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Only You & SQL : un nouveau Framabook

Ce nouvel ouvrage vous entraîne dans les coulisses de nos usages numériques quotidiens et nous fait découvrir en profondeur la gestion des bases de données et le langage qui sert à interagir avec elles.

Vous n’avez jamais vu une base de données ? Moi non plus, mais comme vous, dès que je veux faire un achat en ligne ou simplement mener une recherche sur le Web, mon appareil s’adresse à une base de données.

devant son ordi il se vante d’être génial avec un grand sourire car il a réussi d’un seul coup à retrouver laliste de tous leslibristes albinos du tarn et garonne et qui utilient gentoo. derrière lui, l’éléphant bleu de postGresql fait "humpf, heureusement que je suis là, hein… "

Bon, SQL et SGBD, SGBDRO, les sigles ça fait peur, mais Vincent Lozano et Étienne Georges qui ont fait un travail remarquable ont prévu un précieux glossaire (la table des matières est à l’avenant).

Mais peut-être êtes-vous plutôt en train d’arborer un sourire un peu condescendant, parce que vous, vous nagez dans les bases de données avec l’aisance d’une anguille dans la mer des Sargasses. Eh bien, il y a fort à parier qu’au-delà des chapitres d’initiation, ce nouveau Framabook va vous faire découvrir ou redécouvrir des aspects méconnus de ce domaine vaste et évolutif.

 

Voici d’ailleurs quelques observations de Nailyk, qui a déjà parcouru l’ouvrage avec intérêt :

Un gros volume de 350 pages tout de même, mais les chapitres sont digestes. Pas trop longs, bien ordonnés et très bien regroupés.

Je trouve réducteur de le cantonner aux SGBD. Les notions de ses chapitres concernant le stockage des informations me semble être tout à fait appropriés pour d’autres sujets.

Même si vous n’êtes plus un débutant et bien que tout soit parfaitement détaillé, il faut parfois s’accrocher dur.

Heureusement, les touches d’humour font un bien fou à la lecture. La mise en forme, les typos et les schéma rendent la lecture vraiment agréable. Excellent livre que je m’empresserai de recommander à plusieurs personnes ! On sent le travail minutieux et c’est très agréable!

Couverture du framabook : un symbole d’empilement de base de données, un engrenage et en légende "tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les SGBD sans jamais avoir osé le demander" suivi des noms des auteurs et de la mention Framabook

Quatre questions à Vincent, co-auteur de l’ouvrage

Comment en es-tu arrivé là ? Tu es tombé dans le SQL quand tu étais petit ?

En 1993, dans le cadre de qu’on appelait le « service militaire » au service informatique d’une base aérienne, via un logiciel de la société Borland qui se nommait Paradox. Puis en 1999, lorsque j’ai été nommé maître de conférences à l’Énise, j’ai découvert PostgreSQL. J’ai développé pas mal d’applications de gestion en PHP puis jQuery qui s’appuyaient sur ce SGBD libre. L’Énise s’est ensuite équipée de la Rolls (!) des systèmes de gestion de bases de données : Oracle.

Qu’apporte ce livre si l’on considère qu’il existe déjà une littérature relativement abondante sur le sujet ?

L’idée forte est de retranscrire dans le manuel toute la chaîne de conception d’une base de données à partir de zéro. Ce qui va au-delà de ce que suggère notre titre, car il ne s’agit pas uniquement du langage SQL lui-même, mais des différentes étapes qui vont mener, à partir de l’idée « d’informatiser » un système, à la création d’une base. C’est ce qu’on appelle la modélisation conceptuelle et le livre l’aborde à partir de différentes études de cas.

Puisqu’il est question de bases de données, l’autre parti pris est de montrer comment sont stockées les informations basiques que l’on manipule tous les jours : les entiers, les nombres à virgule, les caractères, avec les petites subtilités pas forcément connues comme la précision des flottants et l’encodage UTF-8. Dans le même ordre d’idée, pour rester dans les principes fondamentaux, sont exposées dans le livre, quelques rudiments pour comprendre les algorithmes de tri et de recherche qui se cachent derrière le SELECT de SQL.

