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Khrys’presso du lundi 2 décembre 2019

Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.


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Un personnage sarcastique : ils ont oublié le conseil le plus évident : ne pas acheter ces cochonneries

Spécial Gilets Jaunes & politiques répressives

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Les autres lectures de la semaine

Les BDs/graphiques/photos de la semaine

Les vidéos/podcasts de la semaine

Les autres trucs chouettes de la semaine

Deux personnages prennent le café. Le personnage de gauche dit : Décidément, c'est fou, tout ce qu'il se passe en une semaine !- la personne de droite répond : Si tu en veux encore plus, clique sur ma tasse !
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Collaborer pour un design plus accessible : l’exemple d’Exodus Privacy

Quand on prend conscience qu’un site web destiné au grand public devrait être plus facile à aborder et utiliser, il n’est pas trop tard pour entamer un processus qui prenne en compte les personnes qui l’utilisent… L’association Exodus Privacy prend la plume sur ce blog pour raconter comment elle a, avec Maiwann, une UX designeuse, amélioré l’interface de sa plate-forme d’analyse.

Exodus Privacy est une association loi 1901, créée en octobre 2017 et dont le but est d’apporter plus de transparence sur le pistage par les applications de smartphones. Dès le premier jour, le public visé était un public non-technique, afin de lui permettre de comprendre et de faire des choix éclairés.

Parmi les outils que nous avons développés, la plateforme εxodus permet d’analyser les applications gratuites du Google Play store et d’en indiquer les pisteurs et les permissions. Cette plateforme a été très utilisée dès son lancement, mais elle n’était pas facile d’utilisation pour les néophytes.

Comme nous n’avions ni le temps ni les compétences en interne, nous avons décidé de rémunérer une personne experte pour adapter notre plateforme à ce public de non-spécialistes. Il nous paraissait important d’avoir une personne qui comprenne qui nous sommes et quelles sont nos valeurs, nous nous sommes tourné·e·s vers Maiwann, UX designeuse.

Exodus Privacy : Maiwann, peux-tu expliquer qui tu es et ce que tu fais ?

« Bonjour, bonjour ! Je suis Maiwann, UX·UI Designer dans la vie, amoureuse du libre et du travail éthique. Je suis aussi membre de Framasoft depuis quelques mois. Je fais beaucoup de choses variées au niveau numérique, mais qui peuvent se résumer en : du design (au sens « conception » du terme).

Du coup je vais rencontrer des utilisateurs et utilisatrices, leur poser des questions pour comprendre quels sont leurs besoins et leurs frustrations, les observer utiliser des logiciels et voir où ça coince, puis je réfléchis à la manière de répondre à leurs problèmes en concevant des parcours fluides. Et enfin je peux faire des maquettes graphiques pour donner un peu « corps » à tout ça ^_^ C’est d’ailleurs exactement ce qu’il s’est passé ici ! »

D’abord, définir les personnes concernées…

Ce projet devait se dérouler en plusieurs phases et il partait bien des besoins du public. Pour mieux comprendre cette étape, voici un petit extrait d’une conversation de septembre 2018 entre Exodus Privacy et Maiwann :

Maiwann : Quel est votre public-cible ?
Exodus Privacy : Le grand public, bien entendu !
Maiwann : il va falloir préciser un peu plus, car à s’adresser à tout le monde on ne s’intéresse véritablement à personne 🙂

Cela nous a obligé·e·s à réfléchir justement à ce que nous mettions derrière ce terme qui nous paraissait pourtant si évident. Nous avons donc défini deux groupes plus précis de personnes.

Nous voulions tout d’abord faciliter la vie aux médiateurs et médiatrices numériques car nous sommes convaincu·e·s que ces personnes sont les mieux placées pour pouvoir accompagner le plus grand monde à mieux appréhender les outils numériques. Nous les avons donc incluses dans les personnes visées.

Nous avons co-délimité une deuxième cible : des personnes non-techniques et curieuses, prêtes à passer un peu de temps à réfléchir à leur vie privée sur téléphone.

