La fin du Web ouvert – Apple ou la banlieue riche du Web

Dirk Hartung - CC byQuelques rares voix discordantes ont réussi tant bien que mal à émerger du concert de louanges médiatiques qui a accompagné la sortie toute récente de l’iPad en France.

Pourquoi je n’achèterai pas un iPad nous a ainsi expliqué Cory Doctorow. L’iPad, c’est de la merde ! surenchérissait Tristan Nitot dont la formule lapidaire est d’autant plus marquante que le garçon est d’ordinaire calme et courtois (il s’en justifie plus longuement sur Mac4Ever).

Et puis il y a eu également ce brillant exposé d’Affordance.info, dont le titre La boutique contre le bazar en rappelle un autre. Ce billet s’appuyant tout du long sur un article du New York Times qui anticipe rien moins que la mort du Web tel que nous le connaissons, nous avons eu envie d’en savoir plus en le traduisant ci-dessous[1].

La mort du Web ouvert

The Death of the Open Web

Virginia Heffernan – 17 mai 2010 – The New York Times
(Traduction Framalang : Barbidule et Goofy)

Le Web est une gigantesque et foisonnante zone commerciale. Son organisation est anarchique, ses espaces publics sont assaillis par la foule et les indices de friche industrielle se multiplient avec ses liens morts et ses projets à l’abandon. Les spams et les logiciels malveillants ont rendu insalubres et invivables des secteurs entiers. Les petits dealers et ceux qui vous harcèlent traînent dans les allées. Une population de racaille excitée et polyglotte semble régner sur les principaux sites.

Les gens qui ne trouvent pas le Web à leur goût – trop affreusement barbare – sont pourtant bien obligés d’y vivre : c’est là qu’on peut chercher du travail, des ressources, des services, une vie sociale, un avenir. Mais maintenant, avec l’achat d’un iPhone ou d’un iPad, il existe une solution, une banlieue résidentielle bien tenue qui vous permet de goûter aux possibilités offertes par le Web sans avoir à vous frotter à la populace. Cette banlieue chic est délimitée par les applications de l’étincelant App Store : de jolies demeures proprettes, à bonne distance du centre Web, sur les hauteurs immaculées de la Résidence Apple. À travers l’exode vers des applications coûteuses et d’accès réservé de ceux qui protestent contre le Web « ouvert », nous sommes témoins de la décentralisation urbaine vers des banlieues résidentielles, un équivalent en ligne de la fuite des Blancs (NdT : White flight : désigne l’exode des populations blanches – souvent les plus aisées aux Etats-Unis – de plus en plus loin du centre-ville, à mesure que s’y installent les classes inférieures, souvent composées de minorités).

Il existe une similitude frappante entre ce qui s’est passé pour des villes comme Chicago, Detroit et New York au 20ème siècle et ce qui se produit aujourd’hui pour l’Internet depuis l’introduction de l’App Store. Comme les grandes métropoles américaines modernes, le Web a été fondé à parts égales par des opportunistes et des idéalistes. Au fil du temps, tout le monde s’est fait un nid sur le Web : les étudiants, les nerds, les sales types, les hors-la-loi, les rebelles, nos mamans, les fans, les grenouilles de bénitier, les amis des bons jours, les entrepreneurs à la petite semaine, les starlettes, les retraités, les présidents et les entreprises prédatrices. Un consensus se dégage pour affirmer que le Web est entré dans une spirale dangereuse et qu’il faudrait y remédier, Mais assez bizarrement il existait peu de quartiers réservés en ligne – comme celui que Facebook prétend incarner (mais sans vraiment le faire).

Mais une sorte de ségrégation virtuelle est désormais à l’œuvre. Webtropolis est en train de se stratifier. Même si, comme la plupart des gens, vous surfez encore sur le Web à partir d’un poste de travail ou d’un portable, vous avez sans doute remarqué les pages à péage, les clubs réservés aux membres, les programmes d’abonnement, les paramètres pour les données privées, et tous ces systèmes qui créent différents niveaux d’accès. Ces espaces nous donnent l’impression d’être « à l’abri » – pas seulement à l’abri des virus, de l’instabilité, des sons et lumières indésirables, du porno non sollicité, des liens sponsorisés, et des fenêtres publicitaires intrusives ; ils nous préservent aussi des interfaces sommaires, des commentateurs fâcheux et anonymes, ainsi que des opinions et des images excentriques qui font du Web un lieu perpétuellement étonnant, stimulant et instructif.

Quand une barrière est érigée, l’espace dont l’accès devient payant se doit, pour justifier le prix, d’être plus agréable que les espaces gratuits. Les développeurs appellent ça « une meilleure expérience utilisateur ». Derrière les accès payants, comme sur Honolulu Civil Beat, le nouveau projet du fondateur d’eBay, Pierre Omidyar, ou sur le Times de Londres de Ruppert Murdoch, la valeur ajoutée monte en flèche. De sympathiques logiciels accueillent ces Messieurs-Dames qui ont payé ; on leur fournit les services d’un majordome, et d’autres avantages. Les plateformes Web avec entrée payante ressemblent plus à une boutique qu’à un bazar.

Ce qui tout aussi remarquable, si ce n’est plus, c’est que de nombreuses personnes sont en train de quitter totalement le Web ouvert. C’est ce que les 50 millions d’utilisateurs de l’iPhone et de l’iPad s’apprêtent à faire. En choisissant des machines qui ne prennent vie que lorsqu’elles sont affublées d’applications de l’App Store, les utilisateurs d’appareils mobiles Apple s’engagent dans une relation plus distante et inévitablement plus conflictuelle avec le Web. Apple examine de près chaque application, et prend 30% des ventes ; le contenu gratuit et l’énergie du Web ne correspondent pas aux standards raffinés de l’App Store. Par exemple, l’application « Chaîne météo Max », qui transforme la météo en film interactif palpitant, offre une meilleure expérience en matière de climat que météo.com, qui ressemble à un manuel encombré et barbant : espaces blancs, listes à puces tarabiscotées, et images miniatures.

« L’app Store est sûrement l’une des plateformes logicielles les plus attentivement surveillées de l’histoire », écrit dans le Times le chroniqueur technologies Steven Johnson. Pourquoi cette surveillance ? Pour préserver la séparation entre l’App Store et le Web ouvert, bien sûr, et pour accroître l’impression de valeur des offres qu’il propose. Car au final, tout est affaire d’impression : beaucoup d’apps sont au Web ce que l’eau en bouteille est à l’eau du robinet : une manière nouvelle et inventive de décanter, conditionner et tarifer quelque chose qu’on pouvait avoir gratuitement auparavant.

