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Framakey WebApps : du nouveau dans les applications portables

Framakey 1.9 - InterfaceIl y a un mois presque jour pour jour, je me mettais la pression vous annonçait quel devraient être les prochaines étapes pour la Framakey en 2009. Faisons donc un rapide bilan.

Le portail d’applications portables est bien plus à jour (sauf la partie jeux). Certes, certaines applications ne sont pas disponibles dans leurs toutes dernières versions, mais normalement aucune version majeure ou corrigeant des failles de sécurité n’a été oubliée. Pour les accrocs aux toutes dernières versions, je vous renvoie plutôt vers nos amis de PortableApps.com, dont la communauté (anglophone) est bien plus importante, et par conséquent plus réactive.

La Framakey 1.9 est bien sortie (et dans les temps, s’il vous plait !). Une version 1.10 est d’ailleurs en préparation, corrigeant quelques bugs mineurs. La nouvelle interface (cliquez sur l’image ci-dessus), inspirée de la Xandros équipant les eeePC, semble plaire à beaucoup d’entre vous (rappelons au passage qu’elle tourne simplement avec du Firefox+Jquery+HTML+CSS).

N’ayant pas trouvé d’équivalent libre, j’ai développé (très rapidement, en utilisant une méthode de développement agile intitulée La Rache) un petit outil pour tester la rapidité en écriture des clés USB sous Windows. En effet, les taux constructeurs sont des moyennes, or la vitesse des clés USB est extrêmement variable suivant la taille des fichiers. Ainsi, la même clé peut faire du 2Mo/s sur des fichiers de 10Mo, et un pitoyable 2Kos pour des fichiers de 1Ko. Framakey Drive Benchmark vous permet donc de tester votre clé suivant la taille des fichiers, et vous fournit même un temps approximatif d’installation de la Framakey (25mn pour certaines clés, et 6H pour d’autres…). Alors toi aussi vient jouer à qui à la plus rapide en testant (Licence GPL, version bêta, toussa) Framakey Drive Benchmark.

Mais surtout, une bonne partie de ce rafraichissant mois de mars aura été consacré au développement d’un nouveau type d’applications portables : les WebApps.

Is it a plane? Is it a bird? No! It’s a WebApp!

Vous je ne sais pas, mais moi ça m’arrive souvent : un ami (souvent une amie, d’ailleurs, sans faire dans le sexisme ou la misogynie), sachant que vous vous y connaissez en « tous ces trucs d’internet » vous appelle (de préférence à un moment ou vous étiez hyper concentré dans une partie de Frozen Bubble) pour vous dire « Dis, il y a quelques jours, tu m’as parlé des Wikis. Là je viens d’en télécharger un pour voir à quoi ça ressemblait, mais il se passe rien quand je double-clique sur index.php. C’est nul, tes trucs-libres-qui-marchent-pas ! ».

Vous êtes alors devant un choix cornélien : prendre une voix de répondeur et dire que vous êtes parti pour 15 jours en vacances et que vous rappellerez dès que possible. Ou partir dans 2 heures d’explications techniques sur les technologies clients-serveurs et faire par téléphone du support technique sur l’installation d’EasyPHP (ou WAMP, ou XAMP, ou …). Et pas question de vous en tirer avec un « T’as qu’à cocher Apache PHP et MySQL et PHP dans Synaptic » puisqu’il parait que ça n’existe pas encore sous Windows (mais je vous assure qu’à Framasoft, on y travaille…).

Bref, installer une application web comme SPIP, Drupal, Joomla, Dotclear, WordPress, MediaWiki, Alfresco, ou que sais-je encore, c’était quand même plus compliqué que de double cliquer sur setup.exe…

C’était ? Et oui !
A force de travailler sur le concept d’applications portables, on se dit qu’on devrait pouvoir faire la même chose avec les applications web : on télécharge, on dézippe, ça marche.

« No hassle », comme disent nos amis américains (faut juste faire gaffe à la prononciation).
Grâce à toutes les briques libres existantes, notamment le trop méconnu ZazouMiniWebServeur (développé par un très sympathique frenchy, qui plus est), il est possible de remixer PHP, MySQL, ZMWS et l’application dans un seul fichier zip.

Une petite vidéo (5mn) sera plus parlante qu’un long discours.

