Khrys’presso du lundi 12 novembre

Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.

Brave New World

Spécial France

  • Human Rights Watch demande à Emmanuel Macron d’interdire les robots tueurs (sciencesetavenir.fr) – voir aussi : Intelligence artificielle : les robots tueurs peuvent-ils échapper à notre contrôle ? (tv5monde.com)
  • « L’État de droit mute doucement vers une forme ultra-sécuritaire »

    Concept fondateur du droit public moderne, la fiction juridique qu’est l’État de droit traduit une certaine vision du pouvoir qui apparaît comme inhérente à la conception libérale de l’organisation politique : donnant à voir un pouvoir limité parce que régi par des règles, il implique que les gouvernants ne soient pas placés au-dessus des lois, mais exercent une fonction encadrée par le droit. La notion peut aussi se définir par opposition à l’État policier, caractérisé par le pouvoir discrétionnaire de l’administration.
    Or, à y regarder de plus près, une répartition inédite du pouvoir prend actuellement forme cristallisée autour de la capacité à collecter et exploiter les métadonnées. Matérialisée par l’apparition de deux pôles, l’un économique, l’autre sécuritaire, articulés autour d’un projet commun tacite de surveillance. C’est autour de ce phénomène que les luttes de pouvoir se concentrent désormais et que la relation des surveillants, État et plates-formes géantes, se dessine face aux surveillés.
    En dépit de leurs postures officielles en apparence divergentes, ces deux pôles d’un nouveau genre se positionnent sur un même continuum porté par une vision du monde cohérente où souveraineté algorithmique et souveraineté territoriale se compléteraient, où le « capitalisme de surveillance » irriguerait à la fois les intérêts publics et privés. Les termes initiaux du contrat social « liberté contre sécurité » glissent sans grande résistance vers la formulation « liberté contre sécurité contre vie privée » articulée autour d’un régime de vérité contemporain qui pose comme postulat que plus nous possédons de données, plus nous nous rapprochons avec précision de la « vérité ».
    Ce transfert d’une partie de la souveraineté de l’État le pousse à renforcer ses prérogatives en termes de souveraineté territoriale pour mieux s’auto-légitimer au regard du peuple. Par nécessité de survie, l’État de droit mute doucement vers une forme ultra-sécuritaire.
    Dès lors, à ce nouveau régime de vérité est assorti un discours dominant formalisé autour d’une rhétorique du repli, de la peur, de la menace, de la lutte antiterroriste. Légitimant ainsi la collecte massive de données et les dispositifs de surveillance généralisée qu’ils soient en réalité à des fins marchandes ou sécuritaires.
    Le péril démocratique est aggravé par les systèmes de prédiction algorithmique. Ainsi, nul n’échappera à la surveillance et son corollaire la prédictibilité, ultime stratégie de neutralisation de l’incertitude. Car dans ce monde en réseau, c’est bien l’incertitude qui devient la hantise du pouvoir. La police et la justice interviennent désormais de façon prédictive et préventive avant le crime même. Pour être puni, il n’est plus nécessaire de commettre un crime mais de risquer de le commettre. Par cet impératif sécuritaire, nous risquons de faire face à une justice pénale sans crime qui nous considérerait tous coupables parce que tous potentiellement dangereux.

    Un policier dit

  • Pour débusquer les fraudeurs, le fisc va expérimenter la surveillance des réseaux sociaux (lemonde.fr)
  • Données personnelles : action de groupe contre Facebook en France (lemonde.fr)
  • Smart Cities sécuritaires : la CNIL forfait ? (laquadrature.net)
  • La CNIL avertit une nouvelle entreprise qui vous géolocalise sans consentement pour cibler de la publicité (numerama.com)
  • Ardèche : après l’Arcep, les élus locaux montent au créneau sur le réseau cuivre (zdnet.fr)
  • Les données de santé, un gisement convoité (alternatives-economiques.fr)

    Imaginons qu’un recruteur ait devant lui deux candidats aux qualités professionnelles équivalentes, mais qu’il sache que le premier a dans le passé été sujet à des incidents cardiaques et non le second… Imaginons un bailleur social qui puisse choisir ses locataires en fonction de leur état de santé… Imaginons qu’un banquier sollicité pour un emprunt, déjà en droit légalement de connaître de notre situation médicale passée et présente, puisse de surcroît accéder au profil génétique du demandeur et que celui-ci révèle une forte probabilité de développer un cancer… Imaginons un assureur qui calculerait ses primes d’assurance en fonction de l’état de santé de ses clients ou qui, tout simplement, exclurait les clients à la santé jugée trop fragile…
    Même si ces pratiques sont totalement illégales aujourd’hui en France, ces risques ne sont pas théoriques, loin s’en faut. Pour s’en convaincre il suffit de regarder du côté des assureurs. À défaut d’accéder aux données de santé proprement dites, ils utilisent les données dites de « bien-être », issues de nos objets connectés (pèse-personne, montre…), qui en disent déjà long sur notre état général. Ainsi, l’assureur américain John Hancock Financial Services propose à ses clients désireux d’acheter une assurance-vie une réduction de cotisation s’ils acceptent de faire régulièrement de l’exercice physique et de l’évaluer à l’aide d’un appareil connecté. En France, Axa avait expérimenté une démarche similaire en 2014, proposant des chèques cadeaux à ses clients qui acceptaient de marcher un certain nombre de pas par jour et de surveiller cette activité avec un appareil de la marque Withings. Tout cela bien entendu au nom de l’encouragement à une vie saine et à la réduction des risques sanitaires.

  • Attention, les sirènes du premier mercredi du mois changent d’horaire (bfmtv.com)
  • Les banques bientôt privées de SMS pour sécuriser les paiements en ligne (lesechos.fr)
  • « Enlysée » : la boutique parodique récolte 30 000 euros pour des associations (lepoint.fr)

Spécial GAFAM

Et cette semaine, on soutient…

  • Framasoft : vous ne connaissez peut-être pas encore tout, alors voici une page présentant tous les services. La maintenance et la pérennité de ces services ne sont pas gratuites, et Framasoft fonctionne presque exclusivement avec vos dons, déductibles à 66 % de vos impôts donc pensez à les soutenir !!!
  • La Quadrature du Net, et pour cela, si on est en région parisienne, on peut se rendre à la soirée de lancement de la campagne de dons qui aura lieu jeudi 15 novembre à partir de 19h à La Maison du Libre et des Communs (La Paillasse, 226 rue Saint-Denis, Paris)

Les lectures de la semaine

Les BDs/graphiques/photos de la semaine

Les vidéos/podcasts de la semaine

Les autres trucs chouettes de la semaine

Deux personnages prennent le café. Le personnage de gauche dit : Encore sacrément dense, ton espresso...- la personne de droite répond : Ouaip, et encore, j'ai fait des efforts : Si tu veux voir tout ce que j'ai coupé, clique sur ma tasse !

Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.

Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys).




Khrys’presso du lundi 5 novembre

Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.

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Spécial France

Spécial GAFAM

Et cette semaine, on lit/relit/diffuse…

Les lectures de la semaine

Les BDs/graphiques/photos de la semaine

Les vidéos/podcasts de la semaine

Les autres trucs chouettes de la semaine

Deux personnages prennent le café. Le personnage de gauche dit : Encore bien tassé, ton espresso, cette semaine ! la personne de droite répond : yep, et j'ai dû couper plein de trucs pour pas trop l'allonger ! Alors si tu es partant pour un lungo, fais-toi plaisir et clique sur ma tasse !

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Khrys’presso du lundi 29 octobre

Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.

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Spécial France

Spécial GAFAM

Les découvertes de la semaine

Les lectures de la semaine

  • Intimité numérique : le Truc a fait mouche (framablog.org)

    L’intimité est un besoin vital pour les humains, en être privé nous prive d’une partie de notre humanité. En être privé, être toujours sous la menace du regard et du jugement d’autrui, c’est perdre la capacité de penser par soi-même, d’exister, de se comporter en tant qu’individu indépendant, autonome. Priver les citoyen·ne·s d’intimité est une des caractéristiques des régimes totalitaires qui cherchent à nier les individualités pour ne gérer que des robots déshumanisés.

    Protéger son intimité est donc essentiel. Mais il faut aussi veiller à ce que la société garantisse à chacun et chacune le droit à l’intimité.

  • Richard Stallman – Talking to the mailman (newleftreview.org) – longue interview par Rob Lucas

    Nous devons exiger que tous les systèmes soient conçus de manière à limiter la quantité de données qu’ils peuvent collecter, car vous voyez, les données, une fois collectées, seront utilisées à mauvais escient.
    L’organisation qui les collecte peut les utiliser à mauvais escient ; les employés malhonnêtes de cette organisation peuvent les utiliser à mauvais escient ; des tiers, des crackers, peuvent pénétrer dans le système informatique, voler les données, et les utiliser à mauvais escient ; l’État peut les prendre et les utiliser à mauvais escient.
    Les lois restreignant l’utilisation des données, si elles sont correctement appliquées, limiteraient l’utilisation abusive par l’organisation qui collecte les données, et peut-être jusqu’à un certain point leur utilisation abusive par l’État – mais pas assez, car l’État s’accorde habituellement des exceptions pour faire ce qu’il veut. Il rédigera les lois de manière à pouvoir obtenir ces données et les utiliser pour trouver les lanceurs d’alerte et les dissidents.
    D’un autre côté, si le système est conçu pour ne pas collecter de données, il ne peut pas être utilisé pour cela, à moins que l’État n’intervienne pour le modifier.
    Donc, à moins d’avoir l’assurance que l’État respecte la démocratie – ce qui n’est guère le cas ici – et le droit à la dissidence, vous devriez vous assurer qu’il n’y a pas de surveillance de masse.
    […]
    Je ne dis pas que le logiciel libre soit plus important que de vaincre la ploutocratie, ou plus important que de freiner le réchauffement climatique ; et je n’essaierai pas d’argumenter que les gens devraient travailler sur l’un plutôt que l’autre. Mais nous devons avoir des gens qui travaillent sur ce projet – et les gens qui sont dans le domaine du logiciel ne peuvent s’abstraire de la question logiciel libre versus logiciel propriétaire, logiciel respectueux de la liberté versus logiciel piétinant la liberté.
    Nous avons la responsabilité, si nous faisons des choses dans le domaine du logiciel, de le faire d’une manière éthique.
    Je ne sais pas si nous réussirons un jour à libérer tout le monde, mais c’est clairement la bonne direction à suivre.

  • Algorithmes : à la recherche de l’universalité perdue (binaire.blog.lemonde.fr)
  • Prédiction des crimes : « Les algorithmes reflètent les discriminations » (usbeketrica.com)
  • Les business model en ligne favorisent les discriminations (theguardian.com)
  • Yoshua Bengio : « L’intelligence artificielle doit être utilisée en accord avec des principes moraux » (lemonde.fr)

    Aujourd’hui, c’est David contre Goliath. Soit le consommateur renonce à utiliser un réseau social et sacrifie sa vie sociale, soit il signe un texte qu’il ne comprend pas vraiment et se voit siphonner toutes ces données. Plus une entreprise a de clients et a de données, plus elle aura de puissance de calcul et pourra développer de meilleurs modèles que les autres. Au fur et à mesure qu’elles deviennent plus puissantes, ces technologies menacent la démocratie en concentrant le pouvoir aux mains de quelques-uns. La seule manière de rétablir l’équilibre, c’est que l’individu ne reste pas seul face à l’entreprise mais qu’on agisse ensemble. C’est le rôle des gouvernements que de protéger les individus. Rien n’empêche de réglementer contre les dérives et la concentration du pouvoir dans certains secteurs. Dans le passé, on a utilisé des lois assez efficaces pour casser des monopoles. Là encore, ce qui compte, c’est que le grand public, qui vote, comprenne les enjeux et soutienne les politiciens dans ces démarches.

  • Nobody’s Cellphone Is Really That Secure But most of us aren’t the president of the United States
  • Les iPhones sont difficiles à utiliser (blog.fawny.org – en anglais)
  • Facebook et Google sont dirigés par les « barons des voleurs » d’aujourd’hui. Arrêtez-les (theguardian.com – en anglais)

    Les algorithmes ne sont que des bouts de mathématiques. Mais ils reflètent l’éthique des personnes qui sont derrière. […]
    Lors de la première révolution industrielle, certains des premiers à bénéficier de cette révolution furent si rapaces qu’ils devinrent connus sous le nom de « Barons voleurs » (Robber Barons). Le principal d’entre eux était l’industriel John D. Rockefeller, sans doute l’homme le plus riche des temps modernes. Rockefeller était connu pour ses pratiques commerciales illégales et contraires à l’éthique qui ont aidé sa société Standard Oil à contrôler jusqu’à 90 % des raffineries de pétrole dans le monde […]
    Aujourd’hui, nous avons un nouveau groupe de « barons voleurs », qui dirigent des monopoles numériques et tirent des avantages disproportionnés des perturbations provoquées par les nouvelles technologies. L’Histoire nous dit que nous devrons réglementer leurs monopoles tout comme nous l’avons fait pour les monopoles précédents.

  • Combien de temps allons-nous encore continuer d’être les chiens des GAFAM ? (zdnet.fr)
  • Fake news, erreurs et censure… au Moyen Âge (actuelmoyenage.blogs.liberation.fr)

Les BDs/graphiques/photos de la semaine

Les vidéos/podcasts de la semaine

Les autres trucs chouettes de la semaine

Et cette semaine, on soutient…

  • Framasoft, pour tous les super trucs qu’ils font, pour dégoogliser internet, et contributopier à fond !
  • Wikipédia, parce qu’on l’utilise tou·te·s, et pour que ça continue à fonctionner toujours aussi bien !

