Permaculture et logiciels libres ?

Vous ne voyez pas le rapport ? Eh bien eux, si. La petite association allemande qui anime le projet Permaculture Commons a de modestes ambitions :  changer le monde.

Voici les objectifs que se donnent ses membres :

Nous voulons soutenir la transformation de la société vers une culture plus durable. En collaboration avec une vaste communauté, nous aimerions rendre les modes de vie durables et la permaculture aussi accessibles que possible. Nous croyons que la permaculture est la voie à suivre et que les outils numériques, les licences libres et la collaboration mondiale sont la voie à suivre pour diffuser le message.

Oui c’est rafraîchissant et un poil utopique diront les plus sceptiques. Mais après tout, chez Framasoft, nous voulons aussi changer le monde un octet à la fois et nous aimons présenter les CHATONS que nous sommes comme « des AMAP du logiciel libre ». De sorte qu’au-delà de l’analogie, ce rapprochement entre les militants écologistes et la culture libre a éveillé l’attention du groupe Framalang.

Ah et puis, vous avez vu le thème des Journées du Logiciel Libre cette année ? Oui, vous y verrez pas mal de membres de Framasoft — et la conférence de Pyg : Numérique et effondrement : est-il encore temps de faire du libre sans vision politique et écologique ? (non)

Voilà pourquoi nous avons traduit pour vous le rapide survol de deux domaines qui ont peut-être un intérêt mutuel à contribuer. Ce n’est pas une longue réflexion théorique mais quelques suggestions. Le prétexte à une réflexion que nous vous proposons d’entamer dans les commentaires, lesquels demeurent ouverts et modérés.

Traduction Framalang : Docendo, goofy, Cyrilus, Mika, Das, Lumi

page d’accueil du site permaculture commons avec un slogan sur fond de forêt illuminée de rayons de soleil : Œuvrer à l'édification d'un patrimoine commun de connaissances pour les peuples du monde entier qui veulent vivre une vie durable et autodéterminée.
Page d’accueil du site Permaculture Commons : «Travailler à un patrimoine commun de connaissances pour les peuples du monde entier qui veulent mener une vie durable et autodéterminée.»

 

Le terme « permaculture » est un mot-valise qui vient de l’association des deux mots « permanente » et « agriculture ». Il décrit une agriculture soutenable et respectueuse de l’environnement.
La notion a progressivement évolué pour englober maintenant des domaines comme les systèmes économiques, l’habitat et beaucoup d’autres formes de « culture permanente ».
L’objectif de la permaculture est de faire en sorte que les êtres humains soient à nouveau en phase avec les processus et les cycles de la nature, pour que nous puissions faire un usage efficace de la nature sans lui causer de dommages, mais en y contribuant.

Contexte

Le concept a été développé par Bill Mollison et David Holmgren dans les années 70 et comprend trois règles essentielles et douze principes de conception.
La Permaculture est un terme fluide et vague. Il inclut une grande variété de techniques, d’outils de conception et de modes de vie qui sont liés aux mêmes idéaux.
La plupart des idées viennent de l’observation de la nature. Les écosystèmes naturels, comme les forêts, n’ont pas besoin de fertilisants et ne produisent aucun déchet. Tous les éléments du système collaborent étroitement et remplissent des missions importantes. De telles observations peuvent souvent être appliquées au systèmes agricoles.

Citations

« Je suis sûr que je ne sais pas ce qu’est la permaculture. C’est ce que j’aime ; ce n’est pas dogmatique. […]

La permaculture a pour philosophie le travail avec la nature, plutôt que contre elle ; l’observation prolongée et attentive plutôt que le travail de la terre prolongé et irréfléchi ; et une façon de voir les plantes et les animaux dans toutes leurs fonctions, plutôt que traiter chaque élément naturel comme un système mono-produit. »

– Bill Molisson

Le droit d’auteur est une loi qui protège la propriété intellectuelle. Pour les auteurs c’était assez compliqué d’autoriser certains usages, tout en conservant d’autres droits. Les licences libres autorisent les auteurs à avoir plus de contrôle sur l’utilisation de leur contenu. Avec les licences bien connues Creative Commons les auteurs ont trois possibilités basiques :

  • Autoriser ou non les adaptations de leur travail pour qu’il soit partagé
  • Autoriser ou non les adaptations à la seule condition qu’elles soient sous la même licence
  • Autoriser ou non l’utilisation commerciale de leur travail

Avec l’aide de ce petit outil de sélection sur le site Creative Commons il ne faut que quelques secondes et trois clics pour choisir la licence valide la plus appropriée pour vous. Cette petite vidéo1 détaille la marche à suivre :

Donc les licences libres (ou permissives, domaine public, copyleft) sont facilement utilisables pour partager et utiliser les contenus. Wikipédia est l’un des succès typiques de l’utilisation des licences Creative Commons. La version anglophone dépasse les 5 millions d’articles et la version francophone propose plus de 2 millions d’articles sous licence CC-BY-SA
Cela semble logique puisque ces licences aident le grand public et les biens collectifs.

D’accord, mais comment le savoir libre et la permaculture sont-ils liés ?

La permaculture et le mouvement de la culture libre ont plus en commun qu’on ne pourrait le croire.
Par exemple :
* Les deux mouvements sont mondiaux, conduits par des convictions communes, très hétérogènes, décentralisés et travaillent fondamentalement pour le bien commun.
* Les deux mouvements se réfèrent à une série modeste de principes et règles (les 4 libertés), les 12 principes  et 3 points éthiques. Au-delà, les projets peuvent être très différents.
* Les solutions ou réalisations sont testées de façon indépendante, adaptées aux conditions de chacun et constamment améliorées. Dans les deux mouvements les personnes font preuve de curiosité et d’inventivité.
En particulier dans la sphère de la coopération (grâce à Internet), la culture libre a nettement plus d’expérience, et le mouvement de la permaculture pourrait en profiter.

L’idée

Imaginez davantage de documents sur la permaculture en licences libres et une promotion du libre échange des connaissances. Imaginez les connaissances communes pour les personnes du monde entier qui voudraient vivre une vie durable et autodéterminée : les communs de la permaculture.

Voici quelques idées dérivées des principes de la permaculture.

Fragments, photos, objets abandonnés, vieux livres… Internet et les bibliothèques débordent de contenus qui pourraient contribuer à des projets pratiques et vivants, mais qui tombent dans l’oubli.
Les licences libres peuvent aider à transformer les déchets en contribution. Si ces éléments oubliés peuvent être utilisés sans galère, ils seront utilisés. À vrai dire, les déchets ça n’existe pas.

« À plusieurs le travail est plus facile »
Écrire un livre : travail difficile. Coder un logiciel de planification pour la permaculture : pfff, c’est du lourd.
Commençons petit, travaillons ensemble. Les licences libres sont faites pour la coopération et rendent d’énormes projets possibles.
Le système d’exploitation GNU/Linux est un bon exemple. Commencé par une seule personne, amélioré par 100 000 autres et en fait utilisé par tous les internautes aujourd’hui. Une incroyable success story qui est rendue possible par les licences libres.
Au fait : le Permablitz permet à un groupe d’accomplir plus en un jour que vous ne pourriez réussir à faire seul en plusieurs semaines. Et cela a un équivalent direct dans le monde de la culture libre : dans un Book Sprint les auteurs se rassemblent et rédigent un livre entier en 3-5 jours, c’est assez excitant et des résultats sont de grande qualité.

