Scandaleux : l’INPI censure le Libre d’une exposition qui se révèle alors propagande !

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Lucas Jans - CC by-saC’est une mésaventure ô combien révélatrice de notre époque trouble et troublée qui est arrivée à Isabelle Vodjdani.

Aujourd’hui s’est en effet ouverte l’exposition « Contrefaçon, la vraie expo qui parle du faux », à la Cité des sciences et de l’industrie à La Villette (Paris).

Le Libre devait y être très modestement présent par un simple article rédigé par Isabelle Vodjdani.

Il n’en sera rien car à quatre jours de l’inauguration on lui a fait savoir que l’Institut national de la propriété industrielle (INPI), co-organisatrice de l’évènement, refusait son texte. L’explication a le mérite de la clarté  : « L’INPI est farouchement opposé à ce que l’exposition donne la parole aux défenseurs du "libre" ».

« D’entrée de jeu, le visiteur est poussé à s’interroger  : à qui profite le faux  ? Qui est lésé, qui est abusé  ? Sommes-nous victimes ou complices  ? », nous dit la dépêche AFP dédiée à la manifestation « citoyenne », qui n’évoque évidemment pas l’épisode.

Mais au delà de l’INPI, à qui profite une telle censure  ? Qui a intérêt à ce que le grand public ignore que l’on puisse s’adresser à lui autrement qu’en consommateur stimulé par le markting ,en s’extirpant de la dichotomie artificiellement entrenue « monde marchand / contrefaçon de ce même monde marchand »  ? Qui a intérêt à taire que d’autres mondes soient possibles  ?[1]

Il ne faut pas se méprendre, en censurant ainsi le Libre, l’exposition prend une tournure politique et se fait propagande.

Les masquent tombent et on ne lit alors qu’une seule chose sur les visages  : la peur.

PS  : Pourquoi ne pas se mobiliser et organiser une petite manifestation de protestation devant l’entrée de l’exposition, avec distribution de tracts et de contenus sous licence libre  ?

"Contrefaçon"  : La Cité des Sciences censure le Libre à la demande de l’INPI

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Isabelle Vodjdani – 20 avril 2010 – Transactive.exe

"La vraie expo qui parle du faux" se soucie peu de parler vrai.

Résumé  : Une exposition aux intentions pédagogiques sur la Propriété Intellectuelle, décrit toutes les formes de contrefaçon mais censure les informations se rapportant aux pratiques licites du Libre et de l’Open-Source. Si on avait voulu faire l’apologie des pratiques illicites on ne s’y serait pas mieux pris  !

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs, j’ai la fausse joie de vous annoncer l’ouverture d’une exposition aux prétentions pédagogiques sur la Propriété Intellectuelle dont le seul volet consacré à la présentation du Libre, un texte concis enregistré par votre serviteur, a été censuré à la demande de l’INPI, principal partenaire de l’exposition.

« CONTREFAÇON, la vraie expo qui parle du faux » commence le 20 avril à la Cité des Sciences et de l’Industrie de la Villette et court jusqu’en février 2011[2]. Comme son sous titre accrocheur l’indique, vous y verrez fausse monnaie, fausses marques, faux médicaments, fausses montres,… et dans la foulée, le faux nez de la vraie musique téléchargée illégalement par quelques adolescents dont on se propose de corriger l’égarement à coup de questionnaires faussement ludiques et de sorties scolaires faussement récréatives[3]. Copier c’est mal, voilà tout le message de ce déballage qui décrit les multiples formes de la contrefaçon avec la verve qu’en d’autres temps, des enlumineurs auraient employée pour dépeindre les sept péchés capitaux en motifs grotesques.

Hélas, à côté de ce tableau des pratiques illicites, il ne faut pas s’attendre à trouver beaucoup de nuances dans la définition de ce qui est au contraire licite en matière de propriété intellectuelle. En effet, le domaine du Libre est totalement exclu du corpus de l’exposition. Et quand je dis exclu, il ne s’agit pas d’omission ou d’ignorance, mais bien de censure.

Initialement, les commissaires de l’exposition avaient prévu de consacrer un modeste volet à la présentation du Libre  ; cela leur paraissait incontournable et c’est bien la moindre des choses. Dans cette optique, j’avais été contactée en septembre 2009 par une des commissaires adjointes qui me demandait de rédiger un texte concis définissant le Libre, ses enjeux et ses perspectives. Le texte devait être diffusé dans une petite zone de l’exposition équipée de bornes audio avec la version écrite affichée à proximité.

Mais le 16 avril 2010, quatre jours avant l’ouverture de l’exposition, j’ai reçu un mail de la commissaire en chef m’informant que mon texte ne pourra pas être diffusé  : « notre partenaire principal, l’INPI, est farouchement opposé à ce que l’exposition donne la parole aux défenseurs du "libre". Nous avons essayé de discuter et d’argumenter avec eux mais l’INPI reste intransigeant sur sa position. Nous sommes donc obligés, avec grand regret, de ne pas présenter votre parole que vous aviez, aimablement, accepté de rédiger et d’enregistrer. ». Quelques minutes plus tard, je recevais un mail d’excuses de la commissaire adjointe, sincèrement désolée. En pièce jointe, elle me restituait mon texte, enrichi des traductions réalisées par son équipe. Je l’en remercie, car ces traductions sont bien le seul avantage que j’aurai tiré de cette affaire.

Qu’un établissement public cède aux desiderata de ses partenaires financiers et renonce à sa liberté de parole est en soi scandaleux[4]. Mais prétendre informer le public sur la question de la Propriété Intellectuelle sans jamais évoquer le modèle du Libre, pourtant en plein développement, est tout simplement malhonnête et relève d’une entreprise de désinformation. Comment peut-on faire semblant de ne pas voir la montagne Wikipedia et l’Himalaya des logiciels libres qui font désormais partie de notre environnement de travail quotidien parmi tant d’autres bourgeons du Libre  ? Ne sont-ils pas des exemples éclatants de la réussite d’un régime de propriété intellectuelle qui garantit la liberté de copier, de modifier et de diffuser des œuvres selon un cadre contractuel parfaitement légal  ?

