Le transit, c’est important 🙂

Non, nous n’allons vous parler de fibres (quoique). C’est du transit d’Internet que nous allons parler. Ou plutĂŽt, nous allons laisser StĂ©phane Bortzmeyer en parler.

Son article nous a sĂ©duits, aussi bien par la thĂ©matique abordĂ©e (on ne se refait pas, quand les GAFAM menacent l’avenir d’Internet, on aime bien que ce soit dit 😃) que par son aspect didactique, truffĂ© d’hyperliens permettant Ă  tout un chacun de le comprendre. Nous le reproduisons ici, avec son aimable permission et celle de la licence (libre, bien sĂ»r) de l’article, la GFDL et avec quelques photos en plus (dont un chaton, je viens de dire qu’on ne se refaisait pas 😁).

Stéphane Bortzmeyer est bien connu du milieu technique pour ses articles sur les RFC (Request For Comments) et autres articles techniques plutÎt que pour des textes à destination de la famille Dupuis-Morizeau mais ses fiches de lecture pourraient bien les intéresser.

Carte de l’Internet : vous ĂȘtes ici.

Le transit Internet est-il vraiment mort ?

À la rĂ©union APRICOT / APNIC du 20 fĂ©vrier au 2 mars, Ă  HĂŽ-Chi-Minh-Ville, Geoff Huston a fait un exposĂ© remarquĂ©, au titre provocateur, « The death of transit ». A-t-il raison de prĂ©dire la fin du transit Internet ? Et pourquoi est-ce une question importante ?

Deux petits mots de terminologie, d’abord, s’inscrivant dans l’histoire. L’Internet avait Ă©tĂ© conçu comme un rĂ©seau connectant des acteurs relativement Ă©gaux (par exemple, des universitĂ©s), via une Ă©pine dorsale partagĂ©e (comme NSFnet). Avec le temps, plusieurs de ces Ă©pines dorsales sont apparues, l’accĂšs depuis la maison, l’association ou la petite entreprise est devenu plus frĂ©quent, et un modĂšle de sĂ©paration entre les FAI et les transitaires est apparu. Dans ce modĂšle, le client se connecte Ă  un FAI. Mais comment est-ce que les FAI se connectent entre eux, pour que Alice puisse Ă©changer avec Bob, bien qu’ils soient clients de FAI diffĂ©rents ? Il y a deux solutions, le peering et le transit. Le premier est l’Ă©change de trafic (en gĂ©nĂ©ral gratuitement et informellement) entre des pairs (donc plus ou moins de taille comparable), le second est l’achat de connectivitĂ© IP, depuis un FAI vers un transitaire. Ces transitaires forment donc (ou formaient) l’Ă©pine dorsale de l’Internet. Le modĂšle de l’Internet a Ă©tĂ© un immense succĂšs, au grand dam des opĂ©rateurs tĂ©lĂ©phoniques traditionnels et des experts officiels qui avaient toujours proclamĂ© que cela ne marcherait jamais.

Mais une autre Ă©volution s’est produite. Les utilisateurs ne se connectent pas Ă  l’Internet pour le plaisir de faire des ping et des traceroute, ils veulent communiquer, donc Ă©changer (des textes, des images, des vidĂ©os
). À l’origine, l’idĂ©e Ă©tait que l’Ă©change se ferait directement entre les utilisateurs, ou sinon entre des serveurs proches des utilisateurs (ceux de leur rĂ©seau local). Le trafic serait donc Ă  peu prĂšs symĂ©trique, dans un Ă©change pair-Ă -pair. Mais les choses ne se passent pas toujours comme ça. Aujourd’hui, il est de plus en plus frĂ©quent que les communications entre utilisateurs soient mĂ©diĂ©es (oui, ce verbe est dans le Wiktionnaire) par des grands opĂ©rateurs qui ne sont pas des opĂ©rateurs de tĂ©lĂ©communication, pas des transitaires, mais des « plates-formes » comme les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon). La communication entre utilisateurs n’est plus pair-Ă -pair mais passe par un intermĂ©diaire. (On peut parler d’un Minitel 2.0.)

Non, on n’a pas trop envie d’un Internet Ă  la Minitel 2.0

Bon, mais quel rapport avec l’avenir de l’Internet ? Mes lect·eur·rice·s sont trĂšs cultivé·e·s et savent bien que le Web, ce n’est pas l’Internet, et que le fait que deux utilisateurs de Gmail passent par Gmail pour communiquer alors qu’ils sont Ă  100 mĂštres l’un de l’autre n’est pas une propriĂ©tĂ© de l’Internet. (Les ministres et la plupart des journalistes n’ont pas encore compris cela, mais ça viendra). L’Internet continue Ă  fonctionner comme avant et on peut toujours faire du BitTorrent, et se connecter en SSH avec un Raspberry Pi situĂ© Ă  l’autre bout de la planĂšte (notez qu’il s’agit de l’Internet en gĂ©nĂ©ral : dans la quasi-totalitĂ© des aĂ©roports et des hĂŽtels, de nombreux protocoles sont interdits. Et ces malhonnĂȘtes osent prĂ©tendre qu’ils fournissent un « accĂšs Internet »).

C’est lĂ  qu’on en arrive Ă  l’exposĂ© de Huston. Il note d’abord que les sites Web qui ne sont pas dĂ©jĂ  chez un GAFA sont souvent hĂ©bergĂ©s sur un CDN [un rĂ©seau de diffusion de contenu, Note du Framablog]. Ensuite, il fait remarquer que les GAFA, comme les CDN, bĂątissent de plus en plus leur propre interconnexion. À ses dĂ©buts, Google Ă©tait une entreprise comme une autre, qui achetait sa connectivitĂ© Internet Ă  un fournisseur. Aujourd’hui, Google pose ses propres fibres optiques (ou achĂšte des lambdas) et peere avec les FAI : encore un peu et Google n’aura plus besoin de transit du tout. Si tous les GAFA et tous les CDN en font autant (et la plupart sont dĂ©jĂ  bien engagĂ©s dans cette voie), que deviendra le transit ? Qui pourra encore gagner sa vie en en vendant ? Et si le transit disparaĂźt, l’architecture de l’Internet aura bien Ă©tĂ© modifiĂ©e, par l’action de la minitĂ©lisation du Web. (Je rĂ©sume beaucoup, je vous invite Ă  lire l’exposĂ© de Huston vous-mĂȘme.)

Notez que Huston n’est pas le premier Ă  pointer du doigt cette Ă©volution. Plusieurs articles moins flamboyants l’avaient dĂ©jĂ  fait, comme les dĂ©jĂ  anciens « The flattening internet topology: natural evolution, unsightly barnacles or contrived collapse? » ou « Internet Inter-Domain Traffic ». Mais Huston rĂ©ussit toujours mieux Ă  capter l’attention et Ă  rĂ©sumer de maniĂšre percutante un problĂšme complexe.

Alors, si Huston a raison, quelles seront les consĂ©quences de la disparition du transit ? Huston note qu’une telle disparition pourrait rendre inutile le systĂšme d’adressage mondial (dĂ©jĂ  trĂšs mal en point avec l’Ă©puisement des adresses IPv4 et la prĂ©valence du NAT), voire le systĂšme de nommage mondial que fournit le DNS. Le pair-Ă -pair, dĂ©jĂ  diabolisĂ© sur ordre de l’industrie du divertissement, pourrait devenir trĂšs difficile, voire impossible. Aujourd’hui, mĂȘme si 95 % des utilisateurs ne se servaient que des GAFA, rien n’empĂȘche les autres de faire ce qu’ils veulent en pair-Ă -pair. Demain, est-ce que ce sera toujours le cas ?

Mais est-ce que Huston a raison de prĂ©dire la mort du transit ? D’abord, je prĂ©cise que je suis de ceux qui ne croient pas Ă  la fatalité : ce sont les humains qui façonnent l’histoire et les choses peuvent changer. DĂ©crire la rĂ©alitĂ©, c’est bien, mais il faut toujours se rappeler que c’est nous qui la faisons, cette rĂ©alitĂ©, et que nous pouvons changer. Essayons de voir si les choses ont dĂ©jĂ  changĂ©. Huston aime bien provoquer, pour rĂ©veiller son auditoire. Mais il faut bien distinguer l’apparence et la rĂ©alitĂ©.

Les observateurs lĂ©gers croient que tout l’Internet est Ă  leur image. Comme eux-mĂȘmes ne se servent que de Gmail et de Facebook, ils expliquent gravement en passant Ă  la tĂ©lĂ© que l’Internet, c’est Google et Facebook. Mais c’est loin d’ĂȘtre la totalitĂ© des usages. Des tas d’autres usages sont prĂ©sents, par exemple dans l’Ă©change de donnĂ©es entre entreprises (y compris via d’innombrables types de VPN qui transportent leurs donnĂ©es
 sur Internet), les SCADA, BitTorrent, la recherche scientifique et ses pĂ©taoctets de donnĂ©es, les rĂ©seaux spĂ©cialisĂ©s comme LoRa, les chaĂźnes de blocs, et ces usages ne passent pas par les GAFA.

Peut-on quantifier ces usages, pour dire par exemple, qu’ils sont « minoritaires » ou bien « un dĂ©tail » ? Ce n’est pas facile car il faudrait se mettre d’accord sur une mĂ©trique. Si on prend le nombre d’octets, c’est Ă©videmment la vidĂ©o qui domine et, Ă  cause du poids de YouTube, on peut arriver Ă  la conclusion que seuls les GAFA comptent. Mais d’autres critĂšres sont possibles, quoique plus difficiles Ă  Ă©valuer (le poids financier, par exemple : un message d’une entreprise Ă  une autre pour un contrat de centaines de milliers d’euros pĂšse moins d’octets qu’une vidĂ©o de chat, mais reprĂ©sente bien plus d’argent ; ou bien le critĂšre de l’utilitĂ© sociale). Bref, les opĂ©rateurs de transit sont loin d’ĂȘtre inutiles. L’Internet n’est pas encore rĂ©duit Ă  un Minitel (ou Ă  une tĂ©lĂ©vision, l’exemple que prend Huston qui, en bon australien, ne connaĂźt pas ce fleuron de la technologie française.)

La photo d’un chaton est-elle plus utile socialement qu’un contrat de plusieurs milliers d’euros ? Vous avez deux heures.

Merci Ă  Antoine Fressancourt, JĂ©rĂŽme Nicolle, Pierre Beyssac, RaphaĂ«l Maunier, Olivier Perret, ClĂ©ment Cavadore et Radu-Adrian Feurdean pour leurs remarques intĂ©ressantes. Aucune de ces conversations avec eux n’est passĂ©e par un GAFA.

Cet article est distribué sous les termes de la licence GFDL

Stéphane Bortzmeyer

Crédits :




Framaslides : reprenez en main votre Power, Point !

Pour le meilleur ou pour le pire, les diaporamas, slides et autres prĂ©sentations font partie de notre quotidien. Quitte Ă  devoir en faire et en voir, seul·e ou en groupe, autant disposer d’un outil en ligne pratique et respectueux de nos vies numĂ©riques, non ?

Ceci n’est pas un PowerpointÂź

Commençons par un point vocabulaire : demander un diaporama en prononçant les mots « Tu me fais un Powerpoint ? » c’est un peu comme si on disait « Tu me fais un Subway ? » lorsqu’on veut un sandwich. Non seulement on fait de la pub gratos Ă  une marque (si encore Microsoft vous payait…) ; mais en plus on court le risque de se polluer les cerveaux en apprenant Ă  nos subconscients que sandwich = Subway.

Et puis il faut ĂȘtre francs, le format de documents .ppt ou .pptx (utilisĂ© par Microsoft pour enchaĂźner vos diaporamas Ă  leur logiciel Powerpoint), ben c’est une plaie. Un format fermĂ©, difficilement compatible avec d’autres logiciels, et dĂ©passĂ©. Et cher, en plus, si vous voulez l’utiliser en ligne avec la suite « Office 365 »…

10 € par mois pour avoir le droit de vous filer mes donnĂ©es ?
C’est payant et je suis quand mĂȘme le produit ?
Microsoft, vous ĂȘtes des gĂ©nies.

 

Car aujourd’hui, les langages qui permettent de faire des sites web (le HTML, bien sĂ»r, mais aussi ses copaings CSS et Javascript), permettent de produire et de lire hyper facilement des prĂ©sentations (mĂȘme complexes), sans toucher Ă  une seule ligne de code, sans installer de logiciel ni d’application, juste Ă  l’intĂ©rieur de nos navigateurs web.

C’est justement, ce que permet le logiciel libre Strut. C’est donc Ă  ce logiciel que nous avons contribuĂ© afin qu’il ait toutes les fonctionnalitĂ©s dont nous rĂȘvions pour mieux vous proposer Framaslides !

Framaslides présenté en une framaslide !

Nous pourrions Ă©numĂ©rer les fonctionnalitĂ©s qu’offre Strut : formatage de texte et choix de couleurs, intĂ©gration d’images, vidĂ©os, sites web et formes, transitions, etc. Mais le plus simple, c’est encore de vous les montrer, non ?

Cliquez sur le cadre ci dessous et naviguez grĂące aux flĂšches droite et gauche (ou haut et bas) de votre clavier ;).

Cliquez, puis faites dĂ©filer les slides avec ↑ ↓ → ←

DĂ©jĂ , vous allez nous dire, c’est beau (et on vous remercie de nous le dire). Oui. Le seul souci c’est que Struts a Ă©tĂ© conçu comme un logiciel « perso ». On l’installe sur son ordinateur ou sur un coin de serveur (une brique inter.net, par exemple), on l’utilise, et il enregistre notre ou nos prĂ©sentation(s) dans le cache de notre navigateur web. Mais si on change d’ordinateur, de navigateur, ou si on nettoie l’historique et le cache de son navigateur web, pfuiiit ! Tout est perdu !

