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Mot clé - education

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mercredi 7 mai 2008

OLPC : Quand Negroponte précise sa position

Pour enrichir et faire écho au précédent billet, voici la traduction d'un email de Nicholas Negroponte[1], directeur du projet OLPC.

Ce message est adressé à sa communauté suite aux remous provoqués par les récentes déclarations du même Negroponte qui n'hésitait pas à critiquer Sugar et à envisager de s'appuyer désormais sur Windows pour le futur système d'exploitation de son ordinateur. Arguant à demi-mot qu'il ferait alors ainsi peut-être moins peur aux clients potentiels (principalement les organismes publiques des pays en voie de développement).

Pour une meilleure compréhension, précisons que, tel GNOME ou KDE, le très original Sugar est l'environnement graphique du XO, l'ordinateur développé et vendu actuellement par le projet. Voici ce qu'on en dit sur un blog québécois « L'interface graphique de Sugar diffère nettement des systèmes d'opérations conventionnels (Windows, Mac OS X, Ubuntu, etc.). En effet, la métaphore de bureau y est complètement écartée pour faire place à quatre vues toutes plus sublimes les unes que les autres. Les concepteurs n'ont certes pas omis que, comme le souligne si souvent Nicholas Negroponte, il s'agit là d'un projet pédagogique et non technologique. L'apprenant est donc plongé dans un environnement d'apprentissage polymorphe qui suscite inévitablement une prise en compte du caractère pluriel d'un environnement d'apprentissage. »

Précisions également que le Walter dont il est question est Walter Bender l'ancien responsable de la division logicielle du projet (dont Sugar justement) et qui vient de donner sa démission. Précisions enfin que le constructionnisme est une théorie d’apprentissage développé par Seymour Papert, créateur notamment du langage Logo, et qui a participé activement au projet OLPC.

Grand merci à Yonnel pour la traduction dont je me permets de glisser ici un extrait de notre correspondance sur ce travail, histoire d'alimenter le débat. « Eh bien, cet article était très excitant à traduire... on est vraiment au coeur de l'évolution du libre, et la mise en perspective par rapport à Stallman est saisissante. Purisme vs pragmatisme, libre vs open source, philosophe vs businessman, le libre par des chevaux de Troie ou directement, frontalement. En tout cas, les deux sont des évangélisateurs, mais je suspecte que ce n'est pas de la même évangélisation que l'on parle. L'OLPC est vraiment un enjeu crucial dans la croissance de la civilisation numérique. Et quand même, les Negroponte, quelle famille ! Les deux frangins sont tous les deux des experts en langue de bois et en "conduite du changement" (avec des gros guillemets), ils sont impressionnants. Le Nicholas, il veut gagner sur tous les tableaux : la collaboration du libre et le soutien de Microsoft. Alors, vertueux ou arnaqueur ? »

Negroponte - OLPC - World Economic Forum - CC-By-Sa

À propos de Sugar

on Sugar

Email de Nicholas Negroponte du 23 avril adressé aux listes devel, sugar et community-news du projet OLPC

On me pose sans cesse la question :

Oui, l'implication d'OLPC pour Sugar a changé. Nous sommes maintenant plus impliqués, et non l'inverse. Contrairement aux interférences engendrées par le départ de Walter, par la presse et par des sources vénérables telles que OLPC News, nous faisons évoluer Sugar, nous ne le faisons pas régresser. Laissez-moi vous expliquer.

Sugar est une très bonne idée, avec une mise en oeuvre loin de la perfection. J'attribue nos faiblesses à des objectifs de développement et à des pratiques manquant de réalisme. Notre mission n'a jamais changé. Elle est d'apporter des portables connectés pour l'éducation des enfants, dans les endroits les plus pauvres et les plus reculés du monde. Notre mission n'a jamais été de prêcher le modèle de l'enseignement parfait ou le pur Open Source. Je crois que le meilleur outil pour l'éducation est le constructionisme, et que la meilleure méthode de développement de logiciel est l'Open Source. Dans certains cas on y arrive mieux avec des chevaux de Troie, par opposition à une confrontation directe ou à une isolation par souci de perfection. Rappelez-vous l'expression : le mieux est l'ennemi du bien. Nous avons besoin d'atteindre le plus d'enfants possibles et s'en servir comme des leviers, des agents du changement. Cela ne fait aucun sens pour nous de rechercher le modèle d'apprentissage parfait.

