D’autres technologies pour répondre à l’urgence de la personne ?

« Ce dont nous avons besoin, c’est le contraire de la Big Tech. Nous avons besoin de Small Tech – des outils de tous les jours conçus pour augmenter le bien-être humain, et non les profits des entreprises. »

Ce n’est pas une théorie complotiste : le profilage et la vente de données privées font, depuis des années, partie intégrante du modèle économique de la plupart des entreprises du numérique. Dans cet article traduit par Framalang, Aral Balkan (auquel nous faisons régulièrement écho) suggère qu’il est urgent de s’éloigner de ce modèle qui repose sur les résultats financiers pour gagner en indépendance et explique pourquoi c’est important pour chacun d’entre nous.

 

Article original : In 2020 and beyond, the battle to save personhood and democracy requires a radical overhaul of mainstream technology

Traduction Framalang : FranBAG, goofy, wisi_eu, gangsoleil, Khrys – Mise en forme :

En 2020 et au-delà, la bataille pour sauver l’identité individuelle et la démocratie exigera une révision radicale des technologies dominantes

par Aral Balkan

Un jeune garçon pilotant un canot sur un lac, durant les grands incendies australiens. Crédit photo: Allison Marion.

 

Alors que nous entrons dans une nouvelle décennie, l’humanité est confrontée à plusieurs urgences existentielles :

  1. L’urgence climatique1
  2. L’urgence démocratique
  3. L’urgence de la personne

Grâce à Greta Thunberg, nous parlons sans aucun doute de la première. La question de savoir si nous allons vraiment faire quelque chose à ce sujet, bien sûr, fait l’objet d’un débat.2

De même, grâce à la montée de l’extrême droite dans le monde entier sous la forme de (entre autres) Trump aux États-Unis, Johnson au Royaume-Uni, Bolsonaro au Brésil, Orban en Hongrie et Erdoğan en Turquie, nous parlons également de la seconde, y compris du rôle de la propagande (ou « infox ») et des médias sociaux dans sa propagation.

Celle sur laquelle nous sommes les plus désemparé·e·s et partagé·e·s, c’est la troisième, même si toutes les autres en découlent et en sont les symptômes. C’est l’urgence sans nom. Enfin, jusqu’à présent.

L’urgence de la personne

On ne peut pas comprendre « l’urgence de la personne » sans comprendre le rôle que la technologie de réseau et numérique grand public joue dans sa perpétuation.

Votre télé ne vous regardait pas, YouTube si.

La technologie traditionnelle – non numérique, pas en réseau – était un moyen de diffusion à sens unique. C’est la seule chose qu’un livre imprimé sur la presse Gutenberg et votre téléviseur analogique avaient en commun.

Autrefois, quand vous lisiez un journal, le journal ne vous lisait pas aussi. Lorsque vous regardiez la télévision, votre téléviseur ne vous regardait pas aussi (à moins que vous n’ayez spécifiquement permis à une société de mesure d’audience, comme Nielsen, d’attacher un audimètre à votre téléviseur).

Aujourd’hui, lorsque vous lisez le journal The Guardian en ligne, The Guardian – et plus de deux douzaines d’autres parties tierces, y compris la Nielsen susmentionnée – vous lit également. Quand vous regardez YouTube, YouTube vous regarde aussi.

Il ne s’agit pas d’une théorie de la conspiration farfelue, mais simplement du modèle d’affaires de la technologie actuelle. J’appelle ce modèle d’affaires « l’élevage d’êtres humains ». C’est une partie du système socio-économique, dont nous faisons partie, que Shoshana Zuboff appelle le capitalisme de surveillance.3

Et pis encore : Alphabet Inc, qui possède Google et YouTube, ne se contente pas de vous observer lorsque vous utilisez un de leurs services, mais vous suit également sur le Web lorsque vous allez de site en site. À lui seul, Google a les yeux sur 70 à 80 % du Web.
Mais ils ne s’arrêtent pas là non plus. Les exploitants d’êtres humains achètent également des données auprès de courtiers en données, partagent ces données avec d’autres exploitants et savent même quand vous utilisez votre carte de crédit dans les magasins ayant pignon sur rue. Et ils combinent toutes ces informations pour créer des profils de vous-même, constamment analysés, mis à jour et améliorés.

