Appel pour le revenu de vie : soyons réalistes, demandons l’impossible !

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Jam343 - CC byAyant un faible prononcé pour les projets utopiques, j’ai signé avec responsabilité et enthousiasme l’appel pour le revenu de vie, reproduit ci-dessous.

Ce revenu s’apparente peu ou prou à ce qu’on peut lire sur Wikipédia dans l’article Allocation universelle : « versement d’un revenu unique à tous les citoyens d’un pays, quels que soient leurs ressources, leur patrimoine, et leur statut professionnel, permettant à chaque individu de satisfaire ses besoins primaires (se nourrir, se loger, se vêtir, voire acquérir certains biens culturels de base), et laissant l’individu libre de mener ensuite sa vie comme il l’entend ».

En quoi cela concerne ce blog, les logiciels libres et leur état d’esprit ? A priori en rien, mais peut-être en ira-t-il autrement dans les commentaires.

Une hypothèse cependant : « la communauté du logiciel libre et des biens communs » ne se porterait pas plus mal si on assurait à certains de ses membres cet étrange revenu.

Ne ménageant pas mes efforts depuis plusieurs années pour le réseau Framasoft, j’ai été sensible à la distinction faite entre l’emploi et le travail. C’est vrai quoi, on n’entre pas dans le PIB mais ça bosse quand même ici, et pas qu’un peu 😉

Mention spéciale à ce passage : « Il est plus que jamais nécessaire que chacun puisse travailler, d’abord à prendre soin de lui-même, de ses parents, de ses enfants et de ses proches, travailler ensuite pour contribuer aux biens communs accessibles à tous (connaissances, arts, culture, logiciels, etc.), travailler enfin à inventer et à mettre en œuvre à toutes les échelles les moyens qui permettront de léguer une planète vivable aux générations futures. »

J’ai également été sensible au fait que le texte de cet appel ait élaboré à l’aide du logiciel libre co-ment de Philippe Aigrain, mais surtout qu’il ait été publié sous Licence Art Libre.

Le débat est bien entendu ouvert. Ainsi (encore Wikipédia) : « Sur un plan plus moral, cela pose le risque d’institutionnalisation d’une culture de paresse et la remise en cause de la valeur travail. Les opposants à l’allocation universelle arguent ainsi que chacun a le devoir de contribuer dans le cadre de ses possibilités et aptitudes personnelles au bien-être de la société, et voient dans l’allocation universelle, si elle est trop élevée, une exhortation à l’inactivité et à l’égoïsme. Certains libéraux jugent donc immoral le concept de revenu versé sans réciprocité. »

L’écueil sera d’autant plus susceptible d’être évité qu’il s’accompagnera d’une certaine éducation baignant dans une certaine culture[1]. Si on se laisse aller à offrir trop de « temps de cerveau disponible » en pensant que l’objectif à atteindre est « d’avoir une Rolex avant ses cinquante ans », on n’y arrivera sans doute pas.

Appel pour le revenu de vie

URL d’origine du document

Licence Art Libre

Au delà des clivages sociaux, des corporations, des écoles de pensée, nous, signataires du présent appel, voulons contribuer à provoquer dès maintenant une transformation réaliste et constructive de la société : celle du revenu de vie.

Qu’est-ce que le revenu de vie ?

L’idée est soutenue de longue date par de nombreuses personnalités, de tous horizons politiques, de toutes confessions et de toutes nationalités. Elle est connue sous des appellations diverses: allocation universelle, revenu d’existence, revenu citoyen, revenu universel, revenu social garanti, etc. (cf. Wikipédia)

Le revenu de vie ne doit pas être confondu avec le RMI, le RSA et autres allocations attribuées de manière conditionnelle. Le revenu de vie, lui, est automatique, inconditionnel et inaliénable. Il concerne tout le monde, riches ou pauvres. Il est attribué à chaque individu, de la naissance à la mort. Son montant est suffisant pour garantir à chacun une existence décente – quoi qu’il arrive -. Il est cumulable avec les autres revenus (salariés ou non). Il ne peut être saisi aux plus modestes, mais il entre dans l’assiette d’imposition des plus aisés.

Le revenu de vie ne rémunère pas l’emploi, mais le travail au sens large

Ni l’emploi salarié, ni les revenus du capital, ni les aides sociales classiques ne peuvent prétendre désormais garantir le droit à l’existence de chacun tel que défini à l’article III de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. C’est un fait : en raison de l’informatisation et de l’automatisation de la production, le plein-emploi ne peut plus être atteint. Par contre le travail est toujours d’actualité, et sa tâche est immense.

Il est plus que jamais nécessaire que chacun puisse travailler, d’abord à prendre soin de lui-même, de ses parents, de ses enfants et de ses proches, travailler ensuite pour contribuer aux biens communs accessibles à tous (connaissances, arts, culture, logiciels, etc.), travailler enfin à inventer et à mettre en œuvre à toutes les échelles les moyens qui permettront de léguer une planète vivable aux générations futures.

Loin d’être un encouragement à la paresse, nous affirmons que le revenu de vie permettra à chacun, dans la mesure de ses capacités et de son désir, de s’engager de manière sereine, libre et responsable, dans des travaux essentiels pour l’intérêt général que les emplois traditionnels n’ont pas vocation à assumer.

Comment financer le revenu de vie ?

Il s’agit précisément d’engager pour le financement du revenu de vie tous les moyens alloués à l’entretien de la chimère du plein emploi. L’institution du revenu de vie implique pour les pays qui le mettront en place de revoir leur système fiscal et social, et probablement de reprendre un certain niveau de contrôle sur la création monétaire qu’ils avaient abandonné aux banques. Les calculs des économistes qui ont réfléchi en profondeur à cette question montrent que cela est parfaitement possible (cf. simulations).

Il n’est nul besoin d’attendre quelque cataclysme pour envisager cette profonde transformation. Cela peut se faire progressivement et sans dommage, à condition qu’il existe une prise de conscience et un engagement suffisamment massif. C’est à cet engagement que nous, signataires de cet appel, voulons amener.

Qu’avons-nous à perdre ?