Pour cette raison, Sugar a besoin d'une base plus large, d'être installé sur plus de plate-formes Linux et d'être installé sous Windows. Nous sommes en discussion avec Microsoft depuis plusieurs mois, pour explorer une version dual boot du XO. Certains d'entre vous ont vu ce que Microsoft a développé de son côté pour XO. Cela fonctionne bien, et maintenant il faut mettre Sugar par-dessus (façon de parler).

En tant qu'organisation à but humanitaire et non lucratif, OLPC est dans une position unique en son genre, depuis laquelle elle peut changer le monde pour les enfants et l'éducation. La ruée des fabricants de portables sur le marché du bas de gamme est un exemple parfait d'une sorte de réussite. Une autre réussite sera ce que les gamins feront après l'école, et avec les autres gamins dans le monde. Une troisième est ce que nous faisons.

Nous ne sommes pas une entreprise, mais nous avons besoin de ressembler plus à une entreprise : respecter les échéances, gérer les attentes et tenir les promesses. Pour ce faire, nous devons engager plus de développeurs, travailler plus ensemble et passer moins de temps à nous disputer. A cause de notre exposition au public, tout ce que nous dirons sera cité hors contexte. Nous ne pouvons nous exprimer qu'à travers nos actions, et celles-ci se résument à : un Sugar fiable et omniprésent. Cela inclut d'être nous-mêmes des ingénieurs plus collaboratifs, et de mieux engager la communauté. Nos limitations ne sont pas financières, mais elles sont d'identifier les ressources humaines nécessaires et de s'y tenir.

Ce qui nous attend est une opportunité pour un grand changement. Sugar est au coeur de ce processus. Prétendre qu'il n'en est pas ainsi serait risible. Ceci dit, nous devons démêler Sugar. J'utilise toujours l'analogie de l'omelette, qui veut que l'oeuf soit frit, avec un jaune et un blanc distincts, plutôt que d'avoir l'interface, les outils collaboratifs, la gestion de l'alimentation et les radios amalgamés dans un seul ensemble flou et amorphe. Sinon, Sugar est impossible à débugger, et sera limité au petit monde de la plate-forme matérielle XO, même si celui-ci grandit.

Alors que nous allons vers l'engagement d'une communauté plus large, un certain purisme doit se transformer en pragmatisme. Il est absurde de suggérer que cela est un abandon de l'Open Source ou une nouvelle direction dans notre mission. Les enfants seront les agents du changement, et notre travail est d'en atteindre le plus grand nombre. Ce n'est pas seulement vendre des portables, mais rendre Sugar aussi solide et largement répandu que possible.

Nicholas

Notes

[1] Illustration : World Economic Forum Annual Meeting Davos 2006 sur Flickr.com et sous licence Creative Commons By-Sa.

mardi 6 mai 2008

Quand Stallman migre vers un OLPC qui risque de migrer vers Windows

Le projet OLPC avec son ordinateur XO, était sur le papier un projet passionnant. Et il doit le demeurer.

Or le projet est aujourd'hui en pleine tourmente. Difficultés économiques, démissions, déclarations contradictoires... pour aboutir à la confusion actuelle qui voit la remise en cause de l'option full logiciel libre jusqu'à évoquer très sérieusement la piste Windows XP comme futur nouveau système d'exploitation du XO.

Vous imaginez la consternation dans la communauté. Il n'en fallait pas plus pour que Mister Stallman en personne prenne la plume pour défendre un OLPC qui, sous Windows, perdrait tout ou partie de sa substance.

Merci à Yonnel pour la traduction.

Copie d'écran FSF.org

Peut-on délivrer l'OLPC de Windows ?

Can we rescue OLPC from Windows?

