusement la faiblesse (ou le vice) de s’occuper eux-mêmes de cette régulation.
    Le bitcoin commence donc par supprimer cette « supra » régulation, tout simplement. Libre aux utilisateurs désormais de mettre en place une régulation sur la base d’un consensus, puisque la structure supportant le réseau est partagée entre tous, et que les frais de gestion rémunèrent à part égale les utilisateurs/opérateurs en proportion des ressources qu’ils allouent à la maintenance du système.
    Le protocole bitcoin actuel n’incluent aucun moyen de régulation, mais l’une des caractéristiques qui le différencie fondamentalement du système bancaire actuel (et qui térrorise les banques), c’est que les transactions sont publiques.
    De fait, même si les bitcoins eux-mêmes ne peuvent pas être « teintés », la traçabilité des transactions peut très bien, moyennant une mise en commun de ressource similaire à celle du minage, permettre d’isoler, voire de blacklister, en temps réel des adresses, et de fait les bitcoins qui auraient transités par celles-ci.
    Il est donc possible à terme de discriminer une partie des bitcoins en circulation, pour isoler les spéculateurs, ou encore les criminels, et ce sans même avoir besoin de connaître qui fait quoi. La valeur des bitcoins restant dans le circuit pouvant de nouveau être le fruit d’un consensus entre utilisateurs.
    Le bitcoin a beaucoup de potentiel, la plupart judicieusement dissimulés lors de sa mise en circulation, à tel point qu’il est quand même très difficile de croire que c’est juste la bonne idée d’un geek qui s’ennuyait un peu trop sur facebook… La solidité du système et sa résilience inhérente sont aussi assez incroyable, en ces temps ou les « nouveautés technologiques » sont quasi systématiquement baclées en trois mois pour être de suite rentable…

  21. @lstep : Si si, nous sommes bien des personnes différentes, et Open UDC et Monnaie M sont des projets différents qui sont tous deux compatibles avec la TRM, que je t’invite à lire.
    Monnaie M est centralisé, c’est là son moindre défaut, mais il s’agit d’une expérimentation citoyenne d’un individu (moi !) qui n’a aucune espèce d’intérêt personnel à le promouvoir (ça me coute de l’argent – réel- et du temps).
    Sinon, tu n’as pas compris le principe du revenu de base de Monnaie M. Il est bien fixé à 1M au départ, mais son montant est relatif : 0.8% de la masse monétaire totale / nb d’utilisateurs. Ce qui, selon la TRM et avec l’hypothèse d’une espérance de vie de 80 ans, assure à chaque personne un accès égal à la monnaie. Si tu arrives sur Monnaie M dans 10 ans, ton revenu de base sera peut-être à 10M par mois, par exemple.
    Et c’est bien là le GROS défaut du bitcoin.

    Maintenant, tu dis « si des personnes peuvent choisir, c’est mort ». Monnaie M prévoit dans son règlement une procédure démocratique pour changer les règles. Si tu trouves que 50M c’est trop, ou pas assez, et que tu arrives à convaincre la majorité des utilisateurs de ce fait, on fera évoluer les règles de la monnaie.

    Espérant avoir répondu à tes interrogations, et disponible pour répondre à d’autres si besoin…

  22. Je ne suis pas insensible à certains arguments en faveur des Bitcoins. Par contre je suis un opposant farouche à toutes les évasions fiscales actuelles. Nos pays ne sont pas plus pauvres qu’avant, ils ont juste moins de contributions financières de leurs citoyens riches et de leurs compagnies privées.

    Peut-on me rassurer sur le fait que le Bitcoin n’est pas une arme de plus dans l’arsenal de ceux qui évitent le fisc? En tant que salarié, je n’ai pas d’autres choix que de payer ma contribution financière à la société, je tiens mordicus à ce que tous le fasse. Si le Bitcoin facilite l’évasion fiscale, et bien je suis contre.

    Je demande qu’on me prouve le contraire avant de changer de camp.