Pour moi, ce petit texte est un élément de vulgarisation parmi d’autres et je n’en aurais sans doute pas fait état sans cet acte de censure. Il est d’ailleurs fort probable qu’il serait passé quasiment inaperçu si les choses s’étaient passées comme prévu par les commissaires de l’exposition  : qui donc, au détour du fastidieux parcours énumérant les cas de contrefaçon dûment constatés, chiffrés et illustrés, aurait encore le courage de se planter devant une borne audio pour entendre une autre voix  ? L’intransigeance de l’INPI qui prive les commissaires de la satisfaction, même illusoire, d’avoir honnêtement couvert le sujet en réservant une portion congrue à la présentation du Libre, est tout à fait étonnant. Pourquoi l’INPI a pris le risque de se ridiculiser en censurant un texte promis aux oubliettes  ? Il faut croire que cette voix, aussi discrète soit-elle, dérange encore trop. Elle dérange parce qu’elle n’appartient pas au monde binaire que tentent de nous décrire les lobbys des ayant droit. Cette voix parle à la grande catégorie des amateurs et bricoleurs qui ne se reconnaissent ni dans la figure du faussaire ni dans le masque de l’Auteur floué derrière lequel se cachent les ayant droit[5]. Pour le coup, ce texte que je trouvais quelque peu effacé à cause de l’exercice de concision auquel j’étais astreinte, prend de l’importance. Aussi, je le publie ci-après, et vous invite à copier, diffuser, commenter ou augmenter tout ou partie de cet article en faisant bon usage des dispositions de la Licence Art Libre.

Le libre, un phénomène en expansion

Dans le cadre du droit d’auteur qui protège les créations littéraires et artistiques, un nombre croissant d’auteurs choisissent de mettre leurs œuvres à la disposition du public avec un type de contrats bien spécifiques qu’on appelle des licences libres. Ces licences autorisent quiconque à diffuser des copies de l’œuvre. Elles l’autorisent également à publier sous sa propre responsabilité d’auteur des versions modifiées de l’œuvre. Ces autorisations sont assorties de deux conditions  :

  • Premièrement, il faut mentionner l’auteur de l’œuvre initiale et donner accès à ses sources
  • Deuxièmement, les copies ou versions modifiées de l’œuvre doivent être publiées avec les mêmes autorisations.

Les œuvres libres sont nécessairement divulguées avec une licence qui garantit ces conditions. Parmi ces licences, on peut citer la GNU GPL, pour les logiciels, et la Licence Art Libre, pour les œuvres culturelles. Le domaine des œuvres libres n’est donc ni une zone de non droit ni assimilable au gratuit. D’ailleurs les anglo-saxons associent le mot français « libre » au mot « free » pour écarter toute confusion, car il y a des œuvres gratuites qui ne sont pas du tout libres, et il y a des œuvres libres payantes.

On parle aussi du « monde du libre » pour désigner l’ensemble des acteurs qui participent à la promotion et au développement du domaine du libre. Ce mouvement s’inspire des usages qui régissent la circulation des connaissances dans les milieux académiques. Mais depuis 1983, ce sont les développeurs de logiciels qui sont à l’avant-garde de ce mouvement et de sa formalisation juridique, car dans ce secteur d’activité la nécessité d’innovation est constante et les utilisateurs ont tout intérêt à mettre la main à l’ouvrage pour améliorer les défauts d’un logiciel ou l’adapter à leurs besoins. Ainsi, ils deviennent à leur tour auteurs.

Ce modèle de développement correspond aux aspirations d’une société démocratique composée de citoyens qui apportent une contribution constructive à la vie publique et ne se contentent pas d’être seulement gouvernés. L’intérêt que suscite le Libre est donc d’abord d’ordre politique. Cet intérêt est exacerbé par le fait que les législations de plus en plus restrictives sur le droit d’auteur évoluent à contresens de l’intérêt du public et deviennent des freins pour la création. Dans ce contexte, les licences libres apparaissent comme une issue légale et pragmatique pour constituer un domaine dans lequel les obstacles à la diffusion et à la réutilisation créative des œuvres sont levés.

Dans le domaine de la création artistique et de la publication scientifique, le modèle du libre correspond aussi à une réalité sociale. C’est l’émergence d’une société d’amateurs qui, à la faveur d’un meilleur accès à l’éducation, au temps libre, aux moyens de production et de communication, s’invitent sur la scène en bousculant parfois les positions établies. Ces amateurs sont les vecteurs, les acteurs et les transformateurs de la culture, ils en sont le corps vivant  ; sans eux les œuvres resteraient « lettre morte ».

Depuis le 19ème siècle, avec la création des musées et la naissance du droit d’auteur, notre culture a privilégié les moyens de la conservation pour assurer la pérennité des œuvres. Aujourd’hui, les supports numériques et internet sont en train de devenir les principaux moyens de diffusion des œuvres. Certes, internet est un puissant moyen de communication, mais il n’a pas encore fait ses preuves en tant que moyen de conservation. Ce qui se profile avec le modèle du libre, c’est que parallèlement aux efforts de conservation dont le principe n’est pas remis en cause, une autre forme de pérennisation retrouve sa place dans notre culture  ; il s’agit de la transmission, qui fonde aussi la tradition. Or, l’acte de transmission passe par un processus d’appropriation (on ne peut transmettre que ce qu’on a déjà acquis ou assimilé), et cela implique des transformations qui font évoluer les œuvres. C’est la condition d’une culture vivante, une culture portée par des acteurs plutôt que supportée par des sujets.

Copyleft  : Isabelle Vodjdani, 20 avril 2010, ce texte est libre, vous pouvez le copier, le diffuser et le modifier selon les termes de la Licence Art Libre http://www.artlibre.org.

Notes

[1] Crédit photo  : Lucas Jans (Creative Commons By-Sa)

[2] « CONTREFAÇON, la vraie expo qui parle du faux », Cité des Sciences et de l’Industrie, Parc de la Villette, Paris, du 20 avril 2010 au 13 février 2011.

