Khrys’presso du lundi 30 juillet

Brave New World

  • La Blockchain, utilisée par des internautes chinois pour partager du contenu censuré (subspace.club)
  • Le Zimbabwe vend le visage de ses citoyens à la Chine en échange de caméras (usbeketrica.com)
  • Ces caméras qui peuvent déterminer si vous êtes heureux/se – ou si vous constituez une menace (bbc.co.uk – en anglais)

    « At the moment we can detect suspicious behaviour, but not intent, to prevent something bad from happening. But I think this is where it is going and we are already doing tests in this area. »
    This sounds a step closer to the « pre-crime » concept featured in the sci-fi film Minority Report, where potential criminals are arrested before their crimes have even been committed. A further concern for civil liberties organisations? « The key question we always ask ourselves is: Who is building this technology and for what purposes? […] Is it used to help us – or to judge, assess and control us? »
    « Pour l’instant, pour empêcher que quelque chose de mal se produise, nous pouvons détecter des comportements suspects, pas des intentions. Mais je pense que c’est vers ça que nous allons, et nous sommes déjà en train d’effectuer des tests dans ce domaine. » Cela semble un pas de plus vers le concept de « pre-crime » exposé dans le film de science-fiction Minority Report, où des criminels potentiels sont arrêtés avant même que leurs crimes soient commis. Une préoccupation supplémentaires pour les organisations de défense des libertés civiles ? « la question-clef que nous nous posons toujours est : qui construit cette technologie et pour quelles raisons ? Est-ce que c’est pour nous aider – ou pour nous juger, nous évaluer et nous contrôler ? »

  • Dropbox a-t-il exposé des données personnelles pour une étude ? (zdnet.fr)
  • Les très indiscrètes puces des objets connectés (lemonde.fr)

    les chercheurs n’excluent pas que leur technique ait été découverte il y a plusieurs années par les agences de renseignement pour d’autres types de matériels. Un document déclassifié il y a plus de dix ans par la NSA, l’agence américaine chargée du renseignement électronique, et retrouvé par les chercheurs, semble l’indiquer. « Je pense que les communautés du renseignement la connaissent depuis au moins quarante ans »

  • Hacker un avion en plein vol : un risque bien plus réel qu’on l’imagine

Spécial GAFAMs

Spécial France

Les lectures de la semaine

Encore un peu de lecture pour cet été \o/

La « Propriété Intellectuelle » c’est le viol ! par Gérald Sédrati-Dinet (alias gibus)

Les BDs/graphiques/photos de la semaine

Les vidéos de la semaine

Dégooglisons internet : 3 ans de campagne (canalc2.tv – Pyg aux RMLL 2018)

Les autres trucs chouettes de la semaine

devant deux cafés, discussion : le personnage de gauche remarque que l'expresso est toujours aussi corsé, le personnage de droite indique que s'il clique sur sa tasse, il pourra l'allonger

Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.


Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys) ; et je ne suis pas traductrice de profession, mieux vaut donc prendre mes tentatives de traduction pour ce qu’elles sont : de modestes aides, concoctées avec les moyens du bord, à la compréhension des titres ou citations en anglais.




Khrys’presso du lundi 23 juillet

Brave New World

  • En Égypte, les internautes qui ont plus de 5000 abonnés Twitter ou Facebook seront surveillés (numerama.com)

    Selon une nouvelle loi en Égypte, n’importe quel compte suivi par plus de 5000 personnes pourra désormais être considéré comme un média, et donc être soumis à la régulation et la censure de l’organe de régulation des média.

  • Selon un nouveau rapport, la manipulation des médias sociaux est en hausse à l’échelle mondiale (phys.org – en anglais)
  • Des autocollants électroniques pour accélérer l’expansion de l’Internet des objets (zdnet.fr)
    un personnage demande : qu'est-ce que tu fabriques encore ? L'autre, nu avec un rectangle noir (étiquette) cachant ses parties intimes répond : je me transforme en capteur
  • Votre historique de vote a été leaké, et ce n’est pas le pire dans cette histoire (medium.com – en anglais)

    A recent data breach exposed the personal details of 200 million Americans. In addition to birthdates, addresses, and telephone numbers the breach included the political views of everyone on the list.
    That’s right, now everyone knows who you voted for. Not just for the recent election but your entire voting history.
    But it gets worse than that. As the investigation shows “the data also contained citizens’ suspected religious affiliations, ethnicities and political biases, such as where they stood on controversial topics like gun control, the right to abortion and stem cell research.”
    Une brèche récente a exposé les données personnelles de deux millions d’américain·e·s. Outre les dates de naissance, adresses et numéros de téléphone, les opinions politiques de l’ensemble des personnes sur la liste ont également fuité. Oui, maintenant, tout le monde sait pour qui vous avez voté. Pas juste pour la dernière élection, mais l’ensemble de votre historique de vote. Et il y a encore pire que ça. D’après les résultats de l’enquête, les données contenaient également les affiliations religieuses probables des citoyen·ne·s concerné·e·s ainsi que leurs préjugés ethniques et politiques comme leurs positions par rapport au contrôle des armes à feu, le droit à l’avortement ou la recherche sur les cellules souches.

  • US : Le fabriquant n°1 de machines de vote admet avoir installé des logiciels de contrôle à distance sur les systèmes vendus aux États (motherboard.vice.com)

    The nation’s top voting machine maker has admitted in a letter to a federal lawmaker that the company installed remote-access software on election-management systems it sold over a period of six years, raising questions about the security of those systems and the integrity of elections that were conducted with them.[…] Election-management systems are not the voting terminals that voters use to cast their ballots, but are just as critical: they sit in county election offices and contain software that in some counties is used to program all the voting machines used in the county; the systems also tabulate final results aggregated from voting machines. […] Remote-access software and modems on election equipment ‘is the worst decision for security short of leaving ballot boxes on a Moscow street corner.’
    Le fabriquant n°1 de machines de vote [aux US] a admis dans une lettre à un législateur fédéral que son entreprise avait installé des logiciels de contrôle à distance sur les systèmes de gestion électorale vendus sur une période de six ans, ce qui soulève des interrogations concernant la sécurité de ces systèmes et l’intégrité des élections organisées par leur biais. Les systèmes de gestion électorale ne sont pas les terminaux que les électeurs utilisent pour voter, mais sont tout aussi critiques : ils se situent dans les bureaux électoraux des comtés et comprennent des logiciels qui sont utilisés dans certains comtés pour programmer l’ensemble des machines de vote utilisées dans le comté ; les systèmes tabulent également les résultats finaux regroupés à partir des machines de vote.[…] Des logiciels de contrôle à distance et des modems sur des équipements électoraux ‘sont la pire des décisions en termes de sécurité, à part déposer directement les urnes à un coin de rue moscovite.’

  • Ce qui se passe quand votre photo de garde à vue finit sur Internet (motherboard.vice.com)
  • US : Les assurances santé pompent vos données personnelles – et cela pourrait augmenter vos tarifs (propublica.org – en anglais)

    With little public scrutiny, the health insurance industry has joined forces with data brokers to vacuum up personal details about hundreds of millions of Americans. […] The companies are tracking your race, education level, TV habits, marital status, net worth. They’re collecting what you post on social media, whether you’re behind on your bills, what you order online. Then they feed this information into complicated computer algorithms that spit out predictions about how much your health care could cost them.
    Sans susciter beaucoup l’attention publique, l’industrie des assurances santé a fait alliance avec les courtiers en données pour récupérer les données personnelles de centaines de millions d’américain·e·s. Ces entreprises traquent vos origines ethniques, votre niveau d’éducation, habitudes télévisuelles, statut marital, valeur économique. Elles collectent ce que vous postez sur les média sociaux, si vous êtes en retard sur vos factures, ce que vous commandez en ligne. Ces informations vont alors nourrir des algorithmes informatiques compliqués qui recracheront des prédictions sur ce que votre couverture médicale pourrait leur coûter.

  • L’Europe et le Japon s’accordent sur la protection des données (zdnet.fr)

Spécial GAFAMs

La grosse amende de la semaine

Spécial France

Les lectures de la semaine

Les BDs/graphiques/photos de la semaine

 

Agir

devant deux cafés, discussion : le personnage de gauche remarque que l'expresso est toujours aussi corsé, le personnage de droite indique que s'il clique sur sa tasse, il pourra l'allonger

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Les articles, commentaires et autres images qui composent ces « Khrys’presso » n’engagent que moi (Khrys) ; et je ne suis pas traductrice de profession, mieux vaut donc prendre mes tentatives de traduction pour ce qu’elles sont : de modestes aides, concoctées avec les moyens du bord, à la compréhension des titres ou citations en anglais.




Les flux RSS, maintenant !

Il n’y a pas si longtemps, les flux RSS nous étaient familiers et fort utiles. Aral Balkan nous invite à nous en servir partout et explique pourquoi ils sont peut-être l’avenir d’un autre Web en gestation..

Peu compliqués à mettre en place sur une page web, ils permettent un lien sans intermédiaire entre la production de contenu et son audience, court-circuitant ainsi les plateformes centralisatrices que nous avons laissé parasiter nos communications. Tandis que se confirme une tendance forte à la fédération des contenus, la pertinence des flux RSS qui permet de les découvrir pourrait être un allié important pour re-décentraliser le Web.

On veut retrouver les flux RSS

D’après le billet d’Aral Balkan Reclaiming RSS

Bien avant Twitter, avant que les algorithmes ne filtrent notre réalité à notre place, avant le capitalisme de surveillance, existaient déjà les flux RSS : acronyme de Really Simple Syndication, c’est-à-dire la syndication vraiment simple.1

C’est quoi déjà ?

Pour ceux et celles qui sont né⋅e⋅s dans le monde des silos du Web centralisateur, les RSS sont une antique technologie du Web 1.0 (« le Web ingénu des premiers âges » ?). Comme pour beaucoup de choses de cette époque, le nom dit la chose : ils permettent de syndiquer facilement les contenus de votre site, c’est-à-dire de les partager. Les personnes que cela intéresse de suivre vos publications souscrivent à votre flux et reçoivent ainsi les mises à jour en utilisant leur lecteur de RSS. Pas de Twitter ni de Facebook pour s’interposer avec des algorithmes pour censurer… euh … « modérer » vos billets.

