Microsoft va finir par vous payer pour utiliser son navigateur !

Quelque chose me dit que c’est la pure panique en ce moment au QG de Microsoft, section navigateur Internet, division marketing.

En effet, la nouvelle version 8 d’Internet Explorer n’a pas réussi à inverser la tendance, qui voit le navigateur de Microsoft perdre inexorablement des parts de marché. Un marché actuellement en ébullition où l’on ne se demande pas si Firefox dépassera Internet Explorer mais quand il le dépassera (sans parler de la cerise sur le gâteau que constitue l’apparition de Google Chrome).

Comment faire alors pour bien se positionner par exemple dans les nuages et imposer ses solutions Windows Live, si on ne possède pas (ou plus) le navigateur ? Par la seule qualité de nos produits propriétaires ? C’est impensable ! Alors on brainstormise dans tous les sens du côté de Redmond et, il faut bien le dire, on tente un peu le tout pour le tout.

Hier c’était « télécharge-moi, petit américain et tu nourriras huit personnes dans le besoin » (cf ce billet dédié). Aujourd’hui c’est « utilise-moi, petit australien, sinon tu n’as aucune chance de trouver les dix mille dollars qui se cachent quelque part sur le Grand Internet ».

Car la nouvelle campagne, prénommé Ten Grand is Buried Here, est donc une chasse au trésor numérique. Mais pas n’importe laquelle. Elle est très sélect celle-là, discriminatoire même, puisque uniquement réservée à ceux qui naviguent sous Internet Explorer version 8.

Et que se passe-t-il si vous avez le malheur d’arriver sur le site du jeu avec autre chose qu’Internet Explorer 8 ? Le moins que l’on puisse dire c’est que vous êtes plutôt vertement accueilli !

Notez que la fraicheur de l’accueil dépend de votre navigateur. Un script est ainsi chargé de le reconnaitre et de vous proposer alors une page d’accueil personnalisée en fonction du navigateur détecté. S’il s’agit d’Internet Explorer version 6 ou version 7, on se montrera plutôt conciliant. Mais il en ira différemment avec Google Chrome (qualifié de « terne »), Apple Safari (« ennuyeux ») et, bien entendu, Mozilla Firefox (« old »), comme vous pouvez le constater avec cette copie d’écran ci-dessous :

Copie d'écran - Microsoft - Ten Grand is Buried Here

En voici la traduction :

Nous avons caché 10 000 dollars quelque part sur Internet, et c’est le premier qui les trouve qui les garde.

En revanche, vous ne risquez pas de mettre la main dessus si vous utilisez ce bon vieux Firefox.
(Alors débarrassez-vous-en, ou débarrassez le plancher.)

Si vous voulez vraiment avoir une chance de décrocher le gros lot, installez Windows Internet Explorer 8 sans plus tarder. Suivez @tengrand_IE8 sur Twitter pour obtenir les indices qui chaque jour vous orienteront vers le magot.

Alors, vous êtes partant ? Super ! Voici la marche à suivre :

1. Virez le navigateur que vous utilisez en ce moment. Si vous essayez de trouver les 10 000 dollars avec Firefox, vous n’irez pas loin.

2. Téléchargez le meilleur navigateur que Microsoft ait jamais conçu : Internet Explorer 8. C’est le seul navigateur capable de déchiffrer tous les indices.

3. Suivez @tengrand_IE8 sur Twitter pour récolter chaque jour un nouvel indice. Les indices seront livrés à des heures différentes à partir du vendredi 19 juin.

4. À l’aide des indices et de votre perspicacité, déduisez où se trouvent les 10 000 dollars.

Si vous êtes le premier à localiser le trésor caché, il est à vous.

Comment savoir si vous l’avez trouvé ? C’est une page Web très bien cachée que seul Internet Explorer 8 peut afficher. Quand vous l’aurez trouvée, aucun doute, les 10 000 dollars seront à vous.

Traduction effectuée par Don Rico (que l’on ne reverra pas de sitôt puisqu’il s’est mis en tête de décrocher le gros lot pour soutenir Framasoft).

Vous me direz qu’on peut prendre cela au second degré et qu’à agir de la sorte Microsoft annonce clairement la couleur, mais tout de même !

Microsoft espère-t-il ainsi faire découvrir Internet Explorer version 8 à de nouveaux utilisateurs qui, séduits, le conserveront comme navigateur par défaut même après le jeu ? J’en doute, mais pourquoi pas après tout.

Et si ça ne marche toujours pas, pourquoi ne pas envisager l’étape ultime de cette drôle d’escalade : payer directement l’utilisateur pour qu’il adopte durablement IE 8 ?! D’où le titre provocateur de ce billet.

En fait, comme pour l’opération contre la faim, Microsoft ne peut s’empêcher de placer au cœur de sa communication l’un des éléments qu’elle maitrise le mieux : l’argent.

Je ne voudrais pas verser dans l’angélisme mais quand Mozilla se met en branle, ça insiste plutôt sur l’échange, la rencontre, la formation et l’implication collective. Comme dirait Monsieur Bordeau Chesnel : nous n’avons définitivement pas les mêmes valeurs…




Le Mozilla Service Week nous attend en septembre

Woodley Wonderworks - CC byMême si elle y réussit fort bien, la mission de Mozilla dépasse celle de nous proposer un navigateur et quelques autres logiciels de qualité. C’est écrit noir sur blanc dans leur Manifesto : « nous créons des communautés qui s’impliquent pour rendre l’utilisation d’Internet meilleure pour chacun de nous ».

L’initiative Mozilla Service Week (que nous avons traduit par « Semaine d’Entraide Mozilla »), qui aura lieu en septembre prochain, s’inscrit dans la droite ligne de cette démarche.

Certains s’étonneront peut-être de voir Mozilla aller au delà du logiciel et faire, pour ainsi dire, « dans le social ». Je pense au contraire que c’est non seulement louable mais nécessaire. Ici on utilise sa notoriété, son influence, son impact et son marketing au service d’une action qui demande une implication forte de la part des participants[1].

Lorsque vous vous rendez sur le site de la campagne, deux choix s’offrent à vous : Je souhaite aider et J’ai besoin d’aide. À comparer avec la récente opération Microsoft : Combattre la faim en téléchargeant Internet Explorer 8.

Faites la différence : La semaine d’entraide Mozilla !

Be the Difference: Mozilla Service Week!

Mary Colvig – 15 juin 2009 – The Mozilla Blog
(Traduction Framalang : Poupoul2)

Mozilla lance aujourd’hui la toute première Semaine d’Entraide Mozilla. Dans la semaine du 14 au 21 septembre 2009, nous demandons au gens de se rapprocher et de faire la différence en utilisant le Web pour améliorer leur communauté. Mozilla est une communauté qui a une mission de rendre le Web meilleur pour tout le monde. Lorsque des membres de notre communauté décident de lancer une action, ils ont la capacité de faire une sérieuse différence.