—> La vidéo au format webm

En fait, il y a déjà une société qui proposait ce type d’applications web. En effet, Bitnami propose depuis plusieurs mois des Bitnami Stacks, qui fonctionnent sensiblement sur le même principe. Cependant, les serveurs (Apache et MySQL) tournent en « service Windows », rendant tres « centralisé » l’utilisation de ses applications : pas de possibilité de les copier sur clé USB ou CD, lancement automatique des services au démarrage de la machine, etc. Et j’ai moi-même expérimenté quelques déconvenues avec Bitnami en installant, puis désinstallant des stacks : perte de la base de données, fichiers communs qui disparaissent…
De plus, les applications sont anglophones (là le WebApp Manager est multilingue).

Enfin et surtout, les Bitnami Stacks, utilisent l’installateur BitRock qui, si j’ai bien lu les conditions, n’est pas libre mais « gratuit pour les projets libres » (rien que pour ça, ça m’a donné envie de voir si on pouvait proposer une alternative vraiment libre[1]). On ne prétend pas avoir en moins de 15 jours fait mieux que Bitnami, mais au moins on a fait un pas de plus vers du 100% libre, puisque chacun peut tenter de se faire sa WebApp (je ne prétends pas que ça soit simple, mais c’est accessible et au moins partiellement documenté).

Avec les WebApps, pas de problème pour lancer plusieurs applications en même temps : chacune tourne indépendamment dans son dossier, qu’on peut sans problème copier sur clé USB par exemple pour faire une démo à un client ou pour bloguer déconnecté.

La preuve en images (animées).

—> La vidéo au format webm

Évidemment, pour les habitués du web, cela peut paraitre peu intéressant : « Autant faire une installation en ligne, l’application sera disponible 24H/24. Là, si j’éteind l’ordinateur, la WebApp n’est plus accessible ! ». Certes, mais le public des WebApps n’est pas le même, elles visent plutôt :

  • L’hyper-débutant qui ne sait pas ce qu’est un serveur web
  • Le débutant qui ne sait pas faire la différence entre un fichier interprété (.php par exemple) et un fichier exécutable (.exe)
  • Les personnes ne sachant pas ou ne voulant pas faire d’installation d’application web (« heu… c’est quoi mon hôte MySQL ? »)
  • Les personnes souhaitant faire une démo de leur application web sur un salon, sans connexion internet, depuis une clé USB
  • Les entreprises souhaitant envoyer un site dynamique sur CD à leurs clients
  • Les personnes souhaitant s’installer localement et facilement un wiki pour faire de la prise de notes en local
  • Les personnes souhaitant tester plusieurs CMS avant de faire leur choix
  • etc..

Je rappelle au passage que les WebApps sont en version bêta, et donc susceptibles d’importants changements au cours des prochaines semaines.

Reprenons notre casquette de militant du logiciel libre

Si on se place dans la perspective ou de plus en plus d’applications sont dans les nuages, que beaucoup de ces applications sont libres, mais qu’il y a là aussi une forte résistance des applications propriétaires (de Facebook aux Google Apps, en passant par Basecamp), il faut peut être s’interroger sur :

  • Comment faciliter l’accès aux applications web au grand public ?
  • Comment leur donner de meilleures chances face aux gros services marketing de sociétés privées ?
  • Comment éviter la frustration de l’utilisateur lambda, qui veut voir plus qu’une capture écran, mais pas forcément prendre un hébergement en ligne ?
  • Comment éviter le phénomène Minitel 2.0, dont nous sommes – nous, développeurs – en partie responsable en mettant une barrière à l’entrée parfois trop haute pour le citoyen numérique lambda ?

Un exemple : toutes les personnes que je connais qui ont tenté d’installer Mediawiki ou Drupal, pourtant tous deux extrêmement reconnus dans leurs domaines, ont reconnu que « les premières heures de prises en main ont été laborieuses ». Comment, dans ces conditions, espérer que Tata Jeannine installe sa propre application web ? Elle fera comme les autres, elle finira chez Blogger (bof bof) ou WordPress.com (mieux).

Bref, comment faciliter la transition entre le tout local que l’informatique à connu pendant des dizaines d’années, vers le tout dans Firefox en ligne vers lequel il semblerait que l’on se dirige à la vitesse d’un photon dans une fibre optique ?

Le logiciel libre à un véritable intérêt stratégique à promouvoir le libre dans le web, car c’est sur la toile que nous passons de plus en plus de temps. C’est là qu’est notre vie numérique. « C’est là que nous avons notre tête », pour reprendre les propos de Michel Serres.

Or, si ces applications foisonnent et s’émulsionnent dans les milieux autorisés (celui du développement web, des hébergeurs, de ceux qui savent…), il faut bien avouer qu’il n’y a pas beaucoup d’initiatives pour les rendre plus « populaires » au sens premier du terme.