[3] Depuis plusieurs années des études sur l’impact du piratage sur le marché de la musique apportent régulièrement un démenti aux affirmations des lobbys de la répression du téléchargement. Dans la dernière en date, Le GAO affirme que les chiffres du piratage sont contrefaits (ReadWriteWeb, 19 avril 2010)

[4] Précisons que L’INPI est également un établissement public, mais autofinancé et relevant de la tutelle du ministère de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi, tandis que la Cité des Sciences et de l’Industrie est sous la tutelle du ministère de la Culture.

[5] Comme on le sait, la figure de l’auteur floué par les petits "pirates" est le masque dont se parent les ayants doits qui, pour rester dans l’ordre des métaphores de la marine, se comportent en véritables "requins". Pour ne citer qu’un seul exemple, voir l’article du Point en date du 10 avril 2010  : Comment la Sacem se goinfre….

56 Réponses

  1. Révoltant.
    Si j’étais sur Paris je serais allé avec plaisir tracter devant la cité de la science.

  2. Tout à fait d’accord avec Louis-Rémi : il ne faut pas laisser passer cela, de mon point de vue il y a deux choses :
    – le fait que l’INPI puisse avoir un tel levier de pression
    – le fait que le libre n’ait pas sa place comme solution à la contrefaçon. Ce qui d’ailleurs est révélateur de quelque chose de plus profond : "vous ne pouvez pas avoir d’autre choix que d’acheter des marques déposées et payantes"

    J’ai mal à la démocratie, je me sens plus en démocrature

  3. C’est vraiment honteux.
    S’il y a une séance de tractage, je veux bien en faire partie.

  4. Leur déclaration est d’une violence assez étonnante: "l’INPI, est *farouchement opposé* à ce que l’exposition *donne la parole* aux défenseurs du libre".
    J’aimerai bien comprendre comment ils justifient une telle animosité…
    L’INPI a-t-il officiellement explicité sa position?

  5. Ceci dit, le texte d’ Isabelle Vodjdani est excellent…

  6. Le Quiz du site de l’Expo contient aussi de jolis morceaux de propopagande !
    http://www.cite-sciences.fr/francai

  7. Intéressant. À mon sens, cela montre au moins deux choses : la première est que ces derniers mois les sociétés de gestion de droits "d’auteur", ou les organismes comme l’INPI, ne prennent même plus la peine d’enrober leur mépris sous un baratin diplomatique. Ne serait-on pas passé à l’étape antépénultième dans le paradigme énoncé par Gandhi : "on vous ignore, puis on se moque de vous, puis on vous combat, puis vous gagnez" ?
    La deuxième, c’est combien les expositions publiques sont (re ?)devenues un enjeu politique brûlant, où la censure et l’arbitraire ne manquent pas de s’exercer d’une façon somme toute "décomplexée" (j’emploie le terme à dessein), comme l’a récemment montré l’affaire Ko Siu Lan : http://www.lemonde.fr/culture/artic

    <troll>Si on avait un Parti Pirate digne de ce nom, ça aurait été pile le bon moment pour aller se faire une petite manif devant la Cité des Sciences…</troll> :-)
    (soupir)

  8. Pourquoi ne pas s’inviter à cette exposition lors de l’Ubuntu Party, en distribuant des CD gratuit d’Ubuntu et des tracts exposant ce qu’est le libre ?

  9. Ce n’est pas l’INPI qui s’est déclarée officiellement "farouchement opposée" c’est la commissaire de l’expo qui le dit.

    On se doute bien que quand le financeur principal ordonne, il n’y a le choix que de s’exécuter ou de tout annuler. Et quand la plupart des frais sont engagés l’annulation devient in-envisageable…

    L’INPI est bien fourbe et a attendu son moment. Leur exigence annoncée dès le départ l’expo aurait pu être refusée (probablement pas…) et c’est tout leur message qui risquait de passer à la trappe.

  10. Je suis tout à fait d’accord : c’est politique !

    Quand je vois les médias se demander pour 2012 : Aubry ou Strauss-Kahn ? Sarkoy ira ou n’ira pas ? C’est à pleurer de vacuité.

    Ils n’ont absolument pas compris que ce n’est pas du tout là que l’avenir se joue.

  11. "car dans ce secteur d’activité la nécessité d’innovation est constante et les utilisateurs ont tout intérêt à mettre la main à l’ouvrage pour améliorer les défauts d’un logiciel ou l’adapter à leurs besoins"

    Ce passage est en totale contradiction avec les valeurs défendues par l’INPI.
    On connait ici la suite.

  12. Winael

    Pour ce qui est de la manif, pourquoi pas profiter de l’Ubuntu Party du 29/30 mai.
    Cela permettra de manifester, d’informer et de promouvoir la party.
    Sinon il y a aussi possibilité de faire ça les premier samedi du mois. Il faut profiter de la présence du Libre dans les murs de la CSI pour le promouvoir

  13. On dirait une caricature. C’est une blague?

  14. Ce n’est pas du simple tractage qu’il faut faire, mais plutôt une distribution de copies de disques libres (Ubuntu ?) avec des autocollants spéciaux mettant en valeur le fait qu’on peut les copier et les distribuer à volonté sans commettre de contrefaçon.

  15. Djidane

    Je ne suis pas sur Paris, mais je rêverais y être juste pour pouvoir aller manifester et tracter devant l’expo.
    Je trouve que ce serait vraiment géniale si des gens pouvait le faire, car il ne faut pas laisser une occasion pareille ni que l’INPI puisse crier victoire.
    Bien que je ne suis pas être présent, j’invite toute personne motivée pour aller manifester ou tracter à le faire : ca ne prends qu’une après-midi éventuellement, et ce n’est pas si compliqué.
    Si il faut aider à rédiger un tract, j’aiderais de tout mon cœur !

  16. stanlog

    Je ne suis qu’à moitié étonné de l’issue de cette affaire, pas vraiment révolté, car ce volte-face de la part de l’INPI n’est qu’une réaction épidermique de plus à la possible perte de monopole du droit d’auteur et de la propriété intellectuelle de la part des grands lobbies capitalistes. Je ne me fais plus d’illusions depuis un bon moment, seuls les pays émergents peuvent encore peser de tout leur poids contre la généralisation de cet état de fait : la marchandisation du monde jusqu’à l’écoeurement…

    J’invite d’ailleurs chacun à (re)voir le documentaire Good copy bad copy (http://blip.tv/file/735245/), qui pourrait peut-être amener un peu d’eau au moulin s’il était largement diffusé, y compris au sein des salles de classes (appel aux profs présents ici)… Que proposons-nous à la jeunesse à la place ? Des prospectus de type "publi-rédactionnels", financés par les entreprises de l’entertainment (rien à voir ici avec la culture, c’est bien de l’industrie des loisirs dont il est question ici) informant nos chères têtes blondes que "le téléchargement c’est mal". En quoi le téléchargement d’oeuvres et logiciels libres serait-il illégal ? Sans parler de la "carte musique jeune", vaste fumisterie à mon goût, sans doute financée par le contribuable.