Nous recherchons des gens qui souhaitent partager, donner, s’engager, créer et collaborer en donnant leur temps et leur talent à des organisations caritatives publiques locales, à des ONG ou à ceux qui ont besoin de leur aide. Notre objectif est de soutenir des initiatives comme :

  • Enseigner aux séniors l’usage du Web
  • Montrer aux ONG comment utiliser les réseaux sociaux pour agrandir leur base d’adhérents.
  • Installer un réseau sans fil dans une école
  • Créer des tutoriaux sur les réseaux d’ordinateurs de bibliothèques
  • Récupérer et ré-utiliser du matériel pour un centre informatique local
  • Aider une ONG à mettre à jour son site Web ou sa base de données
  • Et plus encore…

Chacun devrait avoir la possibilité d’apprendre comment utiliser Internet, d’y avoir un accès facile, et d’avoir une bonne expérience lorsqu’il est connecté. Aussi, si vous avec du talent pour l’écriture, la conception, la programmation ou le développement, ou tout savoir faire technique associé, rejoignez La Semaine d’Entraide Mozilla ! Mais Mark Surman (Directeur exécutif de la Fondation Mozilla) affirme également : « Nous invitons les gens à s’impliquer de manière active avec Mozilla, même s’ils ne savent pas coder, tester ou localiser. Cela permet à tout un chacun d’avoir l’impression de contribuer à construire un Internet meilleur. » Ensemble nous pouvons faire du Web un endroit meilleur pour tout le monde !

Durant les semaines à venir, la Semaine d’Entraide Mozilla sera disponible dans de nombreuses langues et avec des partenaires supplémentaires, grâce à l’aide de la communauté Mozilla.

Pour en savoir plus sur comment faire la différence en vous portant volontaire ou en écoutant les besoins de votre organisation, rendez-vous sur mozillaservice.org. Vos compétences Internet, peu importe que vous soyez novice ou utilisateur avancé, peuvent changer la vie des gens et rendre le Web meilleur pour chacun.

Suivez-nous sur Twitter pour infos et mise à jour.

Notes

[1] Crédit photo : Woodley Wonderworks (Creative Commons By)




Mon compte Facebook sait-il que je n’ai plus de toit ?

Hrvoje Go - CC byOn n’y pense pas toujours mais en France près de la moitié des « foyers » n’est toujours pas connectée à Internet. Et que se passe-t-il si on n’a carrément pas de foyer ?

Doit-on renoncer à la « vie numérique » ? Pas forcément, mais on imagine sans peine les difficultés rencontrées.

C’est l’objet d’un récent reportage du Wall Street Journal. On peut se passer de télé, de radio, de journaux mais plus difficilement d’Internet, nous dit l’un des protagonistes. A fortiori quand on l’utilisait « comme tout un chacun » avant notre mise à la rue. A fortiori quand la crise est désormais susceptible d’atteindre plus encore les jeunes et les classe moyennes précarisées[1].

Dans la rue et sur Facebook : sans-abri mais branché sur le Web

On the Street and On Facebook: The Homeless Stay Wired

Phred Dvorak – 30 mai 2009 – Wall Street Journal
(Traduction Framalang : Cheval Boiteux, Tyah, Don Rico)

M. Pitts n’a pas d’adresse postale. Mais il a un ordinateur et anime un forum sur Internet.

Comme la plupart des habitants de San Francisco, Charles Pitts a une vie en ligne. M. Pitts, 37 ans, a un compte sur Facebook, MySpace et Twitter, il anime un forum Yahoo, lit les journaux en ligne et garde le contact avec ses amis par courriel. Le plus difficile pour lui, c’est d’organiser sa vie numérique depuis son lieu de résidence : sous un pont d’autoroute.

« Pas besoin de télé, pas besoin de radio, même pas besoin de journaux papier », explique M. Pitts, poète amateur à la casquette violette et au blouson en polaire jaune, qui dit être SDF depuis deux ans. « Internet, par contre, c’est indispensable. »

L’exemple de M. Pitts démontre à quel point les ordinateurs et l’Internet ont imprégné la société. Il y a quelques années, certains craignaient qu’une « fracture numérique » sépare ceux qui ont accès aux nouvelles technologies et les autres. Les plus démunis n’ont certes pas les moyens de s’offrir un ordinateur et un accès à Internet. Pourtant, de nos jours aux États-Unis, même ceux qui n’ont pas de toit ressentent la nécessité d’avoir une adresse électronique.

La ville de New-York a installé quarante-deux ordinateurs dans cinq des neuf foyers qu’elle gère et projette d’équiper les quatre autres dans le courant de l’année. Environ la moitié des 190 autres foyers de la ville permettent d’accéder à un ordinateur. Selon le président de Central City Hospitality House, une association à but non lucratif de San Francisco, la moitié des visiteurs utilisant ces huit ordinateurs sont des sans-abri. Il y a une telle demande pour l’accès à ces postes que leur temps d’utilisation est limitée à 30 minutes.

D’après le personnel des foyers, le nombre de sans-abri équipés d’un ordinateur portable, qui reste faible, est en augmentation. SF Homeless (NdT : Sans-Abri de San Francisco), forum créé il y a deux ans, compte 140 membres. On y trouve les dates et horaires des réunions pour les logements sociaux et des informations provenant de groupes similaires actifs au Nouveau-Mexique, en Arizona, et dans le Connecticut. Il est complété par un blog qui propose des sondages en ligne sur la vie dans les foyers.

Les prix de plus en plus bas des ordinateurs et l’accès gratuit à Internet alimentent ce phénomène, ainsi que la maîtrise de l’outil informatique de plus en plus généralisée au sein de la population. Pour répondre à une offre d’emploi ou faire une demande de logement, les démarches se déroulent de plus en plus souvent en ligne. Selon certains membres d’associations d’aide aux sans-abri, la crise économique va jeter à la rue de nombreuses personnes issues de la classe moyenne habituées à l’Internet.

Âgé de 29 ans, Paul Weston se destine à une carrière de programmeur. Son Powerbook Macintosh, nous confie-t-il, est pour lui un véritable « canot de sauvetage » depuis qu’il a dû s’installer dans un foyer après avoir perdu son poste de réceptionniste d’hôtel en décembre dernier. Installé dans un magasin Whole Foods qui propose un accès Internet gratuit, M. Weston cherche du travail et écrit un programme informatique qu’il espère réussir à vendre. Il a envoyé des courriels aux élus de la ville pour demander l’amélioration des conditions de vie dans les foyers.