Il est vrai que l’écriture est un travail solitaire, mais vous seriez surpris par toute l’amitié que peut offrir un groupe de personnages imaginaires une fois que vous vous êtes mis à les connaître.
– Anne Tyler

L’image de l’auteur solitaire est solidement ancrée dans notre culture. Mais les bénéfices de la collaboration de plusieurs personnes avec différentes approches, expertises et même fuseaux horaires sont énormes.
Pour atteindre de nombreuses personnes, vous avez besoin d’une variété de supports, langues et styles. La collaboration et les licences libres permettent une variété inattendue.

Quand le vent de changement souffle, certains construisent des murs de protection, d’autres fabriquent des éoliennes.
– Proverbe chinois

Le livre imprimé perd de son importance, les livres sont scannés, partagés et téléchargés illégalement. Les éditeurs et les auteurs ne gagnent pas assez d’argent. On le constate jour après jour.
Il semble hautement improbable que ces choses changeront dans un avenir proche. Des lois sur le droit d’auteur plus strictes et une protection de la copie élaborée pourraient ralentir ces tendances négatives, mais elles ne les arrêteront pas.
Les auteurs peuvent décider de lutter ou de reconnaître de nouvelles éventualités et les utiliser.




openSUSE, une distribution méconnue

À force de les rencontrer sur des événements libristes comme les RMLL et POSS, nous avons demandé aux ambassadeurs français d’openSUSE de nous parler de leur distribution GNU/Linux.

logo opensuseSalut ! Présentez-vous. Comment justifiez-vous votre existence ?

Nicolas : Je viens d’un monde pur Windows. Un jour j’ai dû monter un petit serveur web où je devais installer une version Linux de mon choix sans rien y connaître. J’ai trouvé un tuto openSUSE 10.3 expliquant comment installer un serveur Apache + PhP en deux clics avec Yast-HTTP et je suis tombé dedans. Ensuite j’ai voulu tester sur mon PC pour virer mon Windows XP LSD (si, si…). J’ai commencé en 2005 avec un dual boot pour terminer exclusivement sous openSUSE depuis 2008. J’ai pris part à la communauté, puis à la création de l’association loi 1901 en 2012 en tant que secrétaire. L’an dernier j’ai repris le flambeau en devenant président.

Formaliser une association pour la promotion d’openSUSE en France était une nécessité pour faciliter la présence des membres et ambassadeurs openSUSE aux salons. Ils étaient reconnus par le programme openSUSE international mais pas forcément légitimes vis-à-vis des organisateurs locaux. On a un système d’adhésion qui couvre le budget hébergement. Quant aux goodies en version française et les clés USB, on vend à prix coûtant pour autofinancer les rééditions. Une année on était en galère mais on a eu la chance d’avoir du sponsoring de SUSE France qui nous soutient quand ils le peuvent, que ce soit financièrement ou matériellement au travers de goodies, etc. C’est appréciable de reproduire dans l’hexagone la synergie entre la communauté opensource et l’entreprise.

Antoine : openSUSE est la première distribution que j’ai utilisée. Je l’ai découverte en 2008, dans un magazine Linux. Des amis à moi utilisaient Ubuntu et m’avait convaincu d’essayer mais je n’avais trouvé que ce magazine, avec un DVD d’openSUSE (10.3) à l’intérieur. J’ai accroché : le changement, le vert, le caméléon comme logo. Bref, je l’ai installée (dual-boot), cassée, réinstallée, recassée, etc. J’ai appris plein de trucs, notamment grâce au forum Alionet. J’ai depuis essayé d’autres distributions, « en dur » mais aussi dans des machines virtuelles. Au final, je reviens toujours vers openSUSE, parce que c’est là où je me sens le mieux.

J’ai commencé à écrire des news sur Alionet en 2014, après la mort de jluce, un des admins du site qui en écrivait plein. Je trouvais dommage de ne pas essayer de continuer ce qu’il avait commencé. J’écris des articles sur openSUSE, pour informer de l’actualité du projet ; parfois des tutos, notamment quand je vois plusieurs personnes ayant une même difficulté sur le forum ; et enfin, sur tout ce qui touche au libre en général.

Qu’est-ce qui différencie openSUSE des autres distros ?

À mon sens, c’est une distribution qui s’adresse aussi bien aux débutants qu’aux utilisateurs avancés (powerusers) avec un certain nombre de qualités :

  • La distribution répond aussi bien à des besoins de poste de travail, d’ordinateur portable ou encore de serveur (elle partage le même core SUSE Linux Entreprise Server). Je l’utilise sur mes propres serveurs qu’ils soient physiques ou virtualisés, mes stations de travail fixes ou portables. Quelle que soit l’utilisation, ce qu’appréciera l’utilisateur, c’est sa stabilité. D’ailleurs, il existe également des images ARM pour les Raspberry Pi, Pi2 et Pi3.
  • L’ensemble des environnements graphiques proposés ont le même degré de finition et d’intégration dans la distribution que ce soit sur l’ISO de base : KDE (défaut), GNOME (mon bureau par défaut), LXQt, XFCE mais aussi via les dépôts en ligne pour MATE ou Cinnamon ou encore Enlightenment.
  • L’outil d’administration Yast est un atout indéniable pour administrer la machine que ce soit les dépôts en ligne, l’ajout/suppression de logiciel, la gestion des services, des utilisateurs, etc. De nombreux modules sont disponibles et de nouveaux arrivent régulièrement pour suivre les évolutions technologiques comme Snapper pour gérer les instantanés (snapshots) du système de fichiers Btrfs ou encore celui pour gérer des conteneurs Dockers.
  • Pour les utilisateurs débutants il est possible d’installer via Yast un serveur web, FTP ou email en quelques clics. Idéal pour avoir une base fonctionnelle et ensuite « mettre les mains dedans ». D’ailleurs l’édition manuelle, n’invalide pas l’utilisation de YaST dans la majorité des cas.
  • Si l’utilisateur avancé ne veut pas utiliser Yast, il est tout à fait en droit d’éditer les fichiers de configurations manuellement et d’utiliser Zypper pour la gestion des paquets (un équivalent robuste de apt-get des familles DEB). Les administrateurs systèmes apprécieront également le dernier projet né : Machinery, un outil pour GNU/Linux afin d’inspecter les configurations des machines.
  • Ce que j’apprécie justement dans la communauté openSUSE c’est que les outils ne sont pas élitistes et profitent également aux autres distributions. Prenons par exemple l’outil OpenBuildService (OBS) qui est une forge utilisée pour construire des packages. L’instance publique utilisée pour les différentes versions d’openSUSE (et de SLES) est ouverte aux contributions, actuellement l’openSUSE Build Service héberge 47 593 projets, pour un total de 402 280 paquets dans 77 223 dépôts et est utilisée par 45 616 personnes. Il est simple et ouvert à tous de se créer un compte et packager sur cette plate-forme sans pour autant se limiter à *SUSE seulement, ni aux plates-formes Intel. Votre paquet peut-être construit pour toutes les distributions majeures (RHEL, CentOS, Fedora, SLES, openSUSE, Debian, Ubuntu, Mageia, AchLinux, etc) avec le support matériel allant des processeurs ARM jusqu’au mainframe. D’ailleurs le projet VLC utilise sa propre instance de l’OBS pour packager l’ensemble des versions du célèbre logiciel. L’instance privée permettant également la construction de logiciels pour les plateformes Windows.

