Girl Talk, ou l’art du remix

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Girl Talk - CC By NCGirl Talk, de son vrai nom Gregg Gillis n’est pas totalement inconnu du Framablog puisqu’il est le co-producteur du film Rip  : A remix manifesto du canadien Brett Gaylor, auquel ont également participé Lawrence Lessig, Cory Doctorow et Gilberto Gil [1], et dont nous parlions récemment dans l’article de Nina Paley sur les confusions à éviter avec les licences Creative Commons.

Toutefois, l’activité principale de Girl Talk n’est pas le cinéma, mais la musique. En effet, cette semaine est sorti le 5e album de Girl Talk, nommé All Day [2] et librement téléchargeable sur son site web (vu l’affluence, nous recommandons de passer par BitTorrent pour ce téléchargement légal de musique en libre diffusion). Comme tous les travaux de Girl Talk, cet album est couvert par une licence Creative Commons By NC, ce qui ferait bondir Nina Paley, mais permet tout de même à tout le monde de télécharger et d’écouter gratuitement les 12 titres de l’album chez soi.

La musique de Girl Talk est particulière, à la fois novatrice et déjà connue du plus grand nombre, il s’agit d’un patchwork d’extraits musicaux d’une quantité invraisemblable de morceaux d’autres artistes, parfaitement imbriqués et se répondant harmonieusement.

Tout y passe, du titre de Beyoncé qui inspira cette BD XKCD de Randall Munroe [3], au morceau de rap qui accompagne les exactions de l’armée américaine dans l’épisode Rap News 4 du billet précédent  ! Ça part tous azimuts et ça forme pourtant un tout qui coule de source…

OVNI acoustique rafraîchissant en ces temps d’offre labélisée, de culture officielle et de nullité en mouvement ou en tube, le dernier Girl Talk vous offrira une bouffée d’oxygène et un défi presque sans fin pour retrouver tous les extraits  !

Randall Munroe XKCD - CC By NC

Pour la traduction de la BD en français, c’est ici. XKCD a son site de fans français qui traduisent les BD au fur et à mesure de leur sortie.

Notes

[1] Ex ministre de la culture du Brésil.

[2] Crédit photo  : Girl Talk Creative Commons By Non-Commercial

[3] Crédit BD  : Randall Munroe XKCD.com Creative Commons By Non-Commercial

12 Réponses

  1. Kaneda aka Tetsuoka

    Actuellement sur les oreilles… Que du bon ! En espérant que ça fera réfléchir un peu sur la notion de samples et de fair-use…

  2. Tiens, le Framablog promeut une œuvre non Libre ?!

    Il est vrai que ses idéaux sont à géométrie variable.

  3. OlivierCO

    Effectivement, je trouve ça dommage que la framablog dédie tout un article à cet artiste qui publie ses œuvres sous licence CC by nc (non libre).
    Ce qui est encore plus désolant c’est que cet auteur bafoue complètement le droit d’auteur et publie un mix du travail d’autres personnes sous une licence qui s’est permis d’imposer sans aucun droit. Cette licence n’a d’ailleurs, à mon avis, aucunes valeurs étant donné que ses œuvres sont un remix d’autres œuvres sous copyright (je doute qu’il ai obtenu la permission).
    N’oublions pas le fameux copyleft (toutes les licences libre GPL, LAL, CCbysa, etc…) est justement basé sur ce fameux droit d’auteur! Je pense qu’un minimum de respect est de mise que ça soit un œuvre non libre, libre ou libre de diffusion.
    Personnellement je n’apprécierais pas qu’une de mes œuvres ou que mon code sous copyleft se retrouve sous une autres licence!
    Imaginer microsoft ou un autres éditeur reprenant du code sous GPL sous le prétexte de refaire un remix privateur…

  4. Sans insister sur le fait que ce court billet n’est pas dédié à un seul artiste, il a au moins le mérite d’illustrer par la pratique les propos de Nina Palay, et au delà, d’encourager à prolonger la réflexion sur le sujet.

    Pourquoi une majorité des artistes ayant recours à l’une des licence Creative Commons placent-ils leurs œuvres en CC-By-NC ? Ne serait-ce pas seulement pour être contactés lors de la réutilisation de leurs œuvres dans un cadre commercial afin de décider ou non de la levée de cette clause ? Et ainsi ne pas se priver a priori d’une potentielle source de rémunération ? Vous savez, ce « problème » auquel la HADOPI ne répond pas…

    Alors après, certes, ce choix limite intrinsèquement les possibilités d’autres artistes à « faire comme lui » s’ils veulent vendre des albums, mais ce n’est pas le choix qu’a fait Girl Talk pour cet album justement.

    Enfin, vu la durée de chaque extrait, niveau licence il tombe aux États-Unis je pense, sous le coup du principe du « fair-use ». Son travail est dans la sélection et l’arrangement des extraits, et il y a indéniablement une valeur ajoutée.