Nous pouvons considérer ces profils comme des simulations de nous-mêmes. Ils contiennent des aspects de nous-mêmes. Ils peuvent être (et sont) utilisés comme des approximations de nous-mêmes. Ils contiennent des informations extrêmement sensibles et intimes sur nous. Mais nous ne les possédons pas, ce sont les exploitants qui les possèdent.

Il n’est pas exagéré de dire qu’au sein de ce système, nous ne sommes pas en pleine possession de nous-mêmes. Dans un tel système, où même nos pensées risquent d’être lues par des entreprises, notre identité et le concept même d’autodétermination sont mis en danger.

Nous sommes sur le point de régresser du statut d’être humain à celui de propriété, piratés par une porte dérobée numérique et en réseau, dont nous continuons à nier l’existence à nos risques et périls. Les conditions préalables à une société libre sont soumises à notre compréhension de cette réalité fondamentale.
Si nous nous prolongeons en utilisant la technologie, nous devons étendre le champ d’application légal des droits de l’homme pour inclure ce « Moi » prolongé.

Si nous ne pouvons définir correctement les limites d’une personne, comment pouvons-nous espérer protéger les personnes ou l’identité d’une personne à l’ère des réseaux numériques ?

Aujourd’hui, nous sommes des êtres fragmentés. Les limites de notre être ne s’arrêtent pas à nos frontières biologiques. Certains aspects de notre être vivent sur des morceaux de silicium qui peuvent se trouver à des milliers de kilomètres de nous.

Il est impératif que nous reconnaissions que les limites du moi à l’ère des réseaux numériques ont transcendé les limites biologiques de nos corps physiques et que cette nouvelle limite – le « Moi » prolongé ; la totalité fragmentée du moi – constitue notre nouvelle peau numérique et que son intégrité doit être protégée par les droits de l’homme.

Si nous ne faisons pas cela, nous sommes condamné·e·s à nous agiter à la surface du problème, en apportant ce qui n’est rien d’autre que des changements cosmétiques à un système qui évolue rapidement vers un nouveau type d’esclavage.

C’est l’urgence de la personne.

Un remaniement radical de la technologie grand public

Si nous voulons nous attaquer à l’urgence de la personne, il ne faudra rien de moins qu’un remaniement radical des technologies grand public.

Nous devons d’abord comprendre que si réglementer les exploitants d’humains et les capitalistes de la surveillance est important pour réduire leurs préjudices, cette réglementation constitue une lutte difficile contre la corruption institutionnelle et n’entraînera pas, par elle-même, l’émergence miraculeuse d’une infrastructure technologique radicalement différente. Et cette dernière est la seule chose qui puisse s’attaquer à l’urgence de l’identité humaine.

Imaginez un monde différent.

Faites-moi le plaisir d’imaginer ceci une seconde : disons que votre nom est Jane Smith et que je veux vous parler. Je vais sur jane.smith.net.eu et je demande à vous suivre. Qui suis-je ? Je suis aral.balkan.net.eu. Vous me permettez de vous suivre et nous commençons à discuter… en privé.

Imaginez encore que nous puissions créer des groupes – peut-être pour l’école où vont nos enfants ou pour notre quartier. Dans un tel système, nous possédons et contrôlons tou·te·s notre propre espace sur Internet. Nous pouvons faire toutes les choses que vous pouvez faire sur Facebook aujourd’hui, tout aussi facilement, mais sans Facebook au milieu pour nous surveiller et nous exploiter.

Ce dont nous avons besoin, c’est d’un système en pair à pair qui établisse une passerelle avec le réseau mondial existant.

Ce dont nous avons besoin, c’est le contraire de la « Big Tech » (industrie des technologies). Nous avons besoin de « Small Tech » (technologie à petite échelle) – des outils de tous les jours pour les gens ordinaires, conçus pour augmenter le bien-être humain, et non les profits des entreprises.

Étapes concrètes

À la Small Technology Foundation, Laura et moi avons déjà commencé à construire certains des éléments fondamentaux d’un pont possible entre le capitalisme de surveillance et un avenir radicalement démocratique, entre pairs. Et nous continuerons à travailler sur les autres composantes cette année et au-delà. Mais il y a des mesures pratiques que nous pouvons tou·te·s prendre pour aider à faire avancer les choses dans cette direction.