Pourquoi est-elle moins connue en France qu’en Allemagne ?

Elle n’est pas populaire qu’en Allemagne, de nombreux pays l’utilisent et ce n’est pas pour rien qu’elle est souvent entre la troisième et cinquième place sur DistroWatch.

En revanche, c’est indéniable, elle reste méconnue en France. Je pense qu’il y a plusieurs raisons à cela.

D’une part, c’était une distribution payante à la base, elle n’est devenue gratuite sous l’appellation openSUSE qu’à partir la version 10.

Quand j’ai démarré Linux en 2004, j’ai commencé avec Ubuntu car j’avais des problèmes de reconnaissance de matériel, ce qui s’est clairement amélioré par la suite. À présent, je ne rencontre plus de difficulté de support matériel que ce soit sur de l’assemblé ou du constructeur même si bien évidemment, je me documente avant d’acheter. Un autre manque était le nombre de logiciels disponibles mais là encore la communauté a largement rattrapé son retard.

Ensuite, il y a eu le « scandale » des accords Novell Microsoft alors que Novell possédait SUSE. Paradoxalement, même si tout le monde a crucifié la distribution, c’est cette collaboration qui a permis à l’ensemble des distributions Linux de s’insérer sur un réseau géré en active directory 100% Windows. Comme je me fais souvent troller sur les stands avec cela, je tiens d’ailleurs à préciser que suite au rachat de Novell par Microfocus, SUSE et Novell sont deux entités distinctes et les accords liaient spécifiquement Novell et Microsoft, SUSE n’est donc plus concerné.

Pour toutes ces raisons, je pense que la communauté francophone est en retrait par rapport aux autres mais dès que l’on franchit les frontières de l’Hexagone, ce n’est plus la même répartition. C’est d’autant plus frustrant que lors d’événements du type RMLL, Solutions Linux, Paris OpenSource Summit, Capitole du Libre, des personnes viennent nous revoir d’une année à l’autre en nous disant qu’elles ne regrettent pas d’avoir essayé notre caméléon. Elles n’ont pas eu besoin de venir sur le forum chercher de l’aide. Comme toujours, les personnes qui s’inscrivent ont généralement des problèmes à résoudre, il manque les autres pour qui tout s’est bien passé.

En tout cas c’est moins facile d’avoir de l’aide… Moi aussi, je me suis battu avec une carte réseau récalcitrante et j’ai laissé tomber. Dommage, j’aimais bien. Comment on fait quand on galère ?

La communauté openSUSE francophone est clairement moins importante que celles d’autres distributions. C’est l’histoire de l’œuf ou la poule : est-ce que la communauté est petite à cause de sa popularité dans l’Hexagone ou est-ce l’inverse ?

Il existe néanmoins des moyens de trouver de l’aide sur openSUSE :

  • La mailing liste francophone
  • IRC #openSUSE-fr sur Freenode
  • le forum Alionet.org

Bref, un éventail de plate-formes pour essayer de correspondre à chacun.

Vous avez tout le temps plein de goodies. Il y a des sous dans openSUSE ? Quel est le modèle économique ?

openSUSE est financée en majeure partie par SUSE, qui a lancé la distribution. L’entreprise encourage ses ingénieurs à participer à openSUSE. Du coup ils peuvent bosser sur la distribution sur une partie de leur temps de travail. Il y a aussi d’autres entreprises qui font des dons de matériel (notamment les machines pour l’openSUSE Build Service).

Concernant les goodies, lorsqu’on est ambassadeur openSUSE, il est possible via le wiki + email de prétendre à un kit stand. Il faut indiquer l’événement, le volume de personnes attendues, etc. openSUSE envoie alors un kit stand que nous devons redistribuer gratuitement. (nappe, 2 t-shirts, flyers en anglais).

En parallèle l’association Alionet a pris plusieurs initiatives :

  • Prendre contact avec SUSE France avec qui nous avons d’excellents contacts pour quelques goodies supplémentaires.
  • Éditer sur le budget de l’association propre des t-shirts et clés USB car nous n’en avions pas de la part de nos partenaires.
  • Nous prenons en charge l’impression de documents en français puisque openSUSE ne fournit que des informations en anglais.

Pourquoi est-elle passée en rolling release ?

En fait, elle n’est pas passée en rolling release. 😉

Le projet propose maintenant deux distributions : une « classique », openSUSE Leap, la distribution principale, l’héritière de l’openSUSE que l’on connaissait jusqu’à l’an dernier. La dénomination Leap souligne le fait qu’il y a eu un changement dans la façon de construire la distribution, en faisant une base commune avec SUSE Linux Enterprise (SLE) la distribution commerciale de SUSE. Un « saut » qui s’est traduit également dans le numéro de version : 13.2 -> 42.1.

Une en rolling release effectivement : openSUSE Tumbleweed (« virevoltant » en anglais). Elle, c’est l’héritière de « Factory », une base de code instable qui servait aux contributeurs du projet à mettre au point openSUSE ancienne formule (avant Leap). Cette base de code a évolué, s’est dotée de nouveaux outils pour finalement être considérée comme « stable » – dans le sens où ça ne casse pas, mais bien sûr ça bouge vite – et être appelée Tumbleweed.

Pourquoi faire ça ? Pour mieux répondre aux besoins de chacun : ceux qui ont besoin d’une grande stabilité ou ne veulent pas beaucoup de changements sur leur système peuvent utiliser Leap, ceux qui veulent des logiciels toujours plus récents (mais stables ; pas des préversions ou très peu) peuvent utiliser Tumbleweed.

Quoi de neuf dans la nouvelle version, justement ?

Une des nouvelles les plus intéressantes est l’arrivée de Plasma 5.8.1, la toute dernière version du bureau KDE. C’est une version estampillée LTS, c’est-à-dire que KDE va se focaliser sur la stabilité et la durée pour cette version, ce qui colle avec les objectifs de Leap. Pour la petite histoire, openSUSE et KDE se sont mis d’accord pour que leurs calendriers respectifs collent et que Leap 42.2 puisse intégrer dans de bonnes conditions cette nouvelle version de Plasma. Et pour la deuxième petite histoire : KDE chez openSUSE, c’est entièrement géré par la communauté (ça ne vient pas de SLE).

Pour les amateurs de cartes et d’embarqué, de nouveaux portages pour ARM sont disponibles.

Pour les amateurs de nouveaux systèmes de fichiers : Snapper peut utiliser les quotas Btrfs pour gérer le nettoyage des snapshots.

Vous trouverez plus d’infos dans l’annonce de version.

La communauté Fedora se rend compte d’un déclin de l’intérêt des gens pour les principales distributions. Est-ce aussi un constat sur openSUSE ?

Pas à ma connaissance. Il y a peut être eu des signes en amont qui expliqueraient pourquoi openSUSE a revu son mode de fonctionnement en proposant deux versions : Leap et son rapprochement avec la version SUSE Linux Entreprise et la rolling release Tumbleweed face à la popularité d’Archlinux par exemple.

Ce que je constate en revanche, c’est le déclin de communauté d’entraide en général. La montée des réseaux sociaux a tué les bons vieux forums d’entraide et les mentalités ont changé. On peine à recruter des bonnes volontés mais ce n’est pas un problème exclusif à Alionet.

Comment peut-on aider au développement d’openSUSE ?