Puis formuler les besoins

Le mois de janvier 2019 a permis à Maiwann de mener 14 entretiens avec des personnes correspondant aux profils sus-cités, trouvées par le réseau d’Exodus Privacy ou par les réseaux sociaux :

 

Laissons Maiwann raconter cette étape :

« Grâce aux réponses sur les réseaux sociaux et sur Cryptobib et Parcours numérique, des listes de diffusion pour médiateur·ices du numérique, j’ai pu discuter avec les 2 catégories de public que nous avions définies ! Ensuite, pour chacun·e, il s’agissait de s’appeler soit par téléphone soit en visio-conférence, de vérifier qu’iels étaient bien dans le public visé, et de discuter pendant à peu près une heure. L’idée était de voir où étaient les manques, pour savoir de quoi εxodus avait besoin prioritairement : une refonte du site ? De l’application ? Une campagne de communication pour faire connaître leurs actions ? Ce sont les entretiens qui allaient nous permettre de le savoir !

Je demandais aux médiateur·ices comment est-ce qu’iels menaient leurs ateliers, et comment la question du téléphone était abordée. Et j’ai découvert que, si le discours pour protéger sa navigation sur un ordinateur était très rodé, le téléphone était un sujet compliqué car… les médiateur·ices n’avaient pas de réponse lorsqu’on leur demandait comment agir !

C’était d’ailleurs un cas identique pour les personnes qui répondaient individuellement : elles avaient bien conscience de l’enjeu de vie privée vis à vis de leur téléphone, même si ce que faisaient ces pisteurs n’était pas toujours très clair, mais ne voyaient de toute façon pas du tout ce qu’il était possible de faire pour améliorer les choses !

Après tous ces appels, j’avais de grands axes récurrents qui se dégageaient. J’ai donc dessiné un petit résumé schématique, et nous nous sommes appelé·e·s le 28 février pour discuter de tout ça et de ce sur quoi on partait. »

 

Une fois le diagnostic posé (il y a X pisteurs dans telle application), la personne se retrouve bloquée avec des questions sans réponses :
– Ok, il y a des pisteurs, mais on fait comment pour faire autrement ?
– Qu’est-ce que ça fait réellement, un pisteur ?

Ces questions, que nous avions par ailleurs régulièrement en conférence, par mail ou sur les réseaux sociaux, nous ont permis de nous interroger sur le positionnement de l’association. En effet, nous avons toujours défendu une démarche scientifique, qui montre « les ingrédients du gâteau », mais ne porte pas de jugement de valeur sur tel pisteur ou telle application… et donc ne valorise pas de solution alternative.

Après discussions, nous avons convenu de l’importance de pouvoir apporter des outils de compréhension à ces personnes, afin que celles-ci puissent, encore une fois, décider en connaissance de cause. L’idée était donc de créer une page qui explique les pisteurs, une page qui explique les permissions et enfin une qui répond à la question « et maintenant, que puis-je faire ? », en proposant un panel d’outils, de réflexes et de ressources.

La conception des maquettes

C’était donc à nouveau à Maiwann de travailler. Tu nous racontes comment tu as débuté les maquettes ?

« J’ai repris les schémas-bilans des entretiens pour définir les parcours principaux des utilisateur⋅ices :

Arriver sur le site => Chercher le rapport d’une application => Comprendre ce qu’est un pisteur ou une permission => Trouver comment améliorer la situation.

L’enchaînement entre ces actions devait être facilité dans le nouveau parcours, et le contenu non-existant (ou non intégré) mis en avant. Par exemple, pour « qu’est-ce qu’un pisteur », εxodus avait déjà réalisé des vidéos que les entretiens avaient tous remontés comme « très bien faites » mais comme elles n’étaient pas intégrées au parcours, beaucoup d’utilisateurs·ices pouvaient passer à côté. Pour la page Alternatives en revanche, qui était la demande la plus forte, tout a été créé depuis zéro, en privilégiant les alternatives accessibles aux non-informaticien·ne·s et tout de même respectueuses de la vie privée.

Il m’avait aussi été remonté que parfois les formulations n’étaient pas très claires, parfois en anglais ce qui contribuait à un sentiment de contenu non-accessible à des néophytes. Cela a fait aussi partie des améliorations, en plus des pages explicatives, qui sont là pour dire « vous ne savez pas ce qu’est un pisteur ? Pas de souci, on vous l’explique ici ».

