L’affaire Brandon Mayfield : une surveillance terrifiante

Dans l’œil du cyclone…

Au lendemain de « la journée de la riposte », nous vous proposons une édifiante histoire qui peut arriver à chacun d’entre nous.

Fabbio - CC by-sa

L’affaire Brandon Mayfield : une surveillance terrifiante

Face aux excès de la NSA, plus personne n’est à l’abri du biais de confirmation.

The terrifying surveillance case of Brandon Mayfield

Matthew Harwood – 8 février 2014 – America Aljazeera
(Traduction : bouzim, amha, Nemecle, Diab, Achille, Scailyna, z1tor, Robin Dupret, sinma, peupleLà + anonymes)

Fin janvier, dans un webchat en direct, Edward Snowden le lanceur d’alertes de la NSA, a exposé l’un des dangers les moins débattus à propos de la surveillance de masse. En balayant aveuglement les enregistrements de toutes les conversations téléphoniques et communications internationales des États-Uniens, le gouvernement a la possibilité d’initier une enquête rétroactive, autrement dit de rechercher dans les données passées des cibles n’importe quelle preuve d’activité suspecte, illégale ou seulement embarrassante. C’est une possibilité qui a de quoi déranger : même ceux qui sont persuadés d’être eux-mêmes des gens honnêtes devraient y réfléchir à deux fois avant de proclamer haut et fort : « Qu’ai-je à craindre puisque je n’ai rien à cacher ».

Mais il y a un autre danger que Snowden n’a pas mentionné, inhérent au fait que le gouvernement dispose facilement d’un accès aux énormes volumes de données que nous générons chaque jour : il peut insinuer la culpabilité là où il n’y en a pas. Quand des enquêteurs ont des montagnes de données sur une cible donnée, il est facile de ne retenir que les éléments qui confirment leurs théories — en particulier dans les enquêtes de contre-terrorisme où les enjeux sont si importants — tout en ignorant ou minimisant le reste. Nul besoin d’une quelconque malveillance de la part des enquêteurs ou des analystes, même s’il ne fait aucun doute que les préjugés sont de la partie : il s’agit seulement de preuves circonstancielles et de cette dangereuse croyance en leur intuition. Les chercheurs en sciences sociales nomment ce phénomène « biais de confirmation » : lorsque des personnes sont submergées de données, il est bien plus simple de tisser ces données dans une trame narrative qui confirme les croyances auxquelles elles adhèrent déjà. Le criminologue D. Kim Rossmo, un inspecteur de la police de Vancouver à la retraite, était tellement soucieux du biais de confirmation et des échecs qu’il entraîne dans les enquêtes qu’il a incité les officiers de police dans le Police Chief Magazine à toujours se montrer vigilants sur le sujet. « Les éléments du biais de confirmation », écrit-il, « comprennent le fait de ne pas chercher de preuves qui démantèleraient une théorie, de ne pas utiliser une telle preuve s’ils en trouvaient, de ne pas envisager d’hypothèses alternatives et de ne pas évaluer la recevabilité de la preuve ».

Pour nous faire une meilleure idée de ces dangers, examinons l’affaire Brandon Mayfield.

Une erreur d’identité

Le 11 mars 2004 à Madrid, des terroristes proches de la mouvance d’Al-Qaïda ont coordonné un attentat à la bombe sur plusieurs trains de banlieue durant l’heure de pointe matinale. 193 personnes furent tuées et environ 1 800 furent blessées. Deux empreintes digitales partielles découvertes sur un sac de détonateurs au cours de l’enquête par la Police Nationale Espagnole (PNE) furent partagées avec le FBI par le biais d’Interpol. Les deux empreintes furent entrées dans la base de données du FBI, qui retourna vingt concordances possibles pour l’une d’entre elles : sur ces vingt concordances, l’une appartenait à Brandon Mayfield. Ancien chef de peloton de l’armée américaine, Mayfield officiait alors à Portland, dans l’Oregon, comme avocat spécialisé dans les gardes d’enfants, les divorces et les lois sur l’immigration. Ses empreintes étaient répertoriées dans le système du FBI parce qu’il avait fait son service militaire mais aussi parce qu’il avait été arrêté sur un malentendu vingt ans auparavant. Les charges avaient ensuite été abandonnées.