Voici quelques suggestions pratiques pour différents groupes :

Les gens ordinaires

1. Ne vous culpabilisez pas, vous êtes les victimes. Quand 99,99999 % de tous les investissements technologiques vont aux « exploitants d’humains », ne laissez personne vous dire que vous devriez vous sentir mal d’avoir été obligé·e·s d’utiliser leurs services par manque d’alternatives.

2. Cela dit, il existe des alternatives. Cherchez-les. Utilisez-les. Soutenez les gens qui les fabriquent.

3. Prenez conscience que ce problème existe. Appelez des responsables et défendez ceux qui le font. À tout le moins, n’écartez pas les préoccupations et les efforts de ceux et celles d’entre nous qui tentent de faire quelque chose à ce sujet.

Les développeurs

1. Cessez d’intégrer les dispositifs de surveillance d’entreprises comme Google et Facebook dans vos sites Web et vos applications. Cessez d’exposer les gens qui utilisent vos services au capitalisme de surveillance.

2. Commencez à rechercher d’autres moyens de financer et de construire des technologies qui ne suivent pas le modèle toxique de la Silicon Valley.

3. Laissez tomber la « croissance » comme mesure de votre succès. Construisez des outils que les individus possèdent et contrôlent, et non votre entreprise ou organisation. Créez des applications Web pour utilisateur unique (dont chaque personne sera l’unique propriétaire). Soutenez des plateformes libres (comme dans liberté) et décentralisées (sans nager dans les eaux troubles de la blockchain).

L’Union Européenne

1. Cessez d’investir dans les start-ups et d’agir comme un Département de recherche et développement officieux de la Silicon Valley et investissez plutôt dans les « stayups » (entreprises durables, PME ou micro-entreprises matures).

2. Créez un domaine de premier niveau (DPN) non commercial ouvert à tous, où chacun peut enregistrer un nom de domaine (avec un certificat Let’s Encrypt automatique) pour un coût nul avec un seul « appel API ».

3. Appuyez-vous sur l’étape précédente pour offrir à chaque citoyen·ne de l’Union Européenne, payé par l’argent du contribuable européen, un serveur privé virtuel de base, doté de ressources de base pour héberger un nœud actif 24h/24 dans un système pair-à-pair qui le détacherait des Google et des Facebook du monde entier et créerait de nouvelles possibilités pour les gens de communiquer en privé ainsi que d’exprimer leur volonté politique de manière décentralisée.

Et, généralement, il est alors temps pour chacun·e d’entre nous de choisir un camp.

Le camp que vous choisissez décidera si nous vivons en tant que personnes ou en tant que produits. Le côté que vous choisissez décidera si nous vivons dans une démocratie ou sous le capitalisme.

Démocratie ou capitalisme ? Choisissez.

Si, comme moi, vous avez grandi dans les années 80, vous avez probablement accepté sans réfléchir la maxime néolibérale selon laquelle la démocratie et le capitalisme vont de pair. C’est l’un des plus grands mensonges jamais propagés. La démocratie et le capitalisme sont diamétralement opposés.

Vous ne pouvez pas avoir une démocratie fonctionnelle et des milliardaires et des intérêts corporatifs de billions de dollars et la machinerie de désinformation et d’exploitation des Big Tech de la Silicon Valley. Ce que nous voyons, c’est le choc du capitalisme et de la démocratie, et le capitalisme est en train de gagner.

Avons-nous déjà passé ce tournant ? Je ne sais pas. Peut-être. Mais on ne peut pas penser comme ça.

Personnellement, je vais continuer à travailler pour apporter des changements là où je pense pouvoir être efficace : en créant une infrastructure technologique alternative pour soutenir les libertés individuelles et la démocratie.

L’humanité a déjà mis en place l’infrastructure du techno-fascisme. Nous avons déjà créé (et nous sommes toujours en train de créer) des éléments panoptiques. Tout ce que les fascistes ont à faire, c’est d’emménager et de prendre les commandes. Et ils le feront démocratiquement, avant de détruire la démocratie, tout comme Hitler l’a fait.