Une petite liste non-exhaustive de choses que l’on peut faire pour participer :

Le mot de la fin est pour vous

openSUSE est un projet global vraiment passionnant avec une communauté internationale très ouverte. Sa communauté francophone bien que peu nombreuse n’en est pas moins réactive et les personnes ont toujours trouvé des réponses à leurs questions.

N’hésitez pas à tester cette distribution et à venir à notre rencontre. 🙂

 

 

Pour aller plus loin :




Quand l’open-source fait peur aux parents…

Les lecteurs réguliers de ce blog seront les premiers ravis si leurs enfants ou adolescents se lancent d’eux-même dans l’usage de logiciels libres. Mais nous savons tous que c’est parfois une découverte pour des parents moins à l’aise que leurs enfants avec les usages numériques.

Alors, parfois, il faut pouvoir les rassurer. C’est l’objet de cette lettre ouverte, écrite par Jim Salter et traduite pour vous par la dynamique équipe de Framalang. Attention, certains liens de cet article sont ceux proposés par l’auteur et sont donc en anglais.

Chers parents : Laissez vos enfants utiliser des logiciels open source

par Jim Salter

Source : Dear parents: Let your kids use open source software
Traduction Framalang : Blanchot, kaelle, line, Manegiste, pouhiou, rOu, teromene, touriste et quelques valeureux anonymes

Horst JENS - CC BY-SA
Horst JENS – CC BY-SA

Un jeune homme de 16 ans a récemment demandé conseil à la communauté Linux de reddit. Quand ses parents ont découvert qu’il avait installé Linux sur son ordinateur portable, ils étaient terrifiés. Après tout, ces logiciels « gratuits » doivent certainement être infestés par des virus et/ou des pirates. Ce qui n’a pas non plus aidé, c’est qu’il a gaspillé un cadeau coûteux et qu’il n’utilise plus aucun des logiciels hors de prix qui ont été achetés en même temps. Il a essayé d’en discuter, mais clairement : il était l’adolescent et ils étaient les adultes.

À l’aide des informations et des conseils fournis par la communauté Reddit, ce jeune homme a reparlé à ces parents et a apaisé la plupart de leurs craintes. La lettre ouverte que vous lisez est destinée aux autres parents qui ont découvert que leurs enfants utilisaient des logiciels libres et qui ne savent pas bien ce que c’est, ou si c’est une bonne idée de les utiliser.

Qui suis-je ?

Clairement, cet article ne parle pas de moi : il parle de vous, de vos enfants, de vos logiciels. Mais pour vous donner une idée de la personne qui vous donne ces informations, mon nom est Jim Salter. J’ai 43 ans et je suis administrateur système professionnel, auteur et conférencier. Je possède et j’administre avec succès quelques petites entreprises, et j’attribue la plupart de ces succès au FOSS, le logiciel libre et open source, qui fait fonctionner mes activités, celles de mes clients et la majeure partie de l’économie dont nous faisons partie.

Que veut dire FOSS ?

FOSS est un acronyme qui signifie logiciel libre et open source (Free and Open Source Software). Cet acronyme inclut des systèmes d’exploitation comme GNU/Linux et FreeBSD, ainsi que des applications comme LibreOffice (qui gère des documents, comme ceux créés par Microsoft Excel, PowerPoint et Word), Firefox (un navigateur web, comme Internet Explorer ou Safari), ou GIMP (un éditeur d’images, comme Adobe Photoshop).

Les FOSS ne sont pas des logiciels « volés ». Les licences libres telles que la licence GPL, BSD ou Apache permettent aux utilisateurs d’utiliser le programme librement, et aux développeurs de modifier tout aussi librement les logiciels sous ces licences. Une autre chose importante à comprendre à propos du logiciel libre est qu’il ne s’agit pas uniquement de logiciels gratuits. Créer une copie d’un logiciel ne coûte rien. Ceci a permis à la communauté de créer des produits de renommée mondiale, ce qui n’aurait pas été possible avec une approche purement matérialiste de notre économie.

Les FOSS sont un effort collectif, avec un accent particulier porté sur la communauté. Tous les utilisateurs qui se servent activement de logiciels libres contribuent réellement, à leur manière, à ce projet. En utilisant un projet, l’utilisateur en favorise la diffusion et attire ainsi d’autres utilisateurs. Certains d’entre eux vont remplir des rapports d’erreur, aidant ainsi les développeurs du projet à comprendre ce qui ne fonctionne pas correctement dans le code, ou ce qui pourrait être amélioré.

D’autres utilisateurs qui savent programmer répareront ces erreurs ou ajouteront de nouvelles caractéristiques, ce qui améliore directement le projet. D’autres, qui écrivent bien, amélioreront la documentation, permettant à de nouveaux utilisateurs d’apprendre comment mieux se servir du projet. C’est à cela que nous faisons référence quand nous parlons de communauté de l’open source. Même dans les cas de projets avec des développeurs payés à plein temps par une grande entreprise, la communauté est extrêmement importante. Cette communauté est vitale pour que le projet demeure vivant, actif et attractif.

Comment les logiciels libres peuvent-ils être sûrs ?

Il est facile de comprendre pourquoi on peut penser que ce qui est gratuit ne peut pas être aussi bon que quelque chose de payant. Dans une époque où un nouveau virus semble nous guetter à chaque coin de rue, on est facilement suspicieux. On ne peut pas faire confiance aux programmes gratuits accessibles d’un seul clic dans les bannières publicitaires sur les sites Internet. Alors, pourquoi faire confiance aux logiciels libres, eux aussi gratuits ?

Encore une fois, il est important de comprendre la différence entre « gratuit » et « libre » [NdT : En anglais, gratuit et libre se traduisent par « free »]. Et ici encore, c’est la communauté qui fait la différence. Quand un site Internet douteux vous propose de télécharger des réductions alléchantes, des pilotes pour votre ordinateur ou tout autre forme de camelote, cela veut simplement dire qu’il n’est pas nécessaire de sortir sa carte de crédit. Vous ne pouvez pas voir personnellement le code source de ce téléchargement « gratuit » – et c’est la même chose pour tout le monde. Il est donc facile pour la personne lançant le « clic gratuit » d’y dissimuler des choses dont vous ne voulez pas. En fait, vous téléchargez à l’aveuglette – c’est-à-dire que l’on vous offre une boîte bien fermée avec une simple promesse sur son contenu.

Avec les logiciels libres, vous n’avez pas uniquement la possibilité de télécharger gratuitement – vous obtenez la liberté de commenter librement (voire même de modifier) le code du logiciel lui-même. Là où un « programme téléchargeable gratuitement » peut suivre (et suit) secrètement toutes vos activités sur Internet ou imposer des publicités sur les pages que vous consultez pour faire gagner de l’argent à leurs auteurs, un programme libre et open source ne peut en pratique rien faire de tel. S’il essayait, les utilisateurs les plus chevronnés dénicheraient le code « secret » à l’origine des désagréments causés aux utilisateurs – et peu de temps après, des utilisateurs plus compétents encore désactiveraient le code qui aurait nui (aux utilisateurs).

Dans la vie, le risque zéro n’existe pas. Cependant, avec un code source ouvert, vous savez que le maximum de personnes, dont l’objectif est de rendre le programme bénéfique pour l’utilisateur (plutôt que d’en tirer de l’argent), s’impliquent activement pour que le code demeure bénéfique pour les utilisateurs. C’est un avantage que les logiciels propriétaires ne peuvent pas vraiment reproduire, parce que le premier objectif des logiciels propriétaires n’est pas de satisfaire les utilisateurs, mais de rapporter de l’argent à leur éditeur.