    La dichotomie de plus en plus prononcée entre nos vieux modèles de société industrielle du XIXème siècle, et ceux issus de la société post-moderne de la dernière partie du XXème se fait de plus criante, de plus en plus amère de la part de certains acteurs, j’irais même jusqu’à dire de plus en plus "frontale" et violente.

    Il n’est donc pas étonnant de voir régulièrement des réactions hostiles au libre de la part des acteurs privateurs (http://fr.wiktionary.org/wiki/priva…) (dont le droit d’usage est leur fond de commerce), des amalgames pitoyables entre libre et gratuit, des manoeuvres de censure et de désinformation autour du Net (repère de tous les maux de notre société), et du dénigrement permanent de la culture et du logiciel libres (somme toute, une culture d’amateurs bricolant des trucs dans leur garage). Bien triste, et si peu démocratique…

  17. les hypocrites

    La liste des organismes qui sont contre "nous" s’allonge…

    Et de plus en plus proche du pouvoir et du secteur public puisqu’il s’agit ici d’un "Institut" qui est "National".

    Ce qui me fait marrer avec cette exposition, c’est qu’on veut le beurre et l’argent du beurre de la mondialisation (vendre partout nos marques sans entraves mais interdiction de copies chez les pays qui sont pourtant les ateliers de ces mêmes marques).

    Vous avez créé un monde absurde, écodestructeur et hyper inégalitaire avec votre mondialisation consumériste et vous voudriez en plus censurer les alternatives avec un discours que gobent les gouvernements et l’opinion publique : "nos emplois sont menacés par le chinois".

    Si il n’y avait le Libre ce serait à se tirer une balle dans la tête.

  18. « Si il n’y avait le Libre ce serait à se tirer une balle dans la tête. »

    Non, ce serait à l’inventer, pas à se suicider.

  19. Earered

    Je soupçonne ce passage : "Cet intérêt est exacerbé par le fait que les législations de plus en plus restrictives sur le droit d’auteur évoluent à contresens de l’intérêt du public et deviennent des freins pour la création."

    L’INPI est consulté pour ces législations, et la loi étant voté par les représentant du peuple, cette phrase peut piquer à la gorge des représentants de l’INPI (a priori, ils sont sincères quand ils pensent faire mieux (l’ennemi du bien, manque de réflexion de fond de leur part, toussa)).

    Quel serrait la réaction d’une SSLL finançant une expo, si l’INPI proposait d’y ajouter un texte avec un passage du genre : "l’intérêt pour le libre se développe essentiellement pour son coût réduit pour les consommateur, et va à contre-courant des améliorations législatives favorisant la création" (bien comprendre l’autre devrait aider à plus facilement le convertir un jour ^^)

  20. Je suis partant pour aller manifester. Quant au parti pirate, nous n’avons pas besoin de ça, certains partis existants sont sensibles à la thématique du Libre, je suis d’ailleurs militant politique, je sais de quoi je parle.

  21. Mylène Farmer

    Puisqu’il faut choisir
    A mots crus je peux le dire
    Sans contrefaçon
    Au Libre je dis non
    Et pour un empire
    Je ne veux me convertir
    Puisque sans contrefaçon
    Au Libre je dis non

  22. Ok pour distribuer des tracts.

  23. Siltaär

    Organisons la réaction !

    J’ai ouvert dans ce but un fil de discussion sur le forum Framagora : http://forum.framasoft.org/viewtopi

    Les contributions de tous y sont les bienvenues :)

    Nous allons réagir !

  24. Sur le site de la cité allez faire un tour sur le téléphone c’est à pleurer, juste pour l’agencement du menu ou le dessin sur les touches 😉

    Sinon il faudrait aussi faire un contre-site en plus d’une manif.

  25. Mc Rack

    Dans la partie logiciel du site de l’expo, il y a malgré tout une vidéo en anglais sous-titré sur les Creative Commons (ça aurait du être dans la partie artistique, pas logiciel).

    Bien sur, juste à côté il y a une superbe vidéo Microsoft, incitant les gens à la paranoïa en leur disant que leur ordinateur est complètement exposé à toute sorte de risque si ils n’ont pas de licence authentique.

  26. François Elie

    Heureusement que cette attitude recroquevillée n’a pas cours dans la production… des sciences. Sinon il n’y aurait pas de sciences. Cela s’appelle la cité des… sciences!

    « Face à ces défis nouveaux, les entreprises traditionnelles ou même nouvelles sont saisies d’un syndrome qui rappelle singulièrement celui de la réaction nobiliaire à la veille de la Révolution. Elles s’emparent alors de la seule chose qui leur reste : la loi, une loi durcie, crispée, et fragilisée par le fait que les transformations du contexte technique en rendent l’application problématique, difficile, voire impossible. »
    Jean-Claude Guédon, La recherche, nov 2000

    Il est sans doute très utile et très juste de combattre la contrefaçon dans le monde des choses. Mais dans le monde du numérique où la copie est identique à l’original, où "copier n’est pas re-produire", il serait encore plus utile encore de produire autrement.

  27. Je vois que la nouvelle à fait le tour des blog et des gazouillages…

    J’aime bien le commentaire de ploumb http://linuxfr.org/comments/1122278… qui s’interroge si des gens sont vraiment intéréssé par les questions du droit d’auteurs.

    Personnellement avant de connaître le libre, le droit d’auteurs je m’ne foutais un peu. Depuis, je dirais que je suis beaucoup plus attaché au droit d’auteur car le copyleft n’en ait qu’un dérivé.