Richard Stallman - 29 avril 2008 - FSF.org

J'ai lu la déclaration de Negroponte présentant l'OLPC XO comme une plate-forme pour Windows dans les circonstances les plus ironiques qui soient, en plein milieu d'une semaine où je me préparais à une échéance : ma migration personnelle vers un XO.

J'ai pris cette décision pour une raison précise : la liberté. Les IBM T23 que j'utilisais depuis de nombreuses années sont convenables dans la pratique, et les systèmes et applications qui y étaient installés sont des logiciels entièrement libres, mais pas le BIOS. Je veux utiliser un portable avec un BIOS libre, et le XO est le seul dans ce cas.

Les logiciels habituellement installés sur l'XO ne sont pas libres à 100% ; le firmware de la carte wifi ne l'est pas. Cela implique que je ne peux pas faire complètement la promotion de l'XO tel quel, mais il m'a été aisé de résoudre ce problème pour ma propre machine : j'ai tout simplement supprimé ce fichier, ce qui a rendu la carte wifi interne inopérante, mais je peux m'en passer.

Comme toujours, des problèmes sont apparus, ce qui a repoussé la migration jusqu'à la semaine dernière. Vendredi dernier, quand j'ai discuté de problèmes techniques avec l'équipe de l'OLPC, nous avons aussi évoqué la manière de garantir le futur du projet.

Certains férus du système GNU/Linux sont extrêmement déçus par la perspective de voir l'XO, en cas de succès, ne pas devenir une plate-forme pour le système qu'ils aiment. Ceux qui ont contribué au projet OLPC par leurs efforts ou leur argent pourront très bien se sentir trahis. Toutefois, ces soucis ne sont rien par rapport à ce qui est en jeu : que l'influence de l'XO soit un vecteur de liberté ou un instrument de soumission.

Depuis l'annonce du lancement de l'OLPC, nous l'avons vu comme un moyen de mener des millions d'enfants dans le monde entier vers une pratique de l'informatique en liberté. Le projet a annoncé son intention de donner aux enfants une manière d'apprendre l'informatique en leur permettant de manipuler les logiciels et d'en étudier le fonctionnement. Cela peut encore être le cas, mais il y a un danger que ce ne le soit pas. Si la plupart des XO réellement utilisés sont sous Windows, le résultat final aboutira à son contraire.

Les logiciels propriétaires laissent les utilisateurs divisés et impotents. Leur fonctionnement est secret, il est donc incompatible avec l'esprit de l'enseignement. Apprendre aux enfants à utiliser un système propriétaire (non-libre) comme Windows ne rend pas le monde meilleur, parce qu'il les met sous le pouvoir du développeur du système – peut-être pour toujours. Ce serait comme initier les enfants à une drogue qui les rendrait dépendants. Si l'XO se révèle être une plate-forme qui répand l'usage de logiciels propriétaires, il aura au final un effet négatif sur le monde.

C'est également superflu. L'OLPC a déjà inspiré d'autres ordinateurs bon marché ; si le but n'est que de mettre à disposition des ordinateurs peu chers, le projet OLPC est une réussite, que d'autres XO soient construits ou pas. Donc pourquoi continuer à en construire davantage ? Apporter la liberté serait une bonne raison.

La décision du projet n'est pas arrêtée ; la communauté des logiciels libres doit faire tout son possible pour convaincre l'OLPC de rester (mis à part un paquet de firmware) une force de liberté.

Ce que nous pouvons faire, par exemple, c'est proposer notre aide aux logiciels développés pour ce projet. OLPC espérait avoir la contribution de la communauté pour son interface, Sugar, mais cela n'a pas vraiment été le cas. En partie, cela est dû au fait que OLPC n'a pas structuré son développement pour faciliter l'aide de la communauté – ce qui signifie, pour être constructif, que OLPC peut obtenir plus de contributions en ayant cette démarche.

Sugar est un logiciel libre, et y contribuer est une bonne chose. Mais n'oubliez pas l'objectif : les contributions utiles sont celles qui rendent Sugar meilleur sur les systèmes d'exploitation libres. Le portage sur Windows est autorisé par la licence, mais ce n'est pas une bonne chose.

