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Il voit du logiciel libre partout !

Paris Vélib (cool) - Carlosfpardo - CC-By

Lu (sur la plage) sous la plume de Laurent Joffrin dans Libération du 15 juillet[1].

« Ce succès n’est pas seulement de mode ou de commodité : il recouvre un phénomène politique. Comme le bouddhisme du même nom, nous avons désormais affaire à un urbanisme du petit véhicule, qui échappe, de surcroît, à la classique dichotomie droite-gauche. Chimère bien réelle, le Vélib’ est un transport en commun individuel, un objet gratuit et néanmoins payant, un outil de la personne et de la collectivité à la fois, un service en même temps public et privé. Il n’appartient ni au libéralisme, ni au socialisme, ni à l’individu, ni à l’Etat. Il procède, en fait, d’une sorte d’altermondialisme passé dans les mœurs, autant que d’un boboïsme pour tous. Il annonce surtout, par son prosélytisme calme, une société différente : celle où l’on préfère l’accès à la propriété, la location à l’achat et, somme toute, une forme de partage tranquille à la fièvre de la possession. A la vitesse de la bicyclette, une idée fait son chemin : celle d’une ville moins arrogante et un peu plus humaine. »

Vélib’ et logiciel libre : même combat ?

Vélib'girls - Malias - CC-By

Notes

[1] Crédit photos : Paris-Vélib (cool) par Carlosfpardo sous licence Creative Commons By et Vélib’girls par Malias sous licence Creative Commons By.




Il était une fois un développeur de logiciel libre

« Beaucoup d’utilisateurs étaient vraiment sympathiques, ils me remerciaient et m’encourageaient ! À chaque fois, cela ensoleillait toute ma journée… »

Ainsi s’exprime Laurent Cohen dans ce court mais enthousiaste témoignage d’un développeur de logiciel libre[1].

Et puis, loin de moi l’idée d’idéaliser les choses[2], mais pas une fois il n’est question d’argent. Parce qu’il est clair que, quand bien même de nombreux projets libres aient fortement besoin de soutiens financiers, ce n’est ni une fin en soi ni la principale source de motivation. La vérité est ailleurs, n’en déplaisent à certains…

Got milk? - OLD SKOOL Cora - CC-By-Nc-Sa

Que signifie être un développeur Open Source ? Une histoire vécue de l’intérieur

What does it mean to be an Open Source author? A story from the inside

Laurent Cohen – 23 juin 2008 – JPPF Blog

J’entends parler tous les jours des projets Open Source, du modèle économique de l’Open Source, de ce que cela signifie en terme de liberté, de choix, de risques, d’investissements, etc. Ce dont je n’entends pas souvent parler, c’est à quoi ressemble la vie de ceux qui contribuent réellement et vouent une partie de leur vie à l’Open Source.

Je ne prétends pas comprendre comment cela se passe pour la plupart des contributeurs ou dire qu’il y a des modèles à suivre. Mais je crois sincèrement qu’il y a des histoires qui valent le coup d’être racontées. Voici la mienne, je vous laisse l’apprécier… ou pas 🙂

Tout d’abord, le projet s’appelle JPPF (Java Parallel Processing Framework) et c’est tout ce que j’en dirai. Cet article ne parle pas du projet lui-même, mais de ce qui lui est particulier et des conséquences que cela a sur la vie de gens, y compris la mienne.

La Génèse

Il était une fois un geek, avec une idée et un bout de code. Il se disait, « Hé, ça a l’air chouette, pourquoi est-ce que je ne mettrais pas ça à disposition des autres librement/gratuitement ? » (NdT : toujours la même ambigüité sur le mot « free », je vous laisse choisir !)

C’est une de ces idées farfelues qui vous viennent l’esprit sans raison.

Ainsi, le projet était né, et dûment enregistré sur Sourceforge. Cela semblait déjà fort passionnant à l’époque, et vous savez quoi ? Après trois ans de travail parfois harassant, c’est plus passionnant que jamais.