Enfin, concernant SQL lui-même, un accent est d’une part mis sur l’aspect traitement (procédures, triggers, vues) et sur le fait que les SGBD savent gérer les accès concurrents (plusieurs processus qui accèdent aux données en même temps), et sur l’aspect contraintes d’intégrité qui font la force et la particularité des SGBD relationnelles.

Il existe des livres sur les bases de données SQL très théoriques, sur l’algèbre relationnelle notamment, pourquoi pas dans ce livre ?

Ni Étienne, ni moi ne sommes des informaticiens de formation. Nous avons été tous deux formés en tant qu’ingénieurs généralistes et sommes des autodidactes en informatique, ce qui ne nous pas empêché d’en faire notre métier. C’est sans doute ce qui explique que ce livre n’est pas un livre orthodoxe, bâti comme un cours magistral, avec des théorèmes et des propriétés. Il y a un parti pris de didactique non dogmatique, qui amène à découvrir les concepts par l’exemple notamment.

En quoi ce projet est relié aux logiciels libres ?

Il l’est évidemment parce que PostgreSql est LE logiciel libre de gestion de bases de donnée relationnelles mais il l’est aussi dans l’esprit. Être capable d’analyser un système d’information existant, le modéliser et bâtir une base grâce à Sql constituent aujourd’hui des atouts maîtres pour être relativement libre, libre de développer ses propres applications notamment.

 

Pour découvrir l’ouvrage rendez-vous sur la page Framabook qui lui est dédiée




Les données que récolte Google – Ch.3

Voici déjà la traduction du troisième chapitre de Google Data Collection, l’étude élaborée par l’équipe du professeur Douglas C. Schmidt, spécialiste des systèmes logiciels, chercheur et enseignant à l’Université Vanderbilt. Si vous les avez manqués, retrouvez les chapitres précédents déjà publiés.

Il s’agit aujourd’hui de mesurer ce que les plateformes les plus populaires recueillent de nos smartphones

Traduction Framalang : Côme, goofy, Khrys, Mika, Piup. Remerciements particuliers à badumtss qui a contribué à la traduction de l’infographie.

La collecte des données par les plateformes Android et Chrome

11. Android et Chrome sont les plateformes clés de Google qui facilitent la collecte massive de données des utilisateurs en raison de leur grande portée et fréquence d’utilisation. En janvier 2018, Android détenait 53 % du marché américain des systèmes d’exploitation mobiles (iOS d’Apple en détenait 45 %)1 et, en mai 2017, il y avait plus de 2 milliards d’appareils Android actifs par mois dans le monde.2

12. Le navigateur Chrome de Google représentait plus de 60 % de l’utilisation mondiale de navigateurs Internet avec plus d’un milliard d’utilisateurs actifs par mois, comme l’indiquait le rapport Q4 10K de 20173. Les deux plateformes facilitent l’usage de contenus de Google et de tiers (p.ex. applications et sites tiers) et fournissent donc à Google un accès à un large éventail d’informations personnelles, d’activité web, et de localisation.

A. Collecte d’informations personnelles et de données d’activité

13. Pour télécharger et utiliser des applications depuis le Google Play Store sur un appareil Android, un utilisateur doit posséder (ou créer) un compte Google, qui devient une passerelle clé par laquelle Google collecte ses informations personnelles, ce qui comporte son nom d’utilisateur, son adresse de messagerie et son numéro de téléphone. Si un utilisateur s’inscrit à des services comme Google Pay4, Android collecte également les données de la carte bancaire, le code postal et la date de naissance de l’utilisateur. Toutes ces données font alors partie des informations personnelles de l’utilisateur associées à son compte Google.