Intéressés par des articles sur les résultats du logiciel libre en matière de sécurité ? Katherines Noyes de PCWorld vous donne cinq bonnes raisons pour lesquelles Linux est plus sécurisé que Windows .

Pourquoi voudrais-je que mes enfants utilisent des logiciels libres ?

Est-ce qu’ils ne devraient pas utiliser la même chose que tout le monde ?

crédit : Lucélia Ribeiro, CC BYSA

Ah, c’est la partie la plus drôle ! Il serait facile de regarder autour de vous au bureau et de voir des machines sous Microsoft Windows, ou de jeter un coup d’œil dans un café et de voir des téléphones Apple, et d’en déduire que « les logiciels propriétaires font fonctionner le monde ». Mais ce serait une erreur. Le logiciel libre est plus souvent en coulisses que devant vos yeux, mais il s’agit de la force motrice de l’économie mondiale. C’est dur à croire ? Prenons quelques exemples. Je vais fournir des liens, de façon à ce que vous puissiez vérifier mes dires ou en apprendre plus.

Il est intéressant de noter que même Microsoft utilise désormais Linux pour son infrastructure technique – donc ce n’est pas comme si un enfant perdait sa capacité à travailler avec des éditeurs de logiciels propriétaires en optant très tôt pour Linux .

Regardons quelques exemples intéressants d’utilisation de logiciels libres comme Linux ou FreeBSD. BMW et Audi utilisent Linux. Les industries de l’Internet, la finance, la santé et l’assurance utilisent Linux massivement. Le géant Amazon fonctionne sous Linux depuis plus de 10 ans. Le géant de la recherche Google utilise Linux non seulement pour son infrastructure publique, mais aussi pour les PC que ses employés utilisent tous les jours. IBM exécute même Linux sur ses ordinateurs centraux Z pour les entreprises !

L’usage de Linux est de plus en plus prégnant dans les institutions éducatives, de la crèche à l’université, partout dans le monde. Pour donner un exemple littéralement extra-terrestre, la Station Spatiale Internationale utilise Linux. Et si vous n’en avez pas encore assez d’exemples, voici une liste de plus de 50 utilisateurs Linux dans l’éducation, les services gouvernementaux et les grosses sociétés.

BSD – un autre exemple de système d’exploitation libre qui permet d’utiliser pratiquement les mêmes applications que Linux – n’est pas aussi connu que Linux pour le moment, mais il est tout aussi important. Sans BSD, nous n’aurions probablement pas l’Internet tel que nous le connaissons ; le protocole réseau TCP/IP de nos ordinateurs a en partie été adopté parce qu’il était librement disponible sous licence BSD, et le protocole Routing Information Protocol qu’il utilisait pour gérer d’énormes réseaux vient de BSD lui-même.

Si vous cherchez suffisamment bien, vous trouverez BSD partout – des parties du système OS X d’Apple viennent de FreeBSD, la PlayStation 4 de Sony utilise une version modifiée de FreeBSD, Juniper utilise FreeBSD pour ses routeurs réseau d’entreprise, NetFlix utilise FreeBSD pour diffuser et stocker les séries et films, et WhatsApp utilise une infrastructure FreeBSD pour faire circuler des messages instantanément entre des millions d’utilisateurs dans le monde.

Mais cela ne se limite pas aux systèmes d’exploitation libres. Les applications libres font également fonctionner une bonne partie de notre environnement. Les serveurs Web Apache et NGINX sont utilisés pour plus de 70% des sites Internet mondiaux, grands ou petits. L’application d’animation et de rendu 3D Blender a été utilisée pour créer des films gratuits impressionnants, mais également des courts-métrages indépendants primés, des publicités pour des produits comme Pepsi, Coca-Cola, BMW, Hugo Boss, et bien d’autres. Si vous avez déjà utilisé Mozilla Firefox, alors vous avez utilisé un logiciel FOSS, et même le navigateur Chrome de Google est basé sur le navigateur open source Chromium.

Le fait est qu’il y a beaucoup, et je veux dire vraiment beaucoup de façons de gagner sa vie à l’âge adulte avec une bonne connaissance des technologies open source… et de gagner plus que si vous ne les connaissiez pas. Considérablement plus, en fait – Indeed.com vous montrera que les emplois avec les mot-clés « Microsoft Windows » sont rémunérés en moyenne 64 000 $ par an tandis que ceux avec « Linux » sont en moyenne payés 99 000 $ par an.

Pour conclure

Si vous n’êtes pas encore saturé par l’excès d’information, j’espère que vous serez d’accord avec moi : l’intérêt d’un enfant pour les logiciels libres et open source est une chose merveilleuse. Le summum étant que la communauté vous accueille, en tant que parents et individus, autant que vos enfants. Si vous voulez comprendre ce que vos enfants sont en train de faire, vous pouvez lire la documentation du système d’exploitation et des logiciels qu’ils utilisent, ou vous pouvez installer les mêmes logiciels sur votre propre ordinateur pour essayer. Il ne vous en coûtera rien. Et il se pourrait même que vous y gagniez beaucoup.




Il a choisi Linux et s’en félicite

Dan Gillmor, qui avait l’an dernier expliqué pourquoi il disait au revoir à google, Microsoft et Apple dans un article que nous avons publié, fait aujourd’hui le point sur ses choix et constate qu’il ne regrette rien. D’autres bonnes raisons de migrer sont apparues, comme l’accélération de la re-centralisation du Web, l’hégémonie croissante des grands acteurs et bien sûr la surveillance généralisée.

Dan Gillmor évoque avec précision les matériels et logiciels qu’il a adoptés progressivement, fait état également sans à priori des avancées et des faiblesses des produits open source. Il reconnaît la difficulté relative du passage au Libre intégral (il peine encore à se dégoogliser 😉 ) mais les valeurs qu’il défend sont celles de l’indépendance, du choix libre pour l’utilisateur de ses usages et de ses produits…

Je suis passé à Linux et c’est encore mieux que ce que j’espérais

Dire adieu à Microsoft et Apple n’a jamais été aussi facile, ni aussi satisfaisant

par Dan Gillmor

Article original sur Medium : I Moved to Linux and It’s Even Better Than I Expected
Traduction Framalang : line, goofy, Sphinx, r0u, david_m, Manegiste, sebastien, teromene, galadas, roptat, Omegax, didimo

danGillmorUn beau jour du printemps 2012, j’ai refermé mon MacBookAir pour la dernière fois. À partir de ce moment, mon environnement informatique (en tout cas, en ce qui concerne mon portable) était GNU/Linux. J’ai abandonné, autant que possible, les environnements propriétaires et obsédés du contrôle qu’Apple et Microsoft ont de plus en plus imposés aux utilisateurs d’ordinateurs personnels.

Presque quatre ans plus tard, me voici, et j’écris cet article sur un portable qui tourne sous le système d’exploitation Linux, avec LibreOffice Writer, et non sur une machine Mac ou Windows avec Microsoft Word. Tout va bien.

Non, c’est même mieux que ça, tout est sensationnel.