Il se trouvait que l’empreinte de Mayfield ne concordait pas exactement avec l’empreinte laissée sur le sac de détonateurs. Malgré cela, les spécialistes des empreintes au FBI fournirent des justifications aux différences, selon un rapport du Bureau de l’inspecteur général du département de la Justice (OIG). D’après la règle de divergence unique, le laboratoire du FBI aurait dû conclure que Mayfield n’avait pas laissé les empreintes trouvées à Madrid — c’est la conclusion à laquelle était parvenu le PNE et qu’il avait communiquée au FBI à plusieurs reprises. Pourtant, le bureau local du FBI à Portland se servit de cette correspondance d’empreinte pour commencer à fouiller dans le passé de Mayfield. Certains détails de la vie de l’avocat ont convaincu les agents qu’ils tenaient leur homme. Mayfield s’était converti à l’Islam après avoir rencontré sa femme, une égyptienne. Il avait offert son aide juridique sur une affaire de garde d’enfant à l’un des « Portland Seven », un groupe d’hommes qui avait essayé d’aller en Afghanistan afin de combattre pour Al-Qaïda et les Talibans contre les États-Unis et leurs forces alliées. Il fréquentait aussi la même mosquée que les militants. À la suite des événements du 11 Septembre, ces innocentes associations et relations, quoique approximatives, étaient devenues pour les enquêteurs des preuves que Mayfield n’était pas un bon citoyen américain, mais un terroriste sanguinaire déterminé à détruire l’Occident.

Les détails biographiques de Mayfield, en particulier sa religion et l’image de terroriste qu’on lui prêtait, ont contribué à ce que les laboratoires du FBI se montrent réticents au réexamen de l’identification erronée. Selon l’OIG, « l’un des inspecteurs a clairement admis que si la personne identifiée n’avait pas eu ces caractéristiques, le laboratoire aurait pu revoir l’identification en se montrant plus sceptique et repérer l’erreur. »

Comme les agents du FBI n’avaient aucune preuve concrète que Mayfield était impliqué dans l’attentat à la bombe des trains de Madrid, ils décidèrent de ne pas faire une demande de mise sur écoute, qu’il faut justifier par un motif suffisant de croire à une activité ou intention criminelle. À la place, ils ont donc fait appel à un mandat FISA (NdT : Foreign Intelligence Surveillance Act, loi décrivant les procédures de surveillance sur des puissances étrangères) en affirmant qu’ils avaient des motifs suffisants de croire que Mayfield agissait pour le compte d’un groupe terroriste étranger. Ainsi, le FBI pouvait contourner le Quatrième Amendement : s’ils découvraient accidentellement au cours de leur activité de renseignement la preuve d’une activité criminelle; ils pourraient la partager avec les procureurs et les enquêteurs. La cour confidentielle de la FISA approuva la demande, comme elle le fait presque toujours, et c’est ainsi que le FBI a pu commencer la surveillance sous couverture de Mayfield et de sa famille, de manière clandestine et incroyablement intrusive.

Des théories inventées de toutes pièces

Des agents du FBI pénétrèrent par effraction dans la maison de Mayfield et dans son cabinet d’avocat. Ils fouillèrent dans des documents protégés par le secret professionnel entre un avocat et son client, ils mirent sur écoute ses téléphones, ils analysèrent sa comptabilité et son historique de navigation Internet, ils fouillèrent même ses poubelles. Ils le suivirent dans tous ses déplacements. Malgré tout cela, le FBI ne trouva pas le moindre indice qui puisse le relier aux événements de Madrid. Ils trouvèrent cependant, des recherches Internet sur des vols vers l’Espagne et découvrirent qu’il avait pris une fois des leçons de pilotage d’avion. Pour ces agents du FBI, d’ores et déjà convaincus de sa culpabilité, tout cela était la preuve que Mayfield était un terroriste en puissance. Ses recherches sur le web étaient cependant tout à fait banales : sa fille devait organiser des vacances fictives pour un projet scolaire. Quant aux leçons de vol, elles témoignaient de l’intérêt de Mayfield pour le vol en avion, et rien de plus.

