Un logiciel libre n’est pas toujours collaboratif et de qualité

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Voici un titre étrange pour un blog comme le nôtre.

Oui il existe des logiciels libres de mauvaise qualité qui ne souffrent pas la comparaison avec leurs concurrents propriétaires  ! Et oui encore la majorité des logiciels libres sont uniquement développés par un seul et unique contributeur  : leur créateur  !

Face à de tels logiciels, les partisans de l’open source pleurent car ils détruisent aussi bien leur argumentaire pratico-technique que le mythe de la collaboration spontanée. Les partisans de logiciel libre envisagent quant à eu les choses différemment car ce qu’ils voient avant tout c’est que le logiciel est libre.

Le logiciel libre n’est pas meilleur en pratique mais il est libre en théorie et c’est bien ça le plus important…

Remarque  : Cette traduction est le fruit d’une coopération entre Framasoft (et son énergie plurielle présente sur Framalang et les réseaux sociaux) et l’April (via son équipe de traduction du site GNU.org)

James Rickwood - CC by

Quand le logiciel libre n’est pas meilleur, en pratique

When Free Software Isn’t (Practically) Better

Benjamin Mako Hill – GNU.org
Licence Creative Commons By-Nd – Version du 6 octobre 2012
(Traduction  : Framalang et l’équipe Trad-GNU de l’April)

Les objectifs affichés par l‘Open Source Initiative sont les suivants  : « L’open source est une méthode de développement logiciel qui exploite la puissance d’une évaluation décentralisée, par les pairs, et la transparence des processus. Les promesses de l’open source sont une meilleure qualité, une plus grande fiabilité, davantage de flexibilité, un moindre coût et la fin d’une situation permettant à des fournisseurs rapaces de verrouiller leurs produits. »

Depuis plus de dix ans maintenant, la Free Software Foundation ne cesse d’argumenter contre la qualification d’« open source » dont on affuble le mouvement du logiciel libre. Si nous, les partisans du logiciel libre, réfutons ce qualificatif d’« open source », c’est surtout parce que nous considérons qu’il s’agit d’un effort volontaire pour réduire la portée de notre message de liberté et masquer le rôle de notre mouvement dans le succès du logiciel que nous avons bâti. Si nous disons que le terme « open source » est mauvais, c’est fondamentalement parce qu’il tente d’éviter toute discussion à propos de la liberté du logiciel. Mais il y a une autre raison pour laquelle nous devrions nous méfier du cadre « open source ». L’argument fondamental de l’open source, tel qu’il est défini dans la déclaration ci-dessus, est souvent incorrect.

Malgré la suggestion de l‘Open Source Initiative, que « la promesse de l’open source est une meilleure qualité, une plus grande fiabilité, plus de flexibilité », cette promesse n’est pas toujours honorée. Bien que nous ne le mettions pas souvent en avant, tout utilisateur d’un logiciel libre aux premiers stades de son développement peut expliquer que ce logiciel n’est pas toujours aussi pratique, sur le plan purement fonctionnel, que ses concurrents privateurs[1] Un logiciel libre est parfois de piètre qualité. Il n’est pas toujours très fiable. La souplesse lui fait parfois défaut. Si les gens prennent les arguments en faveur de l’open source au sérieux, ils doivent expliquer pourquoi l’open source n’a pas tenu ses « promesses » et conclure que des outils privateurs seraient un meilleur choix. Il n’y a aucune raison pour que nous fassions de même.

Richard Stallman parle de cela dans son article « Pourquoi l’open source passe à côté du problème que soulève le logiciel libre » lorsqu’il explique  : « L’open source repose sur l’idée qu’en permettant aux utilisateurs de changer et redistribuer le logiciel, celui-ci en sortira plus puissant et plus fiable. Mais cela n’est pas garanti. Les développeurs de logiciels privateurs ne sont pas forcément incompétents. Parfois ils produisent un programme qui est puissant et fiable, même s’il ne respecte pas la liberté de l’utilisateur. »

Pour l’open source, la mauvaise qualité d’un logiciel est un problème à analyser ou une raison de fuir ce logiciel. Pour le libre, c’est un problème à résoudre. Pour les partisans du libre, les bogues et les fonctionnalités manquantes ne sont jamais une raison d’avoir honte. Tout logiciel qui respecte la liberté de ses utilisateurs possède un avantage inhérent sur son concurrent privateur. Même s’il a ses propres problèmes, un logiciel libre a toujours la liberté.