Les apps étincellent tels des saphirs et des émeraudes, pour ceux qui sont blasés par l’aspect camelote de sites géants comme Yahoo, Google, Craiglist, eBay, YouTube et PayPal. Cette étincelle vaut de l’argent. Même pour le moins snob, il y a quelque chose de rafraîchissant à être délivré de la barre d’adresse, des pubs, des liens et des invitations pressantes – qui nous rappellent en permanence que le Web est une mégalopole surpeuplée et souvent affolante dans laquelle vous n’êtes qu’un passant parmi d’autres. Avoir l’assurance que vous ne serez ni bousculé ni assailli ni agressé – c’est précieux également.

Je comprends pourquoi les gens ont fui les villes, et je comprends pourquoi ils fuient le Web ouvert. Mais je pense que nous pourrions bien le regretter un jour.

Notes

[1] Crédit photo : Dirk Hartung (Creative Commons By-Sa)

51 Réponses

  1. Peppet

    Merci pour la traduction de ce très bel article. Je trouve que le parallèle exode vers des logiciels payants/sécurisés… et l’exode des classes aisées représente très bien le phénomène en cours sur le web.
    Je me pose aujourd’hui la question, la ségrégation du web est-elle envisageable dans les années à venir ?

  2. dorfr

    Je ne vois pas bien le rapport entre le web en général et l’appstore.

    Les stations services sur des aires d’autoroutes sont un danger pour les autoroutes ?

    C’est plus cher car le client est captif, ça oui, mais c’est plutôt facile de ne pas y aller…

  3. GTof

    @dorfr:
    > C’est plus cher car le client est captif, ça oui, mais c’est plutôt facile de ne pas y aller…
    Sauf si ta voiture ne peut rouler que sur autoroute ce qui concernant les applications est le cas des produits apple.

  4. Archie

    Tout à fait juste. Et le pire de tous ce sont ceux qui ont iPod, iPhone et iPad mais qui défendent quand même l’ouverture et la liberté du Net – je pense à pas mal de blogueurs que je ne nommerai pas.

    Exactement comme un habitant de Neuilly (nanti de droite) ou du Quartier Latin (bobo de gauche) prône hypocritement le "vivre ensemble" et la "diversité".

  5. modagoose

    Ce qui fait que certaines personnes préfèreront payer, c’est l’illusion d’être reconnues. Effectivement le majordome en bas de l’hôtel dit bonjour madame/monsieur et avec sourire et prévenance autant de fois que l’on passe devant lui, mais c’est parce qu’il est payé pour le faire pas parce qu’il nous trouve aimable. Mais on peut se laisser aller à croire que cet homme est à notre service, alors qu’il n’est qu’au service d’un autre à qui il rend des comptes.

    Je crois, et j’en suis navré, que l’Internet et sa couche interactive/graphique, le Web 2.0, ont frustré beaucoup de gens qui voyaient là un moyen de sortir de l’impasse dans laquelle la réalité nous a poussé depuis trente ans. Tout d’un coup, l’opportunité de se faire connaître, de faire partie d’un réseau, de monter sa boutique en ligne, d’intervenir sur l’actualité, de raconter sa vie, de la scénariser aussi, nous a grisé, mais pour au final se rendre compte que nous redevenions vite anonyme au milieu d’une foule jouant des coudes pour sortir du panier.

    Je comprends la déception que cela a pu engendrer. Je comprends aussi que dés qu’on propose de la personnalisation on aille dans cette voie, c’est le principe du club privé, de la résidence de standing sécurisée, du carré VIP dans les boîtes, de la première classe dans les avions. Tout d’un coup, on nous reconnait. Apple, avec sa tablette vitrocéramique donne une sorte de miroir de conte de fée dans lequel chacun sera la plus belle…

    En échange, Apple ne prend pas grand chose, juste un bout de cette liberté dont, de toute façon on ne savait pas trop quoi faire.

    Mais avons-nous raison de nous inquiété pour autant ?
    La vision privatisée du Web existait avant l’ipad sur les téléphones mobiles qui sont des terminaux fermés tant logiciels que harwares et qui proposent leurs services, leurs portails, leurs sélection de sites, à coup d’exclusivités ( le dernier album de machin, le dernier film de bidule, la retransmission d’un match de millionnaires en shorts, etc… )

    L’ipad ne fait que suivre le courant, en se basant sur l’ignorance de ses clients de ce qu’est le Net, en proposant un objet design flatteur pour celui qui le possède. Les clients de ce type de machines et les services qu’elle proposent sont des personnes qui ne se servaient pas déja de l’ordinateur qu’elles avaient à la maison, ou mal, ou difficilement et qui ne voient dans ces machines qu’un moyen de téléphoner avec un écran.

    Pourquoi personne ne s’est-il jamais demandé si tous les Humains s’intéresseraient aux ordinateurs ? Personnellement, je ne m’intéresse pas aux bagnoles, ce ne sont pour moi que des caisses qui me permettent d’aller d’un point A à un point B et si je pouvais me le permettre, je les louerais.

    Je pense qu’Apple touche cette strate de la population.

  6. little

    Sans le dernier tout petit paragraphe, cet article est un bel hymne pour snobinards bobos des mégapoles et une superbe pub pour Apple. Les premiers étant invités à aller vers le second.

    Comme la cible visée doit s’en foutre royalement du web ouvert (c’est plein de méchants selon l’article), reste cet hymne et la pub qui l’accompagne : si vous ne voulez pas, vous, chère caste supérieure, vous mélanger au bas peuple sur le web, allez donc chez Apple.

    Mais il est vrai que lorsque l’on fait de la position sociale un code de reconnaissance, l’aspect auberge espagnole du web doit filer la chiasse.

    Tant que cela ne concerne que ces bobos qui veulent de beaux quartiers virtuels pour eux-mêmes, il ne s’agit là que d’un marché de niche. Pas de quoi parler de fin du web.

    Mais dans une société basée sur le consumérisme et les apparences, il est à craindre que cette envie de ne pas mélanger les torchons avec les serviettes déteigne sur les autres classes et catégories sociales.

    Et ce qui peut apparaître de prime abord comme un caprice de star, peut devenir une dynamique plus large, tels les magazines people influant sur les désirs des peuples.

    Ce qui est à craindre, s’il fallait le craindre, n’est ni la fin du web ni la fin du web ouvert, mais plus l’apparition d’un web compartimenté, calqué sur le monde "réel". Mais n’est-ce pas déjà le cas ? Tout comme je ne vais pas dans les magasins de sacs à main, je ne vais pas plus dans les boutiques en ligne proposant ces produits. Mais dans les deux cas, l’accès ne m’est pas interdit. Tout comme il existe des lieux privés ou réservés à un type de population, il existe des lieux sur internet appliquant la même sélection, et ce depuis longtemps, sans que cela soulève un sourcil.

    Le monde d’Apple, mais plus généralement – car ce n’est pas une exclusivité de la pomme – le monde des applications web tend à cacher une partie du web, à présélectionner les lieux internet correspondant à telle ou telle partie de la population. A chaque catégorie sociale correspondra un bouquet de sites web. Cela peut avoir son charme.