Le travail en solitaire

Longtemps, il n’y eut qu’un seul gars dessus, travaillant seul, faisant ce qu’il avait envie de faire, un électron libre qui n’avait qu’une vague idée de son objectif et une vision bien à lui de ce qu’était le temps libre.

C’était une époque où les heures étaient longues, les réveils matinaux, les couchers tardifs, les weekends qui passaient sans que je m’en aperçoive, les cigarettes et les cafés nombreux. Mais depuis j’ai élargi mon horizon, et je bois aussi du thé au jasmin.

Enfin voilà, c’était moi. J’adorais coder, j’aime toujours ça et j’aimerai toujours.

De 0 à plus d’1 utilisateur

Puis vint l’époque du codage, de la mise à disposition, du codage, de la mise à disposition. Le projet prenait un peu d’ampleur, et une petite communauté commençait à l’utiliser. Il était beaucoup question de « mais pourquoi ça ne marche pas dans ce cas-là ? », « pourquoi n’y a-t-il pas cette fonctionnalité ? » ou « comment pourrais-je faire ceci et cela ? » etc. Vous voyez le genre…

Et là je me suis dit : « Mon dieu, il va falloir interagir avec d’autres gars ! Comment m’y prendre ? »

Ce fut le début d’une période (brève, heureusement) d’intense introspection existentielle. Quel était le but de ce projet ? Pourquoi l’avais-je mis en Open Source ? Je résolvais le problème en décidant unilatéralement qu’il serait libre, pour tous ceux qui seraient suffisamment intéressés pour s’y pencher dessus. J’ai aussi décidé qu’il serait de ma responsabilité d’aider ces braves gens à utiliser ce projet, et tant qu’à faire, que ce soit une expérience positive pour eux.

Des utilisateurs qui participent

J’ai donc commencé à communiquer avec les autres, et j’ai vraiment été bluffé. Ces gens sont formidables ! Je ne peux pas vous dire à quel point ils ont été importants pour le projet. Voici, brièvement, en quoi :

  • Ils viennent de tous les coins de la planète, c’est cool non ? J’ai eu des questions, des commentaires et des critiques des cinq continents;
  • Chaque question posée correspondait à une fonctionnalité potentielle, et est souvent devenue une fonctionnalité réelle;
  • Chaque bug découvert a participé à l’amélioration du projet;
  • La plupart des demandes d’éclaircissement sont devenues des rubriques de la documentation;
  • Beaucoup d’utilisateurs étaient vraiment sympathiques, ils me remerciaient et m’encourageaient ! À chaque fois, cela ensoleillait toute ma journée.

Très chers utilisateurs, vous êtes l’unique raison pour laquelle ce projet existe encore. Si ce projet a eu une importance quelconque dans votre vie, n’ayez aucun doute qu’il en a eu une énorme dans la mienne. Je vous aime.

D’un gars à une équipe

Un autre des effets merveilleux de l’interaction avec les utilisateurs, c’est que certains sautèrent le pas et passèrent de contributeur à membre actif. Je n’étais plus seul sur scène. Je n’étais plus libre de faire tout ce que je voulais et était responsable, non seulement envers moi-même, mais aussi envers chaque membre de l’équipe. Cela a généré du travail supplémentaire : nous avons du mettre en place quelques procédures, partager des idées sur l’architecture, la conception et l’implémentation, la montée en compétence des nouveaux venus etc.

Presque immédiatement, le flot d’idées a influencé ce qu’il était possible de faire avec le projet, pas seulement dans le futur, mais ici et maintenant. Le projet grossissait, en même temps que la vision que nous en avions. En conséquence, l’équipe s’est agrandie, ce qui a généré son lot de problèmes et de questions…

La question du leadership

La notion d’équipe et de communauté est intimement liée à celle du leadership. Qu’est-ce qu’un meneur ? Voici la définition que j’ai employée : « un meneur, c’est quelqu’un qui est capable de pousser les gens à agir en les faisant adhérer à une idée, de telle façon qu’ils seront touchés, émus et inspirés par cette idée ».