14. Alors que Chrome n’oblige pas le partage d’informations personnelles supplémentaires recueillies auprès des utilisateurs, il a la possibilité de récupérer de telles informations. Par exemple, Chrome collecte toute une gamme d’informations personnelles avec la fonctionnalité de remplissage automatique des formulaires, qui incluent typiquement le nom d’utilisateur, l’adresse, le numéro de téléphone, l’identifiant de connexion et les mots de passe.5 Chrome stocke les informations saisies dans les formulaires sur le disque dur de l’utilisateur. Cependant, si l’utilisateur se connecte à Chrome avec un compte Google et active la fonctionnalité de synchronisation, ces informations sont envoyées et stockées sur les serveurs de Google. Chrome pourrait également apprendre la ou les langues que parle la personne avec sa fonctionnalité de traduction, activée par défaut.6

15. En plus des données personnelles, Chrome et Android envoient tous deux à Google des informations concernant les activités de navigation et l’emploi d’applications mobiles, respectivement. Chaque visite de page internet est automatiquement traquée et collectée par Google si l’utilisateur a un compte Chrome. Chrome collecte également son historique de navigation, ses mots de passe, les permissions particulières selon les sites web, les cookies, l’historique de téléchargement et les données relatives aux extensions.7

16. Android envoie des mises à jour régulières aux serveurs de Google, ce qui comprend le type d’appareil, le nom de l’opérateur, les rapports de bug et des informations sur les applications installées8. Il avertit également Google chaque fois qu’une application est ouverte sur le téléphone (ex. Google sait quand un utilisateur d’Android ouvre son application Uber).

B. Collecte des données de localisation de l’utilisateur

17. Android et Chrome collectent méticuleusement la localisation et les mouvements de l’utilisateur en utilisant une variété de sources, représentées sur la figure 3. Par exemple, un accès à la « localisation approximative » peut être réalisé en utilisant les coordonnées GPS sur un téléphone Android ou avec l’adresse IP sur un ordinateur. La précision de la localisation peut être améliorée (« localisation précise ») avec l’usage des identifiants des antennes cellulaires environnantes ou en scannant les BSSID (’’Basic Service Set IDentifiers’’), identifiants assignés de manière unique aux puces radio des points d’accès Wi-Fi présents aux alentours9. Les téléphones Android peuvent aussi utiliser les informations des balises Bluetooth enregistrées dans l’API Proximity Beacon de Google10. Ces balises non seulement fournissent les coordonnées de géolocalisation de l’utilisateur, mais pourraient aussi indiquer à quel étage exact il se trouve dans un immeuble.11

schéma représentatt les différents moyens (wifi, bluetooth) de localiser les données d’un utilisateur de smartphone
Figure 3 : Android et Chrome utilisent diverses manières de localiser l’utilisateur d’un téléphone.

 

18. Il est difficile pour un utilisateur de téléphone Android de refuser le traçage de sa localisation. Par exemple, sur un appareil Android, même si un utilisateur désactive le Wi-Fi, la localisation est toujours suivie par son signal Wi-Fi. Pour éviter un tel traçage, le scan Wi-Fi doit être explicitement désactivé par une autre action de l’utilisateur, comme montré sur la figure 4.

2 copies d’écran de paramètres d’android pour montrer que le wifi est toujours sacnné même s’il est désactivé
Figure 4 : Android collecte des données même si le Wi-Fi est éteint par l’utilisateur

 

19. L’omniprésence de points d’accès Wi-Fi a rendu le traçage de localisation assez fréquent. Par exemple, durant une courte promenade de 15 minutes autour d’une résidence, un appareil Android a envoyé neuf requêtes de localisation à Google. Les requêtes contenaient au total environ 100 BSSID de points d’accès Wi-Fi publics et privés.

20. Google peut vérifier avec un haut degré de confiance si un utilisateur est immobile, s’il marche, court, fait du vélo, ou voyage en train ou en car. Il y parvient grâce au traçage à intervalles de temps réguliers de la localisation d’un utilisateur Android, combiné avec les données des capteurs embarqués (comme l’accéléromètre) sur les téléphones mobiles. La figure 5 montre un exemple de telles données communiquées aux serveurs de Google pendant que l’utilisateur marchait.

code renvoyé aux serveurs : la localisation d’un utilisateur
Figure 5 : capture d’écran d’un envoi de localisation d’utilisateur à Google.