L’illusion d’un emploi salarié et dûment rémunéré pour tous s’est volatilisé avec la crise. Avec cette disparition, va s’évanouir aussi pour beaucoup le réflexe de se définir en fonction de son activité professionnelle. Il ne faut pas le cacher, l’institution du revenu de vie amènera probablement à s’interroger plus encore, sur notre identité, notre rôle dans la société, notre aspiration à procréer en regard des problèmes de démographie, et sur la nature de ce que nous voulons transmettre à nos enfants.

L’institution du revenu de vie ne va pas sans mises en cause profondes de nombreuses habitudes. Nous pensons néanmoins que cette mutation des consciences et des comportements peut s’effectuer sans violence, et dans un esprit d’entraide mutuelle afin que se développe une nouvelle culture de la responsabilité.

Qu’avons-nous à gagner ?

L’institution du revenu de vie remet en cause le « travail » tel qu’il est compris usuellement, à savoir comme base du capital et des rapports sociaux. On le sait, la réduction du « travail » au seul « emploi » provoque automatiquement l’exclusion de ceux qui en sont privés, la peur du chômage chez les salariés, et le contrôle social des assistés. Cette confusion entre « travail » et « emploi » a un coût énorme pour la société aussi bien financièrement que socialement. Les pathologies sociales et psychiques qu’elle entraîne ne sont tout simplement plus soutenables.

Nous n’attendons pas du revenu de vie qu’il règle tous les maux, mais nous affirmons qu’il est absolument nécessaire pour surmonter la crise de confiance actuelle en réduisant le niveau intolérable, de pauvreté, d’exclusion et de peur.

Action

Au moment où les médias relayent quotidiennement les avis d’experts annonçant l’imminence de catastrophes provoquées par l’effondrement des économies, le réchauffement climatique ou les pandémies, nous affirmons qu’il existe un moyen efficace pour faire face collectivement et pour mobiliser les forces vives: c’est la voie du revenu de vie.

Nous citoyens signataire de cet appel, demandons, aux politiques de tous bords, aux syndicats et aux experts, en France et partout dans le monde, de prendre en compte cette voie dans les délais les plus brefs et d’engager avec nous cette grande transformation.

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Notes

[1] Crédit photo : Jam343 (Creative Commons By)

49 Réponses

  1. J en parle depuis des annees, j appelle ca le RMV, Revenu Minimum Vital, par opposition au RMI . . .

    L un de mes arguments est qu initialement la terre appartenait aux humains, j avai le droit de survivre par moi meme, de construire ma cabane dans une foret, de planter quelaues legumes et de me nourir par moi meme.

    Aujourdhui les lois nous interdisent de survivre par nous meme, impossible de s installer et de cultiver son jardin, la terre ne nous appartient plus . . .

    Meme quelqu un qui prendrai 30 ans pour economiser et s acheter son bout de terre devrait encore payer des impots pour avoir le droit de posseder sa terre et sa cabane, impossible de survivre par nous memes . . .

    A partir du moment ou le systeme m interdit de survivre par moi meme, il doit me donner ce RMV, revenu minimum vital, pour compenser le fait de m avoir enleve le droit de subvenir a mes propres besoins.

  2. Vu comment le monde a dérivé récemment, c’est peut-être de l’utopie mais c’est une bien belle idée. J’adhère et pense aussi que si l’on ne fait rien on va droit dans le mur (le mur qui sépare les riches, toujours plus riches et moins nombreux, des autres).

    Vu que c’est bientôt les élections, on remarquera que l’Europe n’a strictement rien fait en ce sens et que c’était une arnaque vendue par les politicards et le technocrates.

  3. genium

    Dans sa réponse au questionnaire "candidats.fr", l’équipe "Logiciel Libre et José Bové" disait: «…nous soutenons le développement d’une économie de la culture fondée sur les communautés, l’échange et le partage. A l’ère du numérique, la logique pyramidale des industries culturelles nous semble dépassée et l’initiative individuelle illusoire. La civilisation numérique s’organise autour des communautés et repose sur l’utilisation des logiciels et des réseaux décentralisés. Il est donc pertinent d’orienter l’économie culturelle vers ces modèles communautaires en favorisant le plus possible les démarches collaboratives….». [PDF — http://www.candidats.fr/documents/r… ]

    Et Hervé Le Crosnier rajoutait: «… I strongly recommend you the answers by José Bové, an "altermondialist" candidate, which where written by a team of specialists of free software in France. This can be considered as a political program for the Free Software movement in France… » [ http://lists.essential.org/pipermai… ]

    On entre progressivement dans un "capitalisme" post-industriel et spécifiquement cognitif; dans ce monde "post-capitaliste", je ne vois que deux alternatives: celle qu’on souhaite nous imposer par de nouvelles enclosures, par la privatisation des biens communs, de la culture, du vivant, le tout orchestré par un arsenal cognitif artificiel… ou celle vêcue chaque jour par le mouvement du logiciel libre, le travail collaboratif au service de la communauté humaine. Il est évident que le revenu de vie permettrait aux gens de savoir pourquoi ils travaillent…

  4. loutre

    Cela ressemble au dividende universel proposé, en autres, par Christine Boutin.

  5. modagoose

    Si le revenu de vie était mis en place, ça signifirait que les gens dont le pouvoir politique et économique sont le moteur cèdent la place. Parce que si demain les citoyens avaient le loisir de disposer comme bon leur semble de leur temps de vie sans contrepartie, ils prendraient conscience de l’absurdité du monde tel qu’il est conçu depuis le 19ème siècle. Ils bâtiraient la valeur, non plus sur l’argent et les objets récompenses du travail tel qu’il est entendu par le Capitalisme, mais sur les relations humaines. La richesse matérielle deviendrait secondaire, voir désuète, et le pouvoir qu’elle recèle disparaîtrait.
    La fortune et le pouvoir n’ont de raison d’être que s’ils peuvent s’appliquer dans un monde où certains ne l’ont pas.
    Donc c’est peine perdue que d’espérer un tel changement de société. Ou alors, ça ressemblera au RDV mais ça ne sera qu’un artifice, rien de plus.

  6. Mathias

    Cette idée est très loin de me sembler convaincante. Ca serait possible de mettre en place un tel système si tout le monde était comme moi, malheureusement ce n’est pas le cas, et ça ne pourrait avoir comme conséquence qu’une joyeuse destruction de l’économie.
    Soyons réalistes : 90% de la population passerait tout son temps à manger des chips devant la télé – du moins tant qu’il y aurait encore des chips dans les magasins et des vendeurs dans les magasins.