Avec cette définition, je dois honnêtement avouer que j’ai connu de nombreux succès mais aussi beaucoup d’échecs. Il y a deux échecs que je n’ai pas encore surmontés :

  • J’ai échoué à garder une équipe motivée et inspirée. À l’heure actuelle je suis le seul contributeur actif et je n’ai pas entendu parler des autres depuis des mois. Quelle qu’en soit la raison, je dois l’accepter. Chaque membre de l’équipe aura toujours sa place au sein du projet, et je vous remercie les gars pour tout ce que vous avez fait, je vous remercie mille fois;
  • J’ai échoué à trouver un autre meneur pour le projet. Ou est-ce juste que je n’ai pas réussi à me mettre suffisamment de coté ? En tout cas, je trouve ça effrayant de penser que le projet pourrait tout simplement s’arrêter, si je faisais un accident cérébral, par exemple, qui détruirait mon dernier (et unique) neurone restant.

Présenter une vitrine au monde

Ce projet est hebergé et vit sur le net. Cela veut dire qu’il doit y avoir un site web pour le présenter, expliquer ce qu’il fait, le documenter, aider les utilisateurs etc. Et aussi, pour attirer de nouveaux utilisateurs et fidéliser ceux qui le sont, ce site doit être sexy, confortable et facile à parcourir.

Je suis un développeur, et franchement… pas un concepteur de site web ! Oui, je connais le HTML, CSS et un peu de PHP. Oui, j’ai développé mes propres templates pour les pages qui rendent la maintenance du site plus facile. Mais comment cela ce fait-il que les différentes versions du site que j’ai pu faire aient toujours été nulles, moches, ennuyeuses voire plus souvent les trois en à la fois ? Bah… Je n’ai définitivement pas de talent artistique, et j’ai besoin d’une aide professionnelle dans ce domaine.

Je n’ai pas eu à chercher très loin : ma sœur est conceptrice graphique de profession et en quelques heures elle m’a conçu un site à des années lumière de ce que j’aurais pu faire en plusieurs semaines (voire mois, voire années… je n’ai tout simplement pas ce talent). Isa : merci pour ta générosité et pour avoir partagé ton talent !

Promotion, marketing, relations publiques, publication

Ok ! Le projet est vivant, il a un beau site web, beaucoup de documentations et des forums d’aide. Mais à quoi bon, si personne n’est au courant ?

C’est là que le concept de promotion d’un projet entre en jeu. Comment est-ce que cela marche ? Je ne pense pas que cela soit un secret : on doit savoir quel contenu les rédacteurs aiment lire. Cela prend du temps, il faut faire des essais, des erreurs, trouver les bons canaux de communication, et parfois … être courageux et audacieux. Vous ne saurez jamais si la grande nouvelle sur votre projet peut être publiée, tant que vous ne l’aurez pas soumise à ceux dont le métier est de publier ce genre de chose.

Voici quelques-uns des canaux de communications avec lesquels j’ai eu du succès :

  • Les magazines en ligne;
  • Les blogs;
  • Les sites qui traitent de technologie;
  • Les web-séminaires;
  • Les présentations que j’ai effectuées moi même.

Je ne saurais trop insister sur combien ce travail de promotion permet à un projet de décoller et de faire la différence, et ce à tous les niveaux.

Très chers éditeurs en ligne et journalistes, merci pour le travail épatant que vous faites en écrivant sur les gens, la technologie et l’Open Source. Je vous aime également.

Remerciements

Je tiens à remercier :

  • Toi, très cher lecteur, de m’avoir lu jusqu’ici ;
  • Tous ceux qui travaillent ou contribuent aux logiciels Open Source. Garder la flamme vivante !
  • Tous ceux qui utilisent l’Open Source. Sans vous les gars, il n’y aurait rien à utiliser.

Restez à l’écoute…

Notes

[1] Merci à GaeliX et Siltaar pour la traduction Framalang. Choix a été fait de conserver tout du long l’expression Open Source, conformément à l’article d’origine.