Et pour le reste, un travail d’harmonisation et de hiérarchisation du contenu pour que les différentes catégories de contenus soient bien distinctes les unes des autres et compréhensibles a permis de réaliser une refonte graphique aux petits oignons ! »

 

Le développement des maquettes

L’ensemble des membres d’Exodus Privacy étant bénévole, et donc le travail conséquent pour notre énergie et temps malheureusement limités, nous nous sommes mis d’accord sur un travail de développement itératif afin de mettre à disposition des utilisateurs et utilisatrices les nouvelles pages et fonctionnalités au plus tôt.

Après la présentation des maquettes en mai 2019, nous avons découpé les différentes tâches sur notre git, celles-ci ont été priorisées pour s’assurer que les besoins les plus importants soient traités en premier lieu, comme la page « mieux comprendre ». La majorité de ces tâches ont été implémentées, ce travail étant agrémenté d’allers-retours avec Maiwann afin de s’assurer que nous allions dans la bonne direction sans rater l’essentiel.

Notre code étant libre et open-source, une partie des fonctionnalités a même été faite par notre communauté !
Une partie du travail reste à faire, n’hésitez pas à aller jeter un œil si vous avez des compétences en développement !

 

Fiche météo-france "avant"
Fiche d’Exodus pour l’application Météo-France avant

 

La fiche de l’application Météo-France après travail d’UX

Et maintenant ?

Le travail n’est pas totalement terminé et, grâce au Mécénat de Code lutin, nous avons pu poursuivre ce projet de refonte, mais pour l’application cette fois.

Laissons donc les mots de la fin à Maiwann…

« Il reste une étape de test utilisateur·ice à réaliser, pour bien vérifier que cette refonte va dans le bon sens, est adaptée aux besoins et que nous n’avons pas oublié un élément important, ou laissé un trou dans la raquette dans lequels les utilisateur·ice·s vont s’engouffrer !
De même, nous avons amorcé un travail d’harmonisation de cette refonte pour que l’application corresponde aussi aux maquettes, car c’est le point d’entrée principal du public (puisqu’il est question d’applications et de téléphone portable, c’est logique qu’elle soit privilégiée !).

J’ai hâte de réaliser ces dernières étapes (avec l’aide de Schoumi côté application !) pour finaliser ce super projet, car il contribue à démontrer qu’il est possible de réaliser des choses techniquement pointues, tout en parvenant à les rendre accessibles à des personnes non techniques, soit directement en s’adressant à elles, soit en fournissant un outil pertinent pour les médiateur·ices du numérique.

Cela contribue à mon monde idéal qui connecte le monde du libre et de la protection de la vie privée aux non-connaisseur·euse·s, et je ne peux qu’encourager d’autres projets qui ont cette démarche de travailler avec des designers pour y parvenir ! »




Khrys’presso du lundi 25 novembre 2019

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Khrys’presso du lundi 18 novembre 2019

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Les autres lectures de la semaine

  • Comment construire un site Web (theatlantic.com – en anglais)

    wikiHow incarne une histoire alternative de l’internet, et une intéressante possibilité pour son avenir. wikiHow s’est différencié avec une fidélité charmante à certains des premiers principes du web ouvert. Le principal d’entre eux est le droit à la portabilité[…] « Si nos volontaires n’aiment pas notre façon de faire fonctionner wikiHow, ils le disent ; ils peuvent littéralement prendre tous les logiciels, tout le contenu qu’ils ont créé, et aller ailleurs. L’intuition serait que la qualité descende à zéro. Mais en fait, la qualité s’améliore. C’est l’une de ces choses qui ne fonctionne pas en théorie ; ça ne fonctionne qu’en pratique. Le web nous offre une opportunité de construire ce que nous voulons. […] Nous pouvons construire ce web de villages. Vous pouvez obtenir vos informations auprès de petits fournisseurs qui ont à cœur vos intérêts et qui ne tentent pas uniquement de vous exploiter pour obtenir des données. Le web pourrait être un endroit totalement différent. »

  • La reconnaissance faciale : un pas biométrique vers la société de la surveillance ? (blogs.sciences-po.fr)
  • Comment fonctionnent les technologies de reconnaissance faciale ? (lemonde.fr)
  • Comment votre smartphone vous espionne (Edward Snowden sur glitchmind.com – en anglais)

    Chaque téléphone intelligent, chaque téléphone tout court, est constamment connecté à la tour cellulaire la plus proche. Chaque téléphone, même quand son écran est éteint – vous pensez qu’il ne fait rien. Vous ne pouvez pas le voir parce que les émissions de radiofréquences sont invisibles, mais il hurle à la ronde en disant : « Je suis là, je suis là, je suis là ».