Bien évidemment, tout logiciel libre doit commencer quelque part. Un nouveau programme, par exemple, a peu de chances d’offrir plus de fonctionnalités qu’un programme privateur déjà établi. Un projet commence avec de nombreux bogues et s’améliore avec le temps. Alors que les partisans de l’open source peuvent argumenter qu’un projet deviendra utile avec du temps et un peu de chance, un projet libre représente pour les partisans du logiciel libre une importante contribution, dès le premier jour. Chaque logiciel qui donne aux utilisateurs le contrôle sur leur technologie est un pas en avant. L’amélioration en qualité due à la maturation d’un projet n’est que la cerise sur le gâteau.

Un second point, peut-être plus accablant encore, est que le processus de développement collaboratif, distribué, évalué par les pairs, qui est au cœur de la définition de l’open source, ne ressemble que de loin à la manière dont sont développés en pratique la plupart des projets sous licence libre (ou « open source »).

Plusieurs études universitaires menées sur les sites d’hébergement de logiciels libres SourceForge et Savannah ont démontré ce que beaucoup de développeurs de logiciels libres ayant mis en ligne une base de code savent déjà  : la grande majorité des projets libres ne sont pas particulièrement collaboratifs. Le nombre médian de contributeurs à un projet de logiciel libre sur SourceForge  ? Un. Un développeur solitaire. Les projets de SourceForge du quatre-vingt-quinzième centile en termes de nombre de participants n’ont que cinq contributeurs. Plus de la moitié de ces projets libres, et même la plupart des projets qui ont fait plusieurs versions à succès et ont été téléchargés fréquemment sont l’œuvre d’un seul développeur avec un peu d’aide de l’extérieur.

En insistant sur la puissance du développement collaboratif et de « l’évaluation décentralisée par les pairs », l’approche open source semble ne pas avoir grand chose à dire, dans la majorité des cas, sur les raisons pour lesquelles on devrait contribuer à un projet libre ou se servir d’un logiciel en développement. Puisque les avantages supposés de la collaboration ne peuvent être constatés quand il n’y a pas de collaboration, la grande majorité des projets de développement libres n’ont pas d’avantage technique sur leurs concurrents privateurs.

Pour les partisans du logiciel libre, ces mêmes projets sont tous vus comme des succès importants. Comme chaque logiciel libre respecte la liberté de ses utilisateurs, les partisans du libre peuvent argumenter qu’il possède au départ un avantage éthique intrinsèque sur les concurrents privateurs – même sur ceux qui proposent plus de fonctionnalités. En insistant sur la liberté plutôt que sur les avantages pratiques, la défense du logiciel libre est ancrée dans la réalité technique d’une façon qui manque souvent à l’open source. Quand le logiciel libre est meilleur, nous pouvons nous en réjouir. Quand il ne l’est pas, nous n’avons pas à considérer cela comme une attaque dirigée contre lui ni même comme un argument valable contre l’utilisation du logiciel en question.

Les partisans de l’open source doivent défendre leur thèse selon laquelle le logiciel développé librement devrait, ou devra avec le temps, être meilleur que le logiciel privateur. Les militants du logiciel libre peuvent quant à eux demander  : « Comment peut-on rendre le logiciel libre meilleur  ? » Dans le cadre du libre, les logiciels de haute qualité existent comme un moyen plutôt que comme une fin en soi. Les développeurs de logiciels libres doivent s’efforcer de créer des logiciels fonctionnels, flexibles, qui servent bien leurs utilisateurs. Mais ceci n’est pas le seul moyen de progresser vers la réalisation d’un objectif qui est à la fois plus simple et bien plus important  : respecter et protéger leurs libertés.