Il peut sembler qu’il y a là un nombre bizarre de coïncidences. Mais quand on présenta les preuves qui démontraient l’innocence de Mayfield au FBI, le Bureau les déforma pour pouvoir soutenir la thèse première qui faisait de lui un coupable. Le passeport de Mayfield avait expiré, et le dernier enregistrement d’un passage de frontières remontait à son service militaire en 1994. En l’absence de preuves d’un voyage à l’étranger depuis des années, le FBI a tout simplement élaboré une théorie selon laquelle il avait forcément voyagé sous une fausse identité dans le cadre de ce complot terroriste .

Du fait des erreurs commises par le FBI — ils avaient laissé des empreintes de chaussures sur le tapis de la maison de Mayfield et fait irruption un jour où son fils était seul à la maison —, Mayfield en conclut qu’il était sous la surveillance des autorités fédérales. La paranoïa s’installa. Quand il était au volant, il vérifiait s’il n’était pas suivi par une voiture jusqu’à son domicile ou jusqu’à son bureau. Le FBI interpréta sa nervosité comme une preuve supplémentaire de culpabilité. Pensant que leur couverture avait sauté, les agents du FBI placèrent Mayfield en détention comme témoin matériel dans l’attentat de Madrid, au motif qu’ils craignaient un risque de fuite. Ils ne pouvaient pas l’arrêter car malgré leur surveillance intrusive ils n’avaient toujours aucune preuve tangible d’aucun crime. Il passa deux semaines en prison, terrifié à l’idée que ses codétenus apprennent qu’il était impliqué d’une manière ou d’une autre dans les attentats de Madrid et qu’ils ne l’agressent.

Lorsque l’OIG examina comment l’affaire Mayfield avait été traitée, il établit que les demandes déposées par le FBI pour auditionner des témoins matériels et pour obtenir des mandats de perquisitions « contenaient plusieurs inexactitudes qui reflétaient un manque regrettable d’attention aux détails ». Malgré toutes les preuves contraires, le FBI était tellement convaincu de tenir son homme qu’il fournit de fausses déclarations sous serment devant un juge. La seule raison pour laquelle Mayfield est un homme libre aujourd’hui, c’est que la police espagnole a répété à plusieurs reprises au FBI que l’empreinte récupérée sur le sac de détonateurs ne correspondait pas à celles de Mayfield. Pourtant, le FBI s’en est tenu obstinément aux résultats de ses laboratoires jusqu’à ce que les autorités espagnoles identifient de manière concluante les empreintes du vrai coupable, Ouhane Daoud, de nationalité algérienne. Ce n’est qu’alors que le voyage traumatisant de Mayfield dans les entrailles de la sécurité nationale prit fin.

Un récit édifiant

L’épreuve qu’a vécue Mayfield est un récit édifiant de ce qui peut arriver lorsqu’un gouvernement s’acharne sur ses suspects et refuse de desserrer son étau. Heureusement, dans le cas de Mayfield, le gouvernement a fini par le relâcher mais non sans que la procédure ait chamboulé son existence.

Près d’une décennie plus tard, les capacités du gouvernement en matière de surveillance confidentielle n’ont fait que croître, grâce aux médias sociaux, téléphones connectés et autres technologies. La collecte massive de données personnelles des États-Uniens augmente le risque que des faux positifs — des Mayfield innocents tombant sous l’examen approfondi du gouvernement – se produisent . Et quand ce faux positif est un musulman américain ou un anarchiste ou un féroce activiste écologiste, les agents du gouvernement et les analystes auront-ils la capacité de mettre de côté leurs préjugés et leur nervosité afin de soupeser chaque information, particulièrement les preuves contradictoires, avant de condamner ces quelques malheureux à des charges bidons et à la vindicte publique ?