  • Intelligence artificielle : le grand malentendu (lemonde.fr)

    « En se focalisant sur l’IA comme potentiel destructeur de l’humanité, on ne se focalise pas sur la vraie problématique »[…]« Pourquoi accepte-t-on de vivre dans une société où l’être humain est en permanence traqué par des logiciels à des fins de marketing ? » […] « Plutôt que de spéculer sur l’avenir, la vraie question est que sommes-nous en train de vivre maintenant ? »

  • Le retour de la conscience (3/4) : de la contre-culture à la cryptographie quantique (internetactu.net)
  • L’insaisissable consentement, ou les limites de la démocratie sanitaire (theconversation.com)
  • Réussir (start.lesechos.fr)

    Notre société est panoptique, sans cesse sous l’oeil des pairs, animée par la rivalité mimétique. Chacun met en scène sa réussite, devient spectateur de la réussite de l’autre, tout aussi mise en scène. L’injonction à la réussite provoque une aliénation sociale et psychique assez forte.

  • Rebellion (deblanc.net – en anglais)

    Faire des erreurs, faire des bêtises, faire l’idiot·e et apprendre de tout cela est important dans le processus de définition de nous-mêmes. La technologie ne devrait pas être utilisée pour entraver notre croissance personnelle, surtout lorsqu’elle nous offre de nombreuses occasions de mieux explorer qui nous sommes, ou qu’elle nous permet de continuer à nous rebeller de la myriade de façons que nous avons toujours eues.

  • L’Europe est sous attaque (techrights.org – en anglais)

    Le protectionnisme et de condescendantes politiques assurent le passage rapide de la richesse des travailleurs européens à quelques aristocrates et à leurs facilitateurs bureaucratiques (dont les maîtres-chiens utilisent la politique comme une arme).

  • Romaric Godin : « Les élites néolibérales ne veulent plus transiger avec le corps social » (lvsl.fr)
  • La tâche de la politique aujourd’hui est d’effrayer les capitalistes autant que le communisme a pu le faire (theguardian.com – en anglais)

    Presque tous ces contrepoids au capitalisme extrême ont disparu aujourd’hui, des syndicats forts aux modèles nationaux alternatifs. La débauche qui en résulte nous entoure, depuis les entreprises qui envoient de l’argent à la pelle vers leurs actionnaires en expédiant leurs travailleurs vers les banques alimentaires, jusqu’aux milliardaires qui se préparent à se présenter à la présidence américaine, en passant par les grandes capitales (comme Londres) qui posent à peine la question des kleptocrates de passage mais leur vendent ce qu’ils veulent.

  • Cette jeunesse qui brûle. (affordance.info)

    Et désormais donc un étudiant s’immole par le feu. Un étudiant en grande précarité. En France. Pour dénoncer la misère dans laquelle il vit. Au 21ème siècle. Dans un communiqué au-delà du laconique, la conférence des présidents d’université “exprime tout son soutien à sa famille, à ses proches et à l’ensemble de la communauté universitaire de Lyon 2”. Son acte n’est pas mentionné. Il a simplement “tenté de se suicider”. Mal nommer les choses. Ne surtout pas nommer correctement les choses. Collectivement, nos “valeurs” universitaires ne sont plus rien d’autre qu’un immense torchecul. Qui brûle. Le grand incendie.

  • affordance.info: Immolation d’un étudiant : la stratégie du choc. Et les sinistres connards qui en sont responsables. (affordance.info)
  • La précarité tue, le capitalisme tue, le macronisme tue – (blog.mondediplo.net)

    Mais le plus frappant peut-être dans cette histoire de démolition, c’est l’inconscience heureuse des démolisseurs. Il est vrai qu’ils vivent dans une condition de séparation sociologique, spatiale et mentale, telle que rien de la souffrance humaine ne leur parvient plus. […] En réalité, dans le sociopathe, l’inconscient heureux et la brute sont indistinguables. Nous sommes sous le règne des brutes. À ces politiques publiques qui tuent pour avoir méthodiquement créé, et obstinément approfondi, les conditions de l’accident chimique, ou celles du harcèlement en entreprise, ou celles du désespoir par la misère, ou celles des accidents du travail sans surveillance, ou celles de l’épuisement « flexible », ou celles bientôt (déjà) de la mort en couloir d’hôpital, ou celles de l’accouchement en bord de route, il faudrait pouvoir donner enfin leur qualification adéquate : ce sont des politiques criminelles.