Tout ceci est normal : Strut a Ă©tĂ© conçu comme cela, et il faut rendre grĂące Ă  Matt Crinklaw-Vogt, son dĂ©veloppeur, pour le travail fourni. En revanche, si vous voulons que ce logiciel ait de nouvelles fonctionnalitĂ©s permettant d’autres utilisations, on fait comme tout·e libriste qui se respecte : on se relĂšve les manches et on contribue au code 😉 !

Framaslides, un service collaboratif

Nous avons donc demandĂ© Ă  Thomas (que nous avons embauchĂ© suite Ă  son stage oĂč il a menĂ© Ă  bien Framagenda) de relever le dĂ©fi ! Un peu comme une liste au pĂšre NoĂ«l, qui s’allonge au fur et Ă  mesure que la date approche…

Thomas, face Ă  ces demandes…

Dis, Thomas, ce serait pas gĂ©nial si on pouvait…

  • … enregistrer ses diaporamas en ligne ?
  • … du coup envoyer nos images Ă  Framaslides ?
  • … pour ça il me faut un compte, non ? Tu nous fais le gestionnaire de compte ?
  • … ben alors il nous permettra de gĂ©rer nos prĂ©sentations ?
  • … genre de crĂ©er un lien public pour celle-ci ?
  • … ou de proposer celle-lĂ  comme modĂšle ?
  • … ah mais j’aime pas ce que j’ai changĂ©, tu peux nous faire un systĂšme de rĂ©visions, hein, hein ?
  • … obah si on peut revenir en arriĂšre, ce serait bien de pouvoir collaborer ensemble, s’te plĂ©Ă©Ă©Ă©Ă© ???

Et le plus beau, c’est que le rĂ©sultat est lĂ . Autour de l’outil d’Ă©dition de prĂ©sentations qu’offre Strut, Thomas a conçu un outil permettant de crĂ©er, prĂ©senter et collaborer sur ses prĂ©sentations, en gĂ©rant aisĂ©ment son compte, ses images, ses groupes, et bien entendu ses Framaslides !

Et un aperçu du résultat de son travail, un !

Pour les plus techos d’entre nous, Thomas a mĂȘme pris le temps de faire un code propre, facile d’accĂšs, documentĂ© et de le dĂ©poser sur un Git aux petits oignons avec les tags et issues kivonbien… bref : un code qui est un appel aux contributions et collaborations ! Du coup, si vous maĂźtrisez du ImpressJS, du BackboneJS et du Handlebars (qui font tourner Strut) ; ou si vous ĂȘtes virtuose du Symphony3 (qui se trouve derriĂšre la surcouche « Framaslides » de Thomas), vos contributions seront grandement apprĂ©ciĂ©es 😉 !

Manuel change le monde avec Framaslides

Manuel Dupuis-Morizeau veut changer le monde. Il se dit que la premiĂšre Ă©tape, c’est de convaincre d’autres personnes de le rejoindre dans son envie
 Et pour cela, rien de tel qu’une prĂ©sentation de derriĂšre les fagots ! Ne voulant pas que ses idĂ©es soient confiĂ©es aux mains de Google Slides ou Microsoft Powerpoint 365, Manuel dĂ©cide de se lancer sur Framaslides.

Pour cela, il lui faut un compte Framaslides. C’est facile : dĂšs la page d’accueil, il clique sur le bouton « Se crĂ©er un compte », remplit le formulaire assez classique, puis attend l’email de confirmation (en vĂ©rifiant de temps en temps dans son dossier courriers indĂ©sirables, sait-on jamais)

On lui dit, Ă  Manuel, que 8 caractĂšres dans un mot de passe c’est bien trop peu ?

Une fois son compte validĂ©, Manuel est impatient de s’y mettre, il clique donc directement sur « CrĂ©er une prĂ©sentation ». LĂ , il dĂ©couvre l’interface d’Ă©dition des diaporama de Struts.

  • La colonne des diapositives (1) ;
  • Le mode expert (2) (s’il veut trifouiller du code) ;
  • Les boutons d’ajout de contenu (3) ;
  • Les boutons de choix des couleurs (4) ;
  • Les vues panorama et aperçu (5).

Il décide donc de créer ses premiÚres diapositives, ou slides, comme on dit !

Alors c’est bien gentil tout cela, mais il ne voit toujours pas comment faire les transitions… C’est lĂ  qu’il active le mode Panorama. Cela demande une petite gymnastique mentale, mais il voit vite comment ça peut marcher !

En fait, il faut s’imaginer qu’on dĂ©place ses slides dans l’espace !

Bon, aprÚs avoir regardé un aperçu, ce début semble prometteur à Manuel, alors faut-il il le sauvegarde en utilisant le menu en haut à gauche.

Le menu, un grand classique indémodable.

Puis clique sur « retourner aux prĂ©sentations », dans ce mĂȘme menu.

Manuel se retrouve alors devant l’interface de gestion de ses Framaslides. L’outil Ă  l’air assez explicite, en fait…

Au centre, il retrouve ses présentations, ses modÚles et ses collaborations, chacun sous leur onglet.

Et en haut Ă  droite une barre de recherche et d’outils qui lui permet de :

  • crĂ©er une nouvelle prĂ©sentation ;
  • voir ses prĂ©sentations (donc retourner Ă  l’Ă©cran principal de son compte) ;
  • gĂ©rer ses groupes de collaboration ;
  • gĂ©rer les images qu’il a tĂ©lĂ©versĂ©es en utilisant Framaslides ;
  • gĂ©rer les paramĂštres de son compte (mot de passe, etc.) ;
  • et se dĂ©connecter.

Tout cela rend Manuel assez curieux, il va donc aller voir son gestionnaire d’images, mais comme il n’en a tĂ©lĂ©chargĂ© qu’une, cela ne lui sert pas encore beaucoup. Il est quand mĂȘme rassurĂ© de savoir qu’il peut en effacer Ă  tout moment et garder la maĂźtrise de ses fichiers.

Par contre, Manuel a une idĂ©e brillante… se faire aider pour commencer Ă  changer le monde. Il dĂ©cide d’aller directement crĂ©er un nouveau groupe afin d’y inviter toute la famille Dupuis Morizeau !

Non, sĂ©rieusement Manuel : le mot de passe, plus il est long, plus il est bon…

Bon, l’histoire ne dit pas si Manuel rĂ©ussira Ă  changer le monde, mais on peut croire qu’il rĂ©ussira facilement Ă  crĂ©er sa prĂ©sentation avec d’autres membres de la famille et Ă  la partager le plus largement possible 😉

Pour aller plus loin :




Être un gĂ©ant du mail, c’est faire la loi…

Google, Yahoo, Microsoft (Outlook.com & Hotmail) voient forcĂ©ment vos emails. Que vous soyez chez eux ou pas, nombre de vos correspondant·e·s y sont (c’est mathĂ©matique !), ce qui fait que vos Ă©changes finissent forcĂ©ment par passer sur leurs serveurs. Mais ce n’est pas lĂ  le seul problĂšme.

Quand les facteurs deviennent shĂ©rifs…

« Bonjour, c’est moi qui fais la loi ! »
Par Mennonite Church USA ArchivesAlta Hershey, Incoming Mail, 1957, No restrictions, Link

Ça, c’est cĂŽtĂ© public : « Tout le monde est chez eux, alors au final, que j’y sois ou pas, qu’est-ce que ça change ? ». En coulisses, cĂŽtĂ© serveurs justement, ça change tout. La concentration des utilisateurs est telle qu’ils peuvent de fait imposer des pratiques aux « petits » fournisseurs d’emails, de listes de diffusion, etc. Ben oui : si vous ne respectez pas les exigences de Gmail, les emails que vous enverrez vers tou·te·s leurs utilisateurs et utilisatrices peuvent passer en spam, voire ĂȘtre tout bonnement bloquĂ©s.

Comme pour Facebook, on se trouve face Ă  un serpent qui se mord la queue : « Tous mes amis sont dessus, alors je peux pas aller sur un autre rĂ©seau… » (phrase entendue lors des dĂ©but de Twitter, Instagram, Snapchat, et FramasphĂšre*…). Sauf qu’en perdurant chez eux, on devient aussi une part de la masse qui leur confĂšre un pouvoir sur la gouvernance – de fait – d’Internet !

Il n’y a pas de solutions idĂ©ale (et, s’il vous plaĂźt, ne jugeons pas les personnes qui participent Ă  ces silos… elles sont souvent pas trĂšs loin dans le miroir 😄) ; mais nous pensons que prendre conscience des enjeux, c’est faire avancer sa rĂ©flexion et sa dĂ©marche vers plus de libertĂ©s.

Nous reprenons donc ici un article de Luc, notre administrateur-systĂšme, qui a partagĂ© sur son blog son expĂ©rience de « petit » serveur d’email (Ă  savoir Framasoft, principalement pour Framalistes) face Ă  ces LĂ©viathans. Luc ayant placĂ© son blog dans le domaine public, nous nous sommes permis de remixer cet article avec des prĂ©cisions qu’il a faites en commentaires et des simplifications/explications sur les parties les plus techniques (Ă  grands coups de notes intempestives 😜 ).

Le pouvoir de nuisance des silos de mail

Crédits : Illus­tra­tion de Vincent Van Gogh, Joseph Roulin assis

par Luc Didry, aka Framasky.

Quand on pense aux GAFAM, on pense surtout Ă  leur vilaine habi­tude d’as­pi­rer les donnĂ©es de leurs utili­sa­teurs (et des autres aussi d’ailleurs) mais on ne pense pas souvent Ă  leur poids dĂ©me­surĂ© dans le domaine du mail.

Google, c’est gmail, Micro­soft, c’est hotmail, live, msn et je ne sais quels autres domaines, etc. [Outlook.com. On l’oublie souvent. – Note du Framablog]

Tout ça repré­sente un nombre plus que consé­quent d’uti­li­sa­teurs. Google reven­diquait en 2015 900 millions de comptes Gmail. Bon OK, il y en a une part qui ne doit servir qu’à avoir un compte pour son tĂ©lĂ©phone Android, mais quand mĂȘme. C’est Ă©norme.

Je n’ai pas de statis­tiques pour Micro­soft et Yahoo, mais c’est pareil : ils pĂšsent un certain poids dans les Ă©changes mondiaux [nous, on en a trouvĂ© : 1,6 milliard de comptes Ă  eux trois en 2016 – NdF].

Ce qui nous ramĂšne Ă  une situa­tion des plus dĂ©plai­santes oĂč un petit nombre d’ac­teurs peut en em***er une multi­tude.

WARNING : la liste Ă  puce qui suit contient des exemples techniques un poil velus. Nos notes vous aideront Ă  y survivre, mais vous avez le droit de la passer pour lire la suite des rĂ©flexions de Luc. Ah, et puis il a son franc-parler, le loustic. ^^ – NdF.

Petits exemples vécus :

  • Micro­soft bloque tout nouveau serveur mail qu’il ne connaĂźt pas. C’est arrivĂ© pour mon serveur perso, le serveur de mail de Frama­soft que j’ai mis en place, sa nouvelle IP [l’adresse qui permet d’indiquer oĂč trouver un serveur – NdF] quand je l’ai migrĂ©, le serveur de listes de Frama­soft et sa nouvelle IP quand je l’ai migrĂ©. Ça me pĂ©tait une erreur 554 Message not allowed (de mĂ©moire, je n’ai plus le message sous la main) [erreur qui fait que l’email est tout bonnement refusĂ© – NdF]. Et pour trou­ver comment s’en dĂ©brouiller, bon courage : la page d’er­reur de Micro­soft n’in­diquait rien. Je n’ai mĂȘme pas trouvĂ© tout seul (et pour­tant j’ai cher­chĂ©) : c’est un ami qui m’a trouvĂ© la bonne adresse oĂč se faire dĂ©-black­lis­ter (notez au passage qu’il est impos­sible de faire dĂ©-black­lis­ter une adresse ou un bloc d’adresses IPv6 [la nouvelle façon d’Ă©crire les adresses IP, indispensable face Ă  la croissance du nombre de machines connectĂ©es Ă  Internet – NdF]).
  • Gmail qui, du jour au lende­main, dĂ©cide de mettre tous les mails de mon domaine person­nel en spam. Ce qui ne serait pas trop gĂȘnant (hĂ©, les faux posi­tifs, ça existe) si ce n’était pour une raison aber­rante (ou alors c’est une sacrĂ©e coĂŻn­ci­dence) : ça s’est passĂ© Ă  partir du moment oĂč j’ai activĂ© DNSSEC [une façon de sĂ©curiser les Ă©changes avec les serveurs DNS [ces serveurs sont les annuaires qui font correspondre une adresse web avec l’adresse IP difficile Ă  retenir pour les humains – NdFÂČ]] sur mon domaine. Et ça s’est terminĂ© dĂšs que j’ai ajoutĂ© un enre­gis­tre­ment SPF [une vĂ©rification que les emails envoyĂ©s ne sont pas usurpĂ©s – NdF] Ă  ce domaine. Or le DNSSEC et le SPF n’ont rien Ă  voir ! Surtout pas dans cet ordre-là ! Qu’on ne fasse confiance Ă  un enre­gis­tre­ment SPF que dĂšs lors que le DNS est de confiance (grĂące Ă  DNSSEC), soit, mais pourquoi nĂ©ces­si­ter du SPF si on a du DNSSEC ? [Oui, pourquoi ? – NdF qui laisse cette question aux spĂ©cialistes]
  • Yahoo. Ah, Yahoo. Yahoo a dĂ©cidĂ© de renfor­cer la lutte contre le spam (bien) mais a de fait cassĂ© le fonc­tion­ne­ment des listes de diffu­sion tel qu’il Ă©tait depuis des lustres (pas bien). En effet, quand vous envoyez un mail Ă  une liste de diffu­sion, le mail arrive dans les boĂźtes des abon­nĂ©s avec votre adresse comme expé­di­teur, tout en Ă©tant envoyĂ© par le serveur de listes [le serveur de listes se fait passer pour vous, puisque c’est bien vous qui l’avez envoyĂ© par son intermĂ©diaire… vous suivez ? – NdF]. Et Yahoo a publiĂ© un enre­gis­tre­ment DMARC [une sĂ©curitĂ© de plus pour l’email… heureusement que Luc a mis des liens wikipĂ©dia, hein ? – NdF] indiquant que tout mail ayant pour expé­di­teur une adresse Yahoo doit impé­ra­ti­ve­ment prove­nir d’un serveur de Yahoo. C’est bien gentil, mais non seule­ment ça fout en l’air le fonc­tion­ne­ment des listes de diffu­sion, mais surtout ça met le bazar partout : les serveurs de mail qui respectent les enre­gis­tre­ments DMARC appliquent cette rĂšgle, pas que les serveurs de Yahoo. Notez qu’AOL fait la mĂȘme chose.
  • Orange fait aussi son chieur Ă  coup d’er­reurs Too many connections, slow down. OFR004_104 [104] [« trop de connexions, ralentissement », une erreur qui fait la joie des petits et des grands admin-sys – NdF]. C’est telle­ment connu que le moteur de recherche Google suggĂšre de lui-mĂȘme wanadoo quand on cherche Too many connections, slow down. Voici la solu­tion que j’ai utili­sĂ©e.