[2] Crédit photo : Got milk? par OLD SKOOL Cora sous licence Creative Commons By-Nc-Sa.




code_swarm : et le logiciel libre se construit sous vos yeux ébahis

Les programmes de gestion de versions sont indissociables des (gros) projets de logiciels libres. Ils permettent aux développeurs de coordonner leur travail et de suivre au jour le jour qui a fait quoi dans le projet.

En suivant ces programmes, Michael Ogawa a mis au point un modèle graphique de visualisation chronologique de l’élaboration d’un logiciel libre. Il appelle cela code_swarm (essaim de code), qui utilise dans sa conception le moteur libre Processing.

Le résultat est fascinant, un véritable objet mutant aussi bien esthétique que pédagogique.

Pour le moment figurent dans le catalogue : Eclipse, PostgreSQL, Apache et Python. Comme le suggère l’auteur, j’ai choisi de reproduire[1] ce dernier comme exemple d’illustration parce qu’on voit bien comment au départ et pendant plusieurs années le créateur du fameux langage de programmation Python, Guido van Rossum (alias guido), travaille quasiment seul jusqu’à l’an 2000 où le projet sort de sa niche et explose littéralement.

Pour ce que soit un peu plus clair, nous avons traduit[2] ci-dessous les explications données par Michael Ogawa sur la page présentant le projet.

code_swarm

Michael Ogawa – juin 2008

« J’étudie les projets de développement logiciel depuis un petit moment maintenant. Pas la programmation, mais les gens, la façon dont ils interagissent à travers leurs collaborations et leurs communications. Mes investigations ont toujours été visuelles : J’ai bâti des applications qui créent des images de ce qui se passe au cours de l’élaboration des projets logiciels. Mais ils ont toujours eu une structure rigide. La visualisation d’information organique, inventée par Ben Fry, est une approche différente de la visualisation de l’information. Elle évite les confinements traditionnels d’information dans l’espace, et laisse les éléments jouer librement ensemble d’une manière aléatoire.

Cette visualisation, appelée code_swarm, montre l’historique des commits d’un projet de développement logiciel. Un commit intervient lorsqu’un développeur effectue des changements dans le code ou les documents et les transfère au dépôt central du projet. Les développeurs et les fichiers sont ici représentés par des éléments mobiles. Lorsqu’un développeur commite un fichier, celui-ci s’illumine et vole en direction du développeur concerné. Si des fichiers ou des développeurs ne sont pluss actifs, ils s’estompent peu à peu. Un histogramme, au bas de la visualisation, vient rappeler ce qui s’est passé précédemment. »

Notes

[1] Les vidéos sont présentées au format flash .flv sur Vimeo.com, on peut les télécharger au format .mov en s’inscrivant sur le site.

[2] Merci à Simon Descarpentries pour la traduction.




Et pendant ce temps là à Jalapa…

Séquence évasion avec ces quelques photos d’une récente installation de la toute dernière version de GNU/Linux Ubuntu, la 8.04 du Hardy Heron, dans un village du Nicaragua.

Une (courte) traduction signée GaeliX pour Framalang.

Ubuntu - Nicaragua

Parier sur l’avenir

Bet on the future

Blog comuNIdad – 19 juin 2008

Jalapa est une commune du département de Nueva Segovia, Nicaragua, située près de la frontière avec le Honduras.

Ubuntu - Nicaragua

Jalapa est une région très pauvre et a été une de celles qui ont le plus souffert de la guerre civile dans les années 80.

Aujourd’hui, le gouvernement local fait un pari sur l’avenir en migrant toutes ses stations de travail et ses serveurs vers des logiciels libres et en particulier vers Ubuntu Linux.

Ubuntu - Nicaragua

C’est une occasion unique de réduire la fracture numérique et d’amener le progrès dans les zones rurales. Un grand merci à l’équipe locale Ubuntu d’avoir travaillé dur pendant plusieurs mois pour faire de cette initiative une réalité.

Ubuntu - Nicaragua




Le code issu de Venus est-il meilleur que celui de Mars ?

LoosePunctuation - CC byLe code informatique écrit par des femmes serait-il plus « utile » que celui des hommes ?