Lisa Stringer, qui dirige une formation où l’on apprend aux SDF et aux habitants défavorisés à chercher un emploi et à se servir de l’outil informatique, explique que certains de ses étudiants, alors qu’ils ne savent ni lire ni écrire, économisent pour se payer un ordinateur. « Dans la société actuelle, posséder un ordinateur signifie qu’on est à la page et connecté », analyse-t-elle. Il lui arrive parfois de conseiller vivement à ses étudiants sans-abri d’attendre que leur situation se soit stabilisée avant d’acheter un portable.

Avoir une vie en ligne lorsqu’on vit dans la rue exige une grande détermination. L’électricité et l’accès à Internet sont des denrées rares. S’ajoutent à ces difficultés les menaces telles que la pluie et le vol.

Robert Livingston, 49 ans, trimballe son portable Asus partout depuis qu’il a perdu son logement en décembre dernier. Homme soigné qui dépense une partie de son allocation mensuelle de 59 dollars chez le coiffeur, M. Livingston raconte qu’il a démissionné d’un poste d’agent de sécurité l’année dernière, et qu’il n’a pas réussi à retrouver du travail à cause de la crise.

Lorsqu’il s’est rendu compte qu’il allait devenir SDF, M. Livingston a acheté un sac à dos robuste pour ranger son matériel, un cadenas pour son casier du foyer et un compte Flickr Premium à 25 dollars pour diffuser ses photos numériques.

Il y a peu, installé dans un café où les clients peuvent parfois profiter de la connexion sans fil, M. Livingston montrait fièrement sa page personnelle, qui propose des liens pour des leçons de chinois.

M. Livingston affirme que son ordinateur l’aide à rester en lien avec la société et à garder son humanité. « Être dans la rue, c’est effrayant », nous confie-t-il. « Sur Internet, je suis sur un pied d’égalité avec tout le monde. »

Pour Skip Schreiber, philosophe amateur de 64 ans qui vit aujourd’hui dans une camionnette, le plus gros défi pour rester connecté, c’est l’électricité. M. Schreiber était chauffagiste avant que le stress et une dépression liés au travail ne le mettent sur la touche il y a quinze ans.

Pour son 60ème anniversaire, il a puisé dans sa pension d’invalidité mensuelle pour s’offrir un ordinateur portable, branché sur la batterie de son véhicule, et a appris seul à s’en servir. « J’aimais le concept d’Internet », explique M.Schreiber, « cette source illimitée d’opinions et de réflexion ».

Récemment, M. Schreiber a changé de machine pour un Mac parce que celui-ci consomme moins. Quand il le peut, il coupe le ventilateur et l’antenne WiFi, et rafraîchit son portable en le posant sur un chiffon humide. Grâce à ces astuces, affirme-t-il, il réussit à faire durer sa batterie jusqu’à seize heures, à condition de proscrire les vidéos.

Dans sa camionnette où s’entassent caisses à outils, matériel électrique et couchage, M. Schreiber nous montre le contenu de son disque dur, qui comprend l’intégralité des codes civil et pénal de la Californie, ou encore des fichiers sur des penseurs tels que Thomas d’Aquin ou le psychologue Philip Zimbardo. M. Schreiber explique que les écrits sur le comportement et les aspirations des hommes l’aident à mieux appréhender son sort.

« Nul ne se conçoit comme un sans-abri », déclare-t-il. « Nous faisons nos choix au mieux, selon ce qui nous est donné. »

Michael Ross produit lui-même son électricité, grâce à un groupe électrogène installé à l’extérieur de sa tente jaune et bleue. Depuis un an, M. Ross assure la surveillance d’un parking où est entreposé du matériel de construction, grâce à un accord passé avec le propriétaire. M. Ross, qui n’a que sa pension de vétéran pour survivre, estime être SDF depuis une quinzaine d’années.

Sous la tente, ce cinquantenaire taciturne possède un laptop HP pourvu d’un écran de 17 pouces et d’un espace de stockage de 320 Go, ainsi que quatre disques durs externes supplémentaires d’une capacité totale de 1000 Go, l’équivalent de 200 DVDs. M Ross adore les films. Il en loue certains en ligne, sur Netflix et Blockbuster, et en télécharge d’autres grâce à une connection Ethernet à la bibliothèque publique de San Francisco.

L’autre soir, M. Ross s’est installé sur son sac de couchage pour regarder un épisode des X-Men, obligé d’écouter au casque pour couvrir le vacarme du groupe électrogène. Lorsqu’il se rend en ville, il emporte tout son matériel avec lui par sécurité. Son sac-à-dos est plein à craquer de cordons et de gadgets électroniques emballés dans du papier-bulle. Selon M. Ross, le poids ne lui pose pas problème.

M. Pitts, le poète qui vit sous un pont, retient de tête une liste d’endroits où il peut recharger sa batterie et se connecter à l’Internet, endroits parmi lesquels on trouve un coin peu fréquenté d’une des gares de la ville et des cafés équipés du WiFi, dont les patrons tolèrent que l’on s’y installe pour longtemps et avec beaucoup de sacs.

Expulsé de son appartement il y a deux ans, M. Pitts raconte : « Je me suis dit que mon existence et ma vie ne s’arrêtaient pas parce que je n’avais plus de toit ».

Il s’est alors acheté un portable Toshiba. Lorsque celui-ci a rendu l’âme, il l’a remplacé par un Dell d’occasion. Le mois dernier, l’écran du Dell s’est cassé. À présent, pour consulter son courrier électronique et participer à son forum consacré aux problèmes des sans-abri, il se sert des ordinateurs des bibliothèques et des campus universitaires, ou encore d’un portable caché par un de ses copains derrière le comptoir d’un café.

Ayant appris il y a un mois que le Dalaï Lama devait venir en viste dans une soupe populaire des environs, M. Pitts est allé sur Wikipédia faire une recherche sur le chef spirituel bouddhiste et a copié le texte de l’article sur son iPod pour le lire au lit, sous le pont qui l’abrite. « Sous ma couverture, à l’abri d’une bâche plastique, j’apprends des tas de trucs sur le Dalaï Lama. »

M. Pitts compte bientôt réussir à économiser assez d’argent pour se racheter un ordinateur. Il espère pouvoir en trouver un à moins de 200 dollars.

Remarque : Sur le site d’origine du Wall Street Journal, on trouve un diaporama avec une dizaine de photographies « en situation » des personnes citées dans l’article.

Notes

[1] Crédit photo : Hrvoje Go (Creative Commons By)




Largage de liens en vrac #18

Whatsername? - CC by-saCe n’est pas un grand cru de news logicielles, loin s’en faut (sans être non plus de la piquette).

Faut vous avouer aussi que je n’ai pas forcément été très attentif cette semaine à l’actualité. La faute à une entité virtuelle rencontrée sur GNM (Gnm is not Meetic).

