L’envie du pénal – Philippe Muray – 1992

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Il y a vingt ans Philippe Muray détournait ironiquement l’expression freudienne « envie du pénis » pour nous pondre un article sur une société qui voit du « vide juridique » partout à combler au plus vite. quitte à nous ôter toujours plus de liberté et de responsabilité[1]. Lecture non politiquement correcte garantie  !

Aujourd’hui non seulement rien n’a changé mais à bien des égards cela s’est amplifié. Les lois DADVSI, HADOPI, SOPA, ACTA… peuvent-elles aussi s’inscrire et s’expliquer dans ce constat et cette dynamique  ?

Un extrait des Exorcismes Spirituels parus aux éditions des Belles Lettres en 1997.

Henry Spencer - CC by

L’envie du pénal

Philippe Muray – 1992

De cette légifération galopante, de cette peste justicière qui investit à toute allure l’époque, comment se fait-il que personne ne s’effare  ?

Comment se fait-il que nul ne s’inquiète de ce désir de loi qui monte sans cesse  ? Ah  ! la Loi  ! La marche implacable de nos sociétés au pas de Loi  !

Nul vivant de cette fin du siècle n’est plus censé l’ignorer. Rien de ce qui est législatif ne doit nous être étranger.

« Il y a un vide juridique  ! »

Ce n’est qu’un cri sur les plateaux. De la bouillie de tous les débats n’émerge qu’une voix, qu’une clameur « Il faut combler le vide juridique  ! » Soixante millions d’hypnotisés tombent tous les soirs en extase. La nature humaine contemporaine a horreur du vide juridique, c’est-à-dire des zones de flou où risquerait de s’infiltrer encore un peu de vie, donc d’inorganisation. Un tour d’écrou de plus chaque jour  ! Projets  ! Commissions  ! Mises à l’étude  ! Propositions  ! Décisions  ! Élaboration de décrets dans les cabinets  ! Il faut combler le vide juridique  ! Tout ce que la France compte d’associations de familles applaudit de ses pinces de crabe. Comblons  ! Comblons  ! Comblons encore  ! Prenons des mesures  ! Légiférons  !

Saintes Lois, priez pour nous  ! Enseignez-nous la salutaire terreur du vide juridique et l’envie perpétuelle de le colmater  ! Retenez-nous, ligotez-nous au bord du précipice de l’inconnu  ! Le moindre espace que vous ne contrôlez pas au nom de la néo-liberté judiciairement garantie est devenu pour nous un trou noir invivable. Notre monde est à la merci d’une lacune dans le Code  ! Nos plus sourdes pensées, nos moindres gestes sont en danger de ne pas avoir été prévus quelque part, dans un alinéa, protégés par un appendice, surveillés par une jurisprudence.

« Il faut combler le vide juridique  ! » C’est le nouveau cri de guerre du vieux monde rajeuni par transfert intégral de ses éléments dans la poubelle-média définitive.

Il en a fallu des efforts, et du temps, il en a fallu de la ténacité, de l’habileté, des bons sentiments et des causes philanthropiques pour incruster bien profond, dans tous les esprits, le clou du despotisme légalitaire. Mais maintenant ça y est, c’est fait, tout le monde en veut spontanément. L’actualité quotidienne est devenue, pour une bonne part, le roman vrai des conquêtes de la Loi et des enthousiasmes qu’elle suscite. De nouveaux chapitres de l’histoire de la Servitude volontaire s’accumulent. L’orgie procédurière ne se connaît plus aucune borne.

Si je n’évoque pas ici les affaires de magistrats vengeurs, les scandales de fausses factures, la sombre révolte des juges en folie, c’est que tout le monde en parle partout. Je préfère aller chercher mes anecdotes en des coins moins visités. Il n’y a pas de petites illustrations. En Suède, tout récemment, un type saute au plafond d’indignation dans un film de Bergman qui passe à la télé, il vient de voir un père donnant une gifle à son fils  ! Dans un film  ? Oui, oui. Un film. À la télé. Pas en vrai. N’empêche que ce geste est immoral. Profondément choquant, d’abord, et puis surtout en infraction par rapport aux lois de son pays. Il va donc, de ce pas, porter plainte. Poursuivre en justice. Qui n’approuverait cet homme sensible  ? Le cinéma, d’ailleurs, regorge d’actes de violence, de crimes, de viols, de vols, de trafics et de brutalités dont il est urgent de le purger. On s’attaquera ensuite à la littérature.