Pour s’en remettre, voici une image qui fait plaisir…

On peut le voir, le pouvoir de nuisance de ces silos est Ă©norme. Et plus encore dans le cas de Yahoo qui n’im­pacte pas que les commu­ni­ca­tions entre ses serveurs et votre serveur de listes de diffu­sion, mais entre tous les serveurs et votre serveur de listes, pour peu que l’ex­pé­di­teur utilise une adresse Yahoo [on confirme : dĂšs qu’une personne chez Yahoo utilisait Framalistes, ça devenait un beau bord… Bref, vous comprenez. Mais Luc a luttĂ© et a fini par arranger tout cela. – NdF]. Et comme il y a encore pas mal de gens possé­dant une adresse Yahoo, il y a des chances que vous vous rencon­triez le problĂšme un jour ou l’autre.

Je sais bien que c’est pour lutter contre le spam, et que la messagerie propre devient si compliquĂ©e que ça pourrait limite devenir un champ d’expertise Ă  part entiĂšre, mais le problĂšme est que quand un de ces gros acteurs tousse, ce sont tous les administrateurs de mail qui s’enrhument.

Si ces acteurs Ă©taient de taille modeste, l’en­semble de la commu­nautĂ© pour­rait soit leur dire d’ar­rĂȘ­ter leurs bĂȘtises, soit les lais­ser crever dans leurs forte­resses injoi­gnables. Mais ce n’est malheu­reu­se­ment pas le cas. 🙁 « À grand pouvoir, grandes responsabilitĂ©s »… Je crois avoir montrĂ© leur pouvoir de nuisance, j’aimerais qu’ils prennent leurs responsabilitĂ©s.

Ils peuvent dicter leur loi, de la mĂȘme façon qu’Internet Explorer 6 le faisait sur le web il y a des annĂ©es et que Chrome le fait aujourd’hui (n’ayez pas peur, le titre de la vidĂ©o est en anglais, mais la vidĂ©o est en français). C’est surtout ça qui me dĂ©range.

Une seule solu­tion pour faire cesser ce genre d’abus : la dĂ©goo­gli­sa­tion ! Une dĂ©cen­tra­li­sa­tion du net, le retour Ă  un Inter­net d’avant, fait de petites briques et pas d’im­menses pans de bĂ©ton.

 

PS : ne me lancez pas sur MailInB­lack, ça me donne des envies de meurtre.




Wallabag it, une belle occasion d’y aller de votre poche !

Pour ne plus avoir 50 onglets ouverts « Ă  lire plus tard » et garder tous les articles qu’on veut lire dans la poche, il existe une solution simple et libre : wallabag.

Wallabag, c’est le logiciel qui se trouve derriĂšre notre service Framabag. Le principe est simple : vous vous inscrivez au service, et vous ajoutez l’extension Ă  votre navigateur (Firefox ou Chrome/Chromium) afin d’avoir le bouton magique qui vous permet de sauvegarder vos articles Ă  lire plus tard.

Ensuite, il ne vous reste plus qu’Ă  aller les lire sur le site web du service ou depuis l’application de votre ordiphone…

CĂŽtĂ© serveur, de notre cĂŽtĂ© donc, ce n’est pas la mĂȘme paire de manchots. VoilĂ  plusieurs mois que wallabag a sorti une version majeure (2.X), avec de mirifiques nouvelles fonctionnalitĂ©s. Mais Framabag reste obstinĂ©ment dans une version antĂ©rieure (1.9.X).

La raison est simple, nous sommes victimes de notre succĂšs : migrer plus de 11 000 comptes vers une nouvelle version majeure est un trĂšs gros travail, un travail concernant des donnĂ©es sensibles (qu’on ne peut donc pas dĂ©lĂ©guer Ă  n’importe qui). Or, comme toujours, nos bĂ©nĂ©voles et salariĂ©s ont dĂ©jĂ  une toudou liste qui dĂ©borde… Ce qui ne veut pas dire qu’on ne fera jamais la mise Ă  jour, juste qu’elle est trop importante pour qu’on la fasse dans l’urgence, et que nous allons prendre notre temps.

Bien entendu, le top serait que chacun-e d’entre vous auto-hĂ©berge son wallabag, par exemple en utilisant Yunohost ou le tutoriel dĂ©diĂ©. Malheureusement, ce n’est pas (encore) une solution accessible Ă  toutes et tous.

Qu’Ă  cela ne tienne, Nicolas LƓuillet, crĂ©ateur et dĂ©veloppeur principal de wallabag, et par ailleurs membre de Framasoft, propose une alternative intĂ©ressante (parce que payante) : wallabag.it !

Alors non : nous ne nous sommes pas concertĂ©s, mais oui : cela nous arrange. 11 000 comptes Framabag, c’est beaucoup trop, et il y a grandement besoin de solutions d’hĂ©bergement alternatives. C’est surtout l’occasion de dĂ©montrer une fois encore que libre ne signifie pas gratuit, et qu’il est important de ne pas mettre toutes ses donnĂ©es dans le mĂȘme panier, fĂ»t-ce dans celui de Framasoft… Mais parlons-en donc avec le principal intĂ©ressĂ©.

Une illustration de Wallabag V2 piquée au blog de Dadall

Bonjour Nicolas ! Peux-tu te présenter au lectorat du Framablog ?

Salut le lectorat du Framablog.

Je suis Nicolas, développeur web de métier et développeur de wallabag (vous avez vu ? Pas de w majuscule !) à mes heures perdues. Depuis maintenant trois ans, je suis également membre (à mes minutes perdues) de Framasoft.

Du coup c’est quoi, wallabag it ? Un Framabag survitaminĂ© ? Quels sont les avantages et nouvelles fonctionnalitĂ©s de ce service ?

wallabag.it, c’est un service en ligne qui te permet d’utiliser wallabag sans se soucier de l’installation, de la maintenance, des mises Ă  jour de l’application.

Tu viens, tu crĂ©es ton compte et tu utilises. C’est tout.

C’est pas un Framabag survitaminĂ© : c’est pareil que Framabag dans l’idĂ©e. La diffĂ©rence, c’est la version de wallabag : comme c’est si bien expliquĂ© dans l’introduction du billet, nous avons publiĂ© une nouvelle version majeure l’an dernier (la deuxiĂšme du nom) et la mise Ă  jour de Framabag est quelque peu complexe.

Les avantages de ce service, c’est la simplicitĂ© de crĂ©ation de compte. Pas besoin d’avoir les compĂ©tences pour installer une application web.

Il n’y a aucune diffĂ©rence de fonctionnalitĂ© entre le service et l’application que tu pourrais installer chez toi, sur ton serveur personnel. Et il n’y en aura jamais. Au mieux, certaines fonctionnalitĂ©s seront proposĂ©es avant sur wallabag.it, mais Ă  terme, tout sera rendu Ă  la communautĂ©.

D’accord, mais si je m’inscris, ça va me coĂ»ter combien cette affaire ? Un cafĂ© ? Un menu Falafel-Frites-Ice tea ? Une Porsche Carrera 911 ?

Si tu t’inscris, ça ne te coĂ»te rien pendant 14 jours. Pas besoin de carte de crĂ©dit pour te crĂ©er un compte, juste une adresse mail valide.

Ensuite, ça te coĂ»tera 12 euros par an. Douze euros. Un seul euro par mois. Soit pas grand chose. Moins d’un cafĂ© par mois, du coup. Et un peu moins qu’une Porsche.

Et puisqu’on est sympas, l’abonnement annuel est actuellement Ă  9 euro par an (et puis il parait que ça fait bien niveau marketing).

Juste pour comparer, voici l’interface d’un wallabag en V1…

Imaginons que je sois sur Framabag (ou sur Pocket, tiens !) et que je veuille migrer vers wallabag it… Comment je fais pour migrer mes donnĂ©es ? Y’a besoin d’un bac + 42 en administration systĂšme ?

Si tu es sur Framabag et que tu souhaites migrer vers wallabag.it, tu dois exporter tes donnĂ©es (dans la page Configuration, il y a un lien pour ça). Ensuite, tu importes le fichier gĂ©nĂ©rĂ© dans wallabag.it, rubrique Import. Tu choisis « wallabag v1 », tu sĂ©lectionnes ton fichier et roule ma poule.

Ça, c’est en thĂ©orie. Parce qu’en rĂ©alitĂ©, l’export depuis Framabag connaĂźt parfois quelques ratĂ©s (certains diront que l’export depuis Framabag fonctionne de temps en temps, la nuance est minime). Si c’est le cas pour toi, contacte le support de Framasoft ou contacte le support de wallabag.it et on s’occupe d’exporter tes donnĂ©es (et au passage, on les revendra pour s’enrichir encore plus).

Si tu es sur Pocket et que tu souhaites migrer vers wallabag.it, c’est plus simple. Rubrique Import, tu choisis Pocket et tu te laisses aller (pas trop non plus). Ça devrait marcher tout seul, certains sont arrivĂ©s de Pocket avec 20.000 articles en poche 😆

Cela fait combien de temps que wallabag est dans ta vie ? Tu as dĂ©jĂ  comptĂ© le nombre d’heures, de journĂ©es, de lignes de code passĂ©es bĂ©nĂ©volement sur ce projet ?

wallabag et moi, on se connaßt depuis bientÎt quatre ans. Tout a commencé en avril 2013. Je marchais sur une plage, un peu comme celle-ci.

Je n’ai jamais comptĂ© mes heures pour wallabag, et je pense qu’il ne faut pas. Quand on aime, de toute façon, on ne compte pas.

Par contre les lignes de code, c’est plus simple : y’en a plus de 220.000 actuellement dans le projet. C’est uniquement un chiffre qui ne veut rien dire, et puis dedans y’a des lignes de javascript ou de HTML et comme chacun le sait, c’est pas vraiment du code, donc ça compte pas.

On dit souvent que « Libre ne veut pas dire gratuit »… est-ce que proposer wallabag It est aussi une façon de faire reconnaĂźtre le travail fourni sur ce logiciel et de le rĂ©munĂ©rer pour que tu puisses t’y consacrer plus amplement ?

Le but Ă  terme, oui ça serait ça : pouvoir me dĂ©gager encore plus de temps pour wallabag et faire avancer ce projet. Aujourd’hui, je suis salariĂ© dans une petite SSII Ă  80%, le reste c’est pour wallabag. Si je peux encore rĂ©duire mon temps de travail, ça serait bien.

C’est gentil tout cela, mais si je m’inscris sur wallabag it, qu’est-ce qui me garantit que demain, ou dans un an, tu ne fermeras pas le code de wallabag, me demanderas un bras au lieu de 12 €, ou carrĂ©ment l’Ăąme de ma premiĂšre-nĂ©e pour utiliser ton service…?

La confiance. Tu ne peux te baser que sur ça : wallabag est et restera toujours open source et sous licence libre.

Concernant le service wallabag.it, je ne peux pas te dire que ça restera toujours 12 euros. Si tu veux me donner un bras, ça peut nous intĂ©resser : on en manque par moment dans l’Ă©quipe, donc ça pourrait ĂȘtre pratique pour coder.

Question-perso-de-Pouhiou : moi j’ai dĂ©jĂ  un wallabag V2 sur ma Brique Internet (et je le kiffe). Mais j’ai aussi une liseuse (la Cybook Muse HD de chez Bookeen, pour tout te dire…) sur laquelle j’aimerais bien lire les articles de mon wallabag… Comment je fais ? Est-ce que te soutenir te permettra de mettre en place de telles collaborations ? Et tu prĂ©fĂšres que je te fasse un don (oĂč ?) ou bien que j’offre un compte wallabag it Ă  mon petit frĂšre ?

Pour Bookeen, rassure-toi, il parait que ça arrive : une application wallabag native sur leurs liseuses 🎉

Tu peux payer un compte wallabag.it Ă  ton petit frĂšre et aussi Ă  tous ceux que tu connais : j’ai des vacances Ă  payer, merci.