Bien sûr, nous ne cherchons pas à nier que la collaboration joue un rôle important dans la création de logiciels de haute qualité. Dans la plupart des projets libres ayant réussi, ce fut d’ailleurs le cas. Il faut comprendre, soutenir et développer la collaboration, plutôt que de considérer dogmatiquement qu’elle va de soi, quand bien même les faits sont là pour montrer le contraire.

Crédit photo  : James Rickwood (Creative Commons By)

Notes

[1] Autre traduction de proprietary  : propriétaire

20 Réponses

  1. dbkblk

    Très bon article sur la philosophie du libre. En revanche, je ne suis pas d’accord avec ce postulat:
    « En insistant sur la liberté plutôt que sur les avantages pratiques, la défense du logiciel libre est ancrée dans la réalité technique d’une façon qui manque souvent à l’open source. »

    Bien au contraire, le logiciel libre insiste sur un avantage fortement théorique. Il part du principe que le logiciel « sera » bien une fois développé.
    En pratique, un logiciel inutilisable est un logiciel inutilisable, peu importe sa volonté ou sa philosophie.
    C’est à mon avis le principal défaut du mouvement libre -que je soutiens- de faire passer des logiciels mal conçus comme des logiciels bien conçus, tout ça parce qu’ils adhèrent au mouvement.

    Essayer donc d’expliquer ça aux entreprises…

  2. Je crois que c’est justement le point de l’article : du point de vue du « Logiciel Libre », un logiciel peut être bon ou mauvais, mais ce n’est pas la question. La question c’est « Qu’est-ce que je peux faire pour l’améliorer ? ». Cela n’implique pas directement que le logiciel libre sera meilleurs dans le futur, seulement que tout un chacun aura la liberté de rendre cela possible.

    Si une entreprise veut utiliser un logiciel libre, mais ne veut pas se soucier d’y contribuer, c’est bien dommage pour elle, mais c’est *son* problème. Qu’elle aille voir ailleurs et utiliser des logiciels sur lesquelles elle n’a pas de liberté.

    Parfois, cela n’arrive pas : des projets libres ne fonctionnent pas, la qualité n’est pas au rendez-vous, etc. Mais cela n’est pas en contradiction avec la recherche de liberté de l’utilisateur – qui reste un avantage très concret.

    Je nuancerais peut-être un propos cependant, c’est cet avantage concret : c’est un avantage pour ceux qui peuvent intervenir. Sans les bonnes compétences, il n’est parfois pas possible d’intervenir.

  3. Cet article est intéressant, car il met en exergue la différence entre open source et logiciel libre, ce qui n’est pas toujours évident à apréhender. Même si à mon sens, la différence de culture et d’approche devraient se distinguer par des noms moins proches, mais bon, on ne refait pas l’histoire.

    Cette problématique de la collaboration, qui ne se met pas en place automatiquement de manière naturelle, me rappelle le concept d’auto-régulation du capitalisme, cette chimère du monde financier. De la même manière, la perfection du code et de fonctionnement collaboratif est une chimère des logiciels libres.

    Cependant, la qualité du développement peut aussi faire défaut chez les logiciels propriétaires (ou privateurs). Certe les développeurs employés dans ces entreprises ne sont pas nuls, mais les priorités qui leur sont données, le système de management des projets, les impératifs commerciaux, peuvent aussi conduire des développeurs à produire des logiciels moins bons qu’ils ne devraient.

    Je ne suis pas sûre qu’axer tout l’intérêt des logiciels libres uniquement sur l’aspect éthique permette d’en favoriser l’adoption.

  4. Tiens tiens !

    C’est marrant ça ! Pas encore de trolls ? qui sont pourtant bien la à se manifester promptement quand on le dit en commentaires !

    Bizarre aussi que le RMS, ne veulent même pas en discuter, ne serait ce que déjà en privé, alors qu’un proche le lui propose ! Parler pour faire un Libre Autrement : http://tinyurl.com/8e9ka7y
    Serait-ce qu’il ne veuille qu’être l’auteur des bonnes paroles ?

    Bizarre aussi que personne ou presque, qui n’en pensent pas moins, ne se bouge vraiment pour commencer a faire autrement quand on le propose ! Propose de faire Autrement pour justement faire des vrai logiciels libres qui fonctionnent bien mîeux même que les proprio qui fonctionnent « bien » !