  7. Pour comprendre au mieux l’interaction numérique / revenu garanti et sa portée révolutionnaire, deux livres de GORZ incontournables "Misères du présent, Richesse du possible" & "L’immatériel".
    Je vous conseille également le numéro 28 de la revue écoRev’ (http://ecorev.org/spip.php?rubrique…) et le blog de Jean Zin (http://jeanzin.fr/index.php?post/20…).

  8. "Soyons réalistes : 90% de la population passerait tout son temps à manger des chips devant la télé"

    Argument de la part de personnes qui n’ont jamais ete desoeuvres, et qui s’imaginent naivement que l’ideal de la vie-comme-on-veut == paresse ; c’est comme le dimanche, les jours feries, les vacances : quelques uns ne font rien, mais en general ne rien faire devient assez rapidement intolerable…

  9. Tout à fait d’accord. L’objectif de l’homme, c’est pas de "rien faire", son objectif, c’est d’être heureux : )

    Chez certains, être heureux passe par "manger des chips devant la télé", mais c’est déjà le cas avec notre modèle économique (et peut-être même plus, car certains ont tout intérêt à nous faire manger des chips devant la télé…).

    Chez la plupart, être heureux (au delà de pouvoir se nourrir et subvenir aux besoin de sa famille) c’est se sentir utile.

  10. A une époque, j’imaginais un système de rémunération au mérite. Les "mérites" n’étant pas seulement la création de valeur, mais aussi les services rendus à la société : partager le savoir, élever des enfants, aider les personnes en difficulté (agées, handicapées, sans abris), etc…

    Ainsi, ceux qui ont beaucoup de revenu pour peu de travail, par exemple les rentiers, seraient imposés pour rémunérer ceux qui ont peu de revenus mais sont plus impliqués dans l’intérêt de la société.

    Cela me semble peut-être plus juste que ce "revenu universel", mais bien plus compliqué à mettre en place. La difficulté étant d’établir et de comptabiliser cette échelle de mérites.
    Et bien sûr cela reste utopique, puisque ceux qui on l’argent ont aussi le pouvoir, et n’ont aucune envie de partager leurs privilèges.

    Ou alors il faudrait des politiques vraiment très fort et désintéressés.

  11. VV666

    Je suis d’accord avec J, quand tu as été au chômage pendant plusieurs mois, tu finis par être content de travailler ou d’avoir un projet autre….

    Glander chez soi, c’est bien le premier mois, mais après, ça devient insupportable.

    Avec un revenue de vis, je pourrai enfin ne pas travailler pour manger, mais travailler à me former à un art que j’aime, et si mon niveau est suffisant, vivre de mon art…. Pour le moment, faut que j’aille trimer 43h/semaine pour bouffer…. vie de merde.

  12. aveldro

    "Certains libéraux jugent donc immoral le concept de revenu versé sans réciprocité."
    Pas tous, et en tout cas, pas les plus radicaux d’entre eux.
    Toujours dans Wikipedia :
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Alloca
    "Elle est défendue aussi bien par des altermondialistes que par des libertariens."
    et plus loin :
    "Alternative libérale défend ce concept en y voyant un moyen de faciliter « la prise de risque, l’initiative », et de supprimer le système actuel d’aide social « absurde et inefficace » qui favorise le clientélisme électoral. Il s’agit d’une des propositions majeures du parti, qui reprend dans ses grandes lignes la conception hayekienne."
    Amusant de constater une fois de plus ces convergences de vue entre alter-mondialistes et libéraux radicaux (chez qui on trouve d’ailleurs bon nombre de militants "libristes", surtout aux États Unis).

  13. "
    "Soyons réalistes : 90% de la population passerait tout son temps à manger des chips devant la télé"

    Argument de la part de personnes qui n’ont jamais ete desoeuvres, et qui s’imaginent naivement que l’ideal de la vie-comme-on-veut == paresse ; c’est comme le dimanche, les jours feries, les vacances : quelques uns ne font rien, mais en general ne rien faire devient assez rapidement intolerable…
    "
    Le problème n’est pas que les gens ne feraient rien mais ferait-il quelque chose d’utile à la vie de la communauté ?
    L’être humain est la plus part du temps égoïste. Un être humain ne reste pas à rien faire mais il ne fera pas obligatoirement quelque chose de constructif pour l’ensemble du groupe.

    Personnellement je suis plus pour l’idée de Nath. Et je suis aussi d’accord avec lui concernant le fait de la difficulté d’attribuer ce mérite.

    Même si je pense que notre société doit changer, je ne pense pas que ce genre de solution soit la bonne.
    De là à proposer une bonne idée …
    Avant de modeler notre société, il serait peut-être bon d’éduquer certaines personnes. Leur apprendre que le profit n’est pas le seul but dans la vie. Et que ce n’est pas non plus le seul moyen de vivre.

  14. Médard

    Je trouve que ce n’est pas une mauvaise idée…
    Ça libérerait des tas d’emplois qui ne servent qu’à la "vérification" des droits (ANPE; Allocs diverses…) – en fait ça serait rapidement rentable pour la collectivité nationale !!
    A condition d’être dans l’obligation d’accepter un "pti boulot" par-ci par-là, non ?
    Non, pas genre "chantier nationaux", hein !

  15. JosephK

    "Travailler moins pour s’aimer plus", ça c’est un slogan qui a de l’avenir :)

    > A condition d’être dans l’obligation d’accepter un "pti boulot" par-ci par-là, non ?

    Ben non !
    Mère ou père au foyer c’est un boulot…
    Faire du bénévolat (développer un logiciel, gérer une bibliothèque, servir des repas chauds, etc) c’est du boulot…
    "Être dans l’obligation" ça sous-entend qu’on ne saurait pas quoi faire sans cette obligation.

    >Soyons réalistes : 90% de la population passerait tout son temps à manger des chips devant la télé

    Je pense que c’est principalement du au fait qu’on vit le travail comme une frustration du coup, les vacances sont vécues comme un soulagement et on s’oblige à agir à l’inverse de ce qu’on fait au travail. Sortons de l’aliénation au travail et on pourra être libre de travailler si on le veut.