Évidemment, les WebApps ne sont pas la solution, mais nous espérons qu’elles pourront être une piste intéressante, reprise et remixée par d’autres (notamment les éditeurs d’applications web libres) afin de rendre plus accessibles leur travail auprès d’un plus large public.

We need you!

Ceux qui sont encore là ont sans doute remarqué que l’offre de WebApps est relativement pauvre : 4 ou 5 applications web prêtes à l’emploi, alors qu’ils en existe des dizaines, voir des centaines d’intéressantes.

En effet, nous sommes déjà passablement occupés avec Framasoft, Framakey, Framabook, et j’en passe. Maintenir un portail de 20 ou 30 WebApps nous prendrait bien trop de temps.

S’il y a parmi vous des volontaires pour maintenir des WebApps (Joomla Portable ? Dotclear Portable ? Mediawiki portable ?) qu’ils n’hésitent pas à lire Comment créer ma WebApp ? puis à nous contacter. Les prérequis sont vraiment accessibles (savoir installer l’application, savoir la mettre à jour, disposer d’un système Windows).
De même, de futurs développements du WebApp Manager sont envisagés. Par exemple pour publier facilement sa WebApp en ligne, ou pour synchroniser des bases locales et distantes. Là aussi, n’hésitez pas à prendre contact si vous voulez contribuer au code.

N.B. : Une démo des WebApps (et de la FramaGnu !) sera probablement faite au salon Solutions Linux la semaine prochaine. Si vous souhaitez en discuter, demandez le stand Framasoft (on squattera très probablement le stand d’une association amie).

Notes

[1] En fait, le WebApp Manager est développé en AutoIt, langage freeware non libre. Mais les sources du WebAppManager sont, elles, bien libres. Il ne tient qu’à vous de le redévelopper dans n’importe quel autre langage disposant d’un compilateur libre




Le Framablog fait sa mue en plein hiver

Paul Mannix - CC byJ’avais très clairement d’autres choses plus urgentes à faire (sur Framasoft et ailleurs) mais je me suis souvenu de ma liste de bonnes résolutions pour l’année… 2008 ! Parmi une longue suite de promesses non tenues, se trouvait le projet de modifier un peu l’aspect graphique et ergonomique de ce blog qui n’avait pas bougé depuis sa création. Il reste encore un bon paquet de trucs à « peaufiner » mais voici donc le nouveau log du Framabook look du Framablog.

Qu’est-ce qui a réussi à me motiver assez pour trouver le temps de réaliser cette véritable prouesse (enfin, surtout pour moi) ? Principalement le nouveau thème Dotclear d’Olivier Meunier que j’ai trouvé fort bien fait ma foi et que j’ai donc adopté de go sans presqu’y rien changer (du coup le temps consacré a été diminué d’autant). J’en profite pour saluer l’extraordinaire travail d’Olivier et derrière lui toute la communauté Dotclear. Je n’ai pas vraiment suivi dans le détail mais il y a un an on avait, je crois, un projet moribond qui évoluait peu et qui voyait beaucoup de blogueurs partir sous d’autres cieux (comprendre vers WordPress).

Aujourd’hui c’est tout le contraire. La version 2 est là est bien là, correctifs, documentations, thèmes, plugins, trucs et astuces se succèdent à un rythme effréné et l’atmosphère est au beau fixe si j’en juge par la quantité, qualité et la gentillesse des interventions sur le forum (dont je n’ai malheureusement pas la disponibilité suffisante pour participer). Grand merci à vous tous, c’est un peu surfait de le dire mais c’est sincère : vous faites un boulot formidable ! Et d’ailleurs, tiens, la photo d’illustration[1] vous est dédiée 😉

Bon, bien entendu, fidèle visiteur, tu risques d’être un peu perturbé au début dans ta lecture (et puis il y a bien eu quelques compromis à faire). Mais puisque tu as tenté réussi à passer sous GNU/Linux, tu es désormais paré à toutes les éventualités !

Un peu comme un changelog de logiciel, voici en vrac une énumération non exhaustive d’informations, comparaisons et commentaires autour de ce nouveau manteau d’hiver.