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Khrys’presso du lundi 22 octobre

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Brave New World

Spécial France

Spécial GAFAM

Les lectures de la semaine

  • Un tiers médiaire (laquadrature.net – tribune de Laurent Chemla)

    Imposer l’accès aux données personnelles c’est la garantie qu’un Internet décentralisé continuera à exister, même si c’est en parallèle de l’autre. Et tant pis. Et tant mieux, même : c’est justement parce que cette idée ne détruit pas le modèle économique des GAFAM qu’il a une (toute petite) chance d’être soutenu par le politique. Restons pragmatiques. On démolira l’existant seulement quand on aura construit le remplaçant.

  • Changer le monde, un octet à la fois (framablog.org)
  • Le contrôle des données numériques personnelles est un enjeu de liberté collective (lemonde.fr)
  • Machine à voter : d’interminables années de vulnérabilité démocratique (theconversation.com)
  • L’étoffe des neurones (liberation.fr)

    «Ce qu’on appelle le « décodage », c’est prédire ce que la personne a vu à partir de la mesure de l’activité cérébrale.[…] Aujourd’hui, en dehors d’un labo, on ne peut pas espérer décoder sérieusement quoi que ce soit. Après, où en sont les projets secrets de Musk avec Neuralink ou Facebook dans ce domaine ? On n’en sait rien, et c’est peut-être plus flippant.» Car, sur ce sujet comme sur d’autres, la Silicon Valley n’est jamais bien loin de la science-fiction. Elon Musk, le très influent fondateur de Tesla et SpaceX (oui, celui-là même qui a peur des progrès de l’IA), a en effet créé en 2016 Neuralink, une start-up travaillant sur une interface «ultra-haut débit» entre un cerveau et un ordinateur. De son côté, Facebook a annoncé, début 2017, travailler sur un système capable de taper cent mots par minute directement depuis son cerveau. Cinq fois plus vite qu’avec les doigts. La représentante de Facebook avait à l’époque affirmé : «Ça semble impossible, mais c’est plus proche que ce que vous pouvez penser.» C’était il y a près de deux ans. Depuis, aucune nouvelle. A croire que si effectivement rien n’est impossible, rien n’est bien proche non plus.

  • Tuer ou ne pas tuer : le dilemme moral ignoré par les robots tueurs (theconversation.com)
  • L’intelligence artificielle armée arrive. Les guerres algorithmiques sans fin sont-elles notre futur ? (theguardian.com – en anglais)
  • Mona Chollet réhabilite la figure de la sorcière et en fait la victime expiatoire du machisme moderne. (letemps.ch)

    Je pense que la misogynie est décisive et déterminante. On le voit avec le Malleus Maleficarum, le livre des juges et des chasseurs de sorcières, un des premiers best-sellers de l’histoire, juste après l’invention de l’imprimerie. C’est un manuel de haine qui dit explicitement que les femmes sont un problème. La misogynie est présente depuis la nuit des temps, mais les chasses aux sorcières permettent un passage à l’acte monstrueux, avec des dizaines de milliers de victimes exécutées, dont 80% de femmes. À l’époque, les femmes étaient encore présentes dans différentes corporations. Elles exerçaient divers métiers, elles pouvaient s’affirmer dans la sphère publique, elles étaient «relativement» libres. Elles jouissaient d’une marge d’autonomie visiblement mal tolérée. Il y a aussi des changements économiques – la privatisation des terres, la généralisation du travail rémunéré. De nombreuses vieilles femmes se retrouvent sans ressources, et les chasses permettent de se débarrasser de ces bouches inutiles.

  • Rendons le féminin à la langue française (liberation.fr)

    La masculinisation à marche forcée, qui doit tout à l’idéologie et rien à la linguistique, s’opère à partir du XVIIe siècle. Les «infléchissements masculinistes» s’observaient déjà avec le moyen français. Le pronom «il» en lieu et place d’un pronom neutre gagne du terrain : «il pleut» mieux que «ça pleut». Mais c’est avec la naissance de l’Académie française (1635) que les choses se gâtent vraiment. Bien que Vaugelas hésite mais préfère l’accord de proximité, Dupleix décrète en 1651 : «Parce que le genre masculin est le plus noble, il prévaut seul contre deux ou plusieurs féminins, quoiqu’ils soient plus proches de leur adjectif.» Pourquoi «plus noble» ?«A cause de la supériorité du mâle sur la femelle», répond Beauzée en 1767, sans autre forme de procès. C’est assez dire que la cause est politique.

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Changer le monde, un octet à la fois

Cette année, comme les précédentes, Framasoft fait appel à votre générosité afin de poursuivre ses actions.

Depuis 14 ans : promouvoir le logiciel libre et la culture libre

L’association Framasoft a 14 ans. Durant nos 10 premières années d’existence, nous avons créé l’annuaire francophone de référence des logiciels libres, ouvert une maison d’édition ne publiant que des ouvrages sous licences libres, répondu à d’innombrables questions autour du libre, participé à plusieurs centaines d’événements en France ou à l’étranger, promu le logiciel libre sur DVD puis clé USB, accompagné la compréhension de la culture libre, ou plutôt des cultures libres, au travers de ce blog, traduit plus de 1 000 articles ainsi que plusieurs ouvrages, des conférences, et bien d’autres choses encore !

Depuis 4 ans, décentraliser Internet

En 2014, l’association prenait un virage en tentant de sensibiliser non seulement à la question du libre, mais aussi à celle de la problématique de la centralisation d’Internet. En déconstruisant les types de dominations exercées par les GAFAM (dominations technique, économique, mais aussi politique et culturelle), nous avons pendant plusieurs années donné à voir en quoi l’hyperpuissance de ces acteurs mettait en place une forme de féodalité.

Et comme montrer du doigt n’a jamais mené très loin, il a bien fallu initier un chemin en prouvant que le logiciel libre était une réponse crédible pour s’émanciper des chaînes de Google, Facebook & co. En 3 ans, nous avons donc agencé plus de 30 services alternatifs, libres, éthiques, décentralisables et solidaires. Aujourd’hui, ces services accueillent 400 000 personnes chaque mois. Sans vous espionner. Sans revendre vos données. Sans publicité. Sans business plan de croissance perpétuelle.

Parfois, Framasoft se met au vert. Parce qu’il y a un monde par-delà les ordinateurs…

 

 

Mais Framasoft, c’est une bande de potes, pas la #startupnation. Et nous ne souhaitions pas devenir le « Google du libre ». Nous avons donc en 2016 impulsé le collectif CHATONS, afin d’assurer la résilience de notre démarche, mais aussi afin de « laisser de l’espace » aux expérimentations, aux bricolages, à l’inventivité, à l’enthousiasme, aux avis divergents du nôtre. Aujourd’hui, une soixantaine de chatons vivent leurs vies, à leurs rythmes, en totale indépendance.