Or justement ce soir, c’est notre premier rendez-vous. Tout comme mon port LPT1, j’espère faire bonne impression. À la question : mais comment vous reconnaitrais-je ? Elle m’a répondu qu’elle tiendrait un ballon vert à la main[1]. On a beau être éduqué à la grandeur d’âme, je l’espère tout de même un peu jolie…

  • Moovida : Un média player de plus ? Oui mais l’interface est vraiment bien pensée et très esthétique. Quelqu’un a testé ?
  • meta-iPod : Ce logiciel se présente comme un iTunes Cleaner. Comme je connais pas bien iTunes, je ne peux pas trop vous en parler. Mais je peux vous balancer telle quelle la description du site officiel : « meta-iPod can clean up an iTunes library with as many features as a Swiss Army Knife. From recovering ratings and play counts from your iPod to tracking down files or folders gone missing, meta-iPod analyzes all data sources containing your music to put the pieces of the puzzle back together. »
  • DSpace : Une plate-forme d’archivage de documents orientés recherche et enseignement. Le mieux c’est encore de take a tour si vous souhaitez aller au delà de ma présentation vague et floue.
  • BitBlinder : L’Hadopi va adorer puisqu’il s’agit du faire du Bittorrent mais de manière sécurisée et anonyme ! (on en parle sur TorrentFreak)
  • Hemlock : Tout nouveau. Un framework qui mélange le format Flash (bouh) et le protocole ouvert de messagerie instantanée XMPP (clap, clap) pour offrir la discussion en direct live aux développeurs qui souhaitent inclure ce module dans leurs applications Web.
  • Wagn : Je vous traduis l’équation qui figure en page d’accueil : un wiki (où les gens écrivent ensemble) + une base de données (où les gens organisent ce qu’ils ont écrit ensemble) + un CMS (pour faire de chouettes sites Web) = un Wagn (où les gens font tous ensemble de chouettes sites Web).
  • Appcelerator : Un framework de développement d’applications Internet riches (RIA) qui semble très ambitieux sur le papier et qui permet de créer rapidement des programmes non seulement pour Windows, Mac ou Linux mais également pour iPhone, Android & co (là encore cela dépasse de loin mes compétences, donc si quelqu’un veut nous en dire plus dans les commentaires…)
  • Tiny Core Linux : Sortie de la version 2.0 de cette mini-distribution GNU/Linux (env. 10 Mo) qui a ses adeptes. Et puis ça peut être utile sur une clé USB ne serait-ce que pour la vitesse au boot.
  • jQuery SuperBox! : Tout le monde connait désormais l’effet lightbox, ces fenêtre qui s’ouvrent pour vous montrer généralement une image pendant que le fond s’obscurcit (certains sites en abusent même que). Ici on vous en propose une version légère, accessible, extensible et évidemment sous licence libre.
  • Jokosher : Il s’agit de « rendre la production audio simple ». Une sorte de Audacity en version light et ergonomique ?
  • Engine Room Audition : Faut vraiment voir la vidéo (et ses effets) pour comprendre. Assez artistique ma foi.
  • The Guide : Une application Windows only permettant de créer des documents puis de la classer dans une structure en arbre. La encore, les copies d’écran aident à mieux capter la chose. On notera que vous pouvez paramétrer le logiciel pour qu’il devienne pleinement portable (par exemple sur une clés USB à la manière de la Framakey).

Notes

[1] Crédit photo : Whatsername? (Creative Commons By-Sa)




Combattre la faim en téléchargeant Internet Explorer 8 !

Franco Folini - CC by-saUne fois n’est pas coutume, nous vous proposons aujourd’hui la traduction d’un communiqué de Microsoft, à destination des USA.

Il faut dire que l’initiative est, comment dire, « originale ». En téléchargeant sur un sité dédié à l’opération, entre le 8 juin et le 8 août, la dernière version d’Internet Explorer (la version 8), vous offrez, d’un simple clic, 8 repas aux déshérités américains, en vertu d’un partenariat contracté pour l’occasion entre Microsoft et l’association caritative Feeding America[1].

Ce site dédié s’intitule « Browser for the Better » que l’on pourrait approximativement traduire par « Un Navigateur pour un Monde Meilleur ».

Elle est pas belle la vie ? Vous restez tranquillement assis le cul sur votre chaise, vous appuyez sur le bouton de votre souris. Et vous contribuez à réduire la faim dans le monde !

Certaines mauvaises langues vous diront peut-être que Microsoft trouve là matière à se racheter une vertu à peu de frais, au moment même où son navigateur (le pire que le Web n’ait jamais connu) bat de l’aile face à la concurrence. Mais ne les écoutez pas, ce ne sont que des égoïstes qui ne se soucient pas des nécessiteux !

Microsoft et Feeding America joignent leur force dans le combat contre la faim

Microsoft and Feeding America Join Forces to Fight Hunger

Communiqué de Microsoft – 10 juin 2009 – Redmond
(Traduction Framalang : Dryt)

La campagne de Microsoft Browser for the Better s’engage à donner l’équivalent de huit repas pour chaque téléchargement de Windows Internet Explorer 8.

Plus de 17 millions d’enfants aux États-Unis reçoivent au sein même de leurs écoles publiques un petit déjeuner et un déjeuner gratuit ou à prix réduit. Lorsque ces écoles ferment pendant l’été, ces enfants perdent l’accès à ces aides. C’est pourquoi Microsoft Corp. et Feeding America allient leurs forces pour combattre la faim aux États Unis à travers la campagne Browser for the Better. Pour chaque téléchargement complet d’Internet Explorer 8, Microsoft s’engage jusqu’au 8 août 2009 à donner l’équivalent de 8 repas au réseau des 206 banques alimentaires de l’association Feeding America, association qui permet chaque année de nourrir plus de 25 millions d’américains.

« Cet été, plusieurs millions de familles aux USA souffriront de la faim. la demande en nourriture n’a jamais été si forte pendant ces dix dernières années. La campagne Browser for the Better permet d’un coté de sensibiliser au problème de la faim et de l’autre coté, il donne aux gens une possibilité simple d’aider leur voisin sans débourser d’argent. C’est un arrangement gagnant-gagnant entre Microsoft, Feeding America et les internautes participant à l’opération à travers le pays » déclare Vicki Escarra, Président et PDG de Feeding America, la plus importante organisation de lutte contre la pauvreté aux USA.