Pour celles et ceux qui utilisent la liseuse Touch Lux 3 de chez Pocketbook, sachez qu’il existe une application pour lire vos articles wallabag !

Dis, j’y pense : proposer un service payant, c’est chaud niveau donnĂ©es : moyen de paiement, contact par email, chiffrage peut-ĂȘtre, etc. Que prĂ©vois-tu pour respecter les donnĂ©es de ta clientĂšle ?

Oui, c’est chaud niveau donnĂ©es.

Pour lancer le service, je m’Ă©tais fixĂ© une obligation : ne bosser qu’avec des prestataires europĂ©ens voire français.

L’hĂ©bergement est chez Web4all.fr

Le systĂšme de paiement est chez Payplug

L’emailing est chez Mailjet

Le nom de domaine et le certificat SSL sont proposés par Gandi

Alors, ça vaut ce que ça vaut, bien sûr, mais je ne voulais pas de services américains.

Et niveau respect des donnĂ©es, accĂšs / revente de celles-ci, c’est pareil que les services proposĂ©s par Framasoft : c’est basĂ© sur la confiance. Une phrase du site que j’aime bien : Parce que notre modĂšle Ă©conomique est basĂ© uniquement sur vos abonnements, nous n’avons pas besoin de lire ou revendre vos donnĂ©es.

Et si on est convaincu-e, on fait quoi, on s’inscrit oĂč ?

Si t’es convaincu-e, tu te crĂ©es un compte ici.

Ensuite, tu peux bénéficier des 14 jours gratuits, puis te rendre dans la partie Abonnements.

Et le tour est joué !

Comme d’habitude, on te laisse le mot de la fin….

Merci Ă  mes parents, sans qui je ne serai pas lĂ  aujourd’hui.

Non, plus sĂ©rieusement, merci Ă  toute l’Ă©quipe wallabag (et ils sont nombreux) et merci Ă  l’Ă©quipe Framasoft, qui m’ont tous soutenu depuis trĂšs longtemps maintenant.

Et dĂ©pĂȘchez-vous de prendre un abonnement wallabag.it : dĂ©but mars, ça repasse Ă  12 euros !




Framaestro : menez vos rĂ©unions et collaborations Ă  la baguette !

Vous souhaiteriez afficher et partager, dans un seul et mĂȘme onglet, une page d’Ă©criture collaborative, un site web, une visio-confĂ©rence et un tableur…?

Pas de problĂšme : avec Framaestro, c’est vous qui orchestrez un bureau collaboratif !

Plusieurs outils dans une seule page web

C’est, en quelque sorte, le dĂ©fi que nous avons lancĂ© Ă  JosephK. Comment orchestrer, sur une seule page web, de multiples services Framasoft afin d’avoir tous les outils nĂ©cessaires Ă  sa rĂ©union, aux discussions, Ă  la collaboration sur des documents, etc. ? Imaginez que sur une seule et mĂȘme page web, Ă  l’intĂ©rieur de cadres, vous puissiez afficher :

  • un Framapad (pour Ă©crire collaborativement) qui peut durer un jour, une semaine, un, deux ou six mois, ou mĂȘme un an ;
  • un Framacalc, afin d’avoir un tableur sous la main ;
  • un FramĂ©mo, pour organiser ses petites notes dans des colonnes ;
  • un Framavectoriel, pour dessiner ce que vous voulez ;
  • une visio-confĂ©rence via Framatalk ;
  • un petit tchat pour discuter en IRC ;
  • et surtout la (ou les) page(s) web de votre choix (pour travailler sur un site web, par exemple)


Lorsqu’une image vaut mieux que nombre d’explications…

Avec Framaestro, c’est Ă  vous d’orchestrer un bureau collaboratif comme vous l’entendez ! Il vous suffit de crĂ©er votre projet (comme pour un pad : vous choisissez simplement son nom), d’ajouter les cadres que vous voulez y voir (par exemple un pad, une visio-conf, et des pages web), de les arranger comme bon vous semble, puis de partager l’URL (l’adresse web) de votre Framaestro avec vos collaborateurs et collaboratrices.

DĂšs lors, vous pouvez utiliser ensemble et en mĂȘme temps, tous les outils choisis.

Une création originale pour des usages multiples

Cela fait quelques semaines, maintenant, que Pierre-Yves a lancĂ© l’idĂ©e d’un tel (mĂ©ta-)outil. C’est JosephK qui a saisi la balle au bond, afin de nous coder cela aux petits oignons. En se basant sur de multiples briques existantes (le principe des iframes, JSPanel, Bootstrap, TogetherJS, de l’IRC pour le tchat…), il a crĂ©Ă© un service, qui utilise d’autres services, et dont les possibilitĂ©s d’applications sont nombreuses !

Bien entendu, il s’agit lĂ  d’une toute premiĂšre version, avec ses limites et ses lacunes. L’internationalisation n’est pas encore intĂ©grĂ©e (donc, pour l’instant, la seule langue disponible est le Français), il y a des efforts Ă  fournir pour rendre ce service accessible aux personnes en situation de handicap (l’accessibilitĂ© nous tient Ă  cƓur), et il existe des restrictions sur les sites web que l’on peut afficher (liĂ©es Ă  la sĂ©curitĂ© de ces sites, tout est expliquĂ© lorsque vous utilisez cette fonctionnalitĂ©). Pour nous aider Ă  amĂ©liorer ce code, vous pouvez y contribuer sur notre forge logicielle, ou bien encore suggĂ©rer des amĂ©liorations par ici.

NĂ©anmoins, Framaestro vous permet d’ores et dĂ©jĂ  de nombreuses choses :

En rĂ©union, sur l’Ă©cran de votre vidĂ©o-projecteur, vous voulez afficher de multiples outils avec lesquels tous les participants peuvent collaborer sans en modifier l’agencement ni en rajouter ? Pas de souci, Framaestro le fait.

À distance, vous souhaitez crĂ©er un espace de collaboration libre, oĂč chacun-e peut voir les curseurs et clics des autres, tout en ajoutant les cadres qu’iels veulent ? No problemo, Framaestro le fait aussi.

Vous en avez marre des Frama-services, mais voulez simplement afficher plusieurs pages web bien agencĂ©es sur une seule et mĂȘme page ? OK : Framaestro fait ça tranquillou.

Vous voulez juste reprendre le principe, l’installer sur votre serveur pour y mettre vos propres outils ? Avec le tuto d’installation disponible sur le Framacloud, ça le fera.

En fait, il y a une chose que Framaestro ne fait pas…

…c’est le cafĂ©.
Framaestro ne fait pas le café.
(Désolé.)

Les Framaoliques anonymes se réunissent sur Framaestro.

Afin de vous prĂ©senter un exemple concret, nous avons dĂ©cidĂ© d’imaginer la rĂ©union d’un groupe de parole de personnes atteintes d’une addiction, d’une maladie terrible : celle des gens qui mettent « Frama- » partout dans leurs phrases. Pour prĂ©server leur anonymat, nous avions dĂ©cidĂ© de les appeler « Hioupou », « Yves-Pierre », et « LĂ Peuple ». Merci de votre comprĂ©hension.

Hioupou est chargĂ© de prĂ©parer la prochaine rĂ©union des Framaoliques Anonymes. Comme chaque semaine, ce petit groupe se rĂ©unit en ligne pour se soutenir, libĂ©rer la parole, et arriver Ă  vivre une vie sereine, comme tout le monde, une vie oĂč on ne dit pas « Tu peux me passer la Framagrafeuse ? »

Cette semaine, au lieu d’utiliser un (scrogneugneu-)Pad pour Ă©crire ensemble le contenu de la rĂ©union, et un (non-je-le-dirai-pas-)Talk pour la visio-confĂ©rence, il dĂ©cide d’utiliser Framaestro (snif, je l’ai dit) oĂč tout peut se trouver au mĂȘme endroit.

Il se rend donc sur le site, et choisi le nom de son projet « 20160112ReunionFA ».

il a tentĂ© « 2016 01 12 RĂ©union FA » avant de lire que les espaces et les lettres accentuĂ©es ne sont pas admises


Il tombe sur une page blanche, avec une barre d’outils en haut. Certainement la page qui sera partagĂ©e avec ses collĂšgues. Il clique donc sur le bouton « Ajouter » en haut Ă  droite et dĂ©cide de commencer par ajouter un Pad Ă  durĂ©e hebdomadaire.

Le menu « Ajouter » est assez explicite, et ne contient que peu de « Frama- » ;)

En quelques clics, il dĂ©cide d’afficher aussi sur ce bureau partagĂ© la page « Addiction » de WikipĂ©dia, une visio-confĂ©rence (avec le bouton ), ainsi qu’un salon de tchat par IRC (bouton ) pour les anonymes qui ne veulent pas utiliser la visio conf. Cela ne lui demande pas trop d’efforts…

AprĂšs avoir un peu jouĂ© Ă  dĂ©placer les cadres et Ă  les redimensionner (seul le cadre Framatalk lui a donnĂ© du fil Ă  retordre, et en mĂȘme temps c’est un cadre vidĂ©o ^^), il arrive Ă  un joli rĂ©sultat !

Et voilà le résultat !

Il ne lui reste plus qu’Ă  partager son travail avec les autres membres des Framaoliques Anonymes ! Il repĂšre assez vite le bouton de partage , et voit qu’il a deux possibilitĂ©s : un partage simple avec le permalien (il suffit de copier/coller le lien du dessus dans un email Ă  Yves-Pierre et LĂ Peuple), ou un partage activant certaines options collaboratives. Aventureux, Hioupou choisit de partager selon les options cochĂ©es, et demande Ă  Framaestro de lui raccourcir le lien : ce sera plus pratique Ă  faire passer !

Le menu de partage se personnalise en quelques clics.

Une joyeuse rĂ©union en ligne plus tard, grĂące Ă  Framaestro, les Framaoliques Anonymes dĂ©cident de franchir une nouvelle Ă©tape dans leur guĂ©rison, en arrĂȘtant collectivement de dire qu’ils trempent leurs Frama-chips dans du Fraguacamole. VoilĂ  une rĂ©union rondement menĂ©e !

Bien entendu, ce n’est lĂ  qu’une des utilisations possibles de Framaestro… Ă  vous d’inventer la vĂŽtre !

Autre utilisation possible : n’afficher que des sites web !

Pour aller plus loin :




Bon anniversaire, l’April !

Aujourd’hui nous ouvrons avec plaisir nos colonnes Ă  VĂ©ronique Bonnet, membre du C.A de l’April, qui Ă©voque avec ferveur l’histoire et l’esprit de cette association amie dont nous partageons les combats et des valeurs.

L’April vient d’avoir 20 ans

par VĂ©ronique Bonnet

Ces jours-ci, l’April a eu 20 ans. Et toutes ses dents. Pas les dents de l’amer GAFAM, crocs avides des requins du Web et autres loups. Des dents, plutĂŽt, qui ne mĂąchent pas leurs mots pour dĂ©noncer l’inventivitĂ© souriante, glaçante, de firmes qui veulent continuer Ă  dominer. Pour dire ce qu’un partenariat entre un ministĂšre chargĂ© d’éduquer Ă  l’autonomie et Microsoft a de troublant. Pour s’étonner de l’open bar opaque de la DĂ©fense.

Alors mĂȘme que le projet de loi pour une rĂ©publique numĂ©rique faisait miroiter de vertueux principes. Sur ce qui devait ĂȘtre transparent, interopĂ©rable et communicable, dans l’espace public. Sur ce qui devait rester inviolable et inaliĂ©nable dans l’espace privĂ©. Loi tronquĂ©e, l’April l’a dit. C’est sa maniĂšre Ă  elle de dĂ©cliner la loi de Stallman :

« Tant que les grandes entreprises domineront la sociĂ©tĂ© et Ă©criront les lois, chaque avancĂ©e ou chaque changement de la technologie sera pour elles une bonne occasion d’imposer des restrictions ou des nuisances supplĂ©mentaires Ă  ses utilisateurs. »

La naissance de l’April, dĂšs novembre 1996, avant le dĂ©pĂŽt des statuts, a eu lieu au Bocal, cƓur du laboratoire informatique de Paris 8 Saint-Denis. Des Ă©tudiants, dont notre actuel dĂ©lĂ©guĂ© gĂ©nĂ©ral, FrĂ©dĂ©ric Couchet, fondent alors l’APRIL« Association pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre », devenue l’April « Association francophone de promotion et dĂ©fense du logiciel libre ». Cette association relaie ainsi en France la FSF (Free Software Foundation) constituĂ©e par Richard Stallman en octobre 1985 : « une fondation sans but lucratif avec la mission cosmopolitique de promouvoir la libertĂ© des utilisateurs d’ordinateurs et de dĂ©fendre les droits de tous les utilisateurs du Free Software ». DĂšs novembre 1998, l’April accueillait RMS en confĂ©rence, Ă  l’universitĂ© Paris 8. InspirĂ©e par l’indignation d’un utilisateur empĂȘchĂ© d’utiliser son informatique comme il le voulait, l’April a Ă©tĂ©, elle aussi, inspirante. Quand on aime le Libre, on ne compte pas en rester lĂ , on essaime.

logo
Le logo de l’association

Et il le faut, pour faire face ensemble, jamais dans l’entre-soi, Ă  des Ă©volutions empoisonnĂ©es qui se donnent des aspects riants, innocents. Que l’on touche Ă  nos libertĂ©s, et l’April se met en colĂšre. Avec la Quadrature du net. Framasoft. La FFDN. On n’est jamais trop pour se rĂ©partir la tĂąche de discerner, sous des angles divers, les faux semblants des rapaces de tout poil.