  • Pourquoi (re)lire le Comité Invisible ? (lundi.am)
  • De quoi l’association de malfaiteurs est-elle la clef? (malfaiteursassocionsnous.noblogs.org)

    Les conflits politiques et sociaux ont toujours ce mérite: dévoiler la tendance agressive, écrasante des institutions. Briser l’illusion de leur impartialité. De fait, la police, les tribunaux, la prison, sont des armes de guerre. Assumer le monopole de la violence légitime, c’est toujours assurer la domination d’un camp sur un autre: l’économie et l’État contre ceux qui les remettent en cause.

  • Comment l’abolition de l’esclavage a légitimé le travail forcé colonial en Afrique de l’Ouest (theconversation.com)
  • L’effondrement, parlons-en… – Les limites de la “collapsologie”. (barricade.be – pdf de l’étude à télécharger)

Les BDs/graphiques/photos de la semaine

Les vidéos/podcasts de la semaine

Les autres trucs chouettes de la semaine

  • Passer à l’échelle? Non! Essaimer en communs (symbioses-citoyennes.fr – article de mars 2019)

    Rester à taille humaine est certainement la meilleure manière de trouver des équilibres stables de gouvernance, à l’inverse de l’injonction au passage à l’échelle qui est l’une des sources des dérives du monde numérique actuel vers la plateformisation généralisée.

  • Pour des médias autonomes, changeons notre rapport aux réseaux sociaux (paris-luttes.info)

    Depuis cet été de nombreuses pages Facebook « contestataires » ont été censurées par la multinationale américaine. Le flux de certaines pages a été réduit à presque rien.Il nous faut prendre en compte ce nouveau rapport de force en notre défaveur et repenser nos pratiques de communication pour être moins dépendant des réseaux sociaux. L’information autonome est en passe de mourir sur Facebook ? Vive les médias libres !

  • Présentation du réseau Mutu (labogue.info)
  • Le projet systemd (system-d.org) – voir aussi la présentation vidéo (peertube.travelpandas.eu) Le but : permettre aux différents collectifs et associations de s’organiser efficacement : chiffré, gratuit, open-source visant à favoriser l’horizontalité…
  • Comment Wikipédia s’organise pour combler ses manques (lemonde.fr)

    Pas assez de contenus sur les femmes, sur l’Asie, ou sur certains lieux… Pour rendre l’encyclopédie plus représentative, les wikipédiens lancent diverses initiatives.

  • HTTPS, DNS, VPN… Explications. (mapao.net)
  • PeerTube met les bouchées doubles pour émanciper vos vidéos de YouTube (framablog.org)
  • Naissance d’un nouveau CHATONS : FELINN (Force d’Émancipation Locale pour l’Indépendance et la Neutralité du Net) (felinn.org)
  • Comment nous avons corrigé les DRM au Portugal et comment vous le pouvez aussi (telegra.ph) (Source : How we fixed DRM in Portugal (and so can you) (fsfe.org))
  • Internet est mort, vive l’internet low-tech ? (usbeketrica.com)

    L’objectif : créer, en deux semaines, un Web alternatif qui puisse tenir sur une clé USB d’1 giga. « On a tout déconstruit, et listé ce à quoi ils tenaient dans le Web : à Wikipédia, à la communication, aux mèmes… […]». Les étudiants vont fabriquer leur propre serveur avec un Rasberry Pi, et l’alimenter avec un panneau solaire. « Comme ça, la nuit, notre web n’est plus accessible et il revient le lendemain matin. On va s’amuser avec des contraintes. »

  • Gopher pour un Internet moins gourmand ? (killiankemps.fr)

    Gopher est un protocole Internet apparu à peu près au même moment que HTTP pour consulter des ressources librement. Le réseau de serveurs avec lesquels on peut communiquer avec HTTP s’appelle le Web et celui avec lequel on peut communiquer avec Gopher s’appelle le Gopherspace. De même, l’équivalent du blog dans le Web s’appelle un phlog dans le Gopherspace.[…] Une petite communauté utilise encore Gopher notamment par nostalgie et aussi parce qu’il n’y a pas trop de foule.
    En effet, avec une utilisation limitée à une petite échelle, le Gopherspace n’est pas devenu un espace publicitaire et commercial comme le Web. On retrouve sur le Gopherspace l’esprit des débuts de l’Internet avec des installations plutôt primitives sur des petits serveurs gérés par des particuliers.