    J’ai lu dernièrement, sur pereaufoyer.com, un témoignage de circonstance :
    http://pereaufoyer.over-blog.org/ar

  16. N’oublions pas le proverbe : « l’oisiveté est la mère de tous les vices ». Je ne suis donc pas convaincu que payer les gens sans contrepartie soit un modèle de société viable, à moins d’organiser un grand lavage de cerveaux pour éviter les dérives… À terme je vois aussi difficilement comment convaincre une partie suffisante de la population à faire autre chose que de s’occuper de soi et de sa famille si l’argent tombe du ciel et donc, finalement, on en reviendrait à cultiver son propre jardin et au troc avec le voisinage, la monnaie disparaîtrait puisqu’il n’y aurait plus personne pour la générer.

    Sinon ce que propose Nath, rétribuer les personnes au mérite quel que soit leur travail, c’est une bonne idée a priori. Mais il faudra forcément des gens pour mesurer qui a fait quoi et décider de combien ça vaut. Ça risque de poser à nouveau le problème de la centralisation du pouvoir, celui-là même qui rend la mise en œuvre du communisme très différente de ce qu’auraient pu en escompter leurs théoriciens ou encore qui fait que les riches sont de plus en plus riches dans le système capitaliste… À moins de trouver un moyen d’empêcher l’accumulation de pouvoir et de richesses. C’est peut-être simplement ça le problème principal de nos sociétés.

  17. nico.com

    Tout cela est très bien mais, selon moi, le débat qui doit se dérouler sur ce framablog, doit répondre à la question : est-ce que le revenu de vie concerne framasoft ?

    Merci et bonne soirée à tous,
    Un souscripteur de framasoft en colère.

    PS : ce que j’ai écris au dessus ne veut absolument pas dire que je suis pour ou contre ce revenu. lol. J’espère que vous l’avez bien compris ! 😉 J’ai simplement peur que framasoft ne disperse ses forces dans un combat qui ne la concerne pas vraiment.

  18. JosephK

    @nico.com : Personnellement oui, totalement !
    Lorsqu’on traite de la liberté dans la musique, on ne se pose pas la question si c’est le rôle de Framasoft de parler de ça ? Ça va de soi… pourtant ça pourrait être refilé à Dogmazic par exemple.
    À la question est-ce que si la musique était gratuite, librement diffusable, librement modifiable, etc on débat de la pertinence du modèle économique. Certains imaginent qu’il ne faut pas rendre la musique gratuite parce qu’un artiste doit être rémunéré et que ça serait financièrement suicidaire…

    Là, le revenu de vie c’est une forme de licence globale pour tout les "travailleurs" (citoyens) quelque soit leur boulot et même si leur boulot se résume à faire du jardin chez soi ou philosopher sur la vie ce que certain pourraient considérer comme de l’oisiveté… Mais, il n’y a pas si longtemps personne n’envisageait sérieusement être artiste pour gagner sa vie, c’était même mal vu d’annoncer ça à son entourage… aujourd’hui c’est le plan de carrière de beaucoup de gens, c’est même très largement valorisé dans les médias. (exit l’ingénieur informaticien, vive le star académicien)

    Cette article soulève la question de la "libération" du travail quoi !
    Une tentative de libérer autre chose que du code, comme on en a l’habitude ici 😉

  19. PillOow

    Je m’y retrouve assez dans tout ça, ayant une forte tendance ( en vrai je suis malade ) à procrastiner, mon désir le plus chère serait d’être riche. ( Non je ne souhaite pas la paix dans le monde ) Non pas pour accummuler les biens matériaux mais, pour acheter du temps, du temps necessaire à l’accomplissement de soi. Réaliser des projets ( libre ? ), accomplir et essayer tout ce que la vie peut offrir. L’expression "le temps c’est de l’argent" est très vrai aujourd’hui mais elle n’a plus le même sens. Aujourd’hui, le temps est un luxe qui coute chère et dont l’argent seul ne suffit pas à l’obtenir.

    @ JM > Argumenter en partant d’un proverbe n’est pas juste.
    Citation: Voltaire
    "Un proverbe n’est pas une raison".

  20. @nico.com : J’ai essayé dans mon intro de donner quelques éléments laissant à penser qu’on n’était pas si forcément hors-sujet que cela, tout en posant justement la question : "en quoi cela concerne le Framabog ?"

    Lorsque Tristan Nitot (Standblog) évoque de manière récurrente les question écologiques, ça ne me choque pas et je me montre plutôt intéressé par ce qu’il a à nous dire en tant que "simple citoyen". C’est aussi l’un des avantages du "format blog", d’offrir des espaces de débat et de… liberté par rapport à la thématique habituelle (ou supposée comme telle).

    J’ajouté que je me suis exprimé à la première personne ("j’ai signé…") et non au nom de Framasoft.

    Mais je respecte ton point de vue et te remercie beaucoup pour la souscription 😉

  21. OrelEagle

    Ça me semble aller à l’encontre de l’esprit des logiciels libres qui est de travailler sans attendre de contrepartie directe… Ici vous proposez de recevoir sans être obligé de donner! Le logiciel libre défend une culture libérale où les contraintes sont réduites (puisque le code source peut être réutilisé librement) et où la compétition entre les acteurs sert de moteur à l’évolution.

    Pour éviter une catastrophe (p?nurie de main d’oeuvre -> disparition de fonctions de la société -> régression de l’humanité) il faudrait que ce revenu soit vraiment faible (disons une centaine d’euros). Le but recherché de survie sans autres revenus serait alors difficile à atteindre.

  22. nico.com

    @josephK : tu as peut-être raison. Je ne sais pas.

    Mais il me semble que le principe du libre peut s’appliquer aux choses que chacun peut, en quelques instants, et sans effort appréciable, dupliquer à l’infini sans aucune altération. Ce qui permet un "partage" de ces choses. (on ne les partage pas vraiment, en fait : on ne coupe pas un gâteau en part, on multiplie le gâteau.)

    Je pense aux programmes, à la musique en format numérique, au films, aux jeux vidéos. Au final, ce n’est physiquement que des marques faites sur un support.