Marguerite Yourcenar, dans les MĂ©moires d’Hadrien, met dans la bouche de son empereur romain des conjectures Ă  propos de certaines manƓuvres dilatoires :

« Je doute que toute la philosophie du monde parvienne Ă  supprimer l’esclavage, on en changera tout au plus le nom. Je suis capable d’imaginer des formes de servitude pires que les nĂŽtres parce que plus insidieuses. Soit qu’on rĂ©ussisse Ă  transformer les hommes en machines stupides et satisfaites qui se croient libres alors qu’elles sont asservies, soit qu’on dĂ©veloppe chez eux un goĂ»t du travail aussi forcenĂ© que la passion de la guerre [
] »

La rĂ©duction des individus au machinal leur fait adopter des gestuelles dont ils ne saisissent plus les tenants et aboutissants. Et va mĂȘme jusqu’à faire du travail, thĂ©oriquement Ă©mancipateur, une suite d’enchaĂźnements sans signification. CybernĂ©tique Ă©trange, dont les acteurs ne seraient plus que des agents dociles de mĂ©canismes qui n’auraient de sens que pour d’autres et qui ne serviraient qu’à d’autres. Comme si la vocation humaine Ă  faire de sa vie une histoire, s’essayer Ă  des tournants, tenter une Ă©laboration symbolique intime, partagĂ©e ou non, n’avait plus cours.

Dans son Discours de la servitude volontaire, La BoĂ©tie, lui, se rĂ©fĂ©rait Ă  Cyrus qui avait mis les Lydiens durablement sous sa coupe en ouvrant « des bordels, des tavernes et des jeux publics ». Pour que ceux qu’il avait vaincus, subjuguĂ©s par la prĂ©gnance des sensations, laissent en sommeil leurs compĂ©tences Ă  percevoir et analyser. StratĂ©gie de l’amollissement de l’esprit critique que Jules CĂ©sar pour les Romains, avait rĂ©itĂ©rĂ©e : « 
 car son humanitĂ© mĂȘme, que l’on prĂȘche tant, fut plus dommageable que la cruautĂ© du plus sauvage tyran qui fĂ»t oncques, pour ce qu’à la vĂ©ritĂ© ce fut cette sienne venimeuse douceur qui, envers le peuple romain, sucra la servitude ». TibĂšre et NĂ©ron se hĂątĂšrent de lui emboĂźter le pas.

DĂ©busquer alors la subordination derriĂšre des activitĂ©s qui occupent l’esprit en le rĂ©duisant Ă  une instantanĂ©itĂ© sans recul ? La servitude s’avance masquĂ©e. Les cookies, c’est confortable, c’est cool, ça anticipe mĂȘme les dĂ©sirs. Les menottes numĂ©riques, c’est indolore, et ça facilite la navigation. Le nuage, on n’en cause mĂȘme pas. Tu n’as plus Ă  t’occuper de rien. Le Saas, c’est aussi la nasse. Mais pourquoi pas, puisque ça habitue Ă  dĂ©lĂ©guer. Former ? Autant formater. Futur usager, apprends Ă  t’en remettre Ă  des logiciels qui simplifient la vie. On ne voit plus les verrous qui les sous-tendent, ni le profilage qu’ils effectuent, ni le dĂ©peçage de donnĂ©es qu’ils opĂšrent.

L’April, qui promeut et dĂ©fend le logiciel libre, ne va pas prendre le thĂ© n’importe oĂč. Elle se mĂ©fie des belles pommes rouges, regarde oĂč elle met les pieds, et fait son possible pour signaler les sables mouvants d’une informatique douce-amĂšre. Elle alerte sur des outils apparemment conviviaux qui, mine de rien, privent de tout. Elle sensibilise Ă  ce qui emprisonne et empoisonne, imperceptiblement.

aprilevangelisation

L’April est un bon contre-poison. Dans les Ă©vĂ©nements festifs qui ponctuent ses 20 ans, qu’ils aient dĂ©jĂ  eu lieu, Ă  Lyon, Toulouse, Marseille, Lille, Sarrebourg, Valenciennes, Digne, Nantes
 ou qu’ils aient lieu aprĂšs Newtonmas, Brest, le 6 janvier, Saint Denis le 11, Paris le 26
 pas de sirop frelatĂ©, ni de bouillon d’onze heures.

Ces jours-ci, l’April a eu 20 ans. Bon anniversaire l’April !

priorite-logiciel-libre-je-soutiens-april

Pour en savoir plus :




DĂ©googlisons Internet : on publie les chiffres !

Quelques semaines aprĂšs le lancement de la 3e annĂ©e de DĂ©googlisons (et des six nouveaux services qui l’ont accompagnĂ©), nous avons fait une photographie des statistiques d’utilisations (anonymisĂ©es, rassurez-vous ^^), afin de vous livrer un petit bilan de ce projet


Des grands classiques qui marchent bien

On ne le cache pas, Framadate, notre alternative à Doodle, est le site le plus visité par chez nous. Avec 591 000 sondages créés depuis son lancement et plus de 1 100 sondages créés par jour, on peut dire que vous aimez planifier des choses en toute liberté !

Framapad (pour Ă©crire collaborativement vos documents) n’est pas en reste. Mais, depuis que les pads que nous hĂ©bergeons s’effacent au bout d’un certain temps d’utilisation, il est difficile de donner des chiffres significatifs. Ah si, tiens : MyPads (qui vous permet de crĂ©er un compte pour avoir des pads permanents et d’en modĂ©rer l’accĂšs), hĂ©berge Ă  ce jour plus de 41 500 pads… Autant vous dire qu’on a un serveur en bĂ©ton (et un admin-sys super-saiyan) !

Luc, gardant son calme face aux nombre de pads sur le serveur MyPads (allégorie) Photo CC-BY-SA Hikaru Kazushime
Luc, gardant son calme face aux nombre de pads sur le serveur MyPads (allégorie)
Photo CC-BY-SA Hikaru Kazushime

À leurs cĂŽtĂ©s, Framacalc (les feuilles de calcul collaboratives) et Framindmap (pour travailler Ă  plusieurs sur des cartes heuristiques) feraient presque figure d’outsiders. Sauf qu’ils sont respectivement les 4e et 3e services les plus visitĂ©s de notre rĂ©seau, avec plus de 105 000 comptes et 133 000 cartes heuristiques crĂ©Ă©es par vos soins sur Framindmap !

Des outils pratiques et pratiqués

Ça a Ă©tĂ© dur de choisir parmi tous les services existants. Donc on a choisi de vous en dire le plus possible. PrĂȘt⋅e⋅s pour une liste Ă  la PrĂ©vert (en moins poĂ©tique car plus chiffrĂ©e
) ?
Ok, c’est parti !

  • Visiblement, vous aimez dessiner sur la gĂ©ographie, vu qu’il y a eu 403 comptes et plus de 5 800 cartes crĂ©Ă©es sur Framacarte.
  • Avec 5 084 comptes et 1,1 To de donnĂ©es synchronisĂ©es, Framadrive (notre alternative Ă  Dropbox) affiche complet
 Mais nous ne dĂ©sespĂ©rons pas de trouver une solution (peut-ĂȘtre mĂȘme qu’une est en cours de route
). Et, pour plus d’espace disque, vous pouvez toujours prendre un compte chez IndieHosters qui nous aide Ă  maintenir ce service, ou chez un autre des CHATONS
  • Par contre, notre lecteur de flux RSS Framanews ne fera pas mieux : 500 utilisateurs et utilisatrices y synchronisent et consultent dĂ©jĂ  plus de 10 800 flux RSS.
  • Avec 11 420 comptes crĂ©Ă©s, Framabag (l’alternative Ă  Pocket) vous permet de conserver vos articles prĂ©fĂ©rĂ©s dans la poche. Pensez Ă  soutenir les crĂ©ateurs du logiciel Wallabag en prenant directement un compte Ă  prix modique chez eux. Vous pourrez ainsi bĂ©nĂ©ficier d’une nouvelle version majeure avec plus de fonctionnalitĂ©s !

    Prenons une pause au milieu de tous ces chiffres pour admirer la carte de vos créations sur notre serveur Framinetest, une alternative à Minecraft
    Prenons une pause au milieu de tous ces chiffres pour admirer la carte de vos créations sur notre serveur Framinetest, une alternative à Minecraft
  • Framadrop est un cas particulier : cette alternative Ă  WeTransfer (le chiffrement en plus) efface automatiquement les fichiers aprĂšs que vous les aurez partagĂ©s. On ne peut donc que vous donner des instantanĂ©s ! À l’heure oĂč nous prĂ©parons cet article, vous Ă©changez plus de 48 000 fichiers pesant 874 Go…
  • Framapic, notre hĂ©bergeur d’images, permet lui aussi un effacement au bout de X temps. Actuellement, c’est plus de 141 800 images qui sont sur nos serveurs.
  • Frama.link raccourcit d’ores et dĂ©jĂ  46 900 URL (adresses web) bien trop longues, et ce, nous l’espĂ©rons, de maniĂšre aussi fiable que durable.
  • Vous aimez discuter dans vos groupes : Framateam (l’alternative Ă  Slack et aux groupes Facebook) vient de franchir la barre des 10 000 utilisateurs et utilisatrices, se partageant pas loin de 2 770 Ă©quipes, et plus de 734 000 messages. Chez Framasoft, nous l’utilisons beaucoup, mais de lĂ  Ă  dire que les plus bavard⋅e⋅s d’entre nous seraient Ă  l’origine de 42 % des messages, ce serait un mensonge :p.
  • Enfin Framavox, qui vous sert Ă  prendre des dĂ©cisions en Ă©quipe, compte dĂ©sormais plus de 1 500 groupes oĂč se rĂ©partissent 3 626 personnes. Alors, c’est-y pas jubilatoire d’avoir un outil de prises de dĂ©cisions transversales ?

Les petits nouveaux ne sont pas en reste !

En septembre, avant de fĂȘter les deux ans de DĂ©googlisons, nous avons tout de mĂȘme sorti deux services : Framinetest Édu (une alternative Ă  Minecraft Éducation, dont vous avez vu la carte plus haut), et FramĂ©mo. Ce petit tableau pour organiser ses idĂ©es collaborativement, en direct et en ligne, remporte une fiĂšre adhĂ©sion, puisqu’en moins d’un trimestre vous avez dĂ©jĂ  crĂ©Ă© plus de 5 800 tableaux de notes !

Petit retour sur les chiffres des six nouvelles applications que nous avons lancées durant une folle semaine de début octobre :

  • Il y a aujourd’hui plus de 1 850 listes sur Framalistes, notre alternative Ă  Google Groups, servant prĂšs de 1 050 emails par jour Ă  plus de 21 500 utilisateurs et utilisatrices ;
  • Notre alternative Ă  Evernote, Framanotes, hĂ©berge aujourd’hui plus de 3 060 comptes, dont les 12 900 notes sont chiffrĂ©es de bout en bout, ce qui fait que nous ne pouvons rien savoir de ce qu’elles contiennent ;
  • PrĂšs de 1 800 formulaires sont publiĂ©s grĂące Ă  Framaforms, l’outil qui permet de ne pas transmettre les rĂ©ponses de vos questionnaires Ă  Google Forms ;
  • Avec une moyenne de 1 000 salons d’audio/visio confĂ©rences crĂ©Ă©s par semaine, Framatalk vous libĂšre de plus en plus de Skype (et ne nĂ©cessite aucune installation logicielle) ;
  • Plus de 4 500 d’entre vous se sont libĂ©rĂ©â‹…e⋅s (dĂ©livrĂ©Ă©Ă©Ă©Ă©Ă©Ă©Ă©Ă©Ă©Ă©Ă©Ă©â‹…e⋅s) de Google / Apple / Microsoft agenda en se crĂ©ant un compte sur Framagenda : fĂ©licitations !
  • MyFrama, l’alternative Ă  Del.icio.us (qui vous permet en plus de trier et conserver les adresses web des Frama-services que vous utilisez) est utilisĂ© par plus de 2 650 personnes.

Nous n'avons par contre aucun chiffre sur votre chasse aux trolls grĂące Ă  Framatroll
Nous n’avons par contre aucun chiffre sur votre chasse aux trolls grĂące Ă  Framatroll

Tous ces chiffres nous donnent le tournis, tant ils nous enchantent et nous inquiĂštent.

Ils nous enchantent car ils renforcent notre conviction qu’une alternative aux services centralisateurs, intrusifs et privatifs des GAFAM est attendue et utilisĂ©e. Cela signifie qu’un nombre croissant de personnes sont conscientes des enjeux de la centralisation du web et cherchent Ă  prendre des mesures pour protĂ©ger leurs donnĂ©es, leur vie numĂ©rique.

Ils nous inquiĂštent parce que, mĂȘme si on est Ă  des annĂ©es-lumiĂšre des statistiques d’utilisation de Google et Cie, il existe une possibilitĂ© de re-centraliser et concentrer vos donnĂ©es personnelles, ce que nous ne voulons pas. Une initiative moins scrupuleuse que la nĂŽtre pourrait donc en profiter pour peu qu’elle vous propose une certaine Ă©thique, ou du chiffrement, ou du logiciel libre


Il existe donc une nouvelle « niche de marchĂ© » pour conquĂ©rir l’or 3.0 que sont vos donnĂ©es, et les gĂ©ants du Web sont d’ores et dĂ©jĂ  en train de s’y attaquer (exemples ici, lĂ  ou encore lĂ ).

Nous ne le rĂ©pĂ©terons jamais assez, les services que nous proposons sont des dĂ©monstrations Ă  grande Ă©chelle, et nous ne sommes jamais autant heureux⋅ses que lorsque vous les quittez parce que :

Bref : lorsque votre passage par Framasoft vous a menĂ© vers plus d’indĂ©pendance et de libertĂ© dans votre vie numĂ©rique !