  5. Ben voyons… il est migon tout plein le bisounours.

  6. Toujours cette idée tenace qui voudrait que ce qui s’applique aux logiciels libre doivent s’appliquer obligatoirement à la musique, aux livres, etc… Il faut relire ce que dit la FSF à ce sujet
    http://www.gnu.org/licenses/license
    « Nous ne sommes pas convaincus que les œuvres artistiques ou de divertissement doivent être libres, mais si vous voulez en rendre une libre, nous recommandons la Free Art License (Licence Art libre). »
    ici la question posée à Stalllman à nouveau
    http://www.a-brest.net/article1638….
    « M. Stallman, pouvez-vous préciser la position de la FSF sur l’art libre & la musique libre »[…] »RMS : La Fondation pour le Logiciel Libre se consacre aux logiciels et à leur documentation. Elle n’entend pas déborder le champ du logiciel et prendre position sur d’autres types d’oeuvres. »
    Stallman a une position bien plus nuancé sur la notion de musique libre que pour celle de logiciel libre
    Même les propos de Stallman sont non-libre et heureusement, imaginer si quelqu’un les remixés…

  7. De mieux en mieux. Après les galipettes du gentil chaton en train de retourner sa veste pour mieux retomber sur ses petites pattes, une lecture béate, benoîte et légèrement bétifiante de Stallman dans le texte. Et surtout, ne jamais penser par soi-même : c’est fatigant et puis c’est très mal.

    Cette hypocrisie dégoulinante est insupportable. Suppression des « Marque-pages » et basta pour la campagne si formidablement originale.

  8. OlivierCO

    Le problème c’est que ici ce n’est pas la fsf qui écrit un article mais le « réseau » frama qui, lui, promeut la culture du libre (enfin je crois). Que ça soit les logiciels avec framasoft, les livre avec framabook ou tout plein d’autre chose sur framablog (openstreetmap, sésamath, etc…).
    Comment ne pas faire la confusion après ça du libre et du gratuit? (conf la licence CC by Non-Commercial).
    Le principale problème qui se pose à moi n’étant pas cette licence mais plutôt l’utilisation d’œuvres sous copyright pour en créer de nouvelles sous CC by NC.

    En ce qui concerne les propos de Stallman, il est tout à fait normale de publier un avis ou une critique sous licence non libre. Cette critique ou cette avis engage uniquement sont auteur et n’a aucun intérêt à être modifier par une autre personne. Le bulletin semestriel de la fsf est d’ailleurs sous cc by nd donc non libre.

    En ce qui concerne le libre et la culture, je trouve que le libre et tout aussi indispensable dans le logiciel que dans l’art ou plus généralement la culture. Grâce à la culture libre chacun dans le monde à la possibilité
    -d’adapter les manuels sésamath à son système d’éducation,
    -de créer, d’améliorer son encyclopédie avec wikipédia
    -de cartographier son pays avec openstreetmap,
    -d’adapter des technologies à ses besoin avec Arduino,
    -de réaliser un film d’animation grâce au fichier 3D de Sintel, BigBuckBunny, Elephants Dream,
    -de réaliser des œuvres visuelle ou musicale à partir d’autres œuvres pour exprimer ses opinons, ses sentiments, etc…

  9. OlivierCO

    -de créer un site web comme framasoft répertoriant plein de logiciels libre et ayant pour mascotte le pingouin (manchot) de L.L. de Mars

  10. les remix copyright n’ont pas attendu les remix cc-by-xyz …

    on nous sert de la muse remix depuis des annees, et privatives et tout ce qu’on veut ou ne veut pas, on nous l’impose etc…

    alors de la cc-by-xyz c’est mieux que rien, et la on a le choix d’ecouter ou pas…

  11. À mon avis Girl Talk utilise la clause NC pour se mettre un peu à l’abri en cas de poursuites des maisons de disques.

  12. On nous parle ici d’un artiste qui utilise la musique populaire (ou le copyright à d’autant moins de légitimité, la musique populaire appartient à tous dans une certaine mesure) comme matériel de base à un travail qui se dégage complètement de ces matériaux de base, qui devient oeuvre.

    On est pas exactement dans le libre tel qu’il peut exister dans le logiciel, mais le travail de Gillis est un rappel d’une liberté, celle de créer. Je ne tiendrai pas grief au Framablog de « promouvoir » une oeuvre qui se permet de prendre « sa liberté ».

    Et je laisse aux grincheux la joie de se plaindre que Gillis s’attaque à leur liberté.

    ps: Et j’y pense, il y a des propositions pertinentes pour le « NC ». Une idée me vient à l’esprit:
    Vu le peu de valeur « légale » de la licence dans ce cas de figure, s’il s’agissait juste de dire que cet « Illegal Art » est « non-commercial »?