Je tape ces mots sur un XO. Lors de mes voyages et de mes discours des prochaines semaines, j'y ferai référence, pour évoquer ce problème.

Copyright 2008 Richard Stallman
Verbatim copying and distribution of this entire article are permitted worldwide without royalty in any medium provided this notice is preserved.

lundi 21 avril 2008

Conversion Windows Linux en 10 étapes - Le guide de l'accompagnateur

Un article que la rédaction du blog a jugé d'autant plus pertinent de traduire (merci Olivier) qu'il correspond à l'une des marottes de Framasoft : le switch Windows GNU/Linux.

L'originalité ici c'est que l'on ne s'adresse pas directement au candidat à la migration mais à l'accompagnateur du candidat à migration. Ce qui, à n'en pas douter, décuple les chances de succès.

PS : En fait il n'y a que neuf étapes, la dernière étant récursive comme le GNU ;-)

Copie d'écran - Techthrob.com

Convertir un utilisateur de Windows à Linux en 10 étapes

10 Steps to Convert a Windows User to Linux

Jonathan DePrizio - mars 2008 - Techthrob.com

Comme Linux devient plus populaire et facile à utiliser, de plus en plus de personnes l'adoptent comme système d'exploitation principal. Mais la transition d'utilisateur de Windows à utilisateur de Linux peut être un cheminement complexe. La plupart des nouveaux utilisateurs ne restent et ne deviennent des utilisateurs à long terme que parce qu'ils ont des amis pour leur présenter Linux et pour les aider, durant les premières semaines, à essuyer les plâtres. Voilà 10 étapes pour vous aider à faire connaître Linux à quelqu'un qui ne demande qu'à être converti.

1. Choisissez votre cible

Il faut le reconnaître, Linux n'est pas fait pour tout le monde. Vos grands-parents, les gros joueurs, les technophobes, tous ceux-là ne sont pas de bons candidats à la conversion à Linux. Il faut que vous choisissiez quelqu'un qui s'intéresse à l'informatique et même quelqu'un d'au moins moyennement qualifié dans le domaine. Le candidat idéal est celui qui a entendu parler de Linux mais qui, pour une raison quelconque, pense que ça serait trop compliqué pour lui. Une autre qualité importante de votre cible sera sa motivation pour prendre un peu de temps pour passer outre la phase d'adaptation initiale à un nouveau système d'exploitation. Si un candidat ne montre pas ces qualités vous feriez mieux de chercher ailleurs.

2. Familiarisez votre cible aux logiciels libres sous Windows

Une fois que vous avez choisi votre converti potentiel, présentez-lui les logiciels libres sous Windows. Il est probable qu'il ou elle utilise déjà Firefox (si c'est un utilisateur d'IE, peut-être devriez vous choisir quelqu'un d'autre à convertir), mais il y a une chance qu'il ou elle ne réalise pas que c'est un logiciel libre. Faites allusion au processus de développement de Firefox qui est le même que celui de Linux ; reposant sur le travail d'une communauté de développeurs plutôt que sur une entreprise énorme. Expliquez pourquoi vous pensez que c'est mieux : plus d'yeux signifie moins de bogues, plus de fonctionnalités et plus de développeurs. Pour une liste complète de logiciels libres fonctionnant sous Windows rendez-vous à cette page (NdT : lien modifié vers... Framasoft !).

3. Montrez un bureau Linux

L'une des raisons qui font que les gens se disent il faut que je l'ai en parlant de Linux est l'aspect attirant des bureaux avec Compiz. Évidemment c'est très superficiel et nous savons tous que Linux représente bien plus qu'un cube qui pivote et des fenêtres qui se minimisent en faisant des flammes, mais c'est un très bon moyen de rapidement captiver l'attention de quelqu'un et pour qu'il pose des questions. Qu'est-ce que c'est ? Comment tu fais ça ? Comment est-ce que je peux l'avoir ? Vos réponses à toutes ces questions pointeront vers Linux.