Il y a un an : penser au-delà du code libre

Il y a un an, nous poursuivions notre virage en faisant 3 constats :

  1. L’open source se porte fort bien. Mais le logiciel libre (c-à-d. opensource + valeurs éthiques) lui, souffre d’un manque de contributions exogènes.
  2. Dégoogliser ne suffit pas ! Le logiciel libre n’est pas une fin en soi, mais un moyen (nécessaire, mais pas suffisant) de transformation de la société.
  3. Il existe un ensemble de structures et de personnes partageant nos valeurs, susceptibles d’avoir besoin d’outils pour faire advenir le type de monde dont nous rêvons. C’est avec elles qu’il nous faut travailler en priorité.

Est-ce une victoire pour les valeurs du Libre que d’équiper un appareil tel que le drone militaire MQ-8C Fire Scout ?
Nous ne le pensons pas.
Cliché
Domaine public – Wikimedia

 

Face à ces constats, notre feuille de route Contributopia vise à proposer des solutions. Sur 3 ans (on aime bien les plans triennaux), Framasoft porte l’ambition de participer à infléchir la situation.

D’une part en mettant la lumière sur la faiblesse des contributions, et en tentant d’y apporter différentes réponses. Par exemple en abaissant la barrière à la contribution. Ou, autre exemple, en généralisant les pratiques d’ouvertures à des communautés non-dev.

D’autre part, en mettant en place des projets qui ne soient pas uniquement des alternatives à des services de GAFAM (aux moyens disproportionnés), mais bien des projets engagés, militants, qui seront des outils au service de celles et ceux qui veulent changer le monde. Nous sommes en effet convaincu·es qu’un monde où le logiciel libre serait omniprésent, mais où le réchauffement climatique, la casse sociale, l’effondrement, la précarité continueraient à nous entraîner dans leur spirale mortifère n’aurait aucun sens pour nous. Nous aimons le logiciel libre, mais nous aimons encore plus les êtres humains. Et nous voulons agir dans un monde où notre lutte pour le libre et les communs est en cohérence avec nos aspirations pour un monde plus juste et durable.

Aujourd’hui : publier Peertube et nouer des alliances

Aujourd’hui, l’association Framasoft n’est pas peu fière d’annoncer la publication de la version 1.0 de PeerTube, notre alternative libre et fédérée à YouTube. Si vous souhaitez en savoir plus sur PeerTube, ça tombe bien : nous venons de publier un article complet à ce sujet !

Ce n’est pas la première fois que Framasoft se retrouve en position d’éditeur de logiciel libre, mais c’est la première fois que nous publions un logiciel d’une telle ambition (et d’une telle complexité). Pour cela, nous avons fait le pari l’an passé d’embaucher à temps plein son développeur, afin d’accompagner PeerTube de sa version alpha (octobre 2017) à sa version bêta (mars 2018), puis à sa version 1.0 (octobre 2018).

Le crowdfunding effectué cet été comportait un palier qui nous engageait à poursuivre le contrat de Chocobozzz, le développeur de PeerTube, afin de vous assurer que le développement ne s’arrêterait pas à une version 1.0 forcément perfectible. Ce palier n’a malheureusement pas été atteint, ce qui projetait un flou sur l’avenir de PeerTube à la fin du contrat de Chocobozzz.

Garder sa singularité tout en étant relié aux autres, c’est ça la force de la fédération PeerTube.
Notre article complet sur PeerTube

 

Nous avons cependant une excellente nouvelle à vous annoncer ! Bien que le palier du crowdfunding n’ait pas été atteint, l’association Framasoft a fait le choix d’embaucher définitivement Chocobozzz (en CDI) afin de pérenniser PeerTube et de lui donner le temps et les moyens de construire une communauté solide et autonome. Cela représente un investissement non négligeable pour notre association, mais nous croyons fermement non seulement dans le logiciel PeerTube, mais aussi et surtout dans les valeurs qu’il porte (liberté, décentralisation, fédération, émancipation, indépendance). Sans parler des compétences de Chocobozzz lui-même qui apporte son savoir-faire à l’équipe technique dans d’autres domaines.

Nous espérons que vos dons viendront confirmer que vous approuvez notre choix.

D’ici la fin de l’année, annoncer de nouveaux projets… et une campagne de don

Comme vous l’aurez noté (ou pas encore !), nous avons complètement modifié notre page d’accueil « framasoft.org ». D’une page portail plutôt institutionnelle, décrivant assez exhaustivement « Qu’est-ce que Framasoft ? », nous l’avons recentrée sur « Que fait Framasoft ? » mettant en lumière quelques éléments clefs. En effet, l’association porte plus d’une cinquantaine de projets en parallèle et présenter d’emblée la Framagalaxie nous semblait moins pertinent que de « donner à voir » des actions choisies, tout en laissant la possibilité de tirer le fil pour découvrir l’intégralité de nos actions.

Nous y rappelons brièvement que Framasoft n’est pas une multinationale, mais une micro-association de 35 membres et 8 salarié⋅es (bientôt 9 : il reste quelques jours pour candidater !). Que nous sommes à l’origine de la campagne « Dégooglisons Internet » (plus de 30 services en ligne)… Mais pas seulement ! Certain⋅es découvriront peut-être l’existence de notre maison d’édition Framabook, ou de notre projet historique Framalibre. Nous y mettons en avant LE projet phare de cette année 2018 : PeerTube. D’autres projets à court terme sont annoncés sur cette page (en mode teasing), s’intégrant dans notre feuille de route Contributopia.

Framasoft n’est pas une multinationale, mais une micro-association

Enfin, nous vous invitons à faire un don pour soutenir ces actions. Car c’est aussi l’occasion de rappeler que l’association ne vit quasiment que de vos dons ! Ce choix fort, volontaire et assumé, nous insuffle notre plus grande force : notre indépendance. Que cela soit dans le choix des projets, dans le calendrier de nos actions, dans la sélection de nos partenaires, dans nos prises de paroles et avis publics, nous sommes indépendant⋅es, libres, et non-soumis⋅es à certaines conventions que nous imposerait le système de subventions ou de copinage avec les ministères ou toute autre institution.

Ce sont des milliers de donatrices et donateurs qui valident nos actions par leur soutien financier. Ce qu’on a fait vous a plu ? Vous pensez que nous allons dans le bon sens ? Alors, si vous en avez l’envie et les moyens, nous vous invitons à faire un don. C’est par ce geste que nous serons en mesure de verser les salaires des salarié⋅es de l’association, de payer les serveurs qui hébergent vos services préférés ou de continuer à intervenir dans des lieux ou devant des publics qui ont peu de moyens financiers (nous intervenons plus volontiers en MJC que devant l’Assemblée Nationale, et c’est un choix assumé). Rappelons que nos comptes sont publics et validés par un commissaire aux comptes indépendant.