Le point sur les dons : l’hiver est rude !

Tous ces chiffres ne sont possibles que grĂące Ă  vos dons. Nous avons (enfin !) rattrapĂ© notre retard afin de publier nos rapports d’activitĂ©s 2014 et 2015 agrĂ©mentĂ©s des donnĂ©es statistiques et financiĂšres de l’association (dont les comptes sont, depuis l’exercice 2015, validĂ©s par un commissaire aux comptes). À nos yeux (et comme pour tous les membres du collectif CHATONS), la transparence n’est pas nĂ©gociable : promis, nous ne prendrons pas autant de temps pour publier notre rapport sur 2016 😉

En 2015, plus de 90 % de nos ressources proviennent de votre soutien financier, qui nous offre cette indépendance et cette liberté si chÚres à nos yeux.

Ces dons servent principalement Ă  financer, dĂ©-prĂ©cariser et pĂ©renniser les 6 postes des personnes employĂ©es par Framasoft. Car, si le bĂ©nĂ©volat est essentiel, il ne permet pas tout : la stabilitĂ© des services, les dĂ©veloppements spĂ©cifiques, le suivi des 1 046 demandes (d’aide, de soutien technique, de rĂ©ponses et d’interventions) reçues ces trois derniers mois, depuis le lancement de l’an 3 de DĂ©googlisons
 mais aussi l’organisation et la logistique derriĂšre tous ces projets : cela demande du temps et du savoir-faire que l’on ne peut exiger de la part de bĂ©nĂ©voles (en tous cas, pas sans les Ă©puiser -_-…)

Framasoft essayant d'atteindre son budget 2016 (allégorie.)
Framasoft essayant d’atteindre son budget 2016 (allĂ©gorie.)

À ce jour, nous avons du mal Ă  boucler le budget 2016 tel que nous l’envisagions. Sur 205 000 € de budget souhaitĂ© pour 2016, nous en sommes Ă  environ 185 000 €. Rien d’alarmant, on ne va pas mettre la clĂ© sous la porte !

Mais de ces financements dĂ©couleront directement les Ă©nergies que nous pourrons mettre dans nos projets pour cette nouvelle annĂ©e : les derniers services Ă  DĂ©googliser (YouTube, Meetup, Twitter, blog, pĂ©titions, voire le mail !), la transmission d’expĂ©rience et la promotion du collectif CHATONS, la participation au dĂ©veloppement de solutions d’auto-hĂ©bergement… ce ne sont pas les envies qui manquent !

Alors une fois encore, nous nous permettons de vous rappeler que vous pouvez participer financiĂšrement Ă  nos actions, par un don ponctuel ou mensuel, dĂ©ductible des impĂŽts pour les contribuables Français. Par exemple, un don de 100€ ne vous coĂ»tera (aprĂšs dĂ©duction fiscale) que 34€.

Si vous le pouvez et le voulez, rendez-vous donc sur : Soutenir.framasoft.org

GrĂące Ă  votre soutien, vos dons et votre amour Trente nouveaux services, de belles mises Ă  jour, VoilĂ  dĂ©jĂ  deux ans que nous dĂ©googlisons, Que les vilains GAFAM nous dĂ©moralisons ! Mais pour persĂ©vĂ©rer, fragile est l’équilibre. Face aux gĂ©ants du web et tous ceux qui nous pistent De nos alternatives, allongeons donc la liste
 La route est longue encore, mais la voie reste libre !




10 trucs que j’ignorais sur Internet et mon ordi (avant de m’y intĂ©resser…)

Disclaimer : Cet article est sous licence CC-0 car les petits bouts de savoir qu’il contient sont autant d’armes d’auto-dĂ©fense numĂ©rique qu’il faut diffuser. En gros, j’espĂšre vraiment que certains d’entre vous en feront un top youtube, une buzzfeederie, une BD, un truc que j’ai mĂȘme pas encore imaginĂ©, ce que vous voulez… Mais que vous ferez passer les messages.

1) Tu ne consultes pas une page Internet, tu la copies

Toute ressemblance avec les métaphores de Terry Pratchett n'est que pure admiration de ma part ;)
Toute ressemblance avec les mĂ©taphores de Terry Pratchett n’est que pure admiration de ma part ;)

Un site web, c’est pas une espĂšce de journal qu’on aurait mis dans le pays magique d’internet pour que ton navigateur aille le consulter comme tu consulterais le quotidien de ton jour de naissance Ă  la mĂ©diathĂšque du coin.

Pour voir une page web, ton navigateur la copie sur ton ordi. Les textes, les images, les sons : tout ce que tu vois ou entends sur ton écran a été copié sur ton ordinateur (vilain pirate !)

Un ordinateur est un photocopieur dont la trieuse serait une mĂ©ga fourmiliĂšre qui peut faire plein de trucs. La bonne nouvelle, c’est que copier permet de multiplier, que ça ne vole rien Ă  personne, parce que si je te copie un fichier tu l’as toujours.

2) Mon navigateur web ne cuisine pas la mĂȘme page web que le tien.

SĂ©rieux, imagine qu’une page web, c’est une recette de cuisine :

Mettez un titre en gros, en gris et en gras.

RĂ©duisez l’image afin qu’elle fasse un quart de la colonne d’affichage, rĂ©servez.

Placez le texte, agrĂ©mentĂ© d’une jolie police, alignĂ© Ă  gauche, puis l’image Ă  droite.

Servez chaud.

Le navigateur web (Firefox, Chrome, Safari, Internet Explorer…), c’est le cuisinier. Il va tĂ©lĂ©charger les ingrĂ©dients, et suivre la recette. T’as dĂ©jĂ  vu quand on donne la mĂȘme recette avec les mĂȘmes ingrĂ©dients Ă  4 cuisiniers diffĂ©rents ? Ben ouais, c’est comme dans Top Chef, ça fait 4 plats qui sont pas vraiment pareils.

Surtout quand les assiettes ne sont pas de la mĂȘme taille (genre l’Ă©cran de ton tĂ©lĂ©phone et celui de ton ordi…) et que pour cuire l’un utilise le four et l’autre un micro-ondes (je te laisse trouver une correspondance mĂ©taphorique dans ton esprit, tu peux y arriver, je crois en toi :p !).

Bref : l’article que tu lis aura peu de chance d’avoir la mĂȘme gueule pour toi et la personne Ă  qui tu le feras passer 😉

  • PrĂ©fĂšre Firefox si t’as pas envie de filer tes donnĂ©es Ă  Google-Chrome, Apple-Safari ou Microsoft-Edge
  • Ou sinon Chromium c’est Chrome sans du Google dedans 😉

3) Le streaming n’existe pas

Nope. Le streaming, c’est du tĂ©lĂ©chargement qui s’efface au fur et Ă  mesure. Parce qu’un ordinateur est une machine Ă  copier.

Le streaming, c’est du tĂ©lĂ©chargement que tu ne peux (ou ne sais) pas rĂ©cupĂ©rer, donc tu downloades une vidĂ©o ou un son mais juste pour une seule fois, et si tu veux en profiter Ă  nouveau, il faut encore les tĂ©lĂ©charger et donc encombrer les tuyaux d’internet.

Tu vois les prĂ©cieux mĂ©gas du forfait data de ton tĂ©lĂ©phone qui te ruinent chaque mois ? Ce sont des textes, images sons, vidĂ©os et informations qui viennent jusqu’Ă  ton ordi (ordinateur ou ordiphone, hein, c’est pareil). La taille de ces mĂ©gas, c’est un peu les litres d’eau que tu rĂ©cupĂšres au robinet d’internet.

Regarder ou Ă©couter deux fois le mĂȘme truc en streaming, sur YouTube ou Soundcloud par exemple, c’est comme si tu prenais deux fois le mĂȘme verre d’eau au robinet.

Le streaming (allégorie).
Le streaming (allégorie).

4) Quand tu regardes une page web, elle te regarde aussi.

Mon livre ne me dit pas de le sortir du tiroir de la table de nuit. Il ne sait pas oĂč je suis lorsque je le lis, quand je m’arrĂȘte, quand je saute des pages ni vers quel chapitre, quand je le quitte et si c’est pour aller lire un autre livre.

Sur Internet, les tuyaux vont dans les deux sens. Une page web sait dĂ©jĂ  plein de choses sur toi juste lorsque tu cliques dessus et la vois s’afficher. Elle sait oĂč tu te trouves, parce qu’elle connaĂźt l’adresse de la box internet Ă  laquelle tu t’es connectĂ©. Elle sait combien de temps tu restes. Quand est-ce que tu cliques sur une autre page du mĂȘme site. Quand et oĂč tu t’en vas.

Netflix, par exemple, est une application web, donc un site web hyper complexe, genre QI d’intello plus plus plus. Netflix sait quel type de film tu prĂ©fĂšres voir lors de tes soirĂ©es d’insomnie. À partir de quel Ă©pisode tu accroches vraiment Ă  la saison d’une sĂ©rie. Ils doivent mĂȘme pouvoir dĂ©terminer quand tu fais ta pause pipi !

Ouaip : Internet te regarde juste pour pouvoir fonctionner, et souvent plus. Ne t’y trompe pas : il prend des notes sur toi.

5) Pas besoin d’un compte Facebook/Google/etc pour qu’ils aient un dossier sur toi.

DÚs qu'on te parle de "service personnalisé" c'est qu'on te vend ça -_-...
DĂšs qu’on te parle de « service personnalisĂ© » c’est qu’on te vend ça -_-…

Si Internet peut te regarder, ceux qui y gagnent le plus d’argent ont les moyens d’en profiter (logique : ils peuvent se payer les meilleurs spĂ©cialistes !)

Tu vois le petit bouton « like » (ou « tweet » ou « +1 » ou…) sur tous les articles web que tu lis ? Ces petits boutons sont des espions, des trous de serrures. Ils donnent Ă  Facebook (ou Twitter ou Google ou…) toutes les infos sur toi dont on parlait juste au dessus. Si tu n’as pas de compte, qu’ils n’ont pas ton nom, ils mettront cela sur l’adresse de ta machine. Le pire, c’est que cela fonctionne aussi avec des choses que tu vois moins (les polices d’Ă©criture fournies par Google et trĂšs utilisĂ©es par les sites, les framework javascript, les vidĂ©os YouTube incrustĂ©es sur un blog…)

Une immense majoritĂ© de sites utilisent aussi « Google Analytics » pour analyser tes comportements et mieux savoir quelles pages web marchent bien et comment. Mais du coup, ces infos ne sont pas donnĂ©es qu’Ă  la personne qui a fait le site web : Google les rĂ©cupĂšre au passage. LĂ  oĂč ça devient marrant, c’est quand on se demande qui dĂ©cide qu’un site marche « bien » ? C’est quoi ce « bien » ? C’est bien pour qui…?

Oui : avec le blog rank comme avec la YouTube money, Google décide souvent de comment nous devons créer nos contenus.

6) Un email est une carte postale

On a tendance Ă  comparer les emails (et les SMS) Ă  des lettres, le truc sous enveloppe. Sauf que non : c’est une carte postale. Tout le monde (la poste, le centre de tri, ceux qui gĂšrent le train ou l’avion, l’autre centre de tri, le facteur…), tous ces gens peuvent lire ton message. J’ai mĂȘme des pros qui me disent que c’est carrĂ©ment un poster affichĂ© sur tous les murs de ces intermĂ©diaires, puisque pour transiter par leurs ordis, ton email se… copie. Oui, mĂȘme si c’est une photo de tes parties intimes…

Si tu veux une enveloppe, il faut chiffrer tes emails (ou tes sms).

Gamin, j’adorais dĂ©chiffrer les messages codĂ©s dans la page jeux du journal de Mickey. Y’avait une phrase faite d’Ă©toiles, carrĂ©s, et autre symboles, et je devais deviner que l’Ă©toile c’est la lettre A, le cƓur la lettre B, etc. Lorsque j’avais trouvĂ© toutes les correspondances c’Ă©tait le sĂ©same magique : j’avais trouvĂ© la clĂ© pour dĂ©chiffrer la phrase dans la mystĂ©rieuse bulle de Mickey.

Imagine la mĂȘme chose version calculatrice boostĂ©e aux amphĂštes. C’est ça, le chiffrement. Une petit logiciel prend ton email/SMS, applique la clĂ© des correspondances bizarres pour le chiffrer en un brouillard de symboles, et l’envoie Ă  ton pote. Comme vos logiciels se sont dĂ©jĂ  Ă©changĂ© les clĂ©s, ton pote peut le dĂ©chiffrer. Mais comme il est le seul Ă  avoir la clĂ©, lui seul peut le dĂ©chiffrer.

Ben ça, ça te fait une enveloppe en plomb que mĂȘme le regard laser de Superman il peut pas passer au travers pour lire ta lettre.

7) Le cloud, c’est l’ordinateur d’un autre.

Image de nos ami-e-s de la FSFe
Image de nos ami-e-s de la FSFe

Mettre sur le cloud ses fichiers (icloud), ses emails (gmail), ses outils (Office365)… c’est les mettre sur l’ordinateur d’Apple, de Google, de Microsoft.

Alors OK, on parle pas d’un petit PC qui prend la poussiĂšre, hein. On parle d’une grosse ferme de serveurs, de milliers d’ordinateurs qui chauffent tellement que des climatiseurs tournent Ă  fond.