    Ah mais c’est vrai ! Il faut surtout pas changer les choses ! Il faut que les actuels leaders vieillissants continuent de tenir le devant de la scène ! Même dans le Libre/opensource le naturel, n’est autre que la crise de l’humanité qui n’arrive pas à accéder à l’humanité*, revient très vite au galop

    * Emprunté à : La gigantesque crise planétaire n’est autre que la crise de l’humanité qui n’arrive pas à accéder à l’humanité Edgar MORIN

  5. > Voici un titre étrange pour un blog comme le nôtre.

    Et voilà une remarque bien « surprenante » sur un blog comme le vôtre. En quoi faire preuve d’un tout petit peu d’honnêteté intellectuelle serait-il « étrange » ? Cela fait donc vraiment du bien de lire cette traduction, sur ce blog justement, qui s’est amplement gargarisé avec tout le marketing béat à la sauce « open » (open source, open data, open lessive, etc.) L’impression de relative « étrangeté » découle surtout du fait de constater, une fois de plus, que les termes « éthique » et « liberté » font… peur.

  6. @bonob0h,

    moi pas comprendre toi. Toi vouloir troller pour troller ? Qu’est-ce que toi vouloir changer ? Qu’est-ce que toi reprocher à rms ? Pourquoi toi utiliser raccourcisseur URL sur commentaire blog ? Toi vouloir crypter URL ?

    Il faut critiquer ; mais pour ça, il faut des critiques. Pas juste gueuler dans tous les sens que les gens sont des réactionnaires s’ils ne trollent pas !

    LOL

  7. > Le logiciel libre n’est pas meilleur en pratique mais il est libre en théorie et c’est bien ça le plus important…
    La faille du logiciel libre est bien là , qu’importe la qualité du moment qu’on a liberté. Et si on essayait de s’organiser dans le libre pour avoir la qualité ET la liberté. Mais pour cela il faudrait une vrai volonté d’avancer ensemble et de mettre de coté les comportements égotique que d’une certaine manière le logiciel libre renforce. Je fais ce que je veux parce que le code est libre. N’est ce pas aussi avec des logiciels de qualité que l’on libère l’utilisateur des contraintes de l’informatique ? Firefox par ses qualités nous a libéré d’Internet Explorer, je doute que ce soit la liberté qui l’ai fait (hélas)…

  8. @Philippe : Firefox n’est-il pas justement un bon exemple de logiciel libre, collaboratif et de qualité ? L’origine (pas si) lointaine de ce navigateur n’est-elle pas la libération du code de ce qui aurait pu simplement devenir Netscape 5.0 ? Quant à son succès et son adoption massive, j’ai l’impression que l’éthique de la Fondation Mozilla, ainsi que la possibilité (i.e. la liberté) de bidouiller des extensions aux petits oignons n’y sont pas pour rien… euh, je raconte des âneries, là, ou pas ?

  9. shokin

    Bon article pour différencier « libre » de « open ».

    Au fait, je me demandais : l’article original est sous la licence CC-BY-SA. Donc toute modification devrait être (en vertu du Share Alike, SA), sous cette même licence. Or, elle est sous CC-BY-ND. Je suppose que : soit il y a eu accord avec l’auteur de l’original, soit elle n’est pas considérée comme dérivée de l’article en anglais mentionné au-dessus (alors que c’est bien écrit qu’il s’agit d’une traduction), soit je n’ai pas tout appris sur les licences Creative Commons.

    Je ne cherche pas à jeter la pierre. J’essaie juste de comprendre (pour expliquer) mieux les licences Creative Commons, comment les utiliser. [Tout comme les logiciels libres, les formats ouverts, les polices libres, etc.]