RSS est d’une simplicité enfantine à implémenter (juste un fichier XML). Vous pouvez l’écrire à la main si vous voulez (même si je ne le recommande pas).

Voici un extrait du flux RSS de mon site, qui vous montre quelques-uns des champs de l’entrée courante de ce billet :

<?xml version="1.0" encoding="utf-8" standalone="yes" ?>
<rss version="2.0" xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom">
<channel>
<title>Aral Balkan</title>
<link>https://ar.al/</link>
<description>Recent content on Aral Balkan</description>
<lastBuildDate>Fri, 29 Jun 2018 11:33:13 +0100</lastBuildDate>

<item>
<title>Rediscovering RSS</title>
<link>https://ar.al/2018/06/29/rediscovering-rss/</link>
<pubDate>Fri, 29 Jun 2018 11:33:13 +0100</pubDate>
<author>mail@ar.al (Aral Balkan)</author>
<description>(The content of this post goes here.)</description>
</item>

</channel>
</rss>

De plus son implémentation est quasi-universelle.

Où est mon RSS ?

Il y a bien des chances, si vous avez un site web, que vous ayez déjà un flux RSS, que vous le sachiez ou non. Si par exemple vous utilisez comme moi Hugo pour créer votre site, votre flux RSS est là :  /index.xml

D’autres générateurs peuvent les insérer ici ou là : at /rss, /feed, /feed.xml, etc.

un tableau avec toutes sortes d'icônes pour les flux RSS
Le Noun Projet présente une belle sélection d’icônes RSS qui sont à votre disposition

 

À une époque, vous ne pouviez pas surfer sur le Web sans voir partout les séduisantes icônes RSS décorer gracieusement les belles vitrines du Web 1.0. Mais ça, c’était avant qu’elles ne soient vampirisées par les traqueurs espions … euh …  « les boutons de partage social » des Google et autres Facebook qui pratiquent la traite intensive d’internautes.

Il existait aussi auparavant une saine propension des navigateurs à détecter automatiquement et afficher les flux RSS. Aujourd’hui, il semble qu’aucun navigateur majeur ne le fasse bien nettement.

Il est grand temps de revenir à la charge pour exiger une prise en charge de premier plan des flux RSS, une brique importante pour re-décentraliser le Web.

Mais vous n’avez pas besoin d’attendre que les éditeurs de navigateurs se décident (certains comme Google sont eux-mêmes des agents du capitalisme de surveillance et d’autres, comme Mozilla, doivent leurs ressources financières aux capitalistes de la surveillance). Vous pouvez dès maintenant remettre à l’honneur les flux RSS en retrouvant l’adresse URL de votre propre RSS et en l’affichant fièrement sur votre site.

Rien de bien compliqué : il suffit d’un lien dans la partie <head> de votre page2 et d’un lien dans le <body> avec une icône RSS et hop vous voilà dans la famille du Web décentralisé.

voici le lien à insérer dans le <head> :

<link
rel="alternate"
type="application/rss+xml"
href="https://ar.al/index.xml"
/>

et voilà l’en-tête à mettre dans le <body> qui établit le lien avec le flux RSS avec une icône visuellement repérable.

<a
rel='alternate'
type='application/rss+xml'
href='/index.xml'
>
<img
class='rss'
src='/icons/rss.svg'
alt='RSS feed icon'
title='Subscribe to my RSS feed'
>
</a>

Jetez un coup d’œil au Noun Project pour choisir votre icône RSS, elles sont toutes sous licence Creative Commons.

RSS lourd ou léger ?

Capture d'écran du lecteur Leaf RSS sur macOS qui affiche mes souscriptions, la liste des derniers billets de mon blog, et mon billet sur Kyriarchy, qui s'affiche parfaitement.
Le lecteur de RSS Leaf affiche parfaitement l’intégralité du contenu HTML.

 

Lorsque vous créez un flux RSS pour votre site, vous avez le choix entre inclure seulement un résumé de votre billet ou bien son contenu intégral. J’ai modifié la configuration de mon Hugo et le modèle de RSS par défaut en suivant les instructions de Brian Wisti pour inclure le contenu intégral dans le flux et je vous recommande d’en faire autant.

Il y a six ans, je préconisais l’inverse ! J’écrivais « le RSS lourd n’est qu’une copie du contenu sous un autre nom ». J’avais tort. J’étais trop obsédé par le maintien d’une mainmise formaliste sur mes conceptions et je n’ai donc pas réussi à faire un choix réfléchi en utilisant des critères de conception éthiques.

Capture d'écran du lecteur de RSS NewsBar RSS sur macOS qui affiche mes souscriptions, la liste des billets de mon blog et un aperçu de mon billet sur Kyarchy, avec l'image et les styles qui ont disparu.
Le lecteur de RSS Newsbar n’affiche pas les images ni le style correctement dans l’aperçu du contenu.

Capture d’écran du lecteur de RSS NewsBar RSS sur macOS qui affiche mes souscriptions, la liste des billets de mon blog et un aperçu de mon billet sur Kyarchy, avec l’image et les styles qui ont disparu.

Plus les personnes ont de moyens d’accéder à vos contenus publiés, plus ces contenus ont des chances de rester en ligne et meilleur c’est pour la liberté de tous.

Des contenus dupliqués ? Oui, sans problème ! Plus on en a et mieux ça vaut. Eh eh, avec la version web en pair à pair de mon site, le but est idéalement de dupliquer le contenu autant de fois qu’il y aura de personnes pour le parcourir.

Certes, votre contenu peut être légèrement différent d’un lecteur RSS à l’autre, car certaines applications ne sont pas conformes aux standards, mais c’est leur problème, pas le vôtre. D’après mes tests partiels, le lecteur Leaf pour macOS affiche mon flux RSS lourd parfaitement alors que NewsBar ne le fait pas. Pas grave. (et j’espère que l’équipe de NewsBar en prendra bonne note pour améliorer le rendu dans une prochaine mise à jour. Après tout, aucune application n’arrive parfaite sur le marché).

Maintenant que nous nous éloignons du Web centralisé pour aller vers un Web pair à pair, il est temps de redécouvrir, adopter et exiger les flux RSS.

Tout ce qui est ancien reprend une nouvelle force.

RSS était un élément essentiel du Web 1.0 avant que le capitalisme de surveillance (Web 2.0) ne s’en empare.

Ce sera une composante précieuse du Web+ et au-delà.

[Copyright © 2018 Aral Balkan. Licence : Creative Commons Attribution-ShareAlike.]


    • Pour aller plus loin sur le sujet des flux RSS, un autre article du même auteur publié plus récemment : Refining the RSS

et ses aventures nocturnes pour tenter de faire apparaître cette maudite icône de RSS.

  • Pour s’abonner aux flux du Framablog, c’est par ici en bas à droite

  • Avec Firefox, il n’est pas très compliqué de s’abonner aux flux web, que ce soit RSS ou autres formats

Une entrée de menu dans les marque-pages ou plus direct encore, une icône à mettre dans votre barre personnelle. Davantage de détails dans cet article de SUMO




Khrys’presso du lundi 16 juillet

Brave New World
* Neutralité du Net : l’Inde vient d’adopter les « règles les plus strictes au monde »
* Les Berlinois veulent une ville sans pub
* Sécurité des objets connectés : un « trou béant » dans la loi

un personnage râle : Moi j'aime pas les trous béants

* Les Smart TVs envahissent notre intimité et cela nécessite une investigation, selon les sénateurs américains (en anglais) – voir aussi : Mouchards publicitaires : comment les télés connectées espionnent les foyers
* Face à l’algorithme, l’impossible grève des livreurs à vélo
* Les entreprises de fracturation hydraulique utilisent les informations personnelles récoltées sur Facebook pour discréditer leurs opposants (en anglais)
* Interfaces utilisateur : les techniques de design visuel utilisées pour manipuler les plus vulnérables (en anglais)

A dark user experience pattern is loosely defined as a way to trick users into performing certain actions. These actions always benefit the company employing these techniques, and often leave user out of pocket in at least one way. Sometimes this is monetary; other times it’s at the cost of privacy, time, or even user rights.
Un « modèle pervers d’expérience utilisateur » peut se définir grossièrement comme un procédé piégeant les utilisateurs, pour les amener à effectuer certaines actions. Ces actions profitent toujours à l’entreprise employant ces techniques, et l’utilisateur doit souvent payer d’une façon ou d’une autre. Parfois, il s’agit d’argent ; d’autre fois, c’est au prix de l’intimité de l’utilisateur, de son temps, voire de ses droits.

Spécial GAFAMs
* Les politiques lisent les règles de confidentialité de Gmail
Deux personnages, le premier demande à l'autre (qui lit) s'il a fini, l'autre répond que non, c'est sacrément long à lire, les CGU
* Jeff Bezos et Amazon commencent à inquiéter l’industrie de la publicité (en anglais)

Google knows what consumers are interested in, and Facebook knows who you are. But Amazon has what many in the advertising industry regard as the most important piece of the puzzle: what people buy. And the e-commerce giant is starting to capitalize on that data in a big way […] The scary part for marketers is that [data] is all walled off, and if you want the special sauce you have to play by Amazon’s rules.
Google connaît les centres d’intérêt des consommateurs, Facebook sait qui vous êtes. Mais Amazon possède ce que nombre d’acteurs du secteur de la publicité considèrent comme la pièce la plus importante du puzzle : ce que les gens achètent. Et le géant du e-commerce a commencé à tirer profit de ces données dans les grandes largeurs […] Le côté inquiétant de l’affaire pour les marketeux est que toutes ces données sont bien gardées, et que pour y accéder, il faut accepter de se soumettre aux règles d’Amazon.

* Collecte de données : Google et Apple priés de faire la lumière

Darth Vader râle : la lumière, et puis quoi encore.

* La censure mise en place par Apple pour la Chine fait crasher les Iphone (en anglais)
* Le Royaume-Uni inflige une amende de 7 minutes de chiffre d’affaires à Facebook (voir aussi : Cambridge Analytica : amende maximale pour Facebook au Royaume-Uni)
* Facebook et la lutte contre la désinformation, un double discours qui dérange

Un personnage représentant Facebook dit : nous sommes pour la liberté d'expression, mais nous nous réservons le droit de supprimer votre contenu.