Dura lex, sed tex  ! Il y a des soirs où la télé, pour qui la regarde avec la répugnance requise, ressemble à une sorte de foire aux lois. C’est le marché des règlements. Un lex-shop à ciel ouvert. Chacun s’amène avec son brouillon de décret. Faire un débat sur quoi que ce soit, c’est découvrir un vide juridique. La conclusion est trouvée d’avance. « Il y a un vide juridique  ! » Vous pouvez fermer votre poste. Le rêve consiste clairement à finir par interdire peu à peu, et en douceur, tout ce qui n’est pas encore absolument mort.

« Il faut combler le vide juridique  ! » Maintenant, l’obsession pénaliste se réattaque de front au plaisir. Ah ! ça démangeait tout le monde, de recriminaliser la sexualité ! En Amérique, on commence à diriger vers des cliniques spécialisées ceux à qui on a réussi à faire croire qu’ils étaient des addicts, des malades, des espèces d’accros du sexe. Ici, en France, on a maintenant une loi qui va permettre de punir la séduction sous ses habits neufs de harcèlement. Encore un vide de comblé  ! Dans la foulée, on épure le Minitel. Et puis on boucle le bois de Boulogne. Tout ce qui se montre, il faut l’encercler, le menotter de taxes et décrets.

À Bruxelles, de sinistres inconnus préparent l’Europe des règlements. Toutes les répressions sont bonnes à prendre, depuis l’interdiction de fumer dans les lieux publics jusqu’à la demande de rétablissement de la peine de mort, en passant par la suppression de certains plaisirs qualifiés de préhistoriques comme la corrida, les fromages au lait cru ou la chasse à la palombe. Sera appelée préhistorique n’importe quelle occupation qui ne retient pas ou ne ramène pas le vivant, d’une façon ou d’une autre, à son écran de télévision  : le Spectacle a organisé un nombre suffisant, et assez coûteux, de distractions pour que celles-ci, désormais, puissent être décrétées obligatoires sans que ce décret soit scandaleux. Tout autre genre de divertissement est un irrédentisme à effacer, une perte de temps et d’audimat.

Toutes les délations deviennent héroïques. Aux Etats-Unis, pays des lawyers en délire, les homosexuels de pointe inventent l‘outing, forme originale de mouchardage qui consiste à placarder à tour de bras des photos de types connus pour leur homosexualité honteuse, avec la mention absolute queer (parfait pédé). On les fait sortir de leur secret parce que ce secret porte tort, dit-on, à l’ensemble du groupe. On les confesse malgré eux. Plus de vie privée, donc plus d’hypocrisie.

Transparence  ! Le mot le plus dégoûtant en circulation de nos jours  ! Mais voilà que ce mouvement d’outing commence à prendre de l’ampleur. Les chauves s’y mettent, eux aussi ils affichent à leur tour des portraits, des photos de célébrités qu’ils accusent de porter des moumoutes (pardon, des « compléments capillaires »)  ! On va démasquer les emperruqués qui ne s’avouent pas  ! Et pourquoi pas, après ça, les porteurs de fausses dents, les bonnes femmes liftées, les cardiaques à pacemakers  ? L’ennemi héréditaire est partout depuis qu’on ne peut plus le situer nulle part, massivement, à l’Est ou à l’Ouest.

« Le plus grand malheur des hommes, c’est d’avoir des lois et un gouvernement », écrivait Chateaubriand. Je ne crois pas qu’on puisse encore parler de malheur. Les jeux du cirque justicier sont notre érotisme de remplacement. La police nouvelle patrouille sous les acclamations, légitimant ses ingérences en les couvrant des mots solidarité, justice, redistribution.

Toutes les propagandes vertueuses concourent à recréer un type de citoyen bien dévot, bien abruti de l’ordre établi, bien hébété d’admiration pour la société telle qu’elle s’impose, bien décidé à ne plus jamais poursuivre d’autres jouissances que celles qu’on lui indique. Le voilà, le héros positif du totalitarisme d’aujourd’hui, le mannequin idéal de la nouvelle tyrannie, le monstre de Frankenstein des savants fous de la Bienfaisance, le bonhomme en kit qui ne baise qu’avec sa capote, qui respecte toutes les minorités, qui réprouve le travail au noir, la double vie, l’évasion fiscale, les disjonctages salutaires, qui trouve la pornographie moins excitante que la tendresse, qui ne peut plus juger un livre ou un film que pour ce qu’il n’est pas, par définition, c’est-à-dire un manifeste, qui considère Céline comme un salaud mais ne tolérera plus qu’on remette en cause, si peu que ce soit, Sartre et Beauvoir, les célèbres Thénardier des Lettres, qui s’épouvante enfin comme un vampire devant un crucifix quand il aperçoit un rond de fumée de cigarette derrière l’horizon.