  10. Kalenx

    @bonob0h

    Étant donné que vous ressortez l’intégralité du troll d’un autre article, allant jusqu’à reciter la même phrase d’Edgar Morin, le plus simple est encore de vous diriger vers ma réponse, ça évitera de longues diatribes de ma part :
    http://www.framablog.org/index.php/

    Sinon, je suis allé voir le lien donné. C’est cool, j’ai toujours rêvé de pouvoir voir les photos de chats en 3D. Mais pour le reste, il manque malheureusement un peu de fond et d’analyse. Vous faites exactement ce que vous reprochez à grands cris aux geeks et autres développeurs : vous enfermer dans votre tour d’ivoire et fabuler sur un monde (que vous croyez meilleur). Le meilleur exemple est probablement ce paragraphe, tiré du préambule :

    «  » »
    Il est notamment important et primordial de le rendre plus accessible au commun des mortels afin de les inciter à participer dès le départ aux développements. Ils peuvent apporter leurs compétences et leurs façons de voir l’informatique et une ouverture sur des usages concrets et pourquoi pas innovant. Chose que les développeurs, spécialistes, geeks ne peuvent faire tant ils ont “la tête dans le guidon” et ne voient pas les choses autrement que de leurs neurones de spécialistes.
    «  » »

    À la base, je n’ai rien contre l’idée. Cette idée n’est d’ailleurs pas nouvelle, c’est le principe même des universités (bien que ce principe soit de moins en moins respecté).
    Le problème, c’est que vous ne voyez pas que la complexité de l’informatique lui est intrinsèque, et non pas amenée par de vils geeks.

    Voilà plusieurs années que je travaille dans des projets multidisciplinaires (avec des médecins, chimistes, physiciens, géologistes, même juristes), et le fait est que quel que soit le projet, il faut toujours des « neurones de spécialistes » pour décoder les besoins et demandes des autres domaines. Remarquez, ce n’est pas propre à l’informatique : les chercheurs des autres domaines doivent aussi s’adapter à nous, à notre mode de pensée, aux limitations de nos outils, etc.

    Ce que vous dites revient à aller dire aux chimistes qu’ils sont des idiots et que ça serait bien plus productif s’ils arrêtaient de se mettre la tête dans le guidon et simplifiaient leurs outils et théories pour laisser les économistes, curés et autres plombiers les aider à trouver des solutions.
    Ça serait génial, mais ça ne sera pas.

    De la même manière, c’est intéressant un viewer 3D polyglotte de bibliothèque hypermédia. Mais ça ne rendra pas la programmation simple à comprendre, et ne fera pas de chaque individu sur la planète un développeur de L.L.

    Ceci étant dit, je ne suis certainement pas celui qui va dénier à quiconque le droit d’essayer de nouvelles avenues. Je serai par contre toujours là pour défendre la philosophie actuelle du libre, certes non parfaite, mais qui, dans une certaine mesure, a fait ses preuves.

  11. @osef : Personne ne raconte d’âneries il me semble… Je ne crois pas que ce soit l’éthique de la fondation Mozilla ou la possibilité de bidouiller des extensions qui ait fait télécharger Firefox a des millions de personnes.
    Certes sans ces deux points vous me direz que Firefox n’aurait pas eu toutes ces extensions qui ont fait son succès et donc donné envie à des millions de gens de le télécharger. Mais est-ce l’éthique et la liberté ou juste une bonne idée qui aurait pu germer ailleurs et qui par chance s’est retrouvée chez Mozilla, qui a fait de Firefox un logiciel de qualité ? L’éthique ne fait pas la qualité, c’est juste mon opinion personnelle.
    Nombre de logiciels fermés disposent d’API permettant de développer des extensions… Twitter par exemple bien que ce soit un service a connu un succès important au travers de son API et de la possibilité d’étendre les fonctionnalités du service. Je ne crois pas que l’éthique de Twitter ait permis ou fait son succès auprès des utilisateurs…
    N’allez pas me faire dire ce que je n’ai pas écrit non plus. Je ne dis pas qu’il faut écrire des services ou logiciels privateurs. Personnellement, je pense que l’éthique n’est que la cerise sur le gâteau que découvrira l’utilisateur un jour peut-être.