* Windows 10 : Microsoft renonce à imposer Edge depuis Courrier ou Mail

La supériorité revendiquée de Edge sur les autres navigateurs suscite par ailleurs un certain scepticisme […]: « Nous voulons que les gens utilisent notre produit. Devrions nous: a) Faire un meilleur produit ou b) Ne pas leur donner le choix et leur coincer ce produit inférieur au fond de la gorge ? Ce n’est pas une question normale à poser. »

Spécial France
* Le gouvernement juge que la loi « garantit une protection effective de la neutralité du net »
* Les juteuses activités annexes de certains eurodéputés français
* « PACT », le nouveau plan d’action contre le terrorisme du gouvernement
* Directive droit d’auteur : le vote du Parlement européen fixé au 12 septembre. Lire à ce propos l’excellente tribune de Lionel Maurel : Directive droit d’auteur: la régulation au prix de la répression ?

Ne nous y trompons pas : le but réel des industries culturelles n’est pas de combattre les Gafam, mais d’utiliser le filtrage comme une menace pour négocier en position de force «un prix de gros» pour l’ensemble de leur catalogue. Leur but est d’instaurer une «licence globale privatisée» qui consacrerait définitivement la position dominante d’acteurs, comme Facebook ou YouTube, si elle voyait le jour.

* Modèle social. La Macronie veut supprimer la Sécu de la Constitution

[EDIT 17/07] Comme le signale le commentaire ci-dessous, le gouvernement a finalement renoncé à supprimer la référence à la Sécu dans la Constitution.

Un mot, dans une Constitution, ça compte énormément. Les fondamentaux d’un pays peuvent être balayés en s’attaquant à quelques lettres. La Macronie s’y emploie : elle a décidé de supprimer toute référence à la Sécurité sociale dans la Constitution. Comme si de rien n’était, la commission des Lois a profité du chantier de la réforme constitutionnelle pour faire disparaître l’un des piliers de notre République et de notre modèle social de la loi fondamentale.

* La fraternité, enfin !

La décision du Conseil constitutionnel, qui contraint le gouvernement à revoir la définition de son «délit de solidarité», est historique. Elle fera date aussi, et peut-être surtout, en raison de la place éminente qu’elle assigne au dernier terme de la devise républicaine.

Agir
Données personnelles: informez-nous, protégez-vous

Les lectures de la semaine
* Wikipédia en français, une évolution spectaculaire en 10 dates clefs
* Le moment néofasciste du néolibéralisme
* Quand George Orwell passait en revue Mein Kampf (1940) (en anglais)
* Supprimer le mot «race» de la Constitution: oui, mais…
* Mouvements de la main, vitesse de frappe : des gestes anodins qui peuvent vous trahir

Les montres connectées et smartphones collectent des informations sensibles à partir d’attitudes dont nous n’imaginons pas devoir nous méfier, du mouvement de notre main au dessus d’un distributeur de billets à l’imprécision de nos doigts sur l’écran de notre smartphone lors de la commande d’un VTC après une soirée arrosée. Cet intérêt pour l’imperceptible permet aux entreprises d’obtenir des renseignements à notre sujet, avec notre accord mais sans que nous en soyons conscients.

* Le filtrage internet s’avère inefficace contre les contenus pornographiques, selon des chercheurs (en anglais)

It’s important to consider the efficacy of Internet filtering. Internet filtering tools are expensive to develop and maintain, and can easily ‘underblock’ due to the constant development of new ways of sharing content. Additionally, there are concerns about human rights violations – filtering can lead to ‘overblocking’, where young people are not able to access legitimate health and relationship information.
Il est important de s’interroger sur l’efficacité du filtrage internet. Les outils de filtrage sont coûteux à développer et à maintenir, et peuvent facilement « sous-bloquer » à cause du développement incessant de nouveaux moyens de partage de contenu. De plus, il y a des risques de violation des droits de l’Homme – le filtrage peut amener à « surbloquer », quand de jeunes personnes ne se trouvent plus en mesure d’avoir accès à des informations légitimes concernant la santé et les relations interpersonnelles.

À (re)lire ou écouter pendant l’été
* La série d’articles « Leviathan » (accessible sous Licence Art Libre sur framagit et téléchargeable en format epub via ce lien, à compléter avec Les Léviathans V. Vie privée, informatique et marketing dans le monde d’avant Google)
* La thèse de Félix Tréguer « Pouvoir et résistance dans l’espace public : une contre-histoire d’Internet (XV-XXI siècle) »
* Des heures de conférences/cours de Michel Foucault, enregistrées en anglais et français entre 1961 et 1983 via le site openculture.com (en anglais)

Les BDs/graphiques/photos de la semaine
* Capitalisme de surveillance
* Data & Facebook
* Londres
* Sauver la princesse – comparaison de 8 langages de programmation
* Arch vs Gentoo

Les vidéos de la semaine
Les vidéos de PSES sont désormais sur PeerTube

Les autres trucs chouettes de la semaine
* WHOIS et RGPD : l’Icann peine à endiguer la vague
* On parle de PeerTube dans Télérama

devant deux cafés, discussion : le personnage de gauche remarque que l'expresso est toujours aussi corsé, le personnage de droite indique que s'il clique sur sa tasse, il pourra l'allonger

Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.




Khrys’presso du lundi 9 juillet

Brave New World
* Neutralité du net : la Californie fait de la résistance. Voir aussi : La neutralité du Net fait son comeback en Californie (en anglais).
* En Ouganda, il faut maintenant payer pour utiliser les réseaux sociaux (en anglais).
* Zwielbelfreunde, la police allemande s’en prend à nos oignons (voir aussi : La police allemande accusée de mener des raids pour le moins stupides – en anglais).
* Quand les grands éditeurs irritent et abusent de leur force
* 500px abandonne les photos en Creative Commons

Mais le plus discutable n’est pas tant que 500px oriente sa plateforme de photos vers une autre direction — après tout, chaque service entend rester maître de son destin. C’est le manque de considération qu’a la plateforme a à l’égard de ceux et celles qui ont placé des photos sous licence Creative Commons sur 500px : à la question de savoir si 500px va offrir une aide à la migration pour les contributeurs existants qui soumettent des images Creative Commons, le site répond que non. « Notre plan est de supprimer la possibilité de téléverser une image à 500px avec une licence Creative Commons. Nous supprimerons également la fonctionnalité de téléchargement et de recherche d’images Creative Commons sur notre site web ».

Spécial données personnelles/Surveillance

personnage tenant une caméra de surveillance
« Vidéo Surveillance » by Lena (CC BY-NC-ND 2.0)

* États-Unis : les données de millions de personnes et d’entreprises ont fuité (voir aussi l’article original de Wired en anglais)
* La NSA efface des millions de métadonnées téléphoniques qu’elle n’était pas censée avoir
* Aux États-Unis, les TVs connectées traquent les utilisateurs par millions (en anglais)

“You appear to opt into a discovery-recommendation service, but what you’re really opting into is pervasive monitoring on your TV.”
(Vous semblez opter pour un service de recommandation-découverte, mais ce pour quoi vous optez en réalité, c’est une surveillance omniprésente sur votre téléviseur.)

* Quand les objets connectés sont utilisés comme des armes contre leurs propriétaires – voir aussi : Thermostats, verrous, lumières : les nouveaux outils de la violence domestique (en anglais).
* Quand le portable sert à espionner ses proches…
Un personnage râle : moi, je n'aime pas qu'on m'espionne
* Alors qu’ils cherchaient à savoir si votre smartphone vous écoutait en secret, des scientifiques ont fait une autre découverte : certaines applications enregistrent tout ce que vous faites et l’envoient à des tiers.
* Android : les apps ne se privent pas de faire des captures d’écran
* L’Europe utilise les données des smartphones comme une arme pour déporter les réfugiés (en anglais).

Spécial GAFAMs
* Gmail : vous avez probablement laissé des développeurs lire vos mails
* Gmail ne scanne pas vos mails. Ses partenaires, en revanche…
* Gmail : oui, des tiers lisent vos emails, et vous auriez dû le savoir
* Polémique Gmail : tout ce que pourquoi la Silicon Valley est détestée
deux personnages, le premier pleure parce que Google lit tous ses mails, le second lui réplique qu'il n'avait qu'à lire les CGUs
* Facebook : l’enquête Cambridge Analytica prend de l’ampleur
* Facebook a identifié la Déclaration d’indépendance des États-Unis comme un discours haineux
* Facebook débloque, mais se soigne
* Facebook est-il un éditeur ? En public, la réponse est non, mais en cour de justice… (en anglais)
* RGPD : Google, Amazon et Facebook ou Claudette au bal des vampires

Spécial France
* 3 volets pour le futur cloud souverain de l’Etat français . Voir aussi : Souveraineté numérique : la France précise ses plans dans le cloud
* Tous les examens seront-ils bientôt surveillés à distance par des humains ou des algorithmes ?
* La Smart City policière se répand comme traînée de poudre
* La France lancera en 2020 un indice de réparabilité des appareils électroniques
* Le « délit de solidarité » censuré par le Conseil constitutionnel au nom du « principe de fraternité ». Voir aussi : «Délit de solidarité» : la fraternité érigée en principe constitutionnel

La lutte – et la victoire ! de la semaine
* Directive Copyright : 146 organisations lancent un ultime appel au Parlement européen
* En quoi la directive Copyright menace-t-elle le web et Wikipedia (en anglais).
* Wikipédia ferme ses portes en Italie pour s’opposer à la directive sur le droit d’auteur
* Après l’Italie, Wikipédia ferme en Espagne, Pologne, Lettonie et Estonie
* Directive Copyright : le Parlement européen dit non et reprend la main
* Le Parlement européen écarte la directive controversée sur le droit d’auteur
* Directive sur le droit d’auteur : une victoire du lobbying des GAFA, vraiment ?
* Sur YouTube, la détection automatique des contenus soumis à droit d’auteur ne satisfait personne et même, peut aboutir à des situations complètement absurdes, comme ce YouTubeur accusé de violation de droits d’auteur sur sa propre chanson !