4. Donnez un LiveCD à votre cible

Vous ne voulez pas voir votre futur converti se précipiter puis ensuite être frustré. C'est le plus sûr moyen de le voir revenir très vite à Windows. Donnez lui plutôt un LiveCD ; c'est une très bonne manière de le familiariser avec l'environnement Linux, l'interface et les fonctionnalités présentes à l'installation. Voyez cela comme un jouet avec lequel il peut s'amuser durant son temps libre. Ne le lui imposez pas, dites simplement Si tu veux l'essayer, tu peux démarrer sur ce CD sans toucher à ton disque dur. C'est un bon moyen pour que votre cible teste la température de l'eau.

5. La première installation

Avec un peu de chance votre cible a été impressionnée avec ce qu'elle a trouvé sur le LiveCD et est prête à faire le grand plongeon. Tant mieux pour elle ! Rassurez la en lui disant que ça n'est pas si compliqué. Assistez-la lors de l'installation et expliquer qu'elle peut conserver sa partition Windows et utiliser un dual-boot avec Linux, elle pourra ainsi choisir lequel elle veut utiliser. C'est une très bonne manière pour que les gens s'habituent en douceur à un nouveau système d'exploitation. Il faut absolument que vous soyez présent pour aider le nouvel utilisateur. La chose la plus importante à propos de Linux est l'aide de la communauté, en étant présent et en donnant un coup de main vous encouragerez votre cible à s'appuyer sur la communauté pour trouver des solutions à ses problèmes.

6. Le premier démarrage

Encore une fois il est obligatoire, obligatoire, obligatoire que vous restiez disponible pour aider même après que le système d'exploitation ait été installé, mais laissez votre nouveau converti essayer de se débrouiller par lui même. Laissez-lui le temps de s'adapter au bureau, de découvrir les programmes installés, de surfer sur le Web et de faire tous les trucs qu'il veut faire sur l'ordinateur. Votre rôle maintenant est de regarder ça de loin tout en restant disponible lorsqu'il a une question. Montrez lui comment ajouter et retirer des programmes ; recommandez des programmes si on vous demande Quel programme dois-je utiliser pour (insérer une tâche ici) ? Mais tout au long de ce processus laissez l'utilisateur faire ce qu'il veut.

7. Les premiers jours

Si tout se passe bien, le nouveau converti devrait être satisfait de sa première expérience sous Linux. Mais évidemment, il y aura des problèmes. Restez à disposition pour l'aider à surmonter les grosses difficultés et le choc initial de la nouvelle expérience, mais n'imposez pas vos conseils lorsqu'on ne vous demande rien.

8. La deuxième semaine

Le temps est arrivé d'expliquer les autres manières d'obtenir de l'aide avec Linux. L'idée est ici de rendre l'utilisateur indépendant pour ce qui est du dépannage et de la résolution des problèmes, mais restez toujours aussi disponible et utile que possible.

9. Le premier mois et au-delà

Si votre converti utilise toujours son nouveau bureau Linux vous pouvez certainement crier victoire ! Félicitations ! Vous avez converti quelqu'un à un système d'exploitation libre. Maintenant son bureau devrait être bien configuré et tous les programmes dont il a besoin devraient être installés et devraient fonctionner correctement. A ce moment vous commencerez sûrement à recevoir des questions plus pointues qu'avant ; des questions comme Comment je fais pour personnaliser telle fonction ? ou Qu'est-ce que cela signifie quand le gestionnaire de mise à jour fait ceci ou cela ? Si vous êtes chanceux vous connaitrez les réponses, mais si ce n'est pas le cas c'est l'occasion pour vous de trouver les réponses ! C'est toujours important d'en apprendre toujours plus soit-même afin de continuer avec l'étape 10.

10. Reprendre les étapes 1 à 9

Si vous avez réussi à convertir un utilisateur de Windows à Linux vous devriez vraiment retenter l'expérience avec quelqu'un d'autre ! Servez-vous de ce que vous avez appris avec lors de votre tentative précédente et adaptez-le à votre style et à votre cible. Si tout se passe bien vous devriez avoir votre propre armée personnelle de convertis à Linux en un rien de temps !

lundi 14 avril 2008

Tag : Paris

Télécharger au format Ogg (40 Mo)

Au départ il s'agissait, pour le prof que je suis, de présenter un exemple de remix culturel à mes élèves. Utiliser des créations existantes dont les licences autorisent la reprise pour produire quelque chose d'un tant soit peu original. L'occasion de parler de la culture libre, des Creative Commons, de la musique en libre diffusion, etc.