En 2019, proposer des outils pour la société de contribution

Fin 2018, nous vous parlerons du projet phare que nous souhaitons développer pendant l’année 2019, dont le nom de code est Mobilizon. Au départ pensé comme une simple alternative à Meetup.com (ou aux événements Facebook, si vous préférez), nous avons aujourd’hui la volonté d’emmener ce logiciel bien plus loin afin d’en faire un véritable outil de mobilisation destiné à celles et ceux qui voudraient se bouger pour changer le monde, et s’organiser à 2 ou à 100 000, sans passer par des systèmes certes efficaces, mais aussi lourds, centralisés, et peu respectueux de la vie privée (oui, on parle de Facebook, là).

Évidemment, ce logiciel sera libre, mais aussi fédéré (comme Mastodon ou PeerTube), afin d’éviter de faire d’une structure (Framasoft ou autre), un point d’accès central, et donc de faiblesse potentielle du système. Nous vous donnerons plus de nouvelles dans quelques semaines, restez à l’écoute !

Éviter de faire d’une structure (Framasoft ou autre), un point d’accès central

D’autres projets sont prévus pour 2019 :

  • la sortie du (apparemment très attendu) Framapétitions ;
  • la publication progressive du MOOC CHATONS (cours en ligne gratuit et ouvert à toutes et tous), en partenariat avec la Ligue de l’Enseignement et bien d’autres. Ce MOOC, nous l’espérons, permettra à celles et ceux qui le souhaitent, de comprendre les problématiques de la concentration des acteurs sur Internet, et donc les enjeux de la décentralisation. Mais il donnera aussi de précieuses informations en termes d’organisation (création d’une association, modèle économique, gestion des usager⋅es, gestion communautaire, …) ainsi qu’en termes techniques (quelle infrastructure technique ? Comment la sécuriser ? Comment gérer les sauvegardes, etc.) ;
  • évidemment, bien d’autres projets en ligne (on ne va pas tout vous révéler maintenant, mais notre feuille de route donne déjà de bons indices)

Bref, on ne va pas chômer !

Dans les années à venir : se dédier à toujours plus d’éducation populaire, et des alliances

Nous avions coutume de présenter Framasoft comme « un réseau à géométrie variable ». Il est certain en tout cas que l’association est en perpétuelle mutation. Nous aimons le statut associatif (la loi de 1901 nous paraît l’une des plus belles au monde, rien que ça !), et nous avons fait le choix de rester en mode « association de potes » et de refuser — en tout cas jusqu’à nouvel ordre — une transformation en entreprise/SCOP/SCIC ou autre. Mais même si nous avons choisi de ne pas être des super-héro⋅ïnes et de garder l’association à une taille raisonnable (moins de 10 salarié⋅es), cela ne signifie pas pour autant que nous ne pouvons pas faire plus !

La seconde année de Contributopia
Illustration de David Revoy – Licence : CC-By 4.0

 

 

Pour cela, de la même façon que nous proposons de mettre nos outils « au service de celles et ceux qui veulent changer le monde », nous sommes en train de créer des ponts avec de nombreuses structures qui n’ont pas de rapport direct avec le libre, mais avec lesquelles nous partageons un certain nombre de valeurs et d’objectifs.

Ainsi, même si leurs objets de militantisme ou leurs moyens d’actions ne sont pas les mêmes, nous aspirons à mettre les projets, ressources et compétences de Framasoft au service d’associations œuvrant dans des milieux aussi divers que ceux de : l’éducation à l’environnement, l’économie sociale et solidaire et écologique, la transition citoyenne, les discriminations et oppressions, la précarité, le journalisme citoyen, la défense des libertés fondamentales, etc. Bref, mettre nos compétences au service de celles et ceux qui luttent pour un monde plus juste et plus durable, afin qu’ils et elles puissent le faire avec des outils cohérents avec leurs valeurs et modulables selon leurs besoins.

Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. Nous pensons que le temps est venu de faire ensemble.

Framasoft est une association d’éducation populaire (qui a soufflé « d’éducation politique » ?), et nous n’envisageons plus de promouvoir ou de faire du libre « dans le vide ». Il y a quelques années, nous évoquions l’impossibilité chronique et structurelle d’échanger de façon équilibrée avec les institutions publiques nationales. Cependant, en nous rapprochant de réseaux d’éducation populaire existants (certains ont plus de cent ans), nos positions libristes et commonistes ont été fort bien accueillies. À tel point qu’aujourd’hui nous avons de nombreux projets en cours avec ces réseaux, qui démultiplieront l’impact de nos actions, et qui permettront — nous l’espérons — que le milieu du logiciel libre ne reste pas réservé à une élite de personnes maîtrisant le code et sachant s’y retrouver dans la jungle des licences.

Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin. Nous pensons que le temps est venu de faire ensemble.

Nous avons besoin de vous !

Un des paris que nous faisons pour cette campagne est « d’informer sans sur-solliciter ». Et l’équilibre n’est pas forcément simple à trouver. Nous sommes en effet bien conscient⋅es qu’en ce moment, toutes les associations tendent la main et sollicitent votre générosité.

Nous ne souhaitons pas mettre en place de « dark patterns » que nous dénonçons par ailleurs. Nous pouvions jouer la carte de l’humour (si vous êtes détendu⋅es, vous êtes plus en capacité de faire des dons), celle de la gamification (si on met une jauge avec un objectif de dons, vous êtes plus enclin⋅es à participer), celle du chantage affectif (« Donnez, sinon… »), etc.

Le pari que nous prenons, que vous connaissiez Framasoft ou non, c’est qu’en prenant le temps de vous expliquer qui nous sommes, ce que nous avons fait, ce que nous sommes en train de faire, et là où nous voulons vous emmener, nous parlerons à votre entendement et non à vos pulsions. Vous pourrez ainsi choisir de façon éclairée si nos actions méritent d’être soutenues.

« Si tu veux construire un bateau, ne rassemble pas tes hommes et femmes pour leur donner des ordres, pour expliquer chaque détail, pour leur dire où trouver chaque chose. Si tu veux construire un bateau, fais naître dans le cœur de tes hommes et femmes le désir de la mer. » — Antoine de Saint-Exupéry

Nous espérons, à la lecture de cet article, vous avoir donné le désir de co-construire avec nous le Framasoft de demain, et que vous embarquerez avec nous.

 

Faire un don pour soutenir les actions de Framasoft

 

 




Khrys’presso du lundi 15 octobre

Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.