Je recommanderais ce changement à beaucoup de personnes (pas à tout le monde, ni à n’importe quel prix, mais à quiconque n’est pas effrayé à l’idée de poser une question à l’occasion, et plus particulièrement quiconque réfléchit à la trajectoire prise par la technologie et la communication au 21ème siècle). Plus que tout, aux gens qui se soucient de leur liberté.

Ils nous ont donné plus de confort, et nous avons dit collectivement : « Génial ! »

L’informatique personnelle remonte à la fin des années 1970. Elle a défini une ère de la technologie où les utilisateurs pouvaient adapter ce qu’ils achetaient de toutes sortes de manières. Lorsque l’informatique mobile est arrivée sous la forme de smartphones, la tendance s’est inversée. Les constructeurs, en particulier Apple, ont gardé bien plus de contrôle. Ils nous ont donné plus de confort, et nous avons dit collectivement : « Génial ! ».

Il y a quelques mois, lorsque Apple a annoncé son iPad Pro, une grande tablette avec un clavier, son président Tim Cook l’a appelée « la plus claire expression de notre vision pour le futur de l’informatique personnelle ». « Ouh là, ça craint » me suis-je dit à ce moment-là. Entre autres, dans l’écosystème iOS, les utilisateurs ne peuvent obtenir leurs logiciels que sur l’Apple store, et les développeurs sont obligés de les vendre au même endroit seulement. C’est peut-être la définition de l’informatique personnelle pour Apple, mais pas pour moi.

Pendant ce temps-là, Windows 10 de Microsoft (sur presque tous les points, une grande avancée en termes de facilité d’utilisation par rapport à Windows 8) ressemble de plus en plus à un logiciel espion déguisé en système d’exploitation (une appellation qui pourrait être injuste, mais pas de beaucoup). Oui, la mise à jour depuis les versions précédentes, extrêmement répandues, est gratuite, mais elle prend des libertés extraordinaires avec les données des utilisateurs et le contrôle de ceux-ci, d’après ceux qui en ont analysé le fonctionnement interne.

Ce n’est pas exactement un duopole commercial. Le système d’exploitation Chrome OS de Google fait tourner un nouvel arrivant : le Chromebook, vendu par différents constructeurs. Mais il comporte plus de limites et oblige ses utilisateurs à être totalement à l’aise (je ne le suis pas) sous l’emprise d’une entreprise qui repose sur la surveillance pour soutenir son modèle économique basé sur la publicité.

Ainsi, pour ceux qui ont le moindre intérêt à garder une indépendance substantielle dans l’informatique mobile ou de bureau, Linux semble être le dernier refuge. Sur toute une gamme de machines, des super-ordinateurs aux serveurs, en passant par les téléphones portables et les systèmes embarqués, Linux est déjà incontournable. Je suis content d’avoir franchi le pas.

Avant d’expliquer le comment, il est vital de comprendre le contexte de ma petite rébellion. La re-centralisation est la nouvelle norme dans les technologies et les communications, une tendance qui m’a préoccupé il y a quelque temps sur ce site, quand je décrivais de manière plus générale mes efforts pour me sevrer des produits et services d’entreprises fournis par Apple (c’est fait), Microsoft (fait en grande partie) et Google (encore difficile). Le gain en confort, comme je le disais à l’époque, ne vaut pas les compromis que nous concédons.

Un duopole mobile ?

Comme j’en discuterai plus bas, je dois me demander à quel point il est pertinent de déclarer son indépendance sur son ordinateur personnel, puisque l’informatique évolue de plus en plus vers les appareils mobiles. Qu’on le veuille ou non, Apple et Google en ont plus ou moins pris le contrôle avec iOS et Android. Apple, comme je l’ai dit, est un maniaque obsédé du contrôle. Même si Google distribue gratuitement une version ouverte d’Android, de plus en plus de pièces essentielles de ce système d’exploitation sont intégrées en un amas logiciel terriblement verrouillé qui emprisonne les utilisateurs dans le monde de Google contrôlé par la publicité. Peut-on parler de « duopole » mobile ?

La re-centralisation est particulièrement terrifiante au vu du pouvoir croissant de l’industrie des télécommunications, qui se bat bec et ongles pour contrôler ce que vous et moi faisons des connexions que nous payons, malgré le jugement bienvenu de la FCC (commission fédérale des communications aux États-Unis) en faveur de la « neutralité du net » en 2015. Comcast détient le monopole du véritable haut débit sur la vaste majorité de son territoire, même si l’on distingue quelques concurrents ici et là. Les fournisseurs d’accès par câble avancent rapidement pour imposer des limites d’utilisation qui n’ont rien à voir avec la capacité disponible et tout à voir avec l’extension de leur pouvoir et de leurs profits, comme l’expliquait en détail Susan Crawford. Et les fournisseurs de téléphonie mobile piétinent allègrement la neutralité du net avec leurs services « zero-rated » (où l’accès à certains services spécifiques n’est pas décompté du volume de données du forfait), que la FCC considère de manière incompréhensible comme innovants.

Pendant ce temps, pour la simple et bonne raison que les utilisateurs préfèrent souvent le confort et la simplicité apparente d’un outil à la garantie de leurs libertés, des acteurs centralisés comme Facebook se constituent des monopoles sans précédents. Comme pour Google et son outil de recherche, ils recueillent les bénéfices grandissants des effets du réseau, que des concurrents vont trouver difficile sinon impossible à défier.

Goulets d’étranglement

N’oublions pas le gouvernement, qui a horreur de la décentralisation. Les services centralisés créent des goulots d’étranglement et rendent le travail facile aux services de police, espions, contrôleurs et service des impôts. L’état de surveillance raffole de la collecte de données sur ces goulots d’étranglement, ce qui met finalement en danger les communications et libertés de tous.

Les goulots d’étranglement permettent aussi de soutenir des modèles économiques qui génèrent beaucoup d’argent pour les campagnes politiques. Hollywood en est un excellent exemple ; la quasi prise de contrôle du Congrès par les lobbies du copyright a conduit à l’adoption de lois profondément restrictives comme dans le système du copyright en vigueur.

Les droits d’auteur sont la clé de ce que mon ami Cory Doctorow appelle « la prochaine guerre civile dans l’informatique générique », une campagne, parfois agressive, pour empêcher les gens qui achètent du matériel (vous et moi, de manière individuelle et dans nos écoles, entreprises et autres organisations) de réellement en être propriétaires. Les lois sur le droit d’auteur sont l’arme des maniaques du contrôle, puisqu’elles les autorisent à nous empêcher par des moyens légaux de bricoler (ils diraient trafiquer) les produits qu’ils vendent.

Les perspectives ne sont pas toutes aussi sombres. Le mouvement des makers ces dernières années est l’un des antidotes à cette maladie du contrôle total. Il en est de même avec les composantes-clés de la plupart des projets de makers : les projets de logiciel libre et open source dont les utilisateurs sont explicitement encouragés à modifier et copier le code.

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Image par Ian Burt via Flickr | CC BY 2.0

C’est là que Linux entre en scène. Même si nous nous servons davantage de nos appareils mobiles, des centaines de millions d’entre nous travaillent encore beaucoup avec leurs ordinateurs mobiles et de bureau. Linux et les autres logiciels développés par la communauté ne représentent peut-être qu’une solution partielle, mais clairement utile. Il vaut mieux commencer avec quelque chose et l’améliorer, que d’abandonner directement.