deux personnages, le premier a une guitare et dit que c'est lui qui a fait la chanson, le second lui répond que ce n'est pas ce que lui a dit son algorithme

Les lectures de la semaine
* Ce que le numérique fait au droit
* Comment financer le logiciel libre ? un vrai sujet
* Un jeune libriste part à l’asso des mauvaises habitudes
* Contribuer à un logiciel libre dans une formation en école d’ingénieur
* Darknet : faut-il démanteler la revente illégale de la liberté de s’exprimer et de s’informer ?
* Alain Damasio : « Rendre désirable autre chose que le transhumanisme »

Avec un vélo, si ta chaîne saute, tu peux la remettre toi-même et repartir : tu as une autonomie par rapport à l’objet car tu sais comment il marche et tu peux le réparer. Avec un vélo électrique, tu peux pédaler, mais si la batterie lâche ou s’il y a un problème technique, tu es démuni, et là tu es en situation d’hétéronomie. L’objet ne t’« empuissante » pas, il te retire une faculté.
Apple a été très précurseur là-dessus. La stratégie de ses managers a toujours été la fluidité absolue : tout doit être simple, fluide, ergonomique. Et ce sont les premiers à avoir fait des technologies tellement propriétaires qu’ils t’ont foutu dans l’hétérénomie absolue : ça marche ou ça ne marche pas. La dépendance est maximale […]
Je pense qu’on a réussi à mettre en place des systèmes qui font que tu as à peine besoin d’un coup de pouce pour que les gens les mettent en place. Les GAFA par exemple ne font que mettre à disposition un ensemble d’outils qui potentialisent des choses. Mais c’est tellement bien fait, ergonomique, lié à des logiques de commodité, de fluidité, de facilité que tu vas t’en emparer et aller là où ça les arrange. Ce n’est même pas eux qui mettent en place le mécanisme d’aliénation, ils ne t’imposent rien. Il faut interroger cette façon que nous avons de nous piéger nous-mêmes.

deux personnages, le premier demande au second pourquoi il se pièger lui-même, le second lui répond : bonne question

Agir
Pour Tim Berners-Lee, il est temps de « descendre dans la rue » pour sauver le Web

Les BDs/graphiques de la semaine
* Reaching people on the internet
* Les algorithmes et le week-end
* Heaviest objects in the universe
* Calm down
* Sunglasses
* Simone Veil

Les vidéos de la semaine
* En podcast, toutes les interventions de Pas Sage En Seine 2018 (et en version torrent : 2017 et 2018)
* Et si on quittait les réseaux sociaux ?
* Data brokers, les courtiers de nos données

devant deux cafés, discussion : le personnage de gauche dit que c'est fou, le nombre de trucs qui se passent en une semaine, le personnage de droite indique que s'il clique sur sa tasse, il en aura encore plus

Retrouvez les revues de web précédentes dans la catégorie Libre Veille du Framablog.




Contribuer à un logiciel libre dans une formation en école d’ingénieur

Des étudiants de l’Université de Technologie de Compiègne effectuent, dans le cadre de leur cursus, des Travaux de Laboratoire consistant à avancer sur des tickets du projet Framadate (qui n’en manque pas), avec le soutien de leur enseignant Stéphane Crozat (dont on vous reparlera) et du CHATONS local Picasoft. Leurs travaux sont documentés dans un wiki et leur avancement dans des pads.

De la belle contribution utile !

Pour commencer, une petite présentation s’impose : je m’appelle Justine et je suis en première année de formation ingénieur en informatique à l’UTC (Université de Technologie de Compiègne). Lors de ce semestre, c’est-à-dire lors des quatre derniers mois, et dans le cadre de ma formation (ce travail, après évaluation, pourra m’apporter 5 crédits ECTS), j’ai eu l’occasion de contribuer au logiciel libre Framadate. Cet article se veut être un bilan de mon expérience.

 

Contribuer à un logiciel libre, était-ce différent d’un projet « classique » ?

À l’UTC, les étudiants sont évalués selon des barèmes différents d’une matière à l’autre. En informatique, l’évaluation comprend souvent un projet (qui ne correspond pas souvent à plus de 20% de la note finale). Ce projet a des objectifs largement pertinents, comme vérifier sur un cas pratique que les étudiants ont assimilé la théorie qui leur a été enseignée. Cependant, j’ai souvent éprouvé une certaine frustration vis-à-vis  de ces projets. En effet, une fois rendu, évalué et donc noté, le projet tombe dans l’oubli : pas d’utilisation réelle, pas d’amélioration, une sorte de produit déjà mort à sa sortie. Ainsi, l’idée de travailler sur un logiciel  libre, avec des utilisateurs bien réels derrière, m’a semblé extrêmement pertinente et bien différente des projets que j’avais déjà pu mener.

Est ce que ces différences ont entraîné des difficultés ?

Les premières difficultés rencontrées ont été celles posées par l’installation et la prise en main de l’environnement de travail, proposé par les suiveurs. Alors que la plupart du temps, pour mener à bien les projets classiques, les installations des environnements sont déjà faites sur les machines de l’UTC, cela n’était pas le cas cette fois. Composé de nombreux outils (principalement Docker et Git au sein de Linux), l’installation de notre environnement a été relativement lourde et laborieuse. Une fois installé, l’environnement est au premier abord difficile à prendre en main : de nombreuses lignes sont à exécuter dans l’interpréteur de commandes avant de pouvoir tester le code.

Mais les difficultés les plus compliquées à surmonter ont été celles posées par le projet en lui-même. D’abord parce que les langages utilisés (SQL, PHP orienté objet, Javascript, HTML via le moteur de templates Smarty…) ne m’étaient pas ou peu connus. Ensuite, et surtout, parce qu’il m’a paru très compliqué de m’insérer dans un projet déjà bien développé (dans un projet « classique » à l’UTC, on part de rien, on développe tout), projet dont l’architecture n’est pas (ou très peu) documentée. Sa compréhension a donc nécessité beaucoup de temps et d’efforts, j’y reviendrai.

Comment s’est organisée ta contribution ?

Cette contribution a été organisée selon une méthode de type agile : le travail est découpé en itérations de six heures chacune, une itération par semaine. Le semestre a ainsi été rythmé par des réunions de suivi hebdomadaires avec les suiveurs, Stéphane Crozat et Andrés Maldonado, chargés d’accompagner et d’évaluer le travail. Sur chaque itération, nous déterminions donc ensemble l’objectif à atteindre pour la semaine suivante, et je déterminais seule l’articulation de mon travail (combien d’heures je devais passer à réaliser telle tâche). La contribution s’est articulée en deux volets : un volet de développement (qui consistait en la résolution de trois issues ouvertes sur le projet) et un volet de documentation (via le wiki de l’association Picasoft).

Concrètement, qu’as-tu apporté à Framadate ?

Comme évoqué plus haut, l’architecture du projet n’était que très peu documentée. Ainsi, afin de travailler efficacement sur le projet, j’ai préféré commencer par passer plusieurs heures (concrètement une vingtaine) à explorer le projet et documenter au maximum ce que j’en comprenais (les classes implémentées, leur articulation au sein du projet…). Un travail étudiant comme celui-ci est aussi l’occasion d’apprendre à formaliser et documenter, mon travail est disponible ici.

Ce n’est que dans un second temps que j’ai réellement commencé mon travail de résolution d’issues, et donc de développement et de documentation du travail réalisé. J’ai préféré travailler ces deux volets en parallèle, afin de restituer le travail réalisé lorsque tout était encore frais dans mon esprit. J’ai ainsi pu travailler sur trois issues :

Issue #38 : collecter les adresses e-mail des sondés
L’idée est de permettre à l’administrateur de choisir de collecter (ou non) les adresses e-mail des sondés. Si l’administrateur choisit la collecte, alors la saisie d’une adresse de courriel valide (respectant le format e-mail) est obligatoire pour voter. La collecte s’accompagne d’une fonctionnalité permettant à l’administrateur de récupérer efficacement l’ensemble des adresses des personnes sondées.

A la création d’un sondage, l’administrateur choisit s’il collecte ou non les adresses emails des sondés.

 

Un avertissement informe que, dans le cas où les votes sont modifiables par tous, n’importe qui ayant accès au sondage peut récupérer les adresses emails des sondés.

 

Pour voter, lorsque la collecte des adresses emails est active, une adresse email valide doit être renseignée. L’administrateur peut récupérer la liste des adresses emails des sondés grâce aux boutons enveloppe situés au dessus de chaque colonne. Si la collecte est active et que quiconque peut modifier tous les votes, un avertissement informe que n’importe qui peut accéder aux adresses emails des sondés.

 

En cliquant sur un bouton enveloppe, l’administrateur récupère les adresses emails des sondés triées selon leur choix (‘oui’, ‘si besoin’ ou ‘non’).

 

Issue #324 (et #61) : Amélioration de l’option de collecte des adresses e-mail des personnes sondées. L’idée était d’améliorer le travail réalisé précédemment en passant la collecte des adresses de courriel sous quatre options différentes :

  • option 1 : la collecte est désactivée ;
  • option 2 : la collecte est activée ;
  • option 3 : la collecte est activée et la saisie est obligatoire ;

option 4 : la collecte est activée, la saisie est obligatoire et le vote doit être confirmé par un clic sur le lien envoyé dans un mail à l’adresse renseignée (cette dernière option n’a pas été implémentée car le service d’envoi d’e-mail est inutilisable au sein de l’installation).

A la création d’un sondage, l’administrateur choisit une des quatre options pour son sondage. De même que précédemment, un avertissement informe si les adresses emails des sondés ne sont pas protégées.

 

Issue #208 : permettre la finalisation d’un sondage par l’administrateur
L’idée était d’ajouter une fonctionnalité pour l’administrateur de clôture de sondage et de lui permettre :

  • de sélectionner le choix retenu ;
  • de justifier son choix.

Dans les informations du sondage, l’administrateur et l’utilisateur sait si le sondage est encore ouvert ou s’il est fermé (ici, il est encore ouvert). L’administrateur peut fermer le sondage en cliquant sur le bouton.

