La suite de Blade Runner sous licence libre ? C’est presque vrai !

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Psd - CC byLa photo ci-contre s’intitule « Room With a Blade Runner View »[1]. Si ce titre fait une référence directe au célèbre film de science-fiction Blade Runner, c’est que son esthétique a marqué toute une génération.

En fait, et au delà de sa forme, ce film, inspiré d’un roman de Philip K. Dick et réalisé en 1982 par Rydley Scott (avec Harrison Ford dans le rôle principal), est considéré par beaucoup comme l’un des films cultes de l’histoire du cinéma.

Or une série vidéo s’en inspirant fortement est en préparation, série dont la société de production appartient à Ridley Scott en personne.

Il n’en fallait pas plus pour émouvoir les fans (de la première et de la dernière heure). D’autant que, excellente et originale initiative, tous les épisodes seront placées sous la très libre licence Creative Commons By-Sa, avec tout ce que cela suppose comme appropriation et remix !

De plus en en plus de monde attiré par la « culture libre » ? Ce n’est pas de la science-fiction, c’est la réalité 😉

Une série inspirée de Blade Runner en préparation

Web Series Tied to Blade Runner Is In the Works

Brad Stone – 4 juin 2009 – New-York Times (blog)
(Traduction Framalang : Don Rico)

Voici une nouvelle qui va donner des frissons d’anticipation ou d’appréhension aux fans de Blade Runner, le film de science-fiction culte sorti en 1982.

Ridley Scott, le réalisateur du film, a annoncé jeudi 4 mai qu’une nouvelle branche de sa société de production, RSA Films, travaillait à une série vidéo intitulée Purefold. L’action de cette série constituée d’épisodes de 5 à 10 minutes, tout d’abord destinés à une diffusion sur Internet puis peut-être à la télévision, se déroulera à une époque située avant 2019, date à laquelle le film dont Harrison Ford tenait le premier rôle se passait dans un Los Angeles cauchemardesque.

Ridley Scott, son frère Tony et son fils Luke sont en train de développer ce projet en partenariat avec le studio indépendant Ag8, que dirige un des créateurs de Where are the Joneses?, sitcom Web britannique qui sollicitait la participation du public pour l’élaboration des épisodes. De le même façon, Purefold récoltera les idées de scénario des téléspectateurs, par le biais du site social FriendFeed.

Mais la série ne collera pas trop près aux personnages ou aux situations que l’on a pu voir dans Blade Runner, en partie tirés de la nouvelle de Philip K. Dick Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?, sur laquelle les auteurs de Purefold ne possèdent aucun droit.

« Nous n’utiliserons aucun des éléments du film placés sous copyright », explique David Bausola, co-fondateur de Ag8, qui espère un lancement de la série dans le courant de l’été, avec des premiers épisodes dont les évènements devraient se dérouler dans un futur très proche (environ deux ans). « On y développera les mêmes thèmes que dans Blade Runner. La quête pour savoir ce que ça signifie d’être humain et comprendre la notion d’empathie. On s’inspire beaucoup de Blade Runner. »

Parmi les partenaires du projet, on compte les agences de publicité et de marketing WPP, Publicis, Aegis Media et Naked Communications. Celles-ci apporteront des annonceurs dont les produits et les marques – ou leurs versions futures hypothétiques – seront susceptibles d’apparaître dans la série.

Signe que l’exploration d’un nouveau genre de créativité collective et interactive intéresse les cinéastes à l’origine du projet, les épisodes de la série seront diffusés sous une licence Creative Commons, fait sans précédent puisque ce sera la première fois qu’un réalisateur majeur d’Hollywood choisit cette solution alternative au copyright. Grâce à cette licence, les fans de la série pourront transformer et adapter les épisodes à leur guise, et même exploiter commercialement leur propre version placée sous la même licence.

Notes

[1] Crédit photo : Psd (Creative Commons By)

10 Réponses

  1. Euh ce n’était pas une nouvelle plutôt qu’un roman de K.Dick ?

  2. Ah non je confonds avec autre chose. C’est bien un roman.

  3. jeanjo

    Le titre du roman c’est :
    "Do Androids Dream of Electric Sheep ?" Philip K Dick

    en français : "les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?"

    Super titre et surtout beaucoup plus proche du roman que l’enquête policière qui reste dans le film de Ridley Scott. Ce qui ne m’empêche pas d’aimer le film.