Le biais de confirmation devrait nous rendre sceptiques quant à cette possibilité.

Crédit photo : Fabbio (Creative Commons By-Sa)

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16 Réponses

  1. Elle est dingue cette histoire, le type est coupable tant qu’il n’a pas prouvé son innocence, c’est le monde à l’envers! Il ne fait pas bon avoir une vie qui ne correspond pas aux critères de « normalité » d’un citoyen américain.
    Ca fait peur…

  2. À mon avis cette histoire, si inquiétante qu’elle soit, n’est pas forcément un très bon exemple : cet homme, bien qu’innocent de ce qu’on lui reprochait et ne méritant pas ce traitement, n’était tout de même pas net du tout. Au contraire, ayant visiblement apporté son aide dans une entreprise visant à aider des gens à s’engager dans le terrorisme, il avait déjà quelque chose de très sérieux à se reprocher. Pas assez pour qu’on l’arrête ou qu’on le mette sur écoute, mais assez pour qu’on le surveille dans certaines limites, dans le cadre de la lutte contre les réseaux terroristes.

  3. Au sujet de l’exemple, on ne voit pas bien ce qui peut être reproché à cet avocat, sinon de faire son métier: apporter une aide juridique dans une affaire de garde d’enfant n’est pas aider les terroristes ! C’est même ainsi qu’on réalise comment ce « biais de confirmation » est nocif et pernicieux puisque même cité en exemple des dangers qu’il représente on peut avoir tendance à effectivement objecter « qu’il n’y a pas de fumée sans feu » . exactement le même raisonnement que le « si vous craignez quelque chose, c’est que vous avez quelque chose à vous reprocher ». Il n’y a pas que les citoyens américains qui doivent craindre la moulinette à normalité, elle est bien en marche chez nous !

  4. @Elessar Relisez. C’était une question de garde d’enfant. Et c’est un AVOCAT.
    Je suppose que selon vos critères, un avocat qui défend un meurtrier est aussi un assassin ?

  5. @Tanguy Ortolo, alias « Elessar ».

    Merci énormément à vous d’avoir mis un lien sur votre site puisqu’il nous éclaire, dès son accueil, de vos fondements humains ; puisse d’ailleurs la réciproque avoir lieu, vous l’offrant généreusement à portée du « vrai geek » que nous vous savons être. Car dans cette perspective, votre phrase « Au contraire, ayant visiblement apporté son aide dans une entreprise visant à aider des gens à s’engager dans le terrorisme, il avait déjà quelque chose de très sérieux à se reprocher. » démontre autant la fulgurance intellectuelle de votre éducation « centralienne » que la bonté naturelle de votre « catholicisme ». Puis-je me permettre de demander au chrétien que vous revendiquez être ce qui justifie de qualifier la dite entreprise comme de celles qui viseraient « à aider des gens à s’engager dans le terrorisme » ? Sur quelle bases juridiques (car voyez-vous, en occident, nous sommes censés vivre dans des États de droit) appuyez-vous ce postulat ? L’évocation du seul nom d’« Islam » peut-il, selon vous, suffire à l’évidence de cette méfiance dont nous autres, bon chrétiens, nous ferions ipso-facto — et par définition — l’économie ? Je puis vous assurer que les lecteurs de « Framasoft » (sinon les rédacteurs) seraient vraiment ravis de vos éclaircissements ; la Liberté — et le concept qui la matérialise — demande toujours à être définie d’avantage, notamment dans l’étendue de ses frontières que nous partageons rarement. Il reste à espérer que les vôtres ne soient pas restreintes à celles du paraître : je veux dire qu’il ne suffit pas de savoir coder en XHTML et être bardé de l’auto-diplôme de « geek » qui prône la GPL dans sa version 3.0 pour prouver au monde que la simple notion de « droit » puisse être cédée à celle de « foi ».