C’est en tout cas ce qui ressort de ce récent article d’un blog du Wall Street Journal.

Il serait en effet mieux documenté et par là-même plus facilement exploitable par d’autres développeurs[1].

L’occasion d’évoquer aussi peut-être dans les commentaires la problématique de l’écart des sexes dans le secteur informatique en général et dans la communauté du logiciel libre en particulier…

Les hommes écrivent du code provenant de Mars, et les femmes du code plus utile venant de Vénus.

Men Write Code from Mars, Women Write More Helpful Code from Venus

Rebecca Buckman – 6 juin 2008 – The Wall Street Journal
(Traduction Framalang : GaeliX et Burbumpa)

Nous savons tous que les hommes détestent demander leur chemin. Apparemment, ils détestent tout autant indiquer les directions dans le code informatique.

Emma McGrattan, première vice-présidente en ingénierie de la société Ingres spécialisée en bases de données, l’une des femmes développeuses les plus cotées de la Silicon Valley, insiste sur le fait qu’hommes et femmes ne codent pas de la même façon. Les femmes sont plus sensibles et plus attentives à ceux qui pourraient utiliser leur code ultérieurement. Elles parsèment leur code, vous savez, ces lignes d’instructions qui donneront naissance à d’astucieuses applications et programmes, de commentaires et consignes, expliquant avec précision pourquoi elles ont écrit leur code de cette façon là.

Le code devient alors une sorte de « feuille de route » pour ceux qui voudraient le modifier ou l’étendre par la suite, ajoute McGrattan, irlandaise de souche ayant rejoint Ingres en 1992.

Les hommes, d’un autre côté, n’ont pas les mêmes motivations. Souvent, « ils essayent de montrer combien ils sont intelligent en produisant du code cabalistique » dit-elle sur le blog Business Technology. « Ils essayent de dissimuler des choses dans le code », et ne laissent pas de consignes claires pour les futurs utilisateurs. McGrattan se targue de pouvoir, dans 70% à 80% des cas, déterminer à partir d’un morceau de code s’il a été écrit par un homme ou par une femme.

Par souci de rendre le code d’Ingres plus facile à utiliser et dépourvu de genre sexuel, McGrattan a aidé à la mise en œuvre de nouveaux standards de programmation au sein de la société. Elle demande aux développeurs d’inclure un certain nombre de commentaires précis avant chaque portion de code, expliquant ce que chacun fait et pourquoi; les développeurs doivent aussi fournir un historique détaillé de chaque changement effectué. Ces règles s’appliquent aussi bien aux employés d’Ingres qu’aux membres de la communauté Open Source qui participent au code des produits Ingres.

Il y a grand besoin de modifier le code à haute teneur en testostérone chez Ingres car seulement 20% des ingénieurs sont des femmes, précise McGrattan, la plupart d’entre elles ayant des postes liés à l’assurance qualité ou à l’adaptation à un nouveau pays et non à la programmation de haut vol.

Elle s’est donnée comme mission d’intéresser plus de femmes aux carrières dans le développement. Mais « cela s’avère très difficile » conclut-elle.

Notes

[1] Crédit photo : LoosePunctuation (Creative Commons By)




1 heure de votre temps pour écouter Eben Moglen

Vous avez une petite heure devant vous ? Vous ne le regretterez pas.

Il s’agit de Software and Community in the Early 21st Century, une intervention d’Eben Moglen à la Conférence Plone d’octobre 2006 à Seattle.

Nous avons mis un petit bout de temps à la traduire puis la sous-titrer[1] mais cela valait vraiment le coup parce que Eben Moglen est à n’en pas douter l’un des meilleurs orateurs de la communauté du logiciel libre. Et cette conférence, certainement l’une des plus intéressantes qu’il m’ait été donné de voir, ne fait que le confirmer.

De quoi cela parle-t-il ? De logiciel bien sûr mais aussi et surtout de liberté. Si je devais expliquer pourquoi j’ai commencé Framasoft il y a quelques années je pourrais aisément fournir cette ressource en guise de première voire d’unique réponse…

Notes

[1] Un énorme merci à toute l’équipe Framalang pour ce travail collectif de longue haleine (dont Daria, Don Rico, GaeliX, Jessminder, Yostral et notre sous-titreur Xavier Marchegay).