    Mais parmi les questions importantes que cela soulève, il est de savoir qui fait cette présélection, et comment je peux en sortir. Et cela rejoint les problématiques des services dits personnalisés que l’on cherche à nous refourguer sur internet, que ce soit au travers de la publicité ou des expériences utilisateurs : en me proposant du contenu qui correspond à ma propre bulle, mon propre monde, ne suis-je pas en train d’être enfermé à l’intérieur de celui-ci ?

    Ainsi, et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce compartimentage du web ne va pas nous enfermer dehors, mais nous enfermer dedans.

  7. aveldro

    Une des grandes forces l’Apple, c’est ce qu’on appelle dans le domaine de la qualité la "maîtrise de la variabilité". (voir les méthodes 6-sigma and co.)
    En maîtrisant le hardware, l’OS qui va dessus, et qui lui est donc parfaitement adapté, et désormais les programmes qui tournent dessus, Apple réduit cette variabilité au minimum, et optimise de ce fait l’homogénéité, l’intégration, et la stabilité de l’ensemble. A l’opposé, on a GNU/Linux, qui, n’étant pas sauf exception préinstallé, doit tenir compte d’une foultitude de configurations différentes. La variabilité est maximale (elle est intermédiaire pour les systèmes windows, la plupart du temps pré-installés et adaptés à la machine).
    Côté soft, les distributions GNU/Linux ont également dû lutter contre cette variabilité avec le système des dépots, qui finalement ne sont pas si éloignés de l’App-store, hormis le fait le personne ne vous empèche d’installer un programme hors dépot officiel.
    Cette intégration et cette stabilité sont vues par la plupart des utilisateurs comme un avantage décisif, ce que je comprend très bien.

  8. dorfr

    Moui bon, je ne vois toujours pas le rapport : les ibidules sont équipés de navigateurs web pour aller sur le web et d’applis pour des usages spécifiques.
    Certaines ont besoin d’une connexion au web mais pas toutes.

    La seule grosse différence avec le web sur PC c’est l’absence de flash. Pour un libriste ce devrait être une bénédiction non ?

    Ce qui vous choque c’est le canal de distribution exclusif des applis via l’appstore.
    Mais, je me répète encore, quel est le lien avec internet ?

  9. zenon

    heureusement que le Web est ouvert et Apple aide à faire disparaitre les verrues comme Flash. Pour ma part, tout est sur le Net depuis deux ans et les outils informatiques ne servent qu’à accéder mes données sur le Web donc pas concerné par ces applis spécifiques même si je comprends qu’avec des touts petits écran comme l’iPhone, c’est plus confortable avec des applis spécifiques. Quand à l’iPad, non merci car un petit netbook fait aussi bien

  10. modagoose

    Mon cher dorf, l’absence de Flash sur le pc ne signifie pas l’absence de flash sur le Web. Le fait qu’Apple a décidé de ne plus utiliser le flash sur ses pc ne signifie pas que Apple est l’ami du Libre ni que le Libre soit son ami. Dans le Libre, on laisse le choix à l’utilisateur final d’installer ou pas flash, chez Apple, on décide pour le client. Pour ce qui est des applis, ce qui est choquant c’est que les plateformes ont leurs applis, ainsi, tu n’utilises plus un navigateur web pour aller sur Facebook, tu utilises l’applis dédiée. Imagine une machine qui n’est fait que d’applis et qui ne contient plus de navigateur. C’est ça le futur proche, des icones pour ne plus aller sur le Web, mais sur machin.com, biduletruc.net, depensetonfricquetapas.com, etc… Le Web devient une zone encadrée où l’on ne voit que ce que le fabricant d’objets tendance que tout le monde veut veut qu’on voit.
    Quand on sait que les applis sont contrôlées par Apple via sa platerforme, il y a de quoi se poser des questions, non ?
    En tous cas, il y a matière à débat.

    Mon cher Zenon, ce n’est pas parce que Steve décide de tuer un concurent qu’il aide à garder le Web libre. Ce n’est pas parce que quelqu’un partage une ou deux idées avec vous qu’il partage vos idéaux.

  11. zenon

    @modagoose pas d’idéal mais pragmatisme et flash m’emmerde. Meurs Flash, meurs

  12. Il y’a longtemps, on accusait M$ de vouloir s’accaparer le web avec IE. Avec les iTrucs, Apple n’est-il pas en train d’exploiter à fond le concept de son vieux concurrent ?

  13. Jujens

    @zenon : même si le flash est une plaie, je ne pense pas que son abandon par Apple soit forcément une bonne chose.

    En effet, le HTML5/CSS3 se développe et sur le site d’Apple (http://www.apple.com/html5/) on a droit à un joli "This demo was designed with the latest web standards supported by Safari." (cette démo a été conçue avec les derniers standards du web supporté par Safari) quand on veut tester une de ses démonstrations du "nouveau" Web sans flash alors que d’autres navigateurs supportent aussi ces technologies.

    Moralité, ces personnes qui ont des iChose vont abandonner le flash propriétaire pour se tourner vers Apple qui leur semblera être la seule entreprise à proposer une alternative. Mais celle-ci a trouvé quelque chose de très lucratif : la vente d’applications. Le risque est donc qu’à terme, une fois que les produits Apple seront bien implantés, elle se détourne des standards pour dire "tu veux faire ça, achète l’application" (compatible uniquement avec les produits Apple évidemment) et nous on pourra dire "finalement, le flash avait des bons côtés" (on n’est pas obligé de l’installer et on peut utiliser gnash).

  14. En passant :
    – The End of Malware? How Android, Chrome, and the iPad are shielding us from dastardly programs.
    http://www.slate.com/id/2255917/

    Sous-titrage : Moi, Slate, je souhaite vendre un jour mon journal numérique sur ces 3 plateformes alors je mets en avant leurs prétendus avantages. Vivons fermés mais vivons heureux puisqu’en SÉ-CU-RI-TÉ.

  15. <<Mais dans une société basée sur le consumérisme et les apparences, il est à craindre que cette envie de ne pas mélanger les torchons avec les serviettes déteigne sur les autres classes et catégories sociales.

    Et ce qui peut apparaître de prime abord comme un caprice de star, peut devenir une dynamique plus large, tels les magazines people influant sur les désirs des peuples.>>

    IL n’est plus a craindre, c’est en train d’arriver, c’est arrive, meme dans les pays qui sont mal connectes au haut debit…
    Ces plateformes de web prives attirent par l’effet de masse, deviennent des phares qui guident les webnaufrages…

    bientot, les webnautes iront sur ces "lieux" obligatoirement et automatiquement comme la plupart d’entre nous allons aujourd’hui sur google.