    Personnellement, du plateau de Millevaches où je me trouve (et où abondent en bouquets généreusement fleuris les terroristes athées qui attendent toujours d’être jugés malgré quelques « menues » failles du système), cela ne peut que me laisser circonspect puisqu’il me manque, sans doute plus qu’à vous, d’avoir été un « bon boy scout » pour me poser d’aussi fondamentales « questions » que celles dont votre chapitre éponyme nous gratifie avec encore trop de modération.

    Bien chrétiennement à vous.

  6. Un sociologue français s’intéresse aux biais de confirmation.
    Il a simplement oublié de s’interroger sur les siens..
    http://www.reopen911.info/2285.html

  7. Dérive sécuritaire, d’une banalité affligeante !

  8. bordel, si les escrocs facho taré de reopen commencent a spammer sur framablog vous etes foutus.

  9. C’est une histoire assez dingue, certes, mais les réactions qu’elle suscite en commentaires me semblent encore plus incroyables…
    Pour mémoire, le fameux « il n’y a pas de fumée sans feu » reste très souvent de mise en France, pas besoin d’aller si loin…

  10. @Marylin : ça fait un petit peu froid dans le dos, n’est-ce-pas ? Toutefois l’imbécilité fascisante (contre l’IVG, mais pour la peine de mort) a cela de fort rafraîchissant : elle entretient notre esprit critique, et puis c’est toujours un plaisir de lire Sébastien C.

    Puisse le Framablog me pardonner d’avoir nourri le troll… en pénitence j’égrènerai le chapelet des licences libres et répèterai inlassablement, avant de m’endormir du sommeil du juste : « La route est longue mais la voi[x] est libre ».

  11. @non : Si c’est à moi que tu fais référence, je ne sais pas ce que c’est que reopen ; facho taré, je le suis peut-être, à vous d’en juger, en revanche je ne me permettrais pas de me comporter en spammeur !

    @Marylin : C’est précisément ce qui m’inquiète avec cet exemple. Si tu relis mon premier commentaire, tu pourras constater, et j’en profite pour le confirmer, que je trouve qu’il s’agit clairement d’un abus de la part de l’administration américaine, d’un abus scandaleux et indigne d’un état de droit, donc les États-Unis s’éloignent de façon inquiétante, suivis par la France… En revanche, ce qui m’inquiète donc, c’est que l’histoire de cet homme permet une interprétation « pas de fumée sans feu ». La façon dont je la vois, c’est que l’administration américaine avait de bonnes raison de s’intéresser à cet homme, à condition que cet intérêt soit contrôlé ne dépasse pas certaines limites, qui ont été largement explosées ici.

    @Sébastien C. : Désolé mais tes interrogations à mon sujet, sont trop personnelles, hors de propos et vagues pour que j’y réponde ici. Je me contenterai de signaler qu’il me semble abusif d’établir un lien et d’opposer l’engagement libriste et les idées politiques ou religieuses. Je pense en particulier aux personnages de Richard Stallman et d’Eric S. Raymond, dont les idées sont très différentes, et même franchement opposée la plupart du temps, mais qui sont à mes yeux d’excellents hackeurs et libristes (bon, ok, ESR est plutôt « opensourciste », certes), ce qui n’implique pas que je sois d’accord avec tout ce qu’ils peuvent dire.

  12. Tizef, serrez ma haire avec ma discipline,
    Et priez que toujours le Ciel vous illumine.
    Si l’on vient pour me voir, je vais aux prisonniers
    Des aumônes que j’ai partager les deniers.