(…)

« Nos clients nous ont dit qu’ils voulaient avoir un impact sur la vie de leurs amis et de leurs voisins » explique Amy Barzdukas, directrice principale de la section Internet Explorer chez Microsoft. « La campagne Browser for the Better permet facilement aux gens de faire la différence. Ils ne sont pas seulement en train de contribuer à la société, ils obtiennent également un navigateur moderne, plus sûr, et conçu pour l’usage qu’en font les gens aujourd’hui. »

La campagne Brower for the Better met l’accent sur les qualités d’Internet Explorer 8. Lancé en mars dernier, Internet Explorer 8 offre une sécurité accrue, associée à grande simplicité d’utilisation et des performances techniques reconnues. Une étude récente du NSS Labs montre qu’Internet Explorer 8 est le n°1 dans la protection des logiciels malveillants et l’intégration de la protection de la vie privée propose plus de choix et un meilleur contrôle aux utilisateurs.

Plus d’information à propos de Browser for the Better et Internet Explorer 8 : http://browserforthebetter.com.

Notes

[1] Crédit photo : Franco Folini (Creative Commons By-Sa)




Rencontre avec Eric Bachard du projet OpenOffice.org

Qui a écrit « Voyage au bout de la nuit », réalisé « À bout de souffle » ou composé « Les Quatre Saisons » ? Je ne vous ferai pas l’injure de la réponse. Mais qui donc a codé Firefox, KDE ou Gimp ?

En temps qu’utilisateurs de logiciels libres, il nous arrive souvent d’oublier que derrière ces logiciels que nous utilisons et que nous aimons (et parfois contre lesquels nous pestons), il y a des développeurs, femmes et hommes de chair et d’os, souvent bénévoles, qui mettent leur cœur et leur talent pour les réaliser.

L’AFUL (Association Francophone des Utilisateurs de Logiciels Libres) et Framasoft ont souhaité collaborer dans une série d’interviews d’acteurs « bâtisseurs » de logiciels libres, afin de tenter de rendre ce mode de développement atypique plus compréhensible par tout un chacun, de comprendre les motivations de ceux qui s’impliquent, et (re)placer ainsi un peu d’humain au centre du logiciel.

Nous inaugurons cette rubrique avec Éric Bachard[1] membre plus qu’actif du projet OpenOffice.org.

Interview d’Éric Bachard par Laurent Séguin (AFUL)

Bmilcke - CopyrightBonjour Éric, pouvez-vous vous présenter rapidement ?

Bonjour, je m’appelle Éric Bachard, marié, deux enfants. Dans la vie, je suis professeur de Physique à l’UTBM, et dans le monde du logiciel libre, je suis contributeur à OpenOffice.org, depuis 2003, core développeur depuis 2005 et Lead du projet Éducation depuis 2007.

C’est quoi exactement un « core développeur » et comment le devient-on ?

J’utilise core développeur, pour parler du « core » (le cœur), par opposition à la programmation utilisant l’API d’OpenOffice.org. En effet, ayant beaucoup contribué au port natif Mac OS X, j’ai forcément dû mettre les mains dans le cambouis, et écrire du code pour les « fondations » d’OpenOffice.org. Comment devient-on « core dev » ? En fait, cela dépend 🙂 Depuis que l’on travaille avec des étudiants (surtout dans le projet Éducation), c’est assez bien défini, et le vrai terme est plutôt « Domain Developper », qui signifie qu’on a le droit de commiter dans tout module du code source d’OpenOffice.org, et de créer son propre « child workspace » (son propre espace de travail, mais visible de tous les autres devs sur le dépôt d’OpenOffice.org). En ce qui me concerne, quand j’ai été proposé, c’était un peu plus flou. Pour répondre simplement, on le devient après avoir fait ses preuves, et après une assez longue période d’observation. En fait, quand on m’a propose de commiter moi-même mes patches, j’ai été le premier surpris. J’avais pris l’habitude de les proposer sur une issue et d’attendre.

Donc OpenOffice.org applique le principe de la méritocratie 🙂

Oui, et c’est caractéristique du monde du logiciel libre.

Combien il y a-t-il de développeur au sein du projet ? Combien de bénévoles et de salarié dédié au projet

Le nombre exact n’est pas connu car dépend de critères utilisés pour le calcul, mais on peut parler grosso modo de 75 développeurs ayant écrit du code qui a été intégré dans OpenOffice.org les 6 derniers mois. Avec une règle plus large, on pourrait arriver a un peu moins de 90 personnes contribuant plus ou moins régulièrement pour OpenOffice.org.

Comment vivez vous le rachat de Sun par Oracle au sein du projet OpenOffice.org ?

Je pense que c’était plus ou moins prévisible que Sun allait se faire racheter. Par Oracle, ce fut une surprise. Maintenant, je pense surtout à tous les développeurs, basés principalement à Hambourg, et qui n’en savent pas beaucoup plus que moi. C’est surtout cela qui me préoccupe, car au bout du compte, derrière Sun, il y a des hommes et de femmes.

Cela pourrait-il porter préjudice au projet OpenOffice.org ?

Je ne pense pas. Le code source d’OpenOffice.org a longtemps été compris et maîtrisé par les gens de Sun seulement. Or, depuis quelques temps, ce n’est plus tout à fait vrai, et donc, quoi qu’il arrive, je pense que le code pourra être maintenu par la communauté. Maintenant, pour le projet, savoir que tout est propriété d’une entreprise qui a été rachetée, n’est pas une bonne chose. C’est surtout la propriété du nom « OpenOffice.org » par Sun qui pose le problème de la pérennité d’OpenOffice.org. Pour le reste, le code source étant libre, le travail continue.

Donc sans Sun, le projet est désormais viable par lui même ? Quel est l’investissement de Google, qui utilise OpenOffice.org dans la cadre de son projet Google Documents ? Il y a-t-il d’autres entreprises qui participent activement ?

Dans l’ordre : je pense que sans Sun, le code source est maintenable, mais les meilleurs développeurs sont des Sunnies (NdA : employés de Sun), et il faut en tenir compte dans la balance : ce sera difficile sans eux, si jamais. Certains sont peut être la depuis le début aussi.

Second point : l’investissement de Google, depuis plus d’un an, me semble moindre. Pour illustrer mon propos, cela fait maintenant 2 ans que le projet OpenOffice.org n’a plus de slots pour le Summer of Code, et la réponse « politiquement correcte » qui m’a été faite par exemple par Leslie Hawthorn (NdA : Program Manager de l’équipe Open Source de Google et gérante du Google Summer of Code), c’est que « tous les projets ne peuvent être retenus ». En vérité, le torchon brule entre Google et Sun, mais je ne souhaite pas aller sur ce terrain, car je n’ai pas assez d’informations.

Enfin, pour les entreprises qui participent activement je suis autant que je peux les travaux du groupe « Performance » et je vois régulièrement des gens de RedFlag2000 (NdA : entreprise chinoise développant des produits commerciaux basés sur OpenOffice.org), et d’IBM présents, avec des idées, et des travaux en cours. Il y a bien entendu aussi des gens de RedHat, et de Novell, et d’autres. Désolé, j’avoue surtout connaître les gens par leurs noms, plutôt que par le nom des entreprises qui les emploient, tout cela en compagnie des gens de Sun Germany.