    Apple invente un biais dangereux pour demain s’il remporte succes et argent, d’aucuns pourraient l’imiter et lancer sur le marche des iApps specialises : plus la peine de lancer le navigateur, taper l’url, etc… on lancera simplement un facebook-like iApps, ou mieux on achetera une plateforme specifique a ca, le facebook-like iApps4Pad…. (souvenez-vous du concept set-top-box, on n’en est pas loin, Apple va-t-il reussir dans son recyclage ?)

  16. dorfr

    Ah ben désolé mais sur les itrucs tu peux très bien te passer de l’app facebook ou autre et continuer à utiliser ton navigateur web.
    Sur iPhone c’est assez chiant parce que l’écran est petit, sur iPad je suppose que l’on peut facilement s’en passer.

    Par ailleurs, Chrome OS va proposer un truc équivalent avec des onglets dédiés gmail ou autre.

    Même Mozilla permet de faire l’équivalent en maquillant une page web en appli locale (projet prism).

  17. @aka
    je viens de lire l’article de slate que tu viens de citer, et une drole d’idee vient m’effleurer :

    la facon dont slate raconte l’episode d’attaque des ordi google par l’ordi windows+ie verole me semble bizarre…

    <<Operation Aurora, the attack by Chinese hackers that targeted Google and other tech companies last year, exploited a security hole in Windows versions of Internet Explorer. At Google, the flaw was reportedly activated when an employee in China clicked on a Web link he received in an instant message. When Internet Explorer loaded up the site, the code made its way into Google’s network, eventually infecting key computers at the company’s California headquarters.>>

    Comment un code peut, a partir d’une plateforme windows+ie, s’executer dans un environnement potentiellement different ? si cette plateforme n’est pas deja du windows pur jus !! (c’est faisable d’attaquer un milieu heterogene a distance mais l’attaquant doit connaitre avec exactitude le type de deploiement de votre reseau)

    Le terme Aurora, est selon les analystes McAfee, le nom trouve dans une localisation de fichiers (file path on the attacker’s machine); laisser des traces de ce genre est digne d’un debutant, ou signe d’une intoxication a plusieurs niveaux…

    Google signale que l’attaque provient de Chine; et alors ? Quels sont les preuves ?
    Tous les tech savent tres bien non seulement contrefaire un routage mais aussi se deplacer, une attaque massive est toujours non localisee…

    Connaissant les chinois pour leur fierte politique nationale, et leur interet du commerce, ils ne leur viendraient pas a l’idee de se flinguer de la sorte…
    "Official Chinese media responded stating that the incident is part of a U.S. government conspiracy." C’est peut-etre vrai ?! 😉

    Cette affaire Google/hack/chinois est trouble, et arrive en plein dans la periode de prelancement de chromeos… ou meme en pleine periode de prelancement de la plateforme Apple iApps/iPad ? Une tentation de detournement a son profit ?

  18. <<Ah ben désolé mais sur les itrucs tu peux très bien te passer de l’app facebook ou autre et continuer à utiliser ton navigateur web.
    Sur iPhone c’est assez chiant parce que l’écran est petit, sur iPad je suppose que l’on peut facilement s’en passer.

    Par ailleurs, Chrome OS va proposer un truc équivalent avec des onglets dédiés gmail ou autre.

    Même Mozilla permet de faire l’équivalent en maquillant une page web en appli locale (projet prism).>>

    c’est bien ce que je dis, c’est deja en train d’arriver, et ca va "empirer" si Apple fait de l’argent avec son modele, et que ses clients le plebiscitent dans ce mode…

  19. @J : Si j’ai bien compris, cette faille dans IE concernait en fait la connexion https, pas suffisamment sécurisée par le dit navigateur. D’où la possibilité pour les hackers chinois de se connecter au serveur Google après avoir obtenu les informations de connexion de l’employé.

    Connaissant les Chinois pour leur volonté de faire taire les opposants en allant recueillir des informations sur eux après piratage de leurs comptes mails (n’oublie pas qu’ils avaient demandé à Yahoo! de leur transmettre des informations personnelles de certains dissidents), ça ne m’étonne pas du tout de leur part.

  20. Jujens

    A mon avis ce qui fait la force des Apps est leur simplicité d’utilisation. Mais le risque est qu’à terme, ces pages, ces contenus ne soient disponibles qu’en passant par l’application dédiée et non plus par le navigateur web (ou du moins que beaucoup croient qu’il faille une application différente pour chaque page web).

    De plus, en cloisonnant l’utilisation du web, on risque d’en perdre les principaux avantages : les liens. Une fois sur l’application FaceBook peut-on aller ailleurs que sur FaceBook ? L’utilisateur finirait par être captif d’une plateforme et n’aura pas l’envie d’aller voir ailleurs que son sur application "user-friendly" qui rend le web plus "beau". Et cet utilisateur risque de chercher (et de ne pas trouver) une Apps pour aller voir le lien. Cela signerait, à mon avis, la mort du web

  21. modagoose

    A dorf : " Ah ben désolé mais sur les itrucs tu peux très bien te passer de l’app facebook ou autre et continuer à utiliser ton navigateur web.
    Sur iPhone c’est assez chiant parce que l’écran est petit, sur iPad je suppose que l’on peut facilement s’en passer."

    Oui tu as raison dans l’absolu, sauf si un jour, le navigateur internet n’est plus proposé au profit d’applis dédiées et qu’on n’a pas la possibilité de l’installer par la suite. Mais même sans parler de cette éventualité, le fait de créer des applis, de tout mettre sous forme d’icones fait en sorte d’habituer les utilisateurs à ne plus passer par un navigateur. De plus, il y a un discours dominant qui voit dans l’informatique "simplifiée" une réponse à des problèmes qui n’en sont pas. Comme la rapidité de lancement du navigateur, le design tendance des icones, le côté magique de l’interaction d’un écran tactile multipoint, et tous les fanstasmes que nous vendent les pubs. Regarde à quoi ressemble la com des boutiquiers de l’informatique domestique. Appartement ou environnement aseptisé, plein de matériaux à textures lisses et blanches, une vision hygiéniste d’un monde sans microbes, sans altération, sans salissure, où tout semble vierge, où monsieur ou madame se prélasse en costume de cadre ou de maîtresse d’intérieur en étant connecté au "monde", enfin celui qui a été sélectionné pour eux, un mug de café ou de thé à côté de la fenêtre portable…Le sourire en coin, comme si le bonheur était là, au bout de leurs doits parfaits et manucurés.

    Ipad est un concept global, un style de vie qui va avec la Senseo, les meubles Ikea, l’écologie greenwashée, la Prius et la maison estampillées HQE, pas juste un pc réduit à la taille d’une dalle en verre.

    "Même Mozilla permet de faire l’équivalent en maquillant une page web en appli locale (projet prism)."

    Oui, mais là c’est un peu différent, c’est un choix, on ne nous le propose pas par défaut et on ne nous le présente pas comme la seule alternative.

    L’informatique est complexe, elle l’était, elle l’est et elle le restera même si les interfaces humano-cybernétiques prennent forme humaine et se mettent à parler le language humain.
    De même la mécanique est complexe malgrès les ordinateurs de bord et les interfaces conviviales sur les bagnoles.