And the winner is…

Coup sur coup, Red Hat et Novell viennent de faire des déclarations qui, entre les lignes, laisse à penser que leur version desktop communautaire de GNU/Linux, Fedora pour le premier et OpenSuse pour le second, n’est pas (ou plus) stratégique et donc prioritaire dans leur développement. Les deux sociétés préfèrent se concentrer sur les serveurs et le service aux entreprises dont la rentabilité est assurée.

Extrait de l’article What’s Going On With Red Hat Desktop Systems? An Update chez RedHatNews : An explanation: as a public, for-profit company, Red Hat must create products and technologies with an eye on the bottom line, and with desktops this is much harder to do than with servers. The desktop market suffers from having one dominant vendor, and some people still perceive that today’s Linux desktops simply don’t provide a practical alternative. Of course, a growing number of technically savvy users and companies have discovered that today’s Linux desktop is indeed a practical alternative. Nevertheless, building a sustainable business around the Linux desktop is tough, and history is littered with example efforts that have either failed outright, are stalled or are run as charities.

Extrait de Novell: The Stand-alone OS is Dead sur InternetNews : The basic concept here is that the standalone operating system is dead, The days in which people buy operating systems on their own and then build a stack from there… will look like home-built automobiles in the future, people aren’t going to do this anymore.

Si on fait le compte des distributions GNU/Linux pour le grand public, il ne reste plus guère que Mandriva et Ubuntu (voire peut-être d’autres, à vous de me dire, comme PCLinuxOS, Mint ou encore Freespire).

Mandriva vient de sortir sa version de printemps. Souhaitons-lui bonne chance… Il n’empêche que c’est clairement Ubuntu qui a le vent en poupe alors même que sa prochaine version, Hardy Heron, va éclore dans quelques jours et en rajouter une couche.

Classements des distributions sur DistroWatch pour les trois derniers mois :

DistroWatch

Comparatif de fréquence de recherches sur Google Trends (cliquer ici pour mieux voir) :

Google Trends - Ubuntu Fedora Suse Mandriva

Vous en tirerez vos propres conclusions. Et tant qu’à rester sur Google Trends voici un autre comparatif donnant un argument de plus à mon billet Le vocable Ubuntu va-t-il se substituer à Linux auprès du grand public ? :

Google Trends - Linux Ubuntu

Ce qui m’amène à poser les quelques questions suivantes aux lecteurs qui passent :

  • Une société peut-elle gagner de l’argent avec une distribution GNU/Linux grand public ?[1]
  • Ubuntu a-t-il définitivement gagné la bataille des distributions GNU/Linux grand public ?[2]
  • Si oui, n’est-ce pas paradoxal que, quand bien même les communautés du libre soient parées de toutes les vertus, ce soit un un milliardaire (aussi sympathique et philantropique soit-il) qui ait raflé la mise ?
  • Si oui, est-ce que cette grande clarification est un facteur favorable pour la migration grand public de Windows vers Linux ?

Notes

[1] D’autant que Mark Shuttleworth lui-même (fondateur d’Ubuntu) ne le pense pas non plus : I don’t think there is money to be made in selling desktop Linux.

[2] Question subsidiaire : Et que devient Debian dans tout ça ?




Le deuxième effet kiss cool du logiciel libre

Une courte traduction[1] sous la forme d’un témoignage sans prétention qui illustre bien la mise en relation, internationale et dans un certain état d’esprit, que permet et induit le logiciel libre.

C’est Ubuntu qui est mis en valeur ici (et en France on n’est pas en reste d’ailleurs avec le très convivial et compétent Ubuntu-fr) mais les vertus et attitudes évoquées ici valent je crois pour l’ensemble de la communauté.