    Je ne suis certainement pas assez calé en économie ou en philosophie, pour savoir si l’argent ou le travail peuvent fonctionner ainsi. Je veux dire, en se multipliant sans effort. (même si une partie de l’argent a un support numérique, non ?)

    En fait, je doute que ce soit possible actuellement.

    C’est pourquoi, même si on peut s’accorder quelques instants de rêve ; il faut garder à l’esprit que la priorité de framasoft c’est du concret ("Notre manière à nous de défendre et promouvoir le logiciel libre c’est bien moins de dire que de faire, et de faire sur internet.").

    Et aujourd’hui, l’action concrète de framasoft : c’est son annuaire, c’est sa framakey, et ce sont aussi ses livres !

    Car c’est par des petites actions (plus si petites que ça, d’ailleurs) comme celles ci qu’on change le monde !

    (@Pilloow : malheureusement, je suis moi aussi un grand procrastinateur, malgré ce que je peux dire… mais je me soigne ! lol)

  23. "L’être humain est la plus part du temps égoïste"

    1/ oui parce qu’il doit penser a sa survie, c’est meme inscrit dans nos genes !
    2/ oui parce que nous sommes dans une societe qui souligne le manque et la rarete plutot que l’abondance.
    3/ oui parce que nous sommes eduques dans la peur de ne pas avoir assez, le besoin de reussir; regardez autour de vous, la societe valorise le succes mais denie de toute dignite l’echec…

  24. jerome

    L’idée est assez séduisante pourtant il faut bien qu’un minimum de gens travaillent afin de produire la nourriture, l’énergie, "l’éducation de nos enfants" etc, afin tous les biens matériels et immatériels nécessaires à la société. Or certains métiers sont durs, fatiguants, usants. Ils sont pourtant indispensables. Si un revenu de vie existe, qui acceptera de faire ce genre de boulot ?

  25. nico.com

    @aKa : de rien.

    J’admire beaucoup le travail que vous réalisez au sein de votre association. Depuis quelques mois, c’est votre travail qui me permet de me former à des outils informatiques que j’utilise désormais quotidiennement, dans mes études et dans ma vie associative (moi aussi ! lol)

    Et J’espère que très vite, je pourrais – par le revenu de mon travail à moi lol – augmenter ma contribution financière à framasoft.

  26. Pour aller dans le sens de jerome, je m’inquiète un peu lorsque je vois ça :
    "Consistant, comme d’autres formes d’aide sociale à exercer la solidarité par l’attribution d’un pouvoir d’achat plutôt que la fourniture de services publics, le versement de l’allocation conduit à confier à des institutions privées des prestations qui auraient été gérées par l’administration". (partie Services Publics de http://fr.wikipedia.org/wiki/Alloca…)

  27. zecopyshop

    Ce qui est incroyable pour une idée aussi géniale, c’est qu’il y a des simulations économiques crédibles de la part d’économistes de provenances très variées. A la nuance près qu’il faut indexer ce revenu sur le PIB. Ce qui ne me choque pas. Même si je préfère parler de BIB (bonheur intérieur brut). Cela dit j’ai cru comprendre que ce revenu serait plus proche de 500€ que de 1000€ (à moins de prendre sur d’autres revenus sociaux, pourquoi pas finalement).

    J’aime cette idée parce qu’elle peut réconcilier dans un projet commun des communistes libertaires ou pas, des sociaux-démocrates, des écologistes avec des gaullistes, des libéraux, des ultra-libéraux et j’en passe.

    1) Certains y verront un regain de dignité pour les pauvres, qui ne seront plus stigmatisés. Et ce sera vrai.

    2) Certains y verront une incitation aux activités non-salariées puisqu’il y aura moins de risque à ne pas faire carrière et à se consacrer pleinement à ses amis et à sa famille et bénévolement à ses associations et à ses centres d’intérêt. Et ce sera vrai.

    3) D’autres y verront une incitation au travail, puisque tout travail, même minime, est totalement et directement cumulable. Alors que les aides actuelles, même avec la petite amélioration du RSA, dissuade de reprendre un emploi, notamment à temps partiel.

    On peut aussi remarquer que c’est une incitation à la prise de risque pour les apprentis entrepreneurs. Là encore on amortis les choques, ce qui laisse la possibilité à plus de créativité individuelle de s’exprimer. Et tout ça c’est bon pour l’économie capitaliste, coco. A moins que tout le monde se mette à expérimenter (SCOPs…) et que le système finisse par muter. Le revenu d’existence semble proposer seulement de nouvelles règles du jeux, plus humaines et plus rationnelles, mais ne détermine pas que l’avenir sera à gauche ou à droite, plutôt égalitaire ou plutôt inégalitaire. Cela dépendra non pas du revenu d’existence, mais du reste, c’est à dire de notre mode de vie, de nos luttes et nos votes.

    Et pourtant j’hésite à signer. Je trouve dommage que cet appel ne soit pas en version 0.1, en cours de traduction dans toutes les langues européenne, en lien avec le BIEN ( http://www.basicincome.org/ ) et ait pour projet de demander leur point de vue à toutes les listes européennes avant le 12 juin. Certe, c’est plus facile à dire qu’à faire. Dommage qu’on utilise pas plus l’espéranto…

    Encore une anecdote, et je libère la place :
    Je ne comprends pas que cette idée soit défendue par le parti "Alternative Libérale" :
    http://www.alternative-liberale.fr/
    Alors qu’elle est rejetée par le parti l’"Alternative Libertaire" :
    http://www.alternativelibertaire.or

  28. hgoye

    J’ai fait la fête hier soir.
    "putain d’article"
    Désolé pour la pauvreté de mon vocabulaire 😉
    Ici le ciel est gris et il va probablement pleuvoir toute la journée. Merci Aka pour ce rayon de soleil, merci aux contributeurs ….
    j’ai touché mon salaire ce matin !!!
    Hug

  29. christian

    Ce système économique me fait penser aux fourmis! Dans un sens c’est réaliste, si trop d’individus ne travaille pas votre revenu RMV diminue,et personne ne serait satisfait de ce modèle économique.
    Pour revenir aux fourmis? les fourrageurs ,celles qui collectent la nourriture à la colonie représente seulement 10% des fourmis.
    Cela me fait penser si chaque être humain donner 10% de son existence au travail cela suffirait à l’humanité de vivre. (Si la proportion fourmi=humain)

  30. jemm

    Ce n’est pas une nouveauté, un petit rappel, La Déclaration Universelle des Droit de l’Homme :
    Article 1:
    Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

    Article 25:
    1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.