    @Elessar
    Qu’en des termes élégants, peu cher, ces choses-là vous dîtes ! Ainsi, pour vous, il serait hors de propos de vous demander ce qui vous permet de mettre en accusation un homme sans plus d’étaiement que son appartenance religieuse qui ne correspond pas à celle que vous clamez par ailleurs ? Hors de propos de parler de Liberté de foi au nom du DROIT comme on parle de Liberté de licence au nom du même ? Hors de propos de vous rappeler que suggérer ce dont vous n’avez pas l’once d’une preuve ni le moindre étaiement du soupçon est tout ce qu’il y a de plus odieux au regard non seulement du Droit, mais aussi de ce à quoi vous prétendez appartenir ? Hors de propos de faire cela en commentaire d’un article dont c’est essentiellement le sujet ?

    Il est effectivement tout ce qu’il y a de plus hors de propos de prétendre que la Liberté puisse baser sa raison d’existence sur la religion ; mais bafouer le Droit comme vous le faites en se prétendant religieux par ailleurs, c’est se prendre le risque d’un léger soulignement et rappel en retour. Cela suffit pour nous faire oublier largement la retenue dont nous assumons, nous, le troll. Aussi nous est-il agréable de noter que, pauvre Tartuffe, vous en soyez froissé ; détourner pieusement la tête et ne pas répondre à mes questions qui n’ont rien de vague permet à chacun de passage en ce lieu de prendre la mesure de vos responsabilités.

    Car il me faudra encore souligner à quel point dans l’Histoire, vos suggestions de culpabilité ont plus tué de conséquences que la théâtralisation de vos bouffonneries.

  13. @Sébastien C. : Sa religion n’a pas à entrer en compte ici. En revanche, il a volontairement donné son assistance juridique — ce qui est bien différent de servir d’avocat dans le cadre d’un procès — pour permettre à quelqu’un de s’engager comme terroriste, et ça, c’est digne de soupçon. En tout cas, c’est ce que j’ai compris, mais c’est expliqué un peu rapidement et j’ai donc pu me tromper.

    Maintenant, je le répète, la police est là pour veiller à la sécurité, ce qui implique de surveiller les réseaux terroristes, mais pas en violant les droits élémentaires des gens, or là, ils l’ont fait, et largement. Si vous en doutiez, je suis globalement d’accord avec cet article, et ça me conforte dans l’idée que depuis quelques années, les États-Unis s’éloignent de l’État de droit. Et ce qui m’inquiète encore plus, c’est qu’en France on est en train de prendre le même chemin.

  14. peupleLà

    1. « Il a offert son aide juridique sur une affaire de garde d’enfant » (une de ses spécialités en tant qu’avocat).
    2. La personne à qui il a offert cette assistance juridique se trouve être l’un des Portland Seven.
    3. Les Portland Seven sont un groupe qui souhaitait rejoindre l’Afghanistan pour combattre les États-Unis et les forces alliées.

    Le texte ne dit nulle part et en aucune manière que cette assistance juridique portait sur la possibilité de rejoindre les groupes en Afghanistan. Certes la source (et donc la traduction) n’entre pas ici dans les détails du type d’assistance juridique : peut-être agissait-il comme avocat pro bono. Ce qui est certain, c’est que lire cette phrase en comprenant qu’il aidait juridiquement une entreprise terroriste, c’est illustrer parfaitement comment opère le « biais de confirmation » dont il est question dans le texte. Et ce biais, aucun de nous ne peut prétendre y échapper; d’où l’intérêt d’en être conscient au moment de formuler un jugement ou une opinion… ^^

  15. Bonne chose que de parler du biais de confirmation, pour encourager les personnes à découvrir le critère de réfutabilité de Karl Popper.

  16. Que ce soit dans la police ou dans tout autre domaine, c’est courant de voir des personnes inventer des preuves et désigner des coupables pour masquer leur manque de résultat, leur incompétence, par peur de leur hiérarchie et pour échapper à la pression. La lâcheté et la bêtise sont en même proportion partout, même dans la police, l’homme est un animal avant tout. Ce qui est inquiétant, c’est qu’il n’y ait pas de garde-fous suffisants dans la police et qu’en effet, les techniques de surveillance facilitent autant ces dérapages. On va avoir de plus en plus d’affaire Brandon Mayfield et de vies brisées avant d’avoir des lois de protection suffisantes.