 

Une fois le sondage fermé, l’administrateur peut sélectionner le choix qu’il retient grâce au bouton au dessus de chaque colonne. La valeur de ce choix est visible dans les informations du sondage, côté administrateur et côté utilisateur.

Une fois un choix sélectionné, l’administrateur peut justifier son choix. La valeur de cette explication est visible dans les informations du sondage, côté administrateur et côté utilisateur.

Chacune de ces résolutions d’issues a fait l’objet d’une merge-request. C’est un processus itératif très intéressant à découvrir au sein duquel on peut interagir avec les développeurs logiciel et web de Framasoft qui vont vérifier le travail proposé et en demander des corrections.

Tout au long de mon travail, j’ai pu ainsi interagir avec différents interlocuteurs : les suiveurs bien sûr, Stéphane Crozat et Andrés Maldonado, mais aussi Thomas Citharel, développeur logiciel web chez Framasoft, et Kyâne Pichou, diplômé de l’UTC. Je tiens à remercier tous ces interlocuteurs pour leur soutien et leurs conseils, je pense qu’il est indispensable d’être bien accompagnés dans ce processus de contribution afin qu’il soit efficace et utile à tous.

Finalement, quels sont les apports au sein de ta formation ?

Contribuer à Framadate m’a d’abord permis de gagner en compétences d’utilisation des outils utilisés (Docker, Git, Linux) et en développement web : interface, base de données,…. Mais cette contribution m’a surtout fait gagner énormément d’indépendance et d’autonomie vis-à-vis d’un projet déjà existant et bien développé, ce qui est très formateur et pertinent en amont de mon futur stage (six mois en entreprise à partir de septembre).

Que faudrait-il retenir de cet article ?

Contribuer à un logiciel libre au sein de la formation en école d’ingénieur constitue une expérience très pertinente pour compléter le profil théorique et « scolaire » d’un étudiant. Cette expérience permet de faire face à de nouvelles difficultés, et ainsi développer de toutes nouvelles aptitudes.

 

En savoir plus :

ECTS : European Credits Transfer System, calculés en fonction de la charge de travail de l’étudiant , ils permettent l’obtention des diplômes français (et européens).

Picasoft est le CHATON créé par les étudiants de l’UTC.




La FIFA ne veut pas qu’on danse de joie devant sa télé

Le football déclenche en ce moment même de féroces passions, mais aussi la rapacité de la FIFA. Voici un fait-divers qui l’illustre, il est digne de figurer dans le célèbre Copyright Madness de Numerama… c’est à la fois drôle et consternant.

Danser devant sa télé ? Pas question, dit la FIFA 

Source : FIFA Is Not Okay With Dancing In Front of the TV

Traduction Framalang : wyatt, simon, goofy

Nous voilà en pleine Coupe du monde de foot. Ça veut dire qu’on marque des buts. Et chaque but marqué donne lieu à une célébration enthousiaste. Voici par exemple une compilation (lien vers YouTube) de fans de football aux États-Unis qui fêtent un but de la dernière minute pendant la Coupe du monde de 2010. Ah, que de souvenirs.

Eh bien pourtant, la FIFA ne semble pas aimer que les fans de foot fêtent les victoires devant leur écran de télé. Cet organisme vient d’envoyer une mise en demeure de retrait pour une vidéo de 5 secondes montrant un petit garçon qui danse de joie dans le salon familial.

On distingue à l’arrière-plan l’écran de télévision dont l’image a été floutée depuis

 

Suite à un but marqué pendant le match Angleterre-Tunisie, Kathryn Conn a mis en ligne une vidéo de 5 secondes de son fils de 7 ans qui fête le but. Mrs Conn a expliqué que son fils est un« fan absolu des Spurs et qu’il voue littéralement un culte à Harry Kane, donc il s’est mis à danser de joie dans le salon. Malheureusement, la danse s’est déroulée devant l’écran de télévision qui diffusait encore le match. Et s’il y a une chose avec laquelle la FIFA ne rigole pas du tout, c’est bien leur copyright.

Mrs Conn raconte que le lendemain matin au réveil elle s’est rendu compte que la vidéo avait été supprimée de Twitter accompagnée d’un avertissement indiquant que c’était dû à une demande de retrait relative au DMCA (Digital Millennium Copyright Act) venant de la FIFA, laquelle était apparemment très ennuyée qu’une image floue en arrière-plan d’une partie de football dans une vidéo de 5 secondes puisse influer sur l’audience de l’événement sportif le plus attendu à la télé britannique en 2018.

Hmmm. un gamin qui danse dans une brève vidéo avec du matériel sous copyright en arrière-plan ? Nous espérons que ça ne prendra pas 10 ans de procédure comme dans l’affaire du bébé dansant pour que la FIFA en tire la leçon. La FIFA devrait respecter le fair use (usage raisonnable et acceptable) et respecter ses propres fans aussi…

 




Un jeune libriste part à l’asso des mauvaises habitudes

Neil vient de finir un stage d’étudiant au terme duquel il a réussi à faire adopter des outils libres à une association. Il livre ici le récit de ses tribulations, c’est amusant et édifiant…

On aimerait bien qu’il y en ait beaucoup comme lui pour s’engager de façon aussi déterminée et efficace. Nous espérons entamer une série d’interviews de libristes qui comme lui sont particulièrement impliqué⋅e⋅s dans la diffusion des valeurs et des pratiques libristes.

avatar de Neil, un pigeon sur la tête
Avatar de Neil, image d’après Tunaniverse

Bonjour à tous,

N’ayant encore qu’assez peu d’expérience dans le domaine du libre et s’agissant de mon premier article sur Internet, je sollicite votre bienveillance et vous invite à me signaler toute éventuelle erreur ou mauvais usage des termes dans cet article.

Contexte

Les études

Avant de commencer, un peu de background. J’ai 20 ans et je suis en première année de BTS SIO (branche SLAM), formation post-bac orientée sur l’informatique de gestion et le développement d’applications.

Au bout d’un mois dans cette filière, j’ai senti qu’elle n’était pas pour moi en constatant notamment un retard assez grave dans les notions du référentiel. Mais pour des raisons financières (bourses, appartement, etc.) j’ai dû finir mon année, ce qui implique l’obligation de trouver un stage d’un mois en juin.

Le choix de l’association

J’ai donc choisi une association que je vais appeler Ciné-Asso, qui propose des tarifs réduits pour des séances au cinéma pour les établissements scolaires et ses adhérents. Ses responsables disaient avoir besoin de retravailler leur système d’information.

C’était pour moi une chance que de pouvoir mettre mes connaissances à disposition d’une association, ce qui m’attirait bien plus que les stages choisis par mes camarades de classe (stage en banque, en dépannage/réparation informatique, au supermarché, en startup French Tech qui développe sous WinDev3. Choix judicieux que de choisir un stage WinDev en BTS SIO : WinDev fait partie des logiciels étudiés et utilisés tout comme WordPress, Microsoft Visio, Win’Design, PC Wizard 2015 et plein d’autres. (Vous comprenez pourquoi je n’aime pas cette filière ?)

Et je préférais travailler pour une asso en rapport avec l’art et la culture. Le choix était donc déjà fait.

Un peu de technique

En ce qui concerne les outils utilisés, mon ordinateur tourne sous Debian Buster (prerelease) depuis Janvier 2018. Je code exclusivement sous Vim, mon éditeur préféré. Pour le développement web, j’utilise Apache et MariaDB côté serveur (en local, donc sur mon propre poste). J’utilise souvent MySQL Workbench (la version sous licence GPL par Oracle) pour éditer la BDD, sinon en CLI. Je travaille tout le temps avec draw.io (licence Apache), un logiciel vraiment pratique pour réaliser des schémas en tous genres, des cartes mentales aux modèles relationnels. Je m’estime par ailleurs libriste et refuse, lorsque la situation le permet, de travailler avec des logiciels propriétaires. Vous allez voir que défendre ses valeurs n’est pas facile…

Tâches assignées

Principalement deux tâches me seront confiées durant ce stage d’un mois :

  • Retravailler le site web de Ciné-Asso Leur site web tournait sous une très ancienne version de Joomla ! et franchement, ce n’était pas beau à voir. Bref, un site des années 2006. Ma mission sera de développer un site vitrine pour le remplacer, avec une gestion d’évènements planifiés (de séances de films, en l’occurrence) pour l’association. Cela inclut évidemment la formation des bénévoles à l’outil ;
  • Retravailler la base de données, reconstruire la base de données utilisée pour enregistrer les adhérents et les donateurs de l’asso. La base de données actuelle a été créée il y a 10 ans sous Access 2003 (si ce n’est 98…) et elle est encore utilisée jusqu’à présent. La base n’est pas relationnelle alors qu’elle devrait l’être. Résultat : 35 champs dans une table avec les adhérents et donateurs mélangés, des doublons, des couples sur un seul enregistrement et de sérieuses limites. Je vais donc devoir créer une nouvelle base, migrer toutes les données et former les bénévoles.

Le tout, donc, en un mois, avec la contrainte personnelle de n’utiliser que des logiciels libres.

capture de la liste des entrées de la base de données ancienne
La base d’adhérents au départ…

Présentation de Ciné-Asso

Je vais donc vous présenter brièvement l’équipe de Ciné-Asso. De faux noms leur seront attribués afin de préserver leur anonymat.

M. Touron est le président de l’association. Un esprit juste et logique.

Mme Nougat est la trésorière et celle que je dois convaincre. Elle est très réticente à l’intégration de mon travail au sein de l’asso. Elle sera aussi l’une des principales utilisatrices du logiciel de gestion de base de données. J’ai donc intérêt à faire du bon travail afin de satisfaire ses attentes.

M. Réglisse s’occupe de la communication auprès des adhérents. Il utilise tout le temps l’outil informatique dans son travail, pas toujours comme il le faudrait.

Mme Caramel est une jeune bénévole qui soutient mes idées. Elle s’occupe principalement du site web.

M. Calisson est un bénévole octogénaire et maintient la base de données Access. C’est un autodidacte de l’informatique. Il racontait fièrement qu’il avait programmé en COBOL pour le gouvernement à une époque désormais révolue.