    Mais le livre vaut le coup d’être lu…

    a+

    JeanJo

  4. aveldro

    C’est bien un roman.
    Assez souvent, on lit le mot "nouvelle" à propos de romans anglo-saxons. C’est une erreur de traduction fréquente, car "roman" se dit "novel" en anglais. "nouvelle" étant "short story".

  5. Cette idée de distiller de courtes vidéos à partir desquelles des fans discutent du sens et réalisent des (nouveaux) montages m’a instantanément fait penser à « Pattern Recognition » [1] de William Gibson [2].

    Pour les plus jeunes, il est l’inventeur du mot « cyberspace », et il fût un temps où tout geek se devait d’avoir lu « Neuromancer », voire la « Sprawl Trilogy » en entier.

    [1] http://fr.wikipedia.org/wiki/Identi
    [2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Willia

  6. Les films tirés de roman ou nouvelles survolent en règle générale l’histoire, mais en extrait l’essentiel. Le livre est à lire, le film à regarder.
    The films from novel fly usually the history, but extract essential. The book is to read, the film is to watch.

    @ ciao.

  7. modagoose

    Je suis un fan du film que j’ai vu dans toutes ses versions et un trés grand nombre de fois depuis la sortie en salle de la version avec voix off en 82, j’avais 13 ans.
    Ce film a été mal compris à sa sortie et jai été le voir parce qu’entre Starwars et Indiana Jones, J’étais surtout fan de Harrison Ford. Ca m’a marqué à vie et ça m’a amené à lire K.Dick, Gibson, Sterling, etc, etc…
    Bref, ce film ne vieillit pas et personnellement je n’attends aucune suite parce que je ne veux pas voir un truc plein d’images de synthèses et d’explosions.
    Je n’aime pas cette idée de série qui s’annonce.
    Surtout quand je lis ça :
    <"Parmi les partenaires du projet, on compte les agences de publicité et de marketing WPP, Publicis, Aegis Media et Naked Communications. Celles-ci apporteront des annonceurs dont les produits et les marques – ou leurs versions futures hypothétiques – seront susceptibles d’apparaître dans la série.">
    Je me demande si on n’est pas là dans l’utilisation de l’outil de dissémination massive qu’est la by.sa, côté obscure de la Force, c’est-à-dire que ça va surtout servir à mettre en avant les marques présentes dans ces vidéos, chacun de nous étant un créateur de pubs potentiel pour pas un rond pour les agences citées.
    Avec Matrix, Minority Report, et tous les blockbusters qui sont sortis ces dernières années, les films sont devenus des vitrines pour les fabricants de téléphones mobiles, bagnoles, avions civils et militaires, cabines téléphoniques Microsoft, etc, etc…
    Dans BladeRunner, il y a cette notion d’espace public remplie de pubs pour Sodas, et autres marques de matériel électronique, mais ça ne vise pas à faire de la pub déguisée, juste à décrire un univers projeté et crédible.
    Avec ces vidéos j’ai peur que l’intention ne soit pas vraiment la même…

  8. Ah, c’est une excellent nouvelle à tous points de vue.
    Pour le coté libre, bien sûr, mais surtout parce que j’ai vu le film après avoir lu le bouquin et j’étais déçu qu’il ne soit pas du tout fait mention de l’empathie, du mercerisme etc.

  9. jmcorbu

    FAN et re-FAN du film! (je n’ai pas lu le roman) d’autant qu’étudiant en Architecture à l’époque l’ensemble des décors, de la Tyrel corp au Majestic hotel de los angeles en ruine (définitivement démoli après le tournage) en passant par l’appartement de Deckard (H.Ford) tourné dans une des villas de F.L wright, architecte américain visionnaire du début du XXeme siecle, ne pouvait que ravir nos imaginaires encore vierges de toutes contraintes. On avait même imaginé avec d’autre étudiants produire les parapluies avec l’éclairage néon… Mais surtout ce film par sa noirceur et son ambiance lourde et pesante contrastait fortement avec les productions de SF du moment.
    Un urbanisme oppressant, une pluie quasi permanente issue d’une pollution si dense qu’elle en masque le soleil, un éclairage artificiel et commercial omniprésent et une surpopulation totalement métissée menacée par des réplicants issues des recherches bio-génétiques les plus débridées!… c’était déjà demain!

    De ce film culte que sera t’il conservé pour ce nouveau format… l’ambiance? les décors? la surcharge des panneaux publicitaires lunineux? ou le concept des réplicants?
    A voir…

  10. oui je confirme c’est bien un roman et non une nouvelle!