    Tous cela pour dire que les gens ne s’intéresssent pas aux droits d’auteurs, sinon ils ne téléchargeraient pas de film de manière illégale …

    Et plus que le tract, l’intervention durant les conférences en posant des questions sur le libre me paraît plus pertinent et plus habile. Malheureusement, je ne suis pas sur Paris.

  28. Jean Carreel

    Finalement, c’était probablement le meilleur moyen de faire parler de l’informatique libre. Reste maintenant à profiter de la situation pour communiquer, communiquer… et encore communiquer. La voix officielle a eu (ou a voulu avoir) le bec cloué, une occasion rêvée pour attirer la presse et les autres média 😉

    Jean Carreel

  29. caroledesc

    comme pour beaucoup de choses, on interdit parce qu’on a peur.
    Parlons-en au contraire.

  30. Un article tout chaud de Rue89 (que l’on remercie pour le relais) apporte quelques précisions en ayant intérrogé les principaux intéressés :

    Isabelle Vodjani :

    « Le fait qu’un petit volet sur le libre ait été prévu au départ montre que les concepteurs avaient conscience qu’on ne peut pas traiter ce sujet-là sans en toucher un mot.

    Se contenter de dire “ça, c’est interdit”, “ça, c’est très mal”, sans présenter des pratiques plus positives dans le domaine de la propriété intellectuelle, sans donner dans la nuance, ça me parait assez énorme.

    C’est une expo de propagande, où on va emmener des cars d’écoliers, un public captif. Le tout au service d’un lobby qui veut défendre une certaine conception du droit d’auteur. »

    Le service communication de l’INPI :

    « Au sein de l’institut, on n’utilise que du libre ! On a travaillé avec tout un tas d’experts, le thème de la contrefaçon touchant plein de domaines. Le choix de retirer finalement ce texte partait d’une bonne intention : on ne voulait pas apporter de la confusion dans l’esprit du public entre l’univers du libre et des pratiques illégales. »

    La Cité des Sciences :

    « L’évoquer de manière sommaire au sein de l’expo n’aurait pas eu de sens. On a voulu rester light, on s’adresse à Monsieur et Madame tout le monde. »

    Pour ce qui me concerne, je ne suis pas convaincu et trouve les explications un "brin" hypocrites.

    – Le logiciel libre indésirable dans l’exposition « Contrefaçon »
    http://www.rue89.com/2010/04/21/le-

  31. «D’abord ils vous ignorent, puis ils vous raillent, ensuite vous combattent et enfin vous gagnez» (Gandhi)

    Aurions-nous quitter l’étape 2 avec des gusses dans un garage pour entrer dans une phase 3 active ?

  32. Ooops … je n’avais pas lu les commentaires et je vois que la citation de Gandhi est déjà passé. Mille excuses.

  33. Le libre, un phénomène en expansion

    [ NDLR: il s’agit ici du texte censuré par l’INPI et qui devait être présenté à la Cité des sciences, lors de l’exposition "Contrefaçon, la vraie expo qui parle du faux". Il est bien sûr recommandé aux défenseurs du logiciel libre de diffuser le plus…

  34. iri: il n’y a pas de mal, je n’avais pas indiqué de licence mais c’est toujours rassurant de voir que des idées sont partagées ( – je suis _pour_ le piratage :-)

    À propos, il y a du nouveau sur le sujet : en réponse à mon ramdam, RMS lui-même appelle à manifester : http://lists.pirateweb.net/pipermai

    Bon, on s’y met tous ensemble ? Des Pirates, des Libristes, des tracts et des LiveCD : ya de quoi mettre de l’ambiance à la Cité des Sciences non ? 😀

  35. J’ai ajouté une petite section sur l’article Wikipedia "INPI". 😉 Je suis resté neutre et lacunaire, mais complétez si vous avez du temps!

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Instit

  36. stanlog

    Pour ma part, ce que je trouve scandaleux, c’est la réponse faite par l’équipe de com’ de la cité des sciences : « L’évoquer de manière sommaire au sein de l’expo n’aurait pas eu de sens. On a voulu rester light, on s’adresse à Monsieur et Madame tout le monde. »

    Ce genre de réponse participe à véhiculer une forme de message, consistant à "juger" que le grand public n’est pas assez intelligent, ou n’a pas la culture suffisante pour comprendre ce que sont le logiciel et la culture libres, ses avantages, sa philosophie, sa démarche, au point de susciter l’intérêt, et d’amener ensuite chacun à se renseigner pour en savoir plus. Pour moi, cela reviendrait à dire : "Pourquoi le président Lula et son gouvernement souhaitent prescrire l’utilisation des logiciels libres, puisque le peuple est incapable de comprendre les enjeux ?" Absolument ridicule et infondé. C’est de plus, je trouve, une obstruction à la vulgarisation de l’alternative qu’est le copyleft face au copyright (et une réelle alternative à la contrefaçon).

    Donc, les arguments évoqués ne tiennent pas, la présentation du copyleft (même "light") avait toute sa place dans cette expo., au contraire. Face à ce type de réponses "en bois", je comprends mieux pourquoi les mass media occultent généralement la culture libre : si chacun part du principe que le peuple est "trop con" pour comprendre ce phénomène, et que tout cela ne peut intéresser qu’une bande de technophiles bidouilleurs ou d’artistes anarchistes, normal qu’une forme de censure naisse. Affligeant…

  37. Yves Lermois

    Ok c’est effectivement scandaleux que le libre ne soit pas présent.

    Mais vous avez vraiment tous lu l’article de Vodjdani ?

    Quand on lit le passage suivant, tout à fait juste d’ailleurs, on comprend quand même que l’INPI ait pu "tiquer" non ?

    "Ce modèle de développement correspond aux aspirations d’une société démocratique composée de citoyens qui apportent une contribution constructive à la vie publique et ne se contentent pas d’être seulement gouvernés. L’intérêt que suscite le Libre est donc d’abord d’ordre politique. Cet intérêt est exacerbé par le fait que les législations de plus en plus restrictives sur le droit d’auteur évoluent à contresens de l’intérêt du public et deviennent des freins pour la création. Dans ce contexte, les licences libres apparaissent comme une issue légale et pragmatique pour constituer un domaine dans lequel les obstacles à la diffusion et à la réutilisation créative des œuvres sont levés."