    La vie est complexe. La simplifier dans le seul but de vendre plus facilement un produit ne change rien à ce fait. Toute la question est de savoir si nous voulons que nos enfants soient des être humains en pleine possession de leurs moyens intellectuels et physique et qu’ils aient une influence sur le monde dans lequel ils vivent ou si nous voulons juste que ce soit des petits animaux incapables de prendre la moindre décision, le moindre risque, assistés en permanence, non par l’Etat, mais par des multinationales qui offriront leurs services à ceux qui pourront se les payer et exploiteront les autres.

    Le hack, les communautés, le partage du savoir, l’ouverture logicielle et matérielle permettent d’avoir un monde plus intéressant, plus divers et de s’enrichir de toutes les manières possibles, pas uniquement d’argent et de faire de chaque personne qui le souhaite l’inverse d’une victime.

  22. City Bird

    La part de l’iPhone et de l’iPad dans le trafic web ne donne pas l’impression que leurs utilisateurs cherchent à "quitter totalement le web ouvert" en se rabattant vers des applications. Au contraire, ils ont l’air de beaucoup fréquenter le web.

    http://arstechnica.com/apple/news/2

    http://www.computerworld.com/s/arti

  23. @City Bird : tu confonds le web et le minitel. Si une iApp donne accès à un morceau de minitel 2.0, forcément le traffic vers ce morceau augmente.

  24. @gnuzer
    <<D’où la possibilité pour les hackers chinois de se connecter au serveur Google après avoir obtenu les informations de connexion de l’employé.>>

    ben en anglais ce n’est pas ce qui est explique
    <<At Google, the flaw was reportedly activated when an employee in China clicked on a Web link he received in an instant message. When Internet Explorer loaded up the site, the code made its way into Google’s network, eventually infecting key computers at the company’s California headquarters.>>

    == infecting key computers !! ca n’est normalement possible que si les key computers sont eux-memes des windows, ou si l’attaquant connaissant le deploiement exacte des key computers aient pu pre-programmer son code pour s’y executer; auxquels cas, ca laisse une grosse breche chez google, et leur recommandation de virer windows est donc motive par autre chose non liee a la securite…

    En ce qui concerne la provenance de l’attaque, dire que c’est forcement les chinois est tres naif… n’importe qui peut contrefaire une signature surtout si il y a bcp de traces… trop ! Un attaquant qui laisse une trace ?

  25. City Bird

    Gnuzer, a priori NetApplications mesure le trafic sur des pages web, pas sur des sites pour mobiles. Est-ce qu’on a des données montrant que les gens avec leur iPhone accèdent à tel ou tel type de contenu ? Ce serait utile avant de tirer des conclusions.

  26. @J : effectivement c’est bizarre… L’hypothèse de la faille dans la fonction https de IE est la seule qui me paraissait plausible, mais je ne me suis posé de questions que sur l’aspect technique, pas politique…

    J’ai cependant du mal à croire que Google ait attaqué ses propres serveurs. Il faudrait alors considérer que Google avait un tel avantage à quitter la Chine qu’il ait été jusqu’à créer un prétexte. Quand on voit les efforts que Google a fait pour entrer en Chine, on a du mal à imaginer qu’il fasse autant d’efforts pour la quitter. (Mais bon aux US tout est possible… Après tout le gouvernement américain aussi a du trouver un prétexte pour entrer en Irak, vous allez voir qu’ils vont devoir en trouver un autre pour en sortir…)

    @City Bird : J’ai pas été très spécifique dans mon commentaire. Je ne dis pas que les utilisateurs d’iChose sont mis à l’écart du web au sens général, je dis qu’ils sont mis progressivement à l’écart d’un vrai web ouvert. Le jour où on aura des clients Apple qui utiliseront des machines Apple avec du logiciel Apple avec des forfaits Apple chez un opérateur allié d’Apple pour aller sur du web choisi par Apple, je suis sûr que des tas d’entreprises comme NetApplications nous sortiront des stats très encourageantes sur l’état du web, montrant que les mobiles représentent une part très importante du traffic.

    On en est pas encore là, mais à chaque iTruc qui sort, on s’en rapproche.

  27. dorfr

    Argh Mogadoose, tu es d’un pessimisme abyssal !

    J’ajouterai juste que le décrié itunes a presque un rôle de garde fou :)
    Il oblige le possesseur de ibidule à avoir un ordinateur sur lequel il n’y a pas de cloisonnement aussi fort. Certes sans garanties pour l’avenir et sans le "total control" de Gnu/Linux, mais tout de même.

    La vie est complexe, oui, c’est bien pour ça que les chercheurs se basent sur des modèles simplifiés, que les méthodes de résolutions de problèmes font de même.
    Cela réussit plutôt bien si l’on constate l’évolution de l’homme depuis la préhistoire et le grand virage du 19e.
    Si la consultation du web via un mobile a explosé avec l’arrivée du iphone, c’est bien parce que c’était largement plus efficace que ce qui existait avant.

    Et puis les kékés iphonomanes commencent à vomir dessus et ne jurent pus que par android.

  28. modagoose

    Meuh non, je ne suis pas pessimiste ^^
    Je suis juste un lecteur de sf depuis longtemps et je vois juste que les pires scénarios que j’ai lu enfant se réalisent tranquillement sans que ça gêne beaucoup de monde. On ne peut pas être pessimiste dans un monde où tout a une fin, sinon ça voudrait dire que l’optimisme a du sens ^^

    "Si la consultation du web via un mobile a explosé avec l’arrivée du iphone, c’est bien parce que c’était largement plus efficace que ce qui existait avant."

    Il y a aussi peut-être d’autres facteurs à prendre en compte, non ?

    Androïd ? L’autre marotte des technophiles qui se trouve une excuse parce que le bidule est open source. Mais ça ne résoud rien. Google aussi est un problème et ses iphone like ne sont pas plus utiles que l’original. Si Apple crée son carré VIP, que dire de Google ?

    Mais qu’on me dise ce que l’ipad, l’iphone, l’ipod touch et les smartphones en général ont apporté à l’informatique, au Web et à l’Internet ?

  29. @dorfr :Se baser sur un modèle simplifié est une bonne chose tant qu’on a les moyens de se référer au modèle de base, si complexe soit-il, et d’y revenir au cas où. Parce que des modèles simplifiés imposés basés sur l’arbitraire, on en connait plein aussi. "La Terre est plate et est le centre de l’Univers", ça, c’est un modèle simplifié et facile à comprendre. Pourtant ça ne semble pas rentrer dans ta description de "l’évolution de l’homme depuis la préhistoire et le grand virage du 19e".