M. Prunelle est un prestataire de services extérieur à l’association et jouera un rôle crucial.

Une réunion est organisée entre deux ou trois bénévoles et moi deux fois par semaine afin de présenter l’avancée de mon travail et de m’ajuster à la demande. En dehors des réunions, je travaille en autonomie.

Un détail important à relever : aucun membre de Ciné-Asso n’est assez compétent en informatique pour s’occuper du côté technique du site après mon départ.

Le site web

J’ai consacré les 15 premiers jours à la réalisation du site web. Et parmi tous les CMS possibles, j’ai choisi… Allez, devinez… WordPress.
Vous avez le droit de jeter vos tomates pourries ; mais je n’avais aucune expérience, ni avec Drupal, ni avec Joomla! et je n’avais clairement pas le temps de tester les solutions (rappelons que j’ai seulement 15 jours pour finaliser le site, formations incluses). De plus, je connaissais déjà bien WordPress pour l’avoir utilisé par le passé. Et croyez-moi, j’ai regretté de ne pas avoir été assez curieux, car ces 15 jours mêlèrent ennuis et souffrance.

Le décor

On commence par le design. J’ai choisi la version gratuite d’un thème qui leur plaisait bien. Je leur conçois une jolie bannière d’en-tête (avec GIMP, bien évidemment). Au final, j’ai dû la refaire 16 fois dans une réunion de 4 heures pour satisfaire aux demandes de M. Touron, président. Mais passons. J’ai dû bidouiller le CSS afin de convenir à leurs attentes, au risque de tout casser à la prochaine mise à jour. En guise de solution, je leur ai demandé de tout mettre à jour, sauf le thème.
C’est sale, ça contourne le problème, mais je ne vois pas d’autre option dans le temps imparti ; de plus, les thèmes souffrent rarement d’une faille de sécurité. J’ai donc jugé le pari suffisamment sûr.
Travailler sur WordPress n’est pas jouissif. Ça me servira de leçon pour mes stages futurs.

Les plugins

Je choisis le plugin WP Theater pour programmer les séances de cinéma.
Évidemment, les fonctions les plus intéressantes sont payantes. Je me contente des fonctions de base et réussis à convenir à leurs demandes. M. Touron m’a proposé d’acheter la version payante du plugin, mais j’ai insisté en disant que n’était pas nécessaire et que pour le prix de la fonctionnalité, ça relevait plutôt de l’escroquerie.

Les deux semaines s’écoulèrent (trop) paisiblement avec quelques ajustements par-ci par-là. La formation fut terminée en une après-midi. L’intéressée, Mme Caramel, appréciait l’interface conviviale du logiciel.

Choses vues

En un mois, j’ai appris à connaître les membres de l’association : leur personnalité, leur empathie et surtout, leur usage de l’outil informatique. J’ai tout de même quelques anecdotes qui font peur.

M. Réglisse et Micro$oft Office

J’apprends que l’un des membres de l’association, M. Réglisse, utilise MS Office 2003 pour travailler sur les documents de l’asso. Malheureusement, ce logiciel de Micro$oft n’arrive plus à exporter en PDF sur son poste, pour une raison inconnue (tout autant à lui qu’à moi). Sans compter que Office 2003 ne lit pas les nouveaux formats MS Office (depuis 2007 : xlsx, docx, etc.) ni les formats libres (odt…). Et ainsi, à chaque fois que M. Réglisse souhaite lire ou éditer un fichier incompatible, il envoie ce fichier par mail à sa collègue qui le convertit en PDF (à l’aide d’Apache OpenOffice) et qui lui renvoie par mail, et ce depuis longtemps.
Il fallait quand même que je me retienne de sourire en écoutant ça.
On me demande conseil.
En bon libriste, j’explique que le logiciel est trop vieux et qu’il faut passer à LibreOffice gratuitement ou acheter le pack Office tous les 3 ans, en insistant bien sur la première option.
« Oui, mais j’ai déjà essayé, ça marche pas, y’a des bugs et c’est pas toujours compatible… » Finalement, j’ai réussi à le convaincre. Ça a changé un peu la mise en forme de ses fichiers et il ne s’est pas gêné de me faire remarquer qu’un pixel dépassait par-ci par-là, mais il devrait s’en satisfaire pour le moment.

Vive le libre !

M. Réglisse et le mailing

Dans les aventures de M. Réglisse, j’ai aussi celle où il souhaite envoyer une newsletter à tous les adhérents de l’association. Il ouvre sa base Access 2003, et demande au logiciel de lui donner tous les mails des membres de l’asso. Il ouvre Thunderbird en parallèle, crée un nouveau groupe… et ajoute tous les mails en les réécrivant un par un à la main ! On m’explique que c’était parce que certains mails peuvent avoir été entrés dans la base de données avec des erreurs (une virgule au lieu d’un point, par exemple…) et que copier coller pose alors des problèmes… Car la base de données ne détecte pas les erreurs de saisie…

Je promets à M. Réglisse que le mailing sera beaucoup plus facile avec ma solution.

La réunion à mi-chemin

Les réunions furent assez régulières avec moi au sein de l’asso, mais celle-ci fut de très loin la plus importante. Je rencontre M. Prunelle, expert en informatique, retraité. Il s’agit d’un prestataire de services extérieur à l’association, contacté par Mme Nougat dans l’idée de contrôler mon travail et de m’aiguiller. Pour la première fois, M. Calisson, mainteneur de la base de données, est présent. M. Prunelle commence donc par parler de son parcours ; il a fondé une entreprise d’informatique pendant sa jeunesse et a déjà programmé en COBOL et en assembleur, raconte-t-il avec nostalgie.

M. Prunelle joue un rôle crucial : il s’engage à maintenir mon travail à mon départ en tant que bénévole si le projet correspond à ses attentes. Il s’agit donc d’une personne avec laquelle je devrais collaborer.

Les deux premières heures

On parle beaucoup du site web. Je l’ai présenté, il était déjà globalement fini, prêt à être basculé en production. M. Prunelle approuve mon choix du CMS WordPress et raconte qu’il a de l’expérience avec. On discute des quelques bidouillages sur le CSS (peu nombreux mais hélas impératifs conformément aux demandes).
Mon code étant commenté et mes modifications légères et peu nombreuses, il les approuve et se propose même de les maintenir si ça casse après une mise à jour. Super, ça m’arrache une épine du pied !

Les deux dernières heures

J’aborde le sujet de la base de données. Il faut savoir que la trésorière, Mme Nougat, s’oppose assez fortement au fait que je travaille sur la BDD. Elle souhaite que je me consacre pleinement au site et veut plutôt confier la base à un intervenant extérieur aux frais de l’association. C’est d’ailleurs pour cela qu’elle a fait appel à M. Prunelle…

J’explique mon projet. Un intranet maison, développé from scratch, une BDD relationnelle. Le tout fait à la main. J’avais déjà préparé un schéma relationnel que je lui montre.

« Ta base m’a l’air bien, relationnelle, tout bien comme il faut, c’est du bon travail. Par contre, je ne suis pas trop d’accord avec ta solution pour l’hébergement de la base de données, Maria DB… Je connais de nom mais ce n’est pas très utilisé dans le domaine professionnel… »

Il sort son cahier. Puis son stylo. Je le remarque alors… Un stylo rose fluo, avec le fameux logo de WINDEV dessus. Gulp. Je sais ce qui m’attend.

M. Prunelle me demande alors d’aller voir sur une page cachée d’un site web sur lequel il avait récemment travaillé. Il m’épelle l’adresse, quelque chose du genre « xalex-xpert.com/xalex_expert ».
S’affiche alors une vieille interface de connexion sans TLS, et je reconnais rapidement WEBDEV, de la même boîte. Je fais la moue. J’explique alors que je ne souhaite travailler qu’avec des logiciels libres, par éthique. Un sourire en coin s’affiche sur le visage de M. Prunelle :

« Ha ha ha, moi aussi, quand j’avais ton âge, j’étais un rebelle et je votais à gauche ! Mais aujourd’hui sur le marché du travail, dans un contexte professionnel de l’industrie informatique, jamais je ne me permettrais de présenter une verrue de Linux chez un client ! »

Hein ? L’industrie professionnelle de l’informatique ? Le marché du travail ? Qui a parlé de Linux ? Une verrue ?
La rébellion gauchiste ? Ce n’est pas un #MercrediFiction ni une exagération. C’est mot pour mot ce qu’il m’a dit. Je suis resté bouche bée pendant quelques secondes avant de passer à l’offensive en défendant mes arguments.

Et là, tout de suite, la grosse condescendance. En puissance. Limite, s’il m’avait versé un coulis de caca sur la tête, ça aurait été plus respectueux.

« Non mais de toute façon voilà, c’est comme ça qu’on débute, on fait tous des erreurs, on progresse ensuite, moi j’en ai vu, c’est pas le premier, je sais comment ça se passe »

Et alors évidemment Mme Nougat s’incruste et en rajoute une couche…

« Moi je pense qu’on a la chance d’avoir un professionnel parmi nous, M. Prunelle sait ce qu’il faut faire. Quand on est jeune, on ne connaît pas le marché du travail, on ne sait pas comment bien faire les choses pour répondre aux demandes du client, c’est normal »

(Allez-y, pissez-moi dessus encore, j’aime ça.) Mais avant que je ne me fasse totalement recaler, M. Touron et Mme Caramel interviennent au moment opportun et insistent pour me laisser une chance. Ouf, c’est sauvé. Par contre, du coup, inutile de compter sur lui pour maintenir ma « verrue de Linux ». Plus qu’à me débrouiller tout seul.

Résultat, les deux solutions seront proposées au conseil d’administration et c’est le conseil qui tranchera. J’ai intérêt à bien faire le boulot.

La veille technologique, ou comment j’ai changé d’avis

Ok, j’ai donc 15 jours pour réaliser une solution convaincante à partir de rien, migrer la solution actuelle vers la mienne et enfin former les nouveaux utilisateurs… Bon, j’ai des bouts de code de prêts pour ça, je suis assez expérimenté en PHP pour me débrouiller comme un grand. Mais 15 jours…

État des lieux

Tout d’abord, le lendemain de la réunion, M. Calisson (mainteneur octogénaire de la BDD) s’est présenté à moi. Il a fait l’effort de se déplacer dans les locaux pour me proposer personnellement son aide.
Face à une telle bienveillance, je ne pouvais refuser. Il m’a donné une documentation utilisateur d’une vingtaine de pages (datant de quelques années), très détaillée, qui m’a beaucoup appris. Il a ensuite pris le temps de m’expliquer chaque détail flou de la base actuelle et décrit les attentes particulières de Mme Nougat, qui attend d’être convaincue par ma solution.