Et si vous pensez que «les années 30 et 40 c’était quelque chose», rappelez-vous que les outils les plus avancés pour amplifier les idéologies destructrices de l’époque étaient moins puissants que les ordinateurs que vous avez dans vos poches aujourd’hui. Aujourd’hui, nous avons le « Machine Learning » (Apprentissage machine) et sommes sur le point de débloquer l’informatique quantique.

Nous devons nous assurer que les années 2030 ne reproduisent pas les années 1930. Car nos systèmes centralisés avancés de saisie, de classification et de prévision des données, plus une centaine d’années d’augmentation exponentielle de la puissance de traitement (notez que je n’utilise pas le mot « progrès »), signifient que les années 2030 seront exponentiellement pires.

Qui que vous soyez, où que vous soyez, nous avons un ennemi commun : l’Internationale nationaliste. Les problèmes de notre temps dépassent les frontières nationales. Les solutions le doivent également. Les systèmes que nous construisons doivent être à la fois locaux et mondiaux. Le réseau que nous devons construire est un réseau de solidarité.

Nous avons créé le présent. Nous allons créer le futur. Travaillons ensemble pour faire en sorte que cet avenir soit celui dans lequel nous voulons vivre nous-mêmes.


Discours d’Aral Balkan au Parlement européen, fin 2019, lors de la rencontre sur l’avenir de la réglementation de l’Internet.  Merci à la Quadrature du Net et à sa chaîne PeerTube.

 





Mastodon, un an après le défi

Aujourd’hui 19 février nous célébrons un anniversaire symbolique : voici exactement un an qu’un certain Eugen Roschko a répondu publiquement à Mark Zuckerberg et mentionné le réseau social Mastodon qu’il avait créé quelques mois auparavant.

Cette lettre ouverte mérite d’être relue : Eugen y réfute les prétentions de Facebook à donner du pouvoir à la communauté, explique à quel point Facebook est par essence incapable de le faire et surtout propose une voie qui restitue aux utilisateurs leur maîtrise : la fédération, telle que mise en œuvre avec Mastodon.

Ce qui nous a séduits dans ce message, ce n’est pas seulement l’audace tranquille du jeune homme, le côté David contre Goliath, c’est aussi qu’il y mettait sur la table avec son interpellation du magnat Zuckerberg un logiciel fonctionnel. Eugen Roschko avait créé quelque chose qui démontrait qu’une autre voie est possible, y compris pour les réseaux sociaux.

Peu importe ensuite si le succès a été au rendez-vous. Certes, le cap du million d’utilisateurs inscrits a été franchi en décembre dernier, mais on est évidemment assez loin des milliards d’usagers captifs de Facebook et Twitter. L’important c’est plutôt que la multiplication des instances a été phénoménale, depuis celles qui appliquent une modération et des conditions d’utilisations strictes dans l’objectif de constituer des safe spaces, jusqu’aux instances victimes de leur succès et dont il a fallu limiter les inscriptions, en passant par notre modeste et convivial Framapiaf

Si vous découvrez tout cela et hésitez encore, rendez-vous sur cette excellente page informative qui vous aidera à choisir quelle instance pourrait vous convenir le mieux (mais rien ne vous interdira de changer d’instance ensuite à votre gré).

À relire aujourd’hui le message d’Eugen on mesure mieux qu’il s’inscrit dans un courant plus large et désormais toujours croissant de prise de conscience et de remise en question des Léviathans du Web. Une prise de conscience qui passe par la mise à disposition du public d’alternatives crédibles et respectueuses, une remise en cause qui passe par le refus de l’inféodation des utilisateurs, de l’arbitraire centralisateur et de l’espionnage étatique dans notre vie privée en ligne.

 

 

Le pouvoir de bâtir des communautés, une réponse à Mark Zuckerberg

par Eugen Roschko

parution originale le 19 février 2017 sur le site de Hackernooon.