    @Kalenx : Je relève juste un point quand vous dites : « Ce que vous dites revient à aller dire aux chimistes qu’ils sont des idiots et que ça serait bien plus productif s’ils arrêtaient de se mettre la tête dans le guidon et simplifiaient leurs outils ». Un peu plus loin dans le même texte mis en lien par Bonob0h il est écrit :
    « L’un des objectifs est de faire en sorte que la complexité soit dans le code pour mieux répondre aux besoins de simplicitéS d’utilisation. » Donc non il n’est pas préconisé la lobotomisation des spécialistes, bien au contraire, on leur en demande encore plus dans l’intérêt des utilisateurs :-) .

  12. @ Philippe … et oui ! Au nom de la liberté certains, et même nombreux libristes avec leurs comportements de vouloir imposer le Libre, même si les applications sont de la merde et qu’il faut être ingénieur ou devoir passer 100 heures de formation la ou un bon logiciel ne nécessitera qu’une heure est l’un des plus grand frein. Mais c’est loin d’être le seul !

    Pire ils sont aussi les freins à ceux qui veulent faire autrement* !
    Que ce soit en trollant, ou pour les leaders comme RMS, de ne même pas vouloir écouter et « voir » ce qui est proposé* ! Ce comportant ainsi comme ceux qu’ils dénoncent comme par exemple en faisant la sourde oreille : http://philippe.scoffoni.net/edito-

    Dans ce même registre se pose aussi le problème de ceux moins virulents, voir très modérés, qui quand on leur propose de faire autrement, de tout le temps trouver excuses de manque de temps ou autre pour ne pas participer ne serait-ce qu’un peux !

    Bref ! Pendant ce temps tout le monde en parle, sans jamais agir et laissant le champs d’autant plus libre à ce qu’ils dénoncent ! Le Privateur !

    Alors au lieu de ci et la tralala ! Il serait temps que ça change !

    * Proposition faite récemment par un très proche qui l’invitait y compris à une fiesta en France, et qu’il a refuser la rencontre sur le thème annoncé !
    ** En passant déjà par ici
    http://www.mezalab.org
    et, pour celles et ceux qui ne verraient pas que le premier est un chemin de traverse lié a l’avenir du net et de l’informatique/numérique permettant d’intéresser autrement les utilisateurs, et bien d’autres atouts, en passant par la
    http://philippe.scoffoni.net/x-repe
    ou plus récemment ici
    https://docs.google.com/document/pu

  13. @shokin : Bien vu… maintenant nous savons que le résultat d’un travail « collaboratif et de qualité » n’est pas toujours libre ! Plus sérieusement, dans le genre fermeture, la clause ND me semble bien pire que la clause NC, qu’il est très tendance de décrier (ici-même ou tout récemment encore, sur le blog d’un libriste proche du NPA).

    @Philippe : Calmons-nous, calmons-nous… loin de moi l’intention de vous « faire dire ce que [vous n’avez] pas écrit » ! Et si j’ai employé le terme « âneries » c’est peut-être que j’avais conscience des faiblesses de mon argumentation (ceci dit, je n’ai pas la moindre idée de ce qu’il est possible de faire avec/pour Internet Explorer).

  14. @osef : je suis calme et je ne m’adressais pas à vous en particulier mais à la foule comme on dit sur le Net :-) J’aurais du ajouter @all au changement de paragraphe. Ah la communication sur le web est bien difficile…

  15. Les projets libres ne seraient pas colaboratifs : 
    Oui les dévelopeurs se sentent seul. Oui ils répondent souvent seuls aux solicitations.
    Beaucoup centralisent les informations, corrections, bouts de codes, images, gif, et traductions qui leurs arrivent de droite de gauche.
    Mais une sollicitation est une forme de collaboration qui hélas est rarement documenté.
    Un jour pour le compte d’un CMS libre j’ai parcourus les sources du logiciels et toutes les info du forum pour compter et citer tous ceux qui on collaboré de près ou de loin.
    je suis arrivée à plus de 100 personnes qui ont été cités sur une page, tel un généric de film.
    Je reste persuadé qu’il en est de même pour tout logiciel libre. Mais que de citer les sources et de les nommer est un travail harassant. (je le sais car je l’ai fait…) Et encore plus harassant à tenir à jour…
    Je pense que les dév se sentirait moins seuls s’il s’astreignaient à tenir la liste des contributeurs à jours.

    cordialement

    Hub56

  16. Ca, c’est pas nouveau. Et la mauvaise foi qui vous pousse à faire comme si c’était rare me fait hurler de rire. Suffit de regarder Gimp, Inkscape, les jeux… Bref, tout ce qui concerne 99% des gens, en fait.
    Ah si, y’a bien un logiciel libre qui est bon, VLC. Mais c’est vraiment le seul, tout le reste est relativement pourri, codé avec les pieds par des étudiants carrément à la ramasse et pas doués.