C’est l’ère du vide, mais juridique, la bacchanale des trous sans fond. À toute vitesse, ce pseudo-monde en perdition est en train de recréer de bric et de broc un principe de militantisme généralisé qui marche dans toutes les situations. Il n’y a pas de nouvelle inquisition, c’est un mouvement bien plus subtil, une montée qui sourd de partout, et il serait vain de continuer à se gargariser du rappel des antiques procès dont furent victimes Flaubert ou Baudelaire  : leur persécution révélait au moins une non-solidarité essentielle entre le Code et l’écrivain, un abîme entre la morale publique et la littérature.

C’est cet abîme qui se comble chaque jour, et personne n’a plus le droit de ne pas être volontaire pour les grands travaux de terrassement. Qui racontera cette comédie  ? Quel Racine osera, demain, composer les Néo-Plaideurs ? Quel écrivain s’échappera du zoo légalitaire pour en décrire les turpitudes  ?

Notes

[1] Crédit photo  : Henry Spencer (Creative Commons By)

16 Réponses

  1. Personnellement j’ai bondi de mon siège en lisant ça : « Toutes les répressions sont bonnes à prendre, depuis l’interdiction de fumer dans les lieux publics […] en passant par la suppression de certains plaisirs qualifiés de préhistoriques comme la corrida »
    À tout mélanger sans distinction ça rend le propos moins efficace.

    Autant faire culpabiliser les fumeurs par le biais de la loi c’est limite fascisant (dans le même genre on a les éco-gestes aussi) et la loi se transforme en tumeur sociétale (je précise que parmi les nombreuses étiquettes que j’accepte qu’on me colle il y a « écolo » et « non fumeur » :) ).
    Autant se pencher sur le droit des animaux c’est effectivement aborder un domaine juridique qui est quasiment vide. Le problème ici c’est que la loi est présentée comme une atteinte au plaisir du spectateur, partant du principe que tout le monde se fout de la vie de l’animal.

    À un moment donné il y a des vides juridiques qu’il est important d’aborder. Un animal n’a pas la possibilité de se défendre juridiquement tout comme les femmes, les enfants ou les esclaves il n’y a pas si longtemps. Qu’en serait-il aujourd’hui si on ne s’était pas penché sur ces « vides juridiques ».

    La question du droit des animaux (présenté sous un aspect volontairement caricatural par l’auteur à mon avis) n’est pas aussi simple que l’interdiction de fumer dans les lieux publics.
    Il y a ceux qui trouvent que c’est tout à fait légitime de se servir de l’animal comme d’un simple outil au service de l’homme. C’est l’héritage de Descartes et de son animal-machine.
    Il y a ceux qui considèrent qu’il est du devoir de l’homme de protéger l’animal. Là aussi la vision est anthropocentrique mais on déplace l’idée de « toute puissance » pour la mettre au service du faible (héritage biblique) et donc on crée des parcs nationaux, la spa, des réserves naturelles d’un côté mais on ne se souciera presque pas des chaînes d’abattage ou de l’élevage concentrationnaire ni de savoir s’il est légitime de mettre un morceau d’animal mort dans son assiette ou de « réguler » les populations (j’aime beaucoup l’avant dernière case de cette bd : http://www.maliki.com/strip.php?str… ).
    Et il y a ceux qui considèrent que nous sommes des animaux comme les autres mais que nous sommes peut-être un peu trop envahissants, présomptueux, égocentriques, destructeurs (c’est le point de vue de la Matrice et sa comparaison avec les virus, ouais c’est moderne 😛 )… mais si on est optimiste on se dit qu’il y a sûrement moyen de s’améliorer.

    Bref, autant je suis d’accord pour qu’on ne légifère pas à tout va (surtout en faisant croire qu’il y a une urgence… c’est peut-être ça le plus gros problème en fait) autant il y a des sujets qui ne méritent pas d’être balayés d’un revers de main.