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Khrys’presso du lundi 11 novembre 2019

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Brave New World

Anniversaire

Le 8 novembre 2019, Aaron Swartz aurait eu 33 ans (wikipedia.org), l’occasion de voir ou revoir The Internet’s Own Boy: The Story of Aaron Swartz (archive.org) ou d’écouter/lire ce petit extrait datant de 2007 (en anglais)

Le changement dans l’architecture des médias est complètement lié au changement dans l’architecture du contrôle. Avec le système de radiodiffusion, vous avez une seule personne et une seule station qui décident de ce qui sera diffusé sur les ondes. Quand vous avez un réseau distribué comme Internet, tout le monde peut faire serveur. Il n’y a pas de distinction entre le radiodiffuseur et le récepteur. Chaque ordinateur fait les deux. Vous savez que vous pouvez prendre votre ordinateur portable à la maison et le faire fonctionner comme un serveur qui peut distribuer des films et de la musique, des pages Web et des e-mails de la même manière que les grands ordinateurs de Google le peuvent. Il n’y a pas de différence fondamentale entre les ordinateurs qu’ils ont sur leurs serveurs en rack et l’ordinateur que vous avez sur votre bureau.

Spécial France

Spécial Gilets Jaunes & violences policières

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L’initiative du Carillon (voir aussi : 1, 2 et 3)

Spécial GAFAM et cie

Le dossier de la semaine

Atteintes aux libertés – Surveillance, fichage, censure : la démocratie en danger ? (bastamag.net)

Les autres lectures de la semaine

Les BDs/graphiques/photos de la semaine

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SCRUM et les mêlées quotidiennes

Dans cet article, Matt, développeur à Los Angeles, s’attaque aux daily standups, ces réunions de la méthodologie SCRUM, très à la mode actuellement. Sous ce terme se cache une réunion quotidienne d’au plus 15 minutes, se déroulant normalement debout, qui a pour but la synchronisation de l’équipe. La traduction choisie ici est « mêlée quotidienne », mais on trouve aussi les appellations « Daily », « standups » ou réunions quotidiennes.

Source : The pointlessness of daily standups

Traduction framalang : Maïa, Côme, Evvin, Fabrice, Goofy et Marius

De l’inutilité des mêlées quotidiennes

Une mêlée quotidienne
Image de petecocoon (CC BY-NC-SA 2.0)

 

Vos mêlées quotidiennes tuent votre productivité.

Peut-être est-ce de la naïveté ou peut-être est-ce seulement le fait d’avoir fait partie d’équipes où, c’est un point important à noter, personne (pas même moi) ne savait comment mener une mêlée quotidienne efficacement, mais je n’en ai jamais compris l’utilité. Ceci est doublement vrai si on prend en considération l’utilisation en parallèle d’outils tels que Jira ou Trello, couplés aux messages incessants que permet Slack.

Quelle est finalement l’utilité d’une mêlée quotidienne ? Si j’envisage de critiquer quelque chose, je préfère être certain de savoir de quoi je parle. J’ai une vague intuition de ce que doit être leur rôle, mais pour être complet, jetons (rapidement) un œil sur la description d’une mêlée quotidienne dans la documentation d’Atlassian :

[…] une mêlée quotidienne est une réunion qui implique l’équipe de base : les propriétaires du produit, les développeurs et le facilitateur SCRUM. Le style de cette réunion est propre à chaque équipe, mais chez Atlassian, nous utilisons trois questions simples pour la structurer :

  • Sur quoi ai-je travaillé hier ?
  • Sur quoi vais-je travailler aujourd’hui ?
  • A quels obstacles suis-je confronté ?

… et un peu plus loin…

Ces questions mettent en lumière les progrès et aident à identifier ce qui bloque l’équipe. De même, cela renforce l’équipe car tout le monde partage les progrès qui contribuent à l’équipe. Le renforcement quotidien du partage des réussites et des plans individuels maintient l’enthousiasme collectif quant à la contribution globale de l’équipe à l’entreprise.