J’ai installé Linux un bon nombre de fois au cours des dernières années, depuis qu’il est devenu un véritable système d’exploitation. Mais je suis toujours retourné sous Windows ou Mac, en fonction de mon système principal de l’époque. Pourquoi ? Il restait encore trop d’aspérités et, pendant longtemps, Linux n’avait pas assez d’applications pour réaliser ce dont j’avais besoin. Les inconvénients étaient trop importants pour ma patience limitée, en utilisation quotidienne.

Mais cela s’est progressivement amélioré et, en 2012, j’ai décidé qu’il était temps. J’ai demandé à Cory Doctorow quelle version de Linux il utilisait. C’était une question fondamentale, car Linux se décline en de nombreuses variantes. Les développeurs ont pris le noyau essentiel du code et ont créé différentes versions, adaptées aux divers besoins, goûts et genres d’informatique. Bien que tous utilisent les composants essentiels, sur le modèle du logiciel libre, certains ajoutent du code propriétaire, comme Flash, pour mieux s’adapter aux pratiques informatiques des utilisateurs. Le matériel représentait également une question cruciale, car les ordinateurs ne sont pas tous gérés de manière fiable par Linux, à cause des incompatibilités matérielles.

Cory m’a dit qu’il utilisait Ubuntu sur un Lenovo ThinkPad. J’étais déjà convaincu par les ThinkPads, grâce à la fiabilité du matériel et le bon service après-vente du constructeur, sans oublier la possibilité de mettre à jour les composants matériels internes. Comme j’ai tendance à acheter des modèles récents, je rencontre parfois des problèmes de compatibilité avec le matériel Lenovo le plus récent. J’ai bricolé mon modèle actuel, un T450s, par tous les moyens, en remplaçant le disque dur mécanique par un disque SSD rapide et en ajoutant autant de mémoire vive (RAM) que j’ai pu.

Je penchais également pour Ubuntu, une version de Linux créée par une entreprise appelée Canonical, avec à sa tête un ancien entrepreneur informatique du nom de Mark Shuttleworth, que je connais aussi depuis longtemps. Ubuntu est connu pour son excellente gestion des ThinkPads, surtout s’ils ne sont pas flambants neufs. J’ai utilisé Ubuntu sur quatre ThinkPads différents depuis ma conversion. On apprécie Ubuntu à l’usage parce que Canonical a une vision bien définie de la façon dont les choses doivent fonctionner.

Libre à vous de tester une autre « distribution » Linux, comme on appelle les différentes versions. Il y en a trop pour les nommer toutes, ce qui est à la fois le meilleur et le pire atout de l’écosystème Linux. Les nouveaux utilisateurs devraient presque toujours essayer une des distributions les plus populaires, qui aura été testée de manière plus poussée et offrira la meilleure assistance de la part de la communauté ou de l’entreprise qui l’a créée.

linuxMint

L’une de ces distributions est Linux Mint. Elle est basée sur Ubuntu (qui est elle-même basée sur Debian, une version encore plus proche de la version de base de Linux). Mint m’est apparue comme à beaucoup d’autres personnes comme probablement la meilleure distribution Linux pour ceux qui ont utilisé des systèmes propriétaires et souhaitent la transition la plus simple possible. Je suis parfois tenté de changer moi-même, mais je vais garder Ubuntu, à moins que Canonical ne le foire complètement, ce que je n’espère pas.

Avant de faire le grand saut, j’ai demandé à bon nombre de personnes des conseils sur la façon migrer au mieux mes usages informatiques depuis des programmes propriétaires vers des programmes open source. Plusieurs m’ont suggéré ce qui s’est avéré être un bon conseil : j’ai cessé d’utiliser l’application Mail d’Apple et j’ai installé Thunderbird de Mozilla sur mon Mac, et après un mois, je me suis tellement habitué à cette manière différente (pas si différente non plus) de gérer mon courrier électronique (non, je n’utilise pas Gmail, sauf pour un compte de secours). J’ai aussi installé LibreOffice, une sorte de clone open source de Microsoft Office, qui est moins courant mais adéquat pour arriver à ses fins dans la plupart des cas.

Comme la plupart des gens qui utilisent un ordinateur personnel, je passe mon temps presque exclusivement sur tout petit nombre d’applications : navigateur internet, client courriel, traitement de texte. Sous Linux, j’ai installé Firefox et Chromium, une variante open source du Chrome de Google. Comme déjà mentionné, Thunderbird faisait bien son job pour gérer mes courriels, et LibreOffice était satisfaisant en tant que logiciel de traitement de texte.

Mais j’avais encore besoin d’utiliser Windows pour certaines choses. En particulier, le logiciel de cours en ligne que j’utilisais à mon université refusait de fonctionner sous Linux, quel que soit le navigateur utilisé. J’ai donc installé Windows dans une machine virtuelle, afin de faire tourner Windows et ses programmes à l’intérieur de Linux. J’ai aussi installé Windows sur une partition séparée de mon disque dur pour les occasions encore plus rares où j’aurais besoin d’utiliser un Windows natif, contrairement à un Windows virtuel ce qui réduit les performances.

Aujourd’hui je n’ai presque plus jamais besoin de Windows. LibreOffice s’est énormément amélioré. Pour l’édition collaborative, Google Docs (hum… j’ai déjà dit que se passer de Google est difficile, hein ?) est difficile à battre, mais LibreOffice progresse. Le logiciel utilisé dans mon université pour les cours en ligne fonctionne maintenant avec Linux. Le seul programme pour lequel j’ai encore besoin de Windows est Camtasia, pour le « screencasting » – enregistrer (et diffuser) ce qu’affiche l’écran, ainsi que le son. Plusieurs programmes de screencasting existent sous Linux, mais ils sont limités. Et parfois, je suis obligé d’utiliser MS PowerPoint pour lire les rares diaporamas qui hoquètent avec le logiciel de présentations de LibreOffice (Impress).

Étrangement, le plus compliqué, dans cette transition, fut de m’adapter aux différentes conventions utilisées pour les claviers : désapprendre le style Apple et réapprendre les combinaisons Windows, équivalentes pour la plupart à celles utilisées par Linux. Au bout de quelques mois, tout était rentré dans l’ordre.

La fréquence de mise à jour des logiciels est un des aspects que je préfère avec Linux. Ubuntu et de nombreuses autres versions proposent régulièrement des mises à jour même si je préfère choisir les versions qui disposent d’un support étendu (aussi appelées versions « LTS » soit Long Term Support en anglais). Ils corrigent rapidement les failles de sécurité qui sont trouvées et il se passe souvent moins d’une semaine entre deux mises à jour, un rythme beaucoup plus élevé que celui auquel j’étais habitué avec Apple.

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Ce que j’aime le moins avec Linux, c’est qu’il faut parfois faire quelque chose qui pourrait paraître intimidant pour un nouvel utilisateur. Personne ne devrait avoir à ouvrir une interface en ligne de commande pour saisir sudo apt-get update ou autre. Personne ne devrait avoir à faire face à un avertissement indiquant que l’espace disque est insuffisant pour que la mise à jour du système puisse être appliquée (ce qui nécessitera alors de retirer les composants obsolètes du système d’exploitation, une opération qui n’est pas à la portée de tout le monde). Personne ne devrait découvrir, après une mise à jour, qu’un composant matériel a cessé de fonctionner, ce qui m’est arrivé avec mon trackpad, inutilisable jusqu’à ce que je trouve une solution grâce à un forum (oui, cela peut arriver avec Windows mais les fabricants testent beaucoup plus le fonctionnement de leur matériel avec les logiciels Microsoft. Quant à Apple, ça arrive également, mais il a l’avantage de produire du matériel et des logiciels qui sont associés de façon harmonieuse).