Mais c’est le mĂȘme principe : un serveur, c’est un ordinateur-serviteur en mode Igor, qui est tout le temps allumĂ©, qu’on a enchaĂźnĂ© au plus gros tuyau internet possible. DĂšs qu’on lui demande une page web, un fichier, un email, une application… on le fouette et il doit rĂ©pondre au plus vite « Ouiiiiii, Mestre ! »

Tout le truc est de savoir si tu fais confiance aux Igors de savants fous dont le but est de devenir les plus riches et les maĂźtres du monde, ou au petit Igor du gentil nerd du coin… Voire si tu te paierais pas le luxe d’avoir ton propre Igor, ton propre serveur Ă  la maison.

 

8) Facebook est plus fort que ma volonté.

Moi, aprÚs quelques minutes de Facebook (allégorie.)
Moi, aprÚs quelques minutes de Facebook (allégorie.)

Ouais, je suis faible. J’ai, encore aujourd’hui, le rĂ©flexe « je clique sur facebook entre deux trucs Ă  faire ». Ou Twitter. Ou Tumblr. Ou l’autre truc Ă  la con, OSEF, c’est pareil.

Cinq minutes plus tard, je finis dans Ă©tat de semi zombie, Ă  scroller de la mollette en voyant mon mur dĂ©filer des informations devant mes yeux hypnotisĂ©s. Je finis par faire ce qu’on attend de moi : cliquer sur un titre putassier, liker, retwetter une notification et rĂ©pondre Ă  des trucs dont je n’aurais rien Ă  foutre si une vague connaissance venait m’en parler dans un bar.

Ce n’est pas que je manque de volontĂ© : c’est juste que Facebook (et ses collĂšgues de bureau) m’ont bien Ă©tudiĂ©. Enfin, ils ont plus Ă©tudiĂ© l’humain que moi, mais pas de bol : j’en fais partie. Du coup ils ont construit leurs sites, leurs applications, etc. de façon Ă  me piĂ©ger, Ă  ce que je reste lĂ  (afin de bouffer leur pub), et Ă  ce que j’y retourne.

Ces techniques de design qui hackent notre esprit (genre le « scroll infini », le « bandit manchot des notifications » et les « titres clickbait » dont je parle juste au dessus) sont volontaires, Ă©tudiĂ©es et documentĂ©es. Elles utilisent simplement des failles de notre esprit (subconscient, inconscient, biais cognitifs… je laisse les scientifiques dĂ©finir tout cela) qui court-circuitent nos volontĂ©s. Ce n’est pas en croyant qu’on est maĂźtre de soi-mĂȘme qu’on l’est vraiment. C’est souvent le contraire : le code fait la loi jusque dans nos esprits.

Bref, je suis faible, parce que je suis humain, et donc je suis pas le seul. Et ça, les gĂ©ants du web l’ont bien compris.

9) Internet est ce que j’en ferai

Juste fais-le.
Juste fais-le.

Si je veux voir d’autres choses dans ma vie numĂ©rique, j’ai le choix : attendre que les autres le fassent jusqu’Ă  ce que des toiles d’araignĂ©es collent mes phalanges aux touches de mon clavier, en mode squelette… ou bien je peux bouger mes doigts.

Alors ouais, j’ai pas appris Ă  conduire en vingt heures de cours, j’ai ratĂ© plein de gĂąteaux avant de m’acheter les bons ustensiles et la premiĂšre Ă©charpe que j’ai faite avait pleins de trous. Mais aujourd’hui, je sais conduire, faire des pĂątisseries pas dĂ©gueu et mĂȘme me tricoter un pull.

Ben crĂ©er et diffuser des contenus sur Internet, c’est pareil, ça s’apprend. On trouve mĂȘme facilement les infos et les outils sur Internet (dont des cours de tricot !).

Une fois qu’on sait, on peut proposer autre chose : c’est la mode des articles courts, creux et aux titres putassiers ? Tiens, et si je gardais le coup du titre pour faire un top, mais cette fois-ci dans un article blog long, dense, et condensant une tonne de sujets Ă©pars…?

Oh, wait.

10) C’est pas la fin du monde, juste le dĂ©but.

Quand on voit Ă  quel point on a perdu la maĂźtrise de l’informatique, de nos vies numĂ©riques, de notre capacitĂ© Ă  simplement imaginer comment on pourrait faire autrement… y’a de quoi dĂ©primer.

Mais avant que tu demandes Ă  ce qu’on t’apporte une corde, une pierre et une riviĂšre, regarde juste un truc : le numĂ©rique est une rĂ©volution toute jeune dans notre Histoire. C’est comme quand tu dĂ©couvres le chocolat, le maquillage, ou une fucking nouvelle sĂ©rie qui dĂ©boĂźte : tu t’en fous plein la gueule.

SociĂ©talement, on vient de se gaver d’ordinateurs (jusqu’Ă  en mettre dans nos poches, ouais, de vrais ordis avec option tĂ©lĂ©phone !) et de numĂ©rique, et lĂ  les plus gros marchands de chocolat/maquillage/sĂ©ries se sont gavĂ©s sur notre dos en nous fourguant un truc sucrĂ©, gras et qui nous laisse parfois l’estomac au bord des lĂšvres.

Mais on commence tout juste, et il est encore temps d’apprendre Ă  devenir gourmet, Ă  savoir se maquiller avec finesse, et mĂȘme Ă  Ă©crire une fan fiction autour de cette nouvelle sĂ©rie.

Il est temps de revenir vers une informatique-amie, Ă  Ă©chelle humaine, vers un outil que l’on maĂźtrise nous ! (et pas l’inverse, parce que moi j’aime pas que mon lave-linge me donne des ordres, nanmĂ©ho !)

Des gens plus intelligents et spĂ©cialistes que moi m’ont dit qu’avec le trio « logiciel libres + chiffrement + services dĂ©centralisĂ©s », on tenait une bonne piste. J’ai tendance Ă  les croire, et si ça te botte, tu peux venir explorer cette voie avec nous. Cela ne nous empĂȘchera pas d’en cheminer d’autres, ensemble et en mĂȘme temps, car nous avons un vaste territoire Ă  dĂ©couvrir.

Alors, t’es prĂȘt pour la terra incognita ?

Allez, viens, on va explorer le monde des possibles !
Allez, viens, on va explorer le monde des possibles !




Framadate : passage en v1, happy hour pour tout le monde !

Si Framasoft contribue rĂ©guliĂšrement aux logiciels libres que nous utilisons, nous ne sommes pas pour autant  une association de dĂ©veloppeurs. En vĂ©ritĂ©, tous nos services reposent sur des logiciels dĂ©veloppĂ©s par d’autres communautĂ©s.

Tous
? Non.

Framadate est l’irrĂ©ductible exception qui confirme la rĂšgle. Ce service de sondages dates (et sondages classiques) « Ă  la Doodle » a rĂ©cemment Ă©voluĂ© dans sa version 1, l’occasion de faire le tour des nouvelles fonctionnalitĂ©s avec son Ă©quipe de dĂ©veloppement.

Happy Hour : un Framadate plus clair et plus efficace !

L’Ă©quipe de dev de Framadate ne manque pas d’humour
 AprĂšs avoir nommĂ© Open Bar la version 0.9 (que vous utilisiez jusqu’Ă  prĂ©sent) ; ils ont choisi Happy Hour comme sobriquet de cette version 1. Au delĂ  des paris sur le nom de la prochain mouture (After Party
 ? Designated Driver
 ?), ce qui nous intĂ©resse vraiment, c’est de dĂ©couvrir les nouveautĂ©s qui sont d’ores et dĂ©jĂ  disponibles sur le service le plus utilisĂ© chez Framasoft ! Et elles sont nombreuses


Des fonctionnalités nouvelles :

  • Vous pouvez protĂ©ger vos sondages par mot de passe !
  • Vous pouvez choisir l’adresse web de votre sondage (du type https://framadate.org/NomDeVotreChoix)
  • Vous pouvez modifier un sondage aprĂšs son expiration
  • Vous pouvez choisir des intervalles de dates (par exemple : du lundi 7 au lundi 28 novembre)
  • De nombreuses traductions disponibles (qui ont Ă©tĂ© amĂ©liorĂ©es) : Allemand, Anglais, Espagnol, Français, Hollandais, Italien
 Mais aussi Breton et Occitan.

framadate troll

Celles qui tiennent compte de vos utilisations :

  • DĂ©sormais, envoyer un commentaire n’effacera plus les votes que vous aviez cliquĂ©s mais pas encore validĂ©s !
  • Le mode « Chaque sondĂ© peut modifier son propre vote » a Ă©tĂ© amĂ©liorĂ©
  • Affichage de la date et de l’heure pour les commentaires d’un sondage
  • La description d’un sondage tient compte des sauts de ligne
  • Une confirmation vous est demandĂ©e avant de supprimer une colonne (mais vous pouvez supprimer une colonne vide)
  • L’abstention (pas de vote) est prise en compte (et plus comptabilisĂ©e comme un « non »)

Celles qui simplifient l’utilisation :

  • L’Ă©cran de crĂ©ation de sondage a Ă©tĂ© simplifiĂ© (avec un menu « paramĂštres optionnels »)
  • La lĂ©gende pour les votes (au dessus du tableau des votes) est dĂ©sormais cachĂ©e derriĂšre un bouton
  • Un clic suffit pour sĂ©lectionner le lien d’un sondage
  • Les noms des champs que vous avez Ă  remplir ont Ă©tĂ© repensĂ©s
  • Le dĂ©filement de la page est plus fluide
  • Le format des dates et des heures a encore Ă©tĂ© amĂ©liorĂ©

Celles qui simplifient la vie à ceux qui ont installé Framadate sur leur serveur :

  • Un joli fichier check.php pour vĂ©rifier la possibilitĂ© d’installation
  • Un travail sur le service de notifications
  • Les mails envoyĂ©s par Framadate sont compatibles avec les lecteurs d’emails qui n’aiment pas le HTML (envoi multipart)
  • D’ailleurs, le format des emails a Ă©tĂ© amĂ©liorĂ© (utilisation de PHPMailer)
  • Nettoyage de code et Smartization

Allez, juste pour le plaisir voici l’Ă©cran de crĂ©ation d’un sondage quand on dĂ©roule les paramĂštres optionnels :

Framadate happy hour

3 questions Ă  l’Ă©quipe de dĂ©veloppement

Partant du principe que « ce sont ceux qui le font qui en parlent le mieux », nous avons décidé de poser 3 questions à Olivier Perez et Antonin Murtin, qui ont pris le relais de JosephK (toujours présent, bien entendu) dans le maintien du développement de Framadate.

Question n°0001 : Bonjour ! L’Ă©quipe de dĂ©veloppement a bien Ă©voluĂ© depuis la reprise du projet… Vous pourriez la prĂ©senter au lectorat du Framablog ? Car on aimerait bien savoir comment cela se fait que des gens donnent de leur temps et de leur savoir faire pour amĂ©liorer ce projet… et oĂč vous rejoindre pour aider ^^ !

Olivier :

Il y a aujourd’hui 3 personnes qui encadrent Framadate : JosephK, Antonin et Olivier. Notre rĂŽle est d’organiser l’Ă©volution du produit et d’assurer sa stabilitĂ©.

Avec Antonin nous sommes passionnĂ©s tous deux par le dĂ©veloppement depuis pas mal d’annĂ©es, et le fait que Framadate ait un code source ouvert dans un langage (PHP) trĂšs rĂ©pandu nous a donnĂ© envie de le regarder.

Petit Ă  petit, on se dit « le dĂ©veloppeur aurait pu faire comme ça plutĂŽt », « j’ai l’impression qu’il y a un bug en regardant ce bout de code » ou bien « j’aimerais bien, en tant qu’utilisateur pouvoir faire telle ou telle chose ». Et comme on sait modifier le code pour emmener le produit vers l’avant, on essaye. C’est aussi simple que ça, aucune peur, juste une envie d’essayer quelque chose.

Au dĂ©but on a commencĂ© en utilisateur de Framadate, puis cette envie nous a poussĂ©s Ă  devenir contributeurs, puis Ă  force d’avoir codĂ© sur les diffĂ©rents modules on est devenu mainteneurs. Aujourd’hui, on lit les propositions des utilisateurs, on relit leurs contributions et on avance sur des sujets qui nous tiennent Ă  cƓur. On est vraiment LIBRES, c’est nous qui dĂ©cidons si on veut bosser sur telle ou telle partie, c’est vraiment trĂšs sympa d’avoir autant de marge de manƓuvre.

On le dit trĂšs souvent, sĂ»rement parce que c’est vrai, mais pour contribuer Ă  Framadate, il suffit d’ĂȘtre utilisateur. Si vous nous remontez des erreurs, ou des envies, c’est encore mieux.

Et si vous voulez coder, c’est surtout pour votre bonheur 😉

Question n°42 :  C’est trĂšs excitant d’arriver Ă  la v1 d’un logiciel, surtout quand il est aussi utilisĂ©. Quelles sont les parties/fonctionnalitĂ©s/particularitĂ©s de ce projet dont vous ĂȘtes le plus fiers ?

Olivier :

Perso, il y a 2 parties que j’ai beaucoup aimĂ© livrer :

  • dans l’administration de Framadate, la possibilitĂ© de rechercher des sondages. Ça aide Ă©normĂ©ment lorsqu’on est admin du service.
  • l’envoie de mes sondages par mail. C’est un besoin perso, j’en avais marre de perdre les liens vers mes sondages ^^

Antonin :

La gestion de mots de passe sur un sondage ou encore la page « check.php » pour simplifier l’installation Ă©taient vraiment sympa Ă  faire. Mais question fiertĂ©, le simple fait de contribuer Ă  ce projet est dĂ©jĂ  trĂšs chouette !