Traduction Framalang : goofy, mo, audionuma, Bromind,moutmout

un des avatars d’Eugen Roschko alias Gargron

Le manifeste de Mark Zuckerberg est peut-être animé de bonnes intentions, mais comporte une chose fondamentalement fausse :

« Dans des moments comme ceux-ci, la chose la plus importante que nous puissions faire chez Facebook est de développer l’infrastructure du réseau social pour donner aux gens la possibilité de bâtir une communauté mondiale qui fonctionne pour nous tous. »

 

Facebook n’est pas et ne pourra jamais être une plateforme où les gens ont le pouvoir de construire quoi que ce soit. Facebook ne peut même pas  prétendre être un organisme à but non lucratif comme le sont Wikipédia ou Mozilla ; l’objectif principal de l’entreprise ne fait aucun doute : tirer profit de vous le plus possible en analysant vos données et en vous montrant des annonces publicitaires contre l’argent de l’annonceur. Un avenir où Facebook est l’infrastructure sociale mondiale, c’est un avenir sans aucun refuge contre la publicité et l’analyse des données.

Facebook ne peut tout simplement pas donner à quiconque le pouvoir de faire quoi que ce soit, parce que ce pouvoir résidera toujours, en fin de compte, dans Facebook lui-même, qui contrôle à la fois le logiciel, les serveurs et les politiques de modération.

Non, l’avenir des médias sociaux doit passer par la fédération. Le pouvoir ultime consiste à donner aux gens la capacité de créer leurs propres espaces, leurs propres communautés, de modifier le logiciel comme ils le jugent bon, mais sans sacrifier la capacité des personnes de différentes communautés à interagir les unes avec les autres. Bien sûr, tous les utilisateurs finaux n’ont pas forcément envie de gérer leur propre petit réseau social, de même que tous les citoyens ne sont pas tous intéressés par la gouvernance de leur propre petit pays. Mais je pense qu’il y a une bonne raison pour laquelle de nombreux pays se composent d’États séparés mais compatibles, et pour laquelle de nombreux pays distincts mais compatibles forment des alliances comme l’Union européenne ou l’OTAN. Un mélange entre souveraineté et union. Fédération.

Internet a connu beaucoup de hauts et de  bas du côté des réseaux sociaux. MySpace. Friendfeed. Google++. App. net. Et absolument à chaque fois différentes expériences utilisateurs, de nouveaux comptes, la nécessité de convaincre vos amis de changer, ou d’avoir plusieurs comptes pour parler à tous. Pensez-vous que ce cycle s’arrêtera avec Facebook ? Les dynamiques communautaires garantissent dans une certaine mesure un cycle ascendant et descendant, mais nous pourrions arrêter de rebondir d’un site à l’autre et nous en tenir à un protocole standardisé. Le courriel n’est peut-être pas sexy, car il a été créé à une époque où les choses étaient plus simples, mais on ne peut pas s’empêcher de trouver génial qu’il fonctionne toujours, quel que soit le fournisseur qu’on choisit.

Voulez-vous vraiment que le site web, qui affiche les photos de vos amis avec la légende « vous allez leur manquer » quand vous essayez de supprimer votre compte, soit aux commandes d’une communauté mondiale ?

Je crois qu’avec Mastodon, j’ai créé un logiciel qui est vraiment une alternative crédible à Twitter. C’est un serveur de microblogging fédéré dans le prolongement de GNU Social, mais qui contrairement à GNU Social est capable de plaire aux gens qui n’ont jamais marqué un intérêt particulier pour le logiciel en lui-même. Autrement dit, il est utilisable par des personnes non techniques. Je ne sais pas si le travail que je fais est assez bon pour servir l’avenir de l’humanité, mais je pense que c’est au moins un pas sérieux dans la bonne direction.

Eugen Rochko,
Développeur de Mastodon, administrateur de mastodon.social, l’instance d’exemple

 

 

 

Edit 19/02/2018 : Suite à la demande de mastonautes, nous avons modifié la locution désignant les instances safe spaces dans notre introduction. En effet, en les décrivant comme « fermées comme des huîtres » notre intention était de faire un mot d’humour, et certainement pas de dénigrer l’utilité de ces instances en particulier et des safes spaces en général. Clairement, cette tournure de phrase a totalement trahi nos intentions (un bug), donc merci aux mastonautes qui nous l’ont signalé (bug report) et à celleux qui ont suggéré une façon de le dire plus proche de ce que nous pensons (bug fix). La diversité est une force du Libre et des réseaux fédérés, tout comme le dialogue, le droit à l’expérimentation et à l’erreur ;).