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Le bureau de Dan Gillmor sous Ubuntu

Lorsqu’il y a un problème, les communautés apparues autour du logiciel libre et open source s’avèrent incroyablement utiles. Poussant toujours un peu les limites pour adopter ce système, je demande souvent de l’aide. Je reçois toujours des réponses. Certains experts super pointus de ces forums peuvent être condescendants voire irrespectueux si on ose poser une question qui leur semblera simplissime ou qui a déjà reçu une réponse par ailleurs. On trouve également cette aide précieuse (et cette éventuelle intempérance) pour Windows, Mac et les autres systèmes mobiles (certains fanatiques d’Apple sont parfois étonnamment violents avec les hérétiques) mais il existe une atmosphère unique lorsqu’il s’agit de personnes œuvrant sur des technologies ouvertes, pour tous.

Si vous souhaitez essayer Linux sur votre ordinateur, c’est plutôt simple. Ubuntu, ainsi que d’autres distributions, vous permettent de créer un DVD ou une clé USB contenant le système d’exploitation et de nombreuses applications et vous pouvez démarrer votre ordinateur en utilisant ce support de test. C’est une bonne technique pour savoir si le matériel que vous avez à votre disposition fonctionnera avec. Ce sera vraisemblablement le cas si vous n’utilisez pas un ordinateur flambant neuf. Linux brille particulièrement par son support des ordinateurs déjà anciens.

Pour éviter les soucis d’installation de Linux, on peut acheter un ordinateur avec le système d’exploitation pré-installé et obtenir des mises à jour régulières, adaptées au matériel. J’ai réfléchi à différents modèles fabriqués par des entreprises comme Dell, System76, ZaReason entre autres. Je viens de visiter une entreprise appelée Purism, qui vend des ordinateurs portables construits uniquement avec du matériel et du logiciel non-propriétaire, du moins autant qu’il est possible à l’heure actuelle. Le modèle Librem 13 est impressionnant, Purism a adapté Linux pour ce matériel ergonomique et j’ai hâte de l’essayer.

Je voyage beaucoup et penche plutôt en faveur d’une entreprise qui dispose de point de dépôt dans différents pays et qui (avec le coût que ça implique) pourra dépêcher un technicien chez moi, à mon bureau ou à mon hôtel si ma machine tombe en panne. Si je dois abandonner Lenovo (et les dernières affaires à leur sujet me font douter), je me dirigerai probablement vers les machines Dell fournies avec Linux.

Vous avez pu remarquer que je n’ai presque pas abordé la question du coût. Pour le système d’exploitation, ce n’est plus nécessaire car Microsoft et Apple ont fait fondre le prix apparent de leur système d’exploitation et il apparaît comme nul. Bien entendu, vous le payez toujours quand vous achetez un ordinateur. Cela dit, même les mises à jour importantes sont devenues gratuites, un changement fondamental si on regarde en arrière. Cependant, en ce qui concerne Microsoft, la « gratuité » semble exister au détriment de la collecte intrusive des données.

En revanche, pour les applications, c’est une autre histoire. Vous pouvez économiser beaucoup d’argent en utilisant des logiciels libres et open source. Comparé à LibreOffice, Microsoft Office reste cher même si les versions de base « Famille et Étudiant » sont abordables et que beaucoup de personnes utilisent MS Office grâce à la version fournie par leur école ou leur entreprise.

Mais voilà, j’apprécie de payer pour certains logiciels, car je veux être sûr, autant que possible, que j’aurai de l’aide si besoin et que les développeurs auront une source de motivation pour continuer à corriger et à améliorer le logiciel. Je serais heureux de pouvoir payer pour des versions de Camtasia et Scrivener sur Linux (ce dernier possède une version communautaire pour Linux). En attendant, je fais des dons à différents projets dont j’utilise les logiciels régulièrement, qu’ils soient créés par des entreprises ou intégralement développés par des bénévoles. Ubuntu a beau être une entreprise qui gagne de l’argent en fournissant des services (une approche populaire et éprouvée dans le monde du logiciel libre et open source), je continue d’y donner. Avec moi, LibreOffice a gagné un utilisateur, mais aussi un donateur. Il en va de même pour d’autres projets.

Linux reste en arrière, enfin « officiellement », quand il s’agit de lire des DVD. Il faut installer certains logiciels jugés illégaux par le cartel du divertissement afin de pouvoir lire les disques que vous avez achetés (Apple a l’air d’un parangon de liberté par rapport à Hollywood). L’utilisation de services de streaming comme Netflix ou Amazon peut également être source d’ennuis. Enfin ça devient plus simple grâce à… humpf l’ajout de verrous numériques (NdT : DRM ou Digital Rights Management) dans certains navigateurs.

Est-ce que tous ces ajustements en valent la peine ? Je dirais que oui. Tout ce qui améliore ou préserve notre capacité à utiliser les technologies comme nous l’entendons en vaut la chandelle par rapport aux voies imposées par des pouvoirs centralisés. Et si nous ne sommes pas plus nombreux à essayer, ces monstres du contrôle verront leur victoire assurée.

Il est probablement presque trop tard pour que Linux devienne un système d’exploitation extrêmement populaire, dans les pays développés tout au moins. Mais il n’est pas trop tard pour que suffisamment d’entre nous l’utilisent afin de garantir des libertés informatiques pour ceux qui les veulent.

Que pouvons-nous faire à propos des écosystèmes mobiles, si nous ne voulons pas leur laisser l’hégémonie sur toute l’informatique personnelle, voilà bien le problème. Des versions tierces d’Android ont émergé au travers de communautés dynamiques telles que XDA Developers, qui veulent plus de liberté. Ubuntu travaille sur un système d’exploitation mobile parmi d’autres nombreux acteurs de la communauté open source ; des années ont été dédiées à tendre vers un système d’exploitation qui puisse fonctionner sur tous les appareils. Mais la domination d’Apple et Google sur le monde mobile en intimide plus d’un.

nous avons vraiment le choix

J’essaie en ce moment beaucoup d’options parmi les appareils possibles dans l’espoir que j’en trouverai un qui soit suffisamment bon pour une utilisation au quotidien, même s’il devait ne pas être aussi pratique que les propriétés privées bien gardées des géants de l’internet (un de mes téléphones est actuellement sous un système d’exploitation appelé Cyanogenmod). Bientôt, je vous en dirai plus sur la façon dont ça se passe.

En attendant, souvenez-vous : nous avons vraiment le choix – nous pouvons faire des choix qui repoussent les limites des libertés technologiques. Récemment, mon choix a consisté à me détacher libérer de l’emprise de ceux qui veulent tout contrôler. J’espère vous donner à réfléchir pour faire de même. En fonction de ce que nous choisissons, nous avons beaucoup à gagner, et à perdre.

(1) Même si cela va vexer certaines personnes, j’ai fait référence à GNU/Linux par son nom de loin le plus couramment utilisé – Linux, tout simplement – après la première occurrence. Pour en savoir plus à ce propos, les Wikipédiens ont rassemblé tout un tas de sources pertinentes.

Merci à Evan Hansen et Steven Levy.

Biographie et plus d’informations : http://dangillmor.com/about (Photo par Joi Ito)