    @jerome: certains métiers sont durs, fatiguants, usants, uniquement car il est plus rentable pour les patrons de maintenir cet état de fait, profits obligent.

  31. Kouige

    "Or certains métiers sont durs, fatiguants, usants. Ils sont pourtant indispensables. Si un revenu de vie existe, qui acceptera de faire ce genre de boulot ?"

    Ce système ne peut s’appliquer sur les remunérations actuelles. Il faut que les travails pénibles soient mieux rémunérées quitte à donner moins aux footballeurs.

    J’adhère et je serais bien plus motivé à être actif et productif pour une telle société !

  32. Pardon de me faire l’avocat du diable, mais…

    Cette allocation aurait-elle un intérêt si seule une poignée de personnes l’applique? Comment ne pas écouter l’écho des pays pauvres voisins, qui réclameront à leur tour le juste droit à pouvoir en bénéficier? Et une fois qu’on a admis qu’il y aura des abus, comment les limiter et les combattre? Tout le monde trouverait-il cela vraiment acceptable que Paris Hilton et Jean Sarkozy y aient droit aussi? Comment éviter une récupération politique dérivative?

    De plus, le minimum vital est-il véritablement le même pour tous? Si je suis diabétique et que je nécessite un traitement obligatoire quotidien onéreux, va-t-on le prendre en compte dans ce revenu de "minimum de vie"? Comment l’évaluer et le contrôler? A l’inverse, si je dispose d’une ferme avec ma propre production de lait et légumes, ai-je donc besoin de la même somme? En allant plus loin sur ce thème, au lieu d’une allocation, pourquoi ne pas directement distribuer à tous de la nourriture et des couvertures?

    Et enfin, comment à terme combattre la surpopulation avec une telle politique?

    Je tiens à préciser que je trouve au départ l’idée séduisante, c’est pourquoi je me suis évertué à en rechercher les limites applicables. Et au risque d’enfoncer le clou pour certains, je me définis plutôt comme un anarcho-gauchiste.

    J’attends vos réactions.

  33. Kouige

    Oui tu evoques les principaux arguments que ceux contre le communisme :
    – Il ne peut pas se faire localement et doit etre appliqué mondialement.
    – On est pas tous egaux en dépenses. Quelqu’un qui aurai une grande maison devrai aussi dépenser plus pour l’entretenir. Avoir des biens serai peut etre un piège qui amènerai à devoir gagner toujours plus d’argent.
    – Je suis aussi d’accord qu’à partir d’une certaine rémunération, ce RMVital serait du gaspillage.
    – La surpopulation, c’est un tout autre problème qui peut se gerer mais qui ne doit pas se limiter à un seul enfant (la fraternité ne doit pas être éradiquée de l’éducation).

    Celà étant je préfèrerai une mondialisation de ce type plutot que celle vers ou nous semblons nous diriger.

  34. ouais et moi je m’installe sur la côte d’azur les cocos, préparez moi mon alloc je me trouve un logement décent :)

  35. C’est du communisme cette idée là. Et le communisme est un crime contre l’humanité.
    De plus "la vie" se mérite par l’effort

  36. JosephK

    >C’est du communisme cette idée là. Et le communisme est un crime contre l’humanité.
    Syllogisme qui tue ! C’est toi qui écrit le texte de la marionnette de Steevy dans les guignols ?

    >De plus "la vie" se mérite par l’effort
    Je vais dire ça à mon chat tiens…(et je t’assure, il est bien vivant mon chat)
    On lui donne des croquettes à volonté (c’est son revenu de vie) et pourtant il fait quand même le choix de nettoyer le périmètre de toutes les souris qu’il trouve (et qu’il nous ramène pour nous montrer le boulot accompli), pourtant il pourrait roupiller tranquille toute la journée sur le canapé…

  37. nostal

    je pense aussi que l’idee est que tout le monde a une specialité, specialité qu’il peut mettre a profit pour aider la societé a une echelle familliale, associative voir plus large, alors pourquoi pas lui donner les moyens de developper cette specialité plutot qu’a le forcer a travailler qqchose moyen pour survivre? quelqu’un qui est bon en mecanique, pourquoi aiderait t’il pas benevolement les voisins plutot qu’etre forcé a aller dans une specialité qui lui convainc pas? , aujourd’hui l’autodidacte est quasiment mort -né, y’a une non-confiance impressionante… c’est un peut le principe du logiciel libre appliqué a la société, avec en fond un revenu supportable par chacun… voir l’idee que tout revenu est accesoire dans une société communautaire, ça marche a merveille pour le logiciel libre, ça marche aussi avec les reseaux communautaires, ça marche aussi meme avec les jeux type sims… alors pourquoi cela ne marcherait t’il pas IRL , l’argument du fait que c’est materiel et non immateriel est pour moi derisoire, quand on veux faire qqchose , on le peut, meme si cela est dur..

  38. nostal

    kouig: je vois pas pourquoi tout le monde a besoin d’une grande maison… et je vois pas en quoi cela poserait un probleme sur le RMV puisque c’est censé etre appliqué par personne, et comme le seul facteur a la taille d’une maison, c’est le nombre d’habitants, une grande maison = plus d’habitants = plus de moyens pour l’entretenir… sinan, c’est que c’est du gaspillage de place…

    moi: je vois pas en quoi le communisme est un crime contre l’humanité, c’est rien d’autre qu’un principê economique, comme le liberalisme…

    ludopower, nan, le but est justement qu’avec le temps libre, on peut s’occuper a ce qu’on sait faire de mieux… donc indirectement, faire profiter de ce qu’il sait faire a la socitété… pas que tout le monde se mette a roupiller dans son coin, si ce genre de truc se met en place, y’en auras plusieurs certes qui en profiteront sans rien donner en retour, sa sera meme probablement le cas pour la majorité au debut, et quand ils se lasseront, ils bosseront, mais bosseront bien, dans de bonnes conditions qui sont celles qu’ils veulent… indirectement si pas obligation de bosser, faudra que les entreprises sachent amiliorer les conditions de travail des employés, c’est par exemple la raison pour laquelle google a des records en heures supp': les conditions de travail la bas sont purement exeptionelles…

  39. lasconic

    C’est bien que ça ressorte ! Jacques Duboin l’avait déjà dans les années 30 quand il a pris conscience que les machines étaient en train de changer le monde. Il a écrit plusieurs livres et fondé le mensuel la Grande Relève (des hommes par les machines). Ce mensuel est encore vivant aujourd’hui! Sa devise est une phrase d’Hugo "Vous voulez les pauvres secourus, moi je veux la misère supprimée.". http://economiedistributive.free.fr

  40. sacha

    Pour ma part, j’estime que l’idéal serait le contraire : un impôt forfaitaire unique.