L'équipe de dév à l'heure de la sortie de la v1 de Framadate (allégorie)
L’Ă©quipe de dĂ©v Ă  l’heure de la sortie de la v1 de Framadate (allĂ©gorie)

Question n°1337 : C’est quoi la suite pour Framadate…? Vous avez des dĂ©fis qu’il vous tarde de conquĂ©rir (ou bien des gros morceaux qui vous collent un peu les miquettes :p ?) Et du coup, si on rĂȘve d’amĂ©liorations pour Framadate, on vous les propose oĂč ?

Olivier :

On n’est pas assez ouvert 🙂 on ne l’est jamais assez. Mon kiffe serait de proposer une API qui permettrait de faire exactement TOUT, de la crĂ©ation de sondages, du votes, des commentaires, mais aussi de l’administration du service.

J’y vois 2 grands intĂ©rĂȘts, la possibilitĂ© d’intĂ©grer Framadate Ă  d’autres services, ou la crĂ©ation d’applications tierces qui proposent l’accĂšs Ă  Framadate sur des supports diffĂ©rents (Smartphones, tĂ©lĂ©s, montres, t-shirts ?, etc.)

Plusieurs personnes ont demandé à avoir la possibilité de créer un sondage via leurs propres systÚmes informatiques.

Par exemple, une association de Tennis veut organiser des rencontres, elle pourrait générer un sondage qui aiderait 2 opposants à choisir la date et/ou le lieu de la rencontre.

Un collĂšgue m’a avouĂ© utiliser une alternative Ă  Framadate car il n’avait pas l’application smartphone pour organiser ses Ă©vĂ©nements, j’aimerais lui offrir la possibilitĂ© de sortir des griffes crochues de l’autre service non pas en dĂ©veloppant l’application pour Framadate mais en donnant la possibilitĂ© Ă  d’autres de la faire.

Antonin :

Entre les fonctionnalitĂ©s qui nous manquent dans notre usage quotidien de Framadate et les innombrables propositions d’amĂ©liorations venant des utilisateurs, on ne manque pas d’idĂ©es !

Mais je pense qu’il y a surtout beaucoup d’amĂ©liorations Ă  faire pour faciliter les contributions sur le projet, et ça commence par pas mal de documentation Ă  mettre Ă  jour. Donner plus de transparence et de possibilitĂ© de participation sur le pilotage du projet serait un plus !

On commence avec Olivier Ă  rĂ©flĂ©chir Ă  un framework plus moderne pour se faciliter la vie sur les amĂ©liorations futures, car il y a quelques problĂ©matiques qui reviennent mais qu’on ne peut pas rĂ©soudre simplement. Mais ce n’est qu’au stade d’embryon de rĂ©flexion !

À vous de DĂ©-Doodliser votre entourage

C’est parfois difficile de se dĂ©googliser, d’abandonner le confort et les habitudes qu’on a prises dans les services des gĂ©ants du web. Or, Framadate (en alternative Ă  Doodle) est un des services les plus faciles Ă  adopter : finalement, vous bĂ©nĂ©ficiez du libre sans trop (vous) y perdre
 Et vos ami-e-s ayant une dĂ©ficience visuelle y gagnent, puisque ce logiciel a Ă©tĂ© pensĂ© pour ĂȘtre accessible, c’est-Ă -dire utilisable avec un lecteur d’Ă©cran et une navigation au clavier.

De fait, si vos proches ne savent pas comment se dĂ©googliser, vous pouvez leur proposer de commencer par se DĂ©-Doodliser 😉

 




MyFrama : vos favoris (et Framasofteries) partout, avec vous, rien qu’Ă  vous !

Imaginez une alternative Ă  tous les favoris que vous confiez Ă  Google Chrome ; qui vous permettrait en mĂȘme temps de vous y retrouver parmi tous les frama-services que l’on propose


Le Libre nous a donné les briques pour le faire, alors nous avons retroussé nos manches pour vous présenter MyFrama !

Un del.ico.us fourre-tout numérique pour vos marque-pages et favoris !

Avant toute autre chose, MyFrama est un service de bookmarking (de marque-pages) basé sur le logiciel libre Shaarli (créé par SebSauvage ^^)

Vous voyez tous ces onglets que vous gardez ouverts, parce qu’il y a lĂ  une recette que vous n’avez pas encore pris le temps d’essayer, un article de blog Ă  lire ou le site d’un artisan que vous voulez garder
 ? Vous vous souvenez de toutes ces fois oĂč vous Ă©tiez sur l’ordinateur de Tata Jeannine, et que vous n’avez pas pu retrouver ce site si pratique qui est toujours en favori dans vos marque-pages
 ? Si ces deux exemples vous ont arrachĂ© un petit sourire, c’est que MyFrama peut vous servir.

Le principe est simple : vous vous crĂ©ez un compte, vous vous y connectez et vous avez dĂ©sormais un fourre-tout numĂ©rique accessible d’oĂč vous le souhaitez. Dans ce fourre-tout, vous mettez des liens, des adresses web, des URL. Vous pouvez le faire directement en ligne (en les copiant/collant sur votre compte my.framasoft.org), en utilisant le marque-page dynamique (un bouton que vous aurez glissĂ©-dĂ©posĂ© sur la barre de favoris de votre navigateur) ou encore depuis une application android (shaarlier, aussi disponible sur le Google PlayStore).

Lorsque vous ajoutez un lien Ă  votre MyFrama, vous pouvez lui donner un titre, une description, des Ă©tiquettes (des tags), afin de le retrouver aisĂ©ment et de vous souvenir de ce dont ça parle. Et voilĂ , la puissance du logiciel Shaarli permet Ă  MyFrama d’ĂȘtre une alternative Ă  Del.ico.us (pour les vĂ©tĂ©ran-ne-s du web) et aux favoris de votre compte Google Chrome (le service « Google Favoris »)



 Mais ce n’est pas tout.

 

anim_myframa

MyFrama : ne perdez plus vos Frama – pads, – dates, – calcs, etc.

Comme nous l’avons expliquĂ© en lançant la 3e annĂ©e de notre campagne : nous ne souhaitons pas, Ă  court ou moyen terme, crĂ©er de « Compte Framasoft » comme vous pourriez avoir un compte Google, ou Apple, ou Microsoft
 Ce serait trop compliquĂ© (beaucoup de technologies et langages disparates), trop risquĂ© (cela crĂ©erait un seul endroit oĂč « tout peut pĂ©ter »  ou bien peut ĂȘtre piratĂ©) mais surtout ce serait Ă  l’inverse de ce que nous prĂŽnons : re-dĂ©centraliser les usages du Web, afin que vos vies numĂ©riques ne soient plus jamais enfermĂ©es dans des silos de donnĂ©es.

Franchement, entre nous : on ne va pas dĂ©googliser internet pour le framasoftiser, hein 😉 ? Notre but secret est atteint (pour notre plus grande joie) quand vous quittez fiĂšrement un service Framasoft. Parce que cela veut dire que vous l’avez tellement aimĂ© que vous avez dĂ©cidĂ© de l’installer pour vous-mĂȘme (ou d’utiliser le serveur d’un CHATON, d’un ami, de votre asso, collectif, entreprise, etc.). Bref : nous vous souhaitons, Ă  vous et vos donnĂ©es, la plus grande indĂ©pendance numĂ©rique.

Tout cela, c’est bien joli. Mais pour autant, on ne rĂ©pond pas Ă  un besoin que, en attendant, vous nous exprimez rĂ©guliĂšrement.

« Comment je fais pour retrouver tous les Frama-bidules que j’utilise ??? »

La rĂ©ponse, c’est le nouveau bouton violet “MyFrama” que vous avez vu apparaĂźtre dans la “framanav” la barre de menu qui se trouve en haut de chacun de nos sites web. Lorsque vous ĂȘtes sur un Framapad (ou date, ou calc, ou autre
) il vous suffit de cliquer sur ce bouton pour que non seulement ledit pad s’ajoute dans votre compte MyFrama, mais qu’en plus il soit automatiquement classĂ© sous l’étiquette “Pad”, afin que vous puissiez le retrouver (avec tous ses camarades) en un clic


myframa-comme-ca


 Et ce n’est pas tout.

Triez tout Internet si vous le voulez (mais c’est long)

Le logiciel Shaarli ne proposait pas cette option de tri automatique. Quelque chose qui permette de reconnaĂźtre qu’il y ait « framapad.org » dans l’adresse web et donc qui attribue Ă  cette adresse l’étiquette “pad”. Qu’à cela ne tienne, JosephK, notre codeur tout terrain, a Ă©coutĂ© la grande loi du Yakafokon et passĂ© quelques heures sur son clavier pour dĂ©velopper un nouveau plugin qui permette exactement cela sur Shaarli.

Du coup, ce tri automatique ne sert pas qu’aux services Framasoft ! En effet, vous pouvez tout Ă  fait (et facilement) le paramĂ©trer pour qu’il reconnaisse, Ă©tiquette et trie automatiquement les “nextinpact”, “linuxfr”, “numerama” ou “korben” (ceci sont des exemples totalement pris au hasard :p) qui se trouvent dans les liens que vous ajouterez Ă  votre fourre-tout numĂ©rique !

internet-c-long

Et si vous avez dĂ©jĂ  un Shaarli sur votre serveur, pas de soucis : le plugin « tags_advanced » est libre, il vous suffit de l’ajouter Ă  votre instance, voire de l’amĂ©liorer si le cƓur vous en dit ! Quand on utilise du Libre, on finit toujours par en vouloir plus et donc par apporter sa pierre, sa contribution. C’est ça le cercle vertueux !

Mouais, mais concrĂštement, je fais comment pour utiliser MyFrama ?

OK, allons-y Ă©tape par Ă©tape. La premiĂšre, c’est de se crĂ©er son compte ! Vous allez sur my.framasoft.org, et vous cliquez sur « CrĂ©er un compte » pour entrer vos informations :

myframa-creation-de-compteVoilĂ , votre compte est crĂ©Ă©, il vous suffit de taper votre mot de passe une seconde fois pour vous y connecter (par contre ne cochez la case « rester connectĂ© » que si vous ĂȘtes sur votre ordinateur perso). Notez que votre nom d’utilisateur est passĂ© en « tout en minuscules » (beaucoup plus facile Ă  retenir ^^)

myframa-connection

Vous arrivez donc sur votre compte MyFrama, oĂč nous vous avons prĂ©-rempli quelques filtres et liens pour l’exemple. Regardons cela ensemble :

myframa-complet
cliquez sur l’image si vous voulez l’agrandir, les numĂ©ros de ces cadres vont nous servir tout au long de l’article

1) la barre d’outils

Elle vous permet de :

  • rechercher un lien parmi vos favoris ;
  • rĂ©gler l’affichage des liens ;
  • obtenir le flux RSS de vos liens ;
  • gĂ©rer vos paramĂštres ;
  • se dĂ©connecter de MyFrama.

2) ajouter des liens

Il y a plusieurs moyens d’ajouter des adresses web dans votre MyFrama.

Le premier est de la copier puis la coller dans la grande barre en haut de de l’accueil (cadre 2).

Le deuxiĂšme est d’aller dans vos paramĂštres (bouton ) pour ajouter un des boutons suivants Ă  votre navigateur prĂ©fĂ©rĂ© :

Yapluka suivre ce qui est Ă©crit ^^ !
Yapluka suivre ce qui est Ă©crit ^^ !

shaarlier-sur-androidLe dernier c’est d’utiliser une application sur votre mobile.

Pour Android, vous avez l’application Shaarlier, qui est disponible sur le magasin libre Fdroid et sur le Playstore de Google. Pensez Ă  prĂ©ciser :

  • L’url de votre shaarli : https://my.framasoft.org/u/votrepseudo
  • Pseudo : en minuscule
  • Mot de passe (sans se tromper ^^)
  • Le nom du compte : rĂ©pĂ©tez votre pseudo en minuscule…

Voici le résultat sous vos yeux ébaubis.

 

3) 4) et 5) lorsque vous ajoutez un lien

Un lien est une adresse web (URL), et afin de la retrouver plus facilement dans votre fourre-tout, vous pouvez en préciser :

  • Le titre (cadre 3)
  • La description (cadre 4)
  • Des Ă©tiquettes (les « tags », cadre 5)
  • Et si vous voulez qu’il soit privĂ© ou public.

myframa-ajout-lien

6) des filtres automatiques pour retrouver vos services Framasoft

On vient de partager un Framapad avec vous ? Vous voulez mettre de cĂŽtĂ© le Framadate de votre prochaine rĂ©union d’Ă©quipe ? Pas de soucis : allez sur la page en question, et cliquez sur le bouton violet MyFrama dans la Framanav (la barre tout en haut)

Encore une fois : juste comme ça ;)
Encore une fois : juste comme ça ;)

Nous avons prĂ©-rĂ©glĂ© des filtres automatiques pour que votre compte MyFrama reconnaisse automatiquement les adresses « framapad.org » ou « framadate.org » etc. et leur attribue une Ă©tiquette correspondante. Une fois dans votre compte, il vous suffit de cliquer sur le bon tag (cadre 6) pour y retrouver vos liens !

7) des filtres que vous pouvez modifier Ă  loisir

Bien entendu, vous restez libre de gérer le tri automatique de vos favoris !

Pour cela :

  • rendez-vous dans les paramĂštres des tags (bouton en bas Ă  droite)
  • indiquez l’Ă©tiquette que vous voulez dans la colonne « Nom » (ici korben)
  • et Ă©ventuellement le motif que MyFrama doit repĂ©rer pour trier automatiquement (ici korben.info)
  • dĂ©terminez l’ordre avec les flĂšches de gauche
  • cochez/dĂ©cochez les options Ă  droite (page d’accueil/lien privĂ©)

myframa-filtres

Et voilĂ , vous n’avez plus qu’Ă  vous crĂ©er votre petit fourre-tout du web avec MyFrama !

Pour aller plus loin :