    Sinon, j’ai un peu de mal à comprendre ce que cette femme a à voir avec le sujet. Est-ce parce qu’elle a déchiré le col de son débardeur qu’on l’a arrêtée ? C’est pour dénoncer le fait qu’en France on veuille légiférer la séduction, c’est ça ?
    À quand des photos libres de Flickr ayant pour sujet des hommes qui mettent en avant leurs atouts physiques pour inciter les femmes à lire les articles du blog ?
    … mouais bon, j’ai rien dit… elles ne se laisseraient pas avoir par un artifice aussi grossier… :)

  2. Je n’ai jamais été aussi effarée devant un article de framablog. Déjà, le style, pfiou, que c’est pénible, tant d’énervement et de points d’exclamations.

    Ha, le couplet de l’homme hétéro qui ne comprend pas la différence entre la drague et le harcèlement (la différence étant de continuer ses tentatives alors que la personne en face a déjà donné sa réponse, à savoir NON) ni la politique du outing (bah oui, ça fait mal de voir des personnalités politiques homosexuelles voter des lois contre sa communauté et lancer des déclarations à l’emporte-pièce, mais si on ne sait pas que l’homophobie tue forcément c’est plus difficile).

    Mais le pire dans tout ça, c’est de croire qu’un flou juridique, ça profite à la liberté. Non, ça profite aux puissants, qui peuvent se payer les meilleurs avocats et impressionner leur monde en invoquant des lois à tord et à travers… Le nombre de personnes qui invoquent le « droit à l »image » pour des photos sur Wikimedia Commons qui n’ont rien à voir avec l’article de loi en question.

    Et pourtant, il y en aurait des choses à dire sur la tendance, notamment en France, d’inventer des lois à chaque nouveau fait divers… Mais là, cette telle bouillie contre tous et n’importe quoi arrive, à force de hors-sujets, de carrément ne pas aborder le fond.

  3. @JosephK :
    > Sinon, j’ai un peu de mal à comprendre ce que cette femme a à voir avec le sujet. Est-ce parce qu’elle a déchiré le col de son débardeur qu’on l’a arrêtée ? C’est pour dénoncer le fait qu’en France on veuille légiférer la séduction, c’est ça ?

    Ce n’est pas la première fois que la photo d’illustration d’un billet est un petit peu trop jolie pour être de bon goût. Au moins elle est majeure cette fois. Résumons : 1,72 (m) + 55 (kg) + décolleté (open source) = aKa émoustillé !

    > À quand des photos libres de Flickr ayant pour sujet des hommes qui mettent en avant leurs atouts physiques pour inciter les femmes à lire les articles du blog ?

    J’espère que c’est ironique, parce que ce serait aussi crétin de nous balancer des photos (libres bien sûr) de Chippendales® ou de pompiers en uniforme.

    @Léna : D’accord avec toi sur le fond, ça a mal vieilli tout ça…

  4. Serions nous donc entré dans une ère de dictature morale ? Tout ce qui occupe les esprits et impose des problématiques ou distinctions artificielles permet de détourner l’attention de l’essentiel. De nier les valeur morales, les croyances, les idéaux et autres petites choses qui donnent un sens à la vie de chacun. Une seule chose n’est jamais remise en question par la société médicratique ambiante : ce qu’on veut nous vendre.

  5. @osef : bien sûr que c’est ironique. Tout le paragraphe ne contient que des questions rhétoriques.
    (mais soyons honnêtes… il faut surtout juger le travail artistique, la mise en lumière, le jeu sur les ombres et les courbes, l’alignement des épaules et puis le cadre est très joli aussi… 😛 )

    Je trouve ça assez amusant qu’aka ait mis une photo de ce genre après avoir envoyé la veille une « dent » à la limite du sexisme (elle aussi se termine en question rhétorique, tiens…) : http://identi.ca/notice/91725338
    C’est peut-être le contre coup du 8 mars…

    @aka : comme dit l’expression geeko-latine « qui mal se rase fait des bises qui piquent » 😉

  6. Ben dis donc, un billet li-bé-ral voire libertarien sur framablog !!!
    Y en a qui commencent à faire le lien entre liberté IRC et liberté IRL.

    En tous cas, pour détecter les petites fourmis socialistes qui n’ont fondamentalement RIEN compris à ce qu’est la liberté, ça fonctionne pas mal. 😉

    Pour continuer de lire plein de méchancetés : http://www.philippe-muray.com/

    Allez, je retourne manger un petit enfant.