L'idée de base était de créer un petit diaporama sur fond musical en choisissant un tag (ou étiquette) sur l'annuaire de photographies partagées Flickr (restreint à certaines licences Creative Commons) pour y sélectionner quelques images et les agencer dans un ordre particulier.

C'est le tag Paris qui a été retenu. Les photographies sont donc censées illustrer de près ou de loin la capitale. La chronologie suivant, vaguement, celle d'une journée du matin au soir.

Voici donc le résultat ci-dessus. On dira que c'est une première version parce que cela reste trop lourd en taille et du coup c'est parfois un peu saccadé depuis notre serveur. Je précise que je suis parisien d'origine mais vivant désormais depuis plusieurs années loin de la Ville Lumière. Ceci explique peut-être cela, c'est-à-dire la petite pointe de nostalgie... Il n'empêche que je retrouve bien ma ville en recomposant ce puzzle iconographique (clichés touristes et clichés bobos inclus !).

La musique, sous licence Creative Commons By-Nc-Nd, est de Rob Costlow (titre : Not Alone). Toutes les photographies sont sous licence Creative Commons By ou By-Sa. J'aurais dû toutes les créditer en fin de diaporama (ce sera pour la version 2.0) mais en attendant vous pouvez les retrouver en naviguant sur cette page de recherche de Flickr.

Au passage ce petit clip illustre je crois la formidable richesse de Flickr puisqu'ici je me suis astreint à un unique tag et à deux licences. Je me demande du reste si on ne pourrait pas sur ce modèle (un tag Flickr, des photos sous licences libres) faire carrément des framabooks photographiques que l'on vendrait grâce à notre partenaire éditeur In Libro Veritas. Cela permettrait aussi bien de faire de chouettes bouquins de photos que d'illustrer la culture libre en marche (et éventuellement aussi de soutenir Framasoft).

Pensez-vous que l'idée soit (commercialement) bonne ?

lundi 7 avril 2008

VidToMP3.com ou la grande hypocrisie collective

Copie d'écran - YouTube - Tryad

Dans la série « je donne des leçons en criant dans le désert »...

Un nouveau site outil de type MFA[1] vient de sortir VidToMP3.com. Il propose tout simplement de ripper, c'est-à-dire récupérer, les pistes sons de n'importe quelle vidéo des plate-formes YouTube, Dailymotion, MySpace, etc.

J'ai fait le test avec le morceau Bluetooth des sympathiques bobos de la Chanson du Dimanche. Il vous suffit d'aller sur YouTube, de copier l'URL de la vidéo recherchée et d'y coller le tout dans VidToMP3.com. Il ne vous reste alors plus qu'à cueillir sur le site, après un court laps de temps, un mp3 de qualité tout à fait correcte prêt à s'ajouter à la playlist de votre baladeur musical préféré.

C'est... cool n'est-ce pas ?!

Et comme il est désormais quasi impossible qu'une chanson un tant soit peu connue ne se retrouve pas d'une manière ou d'une autre sur ces plate-formes vidéos, ben vous tenez là un système parfait pour alimenter votre baladeur avec la musique de votre choix.

Vraiment super top cool !!!

Un système d'autant plus parfait qu'il est... sans risque. Parce que le hic c'est que ce que j'ai fait pour la Chanson du Dimanche est tout à fait illégal. Bien qu'il s'agisse d'un groupe un peu particulier puisque né sur internet grâce à la mise en ligne de leurs vidéos, il est formellement interdit de faire ce que j'ai fait, puisqu'en l'absence de licence associée à leurs vidéos c'est le copyright classique qui s'applique.

Et il en va bien entendu de même pour les autres chansons (en pire même lorsqu'il s'agit de groupes sous contrat avec les Majors).