Au delà du fait d’avoir à disposition des programmes de grande qualité, le logiciel libre c’est aussi ce petit supplément d’âme que d’aucun comme moi apprécie tout particulièrement…

Copie d'écran - DThomasDigital

L’effet secondaire (positif) de l’utilisation d’Ubuntu

The Unexpected (good) side effect of using Ubuntu

David Thomas – 24 mars – dthomasdigital.wordpress.com

Je suis un adepte d’Ubuntu, je fais parti de ces convertis depuis deux ans maintenant et Ubuntu a répondu à toutes mes attentes en matière d’informatique. Même les jeux sur Ubuntu commencent à être matures et je remarque que j’ai remplacé Wine au profit de jeux disponibles directement sur Linux. Je connais bien désormais la puissance d’Ubuntu et j’utilise de nombreuses applications critiques dont dépend mon entreprise sur cette même plateforme.

Puis il est arrivé une chose à laquelle je ne m’attendais pas. Lentement mais sûrement à mesure que je m’impliquais dans la communauté Ubuntu j’ai appris beaucoup de choses sur le vaste monde qui m’entoure en apprenant à connaître des gens et des cultures de divers horizons. J’ai commencé ce blog puis j’ai intégré le Planet Ubuntu Users. Ceci m’a permis de rencontrer gouki, je crois bien qu’il vient du Portugal. C’est lui qui est en charge de Planet Ubuntu Users, j’adore son site, il est simple mais fantastique.

Un jour mes billets cessent d’apparaître sur le Planet. En en cherchant la cause j’ai découvert que je n’étais pas le seul dans ce cas, parmi les autres personnes il y avait Isabelle Duchatelle qui vient de France. C’est une personne d’une grande finesse et j’ai appris plusieurs petits trucs grâce à ces billets. Après quelques échanges d’e-mails on a trouvé la source du problème et nous étions de retour sur le Planet.

Peu après ça mon implication dans le Ubuntu Users Group près de chez moi s’est accrue et en posant des questions à droite à gauche j’ai échangé quelques courriers avec le légendaire Jono Bacon de Grande Bretagne. C’est une personne qui est toujours prête à aider et à vous faire découvrir un groupe dont vous n’aviez jamais entendu parler. Pour moi qui adore la musique, rien que ça rendait nos échanges intéressants.

Grâce à Ubuntu je me suis retrouvé impliqué dans Software Freedom Day, la Document Freedom Day et dans l’Open Discussion Day. J’y ai fait la connaissance de gens venant du Nigéria, de Malaisie, d’Inde, d’Amérique du Sud et encore plein d’autres pays. Ce qui m’est arrivé à une échelle plus petite est tout aussi incroyable. Notre Ubuntu Users Group local est devenu un groupe officiel et nous avons commencé quelques projets avec succès. J’ai aussi été impliqué avec les équipes américaines et j’ai fait la connaissance de gens géniaux comme Aaron Toponce.

Soit, mais alors de quel effet secondaire s’agit-il ? Et bien, lorsque j’utilisais Windows j’étais comme dans un cocon à trimer chaque jour et une chose est sure c’est que je me suis jamais intéressé au blog de Bill Gates comme je m’intéresse aujourd’hui à celui de Mark Shuttleworth et même si j’adore les autres distributions Linux (je vis au Nouveau Mexique et Gentoo aura donc toujours place à part dans mon cœur) Ubuntu m’a attiré dans une communauté, une communauté de gens qui veulent vraiment rendre l’informatique libre et ouverte.

C’est une communauté qui traite les débutants avec autant de respect qu’elle traite ses membres de la première heure. J’ai vraiment beaucoup appris durant ces deux dernières années et cette année je ferai une présentation à Ubuntu Live (hey les gars qui s’occupent d’Ubuntu Live, vous pensez pas que vous pourriez revoir le prix de l’inscription ?), ça sera l’occasion pour moi de serrer des mains et de remercier la communauté dont je suis tombé amoureux. Alors oui, je dirais que c’est un effet secondaire plutôt positif pour un gars comme moi qui ne savait même pas situer le Nigéria sur une carte il y a à peine deux ans.

Notes

[1] Merci à Olivier (from Fralamang) pour la traduction.