    Vincent, libéral IRC et IRL

  7. Ginko

    @JosephK,

    >Sinon, j’ai un peu de mal à comprendre ce que cette femme a à voir avec le sujet. Est-ce parce qu’elle a déchiré le col de son débardeur qu’on l’a arrêtée ? C’est pour dénoncer le fait qu’en France on veuille légiférer la séduction, c’est ça ?

    Peut-être que je me trompe, que je sur-interprête, mais il me semble que cette photo illustre l’expression « l’envie du pénal » (et de façon assez réussie, ÀMHA d’hétéro « mal-polissé »).

    Quand au texte lui-même… je ne sais pas trop ; il me gratte aux entournures. Autant en tant que libriste et amateurs de dystropies, je suis sensible à cette thématique de la « dictature démocratique légale » autant, ignorer le fait que notre société actuelle possède des spécifités historiques dont il est souhaitable de se séparer me paraît évident. Et parfois, la voie légale est appropriée.

    En gros, « il ne faut pas jeter bébé avec l’eau du bain ». Et puis ce texte a un gros arrière-goût de « c’était mieux à vent ! ».

  8. Une autre image pour illustrer
    « Bienvenue dans un monde toujours plus cucul – légiféré »

    http://pic.twitter.com/rKDVO2uo

    … Faut bien lire les petits caractères

  9. L’article est iconoclaste, provocateur, controversé, évoque la loi et fait un clin d’oeil dans le titre à un désir refoulé freudien. Pourquoi l’image d’illustration ne se mettrait-elle pas elle aussi au diapason ?

  10. :) (la justification ne me convainc pas beaucoup mais admettons…)

    Peut-être aussi parce que tu en mets déjà partout des filles d’illustration. Franchement à force je m’attends à tomber soit sur des composants électroniques ou une icône barbue du libre, soit sur une fille.
    En mars on avait déjà celle-là : http://www.framablog.org/index.php/
    en février : http://www.framablog.org/index.php/
    en janvier : http://www.framablog.org/index.php/
    en décembre : http://www.framablog.org/index.php/

    Bref, tu nous prépares un Framacalendrier de Framagirls pour renflouer les caisses avant le prochain noël et t’oses pas nous le dire ? 😛

  11. On peut toujours rêver d’un monde où les législateurs appliquent aux lois le principe KISS (Keep It Simple, Stupid !) cher aux informaticiens (enfin, surtout au Unixiens).
    Mais le comblement systématique des « vides juridiques » ayant comme corolaire vicieux le comblement (copieux) d’autres « vides économiques » (les honoraires d’avocats et les primes d’assurances), ce n’est pas près d’arriver.
    Il faut toujours chercher à qui profite le crime :-)

  12. Ginko

    @Christophe,

    bien vu, je dis toujours que vu que les lois (et les règlements, processus, habitudes, etc – le SI au sens large – formels ou pas) sont analogues à du code source, on devrait leur appliquer les même règles… et vu que je suis fan du KISS…

    Mais, de la même manière que certains pans de l’industrie du logiciel sont tout entiers voués à la complexification anarchique et obfuscatoire du code à des fins (inconsciemment, ou pas) de profit comptable et autres secrets industriels ; comme tu le dis, nombreux sont les intérêts à faire foisonner les niches, les exceptions, les complications qui permettent à tout un écosystème de brasser du vent tout en étant rémunéré grassement, parce que ma foi, il en faut de l’expertise pour nager dans cette mélasse intellectuelle.

  13. Je vais sur Flickr restreint aux Creative Commons pour y puiser ces images d’illustration. Je n’entre jamais le tag « girl » ou « femme » pour effectuer ma recherche mais un tag que je juge pertinent quant au sujet du billet.

    Il se trouve que plein de filles (et beaucoup moins de mecs) apparaissent alors dans les résultats de la recherche et ce quel que soit le tag.

    Il faut croire que certaines aiment bien être photographiées, d’autres les photographier et d’autres encore les signaler comme « image intéressante » sur Flickr afin qu’elles apparaissent en tête de gondole dans la recherche sur tel ou tel tag.