Ok, donc fondamentalement, le seul intérêt des mêlées quotidiennes est de « maintenir tout le monde enthousiaste » ?

… *** gros soupirs *** …

J’ai toujours eu l’impression que l’industrie aime traiter les équipes de développement comme une bande d’ados stupides. Permettez-moi de m’étendre là-dessus…

Nous devrions être enthousiastes et nous sentir chanceux de disposer de tables de ping-pong, d’en-cas gratuits, de jours de congés pour les anniversaires (avec durée indéterminée, pour écraser l’altruisme), et maintenant, d’être capable de voir les progrès de chacun ? Comprenez-moi bien, je ne suis pas cynique à ce point-là, mais cet argument en particulier pour les mêlées quotidiennes me frappe telle la carotte au bout du bâton du micro-management.

Peut-être que cela enthousiasme certains, et peut-être même que des gens en tirent des bénéfices. Je dirais plutôt qu’ils n’utilisent pas leur panoplie d’outils à leur maximum, mais passons, je leur laisse cela. Cependant, je préfère m’intéresser au ratio coût/bénéfice des mêlées quotidiennes et alors votre équipe pourra prendre une décision sur ces calculs.

Mettons de côté pour un instant le « facteur d’enthousiasme » qui n’est pas quantifiable. Nous devons être capables de régler les points suivants :

  • Qu’a fait un membre de l’équipe hier
  • Que fait un membre de l’équipe aujourd’hui
  • N’importe quel élément bloquant qu’un membre de l’équipe rencontre

… d’accord, j’allais écrire un paragraphe ou deux sur ces points, mais je vais m’en remettre à Cervantes pour ce coup-ci :

Sois bref dans ton discours, car ce qui est prolixe ne peut être agréable

(Intelligence et sagesse de Don Quichotte)

 

Voici donc les contre-arguments :

  • Jira, Trello, Asana, les post-it sur le mur, ou discussions sur Slack
  • Jira, Trello, Asana, les post-it sur le mur, ou discussions sur Slack
  • Ils devraient alerter le reste de l’équipe immédiatement

Les deux premières réfutations ne nécessitent pas de clarification j’espère. Pour le dernier point, soyons honnêtes, si vous êtes bloqué⋅e sur quelque chose et que vous attendez la prochaine mêlée pour prévenir le reste de l’équipe que vous êtes bloqué⋅e, d’autres soucis de communication doivent être pris en compte. Les points bloquants doivent être traités immédiatement.

« Attendez une minute ! », pourrait-on me dire, « cela va déranger l’équipe si les gens sont interrompus à cause d’un point bloquant ! ». Déranger l’équipe ? Vous voulez dire comme un point quotidien des tâches de chacun de la veille et du jour, sans compter les quasi-omniprésentes digressions ? Ce genre d’interruption ?

Je n’en vois pas le bénéfice global. J’argumenterais que la perte d’attention est plus probable que l’intérêt de savoir sur quoi travaille quelqu’un d’autre. Réellement. Réfléchissez-y. Combien de fois retirez-vous des informations utiles de vos mêlées (que vous n’auriez pas pu obtenir de vos outils de suivi de projet), par opposition à la perte de contexte de votre propre travail et — pour finir — par rapport à l’attention consacrée à des digressions qui devraient se dérouler en dehors des réunions ?
Vous voulez une équipe plus efficace ? Vous voulez des plages de concentration plus longues pour avancer sur les tâches de votre sprint ?
Soyez asynchrones, et supprimez les mêlées quotidiennes. De toute manière, elles ne servent à rien.

 

À propos de l’auteur

Matt est un développeur frontend qui vit (et skate) à Los Angeles. Il développe en React et en TypeScript, mais s’intéresse beaucoup aux langages bas-niveau (Rust, C++, C, …).

Il est joignable via Mastodon ou Twitter

 




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Spécial GAFAM et cie

Le cours d’histoire de la semaine

Les autres lectures de la semaine

Les BDs/graphiques/photos de la semaine

Les vidéos/podcasts de la semaine

Les autres trucs chouettes de la semaine

Deux personnages prennent le café. Le personnage de gauche dit : Décidément, c'est fou, tout ce qu'il se passe en une semaine !- la personne de droite répond : Si tu en veux encore plus, clique sur ma tasse !
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