    Quel que soit ses revenus, chaque citoyen serait redevable du même impôt, sans condition de revenu. Il s’agirait d’un "ticket d’entrée" permettant l’accès aux prestations offertes par l’Etat.

    Celà aurait l’avantage :
    – de pousser à la création et au travail
    – de créer une saine compétition entre les "offres" de chacun des pays
    – de garantir une véritable égalité
    – d’ouvrir grand les frontières à l’immigration sans craindre aucun "effet secondaire"

    Les citoyens seraient alors capables de s’organiser socialement dans le cadre d’organisations indépendantes de l’Etat, qui leur permettraient, contre le paiement d’une cotisation familiale, de leur garantir l’accès à ce "ticket d’entrée", quoi qu’il arrive. Une sorte d’assurance volontaire.

    Ces organisations indépendantes pourraient également collecter des fonds permettant d’assurer le paiement du ticket d’entrée pour les personnes aux revenus les plus bas.

    Certes, on est plus trop dans le politiquement correct français, mais on peut pourtant pas faire mieux en matière de justice et d’égalité de traitement.

  41. avant de parler d’impot, l’etat par la voix de son fisc devrait remercier tous les contributeurs grands et petits, distinguer les meilleurs afin que nous le peuple en connaissance de cause puissions aller chez les bonnes personnes depenser nos sous …

    comme ca les sous de chez nous resteront chez nous !

  42. FOX14

    Plutôt qu’un revenu de vie, je pense que le mieux serait la gratuité des services vitaux : nourriture, logement, soin, éducation… et je dois en oublier.

    L’argent ne servirait plus à survivre, mais uniquement à "se faire plaisir" ( belle voiture, belle maison, caviar à tout les repas… ).
    En gros, l’idée est de passer de "les plus pauvres sont ceux qui crèvent de faim dans la rue" à "les plus pauvres sont ceux qui vivent dans un 20 mètres carrés et mangent des conserves à chaque repas". Ainsi, la réussite professionnelle deviendrait accessoire : si on ne souhaite pas travailler pour X raisons ( égoïstes ou pas ), pas de problème, on pourra toujours vivre décemment, mais voir le voisin sortir la ferrari tous les week-end devrait être une motivation suffisante pour se dire que ça peut valoir le coup de bosser pour la société et de gagner des sous 😉
    Je reste dans une approche matérialiste de la société, mais elle me semble plus humaine, une humanité supplémentaire qui faciliterait sans doute l’éducation civique des personnes, pour qu’ils aient d’autres ambitions que manger des chips devant la télé toute la journée 😉

  43. Pliit

    Un petit commentaire tardif pour signaler que ce type de revenus existe déjà: il s’agit de la retraite. Les retraités sont payés sans devoir fournir un travail.

    La grosse différence est bien sûr qu’il faut avoir travaillé un certain nombre d’années pour avoir droit à la retraite 😉

    Alors je pense qu’il faudrait se pencher sur la question et lister toutes les actions que les retraités peuvent réaliser pour le bien commun. Est-ce que cela correspond à ce que vous décrivez dans l’article?

  44. albatros

    L’idée projetée n’est pas forcément utopique et mérite quelque attention. Cette idée, sauf erreur, se rapprocherait ou produirait une société "anarchique" – bien comprise – ( à ne pas confondre avec des bandes armées, ennemies public, même si c’est le fait de donner aux "pauvres" le bien des "riches" ; on a vu ce que la révolution culturelle à donnée en Chine sur la fin de Mao.)
    Je pense à une certaine société amérindienne d’avant la colonisation par les européens.
    Ce minimum vital, vu dans une globalité mondiale ne favoriserait pas l’oisiveté, comme cela a été évoqué, j’en suis sûr. Mais il faudrait adjoindre à cela, l’abolition du loyer de l’argent, lequel provoque ce scandaleux écart dans les revenus de plus en plus outranciers et d’une arrogante insolence face aux plus démunis. C’est la spéculation et cet intérêt de l’argent qui ont provoqué la crise que l’on connaît actuellement et ce sont les intérêts financiers qui ont donné ce slogan : "time is money" ; le temps c’est de l’argent. Pour combien de temps encore ?… C’est ce même loyer de l’argent qui enrichit les plus riches et appauvri encore plus les plus démunis. Une étude allemande à soulignée à ce sujet les écarts exorbitants entre les plus riches et les plus pauvres, sans oublier les classes moyennes. Cette étude est consignée dans un livre : "gérer mon argent dans la liberté" écrit par Pierre PRADERVAND ( Jouvence ). Je me permet d’en glisser un passage du chapitre : " Le mécanisme de l’intérêt ou la courbe du diable." "….La revue suisse-allemande Zeitpunkt (juillet 2004) nous apprend qu’en Allemagne, en 2010, les détenteurs de capital gagneront plus d’argent avec les seuls revenus des intérêts que la totalité des revenus provenant du travail productif. La revue ajoute que la situation sera similaire dans la plupart des pays occidentaux."
    Exactement le même mécanisme fonctionne à l’échelle internationale : les pays les plus pauvres de la planète financent, par le mécanisme de la dette, le gaspillage des pays du Nord. Eric Toussaint rapportait dans Le Monde Diplomatique de septembre 1999 qu’entre 1982 et 1998, les pays du Tiers-monde ont ensemble remboursé plus de quatre fois ce qu’ils devaient….
    Le Tiers-monde remboursait au début du XXI° siècle environ 200 milliards de dollars