  • Confort a priori accru avec des pages moins lourdes à se charger et une lecture plus agréable et aérée (à vous de me dire, une fois le cache actualisé of course). Le hic c’est que la mise en page de certains articles était optimisée pour l’étroite colonne de la version précédente et on se retrouve parfois à ne trop savoir que faire de tout ce vaste espace conquis. On tentera d’y pourvoir petit à petit et au cas par cas.
  • Apport de quelques contenus spécifiques qui faisaient défaut depuis le début (voir plus bas et shame on me).
  • Modifications sur les médias (images, audios, vidéos, etc.) qui devraient théoriquement permettre à Bibi d’émettre plus rapidement et efficacement ses futurs billets.
  • Apparition d’un menu permanent en haut de page utilisant l’option « pages fixes et indépendantes » de Dotclear.
  • Dans les liens de ce menu, on trouve Framalang. C’était bien le moins que de consacrer une page dédiée à ce projet ! Autre nouveauté, il y a également la possibilité à partir de cette page de s’inscrire directement à la liste de diffusion Framalang si jamais il vous venait l’envie de participer.
  • La page Framatube est une autre grande nouveauté. Elle sort de l’ombre notre compte sur blip.tv et permet de voir ainsi pas loin de cent vidéos autour du logiciel libre, sa culture et son état d’esprit ! Mais nous aurons bien le temps d’en reparler… Attention, « flashophobe » s’abstenir ! (sachez néanmoins que l’on possède très souvent des conversions au formats ouverts de ces vidéos, que l’on indiquera là encore au fur et à mesure, be patient)
  • Une page À propos permet au visiteur qui découvrirait le Framablog de mieux se rendre compte où il met les pieds (à propos, faudra que je pense à la remplir !).
  • C’était un peu bêbête mais il n’y avait pas de formulaire pour contacter le Framablog (en l’occurrence moi, mais sachez d’ores et déjà que d’autres vont bientôt venir me rejoindre à la rédaction). D’autant plus incongru que j’adôre la communication môa ! Cette lacune est désormais réparée. Outre les discrètes mentions de fautes d’orthographe, vous allez aussi pouvoir me proposer à l’avenir tout plein de suggestions de billets et autres scoops en exclusivité 😉
  • Autre fâcheux oubli, la licence du site et les mentions des dessins réalisés en haut et bas de page (merci à Pfelelep et LL de Mars au passage).
  • Le moteur de recherche interne est pertinent et spectaculaire (JavaScript inside) grâce au boulot d’Olivier Meunier.
  • La page d’accueil se trouve être revue de fond en comble. Ce n’est pas vraiment un problème pour toi, fidèle visiteur, qui est abonné au flux RSS du Framablog et qui donc attend tranquillement que ses articles viennent illico à toi sans passer par la case « accueil » du blog (et sans toucher 2000 euros, que de toutes les façons tu conserves jalousement pour participer toi aussi à la future campagne de survie soutien de Framasoft). Par contre, pour un visiteur tout frais qui passerait par hasard pour la première fois ici, la page d’accueil est certainement plus lisible que ce qui était proposé précédemment, à savoir une dizaine d’articles en enfilades qui donnaient une home page à l’ascenseur tellement long qu’il devenait un escalier (j’me comprends).
  • Les tags apparaissent enfin sur les pages du site. Comme avec le temps ils se sont accumulés, cela donne des propositions intéressantes d’entrées alternatives pour fureter dans le blog.
  • C’est un choix. Les tags étant mis en avant, il y a un paquet d’informations qui passent dans le gros pied de page du site. C’est donc là qu’on y trouvera désormais les derniers billets, commentaires, news du net, ainsi que, encore une nouveauté, une sélection de blogs et sites connexes au Framablog (en gros qui tournent eux aussi autour du Libre, et que si tu n’en connais aucun alors tu as bien de la chance parce que te voila parti pour le beau voyage de la découverte du logiciel libre et sa culture).
  • Après ce pied de page, c’est pas encore fini car on trouve une sorte de « méta-pied de page » qui concerne… je suis pénible je sais avec ça… l’imminente campagne de soutien (pour le moment, les liens ne sont pas renseignés mais ça ne saurait tarder).

Voilà. J’ai dû oublier des choses… mais ce n’est pas très grave puisqu’elles sont toutes contentes de se transformer alors en easter eggs.

Merci de me retourner dans les commentaires tout bug repéré (avec indications de l’OS et du navigateur si cela concerne l’affichage). Vous êtes également cordialement invité chez moi pour le Jour de l’an à laisser vos avis, critiques et propositions de suggestions pour continuer à améliorer le bouzin.

Merci enfin à toi, ô fidèle visiteur, pour être arrivé jusqu’ici (signifiant par là-même que tu es susceptible de le rester).

Notes

[1] Crédit photo : Paul Mannix (Creative Common By)