Vous avez développé bénévolement une version spécifique d’OpenOffice.org orienté pour l’éducation, OOo4Kids, pouvez vous nous en parler ?

En fait, c’est en cours de développement, même si elle fonctionne déjà relativement bien

Quel est l’objectif de cette version ?

OOo4Kids - GdiumIl s’agit d’une version allégée d’OpenOffice.org (puisque fonctionnant aussi sur XO et Gdium), sans Base, ni Java et qui doit répondre aux besoins réels des enseignants et des élèves de 7 a 12 ans. Dans la plupart des écoles, les machines sont vieilles et peu puissantes, et il était impératif d’améliorer la vitesse, la taille de l’archive, et surtout, l’interface utilisateur de base inadaptée.

J’avais tout d’abord enlevé l’éditeur d’équations, mais je vais le remettre, au moins partiellement, car le programme de cycle 3 parle de fractions, et donc il faut pouvoir écrire des fractions. Cette version est née de la demande des enseignants.

Quand j’ai commence avec le projet Éducation, j’ai pris une grosse claque, car j’ai découvert que le monde de l’enseignement n’utilisait pas autant que je le pensais OpenOffice.org.

Les enseignants travaillent-ils avec vous sur les spécifications de cette version allégée ?

Oui, nous avons enfin établi le contact, et la coopération a commence. Et donc, j’ai fait la liste des doléances, et des besoins. ensuite, j’ai commence a travailler sur cette version Éduc, après avoir bien réfléchi.

Combien de personnes travaillent sur OO4Kids avec vous ?

OOo4Kids - GdiumLe cœur du projet, c’est a dire concernant le logiciel, c’est Ben Bois, Pierre Pasteau (étudiant Épitech Paris) Jean-Marie Lafon, et moi même. J’ai aussi reçu de l’aide de développeurs tels Thorsten Behrens (Novell), Philipp Lohmann (Sun), Herbert Duerr (Sun), Eike Rathke(Sun), Fridrich Strba (Novell) aussi. Cette aide concernait des points théoriques sur le code, et on gagne beaucoup de temps à travailler avec ceux qui le connaissent parfaitement.

Au passage, j’ajoute qu’OOo4Kids fonctionne sur toutes les machines que j’ai pu approcher 🙂 Linux (Intel, PowerPC, MIPS), Mac OS X (Intel et PowerPC), et Windows

Enfin, l’aide des enseignants qui testent et suggèrent des améliorations est très précieuse. D’ailleurs, on ne pourra pas avancer sans eux, puisque la validation sera faite par eux.

Quel soutient avec vous eu ou avez vous pour ce projet ? Notamment de la part du ministère de l’Éducation nationale ?

Les seuls soutiens que nous avons eus, sont (j’ai oublié de la citer précédemment) : Isabelle Hurbain, pour l’hébergement du Wiki, Microsoft pour la version de Windows XP que j’ai reçue (+ le SDK ), et aussi, depuis peu, Nicolas Jeudy avec TuxServices, mais il aide surtout EducOOo. Tout le reste, c’est du travail de bénévoles, et du temps.

OOo4Kids - WindowsQue vous manque-t-il pour OO4Kids ?

Pas mal de choses, en fait. On n’en est qu’à la 0.3 pour l’instant, mais je pense avoir du temps bientôt (mes cours vont se terminer dans trois semaines). Pour l’avancement, tout est décrit dans la Roadmap. Le code est basé sur le code de la future version 3.2 de OpenOffice.org.

Et plein de bénévoles pour contribuer au projet bien sur 😛

L’accord cadre entre le ministère de l’éducation nationale et l’AFUL pourrait-il vous être utile pour défendre le projet auprès du ministère ou des collectivités territoriales ?

J’avoue ne pas bien connaître cet accord. Cependant, après avoir rencontre Jean-Yves Jannas (NdA : membre du conseil d’administration de l’AFUL) lors du Salon Informatique de Maubeuge, je pense que nous allons devoir nous organiser mieux si une opportunité se présentait.

Merci Éric, il y a-t-il une question à laquelle vous aurez aimé répondre et que je n’ai pas posé ?

Oui : Est-il prévu que cette version devienne une version officielle ?

Et bien je vous la pose 😉

En fait, je suis en train de préparer la demande, afin qu’on puisse<considérer que cela devienne une partie d’OpenOffice.org. le problème théorique, c’est le fait qu’on dépose le nom OOo4Kids, ce qui risque de ne pas plaire. L’idée, c’est que le nom soit la propriété d’une association non profit, de façon a éviter la revente. Histoire vécue 😉

Comme décrit sur la page principale du wiki, il est question de reverser du code, si jamais quelque chose d’intéressant était implémenté dans OOo4Kids, et pouvait être réutilisé dans OOo.

Merci beaucoup d’avoir répondu à ces quelques question Éric. Un mot de fin ?

Merci beaucoup, de la part de tous ceux qui participent à cette belle aventure !

Notes

[1] Crédit Photo : Bmilcke (tous droits réservés)




Microsoft Office à l’école française : stop ou encore ?

Todd Baker - CC byEst-il si loin le jour où nous verrons en France un reportage similaire à celui que nous avons choisi de reproduire ci-dessous ? Titré « le boum des logiciels libres », il nous vient de la TSR (Télévision Suisse Romande) dans le cadre de son émission Nouvo consacrée aux « nouvelles tendances et technologies » (canal YouTube).

Que dire sinon que cela fait plaisir à voir et que nous applaudissons des deux mains ! Difficile en effet selon nous de faire mieux dans le temps imparti. Nous avions d’ailleurs publié un article dédié à cette évolution libre du Canton de Genève[1].

Faut-il le rappeler (et bien moins pour nous enorgueillir que pour déplorer l’immobilisme de la situation de l’autre côté des Alpes) : c’est peu ou prou exactement le même discours que tient le Framablog depuis un petit bout de temps déjà.

Ainsi, il y a tout juste un an (au moment même où le Café pédagogique se découvrait VRP de son généreux sponsor américain) nous avions fait l’effort de traduire un long rapport britannique qui déconseillait, étude sérieuse et détaillée à l’appui, l’usage en milieu scolaire de la suite bureautique propriétaire Microsoft Office 2007 ainsi que le nouveau (et tant décrié) système d’exploitation Windows Vista. Nous étions bien naïfs en pensant alors que ce rapport allait un tant soit peu émouvoir la communauté et réussir à faire naître un débat en haut lieu.

Car il n’en fut rien.

Peut-être parce que l’influence de Microsoft à l’école française demeure aussi efficace que disproportionnée ?

