Khrys’presso du lundi 12 décembre 2022

Temps de lecture 33 min

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Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière.


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Brave New World

Spécial femmes dans le monde

Spécial France

Spécial femmes en France

Spécial Annie Ernaux et le prix Nobel de Littérature

  • Prix Nobel : Écrire pour “Venger ma race et venger mon sexe”, le discours poignant d’Annie Ernaux (telerama.fr)

    Aucun choix d’écriture ne va de soi. Mais ceux qui, immigrés, ne parlent plus la langue de leurs parents, et ceux qui, transfuges de classe sociale, n’ont plus tout à fait la même, se pensent et s’expriment avec d’autres mots, tous sont mis devant des obstacles supplémentaires. […] j’ai adopté, à partir de mon quatrième livre, une écriture neutre, objective, “plate” en ce sens qu’elle ne comportait ni métaphores, ni signes d’émotion. La violence n’était plus exhibée, elle venait des faits eux-mêmes et non de l’écriture. Trouver les mots qui contiennent à la fois la réalité et la sensation procurée par la réalité allait devenir, jusqu’à aujourd’hui, mon souci constant en écrivant, quel que soit l’objet. […] C’est ainsi que j’ai conçu mon engagement dans l’écriture, lequel ne consiste pas à écrire “pour” une catégorie de lecteurs, mais “depuis” mon expérience de femme et d’immigrée de l’intérieur, depuis ma mémoire désormais de plus en plus longue des années traversées, depuis le présent, sans cesse pourvoyeur d’images et de paroles des autres. Cet engagement comme mise en gage de moi-même dans l’écriture est soutenu par la croyance, devenue certitude, qu’un livre peut contribuer à changer la vie personnelle, à briser la solitude des choses subies et enfouies, à se penser différemment. Quand l’indicible vient au jour, c’est politique.

  • Annie Ernaux : un engagement qui dérange (en-attendant-nadeau.fr)

    Le 10 décembre prochain, Annie Ernaux recevra le prix Nobel de littérature et prononcera à cette occasion son discours de réception. Mais d’ores et déjà, la première écrivaine française récompensée est la cible d’attaques injustifiées concernant ses engagements politiques, qu’il est urgent de dénoncer mais dont il faut aussi comprendre la signification plus profonde.

  • « Le prix Nobel de littérature est devenu le prix Nobel de l’idéologie », estime Alain Finkielkraut (lefigaro.fr)
  • Ernaux à Stockholm, Houellebecq, Finkielkraut et Bruckner en PLS (radiofrance.fr)

Spécial médias et pouvoir

Spécial emmerdeurs irresponsables gérant comme des pieds (et à la néolibérale)

Spécial recul des droits et libertés, violences policières, montée de l’extrême-droite…

Spécial résistances

Soutenir

Spécial GAFAM et cie

Les autres lectures de la semaine

  • La neutralité du Net face à l’évolution des réseaux (interstices.info)
  • Internet sera-t-il quantique ? (theconversation.com)
  • Antonio Casilli : « De sujets coloniaux à des “data subjects” » (humanite.fr)
  • Si c’est cher, c’est (aussi) vous le produit (zdnet.fr)

    La gratuité n’a plus l’apanage de la captation de données. Et si les robots ménagers peuvent nous faciliter la vie, ils ne sont pas forcément sans risque pour notre vie privée.

  • L’intelligence artificielle, une précarisation de l’emploi plus qu’une destruction (liberation.fr)
  • From Mars to metaverse : How Elon Musk is building a sci-fi world (economictimes.indiatimes.com – article de 2021)

    The metaverse is at once an illustration of and a distraction from a broader and more troubling turn in the history of capitalism. The world’s techno-billionaires are forging a new kind of capitalism : Muskism. […] Much of Muskism is descended from the technocracy movement that flourished in North America in the 1930s and that had as a leader Mr. Musk’s grandfather Joshua N. Haldeman, an ardent anti-communist. Like Muskism, technocracy took its inspiration from science fiction and rested on the conviction that technology and engineering can solve all political, social and economic problems.

  • Imprinting the economy : The structural power of venture capital (journals.sagepub.com)

    To link the digital economy to its financiers, I propose the term imprinting, which is based on an—as I argue, so far underexploited—aspect of structural power, namely the power to structure. Imprinting describes how based on their role as capital’s gatekeepers, financial actors shape businesses according to their logic, manifesting in, amongst others, the business model, valuation, organization, or choice of technology of a company.

  • Trains (grisebouille.net)

    On n’a pas besoin d’un nouveau réseau RER : on a besoin d’un financement conséquent pour rénover l’existant et augmenter la cadence et la capacité des trains. […] en pratique, un train, ça devrait jamais être complet. Ça devrait être plein à 95 % dans les cas extrêmes, et à moitié vide en général. Oui, c’est pas optimal. Ça devrait pas l’être. Comme les lits dans les hôpitaux, quelque part : l’optimisation, elle se fait toujours au détriment des gens. […] Est-ce que les cadres de la SNCF sont au courant qu’on s’en bat les reins de leur segmentation de l’offre et de leurs différentes marques de mes deux ? Je sais, ça prépare l’ouverture à la concurrence, tout ça. Dont on se tape aussi, en fait. Qui est-ce que ça fait rêver, à part les trois excités du marché libre qui continuent de mouiller leurs slips en sabordant nos services publics pour un dogme qui n’a jamais marché ?

  • Mines de lithium : faut-il préserver la France et continuer à détruire le Chili ou la Bolivie ? (basta.media)
  • On ne va pas y aller avec des fleurs – Violence politique : des femmes témoignent (lundi.am)

    Dans un système qui exploite et qui détruit, c’est normal d’être combattant. Contre la destruction, il faut se battre.

  • Dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986, la mort de Malik Oussekine et d’Abdel Benyahia (contre-attaque.net)

    C’était il y a 36 ans, dans la nuit du 5 au 6 décembre 1986. Malik Oussekine, jeune étudiant parisien âgé de 22 ans, est froidement assassiné par trois voltigeurs, des policiers à moto, matraqué jusqu’à la mort dans l’ombre d’un hall d’immeuble. Le même jour, Abdel Benyahia est lui aussi victime du tir mortel d’un policier hors service.

Les BDs/graphiques/photos de la semaine

Les vidéos/podcasts de la semaine

Les trucs chouettes de la semaine


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