  38. Ça y est! Je viens de reprendre, à la suggestion d’Isabelle, le texte destiné à l’exposition sur mon blogue personnel.
    http://andrecotte.com/blog

  39. @Yves Lermois: Euh, ça me paraît limite tiédasse par rapport à la façon dont le Libre (et non l’open-source, attention) se présente habituellement. Le Libre est un mouvement social, un mouvement politique, et c’est une dimension qui n’a échappé à personne (sauf peut-être aux "trois gentils singes" de la Linux Foundation). Dès lors, pourquoi le cacher au public ?

    Bon, j’ai poussé un peu mes collègues et on va essayer de donner les moyens à tous les citoyens concernés de se coordonner : http://partipirate.org/blog/com.php

    C’est fait un peu à l’arrach’ et je suis (par nature) pessimiste sur la viabilité d’une réelle mobilisation ; mais bon, ça peut être chouette d’essayer quand même.

  40. AllonZy

    Bonjour,

    A défaut de manifestation ou de tract,
    je vais faire connaitre ma désapprobation à l’INPI,
    Car, outre cet avatar de censure, je constate que l’INPI fait aussi l’impasse sur les "licences libres" sur son site internet.

    Les urls pour les contacter sont les suivantes (formulaires pour poster):

    Contact questions sur la propriété industrielle
    http://www.inpi.fr/fr/outils-transv

    Faire part de vos remarques sur le site
    http://www.inpi.fr/fr/outils-transv
    Voici le message que je vais leur envoyer sur ce dernier lien:

    Bonjour,

    Je constate que parmi les diverses mesures de protection de la propriété industrielle ou artistique, vous ne fournissez aucune information concernant les diverses licences libres (gpl, creative common, …).

    D’où vient cette méconnaissance (apparente?) de ces diverses licences?
    S’agit-il d’un simple oubli? D’une méconnaissance? De mépris pur et simple à l’égard de ces possibilités? De censure?

    Dans tous les cas, un institut national tel que le votre ne peut se permettre d’ignorer le phénomène.
    Vous ne pouvez pas ignorer sans autre forme de procès qu’un certain nombre de sociétés françaises et d’artistes aussi, ont basé leur métier sur ces licences libres.
    Et si vous avez des critiques relatives à ces modèles de licences, ne vous appartient-il pas d’en faire état plutôt que d’ignorer purement et simplement l’existence des logiciels libres et de l’open-source?

    J’espère une réponse de votre part, si pas personnellement, au moins par l’adaptation de votre site web en y incluant les licences libres.

    Bien à vous,
    Nom, adresse, courriel

    Note : Copiez et adaptez ce texte librement, je ne me réclame d’aucune licence d’auteur ou autre et postez le sur leur site.

  41. L’association Framasoft, à défaut de pouvoir être présente (en dehors des dates de l’Ubuntu Party, qui se déroulera justement à… la Citée des Sciences), est prête à financer la distribution gratuites de plusieurs dizaines de FramaDVD ( http://www.framadvd.org ) . cf http://forum.framasoft.org/viewforu… . J’ai ajouté l’info sur le piratepad.

  42. Juste au passage, concernant les licences libres:
    " * Premièrement, il faut mentionner l’auteur de l’œuvre initiale et donner accès à ses sources
    * Deuxièmement, les copies ou versions modifiées de l’œuvre doivent être publiées avec les mêmes autorisations."

    Ces restrictions ne sont pas automatiques pour une licence libre.

  43. *** fait un bisou à pyg ***

    (smoutch)

  44. C’est énervant ce genre d’histoire on sent bien que les forces du propriétaire sont très puissante en lobbying…

    Et pour un organisme comme l’INPI ce serait presque contre nature de promouvoir un monde sans propriété intellectuel. On voit avec cette histoire qu’ils sont même allergique à la simple idée d’évoquer ce monde. C’est malsain tout ça !

  45. Quand on voit que ce genre de pratique, consistant à faire semblant de combattre le malhonnête mais en occultant les vraies réponses, est encore en vigueur en occident dont en France, on a tendance à se dire que cà doit être encore plus dur dans d’autres pays où tout reste à faire comme Madagascar. Ma conviction reste quand-même que c’est en fait autant de leçons à prendre en considération dans les autres pays. Si, comme on dit, "tout reste à faire", on a donc une chance de "bien le faire" en toute connaissance de cause.
    Ceci est.. inqualifiable.

  46. loupenequet

    Bonjour,

    Il est bien affligeant de voir cette époque ou les libertés sont mises à mal.Il est normal de constater et de voir ce comportement dictatorial d’un tel organisme. Avec l’application de la Loi hadopi qui pour le moins donne un coup de couteau dans les libertés individuelles, l’INPI ne fait qu’aller dans le même sens.Pour moi le problème ce sont les principes de la Républiques que deviennent-ils!
    A vrai dire les accords de l’Europe Liberaliste n’arrangent rien bien au contraire c’est faire par tous les moyens: de l’argent toujours de l’argent et encore de l’argent…. Alors le libre c’est du "mal à propos". Comme il l’est mentionné dans l’article que ce soit La cité des sciences ou INPI qui sont sous tutelle Ministérielle apporte en clair la volonté du Gouvernement en matière de libre ou de liberté. La commissaire de la cité des sciences n’a pas pris unilaterallement et d’autorité d’acceder à l’exigeance de l’INPI sans avoir pris l’assurance d’en référer à qui de droit.

  47. Tranche de ma vie, pour l’anecdote.

    Je suis allé cherché des proches à l’aéroport de Rome ce matin. Et au kiosque touristique d’accueil, j’ai trouvé un "drôle" de dépliant multilingue :
    "La qualità non si tratta / On ne négocie pas avec la qualité"

    Du coup j’ai retrouvé le PDF sur le Net :
    http://www.comune.roma.it/was/repos

    En voici le texte en français :
    "SI VOUS ACHETEZ UN PRODUIT IMITÉ :
    – Vous causez de graves dommages à l’économie du Pays et de votre ville.
    – Vous provoquez un dommage à la société en favorisant l’exploitation des enfants et des faibles ainsi que le travail irrégulier et sans contrôle.
    – Vous favorisez les activités illicites de l’organisation criminelle qui gère le marché de la contrefaction.
    – Vous renoncez aux produits de bonne qualité et en même temps garantis et risquez votre santé et sûreté personnelle.
    – Vous commettez une infraction punie d’une amende qui se monte de 100 euros à 7.000 euros."