    Le problème n’est pas que les non-geeks aient accès à quelque chose de simple, le problème est qu’en suivant aveuglément les entreprises qui prônent les modèles simples sous prétexte que leurs clients sont incapables d’aller au-delà, et qui l’imposent, tout ce beau monde va finir par tuer le Réseau. Notre réseau, le vrai, celui avec des machines connectées entre elles qui dialoguent, et pas de simples terminaux passifs qui absorbent de l’info sans en émettre.

  30. SixOO

    Ben la différence pour Android c’est qu’on peut programmer dessus, en Java (qui est sous licence GPL), et qu’il n’y a pas de store obligatoire pour remplir sa machine. On peut mettre sa production sous licence libre. On peut bidouiller le code. Android permet aussi de transformer un portable en modem (théoriquement). En gros c’est pas du tout la même chose qu’un iPhone. La seule chose qui ne plait pas aux ayatollah du Libre c’est la licence (partielle) Apache 2.0 qui permet les modifications mais impose le maintien du copyright et du texte de la licence. Grosso modo comme ton mécano qui n’autorisait pas tout…

  31. @ dorf, sur la simplicité:

    je rajouterais même que c’est pas parce que l’homme est limité dans sa capacité à appréhender la complexité (et doit donc fabriquer des outils pour la diminuer) qu’il faut que TOUT soit ridiculement simpliste.

    Taper une url n’est pas insurmontable pour un humain correctement cablé, non? Et pourtant on se rend compte que pas mal de gens ne savent pas le faire (ou ne veulent pas le faire) et passe plutôt par google pour se rendre sur des sites qu’ils connaissent déjà (facebook, hotmail, etc). Alors oui, cliquer sur une icône est plus simple, mais dans ces conditions, qu’ils ne s’étonnent pas de se faire vider leur compte CB suite à une attaque par physhing hein.

    Autre exemple: apprendre à lire et à compter, c’est pas ce que l’on à trouver de plus simple. D’ailleurs on a inventé des correcteurs orthographiques et des calculatrices. Mais un analphabète n’arrivera toujours pas à écrire même avec l’aide du meilleur correcteur orthographique du monde. Est-ce une raison pour renoncer à l’apprentissage de l’écriture? Ne devrait-on pas éduquer les gens à l’informatique plutôt que de poursuivre incessamment la simplicité ultime, l’absence de savoir, la prolétarisation?

  32. Vous êtes plusieurs à parler de lieu (au singulier ou pluriel) concernant internet, y compris l’article
    "…qui font du Web un lieu perpétuellement étonnant, stimulant et instructif."
    Mais comme le dit d’ailleurs Maître Eolas, Internet n’est pas un lieu :
    http://www.maitre-eolas.fr/post/201
    C’est un réseau d’ordinateur auquel nous nous connectons.

  33. Tout réseau est représentable sous la forme d’un graph. Il existe des représentations graphiques d’internet. Chaque machine raccordée au réseau en est un nœud. On peut calculer des distances (bien que souvent variables) entre des nœuds.

    Sur le web (la couche http d’internet), chaque ressource est accessible via une URL, littéralement, une adresse. La encore, le web peut être vu sous la forme d’un réseau (d’hyperliens, les noeuds étant les ressources), avec, encore une fois des "distances" calculables. En surfant, on se déplace de ressource en ressource via des liens (comme on irait de ville en ville via des routes dans le monde réel). Il existe des ressources "feuille" (sans lien vers d’autre ressource, ex. une image), des sites "impasses" (qui minimisent les liens externes (ex: facebook)), des sites "portails" (qui donnent accès à de très nombreuses ressources), etc. Bref, on peut dresser des topologies entières.

    Donc oui, utiliser abusivement cette analogie peut amener à des erreurs, mais non, parler d’internet comme un lieu n’est pas totalement bête.

    Et pour reprendre le sujet développé dans l’article, une zone du web qui serait repliée sur elle-même, sans hyperliens vers le reste du web et vers laquelle aucun hyperlien ne pointerait serait comme une zone cloisonnée par un mur dans le monde réel.

  34. Kortex

    Encore un excellent article traduits. Merci à FramaBlog de fournir ces contenus, plus qu’intéressants.

  35. Yoha

    En réalité, le problème de l’analogie du lieu n’est pas si simple. on peut considérer Internet comme un lieu ; mais un lien dans lequel nous nous trouvons. Le vrai problème est que l’expression «aller sur Internet» fait croire qu’Internet est un lieu distant. Il y a donc deux conceptions, toutes deux liées au lieu.

    Pour nous, Internet est une extension de la réalité. Ce n’est pas un lieu distant mais nous nous y trouvons et avons la possibilité de nous y mouvoir avec facilité et sans se sentir agressé.

    Au contraire, pour Mme Michu et ses nombreux amis, Internet est un pays lointain, où l’on parle une langue étrange. Alors elle demande à un interprète (Apple, Microsoft) de s’y rendre pour elle. Elle ne se risquera pas dans un monde inconnu.

    Une différence fondamentale est que nous n’avons pas peur d’explorer des lieux nouveaux.

  36. monkey

    hello à tous`
    la plupart des commentaires sur les possesseurs d’ipod, iphone, ipad ou simplement d’un produit apple me font rire. car ils ne reposent souvent que sur de la théorie pure, du fantasme, de l’angoisse de science-fiction ou de la haine contre des gens que leurs auteurs ne connaissent pas. je suis sur mac depuis 20 ans, j’ai toujours trouvé les macusers plus heureux de leur expérience informatique que les autres, à part les fanas du tournevis, j’ai attendu l’iphone des années et j’ai été bien content de l’acheter. je consulte autant le web ouvert que la moyenne des gens, voire plus. je vais sur itunes chercher des applis… gratuites ! je n’en ai jamais acheté une seule pour mon usage perso. et si je devais le faire, où serait l’horreur ? c’est que le travail d’un développeur m’aurait séduit et que je serais d’accord de le rétribuer pour ça. je paye ma musique. je paye mes films. je paye mes logiciels. comme je trouve normal d’être payé pour mon travail. je ne suis ni bobo, ni frimeur, ni technophile au-delà du raisonnable. j’aime les produits apple pour le plaisir, le confort, la simplicité d’utilisation et les bénéfices qu’ils m’apportent. ça vaut le coup de me faire insulter chaque fois que steve sort une innovation (donc fréquemment ces temps-ci) ?

  37. Je ne peux qu’adhérer au fond de cet article… Nous avons évoqué le concept de Web Punk contre web Jukebox : http://www.culture-buzz.fr/blog/201… et arrivons au même bilan : 2 conceptions opposées du web sont en train de s’affronter…

  38. modagoose

    Yoha :
    Internet n’est pas un lieu, pas plus que Madame Michu une personne. Il y a juste ceux qui débutent, les utilisateurs qui commencent à être à l’aise et ceux qui sont confirmés dans leur utilisation courante des outils informatiques et réseaux. Je ne parle pas là des bidouilleurs ni des développeurs, juste ceux qui sont conscients ( à peu près ) de ce qu’ils font quand ils font quelque chose. De plus, nous sommes toujours des noobs par rapport à quelqu’un. Nous sommes tous passés par la première étape, à chacun de savoir à quelle étape il est maintenant. Personne ne reste débutant toute sa vie, par contre chacun avance à son allure, certains plus lentement que d’autres.