Cela n’empêche certainement pas la suite OpenOffice.org de se déployer silencieusement chaque jour davantage dans toutes les écoles Jean-Macé et les lycées Sud Médoc de France. Mais nous serions certainement allés bien plus vite sans cette résistance passive de notre administration, SDTICE en tête.

Le temps de la décision volontariste et du courage politique est-il enfin venu ?

On notera que le reportage ne se résume pas à l’éducation, puisqu’on y évoque par la suite brièvement la situation du logiciel libre dans le secteur privé (qui ne connait pas la crise) et le secteur public (ici en milieu hospitalier). Avec cette conclusion réaliste : « Pourtant le grand public hésite toujours à faire le pas, fidèle à Microsoft et autres leaders du marché ».

Le boum des logiciels libres

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Reportage : Zian Marro / Montage : Sandro Milone – 1 juin 2009 – TSR (Nouvo)

—> La vidéo au format webm

Transcript

Il s’agit de la retranscription de la première partie de la vidéo consacrée à l’éducation.

Voix off : Cours d’informatique dans cette classe de 8ème.

Le professeur : Le cours d’aujourd’hui consiste à faire faire aux élèves une feuille de calcul pour calculer leur moyenne à l’aide du logiciel libre Calc, qui est le correspondant en fait d’Excel.

Voix off : Les logiciels gratuits d’OpenOffice remplacent les bons vieux Word et Excel de Microsoft. Réputé compliqué, le libre a beaucoup évolué.

Un élève : C’est assez facile de travailler avec, surtout avec les profs qui nous donnent des consignes très claires. C’est très facile.

Voix off : Facile, mais aussi et surtout indépendant. Une ouverture qui plait aux profs.

Le professeur : On n’est pas soumis effectivement à l’hégémonie de certains logiciels. Pour avoir des nouvelles versions, à chaque fois il faut repayer etc. Donc, à mon avis, il faut s’affranchir dans une certaine mesure des logiciels dit propriétaires.

Voix off : Dans un ordinateur, le système d’exploitation, Windows par exemple, ainsi que les programmes sont payants. Aujourd’hui on peut facilement remplacer un, deux voire la totalité de ces coûteux logiciels par du libre. Et cette année l’État de Genève a édité un CD avec OpenOffice pour les élèves.

Une élève : Je trouve que c’est bien parce que comme ça on peut les avoir chez nous et on sait deja comment ça marche.

Voix off : Dans les écoles de Genève tous les ordinateurs sont equipés. L’État évite ainsi des frais de licences pour près de 900 000 francs par an, et surtout ne dépend plus de Microsoft.

Notes

[1] Crédit photo : Todd Baker (Creative Commons By)




À la manière du Petit Nicolas

Pink Sherbet Photography - CC bySi, comme moi, vous avez été bercé par le Petit Nicolas durant votre enfance, alors l’article ci-dessous devrait non seulement vous faire sourire mais vous émouvoir à peu près autant que la madeleine de Proust.

Une belle prouesse stylistique que nous propose là l’ami Ploum (dont c’est la deuxième reprise sur ce blog). Et une manière originale et percutante de faire réfléchir sur le fond (de la calle du bateau des pirates)[1].

Toute ressemblance ou similitude avec des personnages et des faits existants ou ayant existé, ne saurait pas forcément que coïncidence fortuite…

Le piratage

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Lionel Dricot (alias Ploum) – 7 juin 2009 – Licence Creative Commons By

L’autre jour à l’école, on a fait un spectacle pour les parents, un vrai avec une scène et des projecteurs. On était tous habillés avec des lunettes de soleil, des vestes en cuir et on criait « Allumer le feu ! » très fort, c’était terrible. Maixent avait une guitare électrique en plastique et Eudes tapait sur une batterie. Et vous ne devinerez jamais qui la maîtresse avait choisi pour faire le chanteur ! C’est moi ! J’avais un micro en plastique et je levais mes lunettes pour regarder le public. C’était très chouette, on s’amusait bien. Nos parents ont été drôlement impressionnés même que Maman a dit qu’elle n’imaginait pas que nous puissions faire autant de bruit.

Papa il m’a caressé les cheveux avec un grand sourire en faisant « Hé ! Hé ! » et il m’a dit qu’il avait été chanteur dans un groupe et qu’ils auraient certainement sorti un tas d’albums si il ne s’était pas marié, ce qui m’a étonné parce que je savais qu’il avait failli être international de football mais chanteur, ça c’était nouveau; il est terrible mon papa.

Et puis, le lendemain, le directeur est entré dans la classe.
— Debout ! a dit la maîtresse.
— Assis ! a dit le directeur.
Puis il a dit quelque chose à l’oreille de la maîtresse qui a fait les mêmes yeux que Clotaire quand il est envoyé au tableau.
— Mes chers enfants, a dit le directeur. Nous avons reçu une lettre signalant que nous avons utilisé lors de notre fête une composition musicale sans l’accord des ayant droits. À titre exceptionnel, aucune mesure ne sera engagée contre l’école mais vous aurez demain la visite d’un expert qui vous fera une séance d’information sur le piratage.

Nous on a pas vraiment compris ce qu’il voulait dire mais on a pas osé demander car on a bien vu à la tête de la maîtresse que c’était pas le moment de faire le mariole et puis la cloche a sonné la fin de la classe.

Le lendemain, on est tous arrivé tout excité à l’idée d’avoir une formation au piratage. Moi j’aime bien les pirates. Jeudi dernier j’ai vu un film de pirates terrible où le gentil pirate doit travailler sur le bateau du mauvais pirate avec des tas de pirates qui font « Et une bouteille de rhum ! » et « À l’abordage moussaillon ! » puis il s’enfuit en libérant sa fiancée et le perroquet qui était sur l’épaule du méchant. Ils trouvent le trésor et le méchant les retrouve dans la caverne juste quand ils vont sortir et ils se battent pendant que la grotte s’écroule. Terrible.

Geoffroy, qui a un papa très riche qui lui achète tout ce qu’il veut, était venu habillé en pirate avec un bandeau sur l’œil comme le mauvais dans le film de jeudi dernier et un sabre en plastique. Le bouillon a sonné la cloche et on s’est mis en rang pour rentrer en classe.