    La traduction est un peu hésitante parfois… "contrefaction" 😉
    Mais partout le même discours anxiogène et culpabilisant !

    Dans un sac Louis Vuitton, il y a 5% de frais réels de production et 95% de frais marketing. Tout est fait pour que la ménagère de moins de 50 se doit d’avoir son sac Louis Vuitton (sinon t’es un looser comme dit Séguéla). Elle n’a pas les moyens de se l’acheter (cause prix exorbitant et cause crise des subprimes) et on va en plus lui coller une amende parce qu’elle l’aura pris chez un revendeur à la sauvette (quant à lui victime de tout le trafic lié à l’immigration clandestine).

    Dans cette atmosphère "un peu" étouffante, une petit bouffée d’oxygène Libre fait du bien 😉

  48. neggwada

    @AllonZy Juste au passage, d’après netcraft le domaine .inpi.fr est en majorité "powered" by Linux. http://searchdns.netcraft.com/?rest…!&position=limited . Enjoyez-vous ;o)

  49. Sans soucis

    Ce billet, soit dit sans ambages, est médiocre. La suite de mon commentaire ne sera pas plus tendre. L’INPI a fait un communiqué de presse pour répondre qui –il fallait s’y attendre– discrédite totalement la démarche de ce billet.

    Aller chercher une citation de l’AFP pour justifier d’utiliser soit même l’argument du "a qui profite le crime", c’est tordu. Y répondre comme si l’on répondait à l’INPI pour pouvoir incriminer l’INPI, c’est de fort mauvaise foi et le procédé me déplaît fortement. Qu’importe, l’INPI a brillamment répondu : sous la bannière de la "vraie exposition qui parle du faux", la présence du libre prête à confusion. Sous-entendu : confusion en défaveur du Libre !
    C’est peut être discutable, mais c’est pour le moins raisonnable et défendable.

    Quant au texte proposé par madame VOLDJDANI…Permettez moi d’en citer un extrait : "L’intérêt que suscite le Libre est donc d’abord d’ordre politique. […] les législations de plus en plus restrictives sur le droit d’auteur évoluent à contresens de l’intérêt du public […]" (Isabelle VOLDJDANI)

    Quand, dans une exposition, un organisateur vous donne l’opportunité de vous exprimer pour représenter le libre, ce n’est pas une opportunité pour essayer de discréditer la législation en cours que l’on vous propose. Le moment n’est pas approprié pour se comporter en va-t’en, en matamore.

    Il n’y a dans cette "censure" rien de scandaleux.
    On vous demande de représenter le libre, vous en présentez une défense.
    C’est très différent. Il était inutile d’être agressif et critique à l’encontre de l’ordre en place.
    Ça suggère que la législation est mauvaise. Or critiquer la législation, dire qu’elle va à l’encontre de l’intérêt du plus grand nombre, c’est questionner la légitimité de l’ordre.
    Dans le contexte de cette exposition, c’est remettre en question l’intégralité du message présenté.

    La question n’est pas de savoir si c’est à tort ou à raison. La question est de savoir si cette censure est justifiée. Elle l’est. C’est une exposition, organisée par un organisme, pour délivrer un message. Ça prêtait à confusion sur le message, et pour le non initié (auquel s’adresse l’exposition) c’est totalement inapproprié.

    C’était un Hors Sujet, et du reste, l’INPI a refusé le texte pour le motif qu’elle s’opposait à ce que l’exposition donne la parole aux _____ DEFENSEURS_____ du libre.
    Ce n’est pas le Libre qui a posé problème en réalité. C’est bel et bien le côté "défenseur" qui rebute, ici.
    Parce qu’effectivement ça prête à confusion, parce qu’effectivement ça va à l’encontre du message délivré, parce qu’il est flagrant que l’auteur du texte s’est prêté dans l’espace de communication de son interlocuteur à un contre-argumentaire malvenu.

    Non seulement l’idée d’inclure le libre dans cette "vraie exposition qui parle du faux" est contre productive et présente l’occasion de nouvelles confusions, même si c’est discutable, mais qui plus est la "défense du libre" n’a absolument pas lieu d’y figurer : accepter une "défense du Libre", ça serait accepter l’idée même que le Libre est accusé. Or il est hors de question de l’accepter. Tant pour le Libre (ça serait le placer dans la position d’un accusé), que pour l’INPI (ça serait le placer dans la position d’un accusateur). On ne peut guère imaginer jeter plus grand confusion dans l’esprit du non-initié !

    Par ailleurs, l’ ‘INPI ayant répondu par communiqué de presse, ne serait-il pas juste publier ici même ledit communiqué ?

    Voilà, c’était mon coup de gueule. Pour une fois, je suis en désaccord avec un contenu de Framablog, et je m’exprime. Ceci dit, longue vie à Framasoft, le meilleur site web d’utilité publique à mon goût ;- )

  50. @aka:
    "Dans un sac Louis Vuitton, il y a 5% de frais réels de production et 95% de frais marketing. Tout est fait pour que la ménagère de moins de 50 se doit d’avoir son sac Louis Vuitton (sinon t’es un looser comme dit Séguéla). Elle n’a pas les moyens de se l’acheter (cause prix exorbitant et cause crise des subprimes) et on va en plus lui coller une amende parce qu’elle l’aura pris chez un revendeur à la sauvette (quant à lui victime de tout le trafic lié à l’immigration clandestine)."

    L’amende c’est bien fait pour elle. Et j’assume totalement ce point de vue :)
    Autant je comprends totalement le fait de voler pour se nourrir, de squatter pour se loger, mais acheter 30€ l’imitation d’un sac à 300€ alors qu’il existe des sacs à 20€ qui remplissent la même fonction, c’est débile.

    Et le prix du sac non contrefait est parfaitement justifié, étant donné que des gens sont prêts à l’acheter à ce prix, et que ce prix inclut le marketing qui donne au sac sa valeur sociale.

