Des Livres en Communs : premier appel à projet

Temps de lecture 3 min

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Et si on considérait le travail de création initiale d’un auteur ou d’une autrice comme une activité qui mérite salaire ? Montrer que c’est possible, tel est le défi de Des Livres en Communs. On va tout vous expliquer.

Nous vous l’avions annoncé et expliqué, à l’expérience de notre maison d’édition Framabook succède aujourd’hui un nouveau projet qui repose sur un autre modèle.

 

 

Après Framabook…

Après une vingtaine de manuels, huit essais, une dizaine de BD et une quinzaine de romans (tout demeure évidemment disponible), le constat est fait que malgré des conditions plus éthiques pour les auteurs et les licences libres, la diffusion des ouvrages s’est heurtée à un système où des plateformes demeurent le passage obligé pour libraires et bibliothèques, dans un marché saturé par la pléthore de publications. De sorte que malgré leurs qualités les œuvres que nous avons avec soin accompagnées ne trouvaient pas un public qui permettait aux auteurs et autrices un retour satisfaisant en rapport avec leur travail (Pour en savoir plus).

… Des Livres en Communs

Faut-il préciser ce que toutes les personnes qui se risquent dans l’édition classique découvrent bien vite : dans leur très grande majorité elles ne percevront qu’une assez étique rémunération de leur travail, bien après leur travail d’élaboration. Lisez par curiosité quelques témoignages comme celui de Julie ou celui de Marine Nina, les chiffres donnés sont édifiants… En clair, à de très rares exceptions près (une poignée d’auteurs et autrices de best-sellers) il n’est pas possible de vivre décemment de son activité créatrice, au point que pour la plupart, une autre activité, rémunérée celle-là, est indispensable.

 

Illustration CC BY David Revoy (sources)

Des Livres en Communs (DLeC) propose d’aborder le problème d’une façon différente (non, on n’a pas dit « disruptive »). Nous proposons un revenu de « travail de création » sous la forme modeste d’une « bourse initiale » sur projet. Ce n’est pas encore un salaire d’auteur-autrice, mais sur le principe c’est presque cela (Pour en savoir plus).

Le processus que nous lançons aujourd’hui est le suivant :

  1. DLeC fait un appel à projet, des créateurs et créatrices y répondent ;
  2. Un projet est sélectionné et une somme est allouée au travail de création ;
  3. Au terme de ce travail, l’ouvrage réalisé est publié sous forme numérique et disponible pour tout le monde, car versé dans les Communs culturels avec une licence libre.

 

Mais encore… ?

Voici la version rapide du thème de notre premier appel à projet, il s’agit de répondre à votre façon à cette interrogation, directement issue de notre méta-projet contributopia :

Vers un monde plus contributif, plus solidaire, plus éthique et plus libre : comment s’outiller et s’organiser ensemble ?

Pour en découvrir le contexte de façon plus détaillée, parcourez la page d’accueil du site dédié flambant neuf

capture d'écran de la page d'accueil du site des livres en communs
Cliquez sur l’image pour rejoindre le site de DLeC
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4 Responses

  1. Eina

    bonjour et bravo pour votre réflexion sur le statut d’auteur et le statut de livre…
    mais je ne comprends pas bien l’essentiel:
    Vous dites
    « il s’agit de répondre à votre façon à cette interrogation…:
    Vers un monde plus contributif, plus solidaire, plus éthique et plus libre : comment s’outiller et s’organiser ensemble ? »
    Voulez-vous dire par là que le thème du livre candidat doit être cette question, càd par exemple présenter, sous forme de fiction, ou alors sous forme d’essai, une sorte de réponse à cette question?
    C’est bien ça? Je crains de me lancer dans un hors-sujet!!!
    merci d’avance
    tout de bon
    Eina

    • Framatophe

      @Eina, c’est bien cela 🙂 Nous ne nous interdisons aucun genre a priori. Essai ou roman, monographie ou collectif, autre formule… Pourvu que nous sentions de la maîtrise dans la présentation. Et tout cela sur le thème proposé. Le *hors sujet* n’est pas vraiment pertinent pour l’heure : bien sûr il y a cette question et il faut tâcher d’y répondre d’une manière ou d’une autre, mais elle ne constitue pas le sujet de l’ouvrage qui est plus précis, qui circonscrit une ou plusieurs questions dans ce domaine. Le hors sujet se constate au regard de l’ambition du livre exposée (généralement) au début, et son cours de lecture qui dévie plus ou moins, comme une tromperie sur la marchandise 🙂 Mais cela, c’est à l’éditeur de régler le problème avant, au cours de l’écriture, justement.

  2. Pierre

    Bonjour,

    Votre projet est très sensé et stimulant. Je suis en train de travailler à un essai et je rêve d’un tel dispositif, en dépit de ses limites sur le plan économique.

    Dans le passé, j’ai publié un ouvrage avec un éditeur, j’ai touché 10% sur les bénéfices (qui représentaient pour l’éditeur 30% du prix du livre), soit environ 1,70 euro par livre (sur un prix de départ de 50 euros), et cela uniquement sur une partie des ventes. J’ai même dû batailler pendant un an pour obtenir ces miettes.
    Plus tard, j’ai décidé d’auto-publier moi même – sous une forme low-cost – certains de mes travaux, en sachant que cela me rapporterait encore moins de miettes (la distribution étant inexistante ; de toute façon économiquement le livre d’artiste n’est même pas une niche, mais un nid minuscule).
    Alors je suis content de voir une telle initiative, cohérente, pertinente, et open… Keep up the good work !

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