Brave New World

Spécial France

  • Palantir, l’embarrassant poisson-pilote du big data (lemonde.fr)

    L’utilisation par les services français d’un logiciel conçu par une entreprise réputée proche des services de renseignement américains a suscité de nombreuses inquiétudes. Tout logiciel peut comporter une « porte dérobée », connue du seul constructeur, lui permettant de se connecter à distance ou d’aspirer des données.

  • Reconnaissance faciale couplée à l’IA : un député craint des dérives graves (numerama.com)
  • Surveillance de masse: comment la France a rejoint le club (liberation.fr)

    L’État secret ne documente pas seulement cette conversion technologique française, il interroge plus globalement l’affaiblissement de la démocratie «sur le terrain du droit et des libertés» : le boursouflement de l’exécutif (au détriment du judiciaire et du législatif), la normalisation de mesures d’exception (l’état d’urgence passé presque intégralement dans le droit commun), la militarisation des esprits (et des rues). Et les coopérations sans entrave entre services, que le lanceur d’alerte Edward Snowden, à l’origine des révélations sur la NSA, présente ainsi dans une interview en forme de postface : «Les services de renseignement […] se font bien plus confiance l’un l’autre qu’ils n’ont confiance dans leur propre gouvernement. […] Le problème […] c’est qu’une identité tribale est ainsi née qui […] relève d’un sentiment d’appartenance à une communauté multinationale ou post-nationale, seule garante de stabilité et de sécurité.»

Spécial GAFAM

Les lectures de la semaine

  • Régulation des contenus : quelles obligations pour les géants du Web ? (laquadrature.net)
  • Intermédiaires techniques (edgard.fdn.fr – par Benjamin Bayart)

    Je suis en désaccord avec les choix de la directive copyright. Mon approche est que la position particulière de ces grands acteurs devrait leur interdire toute censure en dehors d’un processus contradictoire, tranché par une autorité indépendante, susceptible d’appel, et passant au moment voulu par la Justice. Mais l’approche qui consiste à dire qu’ils sont des professionnels de la censure et qu’ils ont donc des obligations de résultat de ce fait est toute aussi logique. Malsaine pour la société, parce qu’on a privatisé la censure. Mais logique.

    Et le fait que cette directive fasse une différence entre ces grands acteurs dangereux et des acteurs plus souhaitables socialement, c’est également un point plutôt positif.

    C’est bien parce que l’éléphant n’est pas la souris qu’on a inventé des législations pour se protéger des géants économiques : de l’anti-trust, de l’anti-monopole, de la régulation sectorielle (l’industrie pharmaceutique ne répond pas aux mêmes normes que les marchands de souvenirs, par exemple).

    Ce dont je suis convaincu, c’est que l’irresponsabilité associée au statut d’hébergeur tel qu’il était défini historiquement doit être revisitée. Cette irresponsabilité était une conséquence logique du fait que cet intermédiaire technique n’avait pas d’action propre, autre que la réalisation du transport ou de l’hébergement des données. Et il est certain que les grandes plateformes ont une action propre.

    Je ne suis pas certain des conclusions, des critères exacts qu’il faut utiliser pour délimiter ce nouveau rôle. Ce que je propose ici c’est une piste de définition de ces critères.

  • Rebooter le web sans changer de logiciel économique ? (scinfolex.com)
  • Les attaques sur Internet sont sur le point de s’aggraver encore (nytimes.com – en anglais)
  • La sécurité informatique grand public est un échec (dascritch.net)
  • L’adblocker, votre capote numérique sur le web (carlchenet.com)

    Votre adblocker sur le web, c’est comme une capote pendant un rapport sexuel. Et mieux vaut se méfier quand un inconnu vous demande de l’enlever.

  • Hygiène et écologisme numérique (clochix.net)
  • Tribune pour un roman (maliki.com)

    Comment une œuvre pourrait-elle trouver son public si personne n’en entend jamais parler ? Malgré ma communauté et ma présence constante sur les réseaux, je sais que plus de la moitié des gens qui ATTENDENT ce roman et VEULENT le lire ne verront même pas l’info de sa sortie.
    Même les réseaux sociaux, qui nous ont permis un temps de contourner les autoroutes habituelles exigent désormais qu’on paie. J’ai 87 000 personnes qui me suivent sur ma page Facebook. 87 000 personnes qui ont cliqué en disant « oui, je veux voir les infos de cette page, ça m’intéresse ». Et bien si moi, je décide d’écrire « coucou » sur ma page Facebook et que je veux que ces 87 000 personnes le voient, je dois débourser au minimum 400€ par JOUR, pour espérer toucher entre 8 900 et 37 000 personnes maximum. Et pas des inconnus hein, juste mes abonnés !
    Si je ne paie pas ? Seule une poignée d’abonnés verra mon « coucou » s’afficher au milieu des publications filtrées et sponsorisées. Et c’est la même tisane sur Twitter ou Youtube. Les réseaux se sont rendus indispensables, et désormais nous rackettent paisiblement.

  • « Individu dangereux » : ce qu’un passage à l’aéroport apprend sur le fichage des militants (paris-luttes.info)
  • « En France, l’administration sert l’Etat, en Estonie elle sert le citoyen »
  • « Accorder des droits à une machine, c’est une pente dangereuse » (usbeketrica.com)
  • Un futur où tout devient un ordinateur est aussi effrayant que ce que vous craigniez (nytimes.com – en anglais)

    Il y a plus de 40 ans, Bill Gates et Paul Allen ont fondé Microsoft avec l’idée d’installer un ordinateur personnel sur chaque bureau. Personne ne les prenait vraiment au sérieux, donc peu ont essayé de les arrêter. Et avant même que quiconque le réalise, l’affaire était déjà dans le sac : quasi tout le monde avait une machine Windows, et les gouvernements se sont retrouvés à devoir se démener pour parvenir à remettre le monopole de Microsoft dans sa bouteille. Ce genre de chose se produit encore et encore dans l’industrie de la tech. Des fondateurs audacieux visent à quelque chose d’hilarant et hors de portée – Mark Zuckerberg veut connecter tout le monde – et l’improbabilité même de leurs plans les met à l’abri de notre vigilance. Le temps que nous nous rendions compte de leurs effets sur la société, il est souvent trop tard pour faire quoi que ce soit à leur encontre. Et c’est ce qui est en train de se produire, une fois de plus, aujourd’hui. Ces dernières années, les plus grandes puissances de l’industrie de la tech ont mis le cap sur une nouvelle cible pour leur conquête du numérique. Ils ont promis des facilités insensées et des bienfaits inimaginables pour notre santé et notre bonheur. Il n’y a qu’un petit piège, qui n’est souvent pas mentionné : si leurs innovations sont lancées sans aucune intervention ou supervision de la part du gouvernement, nous pourrions bien être en train d’inviter un cauchemar de vulnérabilités en matière de sécurité et de protection de la vie privée dans le monde. Et devinez quoi : personne ne fait grand-chose pour arrêter ça.