Dans la classe, la maîtresse nous attendait avec la même tête que Clotaire les jours de composition de grammaire et un gros monsieur habillé tout de noir qui souriait très fort. Elle a tapé avec sa règle sur le bureau et elle a dit :
— Je suis très contente d’accueillir Maître Brouzouf, de l’industrie musicale, qui va vous parler du piratage.
Moi ça m’a étonné qu’elle dise ça parce qu’elle avait pas l’air contente du tout la maîtresse et elle ne nous a pas dit d’être sages comme elle fait toujours quand l’inspecteur vient en classe alors qu’on est de toutes façons plutôt sages. Et puis le monsieur il n’avait pas vraiment l’air d’un pirate mais Rufus a dit que si ça se trouvait, il était déguisé pour pas se faire repérer et que les méchants ça se déguise souvent pour tromper le bon mais que le bon le démasque en disant « C’était donc toi vil faquin ! ».
— Merci, a dit le gros monsieur. Mes chers enfants, vous appréciez certainement la musique, tout comme moi. Cependant, faire de la musique est un gros travail et il est normal qu’un musicien soit payé pour son travail. En utilisant de la musique sans payer, vous empêchez un l’artiste de subvenir à ses besoins. C’est ce que vous avez fait lors de votre fête avec la complicité de votre enseignante au détriment d’un grand nom de notre patrimoine culturel.
La maîtresse est devenue toute rouge.
— Si vous téléchargez de la musique sur Internet, a continué le monsieur, vos chanteurs préférés n’auront bientôt plus de sous.
Moi j’ai été drôlement surpris parce que je savais pas que les chanteurs ils devaient payer pour qu’on puisse télécharger de la musique sur Internet.
— Est-ce qu’il y en a parmi vous qui savent comment télécharger ?
Moi j’ai dis que oui et que c’est mon papa qui m’avait appris quand on a reçu l’ordinateur, enfin pas tout de suite parce qu’il a d’abord fallu que papa comprenne comment il fonctionnait l’ordinateur parce qu’ils avaient tout changé au magasin et que mon papa était pourtant expert mais pas sur ce modèle là.
Le monsieur, ça n’a pas eu l’air de lui plaire qu’on aie changé l’ordinateur au magasin. Ses sourcils ont fait des drôles de mouvements et il a dit tout bas :
— Même les parents ! Mon dieu !
Et puis il m’a demandé comment je faisais et je lui ai dit que quand je reçois un email d’un copain, je clique sur « Télécharger la pièce-jointe » et, bing ! j’ai la photo rigolote sur mon bureau et je peux l’envoyer à d’autres copains et que si il voulait que je lui apprenne à télécharger de la musique, il n’avait qu’à m’en envoyer par mail et je lui montrerai le coup du bing ! sur le bureau.

Le monsieur m’a regardé avec des gros yeux et il a dit que, en téléchargeant, les artistes finirait à la rue.
— C’est pas grave, a dit Eudes, l’autre jour près de chez ma tante Claire, j’ai vu un musicien qui était dans la rue. Et les gens lui jetaient des tas de sous.
— Et puis, a dit Geoffroy, qui habite une grande maison, si un artiste n’a plus de sous, il pourra toujours venir chez moi.
— Sans blague, a dit Eudes, tu crois vraiment que Johnny viendrait chez toi ?
— Parfaitement, a dit Geoffroy.
— Plutôt loger sous un pont, a dit Eudes, et bing ! il lui a donné un coup de poing sur le nez.
Agnan, c’est le chouchou de la maîtresse et on l’aime pas trop mais on peut pas taper dessus à cause de ses lunettes, il a dit qu’il avait calculé que Johnny avait encore de l’argent pour 12.737 années et que la question ne se posait donc pas. Il est fou Agnan.
— On ne t’a pas sonné sale chouchou, il a dit Eudes en menaçant de lui donner un coup de poing sur le nez.
— Mes lunettes, j’ai des lunettes, a hurlé Agnan en se roulant par terre et en pleurant.

La maîtresse a envoyé Eudes et Geoffroy au piquet, elle a mouché Agnan et Maixent a demandé au monsieur qui ne disait plus rien et qui avait l’air un peu surpris si il savait pourquoi il ne pouvait pas lire le CD qu’il avait acheté avec les sous qu’il avait reçu la semaine dernière pour avoir fait septième à la composition d’arithmétique. Le monsieur a dit que c’était certainement que le CD avait une protection pour empêcher le téléchargement et Maixent lui a dit qu’il ne voulait rien télécharger du tout, qu’il voulait juste écouter le CD qu’il avait acheté et que, sans blague, si il avait su il aurait rien acheté du tout, c’est vrai quoi.

Rufus a dit au monsieur qu’il était un peu bête, que si il avait voulu empêcher les téléchargements, il fallait mettre un verrou sur les téléchargements, pas sur le CD.
— C’est vrai, a dit Alceste, un gros copain qui mange tout le temps. Ma maman a mis un cadena sur l’armoire à confitures à la maison. Si elle l’avait mise sur la remise du jardin, j’aurais pu continuer à avoir de la confiture. Vous êtes un peu bête quand même.

Le monsieur, ça ne lui a pas plût du tout l’idée de la maman d’Alceste. Il est devenu tout rouge et ses narines se sont agitées drôlement vite. Il nous a expliqué que lui-même travaillait dans la musique et qu’il voyait bien que si nous continuions à ne pas payer, les artistes arrêteraient de faire de la musique, que tout le monde serait très triste et que lui-même perdrait son travail. Joachim a levé le doigt et il a demandé au monsieur ce qu’il faisait comme musique. Le monsieur a répondu qu’il ne faisait plus de musique mais qu’il avait joué un peu de l’accordéon dans son jeune temps sur quoi Joachim a répondu que c’était normal qu’il ne touche plus de sous si il ne jouait plus de musique et qu’il ne voyait pas en quoi c’était de sa faute si le monsieur perdait son travail. Alceste a ajouté qu’il ne devrait s’en prendre qu’à lui-même si ses confitures disparaissaient.

Le monsieur a regardé la maîtresse, il a dit que nous étions une graine de potence, que nous finirions au bagne et il est parti en claquant la porte.

La maîtresse a poussé un long soupir et on s’est tous tenu drôlement calmes en se disant qu’on avait peut-être un peu fait les guignols et qu’elle nous mettrait en retenue jeudi. Au lieu de ça, elle nous a regardé avec un grand sourire et elle a rigolé en nous appelant ses petites graines de potence. La maîtresse, c’est la plus gentille du monde.

Parce que, c’est vrai, il faut reconnaître qu’on n’a pas été très très sages. On n’a fait que parler de musique et confitures et le monsieur, finalement, il n’aura pas eu le temps de nous parler des pirates et des bâteaux et des trésors. Heureusement, hier, le facteur a amené un paquet pour moi. C’était un cadeau de Mémé, vous ne devinerez jamais quoi ! Un livre avec des tas de pirates qui crient « Et une bouteille de rhum ! » et des trésors. Elle est très chouette ma mémé.

Ce texte, rédigé en bépo avec pyroom, est un honteux piratage sous licence CC By de l’œuvre de deux de mes héros, Sempé et Goscinny, a qui je dédie ce texte et une grande part de mon imaginaire.

Notes

[1] Crédit photo : Pink Sherbet Photography (Creative Commons By)