  23. Dechiffrages

    Opposer l’épargne et l’endettement, comme le fait cet article, c’est opposer le tenon à la mortaise, le marteau à l’enclume, la médaille et son revers. C’est poser que la lune prête à la terre – ou l’inverse. Bref, c’est sot.

  24. @cgeek: Un système, s’il n’est pas protégé contre tout le monde, ne pourra pas décoller car il existera toujours un doute, une crainte qu’il soit récupéré par une entité qui a les moyens (gouvernements par exemple…). L’intérêt de l’opération, en fait tu donne la réponse toi même, c’est de viser des clefs gérant énormément d’argent, effectivement et non, tu ne trouvera pas quelqu’un dans la rue à braquer qui porte sur lui de grosses sommes d’argent…

    @haha: Si les banques utilisaient SSL pour protéger les comptes des utilisateurs je fuirais, oui. Heureusement, ils ne protègent que l’accès à leur site web avec le SSL…

    @corrector: Pareil la réponse est dans la question. Effectivement, le temps de calcul pour générer une clef de 16kbits est d’au moins 30 minutes (calculé !) sur un PC dit « moderne » (au 9 déc 2013), ce qui, oui, est prohibitif. Et c’est pareil pour la vérification/signature, on mulitplie à peu près par 12 le temps de traitement rien que s’il on passe d’une clef de 1024 bits à une clef de 4096 bits (« openssl speed rsa » est ton ami :-)

    Pour résumer, bitcoin n’a aucun de tous ces problèmes (pas encore, en tout cas). Ni l’obsolescence de la crypto (double SHA-256 utilisé), ni le problème d’une quelconque autorité centrale.

  25. @Istep : croire qu’un gouvernement ne pourra jamais interférer dans un système d’une façon ou d’une autre est naïf. De fait, un gouvernement peut toujours interférer, ne serait-ce qu’en s’en prenant aux hommes (ou aux entreprises de ces hommes). De plus, et je ne pense pas te l’apprendre, il n’existe pas de sécurité absolue. Seulement des degrés de difficultés assez élevés pour rendre un système « suffisamment » safe.

    En l’occurrence, pour Bitcoin, OpenUDC ou tout autre système qui suivra, « suffisamment » signifie « ne puisse pas être massivement corrompu ». De mon point de vue, OpenPGP est tout à fait compatible avec cette définition.

    De plus, tu sembles croire que Bitcoin n’est pas pourvu d’une autorité centrale. Crois-tu vraiment que le jour où de gros acteurs décideront de s’y mettre, ils ne pourront pas posséder le fameux 51% de puissance de calcul ? D’ailleurs, c’est déjà plus ou moins le cas à travers les groupes de minage. Et puis, qu’arrivera-t-il si de gros calculateurs Bitcoin s’arrêtent du jour au lendemain ?

    Bitcoin n’est pas plus safe qu’OpenUDC, à mon humble avis.

  26. Et pourquoi pas des – petits, pour commencer – contextes sans monnaie ?

  27. je ne sais pas c’est quoi le bins , mais je sens qu’on agresse l’auteur du message , et y’as du spam au passage de opendtruc . c’est les mêmes techniques utilisées dans le forex , surtout pas d’attaques frontales .
    edn tout cas c’etait tres instructif , meme si je me demande tjours comment l’epargne a exces est mieux que le syteme actuel .

  28. Boudinos

    « Par une chaîne de partenariats, le Crédit mutuel est la première banque au monde à permettre un usage légal et massif de Bitcoin… »

    J’ai donné l’info à mon banquier (conseiller Crédit mutuel)
    qui n’était pas au courant… :-)
    On ne peut pas faire confiance au petit personnel.

  29. Le bitcoin fascine autant qu’il fait peur… J’aimerais pouvoir trader le bitcoin mais sa valeur est tellement volatile qu’il vaut mieux etre aguerri et prendre le minimum de risque.

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  31. But the Bitcoin they produce are “real” (i.e. BTC exchanges will take them).