Il n’était pas obligé de faire tout ça et je lui en suis grandement reconnaissant. Avant de le rencontrer, je pensais que ça allait être un esprit conservateur qui considère que sa solution (une table, 35 champs, rappelons-le) est la meilleure de toutes… et je me suis bien trompé. Comme quoi, le code ne fait pas le développeur…

À l’aide, Mastodon !

Dans le doute, je fais appel au réseau des réseaux. Et dans la panade, je fais appel au Fediverse.

Appel à l’aide sur Mastodon…Voyez tous les conseils reçus suite à ma demande !

 

Amis, camarades, connaissances, merci à vous. Vous avez été d’un précieux soutien dans cette situation difficile, vous m’avez aiguillé quand M. Prunelle m’avait lâché. Je savais que je pouvais compter sur vous ! Et j’ai attentivement écouté vos conseils.

Alors que choisir ?

Je peux dire beaucoup de mal (à tort et à raison) de mes professeurs de BTS SIO, mais c’est l’un d’eux qui m’a conseillé Galette en premier (en l’occurrence, ce professeur revendique des valeurs libristes mais enseigne WinDev et Win’Design aux élèves, ironiquement. Il enseigne Merise aussi, en 2018. Mais passons !)

Galette est un CMS libre de gestion d’adhérents pour les associations, inscrit sur Framalibre, l’annuaire contributif où j’aurais dû chercher en premier. Le logiciel a été créé en 2004 et est toujours maintenu à l’heure actuelle via des mises à jour régulières. Il est utilisé par des dizaines d’associations et reste un choix à considérer pour un déploiement rapide et efficace.

La Fediverse m’ayant conseillé (entre autres) Galette, j’ai décidé de m’y intéresser de plus près. Je connaissais déjà Galette (de nom seulement) avant que mon professeur m’en parle, mais tout écrire de soi-même avait l’air tellement plus amusant…

Et la solution avait l’air vraiment sympa. Il m’a fallu quelques jours pour m’assurer qu’elle collait bien au cahier des charges de Mme Nougat, mais tout avait l’air d’aller comme il faut. Et comme je n’ai plus le temps, il vaut mieux choisir cette option plutôt que de partir de zéro et rendre un travail insatisfaisant ou incomplet.

Partons donc pour Galette !

Galette

Abordons un peu l’aspect technique. La formation WordPress et quelques autres tâches ayant un peu débordé sur le planning, il me reste 10 jours pour déployer la solution et former les utilisateurs.

Le cahier des charges

Je rencontre un problème. Le cahier des charges n’est pas respecté sur un point : les statistiques. L’asso a besoin de stats assez précises pour la comptabilité et Galette ne fournit que deux ou trois pauvres camemberts. Galette tournant sous PHP, je prends la décision d’écrire un plugin.

Le plugin

C’est ce qui va prendre le plus de temps. Je travaille dans un environnement avec lequel je ne suis pas familier du tout, même si c’est du PHP, car je n’ai jamais touché à des frameworks PHP ni utilisé une API conçue pour des plugins. Ma première rencontre avec Zend Framework se passe… mal. Très mal, au point où j’interroge directement la base de données avec des requêtes en dur pour faire le boulot.
J’aurais aimé apprendre comment m’en servir, mais « je n’ai pas le temps ». Bon, j’ai moins d’excuses pour le switch à 90 cases avec des requêtes SQL et les 80 lignes de HTML dans un string… Mais chut…

Blague à part, je commence à être vraiment à la bourre. Plus que quelques jours de stage déjà, et c’est fini. Je me débrouille comme je peux pour coder quelque chose qui fonctionne. Qui a parlé de maintenabilité ?
Le prochain qui passera derrière moi sera probablement un stagiaire de BTS SIO, ça lui fera les pieds 🙂 (Il va me retrouver et me tuer pour avoir écrit ça, et je ferai moins le malin quand je tomberai sur un cas similaire. Bon au moins, j’ai mis plein de commentaires)

La demande de dernière minute

J’ai présenté le plugin de stats à Mme Nougat et il a fallu s’adapter à une demande de dernière minute. Totalement justifiée cela dit, ça faciliterait grandement la comptabilité. Il s’agit encore de stats.
J’applique des quickfixes sur le code dégueulasse que j’ai pondu juste avant. Il me reste trois jours. (Comment ça, ce n’est pas une excuse ? Au moins ça fonctionne !)

Bon allez, on plie ça vite fait et on passe à l’importation, qui n’est même pas commencée !

Préparation pour la migration

Un peu plus de technique.
La base de données est sous forme de fichier. MDB (Access), format propriétaire. Elle pèse 8.5 Mo. J’ai des frissons dans le dos. J’utilise le paquet mdb-tools pour convertir la structure et les données en requêtes SQL et je crée une nouvelle DB en local (MariaDB) et j’importe le tout.
Vive le libre.

Voilà la table à 35 champs… Ma première tâche va être de séparer les entrées des couples (M. et Mme) qui ont été enregistrés en une seule entrée.
Sur le coup, LibreOffice Calc est mon ami. J’importe tous les enregistrements où Sexe=« M. et Mme » et je les sépare à coups de Chercher/Remplacer. Une fois le boulot fini, j’importe tous les autres adhérents enregistrés dans la base jusque là sur le tableur, c’est plus facile que sur Workbench. Et nous y voilà, un total de 1275 lignes.

La grande migration

Allez, c’est parti. Je saisis 1275 adhérents à la main, depuis l’interface de Galette.

Bien sûr que non. Vous croyez vraiment que j’allais faire ça manuellement ?
Je me remémore ce que disait l’un de mes professeurs de BTS SIO :

« Un développeur, c’est un branleur. Une quiche molle. Alors à un m’eng donné, il faut savoir optimiser son traitemeng ou on va se retrouver avec une KYRIELLE de travail à faire. »

Il reste 2 jours. Comptant un jour de formation et d’installation du logiciel, j’ai 24 heures pour réaliser la migration. Admettons que je prenne trois minutes par entrée (adhérent + contribution). (1275 x 3) / 60= 63h45 de travail. C’est hors limites !

La seule solution est donc d’automatiser le tout. Mais il ne s’agit pas d’un simple INSERT INTO dans une table, hélas. Galette utilise un système de champs dynamiques qui permet d’avoir des champs personnalisés par l’association. Il les gère d’ailleurs assez mal : lorsqu’on supprime un adhérent ou une contribution, les champs dynamiques associés ne se suppriment pas avec. Encore un bug à signaler, tiens. Mais passons.

Formatage des données

Je commence par ajouter un adhérent et une cotisation annuelle pour ce dernier et j’identifie dans la BDD les tables mises à jour. Il y en a trois : galette_adherents, galette_cotisations et galette_dynamic_fields.

Ensuite, ça reste quand même assez trivial. J’identifie à quoi correspondent les champs dans les tables et je prépare mes inputs selon mes besoins. Je n’oublie pas de m’adapter au logiciel. Exemple, Galette interdit les adresses mail dupliquées dans la BDD. Je supprime tous les duplicatas depuis LibreOffice avant de commencer quoi que ce soit. Puis vient le plus
pénible. Le formatage des inputs. LibreOffice est pratique pour ça, mais je préfère tellement Vim qui s’avère bien plus efficace quand on a l’habitude du logiciel.

Vérification des données

Je vérifie encore mes inputs. Les erreurs les plus courantes :
– Doubles espaces (un coup de regex et c’est fini)
– Accents dans les adresses mail
– Virgules à la place de points un peu partout
– Formatage pas toujours standardisé du numéro de téléphone… J’étale le champ adresse, unique jusque là, sur deux lignes. C’est long et pénible, un bon travail de stagiaire. Par superstition, j’enlève les guillemets placés inutilement dans les adresses physiques.
– Au passage, je découvre des adresses Yahoo, AOL, Cegetel, Alice, Wanadoo, Neuf et même quelques .gouv.*.
Ça fait un peu peur.

– Le champ galette_adherents.login_adh contient des caractères aléatoires servant d’identifiant pour l’adhérent. L’asso n’utilise pas cette fonctionnalité, mais pour ne pas contrarier Galette, je vais insérer des caractères aléatoires dedans : SUBSTRING(MD5(RAND()) FROM 1 FOR 15)
Ce n’est pas censé être un identifiant hexadécimal, mais ce n’est pas grave.

Enfin, je prends soin de distinguer les champs vides des champs NULL. On peut maudire SQL pour ça, je suppose.

Je termine la migration le 28 juin au soir, soit 24 heures avant la fin du stage. La journée de demain commencera à 09h00.

Déploiement de la solution

Ah oui, à ne pas oublier. Avant de former les utilisateurs, il faut d’abord déployer Galette sur leur réseau (en intranet). Je choisis l’utilisation de XAMPP sur l’un de leurs postes Windows.
Je configure le serveur DHCP de leur box pour que l’IP du poste en question soit fixe. Ma méthode est probablement discutable mais je ne vois pas d’autre option possible, surtout qu’héberger Galette sur le “cloud” ne leur aurait pas servi car ils ne travaillent sur la BDD qu’en local. Enfin, je déploie Galette, j’exporte la BDD depuis mon poste et je l’importe sur le leur. Je transfère aussi les fichiers de mon plugin. Évidemment, l’opération ne s’est pas déroulée sans accroc – surtout sur des postes Windows. J’ai perdu une à deux heures dans la migration.