  45. albatros

    Le Tiers-monde remboursait au début du XXI° siècle environ 200 milliards de dollars , alors que toutes les aides publiques au développement du Nord se montaient à moins du quart de cette somme !
    Qui aide qui ? "
    "… on peut faire sur les pays dits riches le même commentaire qu’ Aristote Onassis faisait sur nombre de riches qui l’entouraient : " Un homme riche est souvent un homme pauvre avec beaucoup d’argent".
    " Malheur à l’homme qui au moins une fois dans sa vie n’a pas tout remis en question." Pascal
    ……….
    " Quand nous quitterons cette terre pour continuer notre voyage, nous n’emporterons avec nous ni notre compte en banque ni notre réputation, ni notre villa ni notre savoir humain, ni nos investissements ni nos relations. La seule chose que nous emporterons, et la seule qui nous sera indispensable pour la suite du voyage, c’est une fois de plus notre capacité à aimer."
    Pierre Pradervand, sociologue, écrivain, fait partie des "nouveaux créatifs", ceux qui contribuent, par leurs comportements, leurs écrits et leur enseignement à jeter les bases d’une société ouverte au vrai bonheur d’exister dans le respect de soi et des autres.

  46. albatros

    Il termine son ouvrage par " un message électronique reçu d’une adolescente dite "indigo". (On entend par ce terme des enfants avec une capacité et une vision spirituelles qui dépassent de loin la norme). Je voudrais terminer cet ouvrage par ce message, qui nous est adressé par l’univers, et qui nous rappelle le sens ultime de la vie :
    "Vous êtes unique et beau, et capable au-delà de toute mesure d’aimer avec l’amplitude de l’Esprit, quelle qu’ait été votre expérience passée. Rappelez-vous : votre histoire (passée) n’est pas Qui Vous Êtes.
    J’ai eu une enfance incroyablement violente. Mon corps, mon esprit et mes émotions furent abusés de façon difficilement imaginable. Donc je sais ce que c’est de venir d’un passé sans amour.
    Mais la vérité, c’est qu’aucun d’entre nous n’est endommagé de façon permanente. Quoiqu’il se soit produit autrefois, il y a toujours la possibilité de guérir et de croître. D’avoir été victime ne justifie pas de le rester. Ce sont là des excuses que nous nous donnons pour ne pas grandir spirituellement.
    Vous êtes votre propre puissance supérieure. Vous n’êtes pas seul. Vous êtes déjà libre.
    Dans la flamme de l’Amour, rien d’autre n’existe. Aucune négativité, aucune obscurité ne peut demeurer dans la lumière de l’Amour.
    Vous n’avez pas besoin d’avoir des pouvoirs psychiques ou des dons exceptionnels pour aimer. Soyez qui vous êtes. Vous êtes un enfant de l’amour, spécial et parfait sous tous les angles. Vous avez quelque chose de très important à donner simplement par votre être. Le monde attend que vous vous ouvriez. Ouvrez votre coeur, que l’amour y rentre et en sorte.
    Que l’amour soit le motif de tous vos actes. Que l’amour soit la première chose à laquelle vous pensiez en vous réveillant, et la dernière en vous couchant. Laissez l’amour remplir chacune de vos cellules jusqu’à déborder dans le monde. Que l’amour soit votre don spécial – c’est ce que vous êtes sensé exprimer.
    A chaque instant, prenez l’amour un pas plus loin. Laissez-le grandir et grandir. L’amour est sans limite, comme est votre capacité à l’exprimer et à en faire l’expérience. Il n’y a pas de limite, pas de règle, pas un chemin spécifique. Plus vous vous ouvrez, plus l’amour vous enseignera, vous remplira, émanera de vous. N’attendez pas. Commencez maintenant. Ayez du courage, une intention claire, soyez consentants. Que l’amour soit la vérité que vous représentez, l’outil que vous portez, et le véhicule qui vous emmène à chaque nouveau pas.
    Il est temps. Allons. Aimons. "
    Nastata-La

  47. En complément, on pourra lire "La guerre du travail" de Seb Musset, qui évoque également le revenu de vie (après une démonstration assez édifiante de la situation actuelle) :
    http://sebmusset.blogspot.com/2009/

  48. Kitchentoto

    Certains commentaires m’ ont fait sourire car tellement attendu ( et entendu ! ) comme l’ oisiveté, l’ égoïsme de l’ être humain, etc, etc…Pour ma part, je considère que ce système serait plutôt une grande chance, une chance de se libérer de devoir gagner sa vie et pour un grand nombre de nos concitoyens, de s’ user à des tâches pas toujours très motivantes financièrement et intellectuellement .Il deviendrait possible pour chacun de tenter des choses, dans le monde du travail ou dans le secteur associatif et ainsi, d’ être plus audacieux dans ses choix. .Je pense que tout le monde en sortirait gagnant et j’ aimerais que mes enfants puissent vivre dans un monde où, l’ égalité et la solidarité seraient des mots qui ont du sens.
    Ce qui m’ étonne toujours devant les réactions hostiles à ce type de projet, c ‘est qu’ ils ne sont jamais étonnés, voir pourquoi pas, choqués, par les absurdités du système actuel. En effet, pas le moindre petit sourcillement, au fait qu’ une personne puisse, de par sa simple naissance, hériter d’ une fortune familiale et être ainsi, à l’ abris de bien des problèmes matériels, de l’ existence humaine…Enfin, pour conclure je dirais que c ‘est une bien belle idée que de donner à tous et sans aucune conditions, les moyens de pouvoir se réaliser dans la dignité.

  49. Ce qui est étonnant c’est que lorsqu’on propose à quelqu’un de lui donner 1000 euros chaque mois sans contre-partie il est ok, mais quand on dit que c’est généralisé à tous il pense que les autres seront des fainéants !
    Le Revenu de Base/Universel existe déjà dans quelques pays et améliore la vie des citoyens ; les faits et démonstrations scientifiques le confirment !
    Samuel Bendahan, Chercheur Économiste Comportementale http://vimeo.com/16999193
    Avec la participation de Richard Stallman http://www.creationmonetaire.info/2