    Se pourrait-il que sur un site traitant du logiciel libre et Open source, ou on prône le partage de la connaissance, on arrête de parler des noobs avec mépris et condescendance en les traitant de madame Michu ou d’utilisateur lambda ? Surtout si c’est pour justifier de la simplification des outils Libres pour toucher un plus large public ou pour regretter que des boîtes comme Apple prennent ses clients pour des cons ?

    Monkey, je suis heureux que tu soi heureux et que tout aille bien pour toi. Pour ma part, j’ai eu un ( mon père a eu, j’ai juste touché quand il avait le dos tourné ) un Lisa, puis plusieurs Macintosh et ma copine un macbook Intell que j’ai récupéré et reconditionné avec une ditrib Debian, donc je ne parle pas que de manière théorique. Dans mon entourage amical on a aussi du Macbook et de l’ipod touch. Les mac ont longtemps été très stables pour faire de la musique et de la vidéo, face à Windows 98, ce n’était pas bien difficile. Un XP bien configuré tenait largement tête à Mac Os ensuite ( j’ai relaté plus haut un problème en concert avec un macbook ). Mais je te l’accorde, il m’a fallu me coltiner Windows en long et en large ce qui m’a obligé à m’intéressé à comment fonctionne un Os. Microsoft malgrés sa politique de fermeture fabrique bien plus de bidouilleurs qu’ Apple. C’est ce qui m’a amené à Gnu/Linux et Ubuntu notamment, la confiance en moi gagnée sous Windows. Sinon, effectivement avoir un Mac du temps où ils tournaient sous Powerpc, c’était être beaucoup plus zen qu’avoir Windows. Aujourd’hui, pour avoir testé de longs mois Leopard avec un Intel après deux ans sous Ubuntu, j’ai fini par le virer parce que je n’avais plus la quiètude que j’avais enfin trouvé sous Linux. Parce que Linux, c’est vrai que ça demande à franchir le pas, mais une fois qu’on a compris, on a une impression de maîtrise qu’aucun produit Apple n’apporte. Enfin, bref, je ne cherche pas à te convaincre, tu viens partager ton expérience, je te fais partager la mienne. Qui a raison ?

    Globalement on s’en fout, parce que le problème de l’informatique ne se situe pas dans le design, l’ergonomie, ou la facilité d’utilisation.

  39. @modagoose:
    En effet, Mme Michu n’est pas une personne. C’est un type (au sens sociologique). Je ne méprise pas, c’est juste que je trouve couramment l’expression pour désigner les utilisateurs qui, actuellement (je ne nie pas qu’on peut changer), ne comprennent pas trop ces technologies.

    Pour moi, l’analogie du lieu doit être double, selon qu’on est à l’intérieur ou à l’extérieur en fait.

  40. modagoose

    Je ne m’en prenais pas à toi en particulier. Je déplore juste que ce terme revienne de manière récurrente dans les forum du Libre. Comme si il y avait une catégorie "supérieure" d’utilisateurs et les autres. Tantôt Mame Michu sert à justifier qu’Ubuntu devienne de plus en plus une distrib qui retire du choix à ses utilisateurs. A cause d’elle et de ceux qui lui ressemblent, il faut simplifier Gnu/Linux, le rendre plus sexy, lui enlever la ligne de commande, tout mettre en graphique, bref, le rapprocher de Windows et de Mac Os, tantôt, à cause de ces mames Michu, on déplore que le Libre n’est plus le Libre. Un bouc émissaire multiusages imaginaire en fait . Je sais bien que c’est un type d’individus. Mais cet individu n’existe pas. Les gens récalcitrants à l’informatique domestique ne sont pas une masse majoritaire. Certe, il y a des gens pour qui l’ordinateur est une phobie. Souvent, ce sont des personnes pour qui le concept informatique n’a pas de sens, et bien souvent, pour avoir participé à des install parties, il suffit juste d’être pédagogue et, sans qu’ils deviennent pour autant des technophiles, ils comprennent que ça n’a rien de sorcier. Tout n’est qu’une question de peur et de pédagogie.

    Pour ce qui est d’internet, c’est une carte mentale. Le lieu n’existe que dans notre tête. comme ces jeux de plateaux où l’on découvre un territoire au fur et à mesure qu’on avance, on y ajoute au fur et à mesure de notre exploration des pans entiers. Chacun a sa propre carte mentale de ce lieu. Internet est donc une multitude de lieux-cartes mentales. Mais exactement de la même manière que le monde n’est qu’une carte mentale. Alors qu’est-ce qu’un lieu ? Un endroit physique que l’on arpente avec nos pieds ou bien une représentation mentale ?

    Pour ceux qui crient à la fin du bidouilleur, qui assènent que l’utilisateur final ne veut plus mettre les mains dans le cambouis, et que c’est bien mieux comme ça, il faudra qu’ils m’explique alors pourquoi les magasins de bricolage ont autant le vent en poupe, pourquoi les meubles à monter soi-même sont si poulaires, bref, comment il se fait que le "fais-le toi-même" devient un mode de vie à part entière. Je ne vois pas pourquoi, la mécanique, l’électronique et l’informatique devrait être considérées différemment.
    Personnellement, je voudrais pouvoir acheter un ordinateur portable sous la forme d’un kit à monter moi-même et dont les composants sont optimisés pour Gnu/Linux. Quit à ce qu’il soit plus gros que les machins design du commerce.

  41. Pour ce qui est de madame Michu, c’est peut-être une conséquence de la trop forte popularité de l’expression. Après, le fait qu’Ubuntu cherche à devenir de plus en plus «Applosfotien» est plus dû à ce que certains pensent que GNU/Linux doit attirer le plus d’utilisateurs possible. Et c’est identifique pour d’autres logiciels libres (Mozilla Firefox par exemple).

    Ce qui me gène est que ce n’est pas au libre d’aller vers l’utilisateur, dans sa philosophie même. Le libre, ce sont des utilisateurs actifs qui font des choix en toute connaissance de cause, pas parce que c’est beau et facile à utiliser.

  42. Merci pour la traduction. Analogie saisissante, et combien parlante : la zone versus la "banlieue résidentielle bien tenue".

  43. Cassandre

    Oui, partageons et rendons libre les brevets de la pétro-chimie, de l’exploitation minière et de technologie bio-médicale.

    Comme ça on verra si chez tout les petits punks de supermarché qui se sont achetés une conscience en téléchageant des bouses Europacorp sur Emule [pour les diffuser sur les deux écrans plasmas à 10 tickets], tous sont d’accord de perdre leur petit confort bourgeois de priviligié du Nord.