 

C. Une évaluation de la collecte passive de données par Google via Android et Chrome

21. Les données actives que les plateformes Android ou Chrome collectent et envoient à Google à la suite des activités des utilisateurs sur ces plateformes peuvent être évaluées à l’aide des outils MyActivity et Takeout. Les données passives recueillies par ces plateformes, qui vont au-delà des données de localisation et qui restent relativement méconnues des utilisateurs, présentent cependant un intérêt potentiellement plus grand. Afin d’évaluer plus en détail le type et la fréquence de cette collecte, une expérience a été menée pour surveiller les données relatives au trafic envoyées à Google par les téléphones mobiles (Android et iPhone) en utilisant la méthode décrite dans la section IX.D de l’annexe. À titre de comparaison, cette expérience comprenait également l’analyse des données envoyées à Apple via un appareil iPhone.

22. Pour des raisons de simplicité, les téléphones sont restés stationnaires, sans aucune interaction avec l’utilisateur. Sur le téléphone Android, une seule session de navigateur Chrome restait active en arrière-plan, tandis que sur l’iPhone, le navigateur Safari était utilisé. Cette configuration a permis une analyse systématique de la collecte de fond que Google effectue uniquement via Android et Chrome, ainsi que de la collecte qui se produit en l’absence de ceux-ci (c’est-à-dire à partir d’un appareil iPhone), sans aucune demande de collecte supplémentaire générée par d’autres produits et applications (par exemple YouTube, Gmail ou utilisation d’applications).

23. La figure 6 présente un résumé des résultats obtenus dans le cadre de cette expérience. L’axe des abscisses indique le nombre de fois où les téléphones ont communiqué avec les serveurs Google (ou Apple), tandis que l’axe des ordonnées indique le type de téléphone (Android ou iPhone) et le type de domaine de serveur (Google ou Apple) avec lequel les paquets de données ont été échangés par les téléphones. La légende en couleur décrit la catégorisation générale du type de demandes de données identifiées par l’adresse de domaine du serveur. Une liste complète des adresses de domaine appartenant à chaque catégorie figure dans le tableau 5 de la section IX.D de l’annexe.

24. Au cours d’une période de 24 heures, l’appareil Android a communiqué environ 900 échantillons de données à une série de terminaux de serveur Google. Parmi ceux-ci, environ 35 % (soit environ 14 par heure) étaient liés à la localisation. Les domaines publicitaires de Google n’ont reçu que 3 % du trafic, ce qui est principalement dû au fait que le navigateur mobile n’a pas été utilisé activement pendant la période de collecte. Le reste (62 %) des communications avec les domaines de serveurs Google se répartissaient grosso modo entre les demandes adressées au magasin d’applications Google Play, les téléchargements par Android de données relatives aux périphériques (tels que les rapports de crash et les autorisations de périphériques), et d’autres données — principalement de la catégorie des appels et actualisations de fond des services Google.

infographie exposant les proportions de trafic envoyé par les appareils divers vers les serveurs de Google
Figure 6 : Données sur le trafic envoyées par les appareils Andoid et les iPhones en veille.

 

25. La figure 6 montre que l’appareil iPhone communiquait avec les domaines Google à une fréquence inférieure de plus d’un ordre de grandeur (50 fois) à celle de l’appareil Android, et que Google n’a recueilli aucun donnée de localisation utilisateur pendant la période d’expérience de 24 heures via iPhone. Ce résultat souligne le fait que les plateformes Android et Chrome jouent un rôle important dans la collecte de données de Google.

26. De plus, les communications de l’appareil iPhone avec les serveurs d’Apple étaient 10 fois moins fréquentes que les communications de l’appareil Android avec Google. Les données de localisation ne représentaient qu’une très faible fraction (1 %) des données nettes envoyées aux serveurs Apple à partir de l’iPhone, Apple recevant en moyenne une fois par jour des communications liées à la localisation.

27. En termes d’amplitude, les téléphones Android communiquaient 4,4 Mo de données par jour (130 Mo par mois) avec les serveurs Google, soit 6 fois plus que ce que les serveurs Google communiquaient à travers l’appareil iPhone.

28. Pour rappel, cette expérience a été réalisée à l’aide d’un téléphone stationnaire, sans interaction avec l’utilisateur. Lorsqu’un utilisateur commence à bouger et à interagir avec son téléphone, la fréquence des communications avec les serveurs de Google augmente considérablement. La section V du présent rapport résume les résultats d’une telle expérience.