L’imprévu fatidique

En formant l’une des deux bénévoles, on s’aperçoit ensemble que de nombreuses données de l’ancienne base sont erronées depuis quelques mois (suite à une maintenance de M. Calisson) et que ces erreurs ont été (évidemment) reportées sur la nouvelle base. Nous arrivons à une conclusion terrifiante : il faut repasser manuellement derrière chacune des 1275 adhésions à partir des bordereaux d’adhésion, conservés par précaution. Cette opération nous a coûté 4 à 5 heures. La bénévole a eu la gentillesse de m’apporter une pizza pour que je puisse finir mon travail d’esclave le plus vite possible sans sortir du bureau.

fig.1 Travailler en équipe pour résoudre un problème. La théorie.

fig.2 Travailler en équipe pour résoudre un problème. La réalité.

La formation

Vous imaginez qu’il ne me reste plus beaucoup de temps pour former les utilisateurs. La première bénévole était assez familière avec l’informatique, mais la deuxième ne l’était pas du tout – au contraire, elle détestait l’informatique. J’ai dû abréger beaucoup de points que je préciserai dans une documentation utilisateur à rédiger après mon départ. Ce fut très laborieux, mais l’essentiel a été vu. Il est 18h00, mon stage se termine et ma mission avec. Je remercie M. Touron qui m’offre une gratification de stage de 150 euros.

Le suivi

Le libre, c’est bien, mais quand il est encadré et suivi, c’est mieux. Le site web de l’association est hébergé par la Ligue de l’Enseignement, ce qui leur permet de profiter de tarifs très préférentiels. J’ai pu rencontrer l’un de leurs membres avec M. Touron dans le cadre de la migration du site de Joomla ! vers WordPress.
Ce monsieur, aux antipodes de M. Prunelle, était clairement fâché de mon choix de WordPress, en disant que les webmasters oublient souvent de mettre à jour le CMS et qu’il est généralement considéré comme une usine à gaz trouée par des failles de sécurité. Je ne peux qu’être d’accord avec lui sur ces points-là, malheureusement.
M. Touron aborde finalement la question de la gestion de la base de données (Galette, donc) et ce monsieur semble non seulement connaître le CMS, mais exprime sa satisfaction quant au choix d’un logiciel libre. Quand je lui ai dit que ce choix était par éthique, nous sommes rapidement partis dans une discussion libriste mentionnant La Quadrature du Net, l’April, Framasoft, les RMLL 2018 qui approchent à grands pas…

C’était ma première discussion avec un libriste dans la vraie vie et elle ne pouvait pas tomber à un meilleur timing. La personne idéale pour reprendre le projet était déjà trouvée, je peux dormir sur mes deux oreilles !

Ressenti personnel

Cet article est déjà beaucoup trop long, mais je tiens à exprimer mon ressenti sur ce stage. La rencontre avec M. Prunelle fut très parlante pour moi : j’ai réalisé à quel point les esprits peuvent être conservateurs dans le domaine de l’informatique.

Être libriste, c’est avant tout avoir des convictions que l’on défend au quotidien. Je ne m’attendais pas à entrer en conflit d’éthique avec qui que ce soit pendant ce stage, tout comme je ne m’attendais pas à rencontrer des personnes défendant les mêmes valeurs que moi. C’est aussi inciter les utilisateurs moins familiers vis-à-vis de l’outil informatique à découvrir les outils libres, faire face à leurs réticences dues à la peur de l’inconnu, à leur habitude d’utiliser des outils propriétaires et parfois, à leur manque de confiance en votre personne au prétexte de votre jeune âge et de votre supposé manque d’expérience.

Ce stage fut un véritable combat au nom de l’éthique et de mes propres convictions, mais il fut aussi porteur d’espoir : les libristes sont plus nombreux que je ne le pensais, et mon déplacement à mon tout premier meeting (les RMLL 2018) va probablement m’aider à mieux connaître (et sympathiser !) avec les différentes communautés et me permettre de définir plus précisément mon parcours professionnel en vue, dans l’idéal, d’un métier dans ce domaine.

Vive le libre !

@Neil@shelter.moe




Khrys’presso du lundi 2 juillet

1- Brave New World
La Chine bloque HBO après la satire de Xi Jinping par John Oliver dans son show Last Week Tonight (en anglais ; le lien direct vers la vidéo)
Venezuela is blocking access to the Tor network
Bac 2018 en Algérie : la coupure Internet plombe l’activité des entreprises
Les gens se vengent des robots en trompant les caisses sans humains des supermarchés
L’intelligence artificielle au service de la conformité au RGPD
Cloud Act, l’offensive américaine pour contrer le RGPD
Aux États-Unis, les données de géolocalisation téléphoniques désormais protégées par la Constitution
La Californie vote une loi sur la protection des données (voir aussi : La Californie fait voter une loi plus exigeante en matière de vie privée) mais Facebook et Google manœuvrent et font du lobbying en sous-main, en y consacrant des centaines de milliers de dollars, pour éviter que cette loi ne gêne leur business, d’après The Intercept.
Le MIT peut voir vos mouvements au travers des murs grâce au Wi-Fi

Playing with Ghosts – Photo par Wade Simmons (CC BY 2.0)

 

À partir de quel moment une entreprise de la tech devrait-elle refuser de développer des outils pour le gouvernement ? (en anglais).
2 – Spécial France…
Des véhicules autonomes à la demande expérimentés à Rouen, une première en Europe
Le ticket de caisse va-t-il disparaître ?
Le gouvernement interpellé sur les parents qui utilisent leurs enfants sur YouTube
Grande école du numérique : 11.000 étudiants, peu de femmes et de CDI
Le Conseil constitutionnel appelé à se prononcer sur le « délit de solidarité »
Dans un rapport, la Cimade souligne la hausse en 2017 des « non-admissions » aux frontières en France
Le recours aux armes à feu par les policiers a fortement augmenté en France en 2017

3 – GAFAM
• Données personnelles : l’UFC Que Choisir dénonce les petits arrangements entre GAFAMs (actu reprise entre autres par Numerama et Le Monde).
Pourquoi Facebook et YouTube se lancent dans le payant
Facebook et YouTube seraient les deux services qui exposent le plus les enfants au sexe, à la violence et aux suicides
• Google aime l’open source…(en anglais) mais aussi les DRM
• Ah tiens, en parlant de DRM : Metal Gear Rising injouable sur Mac à cause des DRM 😉

 

Image d’après Etamme (CC BY 3.0) En savoir plus sur les DRM ? Une synthèse de l’APRIL est disponible

 

 

Sinon, cette semaine, Facebook continue à se prendre les pieds dans le tapis…
Facebook s’emmêle et fait fuiter des données Facebook Analytics
Sur Facebook, des tests de personnalité très bavards
• On connait désormais quelles sont les différentes sociétés à qui Facebook livrait des informations liées aux utilisateurs de sa plateforme, en d’autres termes, vos données de profil.
…à ne plus trop savoir sur quel pied danser…
Facebook abandonne l’idée de construire ses drones donnant accès à Internet, mais pas le projet Aquila
Le Festival de Film de Fesses n’est pas le bienvenu sur Facebook
… alors du coup…
Facebook n’est plus l’idole des jeunes (snif ;-))

Copie d’écran : désolé, quelque chose s’est mal passé

4 – Toujours plus de PeerTube !
Dans la « presse »
PeerTube: An Open Source YouTube Alternative To Beat Censorship
PeerTube, le YouTube libre, se finance sans peine sur Kisskissbankbank
Et aussi…
Peertube en page d’accueil de Qwant \o/
Les instances repérées cette semaine
L’instance de la Blender Foundation
L’instance Peertube de l’académie de Lyon
Une instance pour partager des vidéos en Creative Commons
Skeptikón, une instance peertube autour de la zététique, de l’esprit critique, du scepticisme de manière plus générale.

5 – Les lectures de la semaine
Les mèmes les plus toxiques sont aussi les plus performants

La guerre des navigateurs est terminée et nous l’avons perdue.

Nous l’avons perdue parce que nous avons abandonné le futur de l’informatique personnelle — le web et le mobile.

L’essentiel du parc est contrôlé par une régie publicitaire dont le modèle économique est de surveiller et régenter tout ce que vous faites sur vos appareils. Google et Chrome c’est ça.

(…)

Le résultat c’est que nous avons besoin d’Opera, Firefox et Edge, aujourd’hui, même si ce n’était que pour forcer Chrome et Safari à continuer à jouer le jeu. Ceux qui ont connu la première guerre des navigateurs savent de quoi on parle. On joue un peu l’avenir du web et du mobile. Rien que ça.

À lire dans : Après la seconde guerre, le web et le mobile

Jusqu’où va aller l’hypocrisie des géants du net et des fabricants ?
• Gee publie Working Class Heroic Fantasy chez Framabook « un livre pour donner la niaque »
Engagement_atypique, le parcours de quota_atypique interviewée pour le framablog.

6 – Les BDs/images/graphiques de la semaine
Personnalisation
Appeau
Une question de principes
Please note…
Les maths, c’est vache…(ment bien)
Fierté
Coupe du Monde
Verre à moitié plein…
BD : « La guerre des fourmis » (épisode final)

7 – Les vidéos de la semaine
Les données collectées par les pisteurs
Droit d’auteur : doit-on marquer les œuvres à la culotte ? (podcast)
Interview de Pouhiou au JT de @LeMediaTV

8 – Les actions de la semaine
Plaintes massives dans toute l’Europe contre la rétention illégale de nos données (voir aussi : 62 associations s’attaquent à la rétention des données de connexion en Europe et Conservation des données par les opérateurs télécoms: 62 associations saisissent la Commission européenne ).
Directive Copyright : le vote du Parlement européen fixé au 5 juillet
Texte commun : « Nous ne laisserons pas Bure devenir la nouvelle affaire Tarnac !
ToS;DR : aidez à noter les conditions générales d’utilisation que personne ne lit

9 – Les autres chouettes trucs de la semaine
StartTLS Everywhere : le projet pour que vos mails soient transmis en toute sécurité
GNOME et Mozilla s’associent pour atteindre le monde universitaire
Les RMLL 2018 Strasbourg arrivent à grand pas !
linuxjobs.fr/ arrive sur Mastodon ! (plusieurs comptes, chercher @linuxjobsfr)

 

devant deux cafés, discussion : le personnage de gauche voudrait un café allongé, le personnage féminin de droite indique qu'il suffit de cliquer sur sa tasse pour accéder à son blog

Avec à nouveau un grand merci à Goofy pour le coup de patte 🙂