  51. @sans soucis : Merci pour ta critique étayée assortie d’un "qui aime bien châtie bien" 😉

    Il y a la forme et le fond.

    La forme c’est qu’on ne demande pas à Isabelle Vodjdani (dont on connait les positions pour les avoir maintes fois exprimées publiquement) un texte sur le Libre pour le lui refuser à quelques jours de l’ouverture avec l’explication que l’on sait.

    Le fond c’est le message que tu ne développes pas. Tu te contentes de dire qu’il y aurait confusion. On pourrait tout aussi bien dire perturbation qui amène peut-être à se poser quelques fécondes questions. C’est assez bien décrit, me semble-t-il, sur ce billet blog :
    – Censure à la cité des sciences
    http://www.hyperbate.com/dernier/?p

    Pour ce qui concerne mon introduction, elle a effectivement ses faiblesses. L’idée c’était de faire vite en interpellant l’internaute. On ne nous donne pas la parole alors prenons-là sur Internet (et force est de constater que cela s’est bien diffusé). Un temps pour la réaction, un temps pour le réflexion.

    Et pour le communiqué réponse de l’INPI, je vais caser cela quelque part oui.

    @Grunt : C’est débile oui. et pourtant la contrefaçon est florissante. La preuve, il y a même une exposition pour nous mettre en garde 😉

  52. J’ai posé la question à l’INPI et leur réponse est la suivante :

    "Nous avons finalement choisi de ne pas aborder le thème du logiciel libre dans cette exposition sur la contrefaçon afin d’éviter toute confusion et mélange des genres entre libre et contrefaçon, pour un public non-initié. Il ne s’agit donc en aucun cas d’une censure mais d’un souci légitime de clarté."

    Évidemment, le libre n’est pas de la contrefaçon. Mais savoir que le libre existe permet peut-être de lutter contre la contrefaçon dans la mesure où, je le pense, chacun préfère aller vers une solution libre plutôt que de contrefaire une solution propriétaire. Il faut simplement être averti du choix. Je pense donc que cette décision de l’INPI n’est pas une bonne chose et qu’elle est contre-productive. Mais cela n’engage que moi !

    Plus de détails sur mon blog : http://sebastien.gripon.free.fr/ind

  53. sans soucis

    Effectivement, aKa, j’ai volontairement éludé la question du fond.
    Parce que je n’ai pas vraiment de critique etayée à emettre sur le fond.
    Force est de reconnaître qu’il y a matière à débat dans la réaction de l’INPI, quand bien même un peu malgré moi je crains que ça soit une décision plutôt favorable au "Libre", en fait. Constat un peu triste.

    J’ai lu le billet du "dernier blog" jusqu’au fatal "Je n’irai pas voir mais j’imagine très bien…".
    J’essaie (vainement ?) de parler de faits tangibles.

    Sur le fond, je n’ai qu’un reproche réel à faire. Il ne s’adresse pas au présent billet en particulier, ni à celui du "Dernier des blogs", mais plutôt à l’ensemble de la blogosphère et autres commentateurs de tout poil.

    Sous prétexte que les uns où les autres ont des choses à vendre, la véracité scientifique, l’exactitude, l’intelligence et l’éthique des propos d’un interlocuteur est remise en cause.

    Je prétend, moi, que l’argument est fallacieux.
    Il s’agit là d’une rhétorique obscurantiste.
    Restons-en aux faits !

    On peut dire, effectivement, que l’intérêt économique d’un interlocuteur justifie que l’on se méfie des arguments et des études qu’il présente, et que l’on souhaite les vérifier ; étudier les analyses présentées ; valider que les études ont été soumises à des comités de relecture indépendants ; s’assurer de l’indépendance des-dits comités de relecture… Bref, prendre des précautions à l’égard du discours tenu, s’assurer de la crédibilité de ce qu’annonce l’interlocuteur.

    Mais décrèter sans autre forme de procès que l’éthique de l’interlocuteur est douteuse, que la véracité de ses propos et fausse parce qu’il travaille chez BigCompany-Tartiflette, c’est absurde.

    Enfin et pour remettre un peu d’ordre dans mes dire, parce qu’il me déplaît qu’on puisse imaginer que je ne le pense pas, je trouve que la _défense_ du Libre proposée par Isabelle VOLDJDANI passionnée et très vivante. Hors cadre, je la trouve sympathique. Elle mériterait d’être réutilisée.

  54. stanlog

    Après une bonne période enflammée sur ce sujet, je me dois de faire partager ce qui m’a déplu dans cette affaire. Principalement que ce texte (celui d’Isabelle Vodjdani) ait été éludé dans la version finale de l’expo. Il aurait été tout à fait possible, après relecture de la part des organisateurs, quelques jours avant le coup d’envoi, d’émettre des objections, demander des aménagements dans le texte…

    Au lieu de cela, une éviction pure et simple du sujet tout entier (le libre, possible alternative à la contrefaçon…). Je trouve cela dommage, et tout à fait justifié le "ramdam" fait autour de cette affaire depuis. Je comprends les deadlines de ce genre d’évènements, mais je trouve quand même que le sujet était important (même ouvrir un espace dans l’expo. sur "la culture libre" un mois ou deux après son ouverture était jouable). Cette affaire est avant tout un rendez-vous manqué…

    Dommage, car, pour moi, l’avenir face à la contrefaçon (du savoir, de la science, et de la médecine, en premier lieu, les chaussures de sport ou les sacs à main, j’en ai rien à battre… oups), c’est la fin de ces sal***peries de brevets. Seulement, dans une expo. financée par l’INPI, ça fait tâche…

  55. prudor

    L’INPI n’a pas de scrupules, pour preuve… Elle efface l’histoire !
    Il existe des brevets originaux qui datent de 1939, ces documents affichent sur la couverture l’aigle allemand et la croix gammée.
    Lors de sa campagne de numérisation des documents, l’INPI a effacé les signes nazis !!!!
    Réécrire l’histoire n’est pas preuve d’une grande honnêteté et plus rien ne m’étonne de leur part.

  56. J’espère que l’INPI ne remettra pas en cause, d’ici quelques années, l’existence du nazisme O_o