    Ou alors est-ce que la plupart redeviendrait à cette occasion d’horribles petits propriétaires acariâtres et réactionnaires, qui au fond ne sont libertaire que pour les octets et défendent une sorte d’anarcho-capitalisme bas de plafond ?

  44. Homme libre

    Je ne sais pas… l’iPad, c’est comme une servitude volontaire. Si certains veulent se soumettre…

    Non, moi, ce que je trouve inquiétant c’est cette forte tendance de sites web à utiliser la géolocalisation. Et ça, ça s’impose à l’utilisateur, l’utilisateur le subit, il n’a pas le choix. Ils se basent sur l’adresse IP (enfin, je crois) pour bloquer l’accès. C’est une sorte de balkanisation du Web. Là où il n’y avait jamais eu de frontière qui sépare les gens, comme le mur de Berlin, il se construit des fortifications… tant pis pour les dommages collatéraux. La bonne vieille stratégie du "diviser pour mieux régner", la balkanisation, quoi…

  45. BillGates

    Bonjour,

    J’ai un iPhone et j’adore. Il marche tout simplement sans bidouille et c’est ce que je lui demande. Quand je veux bidouiller, j’ai ce qu’il faut sur mon portable où je peux torturer du C, du Ruby, du Perl, du Bash, du PHP et plein d’autre joyeusetés de ce genre. Sur l’iPhone, j’utilise très peu d’applications en dehors du carnet d’adresse et de l’agenda. L’application que j’utilise le plus fréquemment (en dehors du téléphone) est Safari (non, Flash ne me manque pas non plus). Ça me permet de surfer où je veux. Le choix est toujours là.

    Je remercie l’auteur de l’article et les traducteurs, car ils attirent l’attention sur un phénomène en marche. Mais il faut aussi arrêter de taper à bras raccourcis sur Apple. Apple fournit d’excellents produits qui fonctionnent tout simplement et c’est ce qui fait leur succès. Maintenant les utilisateurs, un, sont libres de ne pas acheter Apple, deux, même en achetant Apple, sont libres d’utiliser leur navigateur pour surfer sur le web au lieu d’acheter l’application qui les verrouille sur un site.

    Au lieu d’attaquer un fabricant qui fait de bons outils, il vaudrait mieux éveiller l’esprit critique des utilisateurs et si l’utilisateur ne veut pas être éveiller tant pis.

  46. Je trouve que cet article manque énormément de fond et d’objectivité… Pourquoi une chose gratuite et customisable à l’infinie est-elle forcement plus intéressante, morale, ou enviable, qu’une autre payante et minimisée ?
    L’iphone ouvre l’intégralité des standard du Web, à l’exception de Flash (pour des raisons elles aussi défendable), il donc possible de se passer des applications… qui d’ailleurs, ne sont pas toutes payantes… Et je voudrais savoir en quoi est-ce plus intéressant de subir l’interface standard d’une page web lambda, plutôt que la même optimisée iphone ?

    Apple prend 30% de marge sur sa plate forme… hm… et ? Elle fourni des outils de développement, une plate forme de vente, un suivit client, des màj, des conseils… c’est pas non plus du vole ! ça couterai plus cher à un développeur seul….

    Adroïd c’est plus ouvert, plus libre, plus gratuits, plus…. Oai… sauf que ça tourne sur 25 portables différents, donc c’est pas toujours compatible, c’est plantogène, c’est laid, c’est pas toujours judicieux au niveau du contenu, c’est pas sécurisé, c’est pas ergonomique… On peu tout faire… et on peu le faire mal…

  47. doctor madness

    ou comment confondre l’internet et le web…

  48. Mouais. C’est toujours bien de faire un gros parallèle avec une sale histoire sociale, on a l’impression que la métaphore est une analogie, on se sent rebelle.
    La vérité, c’est que l’on n’est pas obligé. Il faudra quand même qu’un jour on se le dise : on n’est pas obligé. Pas obligé d’acheter un Ipad, pas obligé de téléphoner, pas obligé de migrer, pas obligé d’allumer la télé. On a cette chance, on n’est pas encore entré en religion, on a le droit de ne pas y croire, de choisir…
    Roberto Fonseca contre David Guetta. Par exemple.

  49. Anonyme

    La plupart des commentaires passent à côté du fond de l’article : l’importance d’avoir le choix. Non pas que l’une ou l’autre des solutions soit meilleure (il y a du bon à prendre des deux côtés), mais l’article souligne la crainte de voir mourir, ou se désertifier de fait (pas de force) la partie anarchique/hippie du web, qui en fait (à mon sens) également sa beauté. Je suis le profil type "tournevis", je possède pourtant un iphone dont je suis très content, mais mon PC et mon site web gratuit me manqueraient si je n’avais plus la possibilité de les utiliser.

  50. amonyne

    Le contenu de cet article n’est pas sans me rappeler le livre Confessions d’un voleur (http://www.confessions-voleur.net/c… pour une version en ligne), entre sa première phrase qui réduit le web à un espace commercial, ou sa façon de citer surtout les points négatifs du web.

    J’ai quand même l’impression que la rédactrice de cet article connait très mal le web

  51. makidoko

    Pour ma part je ne fais strictement aucun lien entre le Web et l’Appstore.
    L’un est un accès au réseau mondial, l’autre est une boutique d’Applinounettes à la qualité aussi fluctuante que ce qu’on trouve sur le net et dont le but n’est pas spécifiquement l’accès à Internet mais à divers domaines : photo, vie sociale, réalité augmentée, utilitaires, jeux, etc… et même parfois, Internet.

    Par ailleurs, il est bon de rappeler que les applications permettant d’utiliser le Web, vous amènent sur le Web commun, et non pas une sorte de Web d’une dimension parallèle réservé à l’élite. Pour l’exemple le plus commun, un client social-network libre ne vous donne pas plus d’informations ou différentes, qu’un client social-network issu de l’app-store. Donc les applis ne font qu’exploiter le contenu d’internet…. en quelque sorte de faire un pique-nique d’informations, mais la plupart on souhaite faire un vrai repas.

    Je déteste Apple (bien que équipé, mais on ne m’y reprendra plus) pour plein de raisons qui en font la prochaine menace sérieuse à venir pour l’avenir pas seulement d’internet mais de l’informatique en général. Mais force est de reconnaître que cet article est un grand n’importe quoi de désinformation, et un mauvais procès envers cette société et ses rêves impérialistes. Je suis par ailleurs surpris que la plupart des commentaires ne réagissent et se contentent de hurler de concert.

    J’ai l’impression qu’on est en train de glisser tranquillement vers l’anti Apple-isme primaire comme ce fut le cas autrefois avec Microsoft. Mettre en joue et tirer tout le temps dans tous les sens. Les mauvais procès étant déjà en place, reste à savoir par quoi les dénominatifs Windaube, M$ vont être remplacés?