  • Gmail et l’assistant Google, ce futur asile de fous ? (champeau.info)
  • « Aujourd’hui, presque toutes les formes d’anticipation passent par l’effondrement » (usbeketrica.com)
  • Le revenu de base universel est la dernière arnaque de la Silicon Valley (medium.com – en anglais)

    Le projet ne consiste pas à faire un cadeau aux masses, mais à avoir un outil pour nous rendre encore plus esclaves.

Les BDs/graphiques/photos de la semaine

Les vidéos/podcasts de la semaine

Les autres trucs chouettes de la semaine

Deux personnages prennent le café. Le personnage de gauche dit : Ok, 15mn de lecture pour le 15/10, dis-moi que ce ne sera pas 22mn la semaine prochaine ? - la personne de droite répond : T'inquiète, il faut savoir s'arrêter à temps ;-) mais pour ceux et celles qui en veulent plus, il suffit toujours de cliquer sur ma tasse !

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Khrys’presso du lundi 8 octobre

Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.

Brave New World

Spécial France

Spécial GAFAM

Les lectures de la semaine

La question à vous poser est « est-ce que je suis d’accord pour que l’Etat soit en capacité de savoir que je me suis connecté à telle, telle ou telle heure à tel, tel ou tel site de cul ? »

Les BDs/graphiques/photos de la semaine

Les vidéos/podcasts de la semaine

Les autres trucs chouettes de la semaine

Deux personnages prennent le café. Le personnage de gauche dit : 8mn de lecture, tu l'as fait exprès, avoue ! la personne de droite répond : on ne peut rien te cacher ;-D et comme tu le sais, si tu en veux plus, il suffit de cliquer sur ma tasse !

Merci à Goofy pour le coup de patte 🙂

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Khrys’presso du lundi 1er octobre

Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.

Brave New World

« Notre relation aux objets qui nous entourent est complètement brisée […]
Nous faisons comme si tout était jetable, y compris des ordinateurs à mille dollars […] Je pense que si nous voulons réparer le monde, il faut commencer par réutiliser les objets, les réparer et basculer vers une économie circulaire. »

  • Ces enfants malins ont déjà trouvé comment contourner la limite de temps d’écran sur iOS 12 (numerama.com)

    Un internaute finira par répondre à la mère d’abandonner le combat dès maintenant. « Je travaille dans l’industrie de la cyber-sécurité et je peux vous dire que j’ai vu des enfants — le mien inclus — faire des choses que des équipes d’élite gouvernementales et des groupes de hackers white hats n’auraient pas mieux faites. Abandonnez maintenant. Il n’y a aucune application, système, proxy, scanner ou firewall capable de vaincre un enfant déterminé (…) C’est une course qui ne peut pas être gagnée avec la technologie »

    Un père dit : trop fort le môme, comment a-t-il fait pour se connecter à mon compte ? L'autre répond : 1234 je parie, le père di :trop fort et le gamin : ah, des dames toutes nues

Spécial France

Spécial GAFAM

Agir – Contribuer

Les lectures de la semaine

  • Réguler Internet par la décentralisation (laquadrature.net)
  • Gafa : « Il faut prendre la Bastille numérique » (alternatives-economiques.fr)
  • Petit guide des Dark Patterns, les mauvaises pratiques qui pourrissent l’internet (cyroul.com)

    Face à cette évolution des usages d’Internet et de la demande de plus en plus pressante des clients de faire de l’argent, l’expérience utilisateur change, et peut se résumer souvent à un parcours de transformation en vache à lait. Et le concepteur de ces expériences change également. D’ami de l’utilisateur, il devient orchestrateur de cette expérience débilitante, un véritable maître SM du digital sans le plaisir de la chair, juste celui de l’argent. Et si l’on file la métaphore, on pourrait dire que le fouet de ce maître SM digital, c’est l’ensemble des Dark Patterns.

  • CNIL : Quand John Hancock rencontre Léa (linc.cnil.fr)

    L’assuré obtient des remises sur sa prime s’il atteint des objectifs de santé et bien-être, comme un nombre minimum de pas quotidiens. Le sujet soulève une évidente question : pourquoi un assureur devrait-il savoir combien de pas je fais par jour, ou si je cours bien tous les dimanches ?

    un conseiller assurance invite trois pauvres coureurs essouflés à faire encore 3200 pas pour avoir 3% de ristourne sur leur assurance-santé

    D’ailleurs l’inquiétude relayée par les journalistes suite à cette annonce est plus large : en possession de données aussi riches sur leurs clients, les assureurs pourraient-ils être tentés de ne pas les utiliser uniquement pour ce qui est annoncé ?
    […]
    L’étape suivante pourrait-elle d’être l’utilisation de ces données pour exclure les profils à risque ? Outre qu’elle reviendrait à donner de grands coups de canif dans le tissu de la mutualisation des risques qui est au cœur du métier de l’assureur, une telle exclusion de personnes doit s’analyser finement en termes d’éthique, de risque de discrimination ou encore de légalité du traitement et des prises de décisions individuelles automatisées.
    […]
    [Et] si le respect de pratiques vertueuses est associé à une réduction des primes d’assurance, les personnes ne vont-elles pas développer des pratiques de contournement ?

    Un personnage dit : il adore quand je lui prête mon bracelet connecté - alors qu'un lapin court à toute berzingue

    […]
    Demain, vous devrez peut-être prouver de façon infalsifiable que vous avez bien marché 10 000 pas par jour pour payer moins cher. Le fameux « pay-as-you-walk » pourrait bien devenir très policier…

  • Le désenchantement du logiciel (blog.romainfallet.fr – article original de tonsky traduit par Romain Fallet)

    Windows 95 pesait 30 Mo. Aujourd’hui, on a des pages web plus lourdes que ça ! Windows 10 pèse 4 Go, ce qui est 133 fois plus lourd. Est-ce qu’il en est 133 fois supérieur pour autant ? Je veux dire, fonctionnellement parlant, c’est la même chose. Oui, il y a Cortana, mais je ne pense pas qu’elle pèse 3970 Mo. Et même si on laisse Windows de côté, est-ce qu’Android est 150 % meilleur ?

    L’application clavier de Google consomme constamment 150 Mo de mémoire. Est-ce qu’une application qui dessine 30 caractères sur un écran est réellement cinq fois plus complexe que Windows 95 tout entier ? L’application Google, qui est juste la recherche web empaquetée pèse 350 Mo ! Les services Google Play, que je n’utilise pas (je n’achète pas de livres, de musique, ni de film par ce biais) : 300 Mo qui sont encore pris et que je ne peux même pas libérer.