    Après bien sûr, libre à moi de les choisir ou pas. J’assume et ne me défausse pas mais je tenais néanmoins à apporter ce petit élément d’information :)

    Ce petit débat est similaire au Mac de Stiegler : se focaliser sur un détail pas forcément inintéressant en soi mais qui occulte le fond de l’article. Ce que je voulais pointer ici c’est que nous résistons à des lois (Hadopi, Sopa, etc.) que nous n’avons pas souhaité parce qu’il fallait, pour certains, combler un « vide juridique », en l’occurrence de nouvelles pratiques venues de l’Internet impactant le copyright classique. Muray, dans son style particulier, jugeait, à son époque, cette surenchère de lois mortifère. Et peut-être n’est-ce pas si éloigné de ce que demandent ceux qui descendent aujourd’hui dans la rue contre ACTA, à savoir de conserver la liberté du réseau en ne l’étouffant pas sous des lois inutiles et inadaptées (pour ne pas dire nuisibles).

  14. « Ce petit débat est similaire au Mac de Stiegler : se focaliser sur un détail pas forcément inintéressant en soi mais qui occulte le fond de l’article. »

    Je la sentais venir celle là…* sauf que contrairement à ceux qui polémiquent pour des détails j’ai aussi répondu sur le fond* de l’article.
    Certes sur un angle de lecture qui m’interpelle personnellement (droit des animaux) mais en même temps l’article part dans tout les sens* si bien qu’il n’est pas évident de l’aborder sous un angle plus global.
    D’autant plus quand Freud ne fait pas parti de sa culture (j’ai fait l’impasse en fac parce que ses théories me gonflent* vraiment…). Je n’avais pas particulièrement compris par exemple que le fait de combler le « vide juridique » était une analogie avec le fait que Freud considère que les femmes veulent combler leur absence de pénis. Certes il y a le lien vers la page Wikipédia mais pour moi le rapprochement entre les deux s’arrêtait au jeu de mot (cela dit ce n’est pas si grave de ne pas le savoir).
    De même si Léna trouve le style pénible c’est probablement parce qu’il ne s’agit que d’un exercice de style de Muray. Il cherche à imiter « l’hystérie féminine » toujours en référence à Freud pour en faire une hystérie juridique (ce que je trouve assez débile), mais sans le décodeur c’est loin d’aller de soi*.

    Finalement, je trouve que la question du droit dans une société libertaire (faut-il un état minimal avec une justice minimale ou pas https://fr.wikipedia.org/wiki/Minar… ) presque plus intéressante. (si c’est là où veut en venir Vincent ? J’ai un peu de mal à savoir qui sont les « fourmis socialistes » dans l’histoire…)
    Parce que finalement, l’angle de lecture autour de l’Hadopi, ACTA, etc est assez consensuel* ici.

    *appliquons donc une lecture freudienne là dessus ; avec les échanges qui précèdent on va me diagnostiquer une homosexualité refoulée j’imagine 😛 (et pourquoi il tire la langue ce smiley à la fin…)
    PS: finalement c’est assez drôle de relire son post avec un esprit pervers pour y placer des étoiles :)

  15. Ginko

    @aKa,

    >Ce que je voulais pointer ici c’est que nous résistons à des lois (Hadopi, Sopa, etc.) que nous n’avons pas souhaité parce qu’il fallait, pour certains, combler un « vide juridique », en l’occurrence de nouvelles pratiques venues de l’Internet impactant le copyright classique.

    Je trouve que cette analogie ne cadre pas vraiment.

    Ici, nous résistons en effet à des salves de nouvelles lois qui tentent de repousser une espèce de nouveau vide juridique, en effet. Mais nous ne les repoussons pas pour cela. Nous les repoussons car nous considérons qu’elles modifient l’équilibre du droit d’auteur beaucoup trop en faveur des auteurs (et surtout, dans les faits, de leurs ayant-droits). Et dans notre propre camp, nombreux sont ceux qui souhaitent voir ce vide juridique comblé (afin, justement de préserver cette liberté acquise par la technique), mais par une loi équilibrée dans ce nouveau paradigme qui défait la ségrégation artificielle entre l’auteur et le consommateur.

    Muray semble en effet prôner une sorte de minarchisme, où seul le vide juridique serait garant d’une réelle liberté. Alors que Stallman nous a montré qu’au contraire, la loi pouvait être un outil puissant pour la liberté, à condition de plonger dedans avec les yeux et les mains d’un hacker déterminé.

  16. Didier

    Ce texte est visiblement un excellent détecteur de matons de Panurge.