  17. Kalenx

    @Remi

    Ah non, VLC c’est carrément pourri. Ça a été codé avec les pieds par des étudiants (français en plus, vous imaginez!), et croyez moi, la version 0.4.6 était horrible. Si seulement ça avait été libre, des gens auraient pu aider les développeurs à améliorer le logiciel, et en faire un logiciel mondialement connu et utilisé par des dizaines de millions de personnes… ah zut, attendez en fait…

  18. shokin

    Sur Linux Mint Maya 13, que j’ai récemment installé, VLC (installé d’office) ne sort pas toujours le son. J’utilise alors Kaffeine (aussi installé d’office).

  19. @Remi,

    je sais que ce n’est que du troll, mais ce que tu dis est à gerber. C’est de l’insulte pure et simple. C’est débile, inutile.

    Les premiers utilisateurs de LL sont leurs auteurs et c’est très heureux parce que personne n’a envie de donner quoique ce soit à des gens comme toi.

    Je te pisse à la raie.

  20. Pour parler de Mozilla Firefox comme exemple de succès de logiciel libre collaboratif, il faudrait aussi se rappeler qu’il est né d’une problématique : il fallait pour plusieurs fournisseurs de stations de travail sous différents Unix pouvoir continuer à proposer un navigateur Internet multi-plateforme. Et Netscape était déjà le seul à l’époque. Libérer son code et créer la fondation Mozilla a permis à IBM, SGI, Sun, HP, neXt (matos sur lequel a été conçu le web) etc… de continuer à proposer un navigateur à jour dans leurs environnements respectif (AiX, iriX, Solaris, HPUX, …). Unix était particulièrement prisé dans les années 90 et début 2000 dans les grands centres de recherches publics et privés (CERN, EADS, constructeurs automobiles pour la CAO, etc…), qui ont été les premiers à utiliser le web.

    Firefox n’a réellement été adopté par le grand public sous Windows que quand IE6 est devenu vieillissant et parce que Microsoft n’a pas pensé ce sujet comme stratégique. Si jamais Windows avait eu un navigateur moderne à ce moment là, Firefox n’en serait pas là aujourd’hui. Et il resterait certainement confidentiel au monde Linux / Unix.

    Pour moi, Firefox, c’est surtout l’exemple réussi d’un nouveau modèle économique : un projet cofinancé par des grands groupes sous la forme d’une fondation, pour concurrencer légalement Microsoft et son hégémonie grandissante. Faut pas se leurrer, si IBM ou Sun on contribué à Mozilla, c’est pas uniquement pour le déduire de leurs impôts mais bien pour satisfaire les besoins de leurs clients. C’est donc plutôt un bon exemple d’Open Source que de Logiciel Libre.

    La clé, finalement, c’est l’innovation et les fonctionnalités. La plupart des utilisateurs se foutent du côté privateur tant que ça marche. Si on veut que le libre soit l’avenir, il faut penser fonctionnalités, pas liberté. Et en ce sens, l’Open Source tel qu’il est décrit dans cet article est peut-être la clé intermédiaire entre privateur et libre. Et donc pas si négatif que ça.

    Pourquoi Keynote est meilleur que Powerpoint et Impress? Parce qu’il est efficace et productif. Pourquoi Powerpoint est le plus utilisé? Parce qu’il est vendu avec Excel, qui est le seul vrai logiciel incontournable de Microsoft. Pourquoi Impress c’est nul pour plein de gens? Pour choisir une couleur, il faut déjà apprendre les fonctionnalités avancées…