  • Délateurs en pantoufles (monde-diplomatique.fr – article de 2015)

    L’un des objectifs de la « guerre de quatrième génération » est ainsi de passer d’une société informée à une société d’informateurs.[…]
    L’une des perversions de nos sociétés de contrôle est bien celle-là : faire que les citoyens soient, en même temps, surveillés et surveillants. Chacun doit épier les autres, pendant qu’il est lui-même espionné. Dans un cadre démocratique où les individus sont convaincus de vivre dans la plus grande liberté, on avance ainsi vers la réalisation de l’objectif rêvé des sociétés les plus totalitaires.

  • We need to talk. A propos du père Noël, des mensonges d’état et des interfaces vocales. (affordance.typepad.com)
  • « Amour » ou « caca » : comment distinguer un humain d’une IA ? (usbeketrica.com)
    Un personnage rote. L'autre dit : ok, c'est bien un humain
  • Anatomie d’un système d’IA – de la croûte terrestre à nos foyers (edri.org – en anglais)

    Il est facile de donner un ordre à Alexa (…) mais ce petit moment de confort nécessite un vaste réseau planétaire, alimenté par l’extraction de matériaux non renouvelables, un apport de main-d’œuvre et de données… En outre, de nombreux aspects du comportement humain sont enregistrés, quantifiés en données et utilisés pour entraîner les systèmes d’IA et répertoriés comme « propriété intellectuelle ». Bon nombre des assertions sur la vie humaine formulées par les systèmes d’apprentissage automatique sont étroites, normatives et truffées d’erreurs, mais ils inscrivent et intègrent ces assertions dans un monde nouveau et elles joueront un rôle croissant dans la façon dont les opportunités, la richesse et le savoir sont répartis.

  • « Avec l’IA, nous sommes en train de réinventer la condition humaine » (usbeketrica.com)
  • Et si nous inventions des robots pour mourir ? (sexes.blogs.liberation.fr)
  • Quelles technologies pour une société durable ? (atterrissage.org)

Les BDs/graphiques/photos de la semaine

Les vidéos/podcasts de la semaine

Les autres trucs chouettes de la semaine

Deux personnages prennent le café. Le personnage de gauche dit : purée, 1/4h de lecture, et encore, c'est sans cliquer sur les liens !!! Et tu appelles ça un espresso ? ; la personne de droite répond : oui ben c'est important de prendre son temps, au petit déj et pour le lungo, il suffit de cliquer sur ma tasse !

Merci à Goofy pour le coup de patte 🙂

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Khrys’presso du lundi 24 septembre

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Brave New World

  • Crédit social chinois : citoyens modèles et dictature numérique (abc.net.au – article en anglais)

    Le crédit social est comme un tableau de bord personnel pour chacun des 1,4 milliard de citoyens chinois.
    Ceux qui sont au bas de l’échelle peuvent être exclus de la société et interdits de voyage, ou se voir interdire l’accès au crédit ou à des emplois gouvernementaux.
    Le système sera renforcé par les systèmes de surveillance de haute technologie les plus récents au moment où la Chine s’efforce de devenir le leader mondial de l’intelligence artificielle.
    Les caméras de surveillance seront équipées d’un système de reconnaissance faciale, de scan corporel et de géolocalisation afin d’avoir à l’œil chaque citoyen constamment.
    Des applications pour smartphones seront également utilisées pour recueillir des données et surveiller le comportement en ligne au jour le jour.
    Ensuite, des mégadonnées provenant de sources plus traditionnelles comme les dossiers gouvernementaux, y compris les dossiers scolaires et médicaux, les évaluations de sécurité de l’État et les dossiers financiers, seront introduites dans les scores individuels.

    Les systèmes de crédit social à l’essai en sont maintenant à divers stades de développement dans au moins une douzaine de villes à travers la Chine.
    Plusieurs entreprises collaborent avec l’État pour nationaliser le système, coordonner et configurer la technologie et finaliser les algorithmes qui détermineront le score national des citoyens.

    C’est probablement le plus grand projet d’ingénierie sociale jamais tenté, un moyen de contrôler et de contraindre plus d’un milliard de personnes.
    Si elle réussit, ce sera la première dictature numérique du monde.

  • Objets connectés : la Californie pourrait interdire les mots de passe par défaut trop peu sécurisés (engadget.com – en anglais)

    Si un appareil nécessite que vous vous connectiez, les fabricants devront utiliser des mots de passe préprogrammés uniques – donc plus jamais le username: admin/password: admin – ou bien vous faire changer le mot de passe à la première connection. Les entreprises devront également « équiper l’appareil d’un dispositif de sécurité raisonnable ou de dispositifs adaptés à la nature et à la fonction de l’appareil ».

    Un personnage dit : c'est bien qu'ils finissent par s'en préoccuper...

  • La société américaine de fabrication de matériel agricole John Deere refuse aux fermiers leur droit à la réparation (wired.com – en anglais)

    La réparation est un gros business. Et les monopoles en ce domaine sont profitables. Demandez par exemple à Apple, qui a fait pression à maintes et maintes reprises contre la mise à disposition, dans des ateliers de réparation tiers, de pièces de rechange ou d’informations. C’est la raison pour laquelle Big Ag a été si réticent à faire la moindre concession au mouvement grandissant en faveur du droit à la réparation.

  • Un assureur américain baisse ses prix si le client accepte d’utiliser un bracelet de santé (numerama.com)
    Un personnage dit : et une fois que tout le monde aura un joli bracelet, les prix seront fixés en fonction de votre état de santé

Spécial France

la poule de Chemla à la fenêtre surveille les croquettes et dit "all your croquettes are belong to us"
Les multiples visages de la surveillance prédatrice. Photo par Laurent Chemla

 

Spécial GAFAM

Spécial Journée internationale contre les DRM du 18 septembre

Les lectures de la semaine

Les découvertes de la semaine

Les BDs/graphiques/photos de la semaine

Deux personnages prennent le café. Le personnage de gauche dit : toujours aussi corsé, ton espresso ; la personne de droite répond : yep, et encore j'ai essayé comme d'hab de ne pas faire trop long... Mais si tu en reveux, clique sur ma tasse !

Merci à Goofy pour le coup de patte 🙂

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Khrys’presso du lundi 17 septembre

Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière. Une revue web assurée avec maestria par Khrys !

Un personnage dit : ouais ouais, Khrys par-ci, Khrys par-là, heureusement qu'on est là pour illustrer, nous...

Brave New World

Photo d'un robot terminator
Photo par Di Lujan (CC BY-ND 2.0)

 

Spécial France

Spécial GAFAM

Spécial 12 septembre

Les lectures de la semaine

Les BDs/graphiques/photos de la semaine

Les vidéos/podcasts de la semaine

Les autres trucs chouettes de la semaine

Deux personnages prennent le café. Le personnage de gauche dit : toujours aussi corsé, ton espresso ; la personne de droite répond : yep, et encore j'ai essayé comme d'hab de ne pas faire trop long... Mais si tu en reveux, clique sur ma tasse !

Merci à Goofy pour le coup de patte 🙂

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