Du coup cela me fait dire péremptoirement qu'on nage dans l'hypocrisie collective. Une hypocrisie qui, comme la valse, se décline en trois temps.

  • Les plate-formes vidéos d'abord. YouTube, MySpace, Dailymotion... aucun de ces sites n'associent de licence claire et individuelle aux vidéos proposées. Du coup c'est le Term of Use (indigeste voire incompréhensible) qui s'applique par défaut et si on le suit à la lettre alors on ne peut télécharger sur le site que des vidéos qui nous appartiennent en propre. Oui pour votre bébé au rire communicatif ou vos vacances en Asie en compagnie d'éléphants savants (et encore faut s'assurer de l'autorisation de l'éléphant, quoiqu'ici c'est plus facile puisque sachant dessiner il doit bien savoir parapher). Mais non pour le dernier clip-vidéo à la mode ou l'extrait d'une récente émission de télé dont ces sites sont pourtant truffés.[2]. J'avais déjà évoqué ce problème dans un billet au titre délicat Est-ce que YouTube nous entube ? où je préconisais plutôt l'utilisation de Blip.tv (qui, vous avez dit bizarre, n'est d'ailleurs pas encore dans la liste de VidToMP3.com). Depuis force est de constater que rien n'a bougé du côté de YouTube. Et ceci oblige des groupes libres comme Tryad à faire mention de la licence à même le descriptif de la vidéo qu'il faut dérouler qui plus est (voir illustration ci-dessus qui ouvre le billet). Ce n'est tout simplement pas sérieux messieurs de chez YouTube donc de chez Google.
  • Le site VidToMP3.com ensuite. Voilà un site qui colle de la pub partout avec son modèle économique qui est clairement l'affluence (voir ma note ci-dessous) et qui vient nous dire en petit et en bas de page : Only rip the sound from none-copyrighted sources. C'est ç'là oui, on va t'écouter mon grand et du coup plus personne ne viendra sur ton site !
  • La blogosphère ensuite. Vite, vite, faisons un billet avec VidToMP3.com dans le titre pour être bien référencé, extasions-nous sur l'utilité du service et taisons les problèmes liés aux absences de licences (si tant est que les blogueurs en question aient la moindre culture des licences). Que ne ferions-nous pas pour chouchouter nos fidèles lecteurs...

Je ne nie pas que le service puisse être parfois utile (au format audio ouvert ogg ce serait encore mieux) mais si, comme tente modestement de le faire ce blog, on se place dans une problématique de sensibilisation à la culture libre alors on n'est pas à Houston mais on a visiblement un problème.

Un problème de licences ou plutôt d'éducation aux licences qui, si il était plus médiatisé, obligerait tout ce petit monde (visiteurs inclus) à mieux se positionner. Quitte, si entêtement et bornitude[3] il y a, à faire découvrir les douces mélopées de la musique en libre diffusion que l'on trouve sur des Dogmazik et autres Jamendo.

Quitte aussi à rencontrer les logiciels libres. Parce que dès que vous commencez à vous préoccuper des questions de licences à l'ère du numérique ils ne sont pas bien loin...

Notes

[1] MFA est l'acronyme de Made For Adsense. Un site MFA signifie qu'il a été conçu avec l'objectif non dissimulé de faire des sous avec la régie publicitaire de Google. Pour le site qui nous concerne il y a d'autres bannières mais le modèle est bien présent : proposer un service qui amènera beaucoup de visiteurs qui engendreront beaucoup de revenus publicitaires. Et, si j'ose dire, tout le monde s'y retrouve puisque cela permet au service de rester tranquillement gratuit.

[2] Pour les clip-vidéos ou passages télés c'est à nuancer parce que les ayants droits négocient au cas par cas avec les plates-formes vidéos, ce qui vient passablement compliquer la situation. Mais ce qui est sûr c'est que vous, visiteur YouTube, vous n'avez pas le droit de les récupérer.

[3] La bornitude caractérise l'attitude bornée d'une personne ou d'un groupe d'individus. Exemple : Ségolène Royal a fait preuve de bornitude